dimanche 3 juin 2007

Les temps changent ! Le saviez-vous ?


Ce mash-up reste perfectible, mais c'est la première fois que je m'y colle et j'en ai déjà bien enduré pour en arriver là !

Tout commence par la rédaction de mon billet sur Google, profileur en série, durant laquelle j'ai été amené à voir et revoir Did You Know? Shift happens, dont la chronologie est publiée ici et les sources . Il est d'ailleurs difficile de traduire simplement ces deux derniers mots pour en conserver l'impact. « Les grands bouleversements sont à l'œuvre » : tel est le sens, mais comme à mon avis c'était trop long, j'ai préféré « Les temps changent ». Question de rythme (il y a là tout l'arbitraire - et la magie - de la traduction)...

Cette vidéo m'a toujours impressionné et je voulais la faire partager à celles et ceux qui ne mastiquent pas trop l'anglais en vous en donnant une adaptation. J'ai donc contacté l'auteur, Karl Fisch, qui m'a autorisé à « utiliser/modifier/traduire la présentation à mon gré, tout ce que je jugeais bon pour continuer à alimenter la conversation ».
You're welcome to use/modify/translate the presentation however you'd like - anything to help get those conversations started.
Qu'il en soit chaudement remercié.

Ce tube de YouTube, si vous me passez l'expression, a déjà été vu plus de deux millions de fois en anglais depuis sa mise en ligne, en août 2006, un énorme succès qui a d'ailleurs valu plusieurs reconnaissances à Karl Fisch. Son travail a été repris en janvier 2007 par Scott McLeod, version dont je me suis inspiré pour l'adapter en français. 

Voici le premier jet de ma traduction, à partir de laquelle j'ai francisé la présentation en y ajoutant une autre source sur l'Inde, que vous trouverez en fin de billet.
Did you know? Le saviez-vous ?...

Les chiffres en disent parfois plus long que les mots.

Si vous n’êtes qu'1 sur un million en Chine, il y a 1 300 autres personnes comme vous, et 1 100 en Inde. Les 25% de chinois dont le QI est le plus élevé représentent plus que l'ensemble de la population d'Amérique du Nord. Idem en Inde, avec 28% des indiens. Traduction pour les enseignants : ils ont plus d'enfants doués que nous n'avons d'enfants tout court.

Le saviez-vous ?...

La Chine est en passe de devenir le premier pays où l'on parle anglais dans le monde. Si vous prenez tous les emplois qui existent aujourd'hui aux U.S. pour les transférer en Chine, il y aura encore un excédent de main d'œuvre dans ce pays.
[puisque selon un récent rapport de la Banque mondiale, le marché du travail en Chine compte plus de 400 millions de travailleurs actifs (According to one definition, about 4 million workers were employed in China’s information industry in 2003... These 4 million workers accounted for less than 1 percent of China’s labor force, an extremely small share, especially relative to developed countries...) (cf. highlights)]
Pendant les 6 minutes 05’ de cette présentation, on comptera 60 nouveaux-nés aux U.S, 244 en Chine et 351 en Inde.

L’U.S. Department of Labor estime que, de nos jours, chaque apprenant aura entre 10 et 14 emplois . . . avant d'avoir fêté ses 38 ans. Toujours selon ce même Department of Labor, à l'heure actuelle 1 travailleur sur 4 est salarié depuis moins d'un an dans sa société, et plus d'1 travailleur sur 2 y est salarié depuis moins de cinq ans.

Pour citer le précédent Secrétaire d'État à l'Éducation, M. Richard Riley, les 10 emplois qui seront les plus demandés en 2010 n’existaient pas en 2004.

Aujourd'hui, nous formons donc nos étudiants à des emplois qui n’existent pas encore et à l'utilisation de technologies qui n’ont pas encore été inventées, afin de résoudre des problèmes dont nous ignorons encore tout.

Quel est ce pays ?
  • Le plus riche du monde
  • La plus grosse puissance militaire
  • Le cœur économique mondial des affaires et de la finance
  • Le meilleur système d'enseignement
  • Le centre du monde en termes d'innovations et d'inventions
  • Dont la devise est le standard mondial
  • Où la qualité de la vie est la plus élevée
L'Angleterre. En 1900.

Le saviez-vous ?...

Les U.S. sont au 20e rang en termes de pénétration Internet à haut débit (le Luxembourg vient juste de nous doubler).

En 2002, à elle seule la société Nintendo a investi plus de 140 millions $ en R&D. L’U.S. Federal Government en dépense moins de la moitié dans la Recherche et l'Innovation pour l'Enseignement.

L'année dernière, 1 couple sur 8 marié aux U.S. s'est connu en ligne.

Il y avait plus de 106 millions d'utilisateurs enregistrés sur MySpace en septembre 2006. Si MySpace était un pays, ce serait le 11e pays le plus peuplé du monde (entre le Japon et Mexico). En moyenne, chaque page de MySpace est visitée 30 fois par jour.

Le saviez-vous ?...

Nous vivons en des temps exponentiels.

Il y a plus de 2,7 milliards de recherches effectuées chaque mois sur Google. À qui ces questions étaient-elles posées A.G. (Avant Google) ?

Le nombre de messages textes transmis et reçus chaque jour dans le monde dépasse la population du globe.

La langue anglaise compte environ 540 000 mots, soit environ 5 fois plus qu'à l'époque de Shakespeare.

Plus de 3 000 nouveaux livres sont publiés ... chaque jour.

On estime qu'une semaine d'infos du New York Times ... contient plus de données que ne pouvait en connaître pendant toute sa vie une personne vivant au 18e siècle.

On estime que 40 exaoctets (soit 4,0 x 1019) de nouvelles données seront générées cette année dans le monde (4 fois plus selon d’autres sources), soit davantage qu’au cours des 5 000 ans qui ont précédé.

La quantité des informations techniques en circulation double tous les 2 ans, et on estime qu'elle devrait doubler toutes les 72 heures à partir de 2010.

La troisième génération de fibres optiques a récemment été testée distinctement par NEC et Alcatel, avec un débit ascendant et descendant de 10 000 milliards d'octets par seconde. Soit 1 900 CD ou 150 millions d'appels téléphoniques simultanés par seconde. Des proportions qui triplent environ tous les 6 mois, et une tendance qui devrait se prolonger au moins durant les 20 prochaines années. La fibre est déjà là, ne reste plus qu'à améliorer les connecteurs des terminaisons. Ce qui signifie que le coût marginal de ces améliorations = 0.

Selon les prévisions, l'e-paper coûtera moins cher que le papier.

L'année dernière, 47 millions de portables ont été commercialisés dans le monde, or le projet d'ordinateur portable à 100 $ devrait mettre chaque année entre 50 et 100 millions d'unités à disposition des enfants des pays sous-développés.

D'ici à 2013, on estime qu'un superordinateur dépassera les capacités de calcul du cerveau humain, et d’ici à 2023, lorsque des diplômés de 23 ans frais émoulus de leurs écoles entreprendront leur (première) carrière ... chaque ordinateur à 1 000 $ dépassera les capacités tout court du cerveau humain...

Et tandis qu'il est difficile de prévoir les évolutions techniques à un horizon dépassant 15 ans, les prédictions nous disent que d'ici 2049 un ordinateur à 1 000 $ dépassera les capacités de calcul de l'humanité entière.

Savez-vous ce que tout cela signifie ?

Shift happens. Les temps changent.

Maintenant, vous le saurez...
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PROFIL DÉMOGRAPHIQUE DE L'INDE…

Tandis qu'aujourd'hui, en Inde 50% de la population (soit env. 550 millions d'indiens) a moins de 25 ans, en 2013 (c'est dans six ans...), plus de 600 millions d'entre eux (10 fois la France) auront entre 15 et 44 ans. Pendant ce temps, l'Europe s'inquiète des retraites et de leur financement...

Ça aussi, c'est un shift. Un décalage...

Quant au système d'enseignement, il sort plus de 200 000 ingénieurs par an, dont tous parlent parfaitement l'anglais, ce qui fait probablement de l'Inde le pays n° 1 pour l'externalisation et l'off-shoring d'activités liées à la connaissance (y compris la traduction/localisation)...



Source :



Conclusion

Les temps changent !

Je ne saurais faire le rapport entre pourcentage des terres mondiales vs. pourcentage de la population mondiale, mais je suis sûr que ce serait édifiant. Surtout en termes de densité. La Chine et l'Inde sont véritablement les deux superpuissances en devenir du présent siècle millénaire...



Si l'on veut s'y préparer dès aujourd'hui, autant le savoir !


Liens connexes :
  1. La vidéo (sur Dailymotion, et Youtube) (on en parle aussi sur Scoopeo et Wikio)
  2. Chine
  3. Inde
  4. Blog d'un français en Chine
  5. La Chine racontée par Jean-Michel Billaut
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jeudi 31 mai 2007

Liens Adscriptor sur ... le cerveau !

Liens Adscriptor sur ... le(s) cerveau(x) !

Je ne peux vraiment pas faire l'impasse sur les vidéos qui suivent !

Tout d'abord, la rencontre historique entre Steve Jobs et Bill Gates, qu'on peut vraiment qualifier de pionniers de l'informatique de masse moderne. Deux cerveaux ! Naturellement c'est en anglais, mais ils articulent plutôt bien. L'entrevue à été divisée en 7 parties dont je vous propose la première (les autres sont ici). Sautez la pub...



Via Paul Kedrosky. Pour lire les dialogues, c'est ici (via Francis Pisani).

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La suivante m'est indirectement inspirée par celle-ci, déjà citée dans Google, the serial profiler :


[MàJ - 3 juin 2007 : l'adaptation française de cette vidéo est maintenant disponible]

dont la traduction de la diapo en capture d'écran et des précédentes dit ceci :
D'ici à 2013, on estime qu'un superordinateur dépassera les capacités de calcul du cerveau humain, et d’ici à 2023, lorsque des diplômés de 23 ans frais émoulus de leurs écoles entreprendront leur (première) carrière . . . chaque ordinateur à 1 000 $ dépassera les capacités tout court du cerveau humain.. .

Et tandis qu'il est difficile de prévoir les évolutions techniques à un horizon dépassant 15 ans, les prédictions nous disent que d'ici 2049 un ordinateur à 1 000 $ dépassera les capacités de calcul de l'humanité entière.
Ce qui m'amène à vous présenter la vidéo suivante, absolument incroyable. Laissez-vous aller et regardez-la, vous m'en direz des nouvelles (et vous saurez tout sur Kimputer, le véritable Rain Man...) ! C'est en français, lâchez-vous...


Via Yoan De Macedo. Perso, en voyant ça, je me dis "pauvres ordinateurs" ! Maintenant, si vous souhaitez en savoir plus sur le cerveau...

En attendant, moi je vais reposer le mien, ça m'a fatigué de voir ça :-)

[MàJ - 8 janvier 2008] Je viens de découvrir que la vidéo ci-dessus n'était plus disponible, mais vous pouvez vous consoler avec ce qui suit, vous ne serez pas décus !




P.S. Et devinez un peu qui est-ce qui s'intéresse à notre temps de cerveau...

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mercredi 30 mai 2007

L'entreprise selon Loic Le Meur : morceaux choisis

Ce matin j'ai vu et écouté ce podcast réalisé par Loïc Le Meur, qui parle de l'entrepreneuriat et des entrepreneurs. Très, très intéressant. Où j'ai appris également qu'il est en passe de déménager pour aller vivre à San Francisco, au cœur de la Silicon Valley et que, selon lui, Google est le premier média dans le monde. Ce qui peut sembler une évidence, quoique...

Donc, s'il y a des internautes qui, comme moi, préfèrent le silence de l'écrit - propice à la réflexion - à l'oralité du podcast, je vous rapporte ici les passages qui m'ont marqué, en vrac, juste avec 2-3 retouches pour adapter ça au medium blog et quelques mises en évidence [entre crochets, quelques renvois perso] :
Sauter le pas et ne pas penser aux freins...

Y’a que l’exécution qui compte, l’idée, elle, ne compte pas vraiment !

Aujourd’hui c’est plus facile qu’avant, les ressources sont sur Internet. Tous les pays sont en concurrence les uns et les autres...

Tout est à un clic, notamment avec les blogs, y’a plus de filtre, vous pouvez être directement à la source de l’info.
[cf. mon précédent billet]

L’ère du bêta, càd lancer des produits et les créer avec ses clients. Maintenant on lance, c’est pas fini, c’est pas grave, on lance et on expérimente avec les gens, on construit avec les gens, on regarde en face les critiques… en public, sur un blog ou ailleurs, et on améliore le produit.
[cf. Reportlinker...]

Si on se plante, c’est pas grave, il faut absolument changer, en France, cette culture de l’échec, moi j’arrête pas de me planter, le tout c’est de recommencer et de continuer…
[d'autres parlent d'archaïsme...]

C’est vraiment une idée pour l’instant, et je le partagerai avec tout le monde dès que ça sera un peu plus qu’une idée…

Une équipe ? J’en ai pas, y’a que moi en ce moment…et c’est super agréable, ça vous oblige à vous concentrer sur l’essentiel.

Finalement la règle a changé : plus on partage l’information et plus il y a de personnes qui risquent d’être intéressées, plus elles sont intéressées plus vous avez d’opportunités pour vos produits, pour vos services...

C’est le bouche à oreille qui fait le travail. Sans aucune pub sans aucun marketing. Oui les règles du jeu ont changé, le plus important, la différence la plus importante, c’est la transition incroyable du marketing vers le bouche à oreille
[le buzz]. Et ceux qui vont rester dans les méthodes traditionnelles pour communiquer vont continuer, mais vont aller moins vite que ceux qui utiliseront ces nouveaux moyens…

La sous-traitance est une grande tendance… Au-delà de la sous-traitance « pays pauvres, pays riches », ça va être surtout une tendance d’assembler des gens (ensemble) pour un projet, qui vont se désassembler par la suite quand le projet sera terminé, y compris au niveau des indépendants (free-lances).

Je suis pas pour une entreprise sans salariés, mais je crois que la grande grande tendance c’est 1 entreprise = 1 personne. L’entreprise, c’est vous, et votre blog comme direction de la communication.

La notion de « contrat de travail » et d’exploitation, comme on en entend encore parler, est complètement ringarde à mon avis. eBay, c’est 1 million d’emplois, les gens créent leur emploi.

Finalement une entreprise c’est un projet et rien de plus, et les gens s’assemblent à nouveau et vont se désassembler en fonction des besoins, c’est la flexibilité totale… il faut de la flexibilité dans le travail.

Il y a bien sûr des limites à tout ce que je dis, je veux pas rentrer dans les détails ici, bien sûr ça concerne pas tout le monde, tout le monde peut pas être un entrepreneur, bien sûr beaucoup de gens ont besoin de protection(s)…

Je veux simplement insister sur les tendances de l’évolution en ce moment. À nouveau, pour moi, une société c’est plus la conception de mon père et de mon grand-père, qui avait transmis la société à son fils, et c’était l’entreprise pour la vie et ainsi de suite, moi je pense que c’est une autre ère qui démarre à nouveau, ce sont des projets, finalement… même si ça s’applique surtout à Internet (où tout est dématérialisé…) et pas à toute l’industrie…

Je me fous complètement de la hiérarchie… une notion assez dépassée. Je me vois plus comme animateur d’un groupe que comme un dirigeant.

Probablement un conseil, c’est que si vous créez une entreprise en ayant à l’esprit le fait de vouloir absolument gagner de l’argent, c’est une énorme erreur. Je crois qu’il faut d’abord faire quelque chose qui vous plaît, qui vous passionne, qui vous empêche de dormir la nuit, et le reste c’est un résultat et ça peut pas être une fin. Si ça marche, les résultats financiers seront probablement là, mais pas l’inverse.
Voilà. Je concluerai en insistant sur les deux citations qui me touchent le plus, respectivement en début et en fin de message :
  1. Y’a que l’exécution qui compte, l’idée, elle, ne compte pas vraiment...
  2. Je crois qu’il faut d’abord faire quelque chose qui vous plaît, qui vous passionne, qui vous empêche de dormir la nuit,...
L'idée, car comme je le montre dans ma lettre ouverte à Michel-Édouard Leclerc, si l'on n'a pas les moyens de ses ambitions, les idées restent mort-nées.

Quant à ma réponse à la question : « Qu'est-ce qui m'empêche de dormir la nuit ? », hic et nunc : Internet...

Et pour finir, si les extraits qui précèdent vous donnent envie d'en savoir plus, voici l'intégralité de la vidéo (suffit juste de passer la pub :-).




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Journalistes vs. blogueurs, quelles distinctions ?

Journalistes vs. blogueurs, quelles distinctions complémentarités ?

Il me semble que ce débat, plutôt vif sur Internet, revient régulièrement sur le tapis. Qui voudrait que les blogueurs aient plus ou moins un statut de journalistes, qui souligne que les deux choses n'ont rien à voir, qui affirme sa différence, qui les met sur un pied d'égalité, sans parler de la question du "journalisme citoyen", du "sur un blog on peut dire n'importe quoi", des questions de rémunération, etc.

Signalons tout d'abord que cette réflexion naît d'un commentaire raté. En effet, à la lecture de ce billet de Pointblog, qui nous indique que le journal Le Monde, aussi bien dans son éditorial d'hier que dans un article, « n'est pas tendre avec Google », j'ai voulu faire le commentaire suivant :
Bonjour,

Oui, enfin, ce qui me désole, dans ces articles à l'emporte-pièce, c'est qu'on peut y retrouver tous les arguments bateaux écrits à destination du grand public juste parce que c'est ce genre de discours qu'il veut entendre. Or qu'on puisse lire à l'envi les mêmes poncifs à droite et à gauche ou comme là, plus grave encore, signés Le Monde, ça devrait vraiment faire réfléchir sur la capacité de certains journalistes d'analyser comme il se doit le phénomène Internet.
Donc je renverrais vos lecteurs à deux analyses "sérieuses", une en anglais, et l'autre en français (excusez-moi de me citer). Cordialement,

Jean-Marie Le Ray
Or le système n'accepte pas le commentaire, apparemment pour un problème technique (MàJ : bon, maintenant le commentaire y est, mais entre-temps j'ai commis ce billet...). Quoi qu'il en soit, l'essentiel de ma pensée est résumé dans ce passage : « ce qui me désole, dans ces articles à l'emporte-pièce, c'est qu'on peut y retrouver tous les arguments bateaux écrits à destination du grand public juste parce que c'est ce genre de discours qu'il veut entendre... »

J'en ai fréquemment des exemples, tant dans la presse qu'à la radio (lire mon commentaire, je trouve d'ailleurs Catherine Nivez beaucoup plus juste et pertinente lorsqu'elle s'exprime par écrit) ou la télé. Pas plus tard qu'en début de semaine, j'ai suivi un semblant de reportage aux infos de 13h sur la première chaîne italienne, RAI 1, où l'on ne pouvait s'empêcher de s'interroger sur le sens ultime de ce flux de paroles qui ne conduisait nulle part, sauf à créer toujours plus de confusion dans les esprits des auditeurs. Argument "traité" : Google...

D'où mes perplexités sur « le processus de sélection ex-ante des producteurs de connaissance » que suivraient les journalistes dans les médias traditionnels, tel que le mentionne M. Bouba-Olga dans son analyse intitulée « Journalistes contre blogueurs », qui devrait consister à respecter des canons précis, même transposés à Internet, comme nous le précise Emmanuel Parody : « ...on établit au départ des règles de professionnalisme et des exigences qui sont celles des journalistes. Ceux qui maitrisent ces règles sont naturellement ceux qui s'approprient peu à peu le média. »

Monsieur Bouba-Olga nous soumet par ailleurs le découpage suivant :
Une première façon de traiter le problème est de regarder la qualité de la production des journalistes, et celle des blogueurs. On arrive vite au constat que 4 configurations existent : bons journalistes / mauvais journalistes ; bons blogueurs / mauvais blogueurs.
À rapprocher du découpage que j'ai proposé l'année dernière dans L'asymétrie de crédibilité dans l'information :

Il y a asymétrie lorsque :
  • la source objectivement crédible est subjectivement perçue comme non crédible
  • la source objectivement non crédible est subjectivement perçue comme crédible
auquel s’ajoute cet autre double problème, propre à Internet et aux médias de masse :
  • la source objectivement crédible est largement ignorée (il y a crédibilité sans notoriété / visibilité)
  • la source objectivement non crédible est largement suivie (notoriété / visibilité sans crédibilité)
C'est ainsi qu'en mélangeant les différentes configurations, poursuit M. Bouba-Olga : « C'est aux lecteurs de faire le tri ». Et d'ajouter, sur les blogs, ... on peut trouver des analyses plus fines de problèmes que les médias traditionnels ne peuvent que survoler. On a quelque chose qui ressemble à une opposition entre généralistes (médias traditionnels) et spécialistes (blogueurs experts).

Quelle implication? Globalement, la qualité moyenne des deux types de média peut être la même, ils diffèrent en revanche certainement par la dispersion de la qualité
 :


Une représentation qu'il explique ainsi :
Sur le graphique, la qualité moyenne peut être supposée supérieure dans la presse traditionnelle (Qp) comparativement à la qualité moyenne des blogs (Qb). La courbe de densité des journalistes est plus "petite" afin de prendre en compte le fait que le nombre de journalistes sévissant dans les médias traditionnels est significativement inférieur au nombre de blogueurs. Compte tenu de ce qui a été dit plus haut, on suppose qu'il y a moins de mauvais articles dans la presse traditionnelle en raison du processus de sélection ex-ante, mais aussi moins de très bons articles, en raison de la moins grande spécialisation des journalistes.
Voilà. J'espère que Monsieur Bouba-Olga m'excusera de le citer si longuement, je vous invite d'ailleurs à lire son analyse intégrale.

Personnellement, tout ça me donne beaucoup à réfléchir, et je me demande souvent si la relation entre journalistes et blogueurs se caractérise davantage par les distinctions qui les séparent plutôt que par les complémentarités qui les unissent. C'est selon, probablement. Qu'en pensez-vous ?


P.S. Pour continuer la conversation...

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vendredi 25 mai 2007

Reportlinker : la cata se confirme

Reportlinker : la cata se confirme

Retour sur un précédent billet, la verticalisation des moteurs de recherche, dans lequel j'exprimais une critique de Reportlinker sur son coût excessif, chose largement corroborée par la suite. J'étais alors contacté par Nicolas Bombourg, l'un des deux fondateurs, qui me proposait un accès gratuit d'un mois pour bêta-tester le moteur et, en échange, leur faire remonter toutes les bonnes idées qui me viendraient à l’utilisation de l'outil.

Le 19 avril je recevais le code d'accès et j'effectuais des tests dans la foulée. J'envoyais à Monsieur Bombourg ce que je pensais être mon premier feedback dans la soirée, où j'identifiais six catégories de problèmes. Je vous livre le message tel que je le lui ai envoyé (légèrement adapté pour tenir compte de l'absence des captures d'écran).
1. Incohérences entre titre document et document lui-même

Exemples :

- Titre annoncé : « Téléphonie Mobile et UMTS, Evaluation de la taille du marché dans le monde »
Concrètement : rapport annuel 2004 d'une société luxembourgeoise.

- Titre de l’ « étude » annoncée : « Assurances, Evaluation de la taille du marché, Russie »
En réalité, simple dépliant publicitaire décrivant les activités de la société Kazna, qui évolue dans le domaine de l’assurance, certes, mais point d’évaluation sérieuse du marché de l’assurance en Russie.

2. Problèmes de codage (IE, Firefox ?)

Sur Firefox, tous les mots accentués sont systématiquement tronqués. Résultat, lorsqu’on clique sur le lien avec un codage erroné : aucun résultat. Il faut remettre les accents pour obtenir les résultats.

3. Liens inactifs, critères aussi !

Si je clique sur l’année 2007, qui m’annonce 725 documents, rien ne se passe, les résultats sont les mêmes que ceux des autres années, et les années ne correspondent pas : par ex., deuxième doc = 2006

Quand j’essaie de cliquer sur les docs, les liens ne sont pas actifs sans qu’on comprenne pourquoi.

Autre exemple, en donnant 2007 pour critère : années affichées des 6 premiers doc : nov. 2002 – mars 2005 – mars 2003 – mars 2006 – septembre 2006 – août 2001, mais aucun daté 2007 ! Où sont passés les centaines de documents annoncés ?

4. « Fraîcheur des documents », par ailleurs disponibles en libre accès sur Google

Sur les dix premiers docs téléchargés, dont la date de publication est majoritairement comprise entre 2003 et 2005, j’ai testé Google et tous sont trouvables et téléchargeables via le moteur.

Celui-ci, http://www.openwide.fr/ , qui annonce « Logiciel, Tendances et évolution du marché » date carrément de 2002, un peu dépassé pour les tendances du marché.

5. Liens brisés

Pour cet autre : « Fenêtre et Peintures, Segmentation du marché, Europe et Afrique », le lien de téléchargement ne mène nulle part (de plus la date de mise à jour annonce février 2006, ce qui en ferait un document plutôt « récent » par rapport aux autres).

Idem pour un autre doc du Ministère des Transports du Canada.

6. Quelques autres problèmes, dont la lenteur du serveur dans les réponses, etc.

Conclusion : pour l’instant, j’ai passé près de deux heures dans mes recherches sans véritablement trouver de document pertinent et à jour. Au niveau qualitatif de l’expérience utilisateur, c’est le zéro pointé. Quant au rapport qualité-prix, j’irais plus vite en surfant sur Google, je trouverais de meilleurs documents, et c’est gratuit. Donc si en plus j’avais payé pour ce service, je vous dis pas dans quel état d’esprit je serais.
Dans un premier temps, Monsieur Bombourg a accusé réception (Je suis en déplacement et regarderai vos retours en détail avec intérêt), et puis après, plus rien. Ni le lendemain ni durant les jours qui ont suivi. Silence radio.

Dans un message laissé sur le billet de Jean-Michel Billaut, grâce auquel j'avais découvert ce "service", initialement je faisais le commentaire suivant :
...j'ai passé deux heures à tester l'outil et les résultats sont bien pires que ce à quoi j'avais pensé au départ. J'ai d'ailleurs adressé un compte-rendu détaillé à Monsieur Bombourg, qui n'y a pas donné suite.
Et contrairement à ce que j'ai dit sur mon blog, je n'envisage pas pour l'heure d'informer le lectorat d'Adscriptor de ce compte-rendu, car je n'aime pas m'acharner. J'espère juste qu'il fera réfléchir les personnes concernées.
Et, en effet, telle était mon intention au départ. Toutefois, à son insu, Monsieur Bombourg m'a fait changer d'avis : une dizaine de jours plus tard, j'ai voulu refaire des tests pour confirmer ou infirmer mes premières impressions, or j'ai découvert avec stupeur que mon code d'accès n'était plus valide. Annulé, purement et simplement.

Ce qui m'a mis très en colère. Si on me dit « Vous pourrez y accéder pendant un mois. », la moindre des choses, c'est de tenir parole. J'ai passé plus de 2 heures de mon temps que j'aurais pu employer beaucoup plus utilement, donc le premier des respects à mon égard était de donner crédit à la parole donnée, ce que moi j'ai fait de mon côté.

J'aurais d'ailleurs aimé avoir une réponse argumentée à mes critiques, plutôt qu'un silence qui vaut acquiescement et traduit une incapacité chronique à se remettre en question. Ce qui n'est pas une bonne chose lorsqu'on se vante d'être dans la mouvance Web 2.0 ou Web 3.0. Enfin, pour conclure, je laisse la parole à Pascal, qui a commenté à ma suite (le 3 mai dernier) sur le blog de Jean-Michel Billaut :
Pareil pour moi qui ai eu le droit de tester aussi... J'ai vraiment essayé de lui donner sa chance à ce moteur, en cherchant diverses choses pour un usage réel (pas juste des recherches pour le plaisir d'en faire) mais les résultats sont vraiment mauvais à tous points de vue... À oublier vite...
Oui, c'est bien la seule expression qui convient, Reportlinker, à oublier vite ! Sans parler des économies... Monsieur Bombourg, quand on prétend vouloir jouer le jeu, il faut le jouer jusqu'au bout. Enfin, oser dire que Reportlinker se distingue de Google CSE par l'aspect sémantique, faut vraiment pas craindre !


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jeudi 24 mai 2007

La navigation directe : une affaire d'argent (beaucoup, beaucoup, beaucoup d'argent)

La navigation directe : une affaire d'argent (beaucoup, beaucoup, beaucoup d'argent)...

Premier élément
Deuxième élément
1 + 1

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Après plusieurs billets consacrés à GYM et un long intermède politique (une fois n'est pas coutume), je voudrais revenir sur un sujet que j'affectionne particulièrement : les noms de domaine.

J'ai déjà eu l'occasion d'expliquer comment fonctionne le second marché ou les taste-domaines, de parler de la longue traîne ou de l'ICANN, et surtout de montrer les abus et les rouages du business que font des acteurs tels que GoDaddy, eNom (également impliqué dans le désastre RegisterFly) ou Google, qui n'est pas le dernier puisqu'il joue sur tous les tableaux, notamment avec les AdSense (même si l'orientation pourrait changer, ce qui serait heureux).

Mais aujourd'hui je voudrais vous parler d'un risque. D'un danger, qui ... risque de nous tomber sur le coin du museau sans qu'on s'en aperçoive, et surtout sans que personne n'y trouve rien à redire une fois qu'on sera mis devant le fait accompli. Alors je préviens, c'est tout. Sans grande illusion puisqu'à mon corps défendant je vois ce risque danger se dessiner de façon au moins aussi inéluctable que le profilage en série...

Mais commençons par le commencement, à savoir la navigation directe : le type-in traffic comme disent les anglo-saxons, c'est-à-dire la saisie directe du nom de domaine dans la barre d'adresse du navigateur, une alternative à la recherche sur les moteurs avec de meilleurs taux de conversion, ce qui semble d'ailleurs faire de l'ombre à Google.

Une alternative non négligeable puisqu'on évalue la fourchette des internautes qui naviguent de cette manière entre 10 et 15% du total. Donc lorsque l'on sait qu'au dernier trimestre 2006, Verisign a traité en moyenne 24 milliards de requêtes PAR JOUR uniquement sur les extensions .COM et .NET, ça peut donner une légère idée de ce dont on parle... (Voulez-vous que je répète ? : « VeriSign processed an average of 24 billion .com and .net queries per day in the fourth quarter of 2006... »

VeriSign, donc, qui est mieux placée que quiconque pour connaître les chiffres, a compris très tôt tous les bénéfices potentiels qu'elle pouvait tirer de la navigation directe, en introduisant dès 2003 le concept du SiteFinder, qui consistait à rediriger vers ses serveurs toutes les saisies de domaines inexistants en .COM et .NET (saisies erronées soit à cause de fautes de frappe soit parce que les domaines entrés n'étaient pas enregistrés). Ce fut un tollé général, davantage pour des questions liées à la vie privée des internautes que pour des questions techniques, et même si apparemment Verisign a perdu son procès, cette affaire est indirectement à l'origine du renouvellement par l'ICANN de son contrat de Registre agréé.

Or que se passe-t-il 4 ans plus tard (SiteFinder remonte à sept.-oct. 2003) ? Dans les principaux contrats d'agrément signés avec les registres, l'ICANN a introduit une clause (je ne les ai pas tous vérifiés, mais elle est présente pour les extensions .ORG, .BIZ, .INFO), généralement à la Section 3.1(f) de l'ARTICLE III (Covenants), intitulée Traffic Data, qui dit exactement ceci :
Nothing in this Agreement shall preclude Registry Operator from making commercial use of, or collecting, traffic data regarding domain names or non-existent domain names for purposes such as, without limitation, ...
(...)
Nothing contained in this section 3.1(f) shall be deemed to constitute consent or acquiescence by ICANN to an introduction by Registry Operator of a service employing a universal wildcard function.

Traduction

Rien dans cet accord n'empêche le Registre de collecter ou d'exploiter commercialement les données statistiques concernant le trafic des noms de domaine existants OU NON, à des fins, sans que la liste soit exhaustive...
(...)
Aucune des dispositions de la présente section 3.1(f) ne sera réputée impliquer le consentement ou l'acquiescement de l'ICANN à l'introduction par l'opérateur du Registre d'un service employant une fonctionnalité de jocker universel.
Maintenant, pour ce qui concerne Verisign, si la clause n'est pas présente pour le .NET, elle est bel et bien là pour le .COM, l'ICANN se montrant encore plus explicite :
Nothing contained in this section 3.1(f) shall be deemed to constitute consent or acquiescence by ICANN to a re-introduction by Registry Operator of the SiteFinder service previously introduced by the Registry Operator on or about September 15, 2003, or the introduction of any substantially similar service employing a universal wildcard function intended to achieve the same or substantially similar effect as the SiteFinder service.

Aucune des dispositions de la présente section 3.1(f) ne sera réputée impliquer le consentement ou l'acquiescement de l'ICANN à la réintroduction par l'opérateur du Registre du service SiteFinder, précédemment introduit par ce même opérateur aux alentours du 15 septembre 2003, ni à l'introduction d'un service sensiblement identique employant une fonctionnalité de jocker universel, qui aurait des buts et des effets sensiblement identiques à ceux du service SiteFinder.
Donc, au plan légal, la question que je me (vous) pose est celle-ci : « Quelle est la portée juridique de cette phrase (Aucune des dispositions de la présente section 3.1(f) ne sera réputée impliquer le consentement ou l'acquiescement de l'ICANN...) ? »

Je ne suis pas spécialiste du droit des noms de domaine, mais si les mots veulent dire ce qu'ils disent, ça signifie tout simplement que l'ICANN n'entend pas cautionner cette pratique, sans l'interdire formellement pour autant...

C'est le premier élément. Passons au second. [Début]

* * *

Les ccTLDs (Country Code Top-Level Domains) sont les extensions correspondant aux codes pays, dont l'utilisation est en hausse constante (voir les stats). Selon Verisign, fin 2006 on comptait 43,7 millions de domaines enregistrés en codes pays (soit une augmentation de 31% par rapport à fin 2005), dont plus de quatre millions enregistrés durant le dernier trimestre 2006 (soit 10% de mieux que le trimestre précédent. L'extension la plus en vogue est le .cn (Chine), tandis que 42 autres codes pays connaissent un taux de progression à deux chiffres, dont le .se (Suède), .es (Espagne), .ru (Russie), .at (Autriche).
2006 ended with 43.7 million ccTLDs, a 31 percent increase over the end of 2005. Just over four million ccTLDs were added in the fourth quarter of 2006, a 10 percent growth over the third quarter. This is the largest quarterly growth for ccTLDs. The growth seems to be driven in large part by .cn (China) which added more than 500,000 names in the fourth quarter alone, a 43 percent increase quarter over quarter. While China made a large impact, the growth was widespread with fifty-two ccTLDs experiencing double-digit growth including .se (Sweden), .es (Spain), .ru (Russia) and .at (Austria).


En outre, comme le reconnaît l'ICANN, les relations avec les opérateurs des registres pays sont plus complexes à gérer (These relationships are more complex, because of the varying circumstances ... of different ccTLDs and the organizations that operate them).

Prenons l'exemple du Cameroun (.cm) et de Kevin Ham, fondateur de Reinvent Technology (plus ici).

En exploitant un brevet déposé par Robert Seeman en 2006, n° 20060053213, intitulé « Method of handling web page requests from a browser » (Méthode de traitement des requêtes d'affichage d'une page Web à partir d'un navigateur), Kevin Ham a passé un accord avec le premier ministre de ce pays, Monsieur Ephraïm Inoni, de sorte que tous les type-ins ayant une extension .cm saisis par les internautes finissent sur un site, Agoga.com, qui compte actuellement la bagatelle de ... 8 millions de visiteurs uniques par mois ! Si Adscriptor faisait ça, je crois que je mettrais des Adsense dessus. :-)


Essayez cette requête, vous verrez que les pubs sont servies par ... Yahoo! Qui n'a pas commis l'erreur de Google, de ne pas enregistrer son extension en .cm (la redirection de Google.cm sur un autre site qu'Agoga étant due uniquement au souci de M. Ham d'éviter quelque casse-tête juridique...).

Mais le brevet va plus loin, puisque s'il mentionne expressément les cinq extensions qui sont des typos des .COM et .NET [".cm" (Cameroun), ".om" (Oman), ".co" (Colombie Britannique), ".ne" (Niger) et ".et" (Éthiopie)], il est beaucoup plus générique dans ses revendications (1. A method of handling a request from a browser for a web page with a given TLD that an end-user has entered into the browser URL line, comprising the steps of: (a) determining whether the URL defines a web page that exists for that TLD; (b) if it does not exist, then providing for a domain name server to automatically direct the browser to at least one web site and not provide an error message; characterised in that the TLD has been erroneously entered by the end-user as a ccTLD instead of a TLD selected from the set of .com and .net TLDs.)... [Début]

* * *

Une info qui va faire son petit bonhomme de chemin puisqu'elle a été relayée avant-hier par Michael Arrington lui-même et reprise sur Techcrunch France, où elle est donnée brute...

J'espère donc que la présente analyse vous permettra d'y voir plus clair, ma principale crainte étant qu'en faisant 1 + 1 on puisse un jour se retrouver avec un certain nombre de registres qui mettront en œuvre ce genre de pratiques, sans que rien ne puisse légalement les en empêcher.

Mais bon, je me trompe peut-être. Du moins je l'espère. [Début]


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dimanche 20 mai 2007

Google, the serial Profiler

Introduction
Le brevet qui fait peur
Sur Internet, la gratuité est-elle gratuite ?

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Introduction

Je suis toujours très étonné de voir que les gens s'étonnent des implications infinies qu'a et qu'aura de plus en plus Internet sur nos vies privées. Et de voir des levées de bouclier plus ou moins étendues, plus ou moins consensuelles, contre l'espionnage et le profilage comportemental qui menacent le respect de nos libertés individuelles, de nos choix personnels et professionnels, de notre aptitude à décider, etc.

De même que l'identité numérique est inévitable, le profilage qui en est le pendant naturel l'est tout autant pour les marchands. Car dès que nous nous connectons à Internet, nos faits et gestes sont traqués, pesés, soupesés, analysés, décortiqués, etc. Sachons-le !

Et ne soyons pas surpris : inutile de faire semblant de croire qu'on pourrait y échapper, inutile de s'indigner (attention, je ne dis pas que s'indigner n'est pas légitime, je dis que c'est inutile, nuance, même si je vais vous paraître désabusé...), les intérêts et les puissances en jeu - économiques et autres - sont trop considérables pour prendre en compte les attentes de l'internaute lambda, dont l'opinion a environ la même densité que la goutte d'eau dans l'océan...

Pour faire une métaphore, l'information aujourd'hui, c'est comme le pétrole il y a un siècle et demi, un gisement brut dont l'humanité se nourrira longtemps encore, et les effets collatéraux tels que le réchauffement climatique n'ont jamais empêché les marchands d'imposer l'or noir au monde entier, ni de le rendre indispensable et irremplaçable alors même qu'il pourrait être remplacé. Substituez juste "réchauffement climatique" avec "respect de la vie privée" pour aller jusqu'au bout de l'analogie...

Fini le marketing de masse indifférencié, les techniques de pointe sont depuis longtemps déjà au ciblage socio-démographique, au profilage psychologique et comportemental (qui n'est plus l'apanage des seuls criminels), au géomarketing, etc. Et qu’on le craigne ou s’en offusque n’y changera rien. Depuis longtemps le cynisme et le pragmatisme des publicitaires ont pris le pas sur les bonnes vieilles valeurs d’antan, il faut en être conscients. Sous peine d’immenses et d’intenses désillusions, cruelles certes, mais qui ne changeront pas le cours de l’histoire pour autant.

Déjà, pour les gourous de l’Internet qui décident où, quand et comment placer leur pub pour qu’elle ait l’impact le plus fort et le taux de transformation le plus élevé, il y a longtemps qu’une somme d’individus ne fait plus une collectivité mais un marché, ou plutôt des marchés, autre abstraction bien commode par les temps qui courent. Et qu’on appelle ces individus internautes, utilisateurs, journalistes citoyens ou autres ne fait aucune différence.

Désormais, la segmentation sur Internet se fait tellement efficace que la plus petite unité de découpage est l’individu, qui se trouve ainsi pratiquement dépecé, analysé sous toutes ses coutures et composantes, physiques, mentales, sociales, culturelles, économiques, publiques, privées, familiales, professionnelles, voire sexuelles, raciales et religieuses, etc., au point que chacun est un marché à lui tout seul, chacune un marché à elle seule. Le graal des marketers depuis la nuit des temps…

Qui ne vont pas se priver de continuer à archiver, trier, répertorier, géoréférencer, etc., une masse de données considérable, dont la croissance exponentielle fait passer la loi de Moore pour de la roupie de sansonnet.

Sans oublier que dans un avenir très proche la montée en puissance de la téléphonie mobile, le déploiement mondial de la biométrie et de certaines FET (technologies futures et émergentes), mais aussi de l’Internet des choses, tout cela permettra aux entreprises d’anticiper toujours davantage, voire d’inventer – au plus près (dimension géospatiale) et au plus tôt (dimension temporelle) – nos attentes, nos désirs, nos goûts, etc., avec une exactitude quasi-satellitaire, un niveau de précision jamais égalé à ce jour, et aujourd’hui encore bien moins que demain.

S'il ne fallait citer qu'un chiffre :


[MàJ - 3 juin 2007 : l'adaptation française de cette vidéo est maintenant disponible]

A fortiori, il n'y a pas que les entreprises. Faites confiance aux gouvernements et aux institutions de tous bords pour en faire autant. Avec notre accord ou sans. Du genre « ennemis de l'État ». Les enjeux sont trops gigantesques pour qu'ils s'arrêtent à des détails aussi insignifiants que l'avis des personnes.

Pour employer un néologisme parlant, nous serons vivisséqués et surveillés en permanence. Tout au long de notre existence, du berceau au tombeau. Qu’on le veuille ou non.

Donc si ce préambule est clair, nous pouvons entrer dans le vif du sujet. [Début]

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Le brevet qui fait peur

Cet article couvait en moi depuis quelques mois déjà, mais c'est la lecture du billet de François Grisoni sur l'excellent Googlinside qui en a été le déclencheur. Intitulé « Le brevet qui fait peur », l'auteur s'inquiète de ce qu' « il serait possible d'établir le profil psychologique d'un joueur sans interférer avec l'expérience de ce dernier... », offrant ainsi la possibilité « effectivement très simple et sans doute particulièrement tentant(e) de croiser les données recueillies à l'aide de cette technologie aux informations déposées par le joueur lors de son inscription, rompant ainsi l'anonymat des statistiques. »

Donc, dans un premier temps j'ai voulu en savoir plus sur le dépôt (par BALUJA, Shumeet aux U.S. et par Google hors U.S.) du brevet n° 20070072676, intitulé « Using information from user-video game interactions to target advertisements, such as advertisements to be served in video games for example » (traduction officielle : utilisation d'informations issues d'interactions de jeux vidéo utilisateur pour cibler des publicités telles que des publicités pouvant servir dans des jeux vidéo par exemple), qui décrit de manière assez détaillée un échantillon possible des emplois multiples que l'on peut faire des saisies/actions de l'utilisateur. Exemple avec le point 47 de la description :
User input may include user selections, user dialog, user play, etc. User selections may include, for example, one or more of characters, vehicles (e.g., a specific make of an automobile, car color, engine modifications, car modifications, etc.), tracks, courses or fields (e.g., a specific racetrack, a specific stadium, etc.), teams, players, attire, physical attributes, etc. There are many customizations a user may select from depending on the genre of the game. These selections may reflect the user's fondness, preferences, and/or interests. User dialog (e.g., from role playing games, simulation games, etc.) may be used to characterize the user (e.g., literate or illiterate, profane, blunt, or polite, quiet or chatty, etc.). Also, user play may be used to characterize the user (e.g., cautious, strategic, risk-taker, aggressive, non-confrontational, stealthy, honest, dishonest, cooperative, uncooperative, etc.).
François Grisoni nous fournit une traduction partielle (la partie en gras ci-dessus), qui donne une bonne idée de l'ambiance :
Les dialogues (par exemple dans les RPG, les simulations, etc.) peuvent être utilisés pour caractériser l’utilisateur (par exemple éduqué, profane, franc, poli, calme, etc.). De la même façon, la façon de jouer de d’utilisateur peut être analysée (par exemple courageux, agressif, évite les confrontations, discret, honnête, coopératif, indépendant, etc.).
Par conséquent, s'il est clair qu'on peut légitimement s'en inquiéter, il est tout aussi clair de voir que la stratégie globale des firmes va inexorablement dans ce sens, et que les quantités de plus en plus faramineuses de données qu'elles récoltent tous azimuts à notre sujet seront peu ou prou utilisées pour influer sur nos choix, nos actions, nos comportements, etc., la liste n'est limitée que par l'imagination.

Et même si les sociétés telles que Google cherchent constamment à nous rassurer, il est évident qu'emmagasiner autant de données sans les exploiter serait suicidaire pour une entreprise. La mise à disposition "gracieuse" de plus en plus de services destinés aux internautes n'a d'ailleurs pas d'autre but que de collecter et d'amasser nos données à des fins de traitement, de ciblage, etc. Ce qui nous amène à nous poser la question suivante... [Début]

[MàJ - 29 mai 2007] À propos de Googlinside , voir la vidéo qu'ils ont réalisée. Même muet, il est parlant, ce GMan...



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Sur Internet, la gratuité est-elle gratuite ?

La réponse est évidente : NON ! La seule justification de l'apparente gratuité sur Internet est qu'elle permet d'obtenir un avantage en retour, que ce soit en termes économiques, d'analyse, de positionnement, de pénétration, etc. Ce que les auteurs du rapport sur l'économie de l'immatériel (PDF, 700 ko) appellent « Le paradoxe de la "valeur gratuite" ».

Et au final de mieux capturer l' "utilisateur" dans les rets du filet, le Net, de la toile, le Web, du réseau, le Network, du réseau des réseaux, Internet ! Pour mieux le faire confluer, converger, consommer, etc. Seul point commun, le préfixe con...

Le jour de mon 49e anniversaire, il y a plus d'un an déjà, je sais :-(, dans un billet intitulé Google : the Portal Strategy!, qui tentait de dresser un panorama détaillé de la galaxie de services grâce auxquels Google centralise de plus en plus de données précises sur les internautes, j'envisageais explicitement le rôle de profileur de Google en ces termes :
Par conséquent dans cette logique, à terme plus ou moins rapproché, la prochaine étape consistera très probablement à s’éloigner de la catégorisation des annonces pour passer à leur individualisation. En bref :

fini les AdSenses ciblés, vive les AdSenses personnalisés !

Une (r)évolution qui me semble inéluctable, vu les ambitions affichées par Google : à partir du moment où la firme possède une énorme quantité d’informations sur vous et peut en extraire un profilage systématique et significatif, qu’est-ce qui l'empêchera de vous proposer des AdSenses en fonction de vos préférences ?

Concrètement, cela signifie que deux internautes faisant la même recherche sur le même Data Center de Google, à un instant donné, se verront proposer des AdSenses distincts dans les résultats, ciblés sur leurs centres d’intérêts, tous les produits et services destinés a priori à améliorer votre « expérience de navigation », dans le discours bien rodé de Google, servant naturellement à personnaliser les annonces à votre intention, évidemment différentes de celles du voisin.

Avec à plus ou moins long terme aussi, le risque danger que les résultats fournis deviennent de moins en moins neutres, objectifs, et de plus en plus orientés, pilotés, en fonction des intérêts des parties prenantes (voir les résultats de Google Base qui font déjà de l'ombre aux liens sponsorisés...). Car jusqu'à preuve du contraire, nous devons bien comprendre (et donc, ne pas confondre) qu’un moteur de recherches n’est pas un service public mais une entreprise privée, et commerciale, d’où les inévitables pressions pour « monétiser » ses produits et services et constamment améliorer le fameux ROI… Ça semble couler de source, mais le rappel n’est pas inutile  !
Attention, je ne parle ici que des Adsense (sans évoquer la myriade d'autres usages possibles), non pas de leur personnalisation côté éditeur, au sens d’intégration et d’optimisation des messages de pub dans votre site, mais bien de leur personnalisation côté Google, c’est-à-dire au niveau des Adsense servis par le moteur. Dont je considère qu'avec sa nouvelle accroche subliminale, Universal Search, Ads & Apps, tout est dit.

Ainsi je ne peux que confirmer la conclusion que je tenais dès mars 2006 :

Le client est ROI, certes, mais roi de quoi ?...

Alors, Google profileur en série, oui ou non ? Qu'en pensez-vous ? [Début]


P.S. L'appellation de "profileur en série" dont j'affuble Google vaut tout autant pour les acteurs majeurs du Web, mais pas seulement, d'AOL à Microsoft, de Verisign à Yahoo!, en passant par GoDaddy ou qui vous voulez, il est important de le préciser... [Début]

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