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jeudi 29 mai 2008

Netvibes : from Widget Business Model to Widget Economy

Netvibes : from Widget Business Model to Widget Economy

Des modèles économiques liés aux widgets à l'économie du widget...

Je dédie ce billet à ma mère, Jacqueline Le Ray, partie pour un monde meilleur il y a 33 ans aujourd'hui.

Il y a un an, je ne savais pratiquement rien des widgets. C'est Tariq Krim qui m'en a parlé pour la première fois. En me faisant comprendre entre les lignes que la rentabilisation de Netvibes était liée au binôme Univers + Widgets.

J'ai alors tenté de décrire les modèles économiques liés aux widgets et les interactions entre les trois pôles concernés :
  1. les développeurs ;
  2. les diffuseurs ;
  3. les utilisateurs.
À chaque pôle une "entité" pouvant recouvrir plusieurs acteurs : par exemple, le "développeur" peut être un individu, un réseau de distribution, une régie, etc. La présence du trait haché de la flèche reliant le "développeur" à l' "utilisateur" indique que le premier peut parfois toucher le second sans passer par le "diffuseur", même si dans ce modèle tripartite, c'est ce dernier qui se taille la part du lion. Quelques diffuseurs : MySpace, Facebook, eBay ou ... Netvibes, GYM, etc.

En effet, 99% des fois, seul le diffuseur garantit la visibilité et l'exposition suffisantes pour créer l'effet de taille nécessaire à la satisfaction de l'annonceur. Le diffuseur joue un rôle central en accueillant/affichant le widget sur sa plateforme. Or si vous imaginez le widget - à la fois contenant et contenu - comme une fonctionnalité créée par le développeur à destination de l'utilisateur, il est clair que plus la plateforme d'accueil est importante, plus le nombre d'utilisateurs touchés est élevé.

De même il est probable que ces éléments, plateformes et widgets, vont vite devenir deux des piliers sur lesquels se bâtira le futur écosystème de l'Internet, déjà en route. Avec des plateformes de plus en plus puissantes mais ouvertes, complètes mais faciles à prendre en main, sophistiquées mais gratuites, où l'utilisateur n'a plus qu'à créer/publier/diffuser son contenu (le fameux UGC) dans un environnement intégré, collaboratif.
Or comme le mentionne Pierre Chappaz un an plus tard, contrairement aux attentes, le marché du widget est encore immature. Tariq Krim, lui, s'attend à une forte montée en puissance courant deuxième semestre 2008 et à l'explosion en 2009 de la "widget economy", ou l'économie du widget et des nouvelles opportunités liées à ce marché, pour rendre enfin possible la monétisation du Web social...

Même s'il ne peut s'empêcher de s'interroger : How big is this market ? Comme beaucoup d'autres se posent la même question, du reste. Y compris Adscriptor !

C'est d'ailleurs vraisemblablement pour cela que Tariq quitte aujourd'hui le navire : tiraillé entre la nécessité des investisseurs de valoriser leur mise et son désir de voir un Netvibes volant de ses propres ailes, il doit préférer que la vente probable de Netvibes se fasse via un autre intermédiaire que lui, Freddy Mini en l'occurrence. Ce raisonnement est pure prospection de ma part, c'est clair.

Pour autant, la réalité des widgets a fortement progressé depuis un an et commence à donner des résultats concrets. Ainsi que des « revenus encore modestes, mais en croissance », nous dit Pierre. Qui reconnaît à Tariq d'avoir été « un véritable visionnaire » en la matière.

En fait, sous l'impulsion de Tariq, Netvibes est passé de simple page d'accueil personnalisable à plateforme de widgets, qui en détient déjà plus de 100 000 "en portefeuille", pour la plupart monétisés aux États-Unis, ce qui fait résolument de la société l'un des seuls acteurs européens sur le marché des widgets :
Netvibes is definitely one of the only companies that operate in the widget market in Europe.
Dans ce billet très intéressant, Tariq Krim nous explique sa vision de ce qui pourrait bien devenir, à terme, la widgétisation du Web :
Avant l'introduction de Ginger, le modèle économique de Netvibes était fondé sur la vente à nos partenaires d'univers et de pages en marque blanche contre le paiement de droits de licence mensuels. Aujourd'hui, Ginger intègre un réseau publicitaire widgétisé pour permettre à ses partenaires de distribuer des widgets sponsorisés. Le modèle typique de monétisation est le CPI, ou Coût par installation, couplé à un système d'enchères. Après juste quelques mois d'existence, le programme a démarré sur les chapeaux de roue.
Et Tariq nous donne le lien d'une présentation où il détaille mieux le fonctionnement du modèle.

J'en retiens quelques idées fortes : depuis le lancement de Netvibes, en septembre 2005, 58 millions de comptes créés dans le monde, plus de 110 000 widgets, de 20 000 contributeurs, de 1 000 développeurs pour la plateforme et de 1 000 partenaires.

Des chiffres apparemment impressionnants mais à relativiser, car si on les rapporte aux statistiques citées par Techcrunch, avec une courbe de fréquentation oscillant entre 1 et 2,5 millions de visiteurs uniques par mois, selon comScore, on voit bien que la plupart des comptes sont inactifs, à la différence de Facebook, par exemple.

La vision d'une architecture ouverte pour l'économie du widget afin de faciliter, propager, monétiser :
Our vision
An open architect of the widget economy
Enable, propagate, monetize
Faciliter la propagation et la monétisation des widgets, consiste entre autres à mettre à disposition des outils de widgétisation des flux RSS et d'édition/création de widgets, grâce à des modèles simplement personnalisables :


Et moi qui ai fait l'expérience avec un widget créé pour Primoscrib, y compris sur Netvibes, et bien je peux vous assurer que ce genre d'outil s'avère extrêmement précieux...

D'autres services de promotion sont censés favoriser la diffusion, la visibilité, le positionnement, etc. En un mot : la viralité.

Voilà. Dès demain, Netvibes s'apprête donc à ouvrir davantage ses API et sa plateforme pour lancer de nouveaux services, notamment des librairies et des serveurs open source, destinés à révolutionner l'univers des widgets. L'annonce officielle aura lieu lors de la Conférence des développeurs, intitulée Netvibes Meetup.

Il aurait mieux valu Netvibes Widgup ! Mais bon...

Ce qui est sûr, c'est que grâce au partenariat signé avec Sohu et Maxthon en vue des Jeux Olympiques de Pékin 2008 (du 8 au 24 août prochains), Netvibes va enfin bénéficier d'une visibilité et, je l'espère, d'une couverture maximales, ils n'auront plus qu'à forcer un peu sur le contenu et sortir le grand jeu en matière de communication. Un aspect qui leur a toujours fait défaut jusqu'à présent, AMHA.


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jeudi 17 janvier 2008

Partenariat Netvibes - Sohu - Maxthon

Partenariat Netvibes - Sohu - Maxthon

Je viens de découvir un communiqué de presse (traditionnel :-) qui date de deux jours, annonçant un partenariat entre :
  1. Netvibes, à peine récompensé et déjà candidat aux Crunchies...
  2. Sohu, le portail internet chinois déjà sponsor des Jeux Olympiques de Pékin 2008 (qui se dérouleront du 8 au 24 août prochains), et
  3. Maxthon, navigateur Web, déjà fortement présent en Chine (avec Google comme investisseur) !
Vous en aviez entendu parler, vous ?

Bravo Tariq Krim ! Voilà qui devrait propulser Netvibes, vu la vitrine unique que vont lui offrir les JO dans ... 204 jours !


L'objectif annoncé est de promouvoir la mondialisation des Universal Widgets de Netvibes (voir ici), une application qui permet la portabilité entre les widgets développés pour Netvibes et Google IG, Apple Dashboard, etc. : write once, run everywhere. L'écosystème Universal + Social Widgets se met en place...


Comme le souligne justement Karim dans le CP :
Les universal widgets de Netvibes sont universels dans tous les sens du terme, puisqu'ils sont à la fois compatibles avec les plus grandes plateformes du Web et accessibles aux développeurs et utilisateurs partout dans le monde.

Netvibes universal widgets are universal in every sense of the word, by being both compatible with the web’s largest widget platforms and accessible to developers and consumers all over the world.
Sincères félicitations. WidgUp Netvibes !



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samedi 8 décembre 2007

Netvibes et le contenu

Netvibes et le contenu

J'ai parlé à plusieurs reprises de Netvibes sur ce blog, notamment du lancement de Ginger, le remix de Netvibes autour des services sociaux, pour employer les mots de Tariq Krim.

Or j'apprends via Accessoweb que Tariq nous en dévoile davantage, quelques jours avant le lancement de la bêta privée à l'occasion de la conférence Le Web 3 (programme), dont la galerie de logos est un parfait exemple de créativité Web 2.0 ;-)


En clair, c'est un mélange de Netvibes et Facebook, qui va vous permettre d'agréger vos widgets préférés et de suivre les activités de vos amis et contacts à la trace. Même LinkedIn implémente les flux d’activités, c'est la tendance du moment.

Pourtant, malgré les services très intéressants qu'offre Netvibes, il me semble que la solution dans son ensemble ne décolle pas vraiment dans une optique "grand public". Et comme Tariq Krim est plutôt avare sur les chiffres, difficile de se faire une opinion. On aimerait bien au Web 3 une série de stats à jour sur la fréquentation de Netvibes, sur le taux d'adoption par pays, par businesses, etc.

À Berlin, Tariq annonçait 25 millions de pages uniques personnalisées dans 69 pays, dans son billet d'aujourd'hui ce seraient plus de 100 pays, plus de 100 000 widgets disponibles, la prise en charge des écritures de droite à gauche, mais on reste toujours sur notre faim pour avoir des stats à la Facebook, détaillées...

Donc je partage l'avis d'un netviber, pour qui le principal moteur qui manque à Netvibes, paradoxalement, c'est le CONTENU. Je n'ai pas moi-même ma page Netvibes, mais j'ai pas mal de visiteurs qui l'utilisent, et j'aimerais bien connaître leur avis sur les principales raisons qui les poussent à préférer Netvibes, mise à part la lecture de flux en tous genres.

Et je ne parle pas d'un contenu signé Netvibes, mais d'un contenu pertinent multisources, segmenté par langue, qui serait agrégé par des "experts" plutôt qu'en automatique.

La conclusion de Netviber est parfaite :
Netvibes is waiting for the GINGER release to become social but, I insists, it is Content, Human Content, that will make the difference!

Netvibes est dans l'attente de lancer Ginger pour mettre en avant ses fonctionnalités "sociales", mais j'insiste, c'est le Contenu, le contenu humain, qui fera la différence !
Tariq, si tu me lis, j'espère que tu pourras nous en dire plus dans ta présentation au Web 3...


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mardi 6 novembre 2007

Tariq Krim, Netvibes, annonce Ginger sur TechCrunch UK & Ireland

Tariq Krim, Netvibes, annonce Ginger (sur TechCrunch UK & Ireland)

De quoi s'agit-il ? D'une plateforme de widgets sociaux !

Écoutons Tariq à Berlin :
We decided to re-engineer Netvibes around social services. (...) When you see something on Netvibes and like it you can share it with friends on your public Netvibes timeline.

Nous avons décidé de remixer Netvibes autour des services sociaux. (...) Lorsque vous voyez quelque chose qui vous plaît sur notre plateforme, vous pouvez le partager avec vos amis sur votre espace public Netvibes.
[MàJ - 16 h] Tariq est intervenu au Web 2.0 Expo à 14h10' (voir en fin de billet), repris en live blogging par Mike Butcher (bravo pour la réactivité :-). Donc c'est cette info-là que j'ai lue en premier, d'où l'erreur dans mon titre. CQFD !

Voir les vidéos :


* * *

Depuis un mois que je parle d'applis en tous genres, j'ai beaucoup pensé à Tariq Krim vu que c'est par lui que j'ai été amené à m'intéresser aux widgets, et indirectement - dans un premier temps - à Facebook.

Or lui qui est toujours avare de stats (je me rappelle qu'il m'avait dit "on ne communique pas sur ça") vient d'en donner plusieurs d'un coup :

En 2 ans, 25 millions de pages uniques personnalisées dans 69 pays. Plus la volonté d'accélérer l'adoption des Widgets en rendant accessibles des services clés pour permettre aux éditeurs de les créer et les distribuer, et aux internautes en général de les développer.

De même que chacun pourra bientôt créer son propre univers :


Netvibes supporte évidemment la téléphonie mobile et l'iPhone, j'ai d'ailleurs été surpris de voir qu'ils ne participaient pas au projet Android. Par contre ils sont partenaires d'OpenSocial, et vu l'importance de l'écosystème et des univers Netvibes (800 000 développeurs, 10 fois ceux de Facebook !), il va bientôt y avoir des widgets sociaux partout, à la fois sur Facebook et sur les autres membres d'OpenSocial :


À noter qu'à l'époque j'avais conclu mon billet sur ce cri de ralliement : WidgUp Netvibes !, maintenant la version officielle c'est socialisez vos widgets !

On dirait donc qu'ils sont sur le point de rattraper la longueur d'avance qu'ils avaient acquise il y a plusieurs mois avec l'Universal Widget API, puis perdue...

Signalons au passage qu'Aziz Haddad concluait son billet sur cette information complémentaire :
Le réseau social de netvibes va être lancé au courant du mois d’avril, permettant entre autres de partager ses pages avec ses contacts/amis…
C'était en avril. Or depuis, plus rien, malheureusement. Une annonce qui arrive donc à temps. Juste un peu en avance sur Facebook...

En conclusion, je continue de croire que la communication de Netvibes est trop discrète, voire absente là où on s'attendrait en revanche à voir Tariq Krim, ou qui pour lui, prendre la parole plus souvent (dernier billet sur le blog français daté du 21 septembre...).

Faute de quoi ce sont les autres qui occupent la place et Netvibes qui perd du terrain, de la visibilité, et - je le pense - une certaine part de consensus.

Voici le moment de l'annonce officielle par Tariq à l'occasion du Web 2.0 Expo, qui a commencé hier à Berlin et doit se terminer après-demain...


Via Adactio. Voir également sur TechCrunch FR.


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lundi 8 octobre 2007

Facebook: the Decalog!

Facebook: the Decalog!

French version / Version française

55 suggestions about Facebook, sometimes it can helps...

1. Just one recommendation for Facebook

Be on it (if I had to summarize...)

* * *

2. Two steps to follow for Facebook:
  1. Allow third parties to build apps that allow users to define the categories of friends
  2. Let’s come up with a better word than “friend”, not anymore fitting in what is Facebook today
* * *

3. Three main categories of ad networks operating on Facebook:
  1. app factories that cross-promote applications
  2. cross-promotion networks allowing publishers to pay to promote apps (or get paid to promote other apps)
  3. companies enabling off-Facebook advertisers to reach Facebook users
* * *

4. Four ways to make money:
  1. Sell ads
  2. Attract sponsors
  3. Sell services
  4. Sell products
* * *

5. Five criteria to choose which Facebook Apps to invest in:
  1. simple
  2. social
  3. universal
  4. viral
  5. gather user data
* * *

6. Six other criteria to recommend for building a killer App on Facebook:
  1. For maximum virality: refine the concept/subject first
  2. Have a great interface
  3. Find a sustainable business model too
  4. Test / Learn / Keep track of what’s possible – Test / Learn / Keep track of what’s possible, …
  5. Run multiple apps and be able to cross promote (You can get the first 5,000 users by cross promoting and figure out if your app sucks in the first 2 weeks, not 9 months like on the web!)
  6. Understand the niche that you play in for targeting the good people
* * *

7. Seven Steps to Graphing Social Patterns on Facebook:
  1. Set Up Your Graph
  2. Make Connections
  3. The Need for Feed
  4. Share Your Content: Tag Your Stories & Media…

  5. App to the Future
  6. Pay to Play: see the point 3 above
  7. Show Me The Bunny: Gifts, Points, & Virtual Currency
* * *

8. Eight Companies Selling Ads on Facebook: a Tempting but Risky Business:
  1. Lookery
  2. fbExchange
  3. Cubics
  4. Social Media
  5. Appfuel
  6. RockYou
  7. Slide
  8. VideoEgg
* * *

9. Nine Reasons You Should Be Using and Watching Facebook:
  • Six impressive reasons as a user:
    1. A uniform design
    2. Tagging rules
    3. Easy blog imports
    4. Non obnoxious advertising
    5. Photo storing capabilities that rivals Flickr pro accounts
    6. Better privacy
  • Three impressive reasons from an Internet marketing perspective:
    1. Facebook is gaining ground at an impressive speed. It should be interesting to watch it and see if it can narrow the gap (with MySpace) over the next year:

    2. The new relationship with Jobster is a smart one
    3. Facebook is showing very small signs that they may be on to understanding what most social networking sites have failed at miserably up to this point: monetization beyond big partnerships
* * *

10. Top 10 Facebook Apps for Robert Scoble and Techcrunch:
  1. iLike
  2. Graffiti
  3. Where I’ve Been
  4. Zoho Online Office
  5. Fantasy Stock Exchange
  6. Flickr Photos
  7. Honesty Box
  8. Box.net files
  9. Superpoke
  10. Friend match
* * *

Now, if you've got other suggestions, pros and cons, let me know in comments, I'll link to your post...


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mercredi 22 août 2007

Interview de Miguel Membrado, cofondateur de Netcipia

Interview de Miguel Membrado, cofondateur de Netcipia

Vous connaissez Netcipia ? Découvert il y a quelques mois, j'ai été emballé par le concept 1 blog & 1 wiki en 1 place, malgré quelques doutes sur son usabilité par le grand public, vu la prise en main moins conviviale que Webjam, par exemple (bien qu'apparemment les deux services n'aient pas la même cible). C'est ainsi que, poussé par le désir d'en savoir plus, j'ai contacté Miguel Membrado, cofondateur de Netcipia avec Bruno de Beauregard, pour lui proposer une interview, ce qu'il a accepté de bonne grâce. Je l'en remercie et vous la livre in extenso, avec quelques observations à la fin.

1. Bonjour Miguel Membrado, et merci d'avoir bien voulu m'accorder cette interview bloguée. Pratiquement douze mois jour pour jour après le lancement officiel de Netcipia, un moment propice aux récapitulatifs, quel bilan (chiffré ?) feriez-vous de cette première année ?
Bonjour, effectivement, nous avons lancé Netcipia officiellement le 23 août 2006 à Palo Alto, sur fonds propres, et cette première année marque déjà un succès majeur puisque nous avons réalisé notre première levée de fonds dans la Silicon Valley. Du point de vue du produit lui-même, le site en ligne actuellement ne correspond pas à l'idée finale de Netcipia car nous sommes toujours en cours de développement, donc notre bilan n'a rien de spécial sur cet angle-là, nous n'avions pas d'objectifs particuliers à atteindre. Nous sommes seulement très satisfaits de notre audience, de la qualité des retours et du rythme quotidien de création de nouvelles places, alors que nous n'avons rien fait pour. Nous avons également réussi à réunir une formidable équipe de développement autour de nous, ce qui est fondamental pour une telle aventure.
2. En préparant cette interview, j'ai fureté sur le Net à la recherche d'informations sur Netcipia, et mises à part deux interviews filmées par Jean-Michel Billaut et notre ami Luc Legay, plus quelques autres ressources, je n'ai pas moissonné grand-chose. Cette présence plutôt discrète est-elle délibérée de votre part ? Et cette « discrétion » ne nuit-elle pas à vos ambitions de vouloir « donner le pouvoir à l'utilisateur final », tel que vous le déclariez à Jean-Michel Billaut ?
Nous n'avons fait à ce jour aucune action marketing, car nous ne souhaitions pas nous faire connaître plus que ça. Le concept actuel de Netcipia, "un blog et un wiki en une seule place" est en lui-même un concept novateur, qui à lui seul nous a permis d'être qualifié de "futur du wiki" il y a quelques semaines, mais n'est pas l'aboutissement de notre stratégie. Il n'en est qu'un moyen. Nous avons donc été jusqu'à ce jour extrêmement discrets, nous contentant d'avoir quelques milliers d'utilisateurs travaillant au quotidien sur notre produit, et nous faisant part de leurs feedbacks. La véritable première version de Netcipia est prévue pour le dernier trimestre de cette année, et ce n'est qu'à ce moment-là que nous démarrerons notre communication aux Etats-Unis.
3. Puisqu'on parle de l'utilisateur, à l'heure des réseaux sociaux à toutes les sauces, l'accroche de Netcipia est « Technologies Web participatives ». Aujourd'hui, comment traceriez-vous la ligne de démarcation entre « social » et « participatif », et quels sont les pour et les contre de chacune de ces deux approches, surtout en gardant à l'esprit la fameuse règle des 1% ?
Il n'y a plus vraiment de ligne de démarcation. Un produit se doit d'être à la fois "social" et "participatif". Car les deux phénomènes relèvent de la même nature. Certains produits seront plus "sociaux" et d'autres plus "participatifs", mais les deux composantes sont fondamentales. C'est le résultat de ces 4 ou 5 années de Web 2.0 et des centaines de millions d'utilisateurs qui ont créé et se sont appropriés ces nouveaux usages. Netcipia intègre donc aussi les deux composantes.
4. Toujours dans le registre social, des plateformes telles que Facebook, ou maintenant Bebo et d'autres, s'ouvrent aux applications tierces, ce qui booste considérablement leurs bassins d'utilisateurs et, il faut bien le dire, leurs finances. Or j'ai vu sur votre site que vous envisagiez sous peu de rendre votre projet « open source ». Pourriez-vous nous dire quand et qu'attendez- vous d'une telle ouverture, y compris au plan économique ?
Permettez-moi tout d'abord un aparté sur FaceBook, car le concept de FaceBook est un véritable phénomène qui risque de balayer large sur son passage. C'est la plus impressionnante machine à marketing viral que j'ai eu l'occasion de voir ces dernières années, grâce en particulier à sa plate-forme de développement et d'intégration d'applications tierces, mais également à sa conception intrinsèque qui permet de suivre au jour le jour tout ce que font ses amis et pouvoir dupliquer et s'approprier instantanément leurs usages. La courbe de croissance ne concerne donc pas que les utilisateurs, mais également l'utilisation des applications elles-mêmes, avec un mécanisme de sélection naturelle s'établissant par consolidation collective.

Quant au produit Netcipia, pour revenir à votre question, il est lui-même bâti sur une infrastructure 100% open source, puisque nous nous appuyons sur la communauté XWiki pour l'infrastructure wiki et la plate-forme de développement. Notre objectif a toujours été que Netcipia soit lui-même également disponible en open source, car nous considérons que ce serait aujourd'hui une grande erreur que de se passer du levier unique en terme d'intelligence collective que constitue une communauté open source. D'autre part les entreprises susceptibles d'acheter des poduits comme le nôtre se doivent d'avoir accès aux sources pour garantir la pérennité de leurs investissements, car nos produits ont une portée globale à l'entreprise, il est donc absolument nécessaire de garantir que quelque soit l'avenir de la société à l'initiative du produit, ce dernier soit toujours accessible. Le dernier argument en faveur de l'open source est que nous basculons d'un mode de facturation historique des logiciels à travers la vente de licences, à une mode de facturation des services utilisant ces logiciels, qui se retrouvent quasiment embarqués sans que l'utilsateur n'en soit forcément conscient. Le logiciel développé n'est donc plus qu'un support à un service offert, et l'open source illustre parfaitement cette évolution.
5. Votre page actuelle d'abonnement à la partie payante du service indique que l'offre ne sera disponible que dans quelques semaines. Pourriez-vous être plus précis et nous en dire davantage sur d'autres services optionnels (extra-charge) que ceux actuellement à disposition des utilisateurs « professionnels » d'un serveur dédié ? Exemple : je monte un portail Internet et je veux rajouter au moins 1 To d'espace disque aux 150 Go fournis en standard, un forum, des newsletters, du Flash, une solution de paiement par carte de crédit, des podcasts, une messagerie instantanée, une passerelle avec la téléphonie mobile, etc. (la liste est loin d'être exhaustive…), autant de fonctionnalités toujours plus indispensables pour satisfaire les attentes du milieu professionnel. Tout cela est-il possible et/ou envisagé et/ou envisageable, et si oui dans quels délais ?
En fait nous ne nous orientons plus du tout dans cette direction. Les offres sont toujours en ligne, mais deviendront très rapidement secondaires. Je ne peux pas encore dévoiler complètement ce que va être le véritable concept de Netcipia, il faudra attendre pour cela la sortie officielle de la première version. La seule chose que je puisse dire actuellement est que nous allons offrir un système de monétisation de contenus pour professionnels et toutes communautés au sens large d'utilisateurs ayant du contenu, de la connaissance et du savoir-faire à vendre. Nous sommes partis du constat que les mécanismes de monétisation de contenu actuellement offerts par le Web 2.0, la pub en quasi exclusivité, ne couvrent pas du tout les besoins de l'ensemble des utilisateurs. Pour que la publicité vous rapporte suffisemment d'argent pour que vous puissiez en vivre, il vous faut atteindre des audiences extrêmement importantes, hors de portée de la plupart des gens, y compris des professionnels. Il est donc fondamental d'inventer d'autres mécanismes de monétisation, tout en gardant les avantages fonctionnels du web 2.0 que sont les dimensions sociales et participatives. C'est sur cela que nous travaillons.
6. Un aspect de première importance pour un traducteur utilisateur : la localisation (tout au moins dans les principales langues) de Netcipia, qui n'est aujourd'hui disponible qu'en anglais et ne supporte pas Unicode, si j'en crois l'analyse publiée par Mark Wiseman sur Allthewikis. Or d'autres sites basés sur XWiki, comme Mandriva club sont déjà disponibles dans 25 langues et plus. Idem pour des plateformes majeures de blogging comme Wordpress ou Dotclear, déjà localisées dans plusieurs langues ? Donc, outre le wiki, pourquoi ne pas avoir basé le développement de votre offre de blogging sur des solutions open source telles que celles à peine mentionnées, et envisagez-vous de localiser globalement votre plateforme (si oui, à quel horizon) ?
D'un point de vue localisation, cela est prévu dans notre road map, et d'ici fin 2007 Netcipia sera sûrement disponible dans plusieurs langues, dont le français. La dernière mise à jour que nous venons d'effectuer nous permet maintenant de traiter l'Unicode et en particulier les caractères asiatiques. Cela ne représente aucune difficulté technique, puisque comme vous le précisez XWiki est déjà un moteur multilingue. C'est donc actuellement un choix volontaire de notre part que de nous être uniquement concentré sur l'anglais.

Xwiki est actuellement la solution wiki open source la plus avancée en terme d'infrastructure de développement et d'intégration. Les autres produits que vous citez ne possèdent pas de plate-forme de développement intégrée qui permette d'y bâtir de nouvelles applications. Notre objectif fondamental était d'avoir une seule plate-forme pour le blog et pour le wiki, aussi bien technologiquement parlant que d'un point de vue fonctionnel pour l'utilisateur. Nous ne croyons pas en l'avenir de solutions composites dans ce domaine telles que celles de SuiteTwo qui relèvent plus en final de l'usine à gaz technologique et du concept marketing pour occuper le terrain, que d'un véritable produit digne de rendre le service voulu aux utilisateurs.

Notre choix de plate-forme était donc très restreint, et il s'est porté en final sur XWiki. Il se trouve que XWiki est en plus un projet initialement français, ce qui ne nous déplait aucunement ;-) même si Netcipia est une société 100% américaine. Le saoir-faire français en terme technologique est reconnu de toutes parts, la quantité de VP Engineering français dans la Silicon Valley le démontre tous les jours. Mais l'écosystème économique français ne sait pas investir dans la création de startups en leur donnant les moyens nécessaires pour se développer mondialement (ni localement d'ailleurs), d'où le décalage énorme entre notre savoir-faire technologique et nos piètres résultats en matière économique. Il est donc fondamental d'exporter dans la Silicon Valley nos technologies et nos savoir-faire pour pouvoir profiter au mieux des deux mondes.
7. En général, l'heure des bilans s'accompagne d'une planification approfondie de la suite des événements. Quelles sont les prévisions de votre associé, Bruno de Beauregard, et vous, pour Netcipia dans les douze mois à venir, tant en termes de pénétration du marché que de progression économique et de financement de votre développement ?
Tout d'abord nous venons de réaliser notre plus importante mise à jour de Netcipia depuis son lancement. Cette mise à jour concerne l'infrastructure wiki elle-même, et avec les nouvelles fonctionnalités et la liste des services offerts nous entrons dans le top 5 des plates-formes de wiki disponibles au niveau mondial.

Ensuite, au cours du quatrième trimestre de cette année, nous allons mettre à disposition notre nouvelle plate-forme de monétisations de contenus auprès de nos utilisateurs. Ce sera une grande première dans ce domaine. Nous avons bien entendu une roadmap bien chargée pour l'année à venir, et en particulier la création d'un réseau social des utilisateurs de Netcipia, afin de leur permettre de mener un certain nombres d'actions communes.

Nous visons plusieurs centaines de milliers d'utilisateurs à fin 2008, avec une infrastructure wiki/blog/réseau social considérée comme l'une des plus avancées fonctionnellement parlant. Nous visons également une levée de fonds plus importante nous permettant d'accélérer encore notre capacité de développement et de pénétration du marché, car la concurrence est rude, et il y a encore tellement de choses à inventer. Nous n'en sommes qu'aux balbutiements du web 2.0 et de cette formidable révolution sociale et participative qu'elle a engendré. Et au fur et à mesure que cette révolution va redescendre dans les usages professionnels, nous allons enfin voir se crystalliser les nouvelles façons de travailler, celles que nous promouvions déjà en France entre 1996 et 2005, à l'époque à travers Mayetic et ses fameux espaces de travail collaboratifs pour tous sur internet, avec un slogan toujours d'actualité, "the new way of working" :-)

La convergence de toutes les nouvelles technologies vers le web 2.0 et les nouveaux usages de masse qu'il a induit, permettent enfin d'atteindre cette maturité nécessaire à une adoption massive, même si elle reste progressive dans les milieux professionels car soumise à une inertie organisationnelle et managériale très forte. L'ère des fichiers et des email est en passe d'être close, et cela pour le bien de tous, car nous allons enfin pouvoir décupler nos capacités de travail, de collaboration et de participation. :-) Bref, d'intelligence collective. Ceux qui n'auront pas compris cela et qui ne sauront pas adopter ces nouvelles technologies dans leur quotidien, seront rapidement dépassés, aussi bien économiquement qu'en terme d'usages.
Commentaire

Parmi différents points de l'interview que je retiens, je voudrais insister sur cet extrait :
Je ne peux pas encore dévoiler complètement ce que va être le véritable concept de Netcipia, il faudra attendre pour cela la sortie officielle de la première version. La seule chose que je puisse dire actuellement est que nous allons offrir un système de monétisation de contenus pour professionnels et toutes communautés au sens large d'utilisateurs ayant du contenu, de la connaissance et du savoir-faire à vendre. Nous sommes partis du constat que les mécanismes de monétisation de contenu actuellement offerts par le Web 2.0, la pub en quasi exclusivité, ne couvrent pas du tout les besoins de l'ensemble des utilisateurs. Pour que la publicité vous rapporte suffisemment d'argent pour que vous puissiez en vivre, il vous faut atteindre des audiences extrêmement importantes, hors de portée de la plupart des gens, y compris des professionnels. Il est donc fondamental d'inventer d'autres mécanismes de monétisation, tout en gardant les avantages fonctionnels du web 2.0 que sont les dimensions sociales et participatives. C'est sur cela que nous travaillons.
Je pense que de nombreuses sociétés cherchent le bon dosage des différents ingrédients qui formeront le cocktail réussi du Web prochaine génération. Ce n'est sûrement pas un hasard si Miguel fait une digression sur Facebook (en dépit de ses limites), vu le bouillonnement qui règne actuellement autour des widgets et des modèles économiques associés.

Ce passage sur un nouveau « système de monétisation de contenus pour professionnels et toutes communautés au sens large d'utilisateurs ayant du contenu, de la connaissance et du savoir-faire à vendre » m'intrigue beaucoup. Wait and see, comme on dit du côté de Palo Alto ! Et souhaitons bon vent et un excellent premier anniversaire à Netcipia. :-)


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vendredi 17 août 2007

Le widget de Facebook "Where I've been" vendu 3M$

Le widget de Facebook "Where I've been" vendu 3M$

Mise à jour : Le widget de Facebook "Where I've been" n'aurait pas été vendu... (merci à François Guillot qui me l'a signalé en commentaire)

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En rédigeant mes précédents articles sur les widgets et les nouveaux modèles économiques associés, j'avais eu l'occasion de découvrir cette "plainte" de Craig Ulliott, victime de son succès, intitulée « J'ai 250 000 utilisateurs ! Et maintenant ? »

En bref, il a développé en mai dernier une application interactive pour Facebook, qui permet aux utilisateurs de signaler les pays qu'ils ont visités :


Or en un mois la masse d'utilisateurs utilisant son appli l'a quelque peu déboussolé. Voici ce qu'il écrivait, probablement en fredonnant la chanson de Bécaud, le 21 juin :
Well my application has become incredibly popular, and I’m very excited about it, don’t get me wrong!
But I’m a freelance developer, not a company, and its put a powerful 4GB $450 a month dedicated server on 3 backbones at maximum load and is pushing 2000GB a month in traffic. It doesn’t make me any money and I’m getting hundreds of comments and emails daily about it.
How can i support it and maintain it? What do i do with it now? its growing at a few users a second, so should i get another server each month?

Mon appli connaît un succès incroyable, c'est génial, ne vous méprenez pas. Mais je suis un développeur indépendant, pas une société, et il faut que je débourse 450$ par mois pour un serveur dédié et 2 To de trafic sur la bande passante. Donc je gagne pas un sou avec ça et en plus je suis inondé de centaines de commentaires et de courriels chaque jour. Comment voulez-vous que j'assure et que je gère ça ? Qu'est-ce que je vais en faire ? J'ai je sais pas combien de nouveaux utilisateurs à la seconde, je vais quand même pas prendre un autre serveur tous les mois !
Bon, et bien le voilà rassuré, puisque son appli a été achetée 3 millions de dollars par Tripadvisor, spécialisé ... dans les voyages ! On s'en serait douté :-)

3 millions en 3 mois, ça ne fait jamais qu'un million par mois. Congrats, Craig.

Cette actu est une brève, certes, mais je suis persuadé qu'avec les widgets ça ne fait que commencer et qu'on va en voir de belles dans les mois à venir... Merci à Tariq Krim de m'avoir fait réfléchir sur le sujet.


P.S. Tiens, puisque je vous en parle, je vous signale le billet de Bill Slawski sur l'historique des brevets de Facebook, qui abat un travail extraordinaire, comme à son habitude, et l'analyse exceptionnelle de Marc Andreesen (via Vinny Lingham).

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jeudi 2 août 2007

Netvibes, Facebook & Adscriptor !!!

Netvibes, Facebook & Adscriptor !!!

La nouvelle vient de tomber, Facebook rencontre Netvibes: le widget Facebook est arrivé ! (également posté en anglais par Karim, Facebook Meet Netvibes: Netvibes Introduces the Facebook Widget), et, très franchement, là je suis soufflé !

Voici donc l'épilogue inattendu de ma trilogie sur la Widget Wars (avec au passage un petit grand clin d'œil au Chauffeur de buzz...), Netvibes publie son premier widget Facebook deux jours à peine après la publication du dernier de mes trois précédents billets consacrés, dans l'ordre :
  1. Rendez-vous avec Tariq Krim (Modèle économique de Netvibes = Univers + Widgets)
  2. Widgets business models (are widgets the next big thing?)
  3. Widgets et modèles économiques

À croire que Tarik a suivi mon conseil : So, now, WidgUp Netvibes!, qui concluait le premier billet, publié le 27 juillet ; les deux autres ont été mis en ligne les 30 et 31 juillet, alors que sur les blogs de Netvibes le premier billet sur les Univers est sorti le 1er août (ici en anglais, avec l'introduction, entre autres, d'une page privée et d'une page publique), et celui sur le widget Facebook aujourd'hui : en italien, on dirait que c'est un "tempisme" parfait, terme intraduisible littéralement, qui signifie "sens de l'opportunité", au bon moment, qui tombe à pic, quoi !

Pour autant, au-delà de l'effet d'annonce que ne va pas manquer de susciter la nouvelle un peu partout dans le monde sur Internet, la question qui va vite se poser, vu les antécédents, est celle du modèle économique de Netvibes, dont la sortie d'un widget Facebook n'est apparemment que le premier pas...

Suite à la rédaction des précédents billets, je préparais un article sur Facebook sous un angle économique, donc quelle meilleure occasion que de le publier sans tarder, puisque dans le cas présent, qu'on m'excuse pour ce zeste de vanité, j'ai l'impression que c'est l'actualité qui colle à Adscriptor plutôt que le contraire !

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Dans mes précédents billets, j'ai tenté de décrypter ce que représentaient les widgets et les interactions en jeu, en indiquant que, selon moi, une bonne part de l'avenir et de la réussite des widgets allait se jouer avec la répartition des revenus entre les différents acteurs...

Netvibes et Facebook, dans le cas qui nous occupe. Il est clair que les accords pris, s'il y en a (d'habitude, les widgets sont installés sur Facebook, alors que celui-ci est installé sur Netvibes, d'où l'analyse de Read/Write Web alors que la compétition entre réseaux sociaux continue de monter), ne seront pas divulgués, même si certains chiffres commencent à percer du côté de Facebook, dont la progression fulminante est presque le quadruple de celle de MySpace en un an : 270% contre 72%, selon comScore, et près de 300% en progression journalière !


Ainsi, dans le sillage de son incroyable succès, Facebook aurait doublé ses prix en quatre mois, de février à juin ! Exemple chiffré : de 150 000 à 300 000 $ pour parrainer un groupe. En outre, pour parrainer une seule page, le bon vieux CPM serait autour de 10$.

Pourtant, selon Lance Tokuda, Rockyou obtiendrait un taux de conversion de 20$ au CPM, soit le double (avec, là encore, un profit de 100%, plus selon Ouriel Ohayon et Michael Arrington), d'où la création de Super Wall API, le réseau de pub de Rockyou, la régie qui monte...

Voilà pour ce bref panorama, qui conclut pour l'instant mes réflexions sur la prochaine révolution des widgets. D'ores et déjà, il est clair que les choses se mettent au beau fixe pour Facebook (qui pourrait tenter une introduction en bourse, et devient une proie de plus en plus appétissante, en dépit de quelques éléments négatifs...). En ira-t-il de même pour Netvibes ? À l'heure des questionnements, c'est tout le bien que nous leur souhaitons. Et dire qu'il y a quinze jour à peine j'ignorais tout des widgets !


Liens connexes :
  1. Facebook par Francis Pisani
  2. Facebook et les entreprises
  3. Corporates Blocking FaceBook
  4. Top 10 Facebook Apps, by Robert Scoble
  5. Newbie's guide to Facebook
  6. How to Develop a Hit Facebook App: 29 Essential Tools and Tutorials (via Guy Kawasaki)
  7. Facebook given $6bn price tag

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mardi 31 juillet 2007

Widgets et modèles économiques

Widgets et modèles économiques

Mise à jour, 2 août !!!

Après : 1) mon Rendez-vous avec Tariq Krim (Modèle économique de Netvibes = Univers + Widgets) et 2) Widgets business models (are widgets the next big thing?)), voici un troisième billet de réflexion sur la monétisation des services Web 2.0, et plus précisément des widgets.

Fin 2006, Newsweek titrait que 2007 serait l'année des widgets, et l'évolution des choses semble le confirmer. En juin, Ouriel écrivait :
Les widgets sont une forme de biens virtuels, et même si la plupart des compagnies de widgets tirent aujourd’hui leurs revenus de la publicité, je vois bien les widgets propulser une économie de micro-transaction massivement distribuée dans un futur proche.
Ne reste plus qu'à trouver les recettes économiques qui vont avec, et ça c'est moins facile, notamment parce que les différents acteurs en jeu tâtonnent et n'ont pas encore une vision très aboutie des modèles à mettre en place.

I. La première raison est qu'en général il s'agit de services gratuits se superposant à d'autres services gratuits, cf. Don Dodge : free services layered on top of other free services are not a sustainable model, ce qu'il a joliment intitulé le modèle économique du rémora.

Ça ne l'empêche pas de proposer des pistes de monétisation :
  1. le modèle Freemium
  2. les parrainages
  3. la répartition des revenus (rev sharing)
  4. les réseaux de syndication
1. Dans le premier cas (Freemium = contraction de Free + Premium), il s'agit de proposer un service gratuit à la base et de graduer plusieurs options payantes (utilisation de stats, montée en puissance du service, etc.).

2. Les parrainages (une marque sponsorise un widget), les affiliations, sont des solutions déjà éprouvées qui ont encore un bel avenir. J'en veux pour preuve le boom d'une formule comme Blogbang avec les blogueurs (et les annonceurs), à condition que le back-end suive (gare au reverse buzz !)...

3. C'est avec la répartition des revenus entre les différents acteurs que va se jouer une bonne part de l'avenir et de la réussite des widgets. Le diffuseur peut faire payer le développeur et/ou l'utilisateur, et je pense que ce cocktail est au cœur de la réflexion de Netvibes. Qui dure, certes, mais apparemment, à ce jour, aucun des grands acteurs du Web ne connaît le dosage miracle.

4. Les réseaux de syndication, voire de "super-syndication" (introduction de l'événementiel, dans le cinéma, notamment, pour toujours coller à l'actu), où le widget qui bénéficie d'une ample diffusion sert à promouvoir un contenu quelconque. En effet, le trafic seul ne suffit pas si vous n'avez rien d'autre à offrir, mais de nombreux types de contenus peuvent être imaginés, notamment des achats (puisqu'au final, c'est ce qui intéresse le plus les marchands :-)

II. Le deuxième faisceau de raisons, c'est que la plupart des widgets sont éphémères, avec des qualités et des taux d'audience qui vont du zéro au très peu / très pauvre. Ça manque d'idées. Impossible donc de bâtir quoi que ce soit de rentable là-dessus, la longue traîne des widgets, c'est pas pour demain...

Dans un registre un peu différent de celui de ClearSpring, mais tout aussi conscient de la nécessité de développer des widgets de qualité, Franck Poisson a imaginé sa WebWag Factory en mode win-win, où les meilleurs widgets rapportent rémunération et visibilité à leurs développeurs, ainsi motivés à se surpasser pour gagner plus et mettre leur savoir-faire en vitrine.

Car lorsque les widgets sont supportés par des plateformes à succès et adoptés à grande échelle par les internautes, c'est là qu'ils déploient toutes leurs potentialités, comme avec le binôme RockYou + Facebook. L'idée de RockYou est simple : profiter de sa très large et très rapide diffusion sur Facebook pour assurer une large base d'utilisateurs à ses annonceurs et proposer une rémunération au CPA, ou coût par action.

Autre recette, celle de Socialmedia.com, qui compte déjà 13 millions de widgets installés et dont l'un des responsables, Dennis Yu, déclare :
"Applications are just exploding. The volume on our surveys is just crazy... We're finding that they monetize better than ads."
En clair, c'est en train d'exploser, mais ce n'est qu'un début. Quant aux retombées en termes de monétisation, elles sont meilleures qu'avec la pub "traditionnelle" ! (avec au passage un moyen de plus d'améliorer son optimisation pour les médias sociaux...)

Mais là encore, les ingrédients restent à doser, comme le rappelle Ouriel à propos d'iLike, en soulignant également le danger potentiel de ne s'adosser qu'à une seule plateforme, et en observant dans son billet d'aujourd'hui :
« je ne suis pas certain que FaceBook voie cela d’un bon oeil. Si d’autres font de l’argent sur son dos sans toucher une part du gateau je pense que FaceBook finira par devenir une coquille vide. Surtout si les conditions générales interdisent la monétisation sans son accord. »
Je vous le disais : tout est question de dosage ! Mais soyez sûrs que ceux qui sauront préparer le meilleur cocktail toucheront le jackpot... En attendant, devant le succès phénoménal remporté par Facebook, Bebo vient de s'ouvrir aux développeurs et il est à prévoir que d'autres suivront pour ne pas être en reste.


P.S. Ce que je souhaite à Netvibes ou à WebWag, cocorico :-)

Liens connexes :
  1. Les widgets : nouveaux moteurs du web ?
  2. Attention, les widgets débarquent... !
  3. Live USA : Chumby, le gadget à widgets
  4. Dix gadgets pour le Volet Windows de Vista
  5. Yahn44's widgets on Delicious
  6. Wigipedia
  7. La situation des widgets en avril 2007 (comScore)

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