dimanche 11 juin 2006

Le marché publicitaire sur Internet : un pactole gigantesque

Le marché publicitaire sur Internet : un pactole gigantesque !

(N.B. : 17 juin 2006 - Si vous préférez, voici un PDF regroupant ce billet avec le suivant (vu que les deux sont liés), lequel ne s'affiche pas toujours en entier, probablement à cause du nombre d'images. Bonne lecture.)

Selon le rapport mensuel de comScore pour le mois d'avril, les américains ont fait 6,6 milliards de recherches dans le mois, contre 5,48 milliards en janvier, soit une progression de 22% en trois mois, 83% des dépenses publicitaires étant consacrées aux liens sponsorisés, d'après une étude SEMPO (Search Engine Marketing Professional Organization) publiée en début d'année ! À noter que de janvier 2005 (4,95 milliards de requêtes) à janvier 2006, cette croissance n'avait été que de 10,7%. Donc nous pouvons vraisemblablement supposer qu'ils auront atteint une moyenne mensuelle de 7 milliards de requêtes au moment où j'écris ce billet (rendez-vous dans deux mois pour comparer).

D'où il ressort que la part des États-Unis sur le marché mondial de la recherche est de peu supérieure à ... 20% ! Mon estimation se basant sur les chiffres communiqués par Jeff Weiner, Vice-Président Senior de Yahoo chargé de la recherche et des places de marché, lors de la présentation 2006 aux analystes, qui font état d'1 milliard de recherches par jour, données confirmées et corroborées par Bob Ivins, de ... comScore, qui chiffre le total mensuel à 33 milliards. On s'y retrouve...


On aurait pu s'attendre à plus, je vous l'accorde. Pourtant cette donnée est recoupée par les statistiques sur l'usage de l'Internet, puisque le pourcentage crédité au continent Nord-Américain est de 22,2%, avec une évolution de 110,3% sur la période 2000-2005, qui reste quand même la progression la plus basse (!) des sept macro-régions examinées. Comme quoi, avec les chiffres, tout est relatif...


Ces mêmes statistiques montrent d'ailleurs une population mondiale d'internautes correspondant (et même légèrement supérieure) aux prévisions de Yahoo :


qui estime dans ce même document l'ensemble du marché publicitaire en ligne à 31 milliards de dollars pour cette année, chiffre qui devrait presque doubler à l'horizon 2010...


(Vu que la part du lion revient à l'Asie, en taille et en croissance, on comprend mieux pourquoi chez GYM & Co. ça se bouscule au portillon pour pénétrer le marché chinois...)

[MàJ - 13 juin 2006] Je viens de découvrir (via SearchEngineWatch) un article du Washington Post daté d'octobre 2003, signé Leslie Walker, intitulé « To Place Ads, Google Searches For Best Bidders », qui dit ceci :
En valeur, l'industrie publicitaire liée à la recherche est passé de presque rien il y a deux ans (en 2001, NdT) à 1,5 milliard $ cette année, avec un prévisionnel de croissance estimé à 7 milliards $ en 2007, selon Safa Rashtchy, analyste chez U.S. Bancorp Piper Jaffray...

(From almost nothing two years ago, search [advertising] is now a $1.5 billion-a-year industry, growing to $7 billion by 2007," Safa Rashtchy, an analyst at U.S. Bancorp Piper Jaffray...)
Donc, en comparant les 7 milliards prévus il y a trois ans aux presque 38 milliards (!) prévus cette année pour 2007, ça donne vraiment une idée de la croissance exponentielle du marché publicitaire sur Internet, qui va en fait réaliser un CA supérieur de plus de 30 milliards $ à celui de ... 2003 ! Je me rappelle encore l'époque, toute proche, où les marchands du monde entier disaient : « Oui, Internet, c'est bien, mais comment savoir si nous pourrons y rentabiliser nos affaires... » On croit rêver ! Et je vous dis pas lorsque la téléphonie mobile va débarquer...

* * *

Concernant l'évaluation du marché publicitaire européen en ligne (voir d'autres chiffres détaillés ici), on peut l'estimer sans crainte de se tromper à 5 milliards d'Euros, puisqu'une recherche conjointe de Digital Strategy Consulting Ltd. et de l'Interactive Advertising Bureau - Europe évaluait par défaut les dépenses des Européens à plus de 4 milliards d'Euros pour l'année dernière, avec la répartition suivante entre pays :


les trois plus gros marchés étant le Royaume-Uni, la France et l'Allemagne. Moi qui vis en Italie, je suis frappé de voir la part de marché attribuée à ce pays (3,4% !), où la population des internautes a un taux de pénétration (par rapport à la population générale) et un taux d'utilisation de l'Internet supérieurs à la France :


Donc, un tel écart s'explique difficilement. Il faudra voir dans quelle mesure le taux de croissance annuel pondéré (CAGR, ou Compound Annual Growth Rate), dont Yahoo prévoit une progression marquée dans tous les compartiments (peuple des internautes, taille du marché de la recherche et opportunités publicitaires), s'applique à l'Italie (pour qui s'y intéresse). À suivre...

Enfin, si l'on pose en hypothèse - réaliste - que Google détient à lui seul la moitié du gâteau, on comprendra mieux les formidables enjeux économiques qui se cachent derrière ces chiffres, et expliquent la lutte furieuse de tous les acteurs en présence.

Dernières remarques :
  1. L'immense potentiel publicitaire sur Internet est étroitement lié au marché de la recherche, dont les premiers acteurs par excellence sont les moteurs. Leur influence s'étend d'ailleurs bien au-delà des seuls achats en ligne... Doubleclick, leader dans la technologie publicitaire en ligne, concluait une étude intitulée « La recherche préalable à l'achat » (Search Before the Purchase), commandée l'année dernière, en tirant les enseignements suivants :
    • La recherche joue un rôle dans à peu près la moitié des achats en ligne ;
    • La plupart des activités de recherche préliminaires à l'achat (recherches et clics) concernent des mots clés génériques plutôt que des marques ;
    • Plus les activités de recherche sont proches de l'achat, plus les mots clés liés aux marques sont présents ;
    • Nombre d'acheteurs font leurs recherches préparatoires bien avant l'acte d'achat ;
    • Les mots clés génériques sont une occasion de capter l'internaute pour l'engager dans le cycle d'achat ;
    • Les études qui analysent les résultats des recherches (ventes et retours sur investissement) en se basant sur un laps de temps trop bref avant le passage à l'acte ne prennent pas en compte la valeur des recherches génériques menées plus en amont du cycle d'achat.

    [MàJ - 14 juin 2006] Nouvelle découverte hier : le tableau ci-dessous nous donnent les revenus pour 1000 recherches (44,1 $ pour Google contre 34,1 $ au premier trimestre 2006), je vous laisse faire les multiplications !...


  2. Dans la présentation de Yahoo, qui prône une approche holistique au marché publicitaire (du grec holos, entier, complet, qui consiste en gros à traiter le tout plutôt que les parties), l'une des solutions proposées avec insistance est l'adoption des formats normalisés de l'Interactive Advertising Bureau (IAB Standardization) dans le cadre de la monétisation de ses services.

À mon avis, Yahoo confond le contenant et le contenu, contenu qui fera l'objet d'un prochain billet...


P.S. Question subsidiaire : dans la monétisation à outrance de tout et n'importe quoi se profilant à l'horizon, selon vous quelle sera la part des blogs ? Voir mon avis sur la question dans la dérive publicitaire sur Internet et les incohérences de Google (entre autres)...

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vendredi 9 juin 2006

Le business des noms de domaine : une question de réputation et...


Il y a une semaine, en écrivant une ébauche d'analyse sur le positionnement des principaux acteurs du monde de l'Internet que sont Google, Yahoo, eBay, Microsoft et Amazon, je réfléchissais à une évidence que nous avons constamment sous les yeux :
En dépit de leurs différences ou de leurs guéguerres pour dominer le Web, et pas seulement, ils ont un dénominateur commun qui les rapprochent plus qu'on ne saurait le concevoir : ce sont toutes des sociétés américaines !
[MàJ - 4 juillet, fête commémorative de la Déclaration d'Indépendance des États-Unis d'Amérique.] Je ne croyais pas si bien dire : « Je suis fier d'appeler ma maison les États-Unis d'Amérique. Je suis encore plus fier d'affirmer que GoDaddy.com est une société américaine. » Bob Parsons


* * *

Pour autant la mainmise des États-Unis sur l'Internet ne s'arrête pas là, puisque l'ICANN, qui préside aux destinées du réseau des réseaux est aussi un organisme de droit américain, tout comme le sont la plupart des registreurs qui comptent, dont le rôle et l'importance sont à mon avis grandement sous-estimés dans nos analyses de la toile :


Sur les 15 bureaux d'enregistrement majeurs, 11 sont américains (voyez les petits drapeaux ci-dessus !), 1 canadien, 1 australien, 1 indien et ... 1 européen (allemand pour la précision).

On peut donc parler sans grand risque de se tromper de suprématie américaine dans des proportions écrasantes, de quasi-monopole même.

Est-ce un mal en soi ? Je n'en suis pas totalement convaincu, surtout lorsque je vois les vaines et coûteuses tergiversations du gouvernement autour d'un « projet » tel que Quaero, annoncé et alimenté à grand renfort d'argent public dans le plus pur style bureaucratico-administratif-franco-français, qui consiste à dire (plutôt qu'à faire, la nuance est de taille) :
Est-ce qu'on pourrait faire ça ? On va créer une commission qui se réunira peut-être pour étudier la faisabilité et faire un rapport. On demandera son avis à tout le monde, surtout ceux que ça ne concerne pas, et dès que quelqu'un élèvera une objection on s'empressera de pousser le rapport sous un tapis ! Dans 10 ans peut-être...
De toutes façons, c'est le contribuable qui passe à la caisse, merci aux politiques de tous bords de gérer notre argent avec la sagesse du bon père de famille...

* * *

Après cette entrée en matière un peu acide, je vais m'intéresser au premier des registreurs américains, et donc au premier registreur du monde, à savoir GoDaddy, qui gère à l'heure où j'écris plus de 11 500 000 noms de domaines (et une bonne part des miens :-), soit presque 1/6ème du parc mondial des domaines actifs, un peu plus de 70 millions au jour d'aujourd'hui ;-)

Une paille ! Dans un article paru il y a deux mois sur Forbes, intitulé What Makes GoDaddy Go? [Double sens entre Qu'est-ce qui fait courir GoDaddy ? et Pourquoi GoDaddy veut entrer en Bourse ? (sous-entendu : What Makes GoDaddy Go Public?)] , Rachel Rosmarin, la journaliste, donnait des chiffres supérieurs :
GoDaddy (...) says it manages more than 13 million domain names, or about 20% of the 86 million domain names on the Web. (GoDaddy déclare gérer plus de 13 millions de noms de domaines, soit environ 20% des 86 millions de domaines sur le Web.)
Ne sachant pas d'où elle détient ces données, je préfère m'en tenir aux statistiques actuellement disponibles (les deux graphiques ci-dessus, consultés le 9 juin 2006).

À noter au passage que la quantité des domaines supprimés est quasiment le triple de celle des actifs, alors qu'elle en représentait moins du double fin janvier. D'ailleurs en comparant l'évolution sur à peine plus de quatre mois, le nombre des domaines actifs a progressé d'environ 10%, contre environ 60% pour les domaines supprimés. Sans commentaires...

Donc, premier fait marquant concernant la société, son introduction en bourse a été annoncée en avril par Bob Parsons, son fondateur et unique actionnaire, la soixantaine bien portée :


Celles et ceux qui suivent mon blog (oui, il y a encore des personnes courageuses) auront déjà entendu parler de lui, grand pourfendeur des registreurs qui pratiquent le taste-domaines ou, si vous préférez, le domain kiting, que j'ai traduit par bidonnage, faute de mieux.

Certes, le timing de ces dénonciations n'est pas innocent, puisqu'elles interviennent au moment même où la société prépare sa mise sur le marché, et il est clair que Bob Parsons rend service à la communauté tout en œuvrant à bâtir la réputation de GoDaddy.


Opération indispensable pour rassurer les investisseurs potentiels : si GoDaddy est l'entreprise dont la croissance est la plus forte parmi les registreurs, elle perd aussi de plus en plus d'argent au fil des ans :
  1. 1 000 000 $ en 2003
  2. 3 700 000 $ en 2004
  3. 11 600 000 $ en 2005
Ces pertes étant dues aux investissements massifs en publicité, notamment les spots télévisés diffusés pendant la finale du Super Bowl, parmi les plus chers des États-Unis, puisque en 2006 il faut débourser 2 600 000 $ pour ... 30 secondes ! Je vous laisse calculer à combien revient la seconde... (Source : Web Hot Industry Review)


Le prix de la notoriété ! Du reste, la réputation est un concept auquel il tient fortement si l'on en juge à l'intitulé de trois brevets déposés par GoDaddy - numéros 20060095459, 20060095586 et 20060095404 -, respectivement :
  1. Publishing domain name related reputation in Whois records (Publication de la réputation attachée à un nom de domaine dans les données du Whois)
  2. Tracking domain name related reputation (Traçabilité de la réputation attachée à un nom de domaine)
  3. Presenting search engine results based on domain name related reputation (Présentation des résultats dans les moteurs de recherche en fonction de la réputation attachée à un nom de domaine )
Source : Search Engines and Registrars Getting Creative with Whois Database?

J'ai essayé d'en savoir plus, mais apparemment la consigne c'est : « Aucune info disponible pour l'instant... »


Ceci étant, les titres sont suffisamment explicites, et la mise en place de tels systèmes représenterait à la fois une alternative au SafeRankJM et une manière de sécuriser davantage le Web, puisqu'il est désormais évident qu'il y a une corrélation entre les domaines bidons et l'envoi de pourriels en masse, un spamming planétaire avec en prime, de plus en plus souvent, la contagion par quelque virus ou virus-like (en attendant les vrais...) !

* * *

En fait, Bob Parsons n'est plus seul à dénoncer les arnaques aux noms de domaines et l'inertie de l'ICANN face au problème, puisque le très sérieux MessageLabs, qui publie un rapport de veille mensuel sur les dangers qui menacent l'Internet (virus, spam, phishing, etc.), dénonce explicitement dans celui du mois dernier (mai 2006) le phénomène des « Disposable Domains » liés au « Domain Kiting » :
Ces derniers mois, on assiste à une escalade des « domaines jetables » (Disposable Domains), qui progressent dangereusement d'un mois sur l'autre. MessageLabs a déjà abordé la question des « domaines jetables » dans son rapport de veille pour l'année 2005, mais la pratique du Domain Kiting fait qu'il est plus facile d'exploiter ce genre de domaines à des fins d'abus et de fraude.

(In recent months, new issues such as “Disposable Domains” have escalated to become much more of a serious threat than they were even a few months ago. Disposable Domains were first highlighted in the MessageLabs Intelligence 2005 End-of-Year report, and the practice of “Domain Kiting” makes it much easier for these domains to be abused.)
Selon le rapport 2005, ces domaines jetables ont une durée de vie de 12 jours à moins d'un jour (variant de moins de 24 heures pour 28,9% des domaines bidons à moins de 3 heures pour 9,9% d'entre ceux qui sont dans cette catégorie). Cela leur suffit cependant à bombarder le Web de milliards de spams et autres infections du même acabit, puisque les canons à spam transmettent plusieurs millions de messages ... à l'heure !



On vit vraiment une époque formidable ! :-)


P.S. Devinette connexe : quelle est la relation entre GoDaddy et Microsoft ? Réponse : sur les quelque 11 500 000 noms de domaines que gère la société, GoDaddy a décidé il y a quelques mois (info dont Gandi s'était fait l'écho) de migrer tous ses domaines en parking - soit un parc de 4 500 000 noms - de Linux à Microsoft, qui récupère ainsi du terrain sur Apache dans le marché des serveurs Web :




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mardi 6 juin 2006

Traitement de l’information en France : mon poing sur le I du PIF

Traitement de l’information en France : mon poing sur le I du PIF

Il y a parfois des hasards que je qualifierais de ... télépathiques ! Le titre de ce billet est prêt depuis plusieurs jours, très exactement depuis le vendredi 26 mai dernier, au moment où j'effectuais cette mise à jour. Je ne l'avais pas encore rédigé par manque de temps, mais je savais qu'il aborderait le traitement de l'information sur le PIF, le Paysage Internet Français (et non pas francophone, nuance...), notamment en faisant référence au travail d'Olivier Andrieu. Or dans le billet qu'il publie ce jour, intitulé Octobre 2007 : Google maître du monde !, quelle n'est pas ma surprise de lire ces lignes :
À noter, pour l'anecdote (mais aussi parce que beaucoup de personnes s'approprient les idées des autres actuellement sur le Web sans trop de vergogne...), que je revendique le terme de "PIF" pour "Paysage Internet Français". J'ai utilisé pour la première fois cet acronyme dans mon livre "Internet Guide de Connexion" paru en 1994 chez Eyrolles. En plus, je suis un fana de Pif-Gadget... Voila, ça a peu d'intérêt mais parfois, il faut quand même dire les choses... Bonne semaine...
Donc, rendons volontiers à César ce qui appartient à César, et à Olivier Andrieu ce qui appartient à Olivier Andrieu. À ma décharge, je ne peux qu'invoquer ma totale bonne foi, car il est sûr que j'aurais utilisé le sigle PIF sans me poser la question de sa paternité, pour la simple raison que je n'en avais pas la moindre idée.

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Ceci étant précisé, venons-en au sujet de ce billet, dont l'idée, qui couve en moi depuis plusieurs semaines, peut se résumer en quelques mots :
L'actualité liée à l'Internet dans son ensemble, telle qu'elle est traitée sur le Web français, est gravement et coupablement lacunaire, tant au plan quali-quantitatif que de la fraîcheur de l'information.
Deux constatations préliminaires :
  1. Il ne fait pas bon ignorer l'anglais si l'on veut se tenir au courant des événements relatifs à l'Internet et ses acteurs. En outre, chaque jour fournit une telle profusion d'informations qu'on est vite débordé, même en ne voulant sélectionner que les plus pertinentes. Pour vous donner un exemple, juste le week-end passé, j'aurais eu matière à faire quatre billets complets, je n'ai pu en rédiger qu'un. Je ne sais si les trois autres verront le jour...
  2. Il y a sur le Web français quelques fournisseurs d'infos attitrés, dont les actus sont reprises en boucle par un certain nombre de sites qui les relaient sans y apporter aucun éclairage, aucune analyse, rien de rien ! Uniquement du copier-coller. Où est l'intérêt ? Ajoutez à cela un problème d'asymétrie de crédibilité dans l'information, et vous aurez un cadre de la situation assez réaliste.
La réflexion m'est venue lors de la publication de l'article sur le partenariat eBay-Yahoo, annoncé pour la première fois le jeudi 25 mai dernier. J'écrivais dans une première mise à jour :
...il est minuit passée de quelques minutes, l'info est sortie depuis près de 12 heures maintenant, il y a déjà plus de 500 dépêches qui la décortiquent dans tous les sens sur Google US et pas une seule - j'insiste : 0, un beau zéro pointé - dans les news de Google France. De plus, à ma connaissance, sur le Web francophone, seul Zorgloob a sorti un entrefilet, et sur Technorati, il y a en tout et pour tout 5 résultats pertinents en français... Donc, moins d'une dizaine de billets en français, contre des milliers d'articles en anglais, le décalage horaire n'explique pas tout ! Après on se demande pourquoi les anglo-saxons ont toujours plusieurs longueurs d'avance sur Internet...
C'est d'ailleurs là où Olivier Andrieu intervient (ou n'intervient pas, c'est selon), puisque lui aussi a publié une actu (également un peu après minuit) sur ... Quaero !

Donc comme je le confiais en commentaire à Didier Durand qui s'interroge sur l'éventuel succès de Quaero (à mon avis aussi hypothétique que l'arrivée de Godot, mais c'est une autre histoire...), il y a bien décalage total entre l'importance d'une information et son traitement. Commentaire déçu auquel Didier réplique ainsi :
Vous ne pensez pas que le "trou" dans la blogosphère et les médias français vient du très long week-end d'Ascension?
On va donc accorder le bénéfice du doute à nos collègues. N'est-ce pas?
Certes. Mais on touche là un autre problème résolument franco-français, que je nommerais par métaphore le syndrome des 35 heures... Regardez les titres de Google News France le vendredi soir et le lundi matin, ce sont pratiquement tous les mêmes ! Et pendant ce temps sur le Web, 35 heures s'écoulent en moins d'un jour et demi (24h + 11h)...

Or s'il est vrai qu'Internet transcende la dimension spatio-temporelle, le problème pourrait facilement être résolu par une délocalisation du traitement : les sources d'information étant indexées automatiquement, n'importe quel français vivant hors de France et n'éprouvant pas le besoin forcené de ne rien foutre pendant les 133 heures hebdomadaires restantes [168 (24 x 7) - 35 = 133] pourrait fort bien s'acquitter de la tâche. Je caricature, mais pas tant que ça quand même !

Pour conclure, que les choses soient claires : je n'ai rien contre Olivier Andrieu (du reste, je suis plutôt admiratif de ce qu'il réussit à faire), ni contre Google France ni contre qui que ce soit, mais je trouve que l'actualité sur le Web français (et non francophone car les Canadiens sont souvent bien plus en avance que nous) manque de fraîcheur, souvent de pertinence et de profondeur, voire de crédibilité. En une formule, elle est doublement déficitaire, en quantité autant qu'en qualité. Je suis frappé par l'écart abyssal avec la richesse de l'information anglo-saxonne en la matière. À tous points de vue : analyse, dynamisme, capacité de se remettre en question en permanence, etc.

Je ne sais pas trop comment l'on pourrait remédier à cela, mais en tout état de cause la ressource exceptionnelle que représentent les blogs est largement sous-exploitée, puisque la blogosphère réunit en son sein tous les ingrédients nécessaires : qualité, quantité, fraîcheur, pertinence, crédibilité, analyse, expertise, dynamisme, etc.

Il n'y a plus qu'à les mettre ensemble...



P.S. [MàJ - 7 juin, 10h45'] En voulant répondre au commentaire de Didier Durand, qui me suggère d'attendre avec patience la mise en ligne de Wikio.fr, prévue dans quelques jours, je suis retourné visiter Wikio pour voir si deux des options que j'aurais aimé y trouver avaient été implémentées, à savoir la possibilité de soumettre son flux RSS ou de pinguer son blog en toute simplicité, un peu comme sur Technorati, au lieu de devoir publier directement sur Wikio. Or en faisant des recherches sur les flux RSS je suis tombé sur cette actu d'InFlux, blog de l'incontournable Christophe Asselin, annonçant le lancement par « Malaiac de Zewol.net (the whole Net), un nouvel outil de méta syndication francophone » :


Excellent, excellentissime, comme quoi c'est bien dans l'air du temps ! Il est vraiment télépathique ce billet :-)

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Google Office prend forme : aujourd'hui j'enlève le haut, demain...

Google Office prend forme : aujourd'hui j'enlève le haut, demain...

Une très très brève parce que je n'ai pas le temps. Brève mais probablement lourde de conséquences dans la bataille qui fait rage entre Google et Microsoft, entre autres.

L'actu anglo-saxonne s'emballe autour de plusieurs fuites, orchestrées ou non, selon lesquelles Google table sur ... le futur concurrent d'Excel :


Annonce prévue pour ... demain ! À mon avis, cette fois c'est Google qui va être en retard, vu que demain, l'info aura déjà fait plusieurs fois le tour de la planète Web ! Pour suivre l'actu en direct :



Donc après le rachat de Writely, quelle sera la prochaine étape ? L'acquisition d'une application Web de graphisme ? Du genre Gliffy (via Netwizz), par exemple :


Ou encore d'un outil de création de présentations PowerPoint-like comme Thumbstacks (via Outils froids) :


[MàJ - 15 juin 2006] Selon cette actu, parue hier, aurais-je mis dans le mille ? :
Google Inc. is likely to acquire this year a Web-based presentation application, such as Thumbstacks, to add to its online spreadsheet and word processor, (Gartner) market research firm said.
Juste histoire de compléter la suite... Pourquoi pas ! Comme disent si plaisamment les anglo-saxons : « It would make sense... »

Voir à ce sujet l'analyse de Richard MacManus (en anglais) sur les composantes probables et possibles d'une suite Web Office :




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lundi 5 juin 2006

Adscriptor, c'est qui ?

Après avoir tenté de répondre à la question « Adscriptor, c'est quoi ? », peut-être l'heure est-elle venue d'en poser une autre : « Adscriptor, c'est qui ? »

Dans le genre capétien, Adscriptor, c'est moi !

Voilà, fin du billet :-)
* * *

Trêve de plaisanterie, je m'appelle Jean-Marie Le Ray, vous l'aurez déjà noté puisque je signe tous mes billets. Ça peut paraître ennuyeux à la longue, mais j'essaie toujours de penser à celles et ceux qui arrivent sur mon blog pour la première fois, et il y en a ... chaque jour !

Je suis né à Bordeaux (France), c'était le dimanche 24 mars 1957 à 1h du matin. Bélier ascendant Sagittaire pour qui s'y intéresse, ce n'est pas mon cas (bien que le portrait soit assez ressemblant, il faut reconnaître). J'ai déjà prévu de faire un beau méchoui pour fêter mes 50 ans (dans moins de 10 mois à dater d'aujourd'hui), espérons juste que je ne tiendrai pas le rôle de la bête.

Ma belle s'appelle Geni (prononcer Genny, diminutif de Geneviève, Genoveffa en italien), elle est « campane », c'est-à-dire originaire de la Campanie, d'une incroyable petite ville aussi dynamique que charmante et plaisante, située à 45 km au Sud de Naples : Cava de' Tirreni, province de Salerno, tout en bas de la côte amalfitaine, reconnue patrimoine mondial de l'humanité.


Notre enfant s'appelle Paolo Bernard, ou Paul Bernard en français, il a 4 ans et demi, j'ai déjà eu l'occasion de publier sa photo ici. Son nom de baptême est dû à une tradition fort pratiquée surtout dans le Sud de l'Italie, qui veut que l'on nomme son enfant avec le prénom de son grand-père pour un garçon, ou de sa grand-mère pour une fille. Or mon père s'appelait Bernard Paul...

[MàJ - 14 juin 2006] J'ai eu hier la photo de fin d'année de Paul et je peux pas résister, il est trop beau :


Nous voici tous les trois devant la fontaine de Trevi, dans le centre historique de Rome, comme disent les italiens, celle où l'usage veut que l'on jette une pièce de monnaie par dessus l'épaule en faisant le vœu d'y revenir un jour.



Je n'ai jamais sacrifié à la coutume, ce qui n'empêche que je suis romain de cœur depuis 20 ans cette année ! J'aime l'Italie, son hospitalité. J'aime la langue, française, et la poésie. Grand malaxeur de mots, de concepts et de contenus.

Côté boulot, j'ai créé ma société de traduction il y a 17 ans, et j'exerce le métier depuis 1986, ça ne nous rajeunit pas :-)

Constamment en quête de sens et à la recherche d'horizons nouveaux, cent et mille sujets me passionnent, dont l'Internet, le Marketing et Google, un éclectisme qui m'a valu l'honneur de postfacer « Le monde selon Google », ouvrage à paraître incessamment sous peu aux éditions Distriforce.

Si vous souhaitez en savoir plus sur mon compte :


Très cordialement,



P.S. Celles et ceux qui fréquentent mon blog auront peut-être noté la présence d'un nouveau logo dans la colonne de droite : en fait, j'ai décidé de participer à cette initiative originale, intitulée « Le Blog Emploi Challenge, 4 mois pour se faire repérer sur Internet », dont l'objectif, dans l'intention des promoteurs, est notamment de permettre aux candidats en recherche active passive (mon cas) d’exprimer leurs expertises, de mettre en valeur leur employabilité et de développer leur savoir-faire et leur savoir-être. J'aime bien ce challenge, je trouve ça stimulant et pas du tout incompatible avec mon approche à la profession du traducteur qui a d'autres cordes à son arc : l'optimisation et l'audit linguistiques, la conception-rédaction, etc.

Car si vous pensez que j'ai quelque compétence dans votre domaine, confiez-moi vos idées, je les traduirai en mots. C'est mon métier !

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dimanche 4 juin 2006

Search Engine Strategies - Stratégies pour les moteurs de recherche

Search Engine Strategies - Stratégies pour les moteurs de recherche

Préambule
Découpage de la recherche par zones
(Search in the Zone - commentaire)
De plus en plus d'internautes font de plus en plus de recherches
(More Searchers Searching More - commentaire)
Statistiques extraites de récentes études comportementales en matière de recherche
(Search Behaviour Research Update - commentaire)

Préambule

Ce week-end, en furetant dans les actualités anglo-saxonnes (pléonasme...) qui traitent de l'Internet, je suis tombé sur un article intitulé Look here!, du genre « Regardez par ici ! ». Ce que j'ai fait. Ça parle de l'un des plus gros clients de Google hors États-Unis, la société Incubeta, dont la mission consiste, selon son créateur, Vinny Lingham, à « constamment améliorer les infrastructures technologiques et marketing pour une présence globale en ligne, et à diffuser aux quatre coins du globe le marketing axé sur la recherche. » (...continuously improve the infrastructure for global online marketing and technology and expand search marketing into every corner of the globe.)

Curieux d'en savoir plus, j'ai visité son blog, qui touche chaque mois plus de 20 000 professionnels de l'industrie du Web Marketing, où j'ai découvert qu'il rentrait juste de la Conférence & Expo Search Engine Strategies, le nec plus ultra des événements consacrés au Marketing et à l'optimisation pour les moteurs de recherche, organisé à Londres du 31 mai au 2 juin :


Il y est intervenu dans le cadre du volet « Cibler l'Europe » (Targeting Europe Track), en présentant une étude de cas sur le marketing pour les moteurs de recherche en Europe.

Dans cette conférence, qui réunit tout le gratin des SEO / SEM (Search Engine Optimizers & Search Engine Marketers) de la planète, les acteurs français sont représentés par référencement.com, l'un des leaders sur le marché du référencement en France, et dans une certaine mesure par Web Certain, dont Johann Godey est le responsable technique marketing (Search Engine Marketing Technical Leader).

Donc, dans son billet daté du 31 mai, Vinny nous donne des détails sur la session Searcher Behavior Research Update, consacrée aux dernières études sur le comportement des internautes dans leurs recherches sur le Web et sur leur interaction avec les moteurs, le tout à l'intention des SEO & SEM :
How do searchers interact with search engines? New research is constantly coming out revealing how searchers act. This session explores the latest studies and findings to provide tips and tactics for search marketers to consider.
Session modérée par Chris Sherman, éditeur du SearchEngineWatch aux côtés de Danny Sullivan, où intervenaient Graham Hansell (SiteLynx, Head of Search Strategy), Elizabeth Van Couvering (London School of Economics, non mentionnée dans le programme), Bob Ivins (comScore Europe, Managing Direct) et Jonty Kelt (Performics International, Managing Director of UK and Europe).

[Début]

Voici la traduction autorisée de ce billet.

Graham Hansell & Elizabeth Van Couvering coprésentent « Search in the Zone », ou le découpage de la recherche par zones.

Introduction :

• Le temps consacré à la recherche ne représente qu'une portion modeste (not a very significant amount) de l'ensemble des activités en ligne des utilisateurs
• La recherche représente grosso modo entre 1,5 et 15 % des activités en ligne
• 15% des internautes n’utilisent jamais les moteurs de recherche

Le Web diffère d'un individu à l'autre

Selon une étude qui a duré 3 ans et concerné un panel représentatif de près de 600 utilisateurs Web, sur 192 000 sites visités, 66,8% d'entre eux ont été visités par une seule personne.

Elizabeth présente un diagramme avec une répartition en trois zones :
  1. La zone « maison » (Home Zone), où les internautes passent le plus clair de leur temps (Yahoo, Google, Intranet, etc.) et ont des modes de comportement routiniers.
  2. La zone de voisinage (Neighborhood Zone), englobant les sites familiers aux utilisateurs, qui les visitent de temps en temps et savent comment y accéder. C'est votre partie connue du Web.
  3. La zone inconnue (Unknown Zone), où se trouve tout ce que vous ignorez.
L'expérience utilisateur se concentre sur les zones connues. Lors d'une session habituelle au sein de votre zone « maison », 1 fois sur 10 il est probable que vous utiliserez les moteurs de recherche en cliquant sur les résultats proposés. L'accès à la zone de voisinage se fait à 66% depuis les favoris, depuis vos liens stockés en mémoire ou autres, et dans 34% des cas depuis les moteurs de recherche. Enfin, 3 fois sur 4, on accède à la zone inconnue via les moteurs.

Les deux premières zones, Maison & Voisinage, représentent jusqu'à 80% des activités en ligne des internautes, qui ne visiteront par contre qu'à peu près 10% des sites ainsi trouvés.

La recherche est un peu le point d'engorgement du Web. Les sites au top sont très facilement accessibles et renommés, les autres n'étant accessibles qu'une fois sur deux depuis les moteurs ; tout le reste est dû aux stratégies de marque (branding), aux liens, etc.

Positionner son site dans la zone :
  • Les « sites transactionnels » doivent être positionnés dans les tout premiers résultats des moteurs
  • Il est important d'être positionné à la fois aux premiers rangs et sur un large éventail de requêtes
  • Dans la phase Découverte de la recherche, il peut être important d'être précédé dans les résultats par des « revues positives » mieux positionnées que son propre site
  • Les annonceurs doivent chevaucher les zones Maison & Voisinage
Graham insiste sur la nécessité d'utiliser les fils RSS pour pouvoir positionner son contenu dans la zone « maison » de l'utilisateur, afin qu'il puisse ensuite vous trouver directement et sache reconnaître votre marque.

[ Mon commentaire :
Ce découpage de la recherche par zones n'est pas sans évoquer la théorie du nœud papillon, telle qu'elle est décrite dans le rapport Linking Matters, dont le co-auteur, Ken McGaffin, a participé aussi à la conférence en intervenant sur les ... stratégies de liens.

Si quelqu'un peut m'éclairer sur les « positive reviews »...]
[Début]
* * *

Bob Ivins aborde le sujet « More Searchers Searching More » : de plus en plus d'internautes font de plus en plus de recherches. Sa société, ComScore, est spécialisée dans les études sur les comportements des consommateurs et les corrélations avec leurs recherches.

D'après lui, le nombre d'internautes, évalué à environ 700 millions d'individus, est probablement sous-estimé. Ces personnes partagent leurs activités à 95% sur les portails et à 87% sur les moteurs.

Toujours selon Bob, en faisant quelques statistiques, on arrive à 33 milliards de recherches par mois. (!)

Il compare également ces deux « Killer Applications » que sont la recherche et le courriel, en précisant que la recherche est en train de passer devant le courriel.

L'évolution de la recherche diffère-t-elle d'un marché à l'autre ? Il semble que les européens ont plus volontiers recours aux moteurs de recherche que les américains, avec une moyenne de 90% contre 86% outre Atlantique. Les européens sont également des internautes plus actifs en matière de recherche (avec un taux de recherches par utilisateur plus élevé).

La domination de Google est aussi plus marquée en Europe. De plus, 40% des requêtes effectuées aux États-Unis ne sont pas monétisées aux États-Unis, et 76% des requêtes sur Google se font hors États-Unis, contre 42% des revenus qui y sont générés.

Faits marquants :

Les européens se servent plus volontiers des moteurs
Les européens sont des chercheurs plus actifs
Le nb de pages vues par requête est en nette diminution
Les écarts de monétisation concernent :
1. la couverture des mots clés (États-Unis vs. Europe)
2. le pourcentage de recherches vs. le pourcentage des revenus générés...

[ Mon commentaire :
Le chiffre phénoménal de l'importance du marché de la recherche sur Internet se confirme : 33 milliards/mois, ça donne bien près de 400 milliards de requêtes par an !

Il faudra que je consacre bientôt un billet à ces statistiques qui défient l'entendement, et apparaissent parfois contradictoires (pas dans ce cas)...]
[Début]
* * *

Jonty Kelt aborde ensuite le volet « Search Behaviour Research Update », pour nous mettre à jour sur les dernières études comportementales en matière de recherche.

Doubleclick est leader dans la technologie publicitaire en ligne

L'univers de la recherche est toujours plus grand, plus fort, plus dur (Bigger, Stronger, Tougher).

Hausse des accès haut débit
Hausse de la présence des femmes en ligne
Hausse du nombre de recherches

L'accès à une audience accrue implique davantage de recherches, d'où plus de chances d'atteindre vos cibles (une donnée particulièrement pertinente pour les petites activités pas encore présentes en ligne).

Diversification des canaux de recherches

* Dans leurs recherches, les internautes sont :

- toujours plus sophistiqués

• 41% des utilisateurs poursuivent leurs recherches lorsqu'ils n'obtiennent pas de résultats satisfaisants sur la première page renvoyée par les moteurs, soit en modifiant les termes de leur requête soit en changeant de moteur (contre 28% il y a 4 ans)

- toujours plus déterminés

• saisie de requêtes de plus en plus longues
• loyauté envers les moteurs de recherche
• axés sur les marques

Pour autant les marketers doivent cibler aussi bien des mots clés simples et uniques que des phrases clés plus riches et plus longues, et vous faire gagner le meilleur positionnement sur les termes que vous souhaitez, pour faire en sorte que vous ne perdiez pas de trafic hautement qualifié.

Au Royaume Uni, les internautes font une utilisation protéiforme des moteurs de recherches, même s'ils ont une connaissance limitée des requêtes (termes de recherche / mots clés)

[ Mon commentaire :
Le monde de la recherche : toujours plus grand, plus fort, plus dur ! Ça me rappelle Dallas et son univers impitoyable...

Sur un mode plus sérieux, l'observation de l'allongement du nombre des mots clés dans les requêtes devient une constante. ]
[Début]
* * *

Et Vinny de conclure : - « OK, il va trop vite, je m'arrête ici, mais c'est une session vraiment intéressante. Juste un conseil pour finir, la recherche change d'un pays à l'autre, mais vous devez être capable d'appréhender chaque marché pour pouvoir y faire des affaires, c'est d'ailleurs pour ça que le marketing s'appelle ... Marketing ! »



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samedi 3 juin 2006

Dotster.com assigné en justice pour cybersquatting massif

Dotster.com assigné en justice pour cybersquatting massif

Encore une fois, l'actualité me donne l'occasion de revenir sur le business des noms de domaine. Aujourd'hui, il s'agit d'une affaire de cybersquatting en masse dans laquelle est impliqué le registreur Dotster.com, déjà fort actif dans le domain kiting (puisqu'il se place au 7ème rang des bidonneurs toutes catégories, y compris pour les .INFO), accusé d'avoir mené des campagnes massives de cybersquattage ciblant des sociétés telles que Cingular Wireless, Disney, Ikea, Google, Neiman Marcus, Playboy, Marriott ou Verizon....

Dans les pièces jointes au dossier, la n° 6 est une liste de 11 pages truffées de noms cybersquattés sur 2 colonnes, dont deux pages presque entières uniquement pour Yahoo :


[MàJ connexe - 25 juin 2006] Puisqu'il en est question, je viens de découvrir cette info de la plainte en masse déposée par Yahoo qui poursuit les propriétaires de 1763 noms de domaine !

* * *

Pour le compte de deux des marques attaquées, Neiman Marcus et Bergdorf Goodman :


les cabinets d'avocats Christie Parker & Hale et Perkins Coie ont monté un dossier de 155 pages où ils démontent la combine, qui repose à la fois sur le cybersquatting et sur le modèle du j'essaie - je prends/je jette. La plainte reproche d'ailleurs à Dotster d'abuser de son statut de registreur pour vérifier les coquilles et faire le tri entre celles qui ont du potentiel et celles qui ne rapportent rien.

Le cybersquatting, né en 1994 lorsqu'un journaliste de Wired décida d'enregistrer mcdonalds.com, comme nous le rappelle M. Cédric Manara, a fait des petits depuis et gagné en sophistication : Dotster utilise en effet la période de grâce de 5 jours pour mesurer le trafic et ne garder que les plus rentables en termes de clics publicitaires.

En outre, le dossier rapporte les échanges de courriel avec un employé de Dotster pour marchander l'un des noms de domaines incriminés, BergmanGoodman.com :
- donnez-m'en 1 000 $
- je peux vous en payer 500 $
- OK, si vous voulez, affaire conclue pour 800 $ !
Après ça, M. Cédric Manara n'aura plus qu'à ajouter le logo de Dotster.com à sa galerie des (In)famous names in the domain business !

[MàJ - 10 juin 2006] Je m'en voudrais de taire ce commentaire, découvert hier dans un article de Forbes, alors que je rédigeais mon billet sur GoDaddy :
L'enregistrement de domaines n'est pas vraiment le business qui rapporte le plus aujourd'hui, ça permet juste de satisfaire un besoin... (Domain registration is not the most attractive business to be in today, but it does fulfill a need)
Signé : Kevin Kilroy, PDG de ... Dotster :-)



P.S. Quand j'aurai le temps, il faudra que je fasse un billet sur les différences avec le typosquatting, où les coquilles ne portent pas forcément sur des marques. C'est d'ailleurs la position soutenue par Google, qui défend ainsi son business lié aux noms de domaines :
Nous éliminons de notre réseau les sites qui violent la législation sur les marques, même si l'utilisation de noms avec coquilles ne prouve pas nécessairement une violation de cette législation.
Selon Rose Hagan, juriste en chef de chez Google chargée des marques, « Tant qu'il n'y a pas de confusion possible dans l'esprit des gens, la législation sur les marques n'a pas lieu d'être appliquée. »

(Google is defending its business practices, saying that it removes participating sites from its ad network if a trademark owner complains that those sites are confusingly similar -- even though close misspellings don't necessarily prove that a legal infringement has occurred.
"Unless it is confusing to somebody, trademark law doesn't apply," said Rose Hagan, Google's chief trademark lawyer.)
Un problème qui concerne aussi Go Daddy. En attendant, si vous souhaitez en savoir davantage sur le cybersquatting, voici une excellente ressource, signée Microsoft.

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