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jeudi 28 octobre 2010

Accord secret avec Facebook !?

Une brève, mais de taille !

Selon l'Espresso, la police italienne aurait récemment signé un accord avec Facebook qui permettrait à la police d'Internet d'avoir accès aux profils - privés, chats compris - des quelque 17 millions de membres italiens du réseau social, sans autorisation nécessaire de qui que ce soit : ni d'un juge, ni d'une autorité quelconque, et encore moins des intéressés...

Par exemple, un enquêteur explique au journaliste que dans le but d'empêcher le déroulement des soirées "rave", ils s'insèrent dans les communications entre organisateurs et participants, sur les réseaux sociaux, les forums, les blogs, etc. ("e per questo ci inseriamo nelle comunicazioni tra organizzatori e partecipanti, nei social network, nei forum e nei blog").

Je n'ai pas d'autres infos pour l'instant, mais la première pensée qui m'est venue à l'esprit est la suivante : si Facebook se met à signer ce genre d'accord avec les italiens, on ne voit pas pour quelle raison Zuckerberg ne le ferait pas non plus avec les autorités des autres pays.

Et surtout, à l'insu de son public. Mais si l'affaire est prouvée, selon moi, ça risquerait de porter un rude coup à l'image de Facebook auprès de ses membres, et je ne suis pas certain qu'au final cela s'avère être une bonne opération pour Facebook...

Vos avis ?


P.S. Face à cet "attentat contre l'état de droit", deux sénateurs s'apprêtent déjà à soumettre une question parlementaire au Ministre de l'Intérieur, je vous donnerai les détails dès que je les aurai...

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vendredi 27 février 2009

Les principes de Facebook


Exclu dévoilée hier par Korben ! Qui relaie sur Scribd le communiqué de presse annonçant la publication des principes de Facebook, suite aux récents aléas de communication...

Vu que je n'en ai pas trouvé, voici une traduction vite fait, si vous avez des améliorations à proposer, n'hésitez surtout pas. C'est un peu ma manière à moi de fêter les 20 ans de mon agence de traduction, créée le 27 février 1989...
LES PRINCIPES DE FACEBOOK

L’ambition de Facebook est de faire du monde un lieu plus ouvert et transparent, car nous croyons que les gens pourront ainsi mieux se comprendre et se connecter les uns aux autres. Facebook encourage donc l'ouverture et la transparence pour permettre aux individus de mieux partager et se connecter entre eux. Certains principes directeurs guident Facebook pour réaliser ces objectifs, dont la poursuite ne peut être limitée que par des contraintes légales et technologiques, ou encore par l'évolution des normes sociales. Ainsi, nous avons posé les présents principes comme fondement des droits et des responsabilités des internautes utilisant le service Facebook.

1. Liberté de partager et de se connecter

Les gens doivent être libres de partager les informations qu'ils veulent, sur les supports et aux formats qu’ils veulent, et avoir le droit de se connecter en ligne avec qui ils veulent - personnes, organisations, services -, aussi longtemps que les parties impliquées autorisent la connexion.

2. Propriété et contrôle de l'information

Les gens doivent être propriétaires de leurs informations, et avoir la liberté de les partager avec qui ils veulent, comme et où ils veulent, y compris de les effacer du service Facebook. Les gens doivent être libres de décider avec qui ils veulent partagent leurs informations, et de paramétrer les critères de contrôle nécessaires pour protéger leurs choix. Quoi qu’il en soit, les options de contrôle mises en place ne limitent pas la façon dont les destinataires de ces informations pourront les utiliser ensuite, et plus particulièrement hors du service Facebook.

3. Libre circulation des informations

Les gens doivent pouvoir accéder librement à l'ensemble des informations mises à leur disposition par d'autres, et disposer d’outils conviviaux pour partager et accéder à ces informations de manière aisée, efficace et rapide.

4. Égalité des utilisateurs

Chaque personne – que ce soit un particulier, un annonceur, un développeur, une organisation ou une entité quelconque – doit pouvoir divulguer des informations et accéder à leur diffusion au sein du service Facebook, indépendamment de son activité principale. Il doit donc y avoir un ensemble unique de principes, de droits et de responsabilités, applicables à tous les utilisateurs du service Facebook.

5. Valeur sociale

Les gens doivent être libres de bâtir la confiance et leur réputation à travers leur identité et leurs connexions, et leur radiation du service Facebook ne doit avoir lieu pour aucun motif, autre que ceux décrits dans la Déclaration des droits et des responsabilités de Facebook.

6. Plateformes et standards ouverts

Les utilisateurs doivent pouvoir disposer d’interfaces de programmation pour partager et avoir accès aux informations à leur disposition. Les spécifications de ces interfaces doivent être publiées et rendues disponibles et accessibles à tous.

7. Universalité du service

Les gens doivent pouvoir utiliser Facebook gratuitement pour établir une présence, se connecter aux autres internautes et partager des informations ensemble. Chaque personne doit pouvoir utiliser le service Facebook indépendamment de son niveau de participation ou de contribution.

8. Convivialité sur le site

Les droits et les responsabilités de Facebook et de ses utilisateurs doivent être décrits dans une Déclaration des droits et responsabilités dont la teneur ne doit pas être en contradiction avec les présents principes.

9. Transparence du processus

Facebook doit informer le public sur ses objectifs, ses plans, ses politiques et ses activités. Facebook doit avoir un processus d'affichage public d’informations et de commentaires, ainsi qu’un système de vote pour encourager la contribution et le débat sur les amendements susceptibles d’être apportés aux présents principes ou à la Déclaration des droits et des responsabilités.

10. Un seul monde

Le service Facebook doit transcender les frontières nationales et géographiques et être accessible à tous, partout dans le monde.

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Facebook New Governance Rules FR 260209
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mercredi 18 février 2009

Conditions d'utilisation de Facebook : ça bouge !


Depuis mon premier billet sur les conditions d'utilisation de Facebook, dans lequel la clause incriminée était qualifiée par Vincent Gautrais d'abusive et contractuellement nulle, plusieurs changements sont intervenus. Voyons un peu la chronologie.

En octobre 2007, la clause relative au contenu utilisateur publié sur le site (User Content Posted on the Site), actualisée au 24 mai 2007, était la suivante :
By posting User Content to any part of the Site, you automatically grant, and you represent and warrant that you have the right to grant, to the Company an irrevocable, perpetual, non-exclusive, transferable, fully paid, worldwide license (with the right to sublicense) to use, copy, publicly perform, publicly display, reformat, translate, excerpt (in whole or in part) and distribute such User Content for any purpose on or in connection with the Site or the promotion thereof, to prepare derivative works of, or incorporate into other works, such User Content, and to grant and authorize sublicenses of the foregoing. You may remove your User Content from the Site at any time. If you choose to remove your User Content, the license granted above will automatically expire, however you acknowledge that the Company may retain archived copies of your User Content.
Ma traduction :

En transférant votre Contenu utilisateur où que ce soit sur le site, automatiquement vous accordez, déclarez et garantissez que vous avez le droit d'accorder à la Société une licence - irrévocable, perpétuelle, non exclusive, transférable, libre de droits, mondiale (assortie du droit de sous-licencier) - d'utiliser, de copier, d'exécuter et d'afficher publiquement, de reformater, de traduire, d'extraire (en tout ou en partie) et de distribuer ce Contenu utilisateur à quelque fin que ce soit, en relation avec le site ou avec sa promotion, ainsi que de mettre au point des produits dérivés et d'incorporer tel Contenu dans d'autres produits, de même que vous accordez et autorisez l'exploitation de sous-licences sur lesdits produits. À tout moment, vous pouvez retirer votre Contenu utilisateur du site. Si vous choisissez de le faire, la licence accordée ci-dessus s'éteindra automatiquement, même si vous reconnaissez que la Société peut archiver et conserver des copies de votre Contenu utilisateur.

À noter que la partie graissée de la dernière phrase ci-dessus avait été ajoutée dans un deuxième temps par Facebook, puisqu'une précédente version ne parlait ni d'archivage ni de rétention des données, en se terminant ainsi : If you choose to remove your User Content, the license granted above will automatically expire (si vous choisissez d'éliminer votre Contenu utilisateur, la licence accordée ci-dessus s'éteindra automatiquement).

Or le 4 février dernier, patatrac, Facebook réactualise ses conditions et fait complètement sauter les deux dernières phrases, c'est-à-dire les mentions sur le retrait volontaire de son contenu par l'utilisateur. Ce qui fait titrer à Ecrans : Facebook : Tous les droits, pour toujours !

Devant le tollé général soulevé sur le Web, après une première tentative d'explication (qui fait dire à Techcrunch : c'est compliqué...), Zuckerberg revient sur sa décision et remet l'ancienne version, dont voici maintenant la version "officielle" traduite :
En publiant un Contenu utilisateur sur le Site, vous autorisez expressément la Société à créer les copies nécessaires pour faciliter la publication et le stockage du Contenu utilisateur sur le Site. En publiant un Contenu utilisateur sur tout ou partie du Site, vous concédez expressément à la Société, et vous garantissez détenir les droits nécessaires à cet effet, une licence irrévocable, perpétuelle, non exclusive, transférable et pour le monde entier sans rétribution financière de sa part (y compris le droit de concéder des sous-licences), d'utiliser, copier, représenter, diffuser, reformater, traduire, extraire (en tout ou partie) et distribuer ce Contenu utilisateur, à des fins commerciales, publicitaires ou autres, sur le Site ou en relation avec le Site (ou dans le cadre de sa promotion), de créer des œuvres dérivées du Contenu utilisateur ou de l'incorporer à d'autres créations, et d'en concéder des sous-licences des éléments cités. À tout moment, vous pouvez supprimer votre Contenu utilisateur du Site. Si vous choisissez de supprimer votre Contenu utilisateur, la présente licence prendra fin automatiquement mais vous acceptez que la Société puisse conserver des copies archivées du Contenu utilisateur supprimé. Facebook ne revendique aucun droit de propriété sur votre Contenu utilisateur. En vertu des présentes Conditions d'utilisation, vous demeurez propriétaire de votre Contenu utilisateur et des droits d'auteur ou autres qui lui sont associés.
Donc tout est bien qui finit bien. Et à celles et ceux qui se demandent si les conditions d'utilisation de Facebook sont légales ou illégales, j'aime bien cette réponse d'André Gunthert :
...rappelons un principe simple (..) : la loi prévaut sur le contrat.
(...)
(C)es textes n'ont de valeur que dans la mesure où ils sont conformes à la loi.
(...)
Mark Zuckerberg explique que le toilettage des CGU correspondait à une tentative malheureuse pour prendre en compte un droit du destinataire.
(...)
Il n'existe aucune garantie pour le destinataire d'un commentaire que celui-ci puisse être conservé aussi longtemps que le contenu qu'il commente. C'est ce problème qu'ont tenté sans succès de résoudre les juristes de Facebook. Dans sa note, Zuckerberg souligne à juste titre que le droit (réel) de l'émetteur et le droit (revendiqué) du destinataire sont en contradiction et sont susceptibles de créer un conflit : « Il n'existe aujourd'hui aucun système qui me permette de partager mon adresse e-mail avec vous et simultanément de contrôler avec qui ou avec quels services vous la partagez. »
Ce point de droit n'est pas résolu...
D'autant que tout prévoir pour régir en toute légalité les termes d'utilisation de quelque 175 millions d'utilisateurs répartis dans une centaine de pays, bonjour le casse-tête, et Facebook n'est certes pas le seul acteur du Web qui a des difficultés avec ses conditions d'utilisation !


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vendredi 26 septembre 2008

Avez-vous une culture informationnelle ?

L'un des premiers critères pour tenter d'appréhender le monde qui nous entoure, extrêmement complexe, confus et chaotique, c'est de savoir décrypter l'information.

Mais contrairement à ce que l'on pourrait penser, l'information n'est pas collective, elle est individuelle. C'est un peu comme le marketing, où l'on est passé du marketing de masse pré-Internet au marketing one-to-one sur Internet.

Pour l'info, c'est pareil. Car avant, même si 10, 100 ou 1000 personnes recevant la même information en avaient 10, 100 ou 1000 perceptions diverses, cette info était généralement formatée, à la limite seule changeait la couleur politique des producteurs d'infos, mais les maquettes étaient pratiquement identiques. Autant dans la presse qu'à la télé ou à la radio.

Or voilà qu'Internet fait tout voler en éclat, les modèles traditionnels se retrouvent brusquement en miettes et l'infobésité nous submerge, où « la masse liquide de l’information s’accroît de façon exponentielle », en générant « d’une part le bruit – trop d’informations tue l’information – et de l’autre le silence – ce que je cherche existe, je le sais, c’est là quelque part, mais je ne le trouve pas. Avec au final une réponse trop souvent inaudible, et un utilisateur désorienté, submergé par la profusion informationnelle. »

Pour lire et interpréter l'information, désormais il n'y a plus UNE piste possible, formatée ou non, mais 10, 100 ou 1000 parcours dynamiques, y compris pour une seule et même personne, prise à des moments différents et dans des circonstances diverses.

D'où la nécessité constante d'affiner le rapport signal-bruit :
nous devons pondérer et apprendre à extraire l'info utile au moment opportun : (...) l'énorme masse de stimuli qui nous envahit en permanence (Internet, radio, télé, journaux, pubs, etc.) est peuplée de bruits informationnels, dont je dois extrapoler les signaux forts qui vont servir à me forger une opinion, à prendre une décision, et ainsi de suite.
Les anglo-saxons appellent cela l'Information literacy :
expression ... construite d'après literacy (alphabétisation), en partant du principe qu'il était aussi important de savoir trouver, critiquer et utiliser l'information dans la société de l'information que de savoir lire et écrire dans la société industrielle.
Et ce bien que la transition entre société industrielle et société de l'information soit encore loin d'être acquise évidente...

Mais comme toujours lorsqu'il s'agit de traduire d'une langue à l'autre des termes recouvrant des concepts complexes, aucune expression française équivalente ne s'est encore imposée :
  • alphabétisation informationnelle
  • culture de l'information
  • compétence informationnelle
  • infocompétence
  • maîtrise de l'information
  • littératie
  • littératie numérique
La littératie est ainsi définie par l'OCDE (PDF, 1,4 Mo) :
Aptitude à comprendre et à utiliser l’information écrite dans la vie courante, à la maison, au travail et dans la collectivité en vue d’atteindre des buts personnels et d’étendre ses connaissances et ses capacités.
Du reste ce n'est pas un nouveau concept, puisqu'on en parlait déjà il y a plus d'une dizaine d'années, notamment au niveau des habiletés d'information (information skills) associées :
  1. la définition de la tâche
  2. les stratégies de recherche d'information
  3. l'accès à l'information et la localisation de celle-ci
  4. l'utilisation de l'information
  5. la synthèse
  6. l'évaluation
Ce sont là les « Big Six Skills », les compétences fondamentales liées à la maîtrise de l'information.

C'est d'ailleurs une analogie pertinente avec la rédaction d'un billet de blog, pour lequel il est nécessaire de remplir les conditions à peine énumérées : définir le sujet, les meilleures stratégies de recherche pour localiser l'information voulue, l'utiliser à bon escient, la synthétiser (un passage que je n'ai pas bien assimilé ;-) puis évaluer le résultat final : bon, pas bon, utile, idiot, peut mieux faire, etc.

Pour autant je n'aime pas cette notion de « maîtrise de l'information », car pour moi l'information ne se maîtrise pas, dans l'absolu. Certes, elle peut se maîtriser autant que se manipuler, mais dans un cas comme dans l'autre, elle finit toujours par s'échapper !

L'information est trop liquide : essayez de retenir de l'eau dans vos mains, c'est partiel et ça dure peu. Sans aller jusqu'à parler des dictatures, nos démocraties essaient de plus en plus d'ériger des digues pour retenir l'information, pour la canaliser à volonté, mais tôt ou tard même les barrages les mieux construits commencent par se fissurer, et finissent par craquer lorsque la pression devient trop forte.

Or Internet c'est le Mare magnum de l'information, et aucun barrage ne sera jamais ni assez grand ni assez fort pour contenir l'océan !

Que nous reste-t-il alors, sinon apprendre à naviguer et à nous orienter dans la tempête informationnelle ?

Ceci dit je suis parfaitement d'accord avec la proclamation d'Alexandrie :
La maîtrise de l'information est au coeur de la formation tout au long de la vie. Elle permet aux gens, dans tous les chemins de la vie, de chercher, d'évaluer, d'utiliser et de créer l'information pour des objectifs personnels, sociaux, professionnels et éducationnels. C'est un droit humain de base dans un monde numérique qui apporte l'intégration de tous les peuples.
J'ai souligné ce dernier passage car il serait peut-être bon que notre Ministre de la culture le relise, à l'occasion, elle qui continue à défendre bec et ongles le projet de loi «  Création et Internet », en rappelant qu' « il n'est pas dit que la suspension de l'abonnement à Internet puisse être considéré comme une atteinte aux libertés individuelles » !!!

N'est-ce pas là un outrage à la raison, au bon sens ?

Et ce malgré le désaveu éclatant de la communauté européenne. Or comme l'observe si justement Marc Rees :
Nier ce que dit l'Europe, en pleine présidence française, sera diversement apprécié.

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mercredi 10 septembre 2008

Google vs. Edvige

Google vs. Edvige

À l'origine de ce billet est un raccourci saisissant imaginé par un de mes collègues : Google = Edvige.

Selon ses propres mots : « je me disais que la bonne traduction de Gogole était sans doute Edwige »... (sic)

Donc, ici c'est Google-Edvige, là c'est Edvige-Facebook, dont l'auteur de l'article, avocat, nous fait justement remarquer que la création du "fichier" Edvige (sigle d'Exploitation documentaire et valorisation de l’information générale) :
intervient dans un contexte marqué par un affaiblissement considérable de la vigilance des personnes quant à la protection de leurs données personnelles.
Et de poursuivre :
Peut-être supporte-t-on mieux le fichage privé car dans un cas, il y a consentement, et pas dans l’autre ?
Pour autant, en comparant Google ou Facebook avec Edvige, est-ce qu'on ne compare pas les torchons et les serviettes ? Car si l'on peut considérer qu'il y a fichage, dans un cas comme dans l'autre, parle-t-on d'un fichage de même nature ?

Non ! Il faut le dire clairement. Et avant de conclure que le fichage « privé » ferait moins peur car n'émanant d'aucun gouvernement, mieux vaut essayer de tirer l'écheveau pour dénouer ce sac d'embrouilles.

Signalons tout d'abord qu'Edvige n'est qu'un fichier parmi d'autres dans l'ample panoplie du fichage gouvernemental, qui compterait en tout, avec Edvige, 37 fichiers différents. Plus que des fichiers, d'ailleurs, il s'agit de véritables bases de données. Qui contiendraient, pour nous limiter à Edvige, à destination de toutes les personnes physiques âgées de treize ans et plus :
― informations ayant trait à l'état civil et à la profession ;
― adresses physiques, numéros de téléphone et adresses électroniques ;
― signes physiques particuliers et objectifs, photographies et comportement ;
― titres d'identité ;
― immatriculation des véhicules ;
― informations fiscales et patrimoniales ;
― déplacements et antécédents judiciaires ;
― motif de l'enregistrement des données ;
― données relatives à l'environnement de la personne, notamment à celles entretenant ou ayant entretenu des relations directes et non fortuites avec elle.
Toutes les personnes physiques âgées de treize ans et plus relatives à l'article 1, s'entend, article 1 qui n'est pas mal non plus, puisqu'il autorise le ministre de l'intérieur à mettre en œuvre un traitement automatisé et des fichiers de données à caractère personnel ... ayant pour finalités... :
  1. De centraliser et d'analyser les informations relatives aux personnes physiques ou morales ayant sollicité, exercé ou exerçant un mandat politique, syndical ou économique ou qui jouent un rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif, sous condition que ces informations soient nécessaires au Gouvernement ou à ses représentants pour l'exercice de leurs responsabilités ;
  2. De centraliser et d'analyser les informations relatives aux individus, groupes, organisations et personnes morales qui, en raison de leur activité individuelle ou collective, sont susceptibles de porter atteinte à l'ordre public ;
  3. De permettre aux services de police d'exécuter les enquêtes administratives qui leur sont confiées en vertu des lois et règlements, pour déterminer si le comportement des personnes physiques ou morales intéressées est compatible avec l'exercice des fonctions ou des missions envisagées.
Plus ici...

En clair, et notamment au lu du point 2. (susceptibles de porter atteinte à l'ordre public), ça veut dire que toute la population française, dans une circonstance ou une autre, pour une raison ou une autre, peut tôt ou tard être amenée à se retrouver dans le ventre d'Edvige...

Voilà pour la partie "publique" de la chose. Voyons maintenant ce qu'est le "fichage" côté privé, et en quoi Edvige est différent de Google ou Facebook. En commençant par Facebook, comme je l'ai détaillé dans un billet sur le ciblage publicitaire et comportemental selon Facebook :
Lieu / Sexe / Âge / Mots clés de son choix / Formation / Diplôme d'université / À l'université / Au lycée / Universités / Major / Année, etc. / Lieux de Travail / Relation / Célibataire / Fiancé(e) / Marié(e) / Intéressé(e) par hommes - femmes /
Ajoutons-y l'orientation politique aux US :


et précisons que le choix de renseigner ces champs est totalement facultatif, voire fantaisiste (vous y mettez ce que vous voulez), autant d'options qui ne se posent pas avec Edvige...

Donc, première question : cocher les cases ci-dessus ou saisir quelques mots à la volée peut-il constituer une atteinte à la vie privée ? Et en quoi ?

D'autre part, la collecte d'infos "personnelles" par les grands acteurs du Web n'est déclenchée que par certains événements, des « Data transmission events ».
Citons, à titre d'exemple, les données collectées :

- lors des recherches de l'internaute ;
- lors de ses achats ;
- lorsqu'il clique sur une pub ;
- lorsqu'il s'enregistre sur un service ;
- grâce aux cookies, etc.

Tout ça permettant à qui les possède en bout de chaîne d'obtenir des informations précises sur nos habitudes, nos intérêts, et ainsi de suite. Le graal des publicitaires et des marketers de tout poil, en quelque sorte !

On pourra toujours s'interroger pour savoir si ces données sont collectées à notre insu ou non, bien que je me demande franchement quel internaute naviguant régulièrement sur Internet ne serait pas encore au courant !?

Par ailleurs, menée aux États-Unis en décembre 2007 sur le trafic imputable aux quinze plus gros acteurs américains de l'Internet, je ne doute pas que les résultats de l’étude puissent être extrapolés au Web mondial, puisque de toute façon la tendance est irréversible, autant le savoir...
La collecte globale de toutes ces données n'ayant qu'un but, comme je le dis à propos de Google :
(analyser) mes habitudes de navigation, identifier mes goûts, me profiler par un ciblage comportemental le plus précis possible, et pouvoir ainsi me présenter les pubs qu'elle jugera les plus pertinentes, les plus susceptibles de me faire cliquer, réagir, acheter, etc.
Donc en comparant le "fichage privé" au "fichage public" à peine décrits, et même si l'on veut mettre les conditions d'utilisation de Facebook ou des services de Google sur la balance, la seule conclusion qui me vient est celle-ci : ils ne sont pas comparables. En aucun cas.

Par conséquent, celles et ceux qui pensent avoir tout dit en comparant Google, Facebook & Co avec Edvige et ses frères et sœurs dont disposent peu ou prou tous les gouvernements de la planète, feraient mieux de peaufiner leur analyse avant de dire n'importe quoi. Et il serait peut-être temps aussi d'en finir avec la paranoïa généralisée sur Google et autres, à moins que ça ne serve d'alibi pour ne pas voir les vrais problèmes que nous posent les états qui nous gouvernent en promulguant des législations toutes plus débiles les unes que les autres.

Car Edvige, à l'instar de tous ces prénoms qu'on donne aux cyclones tropicaux qui dévastent des populations entières, me fait plutôt penser à une catastrophe naturelle anthropique de très grande ampleur... Du genre HADOPI, rien que pour en citer une autre. Alors non à Edvige !

Mais franchement, rien à voir avec Google. En Italie, ma vie privée est en danger dès aujourd'hui (enfin, ça fait déjà plusieurs années...), et la menace vient d'un "gouvernement démocratiquement élu" et de son chef, Silvio Berlusconi. Qui s'en prend d'ailleurs aussi à Google.

C'est peut-être un hasard, mais un proverbe italien dit : "les ennemis de mes ennemis sont mes amis"...


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samedi 6 septembre 2008

Pourquoi j'aime Google ?

Pourquoi j'aime Google ?

Parce que j'en suis content. Les services de Google me satisfont totalement. Ils sont en phase avec mes exigences du moment. Ils sont pertinents, généralement simples à utiliser. Et gratuits !

Oh mais je vous vois venir : non, ils ne sont pas gratuits. Ou alors ils sont gratuits sans être gratuits. Ce n'est plus de la gratuité, alors, c'est une gratuité factice. Une gratuité où l'on me reprend d'une main ce qu'on me donne de l'autre, un troc : des services gratuits, simples et pertinents contre mes données personnelles en monnaie d'échange.

Alors quoi ? Devrais-je m'en offusquer ? Devrais-je m'en inquiéter ? Google me « fournit gratuitement d'excellents produits de première nécessité » car elle veut tout savoir sur moi. Et savoir quoi, je vous le demande ?

Mes habitudes de navigation, pour identifier mes goûts, me profiler par un ciblage comportemental le plus précis possible, et pouvoir ainsi me présenter les pubs qu'elle jugera les plus pertinentes, les plus susceptibles de me faire cliquer, réagir, acheter, etc.

Ah ! Mais vous plaisantez ! Laisserais-je le mauvais Google accumuler les données personnelles sur mon compte sans réagir ? Sans dénoncer ? Sans ceci, sans cela, bla-bla, etc. etc. etc.

Franchement, vous voulez savoir ce que j'en pense : je m'en fous ! Je me fous TOTALEMENT du fait que Google connaisse mes "petits secrets" qui n'en sont pas. Google peut me présenter toutes les pubs du monde, là, sous mes yeux, maintenant, hic et nunc disaient nos anciens, en dernier ressort c'est à moi qu'il appartient de cliquer, ou pas.

Exemple : j'utilise GMail depuis le début, j'ai actuellement environ 140 mille messages dans ma "boîte" et chaque fois que j'en ouvre un des pubs s'affichent sur le côté. Et bien vous savez quoi ? Je crois que je n'ai jamais cliqué sur aucun lien ! Ou si ça m'est arrivé en quelques occasions qu'on peut compter sur les doigts de la main, c'est tantôt suite à une erreur de manip, tantôt pour assouvir une curiosité passagère, mais enfin, si Google n'avait que des clients comme moi pour soutenir son modèle économique, ça ferait longtemps qu'ils auraient mis la clé sous la porte.

Car pour moi ces pubs sont totalement transparentes. Je ne les regarde jamais. Je m'en fous, à vrai dire. Or si là est le seul prix à payer pour utiliser un gestionnaire de courriels ou d'autres services particulièrement efficaces et puissants, pourquoi devrais-je m'en priver ? Et en plus, gratuitement !

Gratuit, mais ça veut dire quoi, gratuit ?

Selon le Robert :
  1. Qui se fait, qui se donne pour rien. => désintéressé, bénévole, gracieux
  2. Que l'on donne sans faire payer : dont on jouit sans payer
  3. etc., mais sans rapport avec ce qui nous occupe...
Donc l'affaire est entendue : sur Internet, l'acception courante de gratuité est parfaitement définie par le 2, et non par le 1. Mais ça on le sait, tout le monde le sait, devrait le savoir : Google et les autres nous "donnent" des services "gratuits", au sens où on ne les paie pas avec de l'argent, mais en aucun cas désintéressés, puisqu'ils nous "vendent" ces mêmes services contre une monnaie d'échange généralement représentée par nos données personnelles, nos habitudes de navigation, etc.

Pour autant, est-ce là un bon motif pour laisser Google régenter le monde ? D'abord est-ce le but de Google ? Est-ce sa mission ?
organiser l’information mondiale – toute l’information, et pas seulement une partie – et faire en sorte qu’elle soit universellement accessible et utilisable, dans toutes les langues, tous les pays, et sur tous les supports, en ligne et hors ligne : Internet, téléphonie mobile, presse, édition, vidéo, photo, cinéma, télévision, radio, affichage, annuaires papier, etc., la liste est loin d’être exhaustive...
Une question simple : les lignes qui précèdent sont-elles synonymes de "régenter" ?

Et puisqu'il conviendrait toujours de s'interroger véritablement sur le sens et la valeur des mots qu'on emploie, que signifie vraiment régenter ?

Toujours selon le Robert : 1. Diriger. - 2. Diriger avec une autorité excessive, ou injustifiée. Étymologie : de "régent", on s'en serait douté : personne qui gouverne, qui régit, administre (je vous fais grâce des détails)...

Or est-ce que c'est le cas de Google ? Non. Pas que je sache. Son ambition ? Non plus. Sa mission déclarée  ? Encore moins.

Non, c'est la politique qui régente. Ce sont nos états qui régissent, administrent. Pour leur plus grand profit, d'ailleurs. Ce sont eux qui contraignent des centaines de millions de "citoyens" à leur "donner" entre 6 et 7 mois par an de leur "vie" et de leur "argent" pour que les politiciens qui nous "régentent" fassent n'importe quoi et en profitent au maximum, sans la moindre vergogne, entre inepties et gabegies, cynismes et démagogies, incompétences et impunités...

Donc pourquoi vouloir mettre Google sur le même plan. Prenons un exemple simple : Google Books. Olivier et beaucoup s'inquiètent de ce que Google, une entreprise privée, mette ainsi la main sur un patrimoine public, un patrimoine de la connaissance, du savoir, etc. Or qu'avons-nous en face, du côté des états qui seraient censés "administrer" ce patrimoine public pour le bien commun ? Et bien nous avons ça (c'est moi qui souligne) :
Livres, œuvres musicales, tableaux, photographies et films, toute la diversité culturelle de l'Europe offerte à tous les citoyens en un simple clic de souris sur un seul portail: le rêve d'une bibliothèque numérique européenne pourrait devenir réalité cet automne. Cependant, la Commission a indiqué aujourd'hui, dans une nouvelle communication sur la mise à disposition des versions numériques d'œuvres provenant d'institutions culturelles de l'Europe entière, que les États membres avaient encore des efforts à fournir. Grâce à la numérisation du matériel culturel, les Européens pourront accéder aux collections des musées, des bibliothèques et des archives des autres pays sans avoir à voyager ou à tourner des centaines de pages pour trouver une information donnée. Les bibliothèques européennes contiennent, à elles seules, plus de 2,5 milliards de livres, mais environ 1 % des archives seulement sont disponibles sous forme numérique. La Commission appelle donc les États membres à intensifier leur action pour rendre davantage d'œuvres numériques disponibles en ligne, afin que les Européens puissent les consulter dans le cadre de leurs loisirs, de leur travail ou de leurs études. Pour sa part, la Commission allouera, en 2009-2010, quelque 120 millions d'euros à l'amélioration de l'accessibilité en ligne du patrimoine culturel européen.
Donc à qui devrions-nous nous en prendre ? À Google qui fait ça "gratuitement" mais non sans désintérêt, ou à nos états qui ne font rien, pas même l'intérêt commun, ou si peu, tout en nous prenant beaucoup ?

Et je pourrais continuer sur la même lancée sans trop me forcer, tellement les exemples sont nombreux... Alors pourquoi toute cette parano autour de Google, franchement je ne comprends pas trop. Allez, hop, remettons-en une couche, histoire de revenir au sujet du moment !

Juste un article de plus pour enfoncer le même clou dans nos cerveaux : « Google Chrome fait déjà tiquer les défenseurs de la vie privée, notamment après la lecture des conditions générales d'utilisation du navigateur (CGU). » Or comme je l'ai dit ici, ce passage était loin d'être spécifique à Chrome, puisqu'il est inséré pratiquement dans les CGU de tous les services de Google.

C'est tout simplement ce qu'on appelle un boilerplate, un passage standard copié-collé quasiment à l'identique dans nombre de contrats anglo-saxons, ce qui explique aussi pourquoi la teneur est si proche des CGU de Facebook.

Donc ma question est la suivante : pourquoi réagir sur Chrome, à peine sorti, et n'avoir pratiquement jamais rien dit sur tous les autres produits-services de Google dont les CGU portent la même mention.

En un mot, pourquoi toute cette parano ? Le retrait immédiat du passage incriminé des CGU de Chrome est d'ailleurs un signe évident de la réactivité de la société et du fait que Google prend sa mission au sérieux. Cette collecte de données n'est d'ailleurs pas réservée à Google, comme je l'ai montré dans ce billet. Tous les acteurs majeurs du Web tentent d'en savoir toujours plus sur nous, inutile de s'en étonner.

Donc, face à cette situation, comme l'indique Horacio Gonzalez dans un billet plein de bon sens, mieux vaut choisir son camp parmi les trois attitudes possibles :
  1. J'utilise à fond les outils de Google, et je leur confie mes informations personnelles
  2. Je ne raconte rien sur moi et n'utilise aucun des services de Google
  3. J'utilise les outils de Google en sachant ce que je fais, ..., et en choisissant des outils différents sur les sujets pour lesquels je veux protéger la confidentialité de mes données et le respect de ma vie privée.
Perso, j'ai choisi mon camp, le 1er. Sans aucun prosélytisme, c'est juste celui qui me convient le mieux.

Aujourd'hui j'en suis content, et je le dis. Demain je n'en serai plus content pour une raison ou une autre, et je le dirai aussi. En attendant, je n'éprouve nul besoin de brûler des idoles, car je n'en ai pas. Pas plus que je ne suis sectaire. Vous préférez Microsoft, grand bien vous fasse. D'autres ne jurent que par Firefox (financé par Google, soit dit en passant), no problem. Chacun est libre, et moi de même.

Après tout, chacun est assez grand pour se sentir libre de choisir son camp. Je vous ai dit le mien, me direz-vous le vôtre (attention à l'ordre des propositions, parfois réorganisées automatiquement) ?



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P.S. Billet en réponse à ce commentaire de Szarah :
Je comprends votre enthousiasme, monsieur Le Ray : Google vient de vous délivrer d'un calvaire quotidien.
Vous êtes content et vous le dites.
C'est un peu comme si vous présentiez votre nouvelle fiancée (sourire).
Elle est même sur clé USB, dis donc ! (je plaisante).

Etes-vous déjà prêt à considérer qu'une entreprise qui fournit gratuitement d'excellents produits de première nécessité mérite par là de régenter le monde ?

J'espère que vous savez facilement mettre le feu à vos idoles.

Parce que, bon, il faudra bien que quelqu'un vous délivre de Chrome quand vous serez redescendu sur terre (sourire).
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mercredi 3 septembre 2008

Google Chrome : conditions d'utilisation

Google Chrome : conditions d'utilisation

[MàJ - 4 septembre] Apparemment, le malentendu est réglé (en français)...

[MàJ - 8 septembre] Position officielle de Google sur la question. Voir également ici.

* * *

Un billet de Read/Write Web analyse certaines clauses des conditions d'utilisation de Chrome, en mettant en évidence la section 11 (Licence relative à votre Contenu). Or ne trouvez-vous pas que les points 11.1 et 11.2 (c'est moi qui souligne) :
11.1 Vous conservez les droits d'auteur et tous les autres droits en votre possession vis-à-vis du Contenu que vous fournissez, publiez ou affichez sur les Services ou par le biais de ces derniers. En fournissant, publiant ou affichant le contenu, vous accordez à Google une licence permanente, irrévocable, mondiale, gratuite et non exclusive permettant de reproduire, adapter, modifier, traduire, publier, présenter en public et distribuer tout Contenu que vous avez fourni, publié ou affiché sur les Services ou par le biais de ces derniers. Cette licence a pour seul but de permettre à Google d'afficher, de distribuer et de promouvoir les Services et peut être révoquée pour certains Services, selon les dispositions des Conditions supplémentaires applicables à ces Services.

11.2 Vous admettez que cette licence inclut le droit pour Google de rendre ce Contenu disponible pour d'autres sociétés, organisations ou individus partenaires de Google pour la mise à disposition de services syndiqués, ainsi que le droit d'utiliser ce Contenu en relation avec la mise à disposition de ces services.
ressemblent furieusement au point 1 des conditions d'utilisation relatives au contenu utilisateur transféré sur Facebook :
En transférant votre Contenu utilisateur où que ce soit sur le site, automatiquement vous accordez, déclarez et garantissez que vous avez le droit d'accorder à la Société une licence - irrévocable, perpétuelle, non exclusive, transférable, libre de droits, mondiale (assortie du droit de sous-licencier) - d'utiliser, de copier, d'exécuter et d'afficher publiquement, de reformater, de traduire, d'extraire (en tout ou en partie) et de distribuer ce Contenu utilisateur à quelque fin que ce soit, en relation avec le site ou avec sa promotion, ainsi que de mettre au point des produits dérivés et d'incorporer tel Contenu dans d'autres produits, de même que vous accordez et autorisez l'exploitation de sous-licences sur lesdits produits. À tout moment, vous pouvez retirer votre Contenu utilisateur du site. Si vous choisissez de le faire, la licence accordée ci-dessus s'éteindra automatiquement, même si vous reconnaissez que la Société peut archiver et conserver des copies de votre Contenu utilisateur.
Voilà qui ne va certes pas rassurer celles et ceux qui s'inquiètent de l'arrivée de Big Browser pour les questions relatives à la confidentialité des données personnelles et au respect de la vie privée, même si...

Ah ! J'allais oublier, le point 17, Bandeaux publicitaires (via CNET) :
17.1 Certains des Services fournis par Google sont financés par des recettes publicitaires et peuvent donc afficher des bandeaux publicitaires et des promotions. Ces publicités peuvent cibler le contenu d'informations stockées dans les Services, des questions posées par le biais des Services ou d'autres informations.

17.2 Les modalités et le champ des annonces publicitaires publiées par Google dans les Services peuvent faire l'objet de modifications sans préavis.

17.3 En contrepartie de l'accès aux Services et de leur utilisation fournis par Google, vous acceptez que Google y affiche des bandeaux publicitaires.
Mais rassurez-vous, contrairement aux apparences, ce n'est pas spécifique à Chrome...

Alors, Google, ça suffit ? Non merci ? Voir également Horacio Gonzalez, qui fournit selon moi un éclairage excellent à cette problématique...


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P.S. Lire à ce sujet le billet de Matt Cutts, mais la paranoïa ne semble pas de mise.

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samedi 30 août 2008

Le graphe social selon Google

Le graphe social selon Google

Après le graphe social de Facebook, voici celui selon Google !



Google Profile now supports Social Graph API, par Chris Messina sur Vimeo.

Ainsi j'ai découvert que nous pouvions tous avoir un profil sur Google, voici donc le mien !

Vraiment, Google profileur en série se ... profile de plus en plus à l'horizon.

Pour autant, jusqu'à ce jour, il me semble que ce "profil Google" était plutôt resté dans l'ombre, mais comme le souligne justement Frederic Lardinois, si Google commence à booster son API, il pourrait éventuellement s'en servir pour présenter "notre profil" comme l'élément central, ou, si vous préférez, comme le référentiel principal de notre identité numérique.

Je ne sais pas trop vers quoi tout ceci peut nous mener, mais les implications pourraient vraiment être énormes, comme toujours avec Google...

Car même si a priori toutes les données prises en compte sont par définition "publiques", une fois qu'elles seront centralisées en quantité (voir ici), cela joint aux phénoménales capacités de Google d'indexer tout ce qui bouge, je vois encore difficilement qui pourra concurrencer la plus grande superpuissance de la planète ! À moins d'un changement radical de culture, mais c'est pas encore pour demain...


Car jamais autant de données "publiques" n'auront été réunies sur - et autour - chacun de nous, et soyez sûrs que Google sait s'en servir...

En attendant, si vous voulez suivre la démonstration :




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mardi 17 juin 2008

Microsoft - Yahoo! + Google = Google !

Microsoft - Yahoo! + Google = Google !

Il paraîtrait que c'est fini entre Microsoft et Yahoo!
Il paraîtrait (c'est même sûr) qu'un partenariat portant sur la pub a été signé entre Google et Yahoo!

Auquel cas Google gagnerait sur tous les tableaux, et, de façon inversement proportionnelle, Microsoft perdrait sur tous les tableaux.

Il était pourtant clair que Google craignait plus que tout une fusion entre Microsoft et Yahoo!, à laquelle Ballmer n'aurait JAMAIS dû renoncer ! Pourquoi ?

Tout simplement parce que l'apport de Yahoo! dans Microsoft était largement décisif, et même crucial vital, en représentant pour Redmond :
un gain allant des 3/4 dans les données collectées à près de 100% dans les affichages publicitaires !
  • 348,204 milliards d’événements de données collectées en + sur le réseau global (sites propriétaires + régie publicitaire étendue) (soit 88,61% pour Yahoo!, contre 11,39% à Microsoft seul) ;
  • dont 283,426 milliards d’affichages plubicitaires en + en régie étendue (soit 98,18% pour Yahoo!, contre 1,82% à Microsoft seul) ;
  • 2 165 événements de données collectées en + par personne (soit 75,3% pour pour Yahoo!, contre 24,7% à Microsoft seul).
En outre, à part la recherche et la vidéo, où l’avantage de Google restait net avec respectivement +53,58% et +84,29% aux États-Unis, toutes les moyennes mensuelles auraient été en faveur du conglomérat Microsoft + Yahoo! :
  1. +42,46% d’événements de collecte données sur le réseau (sites propriétaires + régie publicitaire étendue) (avant fusion) ;
  2. +42,78% d’événements de collecte données par personne ;
  3. +96,08% d’affichage d’annonces sur les sites ;
  4. +54,19% en total de pages vues ;
  5. +24,7% d’impressions en régie publicitaire (hors sites propriétaires) ;
  6. +48% de visiteurs uniques ;
  7. + Atlas...
Nous aurions donc eu un duopole, mais c'était toujours mieux qu'un monopole hégémonique...

Quant à Microsoft et Ballmer qui rêvaient de ne plus être troisièmes, leurs vœux sont exaucés puisque les voilà ... quatrièmes !

Derrière les conglomérats Time Warner Network + AOL + Advertising.com et Fox Interactive Media + MySpace.com !

Avec des écarts abyssaux en défaveur de Microsoft (euphémisme) vis-à-vis du binôme Google + Yahoo!, puisque chaque mois (données pour les US, décembre 2007), ce sont :

  • 11 fois moins d'événements potentiels de collecte des données par internaute visitant le site de la société ou les pages de son réseau publicitaire
  • 1 800 fois moins (!) d'événements de collecte des données sur les sites Web + événements potentiels de collecte des données sur les réseaux publicitaires (en millions)
  • 10 fois moins de recherches (en millions)
  • 3 fois moins de pages vues au total(en millions)
  • 20 fois moins de vidéos (en millions)
  • 100 fois moins d'impressions sur le réseau publicitaire (en millions)
  • 3 fois moins de visiteurs uniques au total (en milliers)
Or on savait déjà l'année dernière que Google écrasait la concurrence :
Analyse de la croissance soutenue des dépenses publicitaires en ligne entre 2006 et 2007 pour 17 médias majeurs, dont Google (GOOG), Yahoo (YHOO), Time Warner (TWX), Disney (DIS), Viacom (VIAB), CBS (CBS) et Clear Channel (CCO). Ces groupes couvrent les grands secteurs de la publicité : en ligne, TV, presse écrite, radio, affichage urbain.

Sur l’ensemble des 17 compagnies, les recettes aux États-Unis ont augmenté de 9% entre 2006 et 2007, en passant de 53 milliards $ à 58 milliards $.

La part des revenus en ligne grimpe de 28% à 4 milliards $ (de 14 milliards $ à 18 milliards $).

Dans le même temps, le hors ligne n’a gagné que 3%, de 39,5 milliards $ à 40,6 milliards $, avec une hausse des revenus induits limitée à 1 milliard $.

Sur les 4 milliards de revenus publicitaires générés en ligne, Google en capte 67,5% en réalisant 2,7 milliards $ de gains, soit une progression de ses résultats de 44% par rapport à 2006.

En revanche, la progession combinée de Yahoo, Microsoft et AOL n’est que de 15%, soit des revenus de 1,3 milliard $. Google réalise donc plus du double que ses trois concurrents réunis.

Enfin, la croissance de Google d’une année sur l’autre (environ +2 milliards $) a été supérieure de plus du double des recettes publicitaires réalisées par l'ensemble des médias hors ligne de l’échantillon combiné, qui ne génère qu’environ 1 milliard de dollars.
Ballmer a beau jeu de s'inquiéter maintenant qu'il a perdu sur toute la ligne. It's a matter of scale!, qu'il disait... On voit ça !

J'ai toujours pensé que Jerry Yang était mauvais, mais après cette affaire lamentable, je suis convaincu que Ballmer est encore pire !

Surtout s'il en a fait une question d'argent ! Après plus de deux ans de négociations "secrètes", plus un "coming out" à partir du 1er février 2008, le voilà qui abandonne au dernier moment à 33$ alors que les plus gros actionnaires de Yahoo! étaient prêts à lâcher à 34...

Ballmer a vraiment négocié avec les pieds, mais qu'attendre de plus d'un vieux singe sur le retour ? Une transaction partielle dénuée de sens ?

Donc s'il en faudra plus à Yahoo qu'un nouveau logo et un nouveau CEO pour relancer la machine, s'ils y arrivent, il n'en faudrait pas moins à Microsoft qu'une mise à la retraite urgente de Ballmer. Bill Gates avait pourtant dit qu'il s'agissait d'hypercompétition, mais avec une vision de l'Internet restée figée depuis 1995, c'est plutôt lui qui est à la faute : la bataille de titans s'arrête ici, en manque d'hypercompétiteurs (encore faut-il qu'il y ait une concurrence, Emmanuel dixit).

Bill, Steve & Ray, errare humanum est, perseverare diabolicum...

Sauf cracher au pot en mettant de suite 40$ l'action sur la table (après tout, c'était le deal il y a un an et demi à peine...), Microsoft ne comptera plus grand chose sur Internet dans les années à venir, et Google deviendra le Microsoft du nouveau siècle.

Espérons juste que le trio Larry Page, Sergey Brin et Eric Schmidt soit moins ringard que les compères Bill Gates, Steve Ballmer et Ray Ozzie...


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samedi 15 mars 2008

Scoop Adscriptor - Bloc contre bloc, l'internaute au centre...


Pourquoi Microsoft ne renoncera jamais à Yahoo!, et pourquoi Google craint-il cette fusion ?

* * *

1. Background
2. « Data transmission events » : les événements qui déclenchent la collecte de données "privées" sur les internautes...
3. Analyse de l'étude New York Times / comScore
- Le scoop d'Adscriptor

4. Analyse des écarts chiffres/tableaux
5. La part de DoubleClick dans Google / La part de Yahoo! dans Microsoft
6. Comparaison Microsoft + Yahoo! / Google + Doubleclick
7. Conclusion
* * *

1. Background
Facebook à part, mon scénario de guerre froide est en passe de se réaliser. Depuis près de deux ans, je n'ai perdu aucune occasion d'évoquer l'acquisition de Yahoo! par Microsoft, y compris quand personne d'autre n'en parlait, notamment en faisant remarquer dans une analyse de GYM :
Google « caracole en tête, les deux autres suivent, tant bien que mal. Une troisième place qui n'est certes pas dans la nature de Microsoft. »
Chose explicitement confirmée par Microsoft, quelques mois plus tard en programmant le plan "10, 20, 30, 40" :
  1. 10% des pages vues, contre 6% actuellement ;
  2. 20% du temps passé par l'internaute sur les sites de Microsoft, contre 17% actuellement ;
  3. 30% des parts de marché dans la recherche, contre moins de 10% actuellement ;
  4. 40% des parts de marché dans la publicité en ligne, contre 6% actuellement.
Ce que je commentais de la façon suivante :
...si les 2 premiers points ne semblent pas irréalisables, les 2 derniers posent problème. Un gros problème !
Côté publicité, je ne sais pas si l'acquisition d'aQuantive ou le partenariat avec Facebook vont suffire à M$ pour réaliser ses ambitions, à savoir encaisser 40 cents sur chaque dollar de pub dépensé en ligne, mais à la lumière de certaines analyses, c'est pas gagné d'avance...
Quant aux 30% des parts dans la recherche sur Internet, en l'état actuel des choses, ça paraît franchement hors de portée pour Microsoft. À moins de racheter Yahoo!...
Nous y sommes ! Or nous allons voir combien l'acquisition de Yahoo! est cruciale pour Microsoft, moins dans la recherche que dans la publicité, et moins encore dans la publicité que dans le ciblage comportemental.
J'ai déjà tenté d'analyser ce qu'est le ciblage comportemental, sommairement pour Facebook, et de manière beaucoup plus détaillée pour Google : dans la longue analyse que j'ai consacré en 2006 à la stratégie de Google (qui n'a pas bougé d'un pouce), notamment dans la description de l'approche 100% fichés, où je concluais ainsi :
Par conséquent dans cette logique, à terme plus ou moins rapproché, la prochaine étape consistera très probablement à s’éloigner de la catégorisation des annonces pour passer à leur individualisation. En bref :
fini les AdSenses ciblés, vive les AdSenses personnalisés !

Une (r)évolution qui me semble inéluctable, vu les ambitions affichées par Google : à partir du moment où la firme possède une énorme quantité d’informations sur vous et peut en extraire un profilage systématique et significatif, qu’est-ce qui l'empêchera de vous proposer des AdSenses en fonction de vos préférences ?
Ensuite dans Google, profileur en série, où j'essaie d'expliquer pourquoi sur Internet, la gratuité n'est pas gratuite, mais que sa contrepartie est la collecte de données personnelles, avec comme pendant "naturel", le profilage...
Ceci dit, jusqu'à aujourd'hui, toutes ces analyses n'étaient que des conjectures, vraisemblables certes, mais sans "données réelles" pour les étayer. Or maintenant nous disposons d'un échantillon significatif de ces fameuses données, grâce à une étude commanditée à comScore par le New York Times, dont Louise Story nous raconte ... l'histoire ! [Début]
* * *

2. « Data transmission events » : les événements qui déclenchent la collecte de données "privées" sur les internautes...
Permettez-moi tout d'abord de féliciter les équipes qui ont voulu, conçu et mené à bien cette étude, cruciale pour comprendre les véritables enjeux - économiques, mais surtout de pouvoir - qui se cachent (pas tant que ça quand même) derrière les grandes manœuvres auxquelles on assiste en ce moment, et ce n'est que le début...
Dans la suite du billet, je ne parlerai que d'événements pour abréger, mais à chaque fois il faudra bien comprendre qu'il s'agit d'événements déclenchant la collecte de données "privées" sur les usages de l'internaute. Citons, à titre d'exemple, les données collectées :
  • lors des recherches de l'internaute ;
  • lors de ses achats ;
  • lorsqu'il clique sur une pub ;
  • lorsqu'il s'enregistre sur un service ;
  • grâce aux cookies, etc.
Tout ça permettant à qui les possède en bout de chaîne d'obtenir des informations précises sur nos habitudes, nos intérêts, et ainsi de suite. Le graal des publicitaires et des marketers de tout poil, en quelque sorte !
On pourra toujours s'interroger pour savoir si ces données sont collectées à notre insu ou non, bien que je me demande franchement quel internaute naviguant régulièrement sur Internet ne serait pas encore au courant !?
Par ailleurs, menée aux États-Unis en décembre 2007 sur le trafic imputable aux quinze plus gros acteurs américains de l'Internet, je ne doute pas que les résultats de l’étude puissent être extrapolés au Web mondial, puisque de toute façon la tendance est irréversible, autant le savoir...
Mais ce que je vois de véritablement nouveau dans cette étude quantitative, ce sont les proportions. Énormes comme dirait le Chauffeur... Inouïes, et qui nous réservent bien des surprises. Vous êtes prêts ? Accrochez-vous ! [Début]
* * *

3. Analyse de l'étude New York Times / comScore
- Le scoop d'Adscriptor

Louise Story nous fournit deux sources chiffrées de l'étude : l'une sur l'article du New York Times, l'autre sur son blog. Or la première chose qui m'a sauté aux yeux, c'est que ces deux sources, fournies par la même personne, divergent !
Sur son blog, une source renvoie au tableau suivant : .../images/2008/03/04/technology/Dec_accesspoints.jpg, où l'on voit clairement que Google a collecté globalement sur le mois de décembre 2007 (uniquement aux US), 1 645 événements par personne !

C'est sans équivoque :

Or dans la source suivante, modifiée, le "score" de Google, à critères identiques, est tombé à seulement 578 événements par personne, soit 1 067 de moins !

Tous les autres chiffres sont inchangés :

Donc la question est la suivante :
Pourquoi en moins d'une semaine (entre le 4 et le 10 mars), le nombre d'événements imputables à Google est-il tombé à 578, chiffre mentionné dans l'article original et repris par les médias du monde entier ?
La réponse coule de source : parce qu'au 10 mars, jour de la publication de l'article sur NYT, Google ne possédait pas encore formellement DoubleClick, puisque l'aval de l'UE n'est arrivé que ... le lendemain !
Donc de toute évidence, la différence nous indique clairement quelle est la part de DoubleClick dans Google !
Mais là n'est pas la seule surprise. Car de même que les chiffres de l'article publié le 10 mars font l'impasse sur DoubleClick, ils ne prennent pas non plus en compte les 180 milliards de pubs servies par Atlas (Microsoft), comme l'indique Louise Story sur son blog (Atlas serves 6 billion ads per day...).
Et, surtout, les statistiques mentionnées dans NYT et reprises en boucle partout sur le Net ne correspondent pas aux chiffres des tableaux. [Début]
* * *

4. Analyse des écarts chiffres/tableaux
Voici d'abord les principaux chiffres fournis :
  • sur le mois, Yahoo! engrange 2 520 données uniques par visiteur et se classe en tête loin devant ses concurrents, Google arrivant en quatrième position (derrière MySpace et Fox Interactive Media) avec "seulement" 578 données ;
  • 110 milliards d’événements uniquement sur les propriétés de Yahoo! (hors régie publicitaire étendue), soit 811 infos par utilisateur ;
  • 336 milliards d’événements de données collectées uniquement sur les sites propriétaires (hors régie publicitaire étendue) des 5 premiers, que sont Yahoo!, Google, Microsoft, AOL et MySpace.
Or aucun de ces chiffres ne résiste à l'examen détaillé des tableaux !
Que j'ai réunis en un seul pour les besoins de mon exposé :

  1. la ligne 2 indique la version du 4 mars incluant DoubleClick ;
  2. la ligne 3, surlignée en jaune, correspond à la version publiée sur NYT le 10 mars ;
  3. sur les lignes 2 et 3, la partie de droite correspondant à ligne 2 non surlignée / ligne 3 surlignée indique les chiffres qui n'ont pas changé entre les deux versions ;
  4. ceux qui ont changé en ligne 2 sont graissés et correspondent à l'écart DoubleClick / Google ;
  5. la colonne 3 surlignée a été ajoutée dans la version du 10 mars.

Analyse
  • Le chiffre 2 520 est donné en divisant la valeur en colonne 2 (Événements de collecte des données sur les sites Web + événements potentiels de collecte des données sur les réseaux publicitaires) par celle en colonne 9 (Total de visiteurs uniques), soit 399 544 000 000 / 158 573 000 = 2520.
  • Logiquement, les 811 infos par utilisateur annoncées devraient donc résulter de la division (valeur colonne 3) par (valeur colonne 9), mais il n'en est rien : 110 767 000 000 / 158 573 000 = 699, soit 112 de moins. D'où sort donc cette valeur de 811 ? Selon ValleyWag, ce serait le nombre de fois où Yahoo aura été informé du code postal de chaque internaute américain visitant ses sites en décembre 2007.
  • Idem pour les 336 milliards, censés être la somme des lignes 1, 3, 4, 6 et 8 en colonne 3. Résultat réel : 327 598 000 000, soit 8 402 000 000 événements de moins que les 336 milliards annoncés !
Donc, globalement, ça ne remet pas en cause le travail considérable fourni pour réaliser l'étude, mais je m'étonne que des résultats aussi fantaisistes aient fait le tour de l'Internet sans que personne, à ma connaissance, n'ait constaté qu'ils étaient pour le moins bizarres. Car soit ils sont vrais et les tableaux sont faux, soit les tableaux sont vrais et les chiffres sont faux. De deux choses, l'une !
Encore un cas d'école pour Gilles Bruno. Et non, l'asymétrie de la crédibilité dans l'information n'est pas morte... [Début]
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5. La part de DoubleClick dans Google / La part de Yahoo! dans Microsoft
Donc, nous en arrivons maintenant à l'analyse des parts respectives de DoubleClick dans Google et de Yahoo! dans Microsoft.
A. La part de DoubleClick dans Google représente pour Mountain View un gain supérieur à 64,8%, déterminant dans les affichages publicitaires et les données collectées en conséquence :
  • 168,364 milliards d’événements de données collectées en + sur le réseau global (sites propriétaires + régie publicitaire étendue) (soit 64,89% pour DoubleClick, contre 35,11% à Google seul) ;
  • 1 067 événements de données collectées en + par personne (soit 64,86% pour DoubleClick, contre 35,14% à Google seul).
B. La part de Yahoo! dans Microsoft est encore plus décisive, puisqu’elle représente pour Redmond un gain allant des 3/4 dans les données collectées à près de 100% dans les affichages publicitaires !
  • 348,204 milliards d’événements de données collectées en + sur le réseau global (sites propriétaires + régie publicitaire étendue) (soit 88,61% pour Yahoo!, contre 11,39% à Microsoft seul) ;
  • dont 283,426 milliards d’affichages plubicitaires en + en régie étendue (soit 98,18% pour Yahoo!, contre 1,82% à Microsoft seul) ;
  • 2 165 événements de données collectées en + par personne (soit 75,3% pour pour Yahoo!, contre 24,7% à Microsoft seul).
Pas besoin de longs commentaires pour saisir combien sont substantiels les avantages, autant pour Google que pour Microsoft. [Début]
* * *

6. Comparaison Microsoft + Yahoo! / Google + Doubleclick

C'est là que les athéniens s'atteignirent !
À part la recherche et la vidéo, où l’avantage de Google est net avec respectivement +53,58% et +84,29%, aux États-Unis, toutes les moyennes mensuelles sont en faveur du conglomérat Microsoft + Yahoo!
  1. +42,46% d’événements de collecte données sur le réseau (sites propriétaires + régie publicitaire étendue) (avant fusion) ;
  2. +42,78% d’événements de collecte données par personne ;
  3. +96,08% d’affichage d’annonces sur les sites ;
  4. +54,19% en total de pages vues ;
  5. +24,7% d’impressions en régie publicitaire (hors sites propriétaires) ;
  6. +48% de visiteurs uniques ;
  7. + Atlas...
Plus le reste : car s'il est vrai que l'infériorité de Google dans l'affichage publicitaire peut être compensée par sa domination dans la recherche et la vidéo, Microsoft + Yahoo! ont déjà une forte position dominante dans le Webmail et l'IM, sans compter les parts de marché plus que majoritaires de Microsoft dans l'informatique "desktop", les suites bureautiques et la navigation sur le Web (IE 8 à venir).
Vous comprendrez mieux maintenant pourquoi Google s'inquiète d'une part, et pourquoi Microsoft ne renoncera jamais à Yahoo! de l'autre.
Et ce même si Google resterait le plus grand profileur post-fusion, puisqu'en fait il ne s'agit plus d'ajouter 2 520 + 355 (soit un total de 2 875 événements séparés avant fusion), mais de diviser la valeur de la colonne 2 (450 884 000 000) par celle de la colonne 9 (303 248 000), soit 1 487 événements, 158 de moins que Google. Donc, bien que tous ces événements ne soient ni utilisés ni utilisables, il restera toujours de quoi faire pour connaître les petits secrets de l'internaute... [Début]
* * *

7. Conclusion
En revanche moi je m'inquiète pour l'Europe ! Tout ce qui précède se joue dans le pré carré des américains, de même que la gouvernance de l'Internet, les noms de domaines, le cloud computing et bientôt l'Internet des choses, etc.
Donc souhaitons au moins bon vent à Quaero et Theseus dans le Web sémantique, dont l'inventeur du Web tout court, Tim Berners-Lee, nous assure qu'une nouvelle génération de produits pourrait détrôner Google.
Ne reste qu'un petit problème, à mon avis : tous les services innovants dans le Web sémantique, de Twine à Powerset, et la recherche (cf. Searchme), sont encore et toujours ... américains !
Il serait peut-être temps de créer des alternatives, ou non ? Dites-moi si je me trompe. :-) [Début]

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