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lundi 3 novembre 2008

Brève de l'AFP : Obama président des Etats-Unis !

Brève de l'AFP : Obama président des Etats-Unis !

[MàJ - 5 novembre 2008, 5h du matin]

AND THE WINNER IS... (l'AFP avait donc raison !)


Source : Neoformix

YES I CAN : Barack Obama est officiellement le 44e président des États-Unis !

Barack Obama est également le premier président noir des États-Unis !


Via Simon Talvard Balland

Même si a priori je suis d'accord avec Martin Varsavsky, cela représente quand même une véritable rupture culturelle, dans l'attente de voir s'il s'agira aussi d'une rupture politique, économique et sociale...

N.B. (5h20') Je suis en train d'écouter le discours de McCain qui reconnaît sa défaite, fantastique discours ! Chapeau Monsieur John McCain !!!

Lire le discours de Barack Obama en français !



* * *

[Mises à jour du 5 nov. 2008, 3h du matin]

Tendances

CNN




CBS




« Au point où on en est, il nous faudrait un miracle... » : un aide de campagne de John McCain ! [Début]

* * *

[Mises à jour du 4 nov. 2008, à partir de 17h] (il se pourrait qu'il y en ait plusieurs dans les heures à venir...) (si ma connexion ADSL tient le coup, parce qu'en ce moment il y a un gros orage ici :-)

Donc apparemment c'est plié... Même le Canard enchaîné a déjà plié sa une de demain en pariant sur une victoire d'Obama !


* * *

« L'Amérique latine espère trouver un véritable interlocuteur en Obama... »

Titre d'une dépêche de l'AFP qui commence ainsi :
La victoire présidentielle du démocrate américain Barack Obama fait naître l'espoir en Amérique latine de relations apaisées avec le puissant voisin du nord, alors que le sentiment anti-américain s'y est accentué face à l'unilatéralisme de l'administration de George W. Bush.
Lors de sa campagne électorale, Obama avait affiché sa volonté de réviser les relations de son pays avec l'Amérique latine.
Le nouveau maître des États-Unis va en effet se trouver d'emblée confronté à un délicat contexte de tensions qui s'étaient accrues récemment entre l'administration Bush et une Amérique latine aux gouvernements majoritairement de gauche.
La victoire présidentielle du démocrate américain Barack Obama... Le nouveau maître des États-Unis ! [Début]

Seul problème, la dépêche a été publiée hier (le Parisien indique à 10h04') :


sur Yahoo News, 10h12'


alors que les élections n'auront lieu que ... demain ! [Début]

Cela n'a pas empêché l'ensemble de la presse institutionnelle de se dépêcher pour reprendre en chœur la nouvelle. Ce qu'on appelle de l'info sourcée, validée et contre-vérifiée !


À croire que leurs journalistes et relecteurs se recoupent mutuellement :-)

Via Benjamin Sauzay et Luc Mandret [Début]



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P.S. Liste des 10 sites "capturés" sur la première page de résultats de Google :

www.corsematin.com
www.24heures.ch
fr.news.yahoo.com
www.avmaroc.com
afp.google.com
www.lemonde.fr
www.lexpress.fr
www.la-croix.com
www.orange.cf
www.leparisien.fr

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vendredi 24 octobre 2008

La presse fait mal son travail, sauf...

La presse fait mal son travail, sauf...

Suite : Nouveaux modèles économiques pour la presse et l'information

Il y a eu hier, 23 octobre, une journée nationale de mobilisation des magistrats, avec la solidarité des avocats, afin de « garantir l’indépendance des magistrats, leur liberté de requérir et de juger, et de les mettre à l’abri de toutes les pressions, qu’elles émanent du ministère de la Justice ou de l’opinion. »

Cette initiative, largement relayée sur le blog d'Eolas, a donné à Narvic l'occasion de nous présenter ce « premier média du deuxième type », en présentant ce phénomène comme « totalement inédit, d’une ampleur sans précédent. »

Et d'ajouter :
(O)n cherchait le « journalisme citoyen ». On vient de le trouver dans ce qui forme au final une véritable enquête participative sur l’état de la Justice en France aujourd’hui, vue par ses propres acteurs.

J’y vois la preuve éclatante que les magistrats de ce pays sont les premiers à estimer qu’il y a quelque chose de pourri dans le royaume des médias et que seul le blog d’Eolas est aujourd’hui crédible à leurs yeux pour recueillir leur témoignage.

Il y aura d’énormes leçons à en tirer pour les médias et les journalistes. A moins d’un considérable sursaut, ces leçons pourraient bien être... définitives.

(...)

Les médias sont morts un peu plus aujourd’hui à l’occasion de cette expérience. Si les magistrats de ce pays n’accordent même plus aux médias le crédit suffisant pour recueillir leurs doléances et que seul le bog d’un avocat reste digne de confiance pour accueillir leur témoignage, c’est bien qu’eux aussi estiment aujourd’hui qu’il y a quelque chose de pourri dans le royaume des médias.

Parmi les journalistes « officiels », seule Pascale Robert-Diard, pour Le Monde, a vu monter ce phénomène. Elle est d’ailleurs une authentique blogueuse ! Les autres n’ont rien vu venir. Ce qui témoigne bien à quel point ils sont aujourd’hui... déconnectés des réalités.
Oui, déconnectés des réalités.

J'ajoute qu'ils ont un peu trop tendance à se croire le centre du monde Web, comme en témoigne l'anecdote rapportée par Jay Rosen à propos du Washington Post :
L'une des règles était de retenir l'utilisateur captif, l'idée sous-jacente étant qu'il pouvait TOUT trouver sur le site, donc à quoi bon l'envoyer ailleurs :

- don't send people away from your domain
- don't link out from the Washington Post to the rest of the Web
- why would we send you anywhere else ?

Jay Rosen concluant avec un sourire qu'en suivant cette logique cela revenait à dire que le site du Washington Post était TOUT le Web !

On voit bien là l'absurdité du raisonnement des journaux qui continuent à se comporter de cette manière.
J'ai donc analysé 30 articles d'organes de presse sur cette fronde contre la Garde des Sceaux, pour voir quels étaient ceux qui parlaient du blog d'Eolas, puisque dans cette affaire c'est devenu LA source où s'est exprimée, dans toute sa multiplicité, la parole des Juges.

Résultats : seuls 10%, c'est-à-dire 3 sur 30, parlent du Journal des magistrats en colère !

Les trois sont Le Monde, Le Post et @rrêt sur images, par la voix de Gilles Klein. Silence total pour les 27 autres :
  1. Actualite-Francaise.com
  2. AFP
  3. France Info
  4. France24
  5. Gala
  6. La Voix du Nord
  7. Le Figaro
  8. Le journal du dimanche (version en ligne)
  9. Le Parisien
  10. Le Point
  11. Le Télégramme
  12. Le Temps
  13. Les Échos
  14. L'Express
  15. Libération
  16. L'Union
  17. M6.fr
  18. Nord Eclair.fr
  19. nouvelobs.com
  20. L'Humanité
  21. Ouest-France
  22. RFI
  23. RTL.fr
  24. La Nouvelle République du Centre Ouest
  25. Sud-Ouest
  26. Var-Matin
  27. TF1
C'est à peine si on trouve sur le NouvelObs un lien vers « La réforme vue par "Me Eolas" sur Le Journal d'un avocat », mais ce n'était pas vraiment l'info du jour.

Non, l'info du jour c'était bien cette prise de parole massive des magistrats, concentrée sur un blog, certes, mais ô combien plus pertinente que les titres des journaux ou des dépêches qui semblaient copiés les uns sur les autres, de même que, très probablement, le contenu des "articles"...

Une belle occasion perdue par la presse "officielle", même si, après tout, nous voyons peut-être bien là une véritable progression vers l'émergence d'un nouveau contre-pouvoir de l'information...


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lundi 22 septembre 2008

State of the Blogosphere 2008

État de la blogosphère 2008

Suite : Pourquoi je blogue ?
France : premier rang mondial en nombre de blogs par internaute
cf. The How of Blogging (Technorati)


* * *

Plus d'un an après les dernières statistiques de Technorati, voici les nouvelles sur l'état de la blogosphère en 2008 :


+37 millions de blogs tracés en mai 2006
+70 millions de blogs tracés en mars 2007
+133 millions de blogs tracés en septembre 2008

Soit une croissance de près de 400% en 28 mois !

De plus, cette nouvelle mouture propose une répartition plus fine des blogueurs, par genre, par situation personnelle ou professionnelle, par blogs avec ou sans pub, etc., et par zone géographique :



Les stats sont détaillées sur plusieurs pages, et l'intégralité de l'analyse commence ici. On y apprend même ce qu'est le blogging, ce qu'est un blog et qui sont les blogueurs. Vaste programme !

Car comme le dit si joliment l'ami Xavier : ouvrir un blog c’est facile. C’est ensuite que cela se complique…

Cela étant, ce tableau est très intéressant :


Où l'on voit que près de 60% des blogueurs bloguent depuis plus de deux ans, avec une durée moyenne de trois ans dans la tenue de leur blog.

Or si l'on pose une valeur totalement arbitraire de 100 millions de blogueurs (sur 133 millions de blogs, puisque certains en tiennent plusieurs), cela donnerait quand même une soixantaine de millions de blogueurs actifs depuis ce temps dans les nombreuses blogosphères, tant linguistiques que sectorielles.

Donc, décidément, le blogging n'est pas - n'est plus, n'a jamais été (rayer la mention inutile) - un phénomène de mode, mais une réalité dont il faudra bien tenir compte, chère Mme Giazzi !



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mardi 26 août 2008

Strates bloguesques

Strates bloguesques

Une réflexion pour marquer mon retour au blogging après quinze jours de repos, durant lesquels je ne me suis connecté qu'avec grande parcimonie, en n'observant Internet et tout le tintouin que de très loin.

Juste un chiffre sur Adscriptor : samedi 23 août, 80 visites et 92 pages vues. Cela me fait réfléchir au rapport entre valeur d'un blog et tout le travail qu'il y a derrière.

Si les stats de fréquentation sont censées mesurer la valeur d'un blog (car même si ce n'est pas le seul critère, c'est quand même un critère dominant, voire vendeur lorsqu'on parle pub), alors Adscriptor ne vaut pas grand chose. En tout cas pas toute la charge de travail nécessaire. Sans parler de l'absence de considération des ténors de la blogosphère franco-française.

Il va donc me falloir trouver d'autres critères de valeur pour justifier le bien-fondé d'un tel travail. Je n'entends d'ailleurs pas une justification vis-à-vis de mon lectorat, qui prend et laisse au gré de ses envies de façon tout à fait légitime, mais vis-à-vis de moi-même.

Car pourquoi vouloir faire à tout prix du contenu de qualité s'il n'est pas lu ? Ou si peu !

C'est le problème des strates que j'énonçais à Szarah, dont le biberon fut probablement rempli au lait coupé d'un grain de ciguë auparavant mis à macérer dans de la soude caustique (sourire) :
Je trouve en effet qu'il est dommage que le contenu d'un blog se résume au dernier billet publié et que dès qu'un billet a plus d'une semaine il ne vaut plus rien.
Ce n'est pas mon approche, ni mon attente.
Je n'écris pas des billets avec une date de péremption.
Or Internet me semble fonctionner à l'opposé : sur un blog le billet plus récent est la dernière strate s'ajoutant aux précédentes, qui sédimentent les unes après les autres et enfouissent toujours plus profondément des analyses ou des articles qui mériteraient certainement davantage que l'oubli les recouvrant.

En réalité un billet chasse l'autre à la vitesse du Web, c'est-à-dire plusieurs fois par jour, et au royaume de l'éphémère les blogueurs sont rois.

Au détriment du recul, de l'approfondissement et de l'analyse.

En parallèle, dans le cadre de ma recherche de modèles pour passer à Wordpress, sur la page d'accueil de la plateforme je trouve les chiffres suivants, pour aujourd'hui (stats en ce moment même, puisque ça change d'une seconde à l'autre...) : 3 913 485 blogs, 142 371 nouveaux billets, 48 918 920 mots.

Soit seulement 3,64% de blogueurs actifs pour ce 26 août (mais il est vrai qu'on est en vacances, il faudra voir en septembre), avec une moyenne inférieure à 344 mots par billet !
[MàJ - 17 heures plus tard] 3 920 094 blogs, 158 967 nouveaux billets et 50 788 180 mots, soit en gros 4% de blogueurs actifs et une moyenne autour de 320 mots par billet.
Le royaume de l'éphémère, disais-je. Car l'examen des stats enseigne que la recherche par catégorie est pratiquement inexistante, ou si faible que cela en devient négligeable, de même que la recherche plein texte sur tout le contenu du blog.

Comme si un blog n'avait vocation qu'à devenir au bout du compte « un pulvérisateur de dépêches hâtivement traitées çà et là », soit « (r)ien de très intéressant, en somme ». Pour moi.

Espérons que je ferai mieux dans les mois à venir.


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dimanche 10 août 2008

TechCrunch France : sans commentaires !

TechCrunch France : sans commentaires !

Voici plusieurs fois depuis le début de l'année que je publie sur TechCrunch France des commentaires avec un lien dans le corps du message et qu'ils n'apparaissent pas sur le blog tenu par Ouriel Ohayon.

La première fois, c'était en début d'année, je n'ai pas relevé. Par contre ce billet a été le déclencheur d'une diatribe qui m'oppose depuis à Ouriel et que je n'arrive pas à tirer au clair.

Comme je le lui expliquais :
Depuis ce week-end j’ai essayé de commenter trois fois en postant deux liens, aucun de ces trois commentaires n’est apparu, ils sont passés directement à la trappe. Ce qui n’avait jamais été le cas jusqu’à présent.

Avant de t’écrire sur Twitter je t’ai envoyé un courriel @yahoo.com en te demandant le pourquoi du comment, qui est resté sans réponse.

D’où mon message sur Twitter car je ne m’expliquais ni ton silence ni pourquoi les commentaires n’ont pas été publiés, y compris sur ce billet, alors que d’autres commentaires ont été publiés à la suite.

Donc si cela est dû à un problème technique, je te demande pardon, mais sans réponse de ta part et depuis dimanche que j’essaie de faire un lien vers un billet où je te cite, franchement ça commençait à m’énerver.
Ouriel me répondait en concluant ainsi :
je n utilise plus mon email yahoo depuis un moment. mon email est sur ce blog ou sur le mien
quand tu publie un billet avec plus de deux liens il est mis en moderation. mais je n ai rien vu de ton cote.

affaire close…
Un peu rapidement peut-être, car son autre son explication partielle (nous venons de migrer sous Wordpress 2.5.1 il se peut que des bugs soient intervenus) ne m'avait pas vraiment satisfait, d'autant plus qu'au final mes commentaires n'ont pas été publiés de toutes façons.

Jusqu'en début de semaine, où j'ai commenté sur ce billet, de nouveau sans que mon commentaire apparaisse !

Là, j'avoue que je me suis mis en colère :
Ouriel Ohayon,

La malédiction continue ? J’ai commenté ce billet en mettant un lien et mon commentaire n’apparaît pas.
En revanche je vois d’autres commentaires avec des liens.
Tu fais ça à la tête du client ou quoi ?
Je ne compte plus le nombre de fois où j’ai commenté en mettant des liens et où mes commentaires sont passés à la trappe.
Si c’est ton système qui est pourri, change-le.
Si tu ne veux pas que certaines personnes commentent, dont moi, dis-le moi carrément.
Sinon je te saurais gré à l’avenir de publier mes commentaires avec les liens que je mets dedans.
Ça commence à me gonfler sérieusement cette histoire.

JML
Réponse d'Ouriel :
ton commmentaire apparait la. donc je vois pas ou est le probleme? je vois rien dans les filtres. inutile d insinuer que nous censurons des commentaires “a la tete”
Problème ! Car même si mon commentaire apparaît désormais en n° 12, il a clairement été ajouté deux jours après et uniquement parce que je me suis me suis plaint : mon commentaire de protestation était initialement le n° 35, or après la réponse d'Ouriel disant qu'il n'y avait aucune censure, il était brusquement devenu le n° 36 !


Ce glissement d'une place car entre-temps mon commentaire initial avait finalement été intercalé en n° 12 alors que pendant deux jours il n'a pas été publié :


Il a donc fallu 48 heures et une protestation énergique pour qu'Ouriel valide le commentaire, ce dont il se défend : « je n ai rien valide » ! et s'énerve : « tu n arretes pas d insinuer que je ne devoile pas tout. ca commence a bien faire »

Je vous passe ma réponse mais vous livre sa conclusion : « Bonne chance avec tes commentaires. Fin de conversation ».

Vous croyez peut-être que l'histoire s'arrête là ? Que nenni !

Il a publié il y a deux jours un billet intitulé Facebook/StudiVZ: Un procès qui masquait bien une tentative d’acquisition, que j'ai voulu commenter en pointant vers un billet d'Adscriptor écrit en janvier dernier : Facebook va-t-il racheter StudiVZ ?

Vous croyez que mon commentaire a été publié ? Non ! Ça fait plus de 24 heures, et il n'apparaît toujours pas. Par contre j'ai commenté en 5e position, juste après Cetras qui lui a un lien dans son commentaire !


J'ai signalé la chose à Ouriel, qui n'a pas encore daigné me répondre :
Ouriel,

La conversation est peut-être terminée, mais pas le problème !
J’ai commenté avec un lien hier à 16h38′ sur ton billet sur StudiVZ (je mets pas le lien pour que ce commentaire passe automatiquement), et 24 heures après il n’apparaît toujours pas.
Or normalement je devrais être en position 5, juste après le commentaire de Cetras, qui lui a un lien.
Donc à ce stade, que dire ?
Je dois vraiment pas avoir de chance avec mes commentaires !!!
JML
Alors, qu'en dites-vous, censure à la tête du client ou pas ? Personnellement, je ne sais plus que penser...


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P.S. Ouriel, si vraiment cette histoire dépendait d'un problème technique, je vois mal pourquoi il m'affecterait personnellement sans affecter les autres, dont apparemment les liens en commentaires sont régulièrement publiés...

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jeudi 10 juillet 2008

Médiatisation de la libération d'Ingrid Bétancourt sur le Web

Médiatisation de la libération d'Ingrid Bétancourt sur le Web

Suite : en 2008, l'information se cherche un contre-pouvoir...

* * *

En France, l'annonce officielle a été confirmée par l'Élysée à 21h16' le 2 juillet.

[Rectificatif - 19h] Réactif ;-), TomHtml commente qu'il a « posté un petit article sur (s)on blog... à 21h35 (d'après FeedBurner, 21h28 selon Blogger). Otto fera mieux la prochaine fois. »

Tom, il faut dire aussi que 52', ça me semblait un peu long pour une info de cette ampleur...

* * *

Sauf erreur de ma part, le premier billet que j'ai trouvé sur le Web a été publié chez Chauffeur de Buzz à 22h08', soit 52 minutes plus tard (si vous connaissez d'autres sources, merci de me les signaler). Ici aussi, une histoire de sa libération, toujours datée du 2 juillet.

Ingrid Bétancourt est libre !, à 23h14', puis à 23h30', 9 captures d'écran de quotidiens, dont seuls 6 en parlent dans leur "une" : 20minutes.fr, lemonde.fr, parisien.fr, liberation.fr, mediapart.fr et tf1.fr (ceux qui n'en parlent pas encore : bakchich.info, lexpress.fr et rue89.com, qui réagira à 23h57').

Signalons également lefigaro.fr, absent de la liste, mais très réactif entre une coupe et l'autre... pour acheter les Adwords correspondants à Ingrid Bétancourt et se positionner dans les Adsense avec ce message :
Fin de la détention pour Ingrid Bétancourt. Tout sur le Figaro

Source : Thierry Weber

À 0h15', les premières images tombent sur les écrans. Cela nous amène au lendemain, le 3 juillet, où là c'est l'explosion, en ligne et hors ligne, avec cependant un point commun : tous les articles sont rédigés autour de la libération spectaculaire mise en avant par les autorités colombiennes. Comme je l'ai lu ici, Les informations étant quasiment identiques dans les différents médias.

Il semble même qu'une catastrophe ait été évitée de justesse...

Pour autant, parmi la reprise en boucle de l'info telle quelle sur les médias "traditionnels", y compris à la radio et la télé, où partout on colle à la version "officielle", le 4 juillet, alors même que le "rassemblement du bonheur" était déserté, un premier article va faire brèche dans ce tableau huilé à la perfection, peint et repeint : il est publié chez Médiapart, sur le Web, donc, et c'est précisément un premier écart entre l'info traitée hors ligne et son traitement en ligne.

Un scoop 100% Web, intitulé « Libération d'Ingrid Betancourt : ce que ne dit pas la version officielle ».

Où le journaliste Claude-Marie Vadrot nous explique par le menu que « le gouvernement colombien tente de vendre au monde entier comme un fait d'armes, ce qui n'est qu'une reddition d'un groupe des FARC. »

Ceci sans « remettre en cause le courage d'Ingrid Betancourt, le plaisir d'apprendre enfin sa libération, ni son extraordinaire volonté de surmonter ses souffrances. »

Face à un tel scoop (l'article est fort bien étayé, et Claude-Marie Vadrot y ajoutera de nouveaux éléments trois jours plus tard), on pourrait penser que cette version argumentée va pour le moins prendre de l'ampleur et contre-balancer un peu la version "officielle", plus "hollywoodienne" dans son essence.

Que nenni ! J'ai fait une recherche sur les liens pointant vers l'article de Médiapart, il y en a en tout et pour tout une quarantaine, la plupart venant de quelques blogs, quelques forums, quelques commentaires, autant dire un beau zéro pointé pour une information de cette valeur. Le seul titre de presse un peu important à relayer le sujet est le site suisse TSRInfo.ch, qui fait état le 5 juillet de « flou et doutes sur sa libération » !!!

Mais aucun titre de presse nationale, aucun site Web notoire, même si, le 6 juillet, on pourra lire dans un résumé sur Bakchich « les quelques informations vite diffusées sur les ondes ou dans la presse écrite » :
- L’opération aurait duré seulement 22 minutes.
- Les FARC auraient touché 20 millions de dollars pour permettre la libération d’Ingrid Betancourt et quatorze de ses compagnons d’infortune.
- Les services spéciaux colombiens n’ont été que les petites mains des Américains et des Israéliens.
Mais, en fait, rien de ce qui fait le fond de l'article de Médiapart. Tout juste si une dépêche de l'AFP fera état, trois jours plus tard, de « zones d'ombres sur l'opération »... Et pourtant, entre infiltration et reddition, il n'y a qu'un mot qui change ! Voir cet article un peu plus sérieux, en portugais, et en anglais...

* * *

[MàJ - 17h50'] En suivant le dossier de contre-feux.com, à l'origine de ce billet, j'ai découvert cet article de l'express.fr, qui signale le "scoop" de Mediapart avec ce lien perfide (cliquer ici pour lire l'article, payant), quand c'est justement l'un des seuls articles en libre accès sur Médiapart (je vous le demande : qui va cliquer sur un lien renvoyant vers un article "payant"...) !!!

* * *

Alors pourquoi ? Dans la presse traditionnelle, tout d'abord, probablement noyautée peu ou prou à différents niveaux, j'ai trouvé une explication "interne" plutôt déconcertante, venant d'un blog de journaliste, Pierre, qui reconnaît « C'est tout de même un gros scoop » (j'aimerais citer le billet en entier, mais allez plutôt le lire, je vous livre la conclusion) :
Mais des informations de MediaPart, il n’en a été question nulle part, sauf brièvement sur France Info. Je connais un moustachu qui a dû désespérer. Il a probablement appelé l’AFP, comme il doit en avoir l’habitude maintenant. J’ai moi-même mené un lobbying auprès de ma rédaction pour qu’il y soit fait mention, au moins dans l’article consacré aux informations de la RSR, dans un bloc sur les “doutes sur la version officielle”. Le responsable de service, bien qu’ayant fait l’effort de lire l’article de MediaPart, a choisi de ne pas en parler. “MediaPart, personne ne connait”, m’a-t-il dit.

Personne ne connait, donc on s’en fout.

Eeeeh ben c’est triste. Car ce conformisme, ce suivisme, cette uniformité de l’information, est le fondement de la critique formulée par les Français d’aujourd’hui à propos de leurs médias. Tout se déroule comme si nous étions des dinosaures au bord de l’éradication. On a pourtant l’avantage de voir la météorite arriver, mais on ne fait rien. En Floride, le Tampa Tribune s’apprête à licencier une bonne partie de son personnel. Dans un billet très remarqué, une stagiaire a pris la plume pour clamer que le journalisme méritait qu’on se batte pour lui. Un journaliste plus ancien, lauréat du Pulitzer, lui a répondu que seule l’innovation pourrait nous sortir de ce marasme. Une innovation qui ne risque pas d’arriver, dit-il, puisque ceux qui nous ont mis dans cette situation sont les mêmes que ceux qui sont aux commandes aujourd’hui.
Sans appel !

Cela étant, le scoop n'a pas non plus été largement repris sur la blogosphère, et pourtant c'était probablement un terreau fertile pour assurer un contre-pouvoir médiatique salutaire... Alors pourquoi ?

Je pense que cela est dû à la position ambiguë de Médiapart, dont le "modèle économique par abonnement" ne fait pas l'unanimité (je ne porte aucun jugement là-dessus, consultez plutôt l'analyse qualifiée d'Emmanuel Parody), et qui a recueilli nombre d'avis négatifs, ou pour le moins dubitatifs.

Un peu comme si l'on était face à une créature hybride, ni viande ni poisson, qu'on ne sait trop où caser. Il est d'ailleurs significatif d'observer que le fameux scoop a été publié en libre accès...

Dommage ! Puisque cet article mérite, à mon avis, et aurait dû incendier le Web francophone comme une traînée de poudre.

Car en fait, la blogosphère n'a pas été avare de billets sur Ingrid Bétancourt depuis sa libération, on en compte déjà plus de 35 000 sur le moteur de recherche de blogs de Google, pourtant dès que l'on approfondit un peu la teneur des billets, beaucoup partent dans des envolées anticléricales parce qu'elle a osé parler de Dieu et de sa foi, alors que selon moi cela ressort exclusivement de sa sphère privée, et qu'elle a juste dit ce qu'elle avait à dire.

C'est à elle, ça lui appartient, il y a dans ce drame une dimension personnelle et familiale face à laquelle la seule chose à faire, ô vous tous qui tirez dans tous les sens sans penser plus loin que le bout de votre plume, c'est de fermer votre gueule !

D'ailleurs j'aimerais bien en discuter avec celles et ceux qui balaient tout ça d'un revers de conscience à leur retour après 2401 jours de captivité dans la jungle colombienne aux mains des FARC...

Sans parler du trash de chez trash, mais là c'est moi qui la ferme, sans quoi je partirais dans une litanie d'insultes à n'en plus finir. Y en a d'autres à qui ça plaît, comme quoi il faut de tout pour faire un monde...

Que la lassitude de cette hypermédiatisation se fasse sentir, d'accord. Mais ça ne justifie pas tout. Je n'accepte pas qu'on se lance dans de tels outrages à la douleur et la solitude des gens, y compris lorsqu'on se permet d'évoquer les insupportables enfants d'Ingrid Bétancourt, sans penser une seconde au désarroi de deux adolescents face à une situation si atroce, et pendant si longtemps.

Mais bon, il est clair qu'il y en a qui ne font pas dans la dentelle. Pas vrai mon hiboo :-)

Enfin, tout ça pour dire que dans le cas présent, il me semble que le vrai sujet de fond n'est traité nulle part, que personne n'en a envie, et qu'on préfère faire de l'info spectacle, du kitch bien dans l'air du temps.

L'autre ombre au tableau étant bien sûr la récupération politique tous azimuts autour de L'OTAGE, plus impardonnable encore que les dérives malheureuses susmentionnées, et sur laquelle je ne souhaite pas m'étendre, sinon sur un constat consensuel de torts équitablement partagés entre droite, gauche, centre, etc., tous courants confondus.

Saluons donc dans ce brouhaha médiatique quelques trop rares accents de sincérité, un merci sobre, un regard sur les coulisses de l'info, et un billet qui dit ce qu'il en est.

J'arrête ici ma revue de presse, car c'est bien ce dont il s'agit, hors ligne et en ligne, en concluant amèrement que trop souvent la masse préfère s'entendre dire les choses qui ne fâchent point, qui n'obligent personne à trop réfléchir, surtout pas. J'espère que cela va s'améliorer dans les jours qui viennent, il n'est pas encore trop tard pour tenter d'aller à l'essentiel dans cette tempête de poudre aux yeux.

Faute de quoi ce sera une belle occasion de perdue par la blogosphère, qui devrait vite s'en saisir pour faire entendre une voix autre que le discours convenu et condescendant de la presse en place, plutôt que de continuer à se regarder complaisamment le nombril.

D'ailleurs n'est-ce pas à cette vocation que sont appelés les médias de demain : vous et moi, TOUS JOURNALISTES !?


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P.S. Un phénomène à part : la libération d'Ingrid Bétancourt sur Twitter...

Plus deux liens signalés en commentaires, qui font état d'une diffusion de la nouvelle avant même la confirmation officielle de l'Élysée, et de la mise à jour de l'article sur Wikipedia EN ... dans la minute qui a suivi !

Autres liens en rapport avec cette histoire (j'ajouterai au fur et à mesure de mes découvertes) :

- Bétancourt : le mari oublié...
- Ingrid Bétancourt vue d'ici...
- Ingrid Bétancourt, otage de nous-mêmes
- Show must go on...
- Quelques repères pour une tentative de décryptage des enjeux politiques de l'affaire Ingrid Bétancourt

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mardi 8 juillet 2008

Versac ferme son blog : info ou intox ?

Versac ferme son blog : info ou intox ?

Il l'a annoncé cette nuit : fin de ce blog ! Emporté par la tempête blogueur = journaliste (ou pas), blogueur influent ou pas, to be or not to be classé sur Wikio, Challenges, etc., malentendus, trop de bruit, trop de délire :
Il est donc temps pour moi de passer à autre chose. Ça ne se passera sans doute pas ici. Oubliez "versac.net", nom et identité que je ne maîtrise plus, avatar stupide que des journalistes et des blogueurs ne veulent pas comprendre, totalement fixés sur la blogostar et le concept fumeux de blogueur influent, qui n'existe pas. Dans cette économie ridicule de la visibilité à outrance, héritée de ces media qui meurent à petit feu, devenir une star est un sport que je n'aime pas pratiquer.

(...)

En attendant, je publierai, ailleurs. Sous mon vrai nom, sans pseudo. Et avec d'autres modes d'interaction. J'ai des projets heureux de ce point de vue, qui me permettront de travailler autrement à l'expression de cette passion et cette connaissance de ce qui se passe, ici, sur le web. J'ai quelques propositions de tribunes, ici ou là, de collaborations, d'autres projets. Ça sera sous mon nom, et pas ce truc qu'est devenu versac. Il y a un livre, aussi, que je vais terminer cet été.

Me libérer de ce blog pesant m'ouvre des horizons nouveaux.
Perso, je parie pour l'info. Bon vent, Monsieur Nicolas Vanbremeersch.


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jeudi 8 mai 2008

La plus-value d'Adscriptor

La plus-value d'Adscriptor

Francis Pisani titre deux billets récents Nous ne lisons pas et Quand l’actu ne vaut rien.

Dans le premier, il reprend une thèse de Jakob Nielsen selon laquelle les lecteurs se contentent de balayer les textes, en nous fournissant les chiffres suivants :
  • on ne lit que 20% du texte d’une page moyenne (page testée de 600 mots) ;
  • nous n’avons pas le temps de lire plus de 30% des mots qui s’affichent sur l’écran ;
  • on ne lit 50% de l’information que si le nombre de mots est inférieur à 111 ;
  • plus l’auteur ajoute de mots, moins nous avons de temps à leur consacrer : 4 secondes pour chaque paquet de 100 mots en plus.
Dans le second, il remarque qu'en 3 jours Google News a indexé près de 3 000 articles sur la rupture des négociations entre Microsoft et Yahoo, 3 000 articles « sur la même chose », sans compter les blogs.

Et de citer la « commoditization of news », « le fait que la valeur des articles d’actualités, plus encore que celle des produits de consommation courante, tend vers zéro. »

En ajoutant :
Conscient de ne rien avoir à dire «de plus» ou «de mieux» je n’ai rien écrit sur le sujet.
(...)
Traiter des sujets que tout le monde traite revient, pour les médias d’information, à assécher la source qu’ils exploitent.
En corrélant son discours, je suppose, au titre du billet : Quand l’actu ne vaut rien.

Donc, je partage en partie la position de Francis. Ou mieux : je partage en partie son constat. Mais je ne partage pas sa généralisation. Sans quoi je renierais tout le travail que j'essaie de faire sur ce blog.

Dont les statistiques de fréquentation tendent, d'un côté, à prouver les assertions de Francis ; et à démontrer le contraire de l'autre.

Je m'explique. Pour appuyer son hypothèse : Quand l'actu ne vaut rien, Francis prend l'exemple de la rupture des négociations (ont-elles jamais eu lieu ?) entre Microsoft et Yahoo!

Or selon moi, dans l'absolu, il y a incompatibilité entre le titre et l'exemple, puisque tout rapprochement potentiel entre Microsoft et Yahoo! serait en réalité l'une des infos les plus importantes pour le Web depuis l'arrivée de Google, un tournant décisif pour Internet.

Lorsque l'on voit la puissance d'un Google et l'impact économique démesuré que prendra probablement Internet dans les années à venir, la naissance d'un compétiteur à la hauteur est une actu de tout premier plan.

Au passage, sur ce coup, je ne suis pas d'accord avec Didier, autre blogueur qui n'est pas avare en analyses : je ne vois aujourd'hui aucune pluralité sur Internet, pas même un semblant, mais uniquement l'hégémonie toujours plus puissante et envahissante de Google.

Donc, oui, un rachat du dauphin par son suivant pourrait conduire au cartel ou à l'oligopole, mais ce serait déjà un plus par rapport au monopole actuel. On a encore très présent dans l'informatique de bureau et les suites bureautiques ce que le monopole Microsoft signifie : des dizaines centaines de millions d'utilisateurs captifs...

Et encore, avant qu'il y ait duopole, encore faudrait-il qu'il y ait une intégration digne de ce nom entre M$ et Y!, ce qui serait loin d'être acquis...

Une actu de tout premier plan, donc. Alors comment peut-on en arriver au constat que cette actu ne vaut rien ?

Je n'ai qu'une réponse : ce n'est pas l'actu en elle-même qui ne vaut rien, mais la façon dont elle est traitée. Ce qui fait une grande différence...

Car si vous prenez les 3 000 news, il est faux et simplificateur, voire caricatural, de dire que toutes ne valent rien parce que toutes répètent la même chose. Ce n'est pas vrai. Et si vous posez comme hypothèse - vraisemblable - qu'il y en a au moins 5% qui tentent de sortir du lot dans leur manière de traiter l'info, ça fait déjà 150 articles et billets (Google News n'indexe pas que les journaux, mais aussi certains blogs, ... pas Adscriptor, c'est dommage ;-) dont l'on peut aisément supposer qu'ils donnent un plus à leur lecteur.

Et je peux vous dire, moi qui passe une bonne partie de mon temps à éplucher les infos auprès des meilleures sources qu'elles existent, et de plus qu'elles sont assez faciles à repérer.

Donc il est normal qu'une actu comme un mariage Microsoft-Yahoo! fasse couler de l'encre, ce n'est pas pour rien que j'y ai déjà consacré plus d'une trentaine d'analyses - et je n'ai pas fini... -, ou, pour le moins, j'espère que mes billets seront considérés comme tels : des analyses.

C'est là où j'en arrive à la partie des stats : la fréquentation d'Adscriptor oscille entre 200 et 300 visiteurs par jour, très exactement 287 sur les 7 jours écoulés, avec un temps moyen de permanence - et donc de lecture - de 2 minutes 03''.


Ce qui veut dire, d'une part, que les analyses n'intéressent pas grand monde, en tout cas moins que certaines "actus" de grande consommation...

De l'autre, que les gens qui veulent s'informer sont prêts à prendre le temps de le faire, et par conséquent que les chiffres de Jakob Nielsen ne sont pas généralisables.

Car j'ai la faiblesse de croire que cette moyenne de temps de lecture, qui n'est jamais descendue en dessous d'une minute depuis le début de ce blog, pour autant que je m'en souvienne, est une reconnaissance implicite de la plus-value d'Adscriptor : ne pas faire du réchauffé en essayant de fournir des analyses et des infos utiles à mieux comprendre les évolutions du Web.

Analyses subjectives, certes, que certains pourront trouver mauvaises, voire nulles à chier, mais analyses quand même. Sinon ça sert à quoi, que Dugros il se décarcasse ?

Je vous le demande !


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mercredi 2 avril 2008

Que sont les blogs aujourd'hui ?

Que sont les blogs aujourd'hui ?

Réflexion suscitée par la lecture d'un billet de Narvic, dans lequel il rapporte ses commentaires au billet de Laurent Gloaguen, qui pointe lui-même vers un billet de Francis Pisani, etc.

La question que j'en retiens : qu'est-ce qu'un blog aujourd'hui ?

Pisani tente une analyse de ce que peut rapporter un blog - rien, sauf dans certains cas, jugés atypiques :
... je pense que, même s’ils utilisent la technologie de publication du blog, nous ne saurions appeler “blogs” des publications comme le Huffington Post, TechCrunch ou GigaOm. Il s’agit d’entreprises de presse qui publient exclusivement online (pour le moment en tous cas) et dont l’écriture est plus agréable à lire, plus “opinionated”, que le ton compassé, froid, hypocrite et ultra prudent de la plupart des publications traditionnelles.
C'est d'ailleurs la citation reprise par Laurent, qui a provoqué une série de commentaires très intéressants, dont ceux d'Hubert Guillaud, de Narvic (ici et ), de GreG ou de Damien B.

Mais si vous lisez déjà ces trois billets et tous les commentaires, y a de quoi réfléchir !

Pour me limiter uniquement au binôme blog/blogueur, mon point de vue est proche de celui d'Hubert Guillaud :
Jusqu'à présent on avait tendance à s'en tenir à une définition technique pour dire ce qu'était ou n'était pas un blog. Mais est-ce que cela peut être pertinent encore à un moment où tous les sites deviennent des blogs (généralisation du commentaire et du fil RSS, voir même de la navigation ante-chronologique) ?
Ceci dit, essayons de répondre à la question posée plus haut.

Pour moi, qu'est-ce qu'un blog aujourd'hui ?

Un blog, c'est d'abord ce que chacun/e en fait. Entre Chauffeur de Buzz et Huffington Post, pour citer un exemple, il y a différence de stratégie, différence de personnalité, différence de moyens, etc.

Entre Eolas et Media & Tech, il y a différence de compétences, d'intérêts, etc.

Entre Tristan Nitot et les blogs Microsoft, il y a différence de culture !

Entre Adscriptor et Search Engine Land il y a ... un océan de différence, et ainsi de suite !

Derrière un blog il y a une personnalité (qui n'est pas incluse dans la plateforme), qui va donner un ton unique, une empreinte originale, différents de ceux du voisin. Tout au moins c'est à espérer...

Donc, première chose, il n'y a pas "un blog" mais "des blogs". Et même si l'aspect technique est une composante fondamentale de notre présence sur Internet, cela n'est guère utile pour répondre à la question : « que sont les blogs aujourd'hui ? »

Des conversations ?

Ce qui est sûr, par contre, c'est que le phénomène est profond, diffus, et d'une manière générale qu'on assiste à une professionnalisation du blogging, qui va de pair avec la professionnalisation du contenu sur Internet. Moi-même, dans Adscriptor, c'est quoi ?, j'insiste un minimum sur la sphère professionnelle.

Et cela bien que la sphère personnelle semble sortir gagnante dans mon analyse des motifs pour lesquels les gens bloguent (portant sur 70 internautes ayant fourni cinq raisons pour lesquelles je blogue), où les principales raisons invoquées étaient, à :
  • 57%, le partage au sens large (35 fois le verbe, 5 fois le substantif)
  • 38,6%, les rencontres occasionnées, virtuelles ou réelles (17 fois le verbe, 10 fois le substantif)
  • 30%, l'écriture (16 fois le verbe, 5 fois le substantif)
  • 27,1%, l'échange (15 fois le verbe, 4 fois le substantif)
  • 22,9%, le plaisir de bloguer (16 fois le substantif)
En effet, en donnant une valeur arbitraire de 100% à ces cinq raisons, la répartition était la suivante :
  1. partage, 32,5%
  2. rencontres, 22%
  3. écriture, 17%
  4. échange, 15,5%
  5. plaisir, 13%


Or l'un des principaux reproches fait à cette analyse fut que l'argent semblait absent, alors qu'en réalité de plus en plus de blogueurs auraient bien aimé retirer quelques revenus de leurs blogs. Ce qui nous renvoie au billet de Francis Pisani...

Voir également ce billet, et l'étude ci-dessous, à laquelle j'ai répondu en son temps.


Pour autant, il y a encore un différentiel notable entre ce côté-ci de l'Atlantique et l'autre, où il serait pratiquement inconcevable qu'un blogueur du calibre de Fred Cavazza ne monétise pas son blog, selon la terminologie consacrée, alors qu'ici tout le monde trouve ça normal.

Personnellement, mon blog s'inscrit dans une stratégie de présence (y compris sur les moteurs) plus que d'influence, très très loin de la conception que s'en font encore certains journalistes, tel que celui qui m'a contacté il y a deux mois en attaquant ainsi : « Je suis journaliste et aimerais vous posez (sic!) quelques questions sur les volontaires d'Internet. »

Les volontaires d'Internet ! N'importe quoi ! Je ne sais pas si c'est le ton de ma réponse qui l'a fait fuir, mais il ne s'est plus manifesté. En tout cas il m'a bien fait rire, le gueux.

Toutefois un peu moins que ce cher Amaury de Rochegonde, pour qui des « millions de sites ou de blogs » « font de l’audience en propageant rumeurs et commérages », en faisant « une concurrence un peu déloyale » aux médias traditionnels, ces « vieux habitués de la responsabilité éditoriale »...

Et de se réjouir du jugement dans l'affaire Olivier Martinez, « une très mauvaise nouvelle pour les internautes amateurs de potins » !

Ça m'a tellement énervé que je lui ai envoyé un mail que je vous livre in extenso :
Votre article est un tissu d'âneries qui fait de la superficialité vertu.
Par contre, si je comprends bien, vous êtes "journaliste". C'est bizarre, je croyais que les journalistes fouillaient un peu leurs arguments avant d'en parler. Or en lisant ce "papier", on a plutôt l'impression qu'il ne fait que colporter les potins et ragots qu'il semble vouloir dénoncer.
Il ne m'a pas répondu. Mais bon, il est pas trop tard...

En conclusion, ce qui me désole le plus de voir tant d'incompétence bornée, c'est que souvent elle émane de ceux-là mêmes qui devraient expliquer ce qu'est le Web 2.0 (ce cher Amaury est tout de même responsable du service médias du magazine hebdomadaire Stratégies et s'exprime ici sur France Info...), sa complexité, sa richesse, ses subtilités, ses enjeux, etc.

Des enjeux qui sont gigantesques, soit dit en passant. Or avec des arguments pareils, c'est pas demain la veille qu'on va aider les gens à appréhender correctement la situation...

Alors voilà, que sont les blogs aujourd'hui ? La même chose qu'hier et que demain, mais d'abord ce que chacun/e en fera. Et pour vous, c'est quoi les blogs ?


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P.S. Vous pouvez répondre en commentaire, bien sûr, mais un billet complet sur l'argument vous permettrait sûrement de développer une réflexion plus aboutie, si je puis me permettre :-)

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jeudi 13 mars 2008

Adscriptor - Cinq choses importantes

Adscriptor - Cinq choses importantes

Guillaume Narvic me passe le flambeau pour narrer cinq choses sans importance à mon sujet, or en ce moment mon esprit est totalement accaparé par toute une série d'événements qui me prennent la tête, comme on dit si justement.

Ça fait comme une chape qui me comprime le crâne sans répit. Donc je me dis qu'après tout, en parler me libérera peut-être un peu le cerveau.

1. Il y a des moments où je n'ai plus envie d'écrire sur Adscriptor. Ce désintérêt est dû en partie à la rareté des commentaires sur ce blog. Presque 400 billets et aucun n'a jamais recueilli plus de 20 commentaires. D'où le sentiment diffus d'écrire le plus souvent pour les moteurs, qui sont incapables de dialoguer, ces cons ! De quoi éprouver aussi une certaine envie pour des blogueurs tels que Maître Eolas ou Laurent Gloaguen, dont les billets pulvérisent régulièrement le seuil des 100 commentaires (Beppe Grillo, lui, dépasse souvent les 1000...) ! Quant aux interrogations stériles de Mediapart, laissons-les à leur vacuité.
Et en partie au trop-plein de boulot qui fait que les priorités sont autres.

2. Il y a une autre raison, paradoxale, c'est que tout m'intéresse. Je m'informe sur tout, et j'ai envie d'écrire sur tout. Ou presque. Tous les sujets, tous les domaines. Notamment les noms de domaine. Donc au passage permettez-moi de saluer l'apparition d'un forum dédié, Domaineur.com. Résultat : j'ai plein d'idées de billets chaque jour, tout en sachant que pour un billet écrit, il y en a dix qui ne verront jamais le jour. Par manque de temps. Voilà pourquoi je me sens souvent découragé, et impuissant, face à l'ampleur de la tâche.
Seule la poésie pourrait me soulager, mais voici des années que la veine est épuisée.

3. Je m'inquiète chaque jour davantage d'une certaine mentalité procédurière à outrance dont font preuve certains de mes conpatriotes (orthographe délibérée), dont la fréquence augmente régulièrement et dont la légitimité des motivations m'échappent de plus en plus : économiques certes, destinées à faire peur, c'est évident, "légales", probablement, mais en aucun cas "justes". Tantôt c'est DatingWatch, tantôt lespipoles, une fois c'est la Web réputation, l'autre les entreprenautes, aujourd'hui c'est Presse-citron, et demain ?...
Faudrait peut-être revenir à la tradition avisée des sommations d'usage.

4. Il y autre chose qui m'inquiète encore plus, c'est la situation en Italie, où je suis intimement convaincu que, depuis Mussolini, en passant par la Démocratie chrétienne et Craxi (les initiés comprendront), personne n'a jamais fait autant de mal à ce pays que Silvio Berlusconi. Qui a toutes les chances d'être réélu une troisième fois Président du Conseil des Ministres dans environ un mois... Nous sommes donc à la veille d'en reprendre pour cinq ans, de force et non de gré, car comme le dit un représentant de sa propre majorité : Berlusconi est ce qu'il est, mais on n'a que lui ! Or de fait, en l'état actuel des choses, je ne vois aucune alternative possible ni crédible. Même si j'aimerais bien me tromper...
Ceci dit, je lui réserve un billet de mon cru, ad personam, en vue de sa réélection aussi triste que probable.

5. Enfin, cette année marque un tournant décisif dans ma vie professionnelle, avec de nombreux projets en cours qui me passionnent, du lancement imminent de Translation 2.0 Open Project avec Primoscrib à la création de marques avec Quensis...
Les priorités dont je vous parlais au point 1. :-)

En conclusion, que Narvic m'excuse si je m'écarte un peu du but original de la chaîne des choses sans importance, mais je ne me sens pas la fantaisie d'imposer le boulet de mes digressions à qui que ce soit. Et si quelqu'un tient absolument à reprendre une chaîne...


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P.S. @ Narvic, réflexion incidente : perso je crois qu'il me reste encore tout un tas de choses à transmettre... (notamment à mon fils ;-)

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