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mercredi 21 mai 2008

Mobagetown, vous connaissez ?

Mobagetown, vous connaissez ?

Plus de 13 milliards de pages vues par mois !!! Ça vous parle ? Continuons avec les chiffres :

Mobagetown, premier portail de services mobiles au Japon, et probablement au monde, a été lancé en février 2006.

* Novembre 2006 : 2 millions utilisateurs
* Fin 2006 – Début 2007 : 3 millions utilisateurs
* Juin 2007 : +5,5 millions utilisateurs
* Fin 2007 : +7,5 millions utilisateurs
* Mars 2008 : +9,5 millions utilisateurs


Plus de 13 milliards de pages vues par mois, soit plus de 5 000 PV ... à la seconde!!! Énooooooorme, dirait le Chauffeur...

Moi qui me posais récemment la question « Quel contenu Internet pour les mobiles, et quels usages ? », voici donc une première réponse.

Sur la même période, le navigateur Opera Mini pour les mobiles a également connu une croissance exponentielle :

avec plus de 44 millions de téléchargements et d'installations du système sur les mobiles.

Tous les chiffres autour de la téléphonie mobile sont étonnants : Mais ce qui me surprend davantage encore, c'est que la téléphone mobile sert de moins en moins à parler, et de plus en plus à se connecter à Internet ! Essentiellement pour gérer ses courriels, s'informer sur l'actu de dernière minute et ... jouer, filmer, voir des vidéos, écouter de la musique, etc.

Donc en étudiant de plus près le phénomène Mobagetown, la première idée qui s'en dégage est que le Japon, avec un taux de pénétration du mobile supérieur à 80% de la population, anticipe la téléphonie du futur de demain...

Mais de quoi s'agit-il ?

Les concepts clés qui caractérisent Mobagetown sont le gaming sur les mobiles, les avatars et les SNS...

Les deux premiers étant au cœur de l'abonnement et corrélés aux fonctionnalités traditionnelles des réseaux sociaux (SNS : Social Network Sites), à savoir les profils, les amis, les journaux intimes, les photos, les vidéos, les commentaires, les communautés, etc.

D'autres possibilités de produire du contenu éditorial, de publier, de partager des histoires, de la musique, des clips, etc., enrichissent le tout et permettent de fidéliser les utilisateurs et d'agrandir les communautés, les tribus...

En fait, chez les adolescents, le téléchargement de morceaux sur les mobiles est devenu leur première méthode d'achat. Ainsi, sur le site de Mobagetown, les utilisateurs ont le choix entre plus de 10 000 articles virtuels, vêtements, accessoires, etc., payables en "moba gold", la devise du site !

En Asie, l'association mobiles + réseaux sociaux est probablement plus importante encore qu'aux États-Unis, où les 10 premiers réseaux sociaux attirent environ 40% de leur trafic depuis les mobiles :

Myspace
Google
Mocospace
Yahoo!
Facebook
Live
Hi5
Wikipedia
Itsmy
eBay

De plus, l'introduction de la RFID et des QR Codes ouvre des perspectives d'utilisation des mobiles gigantesques, y compris pour les micro-paiements et les paiements tout court. En voici un exemple parlant :

QR Code
Mais le binôme mobile + RFID / QR Code fera probablement l'objet d'un billet à part...

Ce n'est pas pour rien que, selon IBM, la téléphonie mobile est le numéro UN du top 4 de la pub pour les années à venir, devant Internet, la télé interactive et les jeux...

Les marketers de tout poil ne s'y trompent pas, puisque le mobile est le média interactif par excellence, ubiquitaire, que les gens portent sur eux partout et presque constamment, ce qui en fait des cibles parfaites en tout temps et tout lieu, pour toutes les occasions. Last but not least, le mobile peut également servir de connecteur avec les autres médias.

Un dernier point, d'importance : au fil des mois tous ces adolescents grandissent et deviennent les adultes de demain, puisqu'en réalité, sur Mobagetown l'utilisateur moyen prend de l'âge : en novembre 2006, 69% des utilisateurs avaient moins de 20 ans, 25% de 20 à 30 et 6% plus de 30, des moyennes d'âge qui représentent maintenant, respectivement, 53%, 34% et 15%.

Donc, face à un tel El Dorado, il est évident que les appétits s'aiguisent, de GYM à Webwag, de Netvibes à Goojet, etc., avec des concentrations et des alliances à tout-va. J'aurai l'occasion d'y revenir. @ +



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mardi 18 décembre 2007

Messagerie mobile : tendances mondiales 2006-2011


Gartner vient de publier un rapport intitulé “Market Trends: Mobile Messaging, Worldwide, 2006-2011.

Voici les principales conclusions et prévisions :

« En 2008, 2 300 milliards de messages seront transmis sur les principaux marchés de téléphonie mobile dans le monde, soit 19,6% de plus qu’en 2007 (1 900 milliards). Quant aux revenus liés à la messagerie mobile, ils passeront de 52 milliards $ en 2007 à 60,2 milliards $ en 2008, soit une augmentation de 15,7%.

Pour autant, les marges des opérateurs devraient diminuer, vu la compétition accrue et la saturation progressive des services de messagerie. En fait, sur les principaux marchés mondiaux, le taux de croissance annuel composé (TCAC) des revenus liés aux SMS (Short Message Service), qui était de 29,8% sur la période 2002-2006, devrait être de 9,9% sur 2007-2011, soit une baisse de 33%.

Pour les services de messagerie texte, les marges sont soumises à de fortes pressions, vu la concurrence acharnée entre les opérateurs, déclare Nick Ingelbrecht, directeur de recherche chez Gartner. En parallèle, les consommateurs s'habituent à la pratique des forfaits, qui incluent un nombre illimité de SMS compris dans l’offre de base.

Les opérateurs devraient donc mettre en place des stratégies de développement des plateformes de messagerie, des portefeuilles de services et de tarification davantage orientées à l'acquisition et la fidélisation des clients, plutôt que d’essayer de dégager des marges à court terme.

Les principaux marchés pour la messagerie mobile sont :
  • La zone Asie / Pacifique et le Japon. Gartner estime que les 1 500 milliards de messages envoyés en 2007 devraient devenir 1 700 milliards en 2008, soit +13%.
  • En Amérique du Nord, les prévisions sont de 301 milliards de messages envoyés en 2008, contre 189 milliards en 2007, soit +60%.
  • En Europe de l’Ouest, la croissance devrait s’étendre jusqu'en 2010, avec plus de 6% de progression en 2008 (215 milliards de messages) par rapport à 2007 (202 milliards de messages mobiles ).
  • L’Afrique devrait connaître une croissance soutenue vu le faible prix des SMS comparés aux appels vocaux, ce qui en fait un service idéal sur ce continent où les gens ont un faible pouvoir d'achat, selon Stephanie Pittet, analyste senior chez Gartner.
L’usage des courriels via mobile est de plus en plus fréquent avec l'adoption des smartphones, idem pour la messagerie instantanée, qui va devenir une application massive sur les marchés développés, grâce à différents partenariats entre opérateurs mobiles et fournisseurs de solutions IM.

Dans les prochaines années, selon Mr. Ingelbrecht, les opérateurs devront exploiter le potentiel des réseaux sociaux pour générer du trafic et soutenir leur croissance, en collaborant dans ce sens avec les principaux réseaux.

La recherche via mobile et la pub devraient également booster considérablement le trafic et l’usage des SMS, même si la plupart des opérateurs sont mal positionnés pour gérer des campagnes de bout en bout et assurer le suivi des métriques nécessaires aux régies et aux annonceurs. »

Ces deux dernières prévisions, sur la collaboration opérateurs mobiles - réseaux sociaux et sur le mauvais positionnement des opérateurs en matière de gestion des campagnes publicitaires, feront certainement couler beaucoup d'encre dans les mois et les années à venir, vu les enjeux économiques considérables qu'il y a derrière. Des enjeux dont certains contestent le montant estimé par Gartner, vu que les revenus de la pub sur mobile ne sont pas toujours à la hauteur des attentes.

Décidément, le volet « contenus et usages Internet pour les mobiles » reste à découvrir...

Cela explique l'éclosion de nouvelles sociétés (Goojet, Qik, etc.), plateformes (Facebook, Android, etc.) et solutions (Netvibes, Webwag, etc.) dédiées, même si nous n'en sommes qu'au tout début !


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P.S. À signaler que Gartner publie également une étude sur le phishing, dont la courbe des attaques croît de façon exponentielle...

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samedi 8 décembre 2007

Netvibes et le contenu

Netvibes et le contenu

J'ai parlé à plusieurs reprises de Netvibes sur ce blog, notamment du lancement de Ginger, le remix de Netvibes autour des services sociaux, pour employer les mots de Tariq Krim.

Or j'apprends via Accessoweb que Tariq nous en dévoile davantage, quelques jours avant le lancement de la bêta privée à l'occasion de la conférence Le Web 3 (programme), dont la galerie de logos est un parfait exemple de créativité Web 2.0 ;-)


En clair, c'est un mélange de Netvibes et Facebook, qui va vous permettre d'agréger vos widgets préférés et de suivre les activités de vos amis et contacts à la trace. Même LinkedIn implémente les flux d’activités, c'est la tendance du moment.

Pourtant, malgré les services très intéressants qu'offre Netvibes, il me semble que la solution dans son ensemble ne décolle pas vraiment dans une optique "grand public". Et comme Tariq Krim est plutôt avare sur les chiffres, difficile de se faire une opinion. On aimerait bien au Web 3 une série de stats à jour sur la fréquentation de Netvibes, sur le taux d'adoption par pays, par businesses, etc.

À Berlin, Tariq annonçait 25 millions de pages uniques personnalisées dans 69 pays, dans son billet d'aujourd'hui ce seraient plus de 100 pays, plus de 100 000 widgets disponibles, la prise en charge des écritures de droite à gauche, mais on reste toujours sur notre faim pour avoir des stats à la Facebook, détaillées...

Donc je partage l'avis d'un netviber, pour qui le principal moteur qui manque à Netvibes, paradoxalement, c'est le CONTENU. Je n'ai pas moi-même ma page Netvibes, mais j'ai pas mal de visiteurs qui l'utilisent, et j'aimerais bien connaître leur avis sur les principales raisons qui les poussent à préférer Netvibes, mise à part la lecture de flux en tous genres.

Et je ne parle pas d'un contenu signé Netvibes, mais d'un contenu pertinent multisources, segmenté par langue, qui serait agrégé par des "experts" plutôt qu'en automatique.

La conclusion de Netviber est parfaite :
Netvibes is waiting for the GINGER release to become social but, I insists, it is Content, Human Content, that will make the difference!

Netvibes est dans l'attente de lancer Ginger pour mettre en avant ses fonctionnalités "sociales", mais j'insiste, c'est le Contenu, le contenu humain, qui fera la différence !
Tariq, si tu me lis, j'espère que tu pourras nous en dire plus dans ta présentation au Web 3...


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jeudi 6 décembre 2007

Quel contenu Internet pour les mobiles, et quels usages ?

Quel contenu Internet pour les mobiles, et quels usages ?

Dans mon récent billet sur Internet et la communication, je citais ces mots de Vinton Cerf :
... aujourd'hui, c'est tout juste si une personne sur cinq peut avoir accès à Internet. Alors même que la couverture des réseaux de téléphonie mobile touche près des trois quarts de la population mondiale. Dans les dix ans à venir, beaucoup de gens, en particulier dans les pays en développement, accéderont pour la première fois à Internet via un téléphone mobile.
Et Cerf de conclure sur la permanence d'une demande en contenus de qualité, indépendamment du support (Regardless of the medium, there will always be demand for high-quality content).

Or quels types de contenus autorise l'écran d'un mobile ? Sûrement pas les billets à rallonge d'Adscriptor ! Alors quoi ? Pour quels usages ? Quelle utilité ?

Car l'écran des mobiles, qui n'est pas comparable à celui d'un PC, même si leur taille se rapproche de plus en plus de celle des PDA, impose d'exploiter au mieux le peu d'espace à disposition, à peu près compris entre 11-12 cm pour la longueur et 6-7 cm pour la largeur, si l'on prend comme exemple les deux mobiles les plus aboutis que sont, à mon sens, le Blackberry et l'iPhone, deux téléphones aux dimensions assez semblables.


Or le clavier occupant une place précieuse, on lui préférera l'écran tactile de l'iPhone  :


D'emblée, pas de place pour du texte, ou si peu, mais tout juste pour du texto, des icônes et un type de représentation des données qui fait la part belle au graphisme et à l'ergonomie. Voir par exemple l'appli Facebook pour BlackBerry.

Sans compter que cette carence spatiale devra également ménager toute la place qui lui est due ... à la pub !

Ce n'est donc pas un hasard si Google, qui espère depuis longtemps déjà un milliard d'utilisateurs supplémentaires grâce à la téléphonie, vient d'appliquer la technologie AJAX pour faciliter la navigation sur l'iPhone, autour de deux principes directeurs : rapidité & fluidité, fast & fluid. Voici ce que ça donne en images :

1. Outil de suggestion des mots clés


2. Recherche (la pub occupant 50% de l'écran, 1 résultat sur 2, ça va transformer, je vous le dis, surtout si les annonces sont pertinentes...)


3. GMail


Sans oublier µTorrent et les joies du M2M (Mobile-to-Mobile, je suppose, à ne pas confondre avec M2M, ou Machine-to-Machine)...


Voici donc une réalité totalement nouvelle, qui va forcément obliger les producteurs de contenu(s) de toute sorte, de l'artisan à l'industriel, à repenser, à réinventer la notion même de contenu et toutes ses déclinaisons, UGC, CGM, etc., pour adapter contenu(s) et contexte(s) à ces quelques centimètres carrés d'écran...

Une question qui a été abordée, ou, pour mieux dire, survolée, lors du dîner de comm organisé avant-hier à l'initiative de l'actuelle ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.

Dont Sébastien Billard nous rapporte que « Fredéric Cavazza reste persuadé que le web mobile est réservé à une utilisation d'appoint », contrairement à l'avis d'autres convives et de Gilles Klein, qui énonce fort justement :
La querelle des terminaux me paraît tout aussi vaine. Ordinateur fixe, ou portable téléphone mobile ou iPhone démocratisé, peu importe, un terminal adapté aux usages de chacun fait l'affaire. Si c'est par le mobile avec des forfaits data illimités que certains découvrent un bout de l'Internet par le petit bout de la lorgnette, peu importe. Le taux d'équipement en ordinateur ne me semble pas non plus très significatif. Tout dépend de l'usage réel que l'on en fait.
L'usage ! Et bien parlons-en, puisqu'il en est question. Quel usage en feront les parties prenantes, fournisseurs, producteurs de contenu et utilisateurs (qui sont parfois aussi producteurs ou co-producteurs eux-mêmes) ?

À voir les captures d'écran qui précède, le positionnement des moteurs et autres acteurs majeurs est plutôt clair, en ce qu'ils seront des passages obligés pour les "téléphonautes". Ça va d'Android à Webwag mobile en passant par l'interface multiplateforme de Streamezzo et ... tout ce que vous voulez !


Car il est clair qu'on ne fera pas un même usage d'un terminal mobile, nomade par définition, que lorsqu'on est confortablement installé devant son ordi. Il n'empêche... Voir à ce propos le site de Libé pour l'iPhone, créé par groupeReflect (via Resnumerica 3.0). Voir également le projet Goojet, qui vient d'être boosté par une levée de fonds d'amorçage de 2,3 millions €, preuve que le secteur est en pleine effervescence ! Du reste l'annonce de Goojet au Web 3 fera compagnie à celle de Ginger par Netvibes...


Les captures d'écran nous donnent d'ailleurs une idée de la façon dont Goojet nous permettra de personnaliser notre bureau en agrégeant Web et mobile, utilisations personnelles et professionnelles probables, telles que (la liste n'est pas exhautive) :

- téléphoner, envoyer, recevoir des SMS, des courriels
- prendre des photos, tourner des vidéos, les transmettre, télécharger, écouter de la musique, regarder la télé (cf. Roundbox)
- rester en liaison avec son domicile, son bureau, ses amis et connaissances
- ouvrir des documents sous différents formats (PDF, Office, jpg, etc.)
- gérer son agenda et ses RV en liaison avec son organisateur, ses répertoires, se synchroniser avec son ordinateur, etc.
- rédiger en bénéficiant de différentes fonctionnalités telles que correcteur orthographique, dictée vocale, traducteurs, etc. (cf. Transclick)
- naviguer, bien sûr, au propre et au figuré, aussi bien sur le Web que "dans la vie réelle", en bénéficiant d'un navigateur satellitaire, d'un GPS, etc.
- et s'orienter au niveau local, enfin, dans une dimension de proximité : restaurants, cinémas, pharmacie, magasins, etc.

C'est d'ailleurs sur les services de proximité (cf. Marchex) que le binôme Internet - téléphonie mobile s'avérera probablement le plus utile et potentiellement riche en nouveaux produits/services, notamment pour la pub, mais aussi pour l'éclosion de fonctionnalités telles que la traçabilité des marchandises et la domotique, avec le déploiement à grande échelle de l'Internet des choses...

Sans oublier l'arrivée des QR Codes. Nous assisterons alors à une nouvelle ère de l'Internet, avec ses nouveaux territoires à explorer, à conquérir, etc. Allez, on va s'arrêter là pour aujourd'hui !


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P.S. Et puisque j'en parle, signalons que la France vient d'obtenir le contrôle d'une racine régionale de l'ONS (Object Naming Service), le futur réseau de l'Internet des objets. Une nouvelle vraiment digne d'être remarquée...

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mardi 4 décembre 2007

Internet et la communication

Internet et la communication

Écoutons Vinton Cerf (via WebProNews) sur la croissance d'Internet et son pouvoir communicationnel :
Ce n'est pas si souvent qu'une innovation technologique modifie fondamentalement la façon dont les gens communiquent. Au 15e siècle, l'imprimerie a permis de diffuser l'écrit. Au 19e siècle, le télégraphe a permis les communications point à point sur de longues distances. Puis ce fut le téléphone. Et aujourd'hui encore, nous sommes toujours aux prises avec les effets sociaux de la radio et la télévision.

Il a fallu des décennies, voire des générations, pour appréhender pleinement l'impact de ces inventions. Et en vingt ans à peine d'Internet commercial, le réseau des réseaux a déjà changé le monde, en favorisant l'expression de soi, en libérant l'information des contraintes physiques de lieu, en ouvrant l'information mondiale aux gens, où qu'ils soient sur le globe.

Or le chemin à parcourir est encore long. Puisqu'aujourd'hui, c'est tout juste si une personne sur cinq peut avoir accès à Internet. Alors même que la couverture des réseaux de téléphonie mobile touche près des trois quarts de la population mondiale. Dans les dix ans à venir, beaucoup de gens, en particulier dans les pays en développement, accéderont pour la première fois à Internet via un téléphone mobile.
Pourtant, à l'aune de l'évolution humaine et des temps biologiques et physiologiques, les progrès technologiques font que la communication


« s’accélère follement et passe d’une ancestrale lenteur de l’histoire humaine, habituée hier encore à compter en millions d’années, à la célérité de la lumière qui distingue aujourd’hui et caractérisera toujours plus demain l’Ère Internet, cyber-galaxie tridimensionnelle ayant l’espace pour largeur, le temps pour longueur et l’information pour hauteur (sans aller jusqu’à parler de profondeur…) », comme je l'ai écrit dans Welcome in the World Century, en reprenant des citations de Paul Virilio :
« Bienvenue dans le siècle-monde », où le temps et l’espace finissent par se rejoindre à la surface de l’écran, l’interface, donnés « à voir dans l’immédiateté d’une transmission instantanée », dans « cet emplacement sans emplacement » où « l’épuisement du relief naturel et des distances de temps télescope toute localisation, toute position », où « Comme les événements retransmis en direct, les lieux deviennent interchangeables à volonté », où « L’INFORMATION est le seul ‘relief’ de la réalité, son unique ‘volume’. (…) Désormais, tout arrive sans qu’il soit nécessaire de partir, mais ce qui ‘arrive’, ce n’est déjà plus l’étape ou le but du voyage, mais seulement l’information, l’information-monde, que dis-je, l’information-univers ! »…
Ainsi, entre l'immédiateté (les losanges bleus) de Twitter ou d'autres protocoles et services semblables de communication, et la pérennité (les carrés verts) et l'audience (les triangles rouges) potentielles des billets de blog, le spectre de la communication tisse patiemment sa toile sur l'ensemble de nos identités numériques.


Via O'Reilly Radar.

Ne nous reste plus qu'à découvrir le cycle communicationnel de la traduction tous les "protocoles" actuels et à venir. Quant au contenu des messages (puisque toute communication suppose un message), à nous de l'inventer, ce fameux UGC. Car sans contenu, pas de communication...

Le contenu est la véritable richesse d'Internet !


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vendredi 19 janvier 2007

La professionnalisation du contenu sur Internet


Le contenu, kesako ?
L'UGC, kesako ?
Mr Mojo risin'
Consultant en contenu : kesako ?

En commentant mon dernier billet sur ce que les anglo-saxons nous enseignent, Serge me pose la question suivante :
...je ne sais pas ce qu'est un "consultant en contenu" pourrais-tu me le définir? Que fait-il? Quels sont ses clients? Que leur apporte-t-il en terme de rentabilité? Quel prix pratique-t-il?...
Dans un premier temps, je lui ai donc répondu par un commentaire succinct (au passage, dommage que Blogger ne permette pas de générer un lien direct). En fait, je n'avais jamais songé à détailler ce qu'est le métier d'un consultant en contenu, en donnant naïvement pour acquis que ça coulait de source. Grave erreur en apparence, puisque même Manuel Diaz, un orfèvre en la matière, a souligné le côté un peu abstrait de la terminologie.

Pourtant je me demande : si je vous avais dit "consultant financier", immédiatement vous auriez eu une idée assez précise de quoi je parlais. Par contre, "consultant en contenu" semble soulever un certain flou. Alors pourquoi ? Ce n'est sûrement pas le mot "consultant" qui pose problème, mais plus probablement le deuxième terme de l'équation, "contenu", désormais devenu, tout au moins sur Internet, un mot-valise où l'on peut fourrer tout et n'importe quoi.

Donc avant de donner ma propre réponse aux interrogations posées par Serge, il me paraît bon de tenter une définition de ce qu'est le contenu sur le Web, vaste besogne  !

* * *

Le contenu, kesako ?

Contenu, 124 millions d'occurrences sur Google, et sa déclinaison en anglais, content, près de 1 milliard 400 millions de résultats ! Une notion extrêmement répandue, même à défaut de vraiment savoir ce dont il s'agit...

Il est vrai qu'Internet révolutionne le sens d'un nombre considérable de termes, en marquant une ligne de démarcation nette. Pour rester dans notre exemple, il y a le contenu AVANT et APRÈS Internet.

AVANT, selon le petit Robert :
  1. Ce qui est dans un contenant.
  2. Ce qu'exprime un texte, un discours (cf. teneur).
  3. Ce que signifie un signe (cf. signifié)
Donc, pour tenter un parallèle avec la linguistique, où la signification est le rapport réciproque qui unit le signifiant et le signifié, sur le réseau des réseaux le sens est donné par la conjonction/adéquation du contenant (Internet) et du contenu (tout ce qu'il y a dedans).

APRÈS, le contenu sur la toile, pêle-mêle, c'est l'ensemble des informations linguistiques et graphiques, cartographiques, multimédias (vidéo, voix, données, ...), visibles ou non, structurées ou non, interactives ou non, libres ou propriétaires, etc., qui revêtent des significations/portées différentes en fonction des émetteurs/destinataires :
  1. pour l'internaute lambda, de même que pour la grande majorité des (très) petites entreprises, ce sont toutes les données, lato sensu, qui forment leur présence sur le Web ;
  2. pour les moyennes et grandes entreprises, ce peut être un site/portail de e-commerce, un catalogue sophistiqué en ligne, un intranet, etc. ;
  3. Pour les moteurs et les grands acteurs du Web, c'est de plus en plus l'eldorado de l'UGC, à savoir le contenu généré par l'utilisateur de façon plus ou moins librement consentie, plus ou moins licite, à travers lequel les principaux intéressés bâtissent leurs "inventaires", à savoir des référentiels de données planétaires ayant pour double ambition de rendre accessible toute la connaissance de l'humanité d'une part, et de monétiser/marchandiser ce vieux rêve encyclopédiste de l'autre... Il faut bien vivre :-)
En outre, le contenu ça se gère à différents niveaux, citons entre autres : la saisie, le stockage, l'archivage, la sauvegarde, la sécurité/confidentialité, le contrôle/audit, la recherche, la diffusion, la préservation, la destruction/perte, la syndication, etc.

Sans oublier la cerise sur le gâteau, le multilinguisme et toutes les (non-) stratégies possibles de localisation (PDF, 4,7 Mo) du contenu, quel qu'il soit...

Enfin sur Internet le contenu se doit d'être riche, un nouveau concept, une extension du "rich content" (marquant initialement la combinaison de fonctionnalités d'animation, graphiques, audio et vidéo pour offrir de la musique, des jeux, des films, etc.), aussi bien qualitativement que quantitativement...

Et ce n'est qu'un début. Car avec l'explosion prévisible à court terme du mobile (à ce propos, les observateurs ne manqueront pas d'observer que les grandes manœuvres sont déjà en cours dans la téléphonie mobile, où les alliances se multiplient entre moteurs et pure players, pour ne citer qu'eux), et, bien plus inimaginable encore, de l'Internet des choses, le contenu généré par l'utilisateur a de beaux jours devant lui.

Notion assez emblématique de la génération 2.0 du Web participatif (blogs, wikis, forums, podcasts, réseaux sociaux, votes, recommandations, partages de ressources - liens, photos, vidéos, etc.), de l'intelligence collective, de la sagesse des foules, du peer review (auto-régulation, si vous voulez), ou encore, last but not least, du journalisme citoyen, l'User-Generated Content est défini par Didier Durand comme « le contenu - massif - créé par Mr Tout le Monde et publié sur l'Internet à disposition (gratuite) de la planète entière ».

Mais la question est plutôt délicate à appréhender, aussi voudrais-je m'arrêter un instant sur l'UGC, qui est probablement l'un des enjeux majeurs de l'Internet aujourd'hui. [Début]

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L'UGC, kesako ?

Le contenu généré par l'utilisateur, c'est "Tu bosses et je ramasse", selon Emmanuel Parody, grâce à qui j'ai le mieux compris les tenants et les aboutissants de la production de contenus sur Internet. C'est dans ce billet, qu'il faudrait que je cite dans son intégralité, commentaires inclus, mais autant vous encourager à le lire, lentement et attentivement.

La dimension clé pour comprendre de quoi l'on parle, c'est que dans l'optique des acteurs qui font le Web, l'UGC est une industrie. Écoutons Emmanuel :
(M)on propos consiste à aborder la question sous un angle industriel. Je n’ai aucun doute que l’aventure individuelle d’un blogueur talentueux puisse permettre l’éclosion d’un projet ou d’une success story. D’un point de vue industriel l’histoire se raconte autrement et ce n’est pas contradictoire. Le partage des revenus ou la perf ne suffisent pas à produire le contenu du moins pas celui que l’on attend d’un media d’information.

Sur la crédibilité, c’est une autre question, je n’ai aucun doute sur le fait qu’elle se gagne avec le temps et que chacun à sa chance, c’est probablement le meilleur du phénomène du blog. Pour cette raison je crois volontiers aux trajectoires individuelles mais ca ne fait pas une industrie…
Avec une généralisation du haut débit qui tend à générer une croissance mécanique de la consommation et la création des contenus par les utilisateurs, dont la rémunération devra tôt ou tard être abordée, comme l'observe Francis Pisani en rapportant les propos d'un de ses commentateurs :
[…] les utilisateurs prendront conscience qu’actuellement ils ne bénéficient pas de l’exploitation commerciale des contenus qu’ils produisent. Les services qui permettront de rémunérer les producteurs de contenus l’emporteront sur ceux qui ne rémunèrent pas leurs utilisateurs.
Ça me donne envie de comparer les grands moteurs à des banques, peut-être pas au sens propre (quoique...), qui deviennent des mastodontes de la finance grâce à VOTRE argent, et chez qui vous allez emprunter ce qui n'est finalement que l'argent des autres. Idem pour les moteurs qui capitalisent VOS données pour mieux les monétiser ensuite, la seule contrepartie étant que, de temps en temps, ils vous envoient quelques visiteurs, ce qui est bien gentil de leur part, mais ne nous empêche pas de rester des utilisateurs captifs !

Donc, après les flux monétaires, voici arriver à la vitesse grand V les flux de contenus... [Début]

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Mr Mojo risin'

En fait les premiers signes sont déjà là, avec l'éclosion d'un nouveau "profil professionnel", comme en témoigne cet article du Washington Post sur un MoJo (mobile journalist), un journaliste itinérant, en quelque sorte, pour certains une version plus modeste du grand reporter, qui sillonne les rues de nos quartiers pour fournir en abondance de l'info de proximité, toujours fraîche, voire instantanée.

(à noter en marge du papier du Washington Post cet encadré Technorati qui propose un lien vers tous les billets de blog pointant soit vers cet article - 165 liens à l'heure où j'écris -, soit vers le journal, à mon avis un bon exemple de "coexistence win-win", du collaboratif gagnant-gagnant, quoi...)


Pour autant, va-t-on vers une déclinaison journalistique de la règle des 1% ? Car si le journalisme citoyen est un peu le parangon de ce qu'est l'UGC, cette notion est de plus en plus questionnée, tout comme en général la qualité "communautaire" de ce qui est produit par les utilisateurs, où bien souvent trolls et bilieux se mélangent joyeusement dans la masse.

Comme nous le rappelle Joël Ronez :
Il est surtout mauvais de manière générale d’accoler sans préavis les productions maison faites par des journalistes avec des contenus individuels. Je crois fermement au média participatif, mais pas à l’égalitarisme universel des contenus. Chacun a un statut, un usage, mais ils n’ont certainement pas la même valeur. C’est à l’éditeur à “éditorialiser” les contenus collectés, ou à organiser le débat et les échanges, en mettant à disposition d’une communauté des outils.
Le final cut a de l'avenir...

Alors, demain, tous journalistes ? Disons plutôt une évolution probable du "generated-content" vers le "cogenerated-content", une "co-génération" impliquant une production accompagnée par des professionnels comme ... le consultant en contenu. CDFD :-) [Début]

* * *

Consultant en contenu : kesako ?

Maintenant que j'ai tenté de cerner d'un peu plus près ce qu'est le contenu sur Internet, il est temps que j'essaie d'approfondir les interrogations soulevées par Serge :
  1. Qu'est-ce qu'un consultant en contenu ?
  2. Que fait un consultant en contenu ?
  3. Qui sont les clients d'un consultant en contenu ?
  4. Qu'apporte à ses clients un consultant en contenu en terme de rentabilité ?
  5. Quels sont les prix que pratique un consultant en contenu ?
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1. Qu'est-ce qu'un consultant en contenu ?

Avant tout, c'est quelqu'un qui a une vision globale du paysage Internet (sixième grand média, rappelons-le) sous ses différents aspects et rouages, alimentée par une veille permanente, une vision adaptative, réactive, capable d'anticiper et/ou de rebondir en temps voulu, mais aussi d'isoler un secteur dans une démarche marketing, pour en segmenter les tendances et analyser le positionnement évolutif (en progression ou en régression) de son client sur le Web, tant à l'échelle nationale qu'internationale (pays par pays).

C'est également quelqu'un en mesure de favoriser une réflexion commune sur votre identité numérique, afin de déployer un registre de langue en phase avec votre style de communication, en le basant sur l'adage « la réputation c'est la répétition », ou comment réinventer constamment le même message dans la continuité et réussir à l'affirmer dans cet univers hyperconcurrentiel, hypercompétitif, qu'est le Web. Reputation is repetition...

Enfin c'est un animateur, capable de réunir une équipe cohérente, où compétence rime avec pertinence, pour couvrir « l'ensemble des informations linguistiques et graphiques, cartographiques, multimédias (vidéo, voix, données, ...), visibles ou non, structurées ou non, interactives ou non, libres ou propriétaires, etc. », qui émanent d'une entreprise.

2. Que fait un consultant en contenu ?

Sa tâche essentielle consiste à partager cette vision en la mettant au service d'un projet, qu'il s'agisse de formation, de conseil au développement d'une présence qualifiée sur le Web ou autre.

Personnellement, je transpose à chaque projet la règle G + 2H + 5W que j'applique généralement au discours, en remettant au goût du jour la vieille recette de Quintilien (ça ne nous rajeunit pas)...

Se poser ces questions et y répondre de manière détaillée est indispensable dès lors que chaque action de communication doit être pensée EN COHÉRENCE avec la politique globale existante et EN AMONT du développement de toute forme d'expression/de présence en ligne : qui communique, à qui, quoi, comment, avec quels résultats, etc.

Si vous parlez avec un référenceur, si vous parlez avec un traducteur, si vous parlez avec un graphiste, si vous parlez avec un ..., chacun vous dira que les impératifs liés à chaque métier doivent être pris en compte A PRIORI plutôt qu'A POSTERIORI : AVANT on décide en connaissance de cause, APRÈS on fait ce qu'on peut, mais ça s'apparente davantage à du rapiéçage qu'à une stratégie bien pensée !

3. Qui sont les clients d'un consultant en contenu ?

Du particulier à la multinationale, quiconque a conscience que présence ne signifie pas forcément visibilité, et que le temps de l'improvisation est révolu pour se faire connaître en intégrant tous les paramètres utiles. Sur le réseau, faire savoir/faire valoir ses produits/services nécessite donc de faire appel à des professionnels, sauf avoir de telles ressources en interne.
Et s'il est vrai qu'une entreprise est reconnaissable à sa signalétique autant qu'à sa manière de communiquer, aucune communication corporate ne peut plus faire l'impasse sur la nature du contenu qu'elle produit à l'intention des internautes (qui ont par ailleurs de fortes chances d'être aussi ses clients dans la "vraie vie").

4. Qu'apporte à ses clients un consultant en contenu en terme de rentabilité ?

Je ne pense pas que la question soit suffisamment ciblée pour lui donner une réponse satisfaisante, tant sont nombreux les critères susceptibles d'impacter le ROI. Comme pour tout accompagnement d'un projet, cela dépend des actions envisagées.

Toutefois, juste à titre d'exemple, ça me fait penser à la traduction : aujourd'hui encore, beaucoup trop d'entreprises s'imaginent qu'il suffit de savoir plus ou moins bien deux langues pour traduire, et font appel à leur secrétaire "bilingue" ou à n'importe qui pour rédiger leur correspondance d'affaire ou d'autres documents commerciaux sensibles, en ayant comme seul critère qualitatif de payer le moins cher possible, voire rien du tout. Idem sur Internet, où les sites multilingues traduits par BabelFish et consorts sont légion.

Le résultat, désastreux en termes d'image et de réputation, est à la hauteur de l'investissement. Autant essayer de solutionner la quadrature du triangle... Donc, faire appel à un traducteur professionnel est-il rentable ? That is the question !

5. Quels sont les prix que pratique un consultant en contenu ?

Variables :-) [Début]



P.S. Rien à voir, mais les observateurs attentifs auront compris que je suis un fan de Jim Morrison...

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