lundi 7 avril 2008

Microsoft - Yahoo! : Jerry Yang vs. Steve Ballmer

Microsoft - Yahoo! : Jerry Yang vs. Steve Ballmer

Je viens de lire sur Twitter ce message de Michael Arrington, répondant à l'un de ses commentateurs : « cette vidéo résume parfaitement les négociations entre Microsoft et Yahoo! »



Perso, ça me fait penser à la situation telle que la considère Jerry Yang. En revanche, Steve Ballmer doit plutôt imaginer un truc dans ce genre :



Ce qu'on appelle une différence de style !

Enfin, pourvu que ça finisse pas comme ça ;-)



Et d'après vous, comment ça va finir ? Les paris sont ouverts...



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P.S. Dans un autre genre de symbolisme ;-)


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Microsoft - Yahoo! : la lettre de Jerry Yang

Microsoft - Yahoo! : la lettre de Jerry Yang

Point fort du message de Jerry Yang à Steve Ballmer : Microsoft a trois semaines pour augmenter son offre, faute de quoi, à la guerre comme à la guerre, Yahoo! ne se laissera pas faire...

Je n'ai pas le temps maintenant de traduire l'intégralité de la réponse de Jerry Yang à la précédente lettre de Steve Ballmer, donc pour l'instant je vous livre à la volée les deux derniers paragraphes qui sont, à mon sens, les plus significatifs :
Cher Steve,

(blanc)

Nous considérons que votre menace d'entreprendre une action hostile et une bataille de procuration pour remplacer les membres indépendants du Conseil d'administration de Yahoo! est contreproductive, voire opposée à votre objectif déclaré de mener une opération amicale. Nous sommes confiants sur le fait que nos actionnaires sauront comprendre que les membres du conseil d'administration actuel sont les mieux placés pour évaluer objectivement et en connaissance de cause notre entreprise, de même que les alternatives possibles et comment maximiser la valeur de Yahoo!.

En conclusion, permettez-nous de réaffirmer notre position, de sorte qu'il n'y ait aucune confusion possible. Nous sommes ouverts à toutes les options susceptibles de maximiser la valeur pour nos actionnaires. Pour être tout à fait clair, ces options englobent une transaction avec Microsoft dès lors que le prix proposé reconnaîtrait pleinement la valeur de Yahoo!, calculée de façon autonome ; cela signifierait également pour Microsoft une option supérieure à celle des alternatives à l'étude, pour une transaction dont la valeur et la finalisation ne seraient pas remises en question. Ceci dit, nous restons fermes dans notre engagement en faveur du choix d'une solution maximisant la valeur de Yahoo! pour nos actionnaires et nous ne laisserons personne, vous ou qui que ce soit d'autre, acquérir la société pour un montant inférieur à sa pleine valeur.
C'est clair, non ? Ça veut dire : soit tu relèves le prix de l'offre, soit si tu veux la guerre, tu l'auras. La balle est dans le camp de Steve, qui devrait juste mettre davantage dans la balance. Pas beaucoup, en fin de compte : 3 ou 4 $ ?

Microsoft est prévenu ! Ils vont pas nous faire toute une histoire, pour quelques dollars de plus...



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dimanche 6 avril 2008

Microsoft - Yahoo! : la lettre de Steve Ballmer

Microsoft - Yahoo! : la lettre de Steve Ballmer

Point fort du message de Steve Ballmer à Jerry Yang : Yahoo! a trois semaines pour se décider, faute de quoi, début mai, Microsoft engage une bataille de procuration et l'OPA devient vraiment hostile...

Suite : Jerry Yang répond à l'ultimatum de Microsoft

Depuis maintenant plus de deux mois que Microsoft a lancé son offre publique d'achat sur Yahoo!, le statu quo semblait s'être installé.

Sur 22 billets publiés en février, les 3/4 (16 billets) parlent directement ou indirectement de la fusion Yahoo!-Microsoft. C'est vous dire si j'ai tenté d'analyser la chose sous toutes les coutures.

Or comme on le sait, les eaux dormantes sont trompeuses. Durant ce calme apparent, Yahoo! n'a jamais sorti autant de nouveaux produits-services que depuis l'annonce de Microsoft. Une insistance sur les actifs de la société et des lancements tous azimuts pour un message évident en direction de Steve Ballmer : Yahoo! vaut davantage que ton offre.

Un message tombé dans l'oreille d'un sourd, puisque apparemment Microsoft ne semble pas disposé à relever son prix (une augmentation de 1 dollar par action signifiant un surcoût d'environ 1,34 milliard $ pour Microsoft)...

Steve Ballmer qui s'énerve face au refus et aux atermoiements de Yahoo!, et adresse au Conseil d'administration une lettre menaçant une bataille de procuration.

Traduction/adaptation rapide de la lettre (c'est moi qui souligne) :
Voici maintenant plus de deux mois que nous vous avons adressé une proposition pour l'achat de Yahoo! avec une prime de 62% par rapport au cours de l'action à la clôture du 31 janvier 2008, la veille de notre annonce. Une offre généreuse pour jeter les bases d'une transaction rapide et amicale. Or on peut tout dire de ces deux derniers mois, sauf que les choses ont été rapides.

En dépit de quelques interactions limitées entre nos deux sociétés pendant ce laps de temps, aucune négociation n'a véritablement eu lieu pour finaliser l'accord. Nous comprenons que vous ayez tenté d'évaluer d'autres solutions, mais n'avons eu aucune indication que des représentants de Yahoo! aient été autorisés pour négocier avec Microsoft. Ceci bien que notre proposition soit la seule option qui valorise à leur pleine et juste valeur les actions de vos actionnaires, en donnant à chacun une voix sur l'avenir de l'entreprise et en offrant une alternative de choix aux créateurs de contenu, aux annonceurs et aux utilisateurs.

Or pendant ces deux mois d'inactivité, Internet a poursuivi sa course, les marchés et les conditions économiques globales se sont considérablement affaiblis, tant d'un point de vue général que pour certains
pure players de l'Internet en particulier. Dans un même temps, les indicateurs suggèrent que les parts de marché de Yahoo! ont décliné tant dans la recherche qu'en nombre de pages vues. En outre, vous avez adopté de nouveaux plans internes qui rendent toute prise de contrôle plus coûteuse.

En tout état de cause, la prime de 62% que nous vous avons offert en janvier revêt encore plus d'importance aujourd'hui. Nous pensons d'ailleurs que la majorité de vos actionnaires partagent cette opinion, y compris au vu des perspectives de développement que vous avez rendues publiques.

Compte tenu de ces évolutions, nous croyons donc que le moment est venu de mandater nos équipes respectives pour qu'elles s'assoient autour d'une table et négocient un accord définitif sur la fusion de nos entreprises, susceptible à la fois de donner davantage de valeur à nos actionnaires respectifs, et de créer une nouvelle entité plus efficace et plus compétitive pour fournir de meilleurs services à nos clients. Si aucun accord n'est conclu dans les trois semaines à venir, nous nous verrons contraints de dialoguer directement avec vos actionnaires, en lançant notamment une bataille de procuration pour élire un nouveau Conseil d'administration de Yahoo! Notre prime initiale de 62% souhaitait anticiper une transaction amicale avec vous. Mais si nous sommes forcés de nous adresser directement à vos actionnaires, cette situation aura des conséquences indésirables sur la valeur de votre entreprise, ce qui, de notre point de vue, impactera négativement les termes de notre proposition.

Il est regrettable que vous ayez choisi de ne pas commencer à négocier sérieusement avec nous, et que vous n'ayez pas dûment pris en considération une transaction extrêmement avantageuse tant pour vos actionnaires que pour vos employés. Nous pensons que vous ne pouvez pas vous permettre de manquer cette occasion.
C'est clair, non ? D'autant plus qu'à la fin du mois, les deux sociétés annonceront leurs résultats trimestriels, que les rumeurs annoncent "étonnamment" faibles pour Yahoo! (the word around the valley is they’ll be surprisingly weak)...

Donc, voilà. La pression est mise, les acteurs se positionnent, les dissidents sont sur les rangs, Yahoo! est prévenu !



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vendredi 4 avril 2008

Etude 2008 sur les réseaux sociaux

Publication de l'étude Networking Social Survey 2008 par l'Office of Communications du Royaume Uni, un rapport de 70 pages qui propose une analyse quali-quantitative des attitudes, des comportements et des usages dans les réseaux sociaux en 2007.

Le présent billet n'a pas la prétention de décrypter le rapport dans le détail, mais espère juste vous donner l'envie de consulter l'intégralité de l'étude.

C'est pourquoi je ne vous présenterai ici que quelques graphiques sur les statistiques de fréquentation des réseaux, la partie quantitative donc, en vous renvoyant à la lecture du rapport (uniquement en anglais) pour l'analyse des comportements et usages - la partie qualitative.

De 2000 à 2008, l'évolution des réseaux sociaux est ainsi présentée :


Avec la répartition qui suit par tranches d'âge :


où plus de 51% des utilisateurs ont moins de 35 ans, et presque 1/4 de quinquas en août 2007. Selon l'étude, le réseau Sagazone, qui vise les + de 50 ans, comptait plus de 30 000 profils enregistrés en janvier 2008.

Quant aux parents ayant des enfants entre 8 et 17 ans qui fréquentent les réseaux sociaux, presque tous sont conscients de la nature de ces réseaux.


Parmi les adultes inscrits, 62% utilisent Facebook avec un profil enregistré, 46% MySpace et 32% Bebo, pour les principaux.


Et ce sont à peu près les mêmes fréquentés par les enfants, bien qu'il y ait un peu plus de diversité chez les adolescents (MSN, Piczo, autres...).


L'audience est ainsi répartie :


avec aux deux extrémités de très faibles audiences : entre 2 (!) et 11 ans d'une part, et + de 65 ans de l'autre.

La fréquence d'utilisation est plutôt soutenue :


puisque 87% des utilisateurs disent ouvrir leur profil au moins une fois par semaine, et 50% pratiquement chaque jour !

La répartition par pays est également intéressante :


les plus assidus étant, par ordre d'importance, le Canada, le Royaume Uni, les États-Unis, le Japon, l'Italie, la France et l'Allemagne.

Quant aux principales fonctionnalités utilisées sur les réseaux :


nous avons d'abord l'envie de papoter avec les "amis" (concept plutôt vague sur Internet) et la famille, la recherche de contacts, écouter de la musique, etc.

Je finirai ce passage en revue par les raisons pour lesquelles les enfants/adolescents sont sur les réseaux :


Pour plus de 9 sur 10 (92%), c'est pour être en contact avec les amis et la famille, et consulter les profils/pages des autres ; 79% déclarent qu'ils souhaitent communiquer / prendre contact avec des gens qu'ils voient plus rarement, et 59% qu'ils veulent se faire de nouveaux amis.

L'étude prévient toutefois que les figures 19 et 20 ne sont pas directement comparables. La suite détaille très bien les autres fonctions sociales et les usages qui sont faits des réseaux, avec deux pages de glossaire pour terminer.

Bonne lecture. :-)


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P.S. L'Asie n'est pas suffisamment prise en compte dans l'étude, m'indique Pierrick en commentaire, en me signalant une présentation que je soumets volontiers à votre attention :



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mercredi 2 avril 2008

Que sont les blogs aujourd'hui ?

Que sont les blogs aujourd'hui ?

Réflexion suscitée par la lecture d'un billet de Narvic, dans lequel il rapporte ses commentaires au billet de Laurent Gloaguen, qui pointe lui-même vers un billet de Francis Pisani, etc.

La question que j'en retiens : qu'est-ce qu'un blog aujourd'hui ?

Pisani tente une analyse de ce que peut rapporter un blog - rien, sauf dans certains cas, jugés atypiques :
... je pense que, même s’ils utilisent la technologie de publication du blog, nous ne saurions appeler “blogs” des publications comme le Huffington Post, TechCrunch ou GigaOm. Il s’agit d’entreprises de presse qui publient exclusivement online (pour le moment en tous cas) et dont l’écriture est plus agréable à lire, plus “opinionated”, que le ton compassé, froid, hypocrite et ultra prudent de la plupart des publications traditionnelles.
C'est d'ailleurs la citation reprise par Laurent, qui a provoqué une série de commentaires très intéressants, dont ceux d'Hubert Guillaud, de Narvic (ici et ), de GreG ou de Damien B.

Mais si vous lisez déjà ces trois billets et tous les commentaires, y a de quoi réfléchir !

Pour me limiter uniquement au binôme blog/blogueur, mon point de vue est proche de celui d'Hubert Guillaud :
Jusqu'à présent on avait tendance à s'en tenir à une définition technique pour dire ce qu'était ou n'était pas un blog. Mais est-ce que cela peut être pertinent encore à un moment où tous les sites deviennent des blogs (généralisation du commentaire et du fil RSS, voir même de la navigation ante-chronologique) ?
Ceci dit, essayons de répondre à la question posée plus haut.

Pour moi, qu'est-ce qu'un blog aujourd'hui ?

Un blog, c'est d'abord ce que chacun/e en fait. Entre Chauffeur de Buzz et Huffington Post, pour citer un exemple, il y a différence de stratégie, différence de personnalité, différence de moyens, etc.

Entre Eolas et Media & Tech, il y a différence de compétences, d'intérêts, etc.

Entre Tristan Nitot et les blogs Microsoft, il y a différence de culture !

Entre Adscriptor et Search Engine Land il y a ... un océan de différence, et ainsi de suite !

Derrière un blog il y a une personnalité (qui n'est pas incluse dans la plateforme), qui va donner un ton unique, une empreinte originale, différents de ceux du voisin. Tout au moins c'est à espérer...

Donc, première chose, il n'y a pas "un blog" mais "des blogs". Et même si l'aspect technique est une composante fondamentale de notre présence sur Internet, cela n'est guère utile pour répondre à la question : « que sont les blogs aujourd'hui ? »

Des conversations ?

Ce qui est sûr, par contre, c'est que le phénomène est profond, diffus, et d'une manière générale qu'on assiste à une professionnalisation du blogging, qui va de pair avec la professionnalisation du contenu sur Internet. Moi-même, dans Adscriptor, c'est quoi ?, j'insiste un minimum sur la sphère professionnelle.

Et cela bien que la sphère personnelle semble sortir gagnante dans mon analyse des motifs pour lesquels les gens bloguent (portant sur 70 internautes ayant fourni cinq raisons pour lesquelles je blogue), où les principales raisons invoquées étaient, à :
  • 57%, le partage au sens large (35 fois le verbe, 5 fois le substantif)
  • 38,6%, les rencontres occasionnées, virtuelles ou réelles (17 fois le verbe, 10 fois le substantif)
  • 30%, l'écriture (16 fois le verbe, 5 fois le substantif)
  • 27,1%, l'échange (15 fois le verbe, 4 fois le substantif)
  • 22,9%, le plaisir de bloguer (16 fois le substantif)
En effet, en donnant une valeur arbitraire de 100% à ces cinq raisons, la répartition était la suivante :
  1. partage, 32,5%
  2. rencontres, 22%
  3. écriture, 17%
  4. échange, 15,5%
  5. plaisir, 13%


Or l'un des principaux reproches fait à cette analyse fut que l'argent semblait absent, alors qu'en réalité de plus en plus de blogueurs auraient bien aimé retirer quelques revenus de leurs blogs. Ce qui nous renvoie au billet de Francis Pisani...

Voir également ce billet, et l'étude ci-dessous, à laquelle j'ai répondu en son temps.


Pour autant, il y a encore un différentiel notable entre ce côté-ci de l'Atlantique et l'autre, où il serait pratiquement inconcevable qu'un blogueur du calibre de Fred Cavazza ne monétise pas son blog, selon la terminologie consacrée, alors qu'ici tout le monde trouve ça normal.

Personnellement, mon blog s'inscrit dans une stratégie de présence (y compris sur les moteurs) plus que d'influence, très très loin de la conception que s'en font encore certains journalistes, tel que celui qui m'a contacté il y a deux mois en attaquant ainsi : « Je suis journaliste et aimerais vous posez (sic!) quelques questions sur les volontaires d'Internet. »

Les volontaires d'Internet ! N'importe quoi ! Je ne sais pas si c'est le ton de ma réponse qui l'a fait fuir, mais il ne s'est plus manifesté. En tout cas il m'a bien fait rire, le gueux.

Toutefois un peu moins que ce cher Amaury de Rochegonde, pour qui des « millions de sites ou de blogs » « font de l’audience en propageant rumeurs et commérages », en faisant « une concurrence un peu déloyale » aux médias traditionnels, ces « vieux habitués de la responsabilité éditoriale »...

Et de se réjouir du jugement dans l'affaire Olivier Martinez, « une très mauvaise nouvelle pour les internautes amateurs de potins » !

Ça m'a tellement énervé que je lui ai envoyé un mail que je vous livre in extenso :
Votre article est un tissu d'âneries qui fait de la superficialité vertu.
Par contre, si je comprends bien, vous êtes "journaliste". C'est bizarre, je croyais que les journalistes fouillaient un peu leurs arguments avant d'en parler. Or en lisant ce "papier", on a plutôt l'impression qu'il ne fait que colporter les potins et ragots qu'il semble vouloir dénoncer.
Il ne m'a pas répondu. Mais bon, il est pas trop tard...

En conclusion, ce qui me désole le plus de voir tant d'incompétence bornée, c'est que souvent elle émane de ceux-là mêmes qui devraient expliquer ce qu'est le Web 2.0 (ce cher Amaury est tout de même responsable du service médias du magazine hebdomadaire Stratégies et s'exprime ici sur France Info...), sa complexité, sa richesse, ses subtilités, ses enjeux, etc.

Des enjeux qui sont gigantesques, soit dit en passant. Or avec des arguments pareils, c'est pas demain la veille qu'on va aider les gens à appréhender correctement la situation...

Alors voilà, que sont les blogs aujourd'hui ? La même chose qu'hier et que demain, mais d'abord ce que chacun/e en fera. Et pour vous, c'est quoi les blogs ?


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P.S. Vous pouvez répondre en commentaire, bien sûr, mais un billet complet sur l'argument vous permettrait sûrement de développer une réflexion plus aboutie, si je puis me permettre :-)

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mardi 1 avril 2008

Partenariat Facebook - Primoscrib !!!

Partenariat Facebook - Primoscrib !!!

[MàJ - 2 avril 2008] Poisson d'avril oblige, mis à part le contrat, tout le reste est vrai... ;-)

Exclusivité ! Facebook et Primoscrib viennent de signer un partenariat de collaboration pour la localisation de Facebook !!!

Vous avez sûrement vu il y a quelques jours que Facebook avait ouvert au public son application de traduction, qui doit permettre aux internautes de localiser le site dans 22 langues !


Si vous nourrissez encore quelques doutes, consultez cette page qui donne le mode d'emploi de la localisation de la plateforme.

En parallèle, je vous annonçais il y a plus d'un mois que le compte à rebours avait commencé pour le lancement de Translation 2.0 Open Project - TOP² pour les intimes -, dont l'un des fleurons est un moteur de recherche terminologique multilingue qui scrute le Web afin de trouver des définitions et des exemples de traduction en rapport avec les termes à traduire dans différentes langues. Vous trouverez la FAQ ici.

Nous avions donc développé plusieurs widgets, y compris un pour Facebook :


Or après l'avoir testé, l'un des responsables pour la localisation du site nous a contactés pour nous féliciter sur la qualité du moteur et nous demander si nous serions d'accord pour associer notre application à la leur.

Une chance inespérée pour un projet en phase de lancement ! Et bien voilà, depuis hier, c'est fait, l'accord est signé ! Ne vous attendez pas à un montant faramineux, pour la simple raison qu'il ne s'agit point d'un partenariat financier, mais d'un accord de visibilité, puisque l'application Translation 2.0 sera installée en bundle avec l'application Translation de Facebook !

Le choix de faire appel à des professionnels de la traduction est également une réponse claire adressée à qui pense que la localisation "communautaire" pourrait signer l'arrêt de mort de Facebook.

À croire qu'ils lisent Adscriptor ! Quant à celles et ceux qui préfèrent Netvibes ou Google, nous y avons également pensé&:



Cerise sur le gâteau, nous profitons de l'aubaine pour lancer le concours Win-Win, dont l'enjeu est de créer un twin Win-Win, un moteur jumeau qui rassemblera 5 000 URL que vous nous soumettrez.

Donc si vous connaissez un site Web riche en terminologie multilingue pas encore présent dans notre moteur (qui indexe déjà près de 5 000 ressources), vous pouvez nous soumettre son URL et gagner 1 $ par URL ajoutée et validée : consultez le règlement, c'est du gagnants - gagnants !

vous gagnez 5 000 $, nous gagnons 5 000 URL.

Et non, ce n'est pas un poisson d'avril !!!





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P.S. Si vous souhaitez en savoir plus sur le projet TOP², le premier billet publié sur le blog du projet est déjà en ligne (en anglais aussi). Un forum sera ouvert dès ce soir...



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vendredi 28 mars 2008

Olivier Martinez et la vieille Dame



Voir également sur l'Observatoire des médias pourquoi je trouve ce jugement critiquable...

Préambule
Le droit de la presse
Agrégateurs et blogueurs, même combat !
Conclusion : je n'aime pas Olivier Martinez

* * *

Préambule

La Justice est une vieille Dame. Séculaire. D'aucuns diront avec justesse qu'ancienneté ne signifie pas forcément obsolescence. Certes. Pour autant il est des situations, nombreuses, où l'ancienneté peut altérer la capacité de jugement, c'est le cas de dire. Et le jugement rendu dans l'affaire Olivier Martinez contre Fuzz et les autres défendeurs impliqués en est l'exemple typique.

Un jugement essentiellement motivé par l'absence de législation ad hoc que devrait pourtant garantir un droit "moderne" à ses citoyens.

Nul n'est censé ignorer la loi, paraît-il ! Prenons-en acte. Mais a contrario on ne voit pas pourquoi la loi devrait ignorer impunément les avancées technologiques qui accompagnent quasi-quotidiennement le progrès de nos sociétés en pleine évolution, perpétuelle et rapide. Et s'adapter en conséquence.

Ce serait, me semble-t-il, le corollaire obligé de l'édiction faite au citoyen lambda... qui n'a pas la plupart du temps les moyens de se payer les services d'un avocat pour suppléer aux carences du législateur, alors même qu'il serait légitimement en droit d'attendre de ce dernier qu'il fasse correctement son travail.

Or au lieu de cela, le législateur préfère transférer la responsabilité - et la charge de payer qui va avec - de ses lacunes au citoyen. C'est quand même un peu trop facile...

Inutile de vous dire que je ne suis absolument pas d'accord - mais alors PAS DU TOUT - avec ce que j'ai lu ici, , et là encore, de cette triste affaire.


En fait, j'ai repris la Une de Narvic d'hier car elle cristallisait fort bien tout ce à quoi je suis opposé, et qui ne prouve selon moi qu'une chose : qu'il est d'autant plus urgent que le pouvoir législatif légifère sur une matière particulièrement mouvante - INTERNET - que plus le législateur attend et plus les choses vont s'embrouiller.

Ce que je vais tenter de démontrer.

Avant de commencer, permettez-moi toutefois de préciser que je n'ai rien contre Narvic, nous avons souvent échangé nos avis et j'ai souvent pris le sien comme référence. Mais, dans cette affaire, il se trouve que ses opinions sont emblématiques d'un certain courant de pensée que je souhaite combattre, d'où il s'ensuit qu'en répondant à ses articles je réponds par la même occasion à celles et ceux qui avancent ou avanceront des arguments identiques ou proches des siens.

Ce préambule étant posé, entrons dans le vif du sujet. [Début]

* * *

Le droit de la presse

Maître Eolas, qui vient de consacrer coup sur coup un billet sur la responsabilité des blogueurs et un autre où il propose quelques moyens de défense, nous dit de la liberté d'expression qu'en l'espèce :
... la loi qui s'applique est notre loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, avec les adaptations apportées par la LCEN aux spécificités du support informatique.
Un droit de la presse qu'un journaliste tel qu'Emmanuel Parody trouve « moins ringard et stupide qu’on pourrait le penser », bien qu'il ait « évolué dans un sens discutable (je pense à la diffamation et justement en ce qui concerne le droit à la vie privé, passons…) ».

Un droit vieux de plus de deux siècles est donc censé s'appliquer au tourbillon Internet, ce que Narvic justifie ainsi dans son premier commentaire à mon billet Flux RSS : la jurisprudence en marche... :
Avant de monter de toutes pièces un nouveau régime juridique, qui devra attendre des années avant de se stabiliser à force de nouveaux procès et de jurisprudence, on peut regarder si une adaptation du régime qui existe déjà n'est pas suffisante, et peut se faire à moindre frais pour tout le monde.
Les condamnés apprécieront...

Pour autant, adapter le droit de la presse à Internet, ou mieux, adapter Internet au droit de la presse, signifie de facto vouloir faire entrer le Web dans un cadre juridique bicentenaire, voire le faire s'encastrer de force là où ça craque de partout. Car en réalité c'est bien de cela dont il s'agit : requalifier des faits extrêmements modernes en leur restituant leur "qualification exacte" attribuable à des catégories juridiques complètement dépassées.

Je vous rapporte la définition de ce qu'est, selon Gérard Cornu dans son Vocabulaire juridique, la "qualification" en droit :
Opération intellectuelle d'analyse juridique, outil essentiel de la pensée juridique, consistant à prendre en considération l'élément qu'il s'agit de qualifier (fait brut, acte, règle, etc.) et à le faire entrer dans une catégorie juridique préexistante (d'où résulte, par rattachement, le régime juridique qui lui est applicable) en reconnaissant en lui les caractéristiques essentielles de la catégorie de rattachement.
C'est moi qui graisse : « à le faire entrer dans une catégorie juridique préexistante », quitte à le faire entrer de force !

C'est ainsi qu'on va qualifier un agrégateur ou un blogueur d'éditeur, en forçant allègrement la requalification au seul motif que l’information est organisée en opérant un tri et une hiérarchisation des liens par catégories, ou encore en considérant que « la décision d’agencer les différentes sources permettant à l’internaute d’avoir un panorama général grâce aux différents flux choisis sur un thème bien précis » est bien un choix éditorial.

Le tribunal considérant alors que la décision de s’abonner à des « flux et de les agencer selon une disposition précise et préétablie pour les mettre à disposition des internautes » conférait au webmaster du site la qualité d’éditeur, qui devait donc, de ce fait, « assumer pleinement la responsabilité des informations qui figurent sur son site ».

Un raisonnement pour lequel Pierre Chappaz propose le parallèle suivant :
C'est un peu comme s'ils attaquaient les kiosques à journaux sous prétexte qu'un écrit leur déplaît dans l'un des titres en rayonnage.
Poussons même plus loin l'analogie : imaginons qu'une info jugée diffamatoire ait été reprise en couverture d'un magazine people vendu en kiosque. Est-ce qu'il viendrait à quiconque l'idée d'attaquer tous les kiosquiers au motif qu'ils auraient aidé à diffuser l'actu ?

Et est-ce qu'il viendrait aux juges l'idée de donner raison au plaignant en condamnant tous les kiosquiers au motif qu'en décidant d'agencer sur leurs présentoirs lesdits magazines « selon une disposition précise et préétablie pour les mettre à disposition des » passants, ils seraient qualifiables d'éditeurs ?

Et par là même que ce choix de présentation de l'info par les kiosquiers serait un choix éditorial ? D'où il s'ensuivrait que les kiosquiers devraient donc, de ce fait, « assumer pleinement la responsabilité des informations qui figurent sur » leur présentoir ?

Absurde, n'est-ce pas ? Et bien pourtant, c'est très exactement ce que les juges viennent de décider, tant dans l'affaire Olivier Martinez contre Fuzz que dans celle d'Olivier Dahan contre lespipoles.com. [Début]

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Agrégateurs et blogueurs, même combat !

L'agrégateur agence des flux. OK. Idem pour le blogueur lorsqu'il décide d'agrémenter son blog de flux dans le seul but de fournir une information plus riche et complète à ses lecteurs.

Concrètement, les flux sont mis à jour et défilent automatiquement sans aucune possibilité pour l'agrégateur ou le blogueur d'intervenir dessus. Sauf à les supprimer, on est bien d'accord.

Donc imaginons que j'ai un blog people et que les flux qu'il affiche soient alimentés en continu et en automatique par un site qui va balancer, au milieu de centaines d'autres infos, une actu jugée diffamatoire.

Ce flux va s'afficher à un moment donné sur mon blog, et je ne le saurai ni ne le verrai car je n'ai pas l'œil rivé sur mes widgets de flux 24h/24. Par contre l'huissier qui va faire une recherche googlesque pour collecter son matériel à charge va tomber dessus et faire une belle capture d'écran.

Me voici donc juridiquement responsable de diffamation. Sans le savoir. Sans en être à l'origine. Non. Juste juridiquement responsable en tant qu'éditeur de l'info. Par quelle argutie ? Allez savoir ! Une info que je n'ai même pas vu passer, et qui ne sera affichée probablement que le temps de la capture d'écran par l'huissier, avant d'être chassée de mon blog par les mille autres infos qui poussent au portillon...

Voici pourquoi j'estime qu'est menacée la liberté d'expression formidable qu'autorise le Web 2.0.

Et que nul ne me fasse dire ce que je ne dis pas !

Car je ne dis ni ne pense que la liberté d'expression doit consister à dire n'importe quoi, mais simplement qu'il est impensable que je sois qualifié d'éditeur pour un contenu qui échappe totalement à mon contrôle.

De plus j'aimerais qu'on me dise quelle est véritablement la qualification légale de l'éditeur !? La seule définition que j'ai trouvée est énoncée à l'article 48 de la Loi n° 57-298 du 11 mars 1957 sur la propriété littéraire et artistique :
Le contrat d'édition est le contrat par lequel l'auteur d'une œuvre de l'esprit ou ses ayants droit cèdent à des conditions déterminées à une personne appelée éditeur le droit de fabriquer ou de faire fabriquer en nombre des exemplaires de l'œuvre, à charge pour elle d'en assurer la publication et la diffusion.
Idem pour l’article L 132-1 du Code de la propriété intellectuelle, qui reprend cette définition mot pour mot.

Or, sauf erreur de ma part, j'ai cherché la définition juridique de ce qu'est un éditeur dans la Loi n°1881-07-29 du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse et je ne l'ai pas trouvée. Je l'ai également cherchée dans la Loi n°2004-575 du 21 juin 2004 pour la confiance dans l'économie numérique, et je ne l'ai pas trouvée non plus. Voici d'autres détails.

Qu'on me dise donc où chercher ! Et qu'on me dise par la même occasion en quoi un simple flux est-il différent des « analyses et courtes citations justifiées par le caractère critique, polémique, pédagogique, scientifique ou d'information de l'œuvre à laquelle elles sont incorporées » qu'autorise explicitement, entre autres, l’article L 122-5-3° du Code de la Propriété Intellectuelle ? [Début]

* * *

Conclusion : je n'aime pas Olivier Martinez

Ce n'est ni une diffamation ni une injure, juste un état de fait. Motivé « parce qu’il est procédurier, qu’il n’attaque pas les bonnes cibles » et qu'il met en grande difficulté des gens tels que Laurent ou Stéphane Larue, dont le seul tort aura été de laisser s'afficher à leur insu le mauvais flux au mauvais moment sur leur site.

C'est d'ailleurs à eux qu'un blogueur tel que Vinvin devrait aller expliquer pourquoi il aime tant Olivier Martinez...

Et si je suis d'accord pour dire qu'il est inutile, puéril ou contre-productif et tout ce que vous voulez de s'attaquer à la personne d'Olivier Martinez, je ne pense pas non plus qu'il faille s'acharner sur les blogueurs qui l'ont fait en les traitant de débiles ou de crétins. La réponse est maladroite, certes, mais elle est à la hauteur du défi. Proportionnée, de ce point de vue.

Eric Dupin, à qui on a posé la question « On a vu sur les blogs un nombre affolant de billets appelés J'aime pas Olivier Martinez (...) mais ce genre de mouvement est-il vraiment bon ? », revient par deux fois sur le sujet dans le chat sur 20Minutes :
Je ne peux pas répondre à la place des centaines de blogueurs qui ont lancé des initiatives personnelles contre le plaignant. Je n'approuve pas forcément mais je ne peux que saluer un mouvement qui dépasse largement le cadre de l'affaire qui me concerne. Les internautes, blogueurs et tous les petits éditeurs web se sentent légitimement et indirectement visés par cette assignation et la force de l'attaque. C'est normal qu'ils réagissent de cette façon même si cela peut paraître parfois un peu excessif. Je ne leur jetterai pas la pierre quoiqu'il en soit.
(...)
C'est la réponse du berger à la bergère, le gars attaque le web, le web lui répond à sa manière en lui montrant que ce genre de comportement peut davantage nuire à son image que la protéger.
C'est très exactement le fond de ma pensée, et la conclusion de ce billet. [Début]


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P.S. Je suis sûr que les bons sentiments des âmes nobles et autres redresseurs de tort jugeant ces condamnations justifiées - soi-disant parce que les agrégateurs/blogueurs sont responsables des flux qui s'affichent sur leur site - fondraient comme neige au soleil si la même chose leur arrivait...

Quant « à civiliser l’univers pour l’instant sauvage du Net », soyons persuadés que les "civilisateurs" ne manqueront pas !

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