jeudi 10 septembre 2009

Google vend des vieux journaux !


En écrivant Google cherche dans les vieux journaux ! il y a une semaine, je n'imaginais pas que cette info allait sortir dans la foulée : Google va faire l'infomédiaire, ou le courtier d'infos, si vous préférez :


En clair :
  1. le courtier (Google) indexe le contenu du vendeur (le journal) ;
  2. l'acheteur (l'internaute) fait sa recherche et obtient dans les résultats un article payant ;
  3. l'internaute achète l'article payant ;
  4. le courtier (Google) met l'article payant à disposition de l'acheteur (vous et moi) ;
  5. Google enregistre sa commission et encaisse l'argent, via Checkout, puis crédite le compte du vendeur.
Dans la soumission présentée en réponse à l'appel d'offres de la Newspaper Association of America, Google souligne quelques passages clés :
Au-delà des dispositifs de micro-paiement, l'utilisateur doit savoir que le produit existe. Donc dans le cas du contenu payant, la découverte et la distribution de ce contenu sont des aspects encore plus importants que pour le contenu libre, vu l'audience de niche que représentent les abonnés potentiels d'un journal.

Beyond the mechanics of any payment system, users must know the product exists. Discovery and distribution are just as, if not more, important to premium content as they are to free content given the smaller audience of potential subscribers.
Sur la présentation des articles à l'internaute, Google prévoit :
  • Les journaux pourront fournir un aperçu ou une page de destination indexable, disponible à l'internaute via la recherche de Google ou via Google News. (Publishers can provide a preview or landing page for Google to crawl, consistent with what end-users see. This is available to users of Google Search and News.)
  • Les journaux pourront permettre à Google d'indexer leurs archives, y compris le contenu payant, accessible à l'internaute soit en prévisualisation soit après paiement. Un bouton "abonnement" signalera ce contenu dans Google News. (Publishers can allow Google's crawlers full access to their premium content, but maintain a paywall or preview mode for users. This content is marked as "subscription" in Google News.)
  • Les journaux pourront permettre un premier accès libre à l'intégralité de l'article, une sorte de produit d'appel pour inciter le lecteur à passer ensuite au contenu payant. (Publishers can provide free access to the first full article via our "First Click Free" program, which treats premium content as "free" in Google News and Search, but requires payment once users navigate away from the first article.)
L'autre modalité d'accès prévue est via flux RSS, à partir des quelque 25 000 sources auxquelles s'abreuve Google News partout dans le monde. L'habillage personnalisé des flux sera également possible :
News publishers can decide to package their content (or a rich preview thereof) with appropriate branding and advertising units and encourage third parties (e.g., other newspapers) to host the syndicated content package, exposing it to a broader audience. Publishers would derive revenue from advertisements embedded in the syndicated package, as well as traffic from the embedded links back to the publisher.
Des widgets permettront enfin de proposer les flux sur les sites et les blogs, y compris pour le contenu payant achetable directement depuis le widget :
In the case of premium content, the syndicated content would only contain a free preview, and would embed monetization units for micropayment and subscription. In addition to providing e-commerce and advertising platforms to support publishers' content, Google can provide the technology for convenient syndication and embedded hosting of the content-monetization components on third party sites.
Donc lorsque l'on voit les capacités de Google, non seulement d'indexer, mais surtout, de présenter les résultats, on comprend bien comment tout cela s'intègre parfaitement dans la stratégie, pardon : la mission de Google.

Comme ils le précisent dans le document, si besoin était :
Google's mission is to organize the world's information and make it universally accessible and useful. This applies to all information -- paid and free.
Pour rappel :
La mission de Google consiste à organiser l’information mondiale – toute l’information, et pas seulement une partie – et faire en sorte qu’elle soit universellement accessible et utilisable, dans toutes les langues, tous les pays, et sur tous les supports, en ligne et hors ligne : Internet, téléphonie mobile, presse, édition, vidéo, photo, cinéma, télévision, radio, affichage, annuaires papier, etc.
Toute l'information : gratuite ET payante...


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jeudi 3 septembre 2009

Google cherche dans les vieux journaux !


C'est une première ! Tout au moins pour moi, puisque j'en avais vaguement entendu parler mais je n'avais encore jamais vu comment ça marche, ni le résultat des archives de Google News intégré dans les pages de résultats normales.

En googlant (oui, je sais...) "Michio Watanabe" + lockheed, je clique sur ces deux liens :

qui sont respectivement en 12e et 13e position sur la page que j'obtiens (préférence fixée à 100 résultats et non pas 10).

Le moteur fouille donc dans les archives de Google News et permet la consultation d'articles qui seraient autrement introuvables.

Voyons le premier lien : -http://news.google.com/newspapers?nid=1370&dat=19890217&id=EpQVAAAAIBAJ&sjid=YgsEAAAAIBAJ&pg=4260,3318706

Les deux premières composantes de l'URL indiquent vraisemblablement le journal (nid=1370 : Manila Standard) et la date (dat=19890217 : 17 février 1989), et les autres l'ID de l'article et la page du journal sur laquelle il se trouve.

L'encadré violet de la vignette en haut à droite signale l'emplacement de la page que vous êtes en train de consulter (qu'on peut déplacer avec la souris, comme sur Google Maps), et sur la barre horizontale supérieure on trouve le lien clicable de l'édition (en cliquant vous arrivez sur la Une du journal), et à droite la possibilité de zoomer ainsi que le numéro de la page par rapport au nombre total de pages (p. 152 sur 288, dans ce cas).

Idem pour le second lien, The Age daté du 13 septembre 1982, page 20 sur 37.

Dans les deux cas aucun article connexe n'est signalé, et on peut éventuellement signaler si la page est illisible.

Avez-vous déjà fait cette expérience de recherche avec des journaux français ?

En visitant directement le site en français, j'ai fait un test avec "traduction" :

J'obtiens 55 300 résultats, et sur les trois décennies 1980-2009, on voit bien le volume de la requête par période.

En sélectionnant l'encadré bleu sur 1982, il suffit de cliquer pour obtenir les résultats de la requête "traduction" sur la période concernée :

Avec cette fois le volume mensuel des résultats...

Ah ! Google, si on t'avait pas, il faudrait t'inventer !


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lundi 3 août 2009

134 milliards de dollars - Interrogation parlementaire

134 MILLIARDS DE DOLLARS - CHRONOLOGIE INVERSÉE

XXI. 134 milliards de dollars - LE PROCÈS - I (1er décembre 2011)
XX. 134 milliards de dollars - Affaire relancée (26 novembre 2011)
XIX. Exclusivité mondiale Adscriptor ! 134 milliards de dollars : procès civil n° 8500 aux US (24 novembre 2011)
XVIII. Exclu Adscriptor : Monsieur Yin & Monsieur Yang (xyz milliards de dollars) (10 avril 2011)
(Version anglaise) [Exclusive]: Mr. Yin & Mr. Yang (+200 billion dollars more...) (April 10, 2011)
XVII. 134 milliards de dollars - l'affaire évoquée dans les Statelogs de Wikileaks ! (28 novembre 2010)
XVI. 134 milliards de dollars - l'opération Lys d'Or et le Traité de Versailles ! (2 octobre 2010)
XV. 134 milliards de dollars - épilogue ... "officiel" (24 mai 2010)
XIV. xyz ... milliards de dollars : conférence de presse (22 septembre 2009)
XIII. 314,5 milliards de dollars : la piste russe ! (21 septembre 2009)
XII. 180 milliards de dollars (19 septembre 2009)
XI. 134 milliards de dollars - Autre saisie ! (18 septembre 2009)

Résumé de l'affaire (5 septembre 2009)

X. 134 milliards de dollars - Interrogation parlementaire (3 août 2009)
IX. 134 milliards de dollars - Ordre exécutif 11110 (15 juillet 2009)
VIII. 134 milliards de dollars - Dragon Family (6 juillet 2009)
VII. 134 milliards de dollars - Hal Turner (4 juillet 2009)
VI. 134 milliards de dollars - le mystère continue ! (30 juin 2009)
V. 134 milliards de dollars - les comptes ne tournent pas rond ! (24 juin 2009)
IV. 134 milliards de dollars - les mystères de l'information (16 juin 2009)
III. 134 milliards de dollars - trop gros pour être faux (14 juin 2009)
II. 134 milliards de dollars - suite (10 juin 2009)
I. 134 milliards de dollars (8 juin 2009)

* * *

[MàJ - 19 août 2009] Ce n'est pas une, mais deux interrogations parlementaires, présentées par le même parti démocrate italien à un mois de distance !!! (source)

* * *

Deux mois jour pour jour après la saisie à Chiasso de 134,5 milliards de dollars, nul ne sait encore, publiquement du moins, si ces titres sont vrais ou faux.

Et personne n'en parle. Silence total sur les ondes, à la radio, la télé, les journaux, etc. Et même sur Internet, impossible d'obtenir des infos à jour...

Sauf sur Adscriptor !

Deux mois pour beaucoup de questions et aucune véritable réponse : il est inconcevable que des "experts" mettent autant de temps pour estimer que quelques bouts de papier sont des vrais ou des faux. Et ce ne sont pas les déclarations que les américains ont rendu publiques qui prouvent quoi que ce soit. Or vu que les autorités italiennes n'ont pas encore communiqué de "résultats officiels" des soi-disant expertises, j'ai plutôt tendance à interpréter ce silence prolongé comme un aveu d'authenticité des titres. Voir ici.

Sur le dernier supplément hebdomadaire du quotidien Repubblica du 31 juillet, qui s'appelle Venerdì car il sort le vendredi, le magazine consacre quatre pages à ce qu'ils qualifient d'intrigue internationale.


Sur le fond, l'article signé par Riccardo Staglianò n'ajoute rien de plus que ce que vous avez déjà lu dans mes différents billets. Quelques détails sont cependant assez révélateurs :
  • Les "experts" des services secrets de l'ambassade américaine à Rome déclarent au journaliste :
    Nous ne pouvons en dire plus, mais il ne s'agit même pas de contrefaçons, puisque cela supposerait l'existence d'originaux. Or ce sont simplement des titres fictifs, totalement inventés.
    Un peu léger, comme thèse...
  • Le procureur en chef chargé de l'enquête, n'en dit pas davantage :
    Si les titres étaient vrais, ça aurait pu être la saisie du siècle. Mais même s'ils sont faux, il reste à comprendre à qui les japonais voulaient refiler leur butin, certainement pas à des particuliers...
  • L'avocat qui a été contacté par le citoyen italien mêlé à cette histoire pour défendre les deux japonais explique que ce qui les préoccupait surtout, c'était qu'il pût récupérer les titres : « Ils sont très importants pour nous ».
  • Une économiste experte d'affaires criminelles, Loretta Napoleni, avoue que cette histoire est très mystérieuse :
    - soit les titres sont vrais, et le Japon chercherait à s'en débarrasser pour se libérer simultanément d'une partie de la dette américaine qu'il détient ;

    - soit les titres sont faux, et en injectant d'un coup une telle somme sur les marchés, ce serait une arme spéculative terrible pour faire dégringoler le cours du billet vert.

    - vrais ou faux, en Suisse, quelqu'un était prêt à les écouler !
Et nous revoilà donc au point de départ, à savoir la question du dollar comme monnaie de référence.

Est-ce un hasard si au sommet du G8 de L'Aquila, l'initiative "united future world currency" d'une future monnaie mondiale de référence - promue par les italiens... - a été présentée en conférence de presse par le président Russe Medvedev ?


Un signe qui s'ajoute à de nombreux autres, tous semblant indiquer que « le monde sort définitivement du cadre de référence des soixante dernières années » (je vais encore me faire taper dessus par les purs et durs, mais faute d'une analyse sérieuse et divulgatrice que je ne suis pas capable de faire, je laisse à chacun/e le soin de se forger son opinion...).

Ceci dit, pour en revenir à nos 134,5 milliards de dollars, j'ai découvert que dès le mois dernier, un député du Parti Démocrate (PD en italien, je doute qu'on ait un jour un parti démocrate en France...), Antonio Misiani, a présenté le 17 juin une interrogation parlementaire à réponse écrite adressée au Ministre Giulio Tremonti.


Nous aussi attendons impatiemment la réponse du Ministre !


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P.S. Un lecteur m'a conseillé de m'intéresser à l'opération Lys d'or en rapport avec cette affaire, mais en dépit de mes recherches je n'ai pas trouvé de liens évidents entre les deux. Cela dit, cette autre histoire est totalement extravagante !...

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mercredi 29 juillet 2009

Cherche un éditeur qui voudrait un livre en français sur la seconde république italienne...



Il y a six mois jour pour jour, j'écrivais ce message sur Twitter, resté sans réponse (sauf Vicnent, merci à lui)...

Or l'abcès Berlusconi qui propage son pus nauséabond depuis bientôt deux décennies dans tout le pays est sur le point d'éclater, et en France personne n'en sait rien, ou si peu, et imagine encore moins la quantité et la malignité des trames qui gangrènent l'Italie (dernière en date, Forza Sud...), dont le tissu social est quasi-totalement nécrosé.

Ne croyez pas que ma métaphore médicale soit exagérée, car elle reste bien en-deçà de la réalité : comme l'arbre cache la forêt, l'abcès cache le cancer Berlusconi qui a produit et continue de produire une infinité de métastases, ce qui a conduit le malade Italie en phase terminale. Et quel est le destin d'un malade en phase terminale ? La mort.

Un cancer que le pays doit donc éradiquer, ici et maintenant, s'il veut vivre et connaître un regain de démocratie, largement compromise.

Ceci dit, à ce stade, tardif, les cures sont souvent insuffisantes et seul un miracle peut sauver le patient.

La première condition pour que se réalise un miracle étant d'y croire. D'espérer et de croire que la part honnête - et majoritaire - de la société civile saura trouver en elle les ressources pour expulser la tumeur Berlusconi de son corps malade.

Car s'il est vrai que les métastases se nourrissent de la tumeur, une fois celle-ci éliminée elles dépériront d'elles-mêmes.

C'est cette histoire que j'aimerais raconter, celle d'une longue agonie d'un pays qui n'a jamais connu la démocratie, confisquée depuis la fin de la deuxième guerre mondiale par une association criminelle regroupant politiques, mafias, pouvoirs occultes et fascismes en tous genres, souvent avec l'appui et sous le regard bienveillant des États-Unis.

Or les temps changent, et si le peuple nord-américain a trouvé en lui l'intelligence, les ressources, le courage et la force pour former et élire Barack Obama, je veux croire et espérer que le peuple italien trouvera en lui l'intelligence, les ressources, le courage et la force pour se débarrasser - définitivement, et démocratiquement - de Berlusconi.

Cf. quelques liens connexes :

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vendredi 24 juillet 2009

Italie, pacte état-mafia : les négociations


[MàJ - 1er août 2009] Négociation POLITIQUE confirmée...

[MàJ - 25 juillet 2009] Dans le magazine Panorama de cette semaine, Gianluigi Nuzzi (auteur de Vaticano S.p.A.) anticipe en exclusivité ce que représentent les archives de Vito Ciancimino qui confirment les négociations entre l'état et la mafia :


Environ 800 pages manuscrites, plus quelques cassettes vidéo et audio ! Le bout de message ci-dessus dit textuellement :
ayant reçu les pleins pouvoirs pour négocier, j'ai contacté les carabiniers qui me dirent de formuler la proposition suivante : vous livrez à la justice certains des principaux chefs mafieux en cavale et en retour nous vous garantissons de bien traiter les familles...
Signé : Vito Ciancimino
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Je vous ai déjà anticipé l'histoire du "papello", dont la lecture est un préalable indispensable si vous voulez mieux comprendre ce billet, et notamment la partie finale où il est question de Michele Riccio et Luigi Ilardo, mais en ce moment les événements se développent à la vitesse grand V !

Je commencerai en rendant hommage aux magistrats d'un côté (ceux qui n'ont jamais cessé de se battre pour parvenir à la vérité sur ces événements terribles), et aux journalistes de l'autre, dont l'emblème est bien sûr Marco Travaglio, qui répètent inlassablement ces histoires depuis des années, et que l'establishment fait tout pour tourner en dérision, tant à droite qu'à gauche ou au centre (pensez que jusqu'à la fin des années 80 - début des années 90, même la Cassation affirmait que la mafia n'existait pas mais n'était qu'une invention...), histoire de les faire apparaître moins crédibles qu'ils ne sont, pour ne pas dire totalement affabulateurs.

Or voilà que les faits sont en train de leur donner raison, voici que leurs écrits trouvent confirmations dans différents témoignages, qui se recoupent parfaitement et sont trop nombreux et proviennent de sources trop diverses pour qu'on puisse sérieusement nier, aujourd'hui, que ces choses ont bien eu lieu.

D'ailleurs il est frappant de constater qu'une multitude de personnages commencent à retrouver des lambeaux de mémoire, mais seulement parce que, placés de force devant l'évidence, ils ne peuvent plus faire autrement. Voir l'exemple de papounet le débauché qui finit par reconnaître, depuis des mois que ses mensonges à répétition et sa lobotomie informationnelle ne fonctionnent plus, qu'il n'est "pas un saint"...

(J'aurais bien une litanie d'insultes pour le qualifier, mais il est inqualifiable), fermer la parenthèse.

Quant aux zones d'ombre et aux questions qui demeurent, nombreuses, là encore, la première constatation est que rien n'a jamais été éclairci, bien au contraire (je vous parle de plus de 20 ans de dépistages, de mensonges "officiels" et de manipulations à n'en plus finir), juste par volonté délibérée de ne rien éclaircir. Volonté aux plus hauts niveaux, tant il est vrai que dans l'Italie d'aujourd'hui, la vraie mafia c'est la politique...

D'aujourd'hui et d'hier, malheureusement, faisons donc tout notre possible pour que ça ne soit pas aussi "de demain" !

Hier, au sens propre, il s'est passé trois choses extrêmement nouvelles et encourageantes, trois témoignages, deux devant les juges et un devant la presse :
  1. Suite au témoignage de Michele Riccio devant les juges Nino Di Matteo et Antonio Ingroia, qui a dévoilé que Marcello Dell'Utri était le personnage politique que lui avait indiqué Ilardo comme étant le "référent" de la mafia (circonstance qu'il n'avait jamais précisé dans ses rapports parce qu'il n'avait aucune confiance en ses supérieurs, dont Mario Mori), Dell'Utri est à présent officiellement inculpé dans le cadre de cette affaire. Rappelons que l'actuel sénateur Dell'Utri est déjà condamné à 9 ans de prison pour concours extérieur à une association mafieuse, et en attente de son jugement d'appel, dont les juges décideront, le 17 septembre, s'ils versent aussi au dossier les nouveaux éléments apportés par Massimo Ciancimino.

    Mais quoi qu'il en soit, ce sont deux procès parallèles, quand bien même avec de nombreux points de contact. En fait, cette nouvelle affaire est en train de mettre à jour une deuxième négociation, ou si vous préférez la continuation de la première, qui aurait été menée par Bernardo Provenzano alors que Riina était déjà en prison. En effet, si vous regardez la chronologie, vous verrez que la série d'attentats commence APRÈS la capture de Riina par Mori.

    L'autre élément crucial à établir est la date à laquelle a débuté la première négociation. Selon Mori, il aurait rencontré Vito Ciancimino pour la première fois le 5 août 1992, c'est-à-dire après les tueries Falcone et Borsellino (11 morts en deux attentats). Une date contestée d'abord par son second de l'époque, le capitaine De Donno, qui situe le début de la négociation entre l'assassinat de Falcone et celui de Borsellino, durant ces 57 jours qui ont profondément modifié le cours de l'histoire italienne. Une fenêtre temporelle confirmée par Massimo Ciancimino, mais pas seulement, comme nous allons le voir...

  2. Hier, Luciano Violante, ex-magistrat, ex-président de la Chambre des Députés et ex-président de la Commission nationale anti-mafia entre 1992 et 1994, a été entendu par Antonio Ingroia et Roberto Scarpinato à propos de cette négociation "présumée" entre l'état et la mafia. D'après les éléments en possession des juges, Vito Ciancimino aurait souhaité rencontrer Violante en septembre 1992, en lui faisant parvenir la requête par personne interposée - Mori, toujours lui, le brave homme -, mais Violante aurait refusé.

    La nouveauté dévoilée par Massimo Ciancimino, c'est que son père voulait obtenir des garanties, soit de Violante soit de Mancino, dans le cadre des fameuses négociations. Voici donc, 17 ans après, que Violante confirme qu'il a bien été approché par l'intermédiaire de Mori...

    Du reste, Ciancimino père confirma par la suite qu'il avait obtenu les garanties qu'il voulait, donc s'il ne les a pas eues de Violante, suivez mon regard !

  3. 17 ans après (17 ans d'amnésie...), hier encore, Giuseppe Ayala, qui faisait partie du pool antimafia dès les années 80 aux côtés de Falcone et de Borsellino, a déclaré à une journaliste :
    J'ai eu l'occasion de parler avec Nicola Mancino, que j'ai côtoyé au Sénat pendant des années, et il a bien eu une entrevue avec Borsellino le 1er juillet 1992, même si la chose s'est faite totalement par hasard.

    - Mais Mancino a toujours nié cette entrevue...

    Ce n'est pas ce qu'il m'a dit. Il m'a même fait voir son agenda annoté avec la date du RdV. Franchement, je n'ai aucun élément pour interpréter rétrospectivement cette circonstance. Borsellino discutait avec Parisi, le chef de la police de l'époque. Celui-ci dit au nouveau ministre que Borsellino était là et lui demanda s'il voulait le saluer, ce à quoi Mancino répondit : « Mais pensez donc ! ». Il accompagna Borsellino dans son bureau, au milieu d'autres personnes, et lui serra la main. Je ne dispose d'aucun autre élément pour imaginer que le rôle de Mancino fut autre...
Une déclaration qui contredit formellement Martelli, ancien ministre de la justice du gouvernement Craxi (Si parla di una visita di Borsellino a Mancino, nel giorno in cui quest'ultimo si insediava agli Interni al posto di Scotti. Beh, Mancino non ricorda quella visita che, tra l'altro, è strano coincidesse proprio col giorno del suo insediamento. Pare invece che proprio quel primo luglio Borsellino dovesse incontrare il capo della Polizia, Vincenzo Parisi, che però non c'è più e non può far luce su questa vicenda...), soit dit en passant...

La réaction de Salvatore Borsellino, frère de Paolo, ne s'est pas faite attendre, qui se déclare "interdit" par ce qu'il apprend...

Une poignée de main que Mancino n'a jamais reconnu jusqu'à présent, osant même affirmer qu'il ne connaissait pas physiquement Borsellino (c'eût été le seul dans toute l'Italie !), totalement empêtré dans ses mensonges et ses contradictions entre une version et la suivante. Y compris sur l'existence d'une négociation, puisqu'il a déclaré récemment que l'état avait refusé de négocier avec la mafia !

Or paradoxalement, "refuser de négocier" signifie bien que quelqu'un a tenté de négocier... Une déclaration immédiatement reprise par Antonio Ingroia, qui a répliqué « comment l'état a-t-il dit non ? »

Certes, il aurait du mal à l'expliquer, surtout maintenant que l'accumulation d'éléments nouveaux conduit à une seule conclusion : l'état a bien dit oui, et la montée au pouvoir de Berlusconi est étroitement liée au pacte état-mafia, dont nous payons aujourd'hui encore les conséquences.

En attendant les développements ultérieurs, qui ne sauraient tarder...



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P.S. À noter que Totò Riina est interrogé aujourd'hui même par les juges (la fois précédente, c'était il y a 13 ans), à propos de ses récentes déclarations sur l'implication de l'état dans le meurtre de Borsellino : « C'est eux qui l'ont tué... », en confirmant ainsi le triste présage de Paolo Borsellino lui-même : « Quand ils me tueront, et non pas s'ils me tueront, ce ne sera pas seulement la mafia ! (Quando mi ammazzeranno, e non "se" mi ammazzeranno, non sarà stata solo la mafia...) »

J'ai regardé les deux principaux JT de 13h et 13h30' pour voir si l'un des sujets ci-dessus était abordé. Sur RAI 2, rien de rien, pas un mot. Sur RAI 1, juste un service consacré à l'interrogatoire de Riina. Sur Dell'Utri, Violante et Ayala, rien. Sur les télés de Berlusconi, j'ai pas osé...

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vendredi 17 juillet 2009

Microsoft - Yahoo! : accord en vue ?


Cf. le nuage sémantique des mots clés de la fusion manquée

Info ou intox ? Peu importe ! Après avoir écrit plus de 50 billets sur la fusion manquée, je m'en voudrais de louper le coche si la chose venait à se concrétiser.

Ce ne sera certes pas une fusion, mais juste un partenariat sur le volet recherche, aux termes duquel Microsoft paierait immédiatement 3 milliards $ à Yahoo! avec en outre un accord sur les revenus générés par le moteur de recherche de Yahoo!, ce qui permettrait à Microsoft de booster Bing et peut-être d'atteindre 30% des parts de marché moteurs sur les États-Unis.

En cas d'accord effectif, l'analyste prévoit une augmentation de 4 à 5$ du prix de l'action Yahoo!, ce qui donnerait une fourchette entre 20 et 21 $ l'action.

Mais un autre analyste précise dans la foulée que, pas plus tard qu'hier, William Morrison de chez ThinkEquity écrivait dans une note :
Given the early (apparent) success of MSFT’s Bing and recent pronouncements from YHOO management, a transformative deal between the two companies seems incrementally less likely in the near term.
En clair, vu le succès initial (apparent) de Bing et de récentes déclarations du management de Yahoo!, il semblait difficile d'envisager une forme de partenariat Microsoft - Yahoo sur le court terme.

Autrement dit, p'têt' ben qu'oui, ou p'têt' ben qu'non. Ils ont pas des ascendances auvergnates, chez Yahoo! ?


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P.S. En tout cas, pour avoir les idées plus claires, je vous conseille de suivre les volumes d'achats d'actions de Yahoo!, ils étaient compris entre 17 et 18 millions d'actions/jour sur les 9 derniers jours ouvrables. Donc s'il y a des écarts significatifs dès demain, ce sera p'têt' ben qu'oui... À moins que ces écarts, si écarts il y a, ne soient générés par la rumeur. Auquel cas, ce sera p'têt' ben qu'non.

Oui, je sais, on n'est pas plus avancés :-)

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jeudi 16 juillet 2009

IL PAPELLO


[MàJ - 14 octobre 2009] Ça y est !!! Le "papello" a été remis aux juges, un moment HISTORIQUE pour l'Italie, on en reparlera...

(Per chi vuole parlare...)

Suite : Italie, pacte état-mafia : les négociations

[MàJ - 17 juillet 2009, peu après minuit] Il n'est pas encore très clair si les pièces déposées hier (extrêmement sensibles, puisque le cabinet de son avocat a été cambriolé le jour même !) par Massimo Ciancimino comprennent ou non "il papello", nous en saurons probablement davantage dans les jours qui viennent...

En attendant, enquêtes officiellement rouvertes sur la mort des juges Falcone et Borsellino !

* * *

« Il papello », je vous en ai déjà parlé : une simple feuille de papier, au format A4, où serait indiquée une liste de 10 à 12 requêtes signées de la main de Totò Riina.

Une liste de prétentions faites parvenir à l'état italien pour passer un pacte de fer et de sang entre l'état et la mafia, écrites sur un bout de papier qui marque pourtant la transition entre la première république et la deuxième république italiennes, c'est-à-dire entre le déclin de la démocratie chrétienne et du parti socialiste italien d'un côté, respectivement symbolisés par Giulio Andreotti et Bettino Craxi, et l'arrivée politique et la montée en puissance du parti-entreprise de Silvio Berlusconi de l'autre, encore au pouvoir aujourd'hui pour le plus grand malheur de la démocratie.

[ Et pas seulement en Italie si j'en juge par les aspirations de Sarkozy qui semble vouloir faire tout ce qu'il peut pour ressembler chaque jour davantage à son parangon transalpin, sous le regard probablement détourné de sa femme (qui a quelque excuse, puisqu'on sait que l'amour rend aveugle...). D'ailleurs, s'il est vrai qu'on juge aussi les hommes par les modèles qu'ils se choisissent... Bien, fini la parenthèse française ! ]

En Italie, donc, ce pacte état-mafia est aujourd'hui un secret de polichinelle, et Massimo Ciancimino, fils de Don Vito, assure vouloir remettre incessamment sous peu le papier original aux juges italiens. Y en a déjà qui commencent à chier dans leur froc de ce côté des Alpes, et les premières puanteurs qui se font sentir un peu partout ne sont que les prémisses de l'avalanche de merde qui devrait s'abattre sur tout le pays dans les plus brefs délais. Excusez le langage, mais je ne vois pas d'autres termes plus explicites mieux à même de rendre compte de l'actuelle situation.

D'autant plus lorsque Ciancimino fils affirme dans une interview à Repubblica qu'il remettra non seulement "il papello" mais également d'autres documents de son père, qui devaient lui servir à la rédaction d'un livre qu'il n'a jamais écrit.

Il ajoute entre autres un "détail" qui pèse lourd comme une enclume : en 2005, toute cette documentation se trouvait dans le coffre-fort de son domicile de Mondello. Or pendant qu'il était à Paris, les carabiniers firent une perquisition chez lui ... sans toucher au coffre-fort ! Pourtant le même jour, les carabiniers perquisitionnaient également chez Giovanni Lapis, comptable de son père, dont ils ouvrirent le coffre. Un coup je prends, un coup je laisse...

Salvatore Borsellino, frère du juge Paolo Borsellino qui fut assassiné il y a 17 ans presque jour pour jour, selon toute probabilité parce qu'il aurait tout fait pour entraver la finalisation de ce "pacte état-mafia", ne peut s'empêcher d'observer :
Cette histoire me rappelle celle du coffre-fort du général Dalla Chiesa, le "traitement" de l'ordinateur et des agendas électroniques de Giovanni Falcone, le coffre-fort retrouvé vide dans le refuge de Totò Riina, ou encore l'agenda rouge de mon frère qui n'a jamais été retrouvé.
Sur la capture de Totò Riina en janvier 1993, Ciancimino fils révèle explicitement que son père, porte-parole de Provenzano, négocia directement cette capture avec l'état italien, par l'intermédiaire du colonel Mori et du capitaine De Donno, sous l'œil attentif d'un certain "Franco" des services secrets (dont l'omniprésence est un fil rouge ... sang), dernier paravent de l'homme politique italien qui se cachait derrière tout ça. Et dont Ciancimino junior a déjà indiqué le nom aux juges, mais les procès-verbaux sont top secrets, pour l'instant...

Imaginez d'ailleurs la capture de Riina après 23 ans de cavale, on le prend et tout le monde s'en va ! Pas de fouille du repaire (et encore moins du coffre-fort...), laissé libre et sans surveillance pendant 15 jours, juste histoire de donner à la mafia le temps nécessaire pour tout déménager, tout vider. Ils se sont même payés le luxe de repeindre pour effacer traces et empreintes...

Du travail bien fait, digne d'un Victor dans Nikita !

Mais la série "disparition de documents sensibles" ne s'arrête pas là. Car c'est toujours à l'année 2005 que remonte la découverte d'un autre "papello", un bout de page dont le haut a été déchiré où l'on peut lire :
...posizione politica intendo portare il mio contributo (che non sarà di poco) perché questo triste evento non ne abbia a verificarsi. Sono convinto che questo evento onorevole Berlusconi vorrà mettere a disposizione una delle sue reti televisive.

Un morceau de phrase à la syntaxe décousue, où le scripteur dit qu'il aurait apporté son appui, important sans aucun doute, pour que le triste événement n'ait pas lieu (menaces de rapt ou de mort sur le fils aîné de Berlusconi), à condition que celui-ci laisse à la mafia le contrôle d'une de ses chaînes télévisées.

Or cette lettre, saisie en 2005 à Palerme, n'a été officiellement remise au tribunal que le ... 16 juillet 2009 : aujourd'hui !

C'est-à-dire que pendant 4 ans personne n'en a officiellement rien su, et pourtant, imaginez la tempête qu'aurait produite cette découverte dès 2005, déjà en plein gouvernements II et III de ... Silvio Berlusconi !

Une lettre alors entière, qui aurait été écrite par un lieutenant de Riina et aurait passé de main en main selon Ciancimino Junior : de Totò Riina à Bernardo Provenzano, de Provenzano à Vito Ciancimino, de Ciancimino père à Marcello Dell’Utri, de Dell’Utri à Berlusconi. Ces nouvelles révélations ont d'ailleurs été entendues par les juges qui instruisent actuellement le procès d'appel contre Dell’Utri, condamné à plus de 9 ans de prison pour concours mafieux en première instance, et qui se sont réservés de décider le 17 septembre prochain si insérer ou non ces nouveaux éléments (y compris le témoignage du fils Ciancimino) dans le procès d'appel.

En attendant Dell'Utri continue d'être sénateur de la république italienne et il œuvre intensément à la création d'un futur Parti du Sud, une coalition politique qui aurait pour finalité de « défendre les intérêts du Sud de l'Italie », un vieux rêve de la mafia :
...au même moment (1993-1994), en Sicile, dans tout le sud-ouest de la Botte et jusqu'en Calabre, on voyait l'effervescence d'étranges ligues du sud qui, dans le sillage de la Ligue du Nord - il y eut même à Lamezia Terme une réunion avec un représentant de la Ligue du Nord -, visaient la sécession en voulant détacher de l'Italie péninsulaire la Calabre ou la Sicile... De fait, ces mouvements s'appelaient "la Sicile libre, la Calabre libre". Ces ligues fédéraient un peuple interlope, fait non pas de padans féroces, mais plutôt de gens étranges, un peu liés à la mafia, un peu à la 'ndrangheta, un peu à la P2 ; l'un d'eux, le prince Domenico Napoleone Orsini, qui avait des liens avec ces personnages, avait également des liens avec Marcello Dell'Utri.

Nous savons donc que Dell'Utri - chose démontrée par Gioacchino Genchi en analysant les relevés téléphoniques d'appels entrants et sortants, quel hasard ! - avait des contacts directs avec le prince Orsini. Dans un premier temps, Dell'Utri suivait de près l'évolution de ces milieux, justement parce que ce sont des organisations mafieuses, liées à des membres de la P2 et de la subversion d'extrême-droite, qui se fédèrent dès qu'elles sentent l'odeur d'un coup d'état possible, de la naissance d'une nouvelle République, et qu'elles veulent faire peser le poids, une fois de plus, de leur mainmise sur un ou plusieurs nouveaux partis.

Comme Sicilia Libera, parti à la création duquel s'intéressent directement des boss du calibre de Tullio Cannella, Leoluca Bagarella, les frères Graviano ou Giovanni Brusca.

Puis il se passe quelque chose, après la tentative d'assassinat de Costanzo et les attentats évoqués plus haut
(voir chronologie)..., cette stratégie terroriste mise en œuvre par la mafia obtient les résultats escomptés : Riina ne frappe pas au hasard, comme il eut l'occasion de le dire à ses troupes, on fait la guerre pour faire la paix avec l'État.

Une nouvelle paix avec de nouveaux acteurs et de nouveaux contacts politiques, qui, à la différence des précédents, déjà à l'agonie, étaient bien vivants, réactifs, et en mesure de respecter les accords, une fois conclus.

Nous en sommes à l'été 1993, et l'aventure de Forza Italia est déjà décidée : vers avril-mai, Berlusconi annonce à Montanelli qu'il se lance en politique...
Nous sommes là au cœur du nouveau pacte mafia-état italien, dont Riina fut le grand perdant, trahi et livré par Provenzano (pour le compte de qui Vito Ciancimino menait les négociations) en échange d'une "pax mafiosa" durable...

Provenzano qui décida alors de laisser tomber la sécession et de tout miser sur Berlusconi et Forza Italia, comme l'affirmait dès février 1994 Luigi Ilardo, un boss mafieux, "confident" ultra-secret d'un colonel des carabiniers, Michele Riccio, à qui il raconta que Cosa Nostra avait décidé de soutenir le mouvement naissant de Berlusconi dès les élections de mars 1994.

Et Ilardo d'expliquer à Riccio que quelques semaines plus tôt (à cheval sur fin 1993 - début 1994), les "palermitains" avaient organisé une « réunion restreinte » à Caltanissetta avec d'autres chefs mafieux, durant laquelle décision fut prise que les différentes organisations mafieuses sur le territoire national auraient voté pour « Forza Italia », le parti de Berlusconi, qui remporta effectivement les élections. Chaque famille aurait reçu ensuite les informations sur les candidats vers lesquels reporter leurs voix...

L'histoire, et surtout la fin d'Ilardo, sont d'ailleurs très riches d'enseignements :
Le 31 octobre 1995, Ilardo prévient Riccio qu'il doit rencontrer Bernardo Provenzano en personne. Riccio, qui fait maintenant partie du ROS, demande à ses supérieurs d'obtenir les moyens nécessaires pour intervenir. La réponse tombe, laconique, glacée : ne rien faire...
C'est ainsi que Provenzano aurait pu être capturé 11 ans plus tôt, si les commandants Mario Mori et Mauro Obinu n'avaient pas dit NON à Michele Riccio.
  • Ce même Mario Mori qu'on retrouve aux côtés du capitaine Sergio De Caprio alors qu'il ne disposèrent aucune perquisition ni aucune planque au refuge de Riina après que celui-ci ait été arrêté, le 15 janvier 1993...

  • Ce même Mario Mori qu'on retrouve aux côtés du capitaine De Donno alors qu'il négociait, entre autres, la capture de Riina avec Vito Ciancimino, selon les déclarations du fils, et « l'un des médiateurs » du pacte état-mafia selon Giovanni Brusca...

  • Ce même Mario Mori qui fut reconnu - alors qu'il n'aurait pas été censé l'être - par Ilardo, lors de la réunion secrète organisée le 2 mai 1996 à Rome pour décider de son avenir comme collaborateur de justice, entre les juges Caselli (Palerme), Tinebra (Caltanissetta) et le général Mori, qui avait pris du galon entre temps. Ilardo entre dans la pièce, il voit Mori, se dirige vers lui et, sans même le saluer, il lui dit : « Colonel, sachez que les massacres que nous avons commis, c'est vous, c'est l'État qui nous les avez commissionnés. » Grand moment de silence et de gêne, puis Mori, sans rien dire, tourne les talons et s'en va.

    Lors de cette réunion, le premier interrogatoire d'Ilardo est fixé au 15 mai. Celui-ci décide alors de rentrer une semaine chez lui pour prévenir sa famille de sa décision de collaborer, ce qui l'obligera à rester loin de la Sicile. Le 10 mai, Ilardo et Riccio se rencontrent une dernière fois à l'aéroport de Catane. Quelques heures plus tard, à 21h30, il est assassiné par deux tueurs devant chez lui.

    Il ne se présentera jamais à l'interrogatoire du 15 mai.
Mario Mori, commandant, colonel, général, préfet, chef des services secrets, etc. ; Marcello Dell'Utri, co-fondateur du parti politique de Berlusconi, bibliophile, sénateur ; Silvio Berlusconi, homme le plus puissant d'Italie, actuel chef du gouvernement, etc. : voilà un bel échantillon des hommes qui gouvernent gangrènent le pays aujourd'hui.

Et après on s'étonne que l'Italie pourrisse à petits feux...


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