dimanche 28 septembre 2008

Google poursuit sa mission...

Google poursuit sa mission...

Ce mois-ci j'ai gardé dans un coin de ma tête deux infos en provenance de Mountain View. Il serait peut-être temps de les mélanger pour en ressortir un cocktail que je trouve étonnant, pour ne pas dire détonnant !

Google indexe l'audio « par reconnaissance automatique du contenu ».

À tester sur les Wikio Google Labs : Gaudi (Google Audio Indexing). Ça reste pour l'instant limité à la politique américaine (normal, à la veille des élections...), mais en perspective, on se dit que la phénoménale puissance de calcul de Google (destinée à croître encore et toujours...) s'appliquera tôt ou tard à l'ensemble des contenus audio et vidéo.


Voici un exemple de recherche sur Sarko, où l'on voit que les passages, signalés par une petite barrette jaune, sont également restranscrits en version texte, ce qui fait que vous savez immédiatement les extraits susceptibles de vous intéresser, que vous pouvez même écouter dans l'instant !

Un mode de recherche similaire à Chrome, où les termes cherchés sont mis en évidence et où les petites barrettes jaunes dans l'ascenseur latéral (signalées par une flèche) vous permettent de situer l'endroit où se trouvent les réponses. En outre ces barrettes sont clicables pour vous positionner directement sur le passage correspondant.


Impressionnant ! Très impressionnant ! Comme toujours avec Google... Sans compter que la version texte sera très probablement indexée dans le référentiel planétaire stocké sur les serveurs de Google, et que ces résultats pourront aisément être mixés à ceux de la recherche universelle lorsque le moteur le décidera.

Ça, c'est la première info. Voici la deuxième : Chad Hurley, PDG et co-fondateur de YouTube, a annoncé que chaque minute, c'étaient 13 heures de vidéos qui étaient téléchargées sur YouTube, un volume inéluctablement amené à grossir de façon exponentielle.

Ce qui nous donne, pour l'instant, 18 720 heures de vidéo chargées par jour ! Ou si vous préférez, l'équivalent de 780 jours de vidéos chargées ... tous les jours!!!

Or en faisant appel à ma mémoire et en me rappelant mes débuts en traduction il y a plus de 20 ans, il m'est arrivé de "sbobinare" des cassettes, c'est-à-dire de les faire défiler pour en retranscrire le contenu sur papier. Et si mes souvenirs sont bons, l'équivalent d'une cassette normale remplissait bien une soixantaine de pages standard (des pages de 200 mots). Donc posons comme hypothèse qu'en retranscrivant une cassette de 60 minutes on obtienne 60 pages, ça nous donne une page écrite par minute de conversation.

Appliqué à 18 720 heures de vidéo, ce résultat conduit à l'équivalent de 1 123 200 pages texte qui viendraient s'ajouter, chaque jour, aux 1000 milliards de pages déjà contenues sur Internet. Une goutte dans l'océan, me direz-vous !

Et pourtant. Si vous mettez en relation ces deux "brèves", vous comprenez aisément combien l'inventaire de Google s'apprête à grossir, incessamment sous peu. Et lorsque Chad Hurley nous dit que de nouvelles solutions de monétisation du service sont prêtes à être lancées :

on peut imaginer que rendre toutes ces conversations cherchables fait partie intégrante de cette stratégie de monétisation via le search du contenu "texte" des vidéos.

Après tout la numérisation des livres, des brevets et des journaux papier ne fait peut-être qu'annoncer celle des films télé et cinéma, suite à quoi nous n'aurons plus seulement Google Books, mais Google Films et ce ne sera qu'un début...

En pleine adéquation avec la mission :
organiser l’information mondiale – toute l’information, et pas seulement une partie – et faire en sorte qu’elle soit universellement accessible et utilisable, dans toutes les langues, tous les pays, et sur tous les supports, en ligne et hors ligne : Internet, téléphonie mobile, presse, édition, vidéo, photo, cinéma, télévision, radio, affichage, annuaires papier, etc., la liste est loin d’être exhaustive...
Ajoutez-y la mémoire de traduction universelle et plus rien de ce qui se dit sur terre n'aura de secrets pour Google. Ça laisse songeur...

Voilà pourquoi lorsque Vinton Cerf conclut ainsi :
Et Google sera là, pour contribuer à donner du sens à tout cela, et à organiser tout cela afin de le rendre accessible et utile.
l'info n'est pas dans ce qui est dit, mais dans "qui" le dit. Et dans le fait de savoir que "qui" le dit a aussi les moyens de ses ambitions.

Pour la première fois dans l'histoire de l'humanité !!!


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samedi 27 septembre 2008

Internet demain, par Vinton Cerf

Internet, essentiellement, c'est une histoire de connexions entre les ordinateurs et les gens. Le Web a ouvert la porte à de gigantesques opportunités et motivations pour injecter du contenu dans Internet, et les moteurs de recherche, comme Google, ont fourni aux gens le moyen de trouver les contenus en adéquation avec leurs intérêts. Naturellement, Internet continue de se développer, avec l'évolution constante des nouveaux dispositifs de connexion et des nouvelles façons d'accéder au réseau.

Lors de la prochaine décennie, environ 70% de la population mondiale disposera d'accès fixes ou mobiles avec des débits de plus en plus rapides, jusqu'à plusieurs Go par seconde. Nous pouvons donc vraisemblablement nous attendre à ce que les appareils mobiles deviennent l'une des composantes majeures d'Internet, de même que les
appliances (solutions packagées associant matériel et logiciel et optimisées pour assurer une fonction particulière) et les senseurs/capteurs de toutes sortes. Beaucoup de dispositifs sur Internet, qu'ils soient fixes ou mobiles, sauront ce qu'ils sont et où ils sont, en termes logiques et géographiques. Lorsque vous pénétrerez dans votre chambre d'hôtel, votre mobile vous dira votre emplacement précis, y compris votre numéro de chambre. Puis lorsque vous y brancherez votre ordinateur portable, il prendra et apprendra les informations soit de votre mobile soit de votre chambre. Une fois activés, ce sera chose normale pour les différents dispositifs de découvrir quels sont les autres dispositifs connectés dans le voisinage, de sorte que votre mobile découvrira qu'il peut se connecter à un écran haute résolution, disponible dans ce qu'on appelait autrefois un poste de télévision. Si vous le souhaitez, votre mobile vous rappellera les endroits où vous avez été et suivra à la trace tous vos objets RFIDés tels que votre porte-documents, les clés de votre voiture ou vos lunettes. « Où sont mes lunettes ? », demanderez-vous à votre téléphone ou votre ordinateur. « La dernière zone de couverture RFID où elles ont été détectées est le salon », vous répondront-ils.

Internet transformera également le média vidéo. Si aujourd'hui l'offre est largement programmée, planifiée et consultable en streaming, demain la vidéo deviendra un média interactif pour lequel le choix du contenu et de la publicité sera sous le contrôle des consommateurs. Le positionnement des produits permettra à ceux qui les verront de cliquer sur les articles qui les intéressent dans le champ de visualisation pour en savoir davantage, y compris les informations commerciales, mais pas seulement. Les liens hypertextes associeront les scènes de course de Star Wars I avec la course de chars dans Ben-Hur. Les possibilités conventionnelles de la vidéoconférence seront augmentées par des robots commandés à distance pour qu'ils puissent se déplacer et faire pointer la caméra ou le micro dans la direction voulue, voire pour qu'ils interagissent directement avec l'environnement local sous contrôle de l'utilisateur.

En outre Internet sera étroitement intégré à d'autres portions de notre vie quotidienne, et évoluera en conséquence. Les réseaux électriques, par exemple, deviendront une partie intégrante de l'univers informationnel d'Internet. Nous serons en mesure de suivre et de gérer notre demande en énergie électrique, et nos automobiles participeront autant à la production qu'à la consommation d'électricité. Car en étant capable d'échanger via Internet les informations sur la consommation et la production d'énergie par tous nos dispositifs et systèmes, nous serons en mesure de les rendre plus efficaces.

Votre machine à laver sera programmable via Internet par des services Web qui permettront de la configurer et de démarrer vos programmes de lavage. Les résultats expérimentaux et les mesures scientifiques pourront automatiquement être blogués et mis en commun dans des archives de données pour faciliter leur distribution, leur échange et leur reproductibilité. On peut même imaginer que des instruments scientifiques pourront générer leurs propres données et les publier automatiquement sur un blog.

Ce ne sont là que quelques exemples de la façon dont nous nous immergerons dans Internet et dont nous l'utiliserons à l'avenir. La flexibilité qui caractérise Internet, nous l'avons vu, est la conséquence d'un constat simple : Internet est essentiellement un artefact logiciel. Or comme nous l'avons appris ces dernières décennies, le logiciel est une frontière sans fin : il n'y a aucune limite à ce qui peut être programmé. Si nous pouvons imaginer quelque chose, il y a de bonnes chances pour que nous puissions aussi le programmer. L'Internet du futur sera donc un amalgame de logiciels, d'informations, de données archivées, de dispositifs, d'appareils et de personnes qui interagiront les uns avec les autres via ce réseau, ce tissu extrêmement riche.

Et Google sera là, pour contribuer à donner du sens à tout cela, et à organiser tout cela afin de le rendre accessible et utile.


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vendredi 26 septembre 2008

Avez-vous une culture informationnelle ?

L'un des premiers critères pour tenter d'appréhender le monde qui nous entoure, extrêmement complexe, confus et chaotique, c'est de savoir décrypter l'information.

Mais contrairement à ce que l'on pourrait penser, l'information n'est pas collective, elle est individuelle. C'est un peu comme le marketing, où l'on est passé du marketing de masse pré-Internet au marketing one-to-one sur Internet.

Pour l'info, c'est pareil. Car avant, même si 10, 100 ou 1000 personnes recevant la même information en avaient 10, 100 ou 1000 perceptions diverses, cette info était généralement formatée, à la limite seule changeait la couleur politique des producteurs d'infos, mais les maquettes étaient pratiquement identiques. Autant dans la presse qu'à la télé ou à la radio.

Or voilà qu'Internet fait tout voler en éclat, les modèles traditionnels se retrouvent brusquement en miettes et l'infobésité nous submerge, où « la masse liquide de l’information s’accroît de façon exponentielle », en générant « d’une part le bruit – trop d’informations tue l’information – et de l’autre le silence – ce que je cherche existe, je le sais, c’est là quelque part, mais je ne le trouve pas. Avec au final une réponse trop souvent inaudible, et un utilisateur désorienté, submergé par la profusion informationnelle. »

Pour lire et interpréter l'information, désormais il n'y a plus UNE piste possible, formatée ou non, mais 10, 100 ou 1000 parcours dynamiques, y compris pour une seule et même personne, prise à des moments différents et dans des circonstances diverses.

D'où la nécessité constante d'affiner le rapport signal-bruit :
nous devons pondérer et apprendre à extraire l'info utile au moment opportun : (...) l'énorme masse de stimuli qui nous envahit en permanence (Internet, radio, télé, journaux, pubs, etc.) est peuplée de bruits informationnels, dont je dois extrapoler les signaux forts qui vont servir à me forger une opinion, à prendre une décision, et ainsi de suite.
Les anglo-saxons appellent cela l'Information literacy :
expression ... construite d'après literacy (alphabétisation), en partant du principe qu'il était aussi important de savoir trouver, critiquer et utiliser l'information dans la société de l'information que de savoir lire et écrire dans la société industrielle.
Et ce bien que la transition entre société industrielle et société de l'information soit encore loin d'être acquise évidente...

Mais comme toujours lorsqu'il s'agit de traduire d'une langue à l'autre des termes recouvrant des concepts complexes, aucune expression française équivalente ne s'est encore imposée :
  • alphabétisation informationnelle
  • culture de l'information
  • compétence informationnelle
  • infocompétence
  • maîtrise de l'information
  • littératie
  • littératie numérique
La littératie est ainsi définie par l'OCDE (PDF, 1,4 Mo) :
Aptitude à comprendre et à utiliser l’information écrite dans la vie courante, à la maison, au travail et dans la collectivité en vue d’atteindre des buts personnels et d’étendre ses connaissances et ses capacités.
Du reste ce n'est pas un nouveau concept, puisqu'on en parlait déjà il y a plus d'une dizaine d'années, notamment au niveau des habiletés d'information (information skills) associées :
  1. la définition de la tâche
  2. les stratégies de recherche d'information
  3. l'accès à l'information et la localisation de celle-ci
  4. l'utilisation de l'information
  5. la synthèse
  6. l'évaluation
Ce sont là les « Big Six Skills », les compétences fondamentales liées à la maîtrise de l'information.

C'est d'ailleurs une analogie pertinente avec la rédaction d'un billet de blog, pour lequel il est nécessaire de remplir les conditions à peine énumérées : définir le sujet, les meilleures stratégies de recherche pour localiser l'information voulue, l'utiliser à bon escient, la synthétiser (un passage que je n'ai pas bien assimilé ;-) puis évaluer le résultat final : bon, pas bon, utile, idiot, peut mieux faire, etc.

Pour autant je n'aime pas cette notion de « maîtrise de l'information », car pour moi l'information ne se maîtrise pas, dans l'absolu. Certes, elle peut se maîtriser autant que se manipuler, mais dans un cas comme dans l'autre, elle finit toujours par s'échapper !

L'information est trop liquide : essayez de retenir de l'eau dans vos mains, c'est partiel et ça dure peu. Sans aller jusqu'à parler des dictatures, nos démocraties essaient de plus en plus d'ériger des digues pour retenir l'information, pour la canaliser à volonté, mais tôt ou tard même les barrages les mieux construits commencent par se fissurer, et finissent par craquer lorsque la pression devient trop forte.

Or Internet c'est le Mare magnum de l'information, et aucun barrage ne sera jamais ni assez grand ni assez fort pour contenir l'océan !

Que nous reste-t-il alors, sinon apprendre à naviguer et à nous orienter dans la tempête informationnelle ?

Ceci dit je suis parfaitement d'accord avec la proclamation d'Alexandrie :
La maîtrise de l'information est au coeur de la formation tout au long de la vie. Elle permet aux gens, dans tous les chemins de la vie, de chercher, d'évaluer, d'utiliser et de créer l'information pour des objectifs personnels, sociaux, professionnels et éducationnels. C'est un droit humain de base dans un monde numérique qui apporte l'intégration de tous les peuples.
J'ai souligné ce dernier passage car il serait peut-être bon que notre Ministre de la culture le relise, à l'occasion, elle qui continue à défendre bec et ongles le projet de loi «  Création et Internet », en rappelant qu' « il n'est pas dit que la suspension de l'abonnement à Internet puisse être considéré comme une atteinte aux libertés individuelles » !!!

N'est-ce pas là un outrage à la raison, au bon sens ?

Et ce malgré le désaveu éclatant de la communauté européenne. Or comme l'observe si justement Marc Rees :
Nier ce que dit l'Europe, en pleine présidence française, sera diversement apprécié.

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Partenariat Yahoo-Google sur la pub

Partenariat Yahoo-Google sur la pub

Google vient d'annoncer la mise en ligne d'un minisite (qui redirige en fait sur une page Google) pour présenter le partenariat sur la pub entre les numéros 1 et 2 du Web. Info via Search Engine Land.

La théorie googlienne est claire : le partenariat est un deal sans exclusivité, gagnant-gagnant pour les internautes, les annonceurs et les éditeurs. Les prix continueront d'être fixés en automatique par des enchères concurrentielles, et il n'y a aucune raison d'en être effrayés. Avec un document à l'appui pour en expliquer le mécanisme.


En bref, voici ce que devraient donner les pages de résultats de Yahoo! (en haut) avec les pubs Google affichées (en bas) :


Volontairement retardé trois mois et demi en vue de son examen par les régulateurs, la mise en ligne du site me donne à croire que l'accord ne devrait plus tarder à entrer dans sa phase opérationnelle.

De même que la position officielle de Yahoo exprimée par Sue Decker, dont les derniers mots ne manquent pas de me laisser songeur : « Ultimately, that’s the only way we can provide value for Yahoo!’s stockholders »...

Or si l'on calcule 3,5 mois à partir des communiqués de presse de Google et Yahoo!, annoncés officiellement le 12 juin dernier, ça nous amène au ... 27 septembre. C'est-à-dire demain !

Effectif aux États-Unis et au Canada, cet accord sera sans grandes implications en Europe. Côté protection et confidentialité des données, Google tient à faire savoir qu'aucune information personnelle sensible ne sera partagée, et que Yahoo effacera les derniers octets de l'adresse IP de l'internaute effectuant la requête avant de la transmettre à Google pour l'affichage des pubs contextuelles.


Mais là encore, j'ai comme la vague impression que ça va faire couler beaucoup d'encre et qu'on n'a pas fini d'en parler. À commencer par Microsoft...


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mercredi 24 septembre 2008

France : premier rang mondial en nombre de blogs par internaute


Sous-titre : de l'impossibilité de quantifier / classer la blogosphère mondiale, et comment faire dire aux chiffres tout et son contraire ?

Citation extrapolée du rapport de Mme Giazzi (CV) :
La France compte 9 millions de blogs dont 2,5 millions de blogs actifs. Elle se classe ainsi au 4e rang mondial, après les États-Unis, la Chine et le Japon, et au premier rang mondial en nombre de blogs par internaute.
Donc apparemment, le français progresse depuis 2 ans, puisqu'il était en 5e place à l'époque avec à peine 2% de l'ensemble des billets postés.

Mais comme je le précise en commentant mon billet, j'aurais bien aimé « savoir d'où viennent ces chiffres, et à quand ils remontent », vu que les seules données fournies sur Facebook sont complètement dépassées à la date même de publication du rapport (septembre 2008), qui ne fait d'ailleurs aucune référence à la moindre source, probablement dans un souci de transparence totale...

Ceci dit, vu que les états généraux de la presse vont se baser en partie sur ce rapport, je serais bien mal venu de chipoter. Prenons-les donc tels quels et voyons ce qu'il en sort.

- 9 millions de blogs, soit moins de la moitié du nombre de blogs Skyrock, qui dépassent déjà le cap de 18 millions au moment où j'écris :


Ce qui tendrait à confirmer l'impression de Pierre Bellanger qu'ils sont « véritablement considérés comme des sous-merdes »...

Pourtant, en avril dernier, il y a un peu moins de 6 mois, les Skyrock/blogs c'était 100% de croissance :
plus de 21 millions de membres créant 50 000 blogs/profils et publiant +1,5 million d'articles journellement.
D'ailleurs on est passé depuis de +15 à +18 millions de blogs (dont 90% sont d'expression francophone), disons environ +3,3 millions nouveaux blogs créés en 6 mois...

Observons par ailleurs que le réseau publie à lui tout seul 60% de billets en plus que l'ensemble des blogs tracés par Technorati (respectivement +1,5 million d'articles publiés quotidiennement contre "à peine" 900 000 billets/jour). Et pourtant, exit Skyrock !

Il est donc à supposer que ces 9 millions de blogs se répartissent entre les différentes plateformes de blogging : Blogger, Wordpress, Typepad, Vox, Dotclear, Over-blog, Hautetfort, Viabloga et les autres...

Or si l'on pense que Wikio puise actuellement ses sources auprès de 67 525 médias et blogs, posons arbitrairement 60 000 blogs (j'ignore totalement la répartition exacte médias/blogs), cela voudrait dire que Wikio.fr ne couvre pas même 1% de la blogosphère française (ou francophone, puisque j'ignore si le rapport Giazzi prend également en compte cette nuance dans son calcul) !

- 2,5 millions de blogs actifs, c'est la deuxième indication du rapport. En France uniquement, je le rappelle. Disons pratiquement 3 sur 10, soit une proportion de 27,77% de blogs qui sont actifs.

Vs. 1,1% de blogs actifs au cours des 7 derniers jours, sur les 133 millions de blogs tracés par Technorati !

Décidément le compte n'y est pas. C'est d'ailleurs pour ça que selon les points de vue, les chiffres montrent un ralentissement pour Fred Cavazza, et une croissance formidable de 400% pour moi...

Bien sûr, tout dépend de la définition que l'on retient pour qualifier un blog d'actif, selon qu'on compte les choux, les carottes ou les navets (à propos, Vincent, vu que le III est déjà écrit, dépêche-toi d'écrire le II, des millions de blogueurs trépignent d'impatience...), etc.

Les classements de blogs sont bien sûr un sujet très chaud, mais si nous sommes dans l'incapacité de déterminer l'aspect quantitatif de façon fiable, je vous dis pas l'aspect qualitatif...

Enfin, consolons-nous, puisque la France se classe au PREMIER RANG MONDIAL en nombre de blogs par internaute, c'est le rapport Giazzi qui l'affirme, nous n'avons donc aucune raison de douter de la véracité des faits.

Ce n'est d'ailleurs pas le moindre de ses mérites, puisque ce rapport a un autre « intérêt majeur : nous donner un aperçu de ce que l'on pensait d'internet au XIXeme siècle. »

Jean-Baptiste dixit.

Cocorico :-)


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P.S. Je ne le répéterai jamais assez : il est vraiment curieux de constater que dans ses propositions le rapport Giazzi accorde aux blogs une place inversement proportionnelle à l'importance que leur donnent les chiffres fournis. Mais il est vrai que nous n'en sommes plus à une incohérence près...

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Pourquoi je blogue ?

Pourquoi je blogue ?

cf. The How of Blogging (Technorati)

Rassurez-vous, je vais pas vous refaire le coup, c'est juste pour introduire le dernier volet, à ce jour, de l'analyse Technorati de la blogosphère en 2008.

Après l'introduction et qui sont les blogueurs, voici le troisième volet intitulé The What And Why Of Blogging.

L'enquête a été menée auprès d'un peu plus de 1 000 blogueurs, qui abordent par ordre d'importance les thèmes suivants :


Style de vie / Technologie / Autres / Actu / Politique / Informatique / Musique / Ciné / Voyages / Business / Famille / Télé / Sciences / Religion - spiritualité / Santé / Sports / Jeux / People, chaque blogueur traitant 5 thèmes en moyenne.

Mais la chose qui m'intéresse surtout, ce sont les réponses du panel à la question "pourquoi je blogue" :


1. pour donner mon avis sur les choses qui m'intéressent
2. pour partager mon expertise/expérience
3. pour rencontrer/établir des contacts avec d'autres personnes ouvertes
4. pour tenir informés ma famille et mes amis
5. pour être publié ou cité dans les médias traditionnels
6. pour gagner de l'argent ou un complément de revenus
7. pour renforcer mon CV
8. pour trouver de nouveaux clients

Je voulais en effet comparer cela avec mon enquête personnelle, suite à la chaîne que j'avais lancée il y a un an et aux résultats extrapolés des réponses de 70 blogueurs/blogueuses. Sur les 70 billets analysés, les principales raisons invoquées étaient les suivantes :
  • 57%, le partage au sens large (35 fois le verbe, 5 fois le substantif)
  • 38,6%, les rencontres occasionnées, virtuelles ou réelles (17 fois le verbe, 10 fois le substantif)
  • 30%, l'écriture (16 fois le verbe, 5 fois le substantif)
  • 27,1%, l'échange (15 fois le verbe, 4 fois le substantif)
  • 22,9%, le plaisir de bloguer (16 fois le substantif)
Maintenant, si l'on donne une valeur arbitraire de 100% à ces cinq raisons, la répartition est la suivante :
  1. partage, 32,5%
  2. rencontres, 22%
  3. écriture, 17%
  4. échange, 15,5%
  5. plaisir, 13%
Il apparaît de suite que, globalement, le partage et l'échange (des quasi-synonymes dans ce contexte) représentent 48%, soit près d'1 blogueur sur 2, ce qui est énorme ! Observons en outre que l'écriture, qui occupe une place prépondérante dans les motivations de qui tient un blog, n'en est pas moins importante pour les lecteurs.

Par conséquent, les premières conclusions que j'en tire est que le blogging est une activité ouverte sur le monde et non repliée sur soi-même, où la sincérité, la gratuité et l'altruisme l'emportent largement sur le nombrilisme supposé des blogueurs, ce qui bat en brèche un certain nombre d'idées préconçues sur la question.
Or la réponse de Technorati à la question "pourquoi je blogue" est celle-ci : Self expression and sharing expertise are the top reasons for blogging...

Un constat également partagé par une autre étude de Via Nova Spheeris :


On s'y retrouve !


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P.S. Une autre chaîne similaire tourne actuellement : Why blog ?
Si ça vous dit de la remonter/reprendre...

Quant à l'analyse Technorati, suivez le lien, car trois autres billets restent à publier dans les trois jours qui viennent.

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lundi 22 septembre 2008

State of the Blogosphere 2008

État de la blogosphère 2008

Suite : Pourquoi je blogue ?
France : premier rang mondial en nombre de blogs par internaute
cf. The How of Blogging (Technorati)


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Plus d'un an après les dernières statistiques de Technorati, voici les nouvelles sur l'état de la blogosphère en 2008 :


+37 millions de blogs tracés en mai 2006
+70 millions de blogs tracés en mars 2007
+133 millions de blogs tracés en septembre 2008

Soit une croissance de près de 400% en 28 mois !

De plus, cette nouvelle mouture propose une répartition plus fine des blogueurs, par genre, par situation personnelle ou professionnelle, par blogs avec ou sans pub, etc., et par zone géographique :



Les stats sont détaillées sur plusieurs pages, et l'intégralité de l'analyse commence ici. On y apprend même ce qu'est le blogging, ce qu'est un blog et qui sont les blogueurs. Vaste programme !

Car comme le dit si joliment l'ami Xavier : ouvrir un blog c’est facile. C’est ensuite que cela se complique…

Cela étant, ce tableau est très intéressant :


Où l'on voit que près de 60% des blogueurs bloguent depuis plus de deux ans, avec une durée moyenne de trois ans dans la tenue de leur blog.

Or si l'on pose une valeur totalement arbitraire de 100 millions de blogueurs (sur 133 millions de blogs, puisque certains en tiennent plusieurs), cela donnerait quand même une soixantaine de millions de blogueurs actifs depuis ce temps dans les nombreuses blogosphères, tant linguistiques que sectorielles.

Donc, décidément, le blogging n'est pas - n'est plus, n'a jamais été (rayer la mention inutile) - un phénomène de mode, mais une réalité dont il faudra bien tenir compte, chère Mme Giazzi !



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