En juin 2007, j'adaptais un tube de YouTube, dont différentes versions ont été vues des millions de fois dans plusieurs langues, Did You Know? Shift happens, avec l'autorisation de son auteur, Karl Fisch, qui m'encourageait à « utiliser/modifier/ traduire la présentation à mon gré, tout ce que je jugeais bon pour continuer à alimenter la conversation » :
You're welcome to use/modify/translate the presentation however you'd like - anything to help get those conversations started.
La présentation originale date un peu, or je viens de découvrir une version Did You Know 3.0, présentée en 2008 à ... Rome !
On peut y lire, entre autres :
MySpace a plus de 200 millions d'utilisateurs enregistrés. Si MySpace était un pays, ce serait le 5e pays le plus peuplé du monde (entre l'Indonésie et le Brésil).
Lors de mon adaptation, cette statistique était la suivante :
Il y avait plus de 106 millions d'utilisateurs enregistrés sur MySpace en septembre 2006. Si MySpace était un pays, ce serait le 11e pays le plus peuplé du monde (entre le Japon et Mexico).
MySpace a donc gagné pratiquement 95 millions d'utilisateurs supplémentaires en un peu plus de deux ans.
Or Facebook a réalisé un gain équivalent en très exactement un an, moitié moins ! De 55 millions en janvier 2008 (une époque où Facebook semblait stagner...) à 150 millions il y a ... 5 jours, puisque Zuckerberg vient d'annoncer sur son blog que le cap a été franchi :
If Facebook were a country, it would be the eighth most populated in the world, just ahead of Japan, Russia and Nigeria.
Si Facebook était un pays, ce serait le 8e pays le plus peuplé du monde (devant le Japon, la Russie et le Nigeria).
P.S. Par la suite, nous avions convenu avec Karl Fisch que j'aurais développé une page Wiki sur les versions localisées, je n'ai jamais pris le temps de le faire. Mais si vous connaissez des traductions/adaptations dans d'autres langues, merci de me les signaler en commentaire, ça me donnerait probablement la juste impulsion pour réaliser cette page !
Le présent billet n'a pas la prétention de décrypter le rapport dans le détail, mais espère juste vous donner l'envie de consulter l'intégralité de l'étude.
C'est pourquoi je ne vous présenterai ici que quelques graphiques sur les statistiques de fréquentation des réseaux, la partie quantitative donc, en vous renvoyant à la lecture du rapport (uniquement en anglais) pour l'analyse des comportements et usages - la partie qualitative.
De 2000 à 2008, l'évolution des réseaux sociaux est ainsi présentée :
Avec la répartition qui suit par tranches d'âge :
où plus de 51% des utilisateurs ont moins de 35 ans, et presque 1/4 de quinquas en août 2007. Selon l'étude, le réseau Sagazone, qui vise les + de 50 ans, comptait plus de 30 000 profils enregistrés en janvier 2008.
Quant aux parents ayant des enfants entre 8 et 17 ans qui fréquentent les réseaux sociaux, presque tous sont conscients de la nature de ces réseaux.
Parmi les adultes inscrits, 62% utilisent Facebook avec un profil enregistré, 46% MySpace et 32% Bebo, pour les principaux.
Et ce sont à peu près les mêmes fréquentés par les enfants, bien qu'il y ait un peu plus de diversité chez les adolescents (MSN, Piczo, autres...).
L'audience est ainsi répartie :
avec aux deux extrémités de très faibles audiences : entre 2 (!) et 11 ans d'une part, et + de 65 ans de l'autre.
La fréquence d'utilisation est plutôt soutenue :
puisque 87% des utilisateurs disent ouvrir leur profil au moins une fois par semaine, et 50% pratiquement chaque jour !
La répartition par pays est également intéressante :
les plus assidus étant, par ordre d'importance, le Canada, le Royaume Uni, les États-Unis, le Japon, l'Italie, la France et l'Allemagne.
Quant aux principales fonctionnalités utilisées sur les réseaux :
nous avons d'abord l'envie de papoter avec les "amis" (concept plutôt vague sur Internet) et la famille, la recherche de contacts, écouter de la musique, etc.
Je finirai ce passage en revue par les raisons pour lesquelles les enfants/adolescents sont sur les réseaux :
Pour plus de 9 sur 10 (92%), c'est pour être en contact avec les amis et la famille, et consulter les profils/pages des autres ; 79% déclarent qu'ils souhaitent communiquer / prendre contact avec des gens qu'ils voient plus rarement, et 59% qu'ils veulent se faire de nouveaux amis.
L'étude prévient toutefois que les figures 19 et 20 ne sont pas directement comparables. La suite détaille très bien les autres fonctions sociales et les usages qui sont faits des réseaux, avec deux pages de glossaire pour terminer.
P.S. L'Asie n'est pas suffisamment prise en compte dans l'étude, m'indique Pierrick en commentaire, en me signalant une présentation que je soumets volontiers à votre attention :
Il y a 10 ans, le problème de l'internaute moyen, c'était de créer son site. Aujourd'hui on ne crée plus un site, tout le monde sait - devrait savoir - le faire, on crée son propre réseau social (115 000 sur Ning !).
Comme le suggère très intelligemment Brian Breslin dans sa conversation avec Alex de Carvalho, à présent les hyperliens ne sont plus des liens entre les sites mais des liens liaisons (hyperliaisons ?) entre les personnes, via les réseaux sociaux. Nous n'en sommes qu'au début mais je crois que ça fait partie de l'évolution naturelle des choses.
Rien d'original dans la terminologie, me direz-vous, pourtant ce qui change c'est la façon dont peuvent - et pourront - être mises en œuvre ces affinités.
Passer d'un réseau à l'autre en toute transparence, sans logiques propriétaires ni conditions abusives telles que celles qui caractérisent Facebook et Microsoft.
P.S. Ne reste plus qu'à inventer, collectivement, et à s'inventer, individuellement, les réseaux sociaux de demain, dont nous ne savons pas encore, à mon avis, ce qu'ils seront. Ce que nous en ferons, certes, mais quoi ?...
Je vous le disais avant-hier, il va falloir s'attendre à toute une série d'annonces et de rumeurs à l'occasion du sommet sur le Web 2.0, qui démarre aujourd'hui à San Francisco (je suis sûr que Francis Pisani, voire Loïc Le Meur et Franck Poisson, qui ont la chance d'être sur place, nous en raconteront de belles). Dans le cadre du sommet et en marge du sommet...
Pour ma part, j'ai décidé de consacrer un billet spécial aux « annonces & rumeurs » qui ne vont pas manquer de circuler, que j'approvisionnerai au fur et à mesure que je moissonnerai des infos ici et là. [Début]
* * *
Ça commence hier avec l'annonce des résultats trimestriels de Yamoooooooooo!, pardon, Yahoo!, qui résume la stratégie de la société en trois points :
1) Devenir le point d'entrée à la navigation de beaucoup d'internautes (become starting point for most consumers) 2) Devenir un lieu de passage obligé des pubs pour les annonceurs (become must-buy for adverts) 3) Développer des plateformes sophistiquées à l'intention des développeurs (develop leading platforms for developers)
Cf. Jerry Yang dans le détail. Le point clé étant, à mon avis, le troisième, qui doit permettre à des développeurs tiers de construire des applis / widgets qui s'afficheront sur le réseau Yahoo, mais pas seulement, qui puiseront leurs données dans les inventaires Yahoo, etc. Pour approfondir...
Our goal is to create a motivated community of developers all building uniquely compelling applications that reach hundreds of millions of Yahoo users by plugging into the most popular properties or services.
Notre but est d'instaurer une communauté de développeurs motivés pour qu'ils créent uniquement des applis captivantes, qui viendront se greffer sur nos services et produits les plus populaires pour toucher des centaines de millions d'utilisateurs de Yahoo.
Maintenant, de MySpace à Facebook, il n'y a qu'un pas, et du discours de Mark Zuckerberg, prévu cet après-midi, Kara Swisher nous prévient qu'il ne faudra pas s'attendre à de gros effets d'annonces, contrairement aux prévisions, puisque les négociations ne devraient pas aboutir dans les heures qui viennent : pour l'instant, entre finaliser un partenariat international avec un des acteurs de GYM et lever un très gros investissement qui valoriserait Facebook autour de 15 milliards $, il est probable que la stratégie de la société consiste à faire monter les enchères entre Microsoft et Google pour son plus grand profit.
Profil bas pour Zuckerberg, très classe en espadrilles, qui maîtrise déjà à la perfection l'art de parler pour ne rien dire ! La prévision de Kara est donc confirmée. Il semble cependant que l'option retenue soit le binôme financement, presque conclu (levée de fonds + partenariat avec ... sur la pub), et introduction en bourse plus tard, en délaissant l'option rachat (pour l'instant ?). O'Reilly nous en dit plus par ailleurs, en s'avouant impressionné par la clairvoyance du gars, qui semble raisonner sur le long terme (il faudra au moins une dizaine d'années pour mener à bien ce que nous nous sommes fixés) et beaucoup sur l'aspect technique (organiser la traçabilité est une question délicate si l'on veut qu'elle soit pertinente) :
It seems to me that Facebook really is thinking much more broadly about the future of the net, and seeing their platform as a kind of exploration of its potential. Onstage, Mark remarks that what they're doing might take tens of years before it's finished. He also explicitly says that he doesn't see Facebook as a media company.
By contrast, he points out that Facebook is a deeply technical company. Computing the news feed to find the most relevant news from a social network is a really hard problem. He revels in that idea.
I'm really impressed.
C'est tout pour le moment, mais j'imagine qu'il y aura de nombreuses mises à jour. Restez branchés... [Début]
Internet, c'est la loi des grands nombres, le pays des merveilles du statisticien, l'Himalaya des sondages, ça grimpe et ça descend, un pic à droite, une chute à gauche, aïe, le sondé s'est fait mal, heureusement qu'il avait son assurance, des chiffres et des courbes, vous prenez les mêmes et vous leur faites dire noir ou blanc, parfois gris, c'est selon, toujours la vieille histoire du verre à moitié vide ou à moitié plein...
Exemple récent : suite au billet de Hitwise, annonçant que MySpace devient le n° 1 mondial des sites Internet (MySpace Moves Into #1 Position for all Internet Sites), Yahoo rétorque informellement et immédiatement qu'il n'est pas question de mélanger les torchons et les serviettes (ce dont Hitwise se défend), que tout cela est faux, MySpace ne réalisant QUE 52 millions de visiteurs uniques par mois, alors que Yahoo! en engrange 129 millions tous sites propriétaires confondus. C'est le monde à l'envers, un peu comme si Eric Schmidt vous disait qu'il est numéro 1 de Yahoo! Et d'ailleurs il le dit, puisque son adresse de courriel n'est autre que EricSchmidt1@yahoo.com, ce qu'on appelle avoir le sens de l'humour...
Bon, après tout, que représente vraiment une différence de 77 millions de visiteurs ? Adscriptor les fait en un jour (j'en profite pour tous vous remercier chaleureusement), probablement Loïc Le Meur en une heure, et Google à la seconde, on va pas se chamailler pour si peu :-)
Ce qu'on appelle l'effet Zidane, ou les inédits de Zinedine : après la Google Dance, voilà la danse du coup d'boule (l'original), et ne vous inquiétez ni pour Materazzi ni pour les maux de tête, Google pense même à l'aspirine :-) S'il est vrai que Page & Brin cherchent toujours à recruter les meilleurs, là ils tiennent une recrue de choix ! Libre, qui plus est...
* * *
Pour en revenir à nos moutons, puisqu'il s'agit de compter, les chiffres ont leur importance, dès lors qu'ils finissent toujours par se traduire en espèces sonnantes et trébuchantes. Or que nous disent-ils, ces chiffres ?
Selon Euromonitor International, le nombre d'internautes, estimé à 1,2 milliard dans le monde en 2005, devrait toucher près de 2,2 milliards en 2010(prévisions supérieures à celles de Yahoo), soit une croissance annuelle d'environ 13%. Par ailleurs, notamment du fait de la montée en puissance du haut débit, ces mêmes internautes passent de plus en plus de temps en ligne, un temps dont la durée a presque doublé entre 2000 et 2005 aux États-Unis (U.S. Census Bureau). (...) Selon Zooknic, l'Internet comptait à peu près 94 millions de domaines enregistrés dans le monde au 31 décembre 2005, un chiffre qui, en 2010, devrait atteindre 240 millions de noms de domaine (taux de croissance annuelle de 21%). Or aux États-Unis, selon IDC (qui est tout de même l’un des pays les plus informatisés, et sans aucun doute le continent le plus informatisé de la planète - NdT), sur 8,1 millions d'entreprises de moins de 100 salariés (hors secteur SOHO), moins de 60% d'entre elles ont un site Web, ce qui signifie que 3,3 millions de sociétés U.S. n'ont pas encore de site ! Quant aux TPE-microentreprises (secteur SOHO), IDC estime leur nombre à 14,7 millions en 2005, dont moins de 30% seulement ont un site Internet. (...) Et toujours selon IDC l'e-commerce, dont le volume économique est évalué à 3 800 milliards $ en 2005, devrait globalement générer 8 500 milliards de dollars en 2009, soit un taux annuel soutenu de 22%.
[MàJ - 16 juillet 2006] À propos des quelque 14 millions de petites et microentreprises nord-américaines n'ayant pas encore de présence Web (secteurs SOHO et hors SOHO), ne pas oublier que ça représente un marché considérable pour tous les ténors de la recherche et de la pub. C'est dans ce sens que doit être interprétée la décision récente de Verizon de créer une spin-off à partir de sa branche Pages Jaunes U.S. sur papier et Internet pour permettre l'accès gratuit à ses annuaires, en vue de les monétiser dans un deuxième temps, il va sans dire :
Source : ZDnet. Comme conclut l'article : les intérêts stratégiques de Google (déjà partenaire de Verizon pour mettre ses AdWords sur Superpages.com), amèneront-ils la firme de Mountain View à participer à l'affaire ? On peut penser que oui...