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mercredi 9 août 2006

Go Daddy retire sa demande d'introduction en bourse !


Actualité oblige !

Bob Parsons nous a habitué aux surprises, mais celle-ci est de taille. Après avoir déposé une demande d'introduction en bourse auprès de la SEC, l'autorité américaine pour les opérations de bourse, il vient de la retirer, entre autres à cause des conditions défavorables du marché (because of unfavorable market conditions).

Il nous en explique les raisons en détail sur son blog. Petit résumé :
Aujourd'hui, mardi 8 août 2006, j'ai informé les 1 200 employés du Groupe que Go Daddy a demandé à la SEC le retrait officiel de sa demande d'introduction en bourse.

Nous venons tout juste d'achever notre meilleur trimestre depuis que la société existe ! Trimestre durant lequel nous avons dégagé un C.A. de 56 985 000 $, une perte nette comptable de 733 000 $ et une trésorerie positive de 14 240 000 $.

Au moment où j'écris ce billet, les chiffres de juillet et d'août poursuivent leur tendance à la hausse.

Nous avons reçu le feu vert de la SEC la semaine dernière, ce qui signifie que la décision nous appartient désormais, ainsi que le choix des dates.

Le 29 juillet dernier, j'ai annoncé de concert avec Jay Westerdal (Name Intelligence), que le portefeuille de domaines de Go Daddy n'était pas seulement le numéro 1, avec quelque 14,6 millions de noms enregistrés, mais qu'il représentait plus du double de celui de notre premier concurrent.

Pour mettre cette évolution en perspective, il suffit de rappeler que nous avons dépassé l'ex leader dans l'industrie des noms de domaines (Network Solutions), le 26 april 2005, et que nous l'avons relégué loin derrière
(il est désormais troisième, et vu les prix pratiqués, c'est encore étonnant ! - NdT.) en 15 mois à peine !


Donc grâce à nos chers clients, aujourd'hui nous pouvons dire qu'environ 1 domaine sur 3 enregistré aux États-Unis l'est chez GoDaddy.com. Personne n'innove autant que nous !

De plus nous sommes le seul registreur qui n'offre pratiquement à ses clients que des technologies propriétaires...

Pourquoi ai-je décidé de retirer la demande d'introduction en bourse de Go Daddy ? Au moment même où notre situation est meilleure qu'elle ne l'a jamais été ? Trois raisons à cela :

1. Les conditions du marché
2. La période de silence
3. Go Daddy n'a plus besoin d'être une société cotée
Sans rentrer dans les détails, disons qu'en effet, pour des entreprises qui ne peuvent justifier de profits exceptionnels et d'une croissance à deux chiffres, les récentes introductions U.S. tournent au bide (Vonage et Qimonda), un état de fait qui a dû conseiller à Bob Parsons d'attendre des jours meilleurs...

Par ailleurs, le PDG de Go Daddy, qui dit notoirement ce qu'il a à dire, juge suffoquante la « période de silence » (Quiet Period) qui accompagne toute introduction en Bourse. D'où sa conclusion :
We don’t have to go public.
The Go Daddy Group, Inc. has one investor: Me.
(...)
Controlling our own destiny is what has made this company GREAT from the start.


Go Daddy n'a plus besoin d'être cotée !
La société n'a qu'un seul investisseur, moi !
(...)
Or maîtriser notre destinée, c'est ce qui fait la grandeur de notre société depuis le début.
On croirait entendre parler un français :-)


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mercredi 2 août 2006

Creation du deuxieme Registreur mondial : eNom rachete BulkRegister


Bouleversement du paysage dans le marché des noms de domaines : eNom, troisième Registreur mondial derrière Go Daddy et Network Solutions, qui passe au second rang avec le rachat de BulkRegister, pèsera désormais 10,065% des parts de marché (contre 17,884% pour Go Daddy), soit au total 6 832 307 domaines comptabilisés.


Chiffre qui représente un gain de plus de 1 million de domaines au deuxième trimestre 2006, si je m'en réfère aux dernières statistiques disponibles aujourd'hui sur le site de l'ICANN, actualisées au 31/03/06 :


Source : eNom's Acquisition of BulkRegister Changes Domain Name Landscape

Pour donner un ordre de comparaison, en mai dernier, « Gandi annonçait gérer 459 000 noms de domaine dans 232 pays, ce qui en ferait le premier registrar français et le placerait au 4e rang européen. ». Source : ZigZag

Ça aide à mesurer l'écart avec les américains...



* * *

D'autre part, ce même article nous apprend que Melbourne IT (cinquième rang actuel) serait en passe de faire l'acquisition de Web Central Group, premier centre d'enregistrement australien.

Il est intéressant de noter que ces grandes manœuvres ont lieu au moment où les business models liés aux domaines sont en pleine évolution, ceci explique cela, y compris l'apparition de nouvelles formes de partenariat.

Traditionnellement, ces groupes tiraient leurs revenus de leur monopole de fait (NetWork Solutions, Register), puis sont arrivés les casseurs de prix (dont GoDaddy), et aujourd'hui les seuls droits d'enregistrement des noms ne suffisent plus à générer suffisamment de cash pour les rentabiliser. D'où le domain kiting et autres pratiques, tacitement acceptées par l'ICANN dans l'attente de l'arrivée probable de la longue traîne des noms de domaine...

Une autre évolution déjà en cours consiste pour les Registreurs à développer un pack de services liés à la gestion d'un nom : réalisation d'un site, hébergement, intégration de fonctionnalités ad hoc (courriel, etc.), monétisation, etc. Le but étant de proposer un one-stop-shop en mesure de satisfaire les besoins des enregistreurs pour conquérir et fidéliser une clientèle toujours plus vaste et exigeante.

Aujourd'hui, les coûts d'acquisition d'un client dans les services d'hébergement montent en flèche, à tel point que certaines sociétés sont prêtes à payer 100$ ou plus pour capter de nouveaux utilisateurs. D'où les excellents résultats de régies publicitaires comme ValueClick (Commission Junction) ou aQuantive. Il est clair qu'on va vers la fourniture "gratuite" de domaines, selon un modèle bien connu sur le Web avec la pléthore d'applicatifs disponibles gratuitement au téléchargement pour mieux fidéliser une clientèle dans un deuxième temps.

Les mots clés de cette orientation : monétisation, affiliation, génération de trafic, liens sponsorisés, stratégie de référencement, CPA. À suivre...

[MàJ - 10 août 2006] Suite au commentaire de Patrick, merci encore pour ces données détaillés sur le nouveau eNom (eNom401, Incorporated), sur Gandi et OVH, même si la comparaison avec la position de Go Daddy me semble aléatoire, puisque les chiffres donnés par Bob Parsons font état de 14,6 millions de domaines enregistrés, soit près de 4 millions de plus en moins d'un semestre !



P.S. J'allais oublier la citation officielle du jour : « The use of Domain Names for "advertising" is not encouraged... » (L'utilisation des noms de domaine à des fins publicitaires n'est pas encouragée...)



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samedi 22 juillet 2006

Google partenaire de Go Daddy dans le business des noms de domaine

Google partenaire de Go Daddy dans le business des noms de domaine

Une actu sur laquelle je ne peux absolument pas faire l'impasse.

Lue sur le blog de John Battelle, où il mentionne un article de Scott Karp dénonçant l'hypocrisie de Google, qui d'un côté pénalise les annonceurs AdWords (voir également la question examinée sous un autre angle par Vinny Lingham), et de l'autre passe un accord avec GoDaddy, grand pourfendeur de bidonnages en tous genres sur les noms de domaine, pour qu'il mette à la disposition de ses clients (dont moi...) des pages parking monétisées grâce au service AdSense for Domains de Google. Une hypocrisie que j'observais déjà en ... février dernier ! Du genre « ma main droite ignore ce que fait ma main gauche »...

Scott Karp tient cette info de Jen Sense, qui remarque une différence ... de taille : jusqu'à présent, ce service de parking était réservé aux seuls "domaineurs" réalisant plus de 750 000 pages vues par mois. Or en proportion de la population Internet mondiale, il ne doit quand même pas y en avoir des masses ! Avec ce nouveau partenariat, la firme de Mountain View accroît considérablement son "visitorat" potentiel, puisque tout utilisateur peut dès maintenant tenter de monétiser ses domaines, une pratique commerciale très peu prisée du public francophone, mais qui fait rage Outre-Atlantique et ailleurs.

Bob Parsons joue ainsi sur les deux tableaux, puisqu'il encaisse le loyer de ses utilisateurs d'un côté, et les reversements de Google de l'autre. Service baptisé CashParking :


Les trois formules prévoient respectivement un reversement de 60, 70 ou 80% au titulaire du domaine selon l'abonnement qu'il choisit, à partir de 3,99 $/mois, 9,99 $/mois ou 24,99 $/mois, avec des rabais si vous choisissez sur un an (10%) ou deux (20%).

Il existe différentes formes de parking, comme sur Sedo, autre acteur majeur dans les noms de domaine, qui propose une offre de parking gratuit :


Il faudrait bien sûr étudier tous les critères qui rentrent en jeu (nombreux), afin de déterminer les pour et les contre, mais je n'ai franchement pas le temps.

Pour vous donner une idée de ce dont nous parlons, voici une comparaison succincte entre les statistiques fournies en exemple par GoDaddy :


et des chiffres réels, extraits d'un "portefeuille" de 7 domaines que j'ai stationnés chez Parked.com depuis 43 jours :


Petit glossaire des fondamentaux de la monétisation :
  • CTR / Click Through Ratio - ou Click Thru Rate : taux de clics (TDC), à savoir le pourcentage de vos visiteurs qui vont finir par cliquer sur une pub
  • RPC / Revenue Per Click : revenu par clic, soit le revenu réalisé à chaque fois que l'internaute clique sur une pub ; fait pendant au CPC (Cost Per Click), ou coût par clic, tarifé à l'annonceur chaque fois que sa pub s'affiche
  • RPM / Revenue Per Mil - Revenue Per Thousand Impressions : revenu par mille impressions, soit le revenu réalisé à chaque fois qu'une pub est vue mille fois ; fait pendant au Coût par 1000 impressions (ou CPM), qui est le tarif payé par l'annonceur
  • PPC (Pay Per Click), sigle qui regroupe tous les programmes de paiement au clic, tels qu'AdSense, par exemple.
Donc, mis à part mon dernier domaine, pour qui à l'évidence personne n'a le déclic (il est clair que la qualité d'un domaine parqué dépend essentiellement de son aptitude à générer du trafic en type-in, même si à mon avis les choses évolueront aussi de ce côté-là...), voici ce qui ressort :
  1. Mon taux de clics varie dans une fourchette entre 12,50 et 22,52%, soit en gros entre 1 internaute sur 5 et 1 sur 6 qui cliquent sur les pubs. Donc le CTR de 15% pris en hypothèse pour le programme CashParking est très vraisemblable
  2. Les 45 000 impressions envisagées par GoDaddy représentent env. 21,5 fois mes 2 090 visiteurs, indépendamment de la durée. Or en multipliant par 21,5 les 36,39 $ que j'ai gagnés en 1 mois et demi, ça nous donne 782,385 $, un résultat parfaitement en phase avec les 792,16 $ annoncés pour 80% de reversement
  3. Monétisation, lecture du tableau ci-dessus :
    • 4 domaines sur 7 réalisent 97% des visites et 99% du TDC ; 1 domaine génère à lui seul les 3/4 des gains : 69% des visites, mais 73% du TDC et 75% du revenu
    • En données journalières, cela donne une moyenne de 48,6 visites pour 9,5 clics, soit très exactement 1 clic tous les 5 internautes : TDC = 19,57%, et par défaut ... 0,85 $ gagné par jour (moyenne presque identique au RPC, autant dire 1 clic par jour qui rapporte !, sur 9,5)
    • Le revenu par 1000 impressions (RPM) est de 17,41 $ : 0,01741 x 2090 visites = 36,3869 $, arrondis à 36,39 $
    • Le revenu par clic (RPC) est de 0,08897 (36,39 $ / 404 clics), arrondi à 0,09 $
  4. Conclusion : toutes proportions gardées, les estimations de GoDaddy sont vraisemblables, car les gains restent en ligne avec ceux que j'ai réalisés en 43 jours, même si la période temporelle qu'il considère est plus courte (1 mois contre 1 mois et demi), mais avec 25 fois plus de domaines que les miens (100 contre mes 4 qui marchent, puisque sur les 7 stationnés, 3 ne sont absolument pas significatifs, alors que le coût annuel d'enregistrement des autres est déjà largement récupéré), contre 21,5 fois le C.A.
  5. Ne reste plus qu'à trouver les noms de domaine qui cartonnent, mais ça c'est une autre histoire...
Voilà. Donc, au vu de ces chiffres minuscules, imaginez le C.A. dégagé chaque mois par ceux qui pratiquent le domain kiting ! Un abus qui, en théorie, devrait être combattu par la longue traîne et les domaines de deuxième génération qui finiront bien par voir le jour, tôt ou tard... Cette fois, scoop d'Adscriptor, même Bob Parsons est d'accord, c'est vous dire :
Dear Jean,
The long tail proposal is certainly better than the abuse that is going on now.
Appreciate your post,
Bob Parsons, on Jul 6 2006, 14:24

(la solution proposée de la longue traîne est certainement meilleure que les abus actuellement perpétrés...)
Quant à la fraude aux clics, la suite ici...


P.S. J'allais oublier une chose importante ! Lorsque j'affirme plus haut que le coût annuel d'enregistrement des quatre domaines considérés est déjà largement récupéré, j'entends ceci :
En 1 mois et demi j'ai récupéré ma mise sur les domaines rentables, pour lesquels les droits d'enregistrement me coûtent 9,20 $ par an, soit 36,80 $ pour les 4 (si j'avais voulu mieux faire coïncider les choses, j'aurais pas pu). Donc à partir de maintenant, ce qui rentrera c'est tout bénef ... à condition que ce service soit gratuit, comme sur Parked.com, justement. Car si je devais payer l'abonnement correspondant à 269,88 $ (avec le rabais de 10% pour l'année), mon gain annuel serait de ... 2,21 $ (et encore, je calcule pas le change en Euros !).
Explication : en gardant le même rythme (36,39 $ en 43 jours), mes domaines produiraient un revenu de 308,89 $ sur 365 jours, tout juste suffisant pour couvrir l'abonnement au service et l'enregistrement des noms : 269,88 $ + 36,80 $ = 306,68 $.

Au final, Google et le Registreur (Go Daddy ou un autre...) gagnent de l'argent, et vous... des cacahouètes ! Ce genre de service n'est susceptible d'être rentable que si vous avez un nom de domaine clicable, très clicable, ou mieux encore, plusieurs, mais vraiment plusieurs :-)

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samedi 15 juillet 2006

Internet 2010 : prospective et mise en perspective


Stats

Internet, c'est la loi des grands nombres, le pays des merveilles du statisticien, l'Himalaya des sondages, ça grimpe et ça descend, un pic à droite, une chute à gauche, aïe, le sondé s'est fait mal, heureusement qu'il avait son assurance, des chiffres et des courbes, vous prenez les mêmes et vous leur faites dire noir ou blanc, parfois gris, c'est selon, toujours la vieille histoire du verre à moitié vide ou à moitié plein...

Exemple récent : suite au billet de Hitwise, annonçant que MySpace devient le n° 1 mondial des sites Internet (MySpace Moves Into #1 Position for all Internet Sites), Yahoo rétorque informellement et immédiatement qu'il n'est pas question de mélanger les torchons et les serviettes (ce dont Hitwise se défend), que tout cela est faux, MySpace ne réalisant QUE 52 millions de visiteurs uniques par mois, alors que Yahoo! en engrange 129 millions tous sites propriétaires confondus. C'est le monde à l'envers, un peu comme si Eric Schmidt vous disait qu'il est numéro 1 de Yahoo! Et d'ailleurs il le dit, puisque son adresse de courriel n'est autre que EricSchmidt1@yahoo.com, ce qu'on appelle avoir le sens de l'humour...

Bon, après tout, que représente vraiment une différence de 77 millions de visiteurs ? Adscriptor les fait en un jour (j'en profite pour tous vous remercier chaleureusement), probablement Loïc Le Meur en une heure, et Google à la seconde, on va pas se chamailler pour si peu :-)


Ce qu'on appelle l'effet Zidane, ou les inédits de Zinedine : après la Google Dance, voilà la danse du coup d'boule (l'original), et ne vous inquiétez ni pour Materazzi ni pour les maux de tête, Google pense même à l'aspirine :-)
S'il est vrai que Page & Brin cherchent toujours à recruter les meilleurs, là ils tiennent une recrue de choix ! Libre, qui plus est...

* * *

Pour en revenir à nos moutons, puisqu'il s'agit de compter, les chiffres ont leur importance, dès lors qu'ils finissent toujours par se traduire en espèces sonnantes et trébuchantes. Or que nous disent-ils, ces chiffres ?

Parmi les sources de première main que j'ai consultées, il y en a une qui m'impressionne particulièrement, c'est le prospectus mis au point par Go Daddy pour son introduction en bourse. Comme j'ai déjà eu l'occasion de le dire à maintes reprises, les documents rédigés à l'intention des analystes financiers et des investisseurs ou acheteurs potentiels sont les plus pointus, et pour cause : il s'agit de convaincre et convaincre encore, en se basant sur des faits et, donc, des chiffres. C'est ainsi que le document de GoDaddy nous réserve quelques surprises, notamment sur la croissance d'Internet à l'horizon 2010 :
Selon Euromonitor International, le nombre d'internautes, estimé à 1,2 milliard dans le monde en 2005, devrait toucher près de 2,2 milliards en 2010 (prévisions supérieures à celles de Yahoo), soit une croissance annuelle d'environ 13%. Par ailleurs, notamment du fait de la montée en puissance du haut débit, ces mêmes internautes passent de plus en plus de temps en ligne, un temps dont la durée a presque doublé entre 2000 et 2005 aux États-Unis (U.S. Census Bureau).
(...)
Selon Zooknic, l'Internet comptait à peu près 94 millions de domaines enregistrés dans le monde au 31 décembre 2005, un chiffre qui, en 2010, devrait atteindre 240 millions de noms de domaine (taux de croissance annuelle de 21%).
Or aux États-Unis, selon IDC
(qui est tout de même l’un des pays les plus informatisés, et sans aucun doute le continent le plus informatisé de la planète - NdT), sur 8,1 millions d'entreprises de moins de 100 salariés (hors secteur SOHO), moins de 60% d'entre elles ont un site Web, ce qui signifie que 3,3 millions de sociétés U.S. n'ont pas encore de site ! Quant aux TPE-microentreprises (secteur SOHO), IDC estime leur nombre à 14,7 millions en 2005, dont moins de 30% seulement ont un site Internet.
(...)
Et toujours selon IDC l'e-commerce, dont le volume économique est évalué à 3 800 milliards $ en 2005, devrait globalement générer 8 500 milliards de dollars en 2009, soit un taux annuel soutenu de 22%.
Ajoutons à cela deux chiffres communiqués par Gilles : 12% du temps d'un internaute est passé à faire des recherches (400 milliards de recherches par an...), et 50% de la publicité sur internet est sur les moteurs de recherche, ce qui nous donne un marché publicitaire énorme, en pleine évolution, et des dérives qui ne le sont pas moins...

Cap vers 2010, donc, nous verrons bien si perspectives et réalité font bon ménage, puisque sur Internet il arrive parfois que la prospective soit largement dépassée par les faits ! [Début]

Lien connexe : Internet média à part entière : comparatif et mise en perspective


[MàJ - 16 juillet 2006] À propos des quelque 14 millions de petites et microentreprises nord-américaines n'ayant pas encore de présence Web (secteurs SOHO et hors SOHO), ne pas oublier que ça représente un marché considérable pour tous les ténors de la recherche et de la pub. C'est dans ce sens que doit être interprétée la décision récente de Verizon de créer une spin-off à partir de sa branche Pages Jaunes U.S. sur papier et Internet pour permettre l'accès gratuit à ses annuaires, en vue de les monétiser dans un deuxième temps, il va sans dire :
Verizon Communications Inc. (NYSE:VZ) today announced the filing of a Form 10 registration statement with the Securities and Exchange Commission in a step toward a proposed spin-off of Verizon’s domestic print and Internet yellow pages directories to its stockholders.
Source : ZDnet. Comme conclut l'article : les intérêts stratégiques de Google (déjà partenaire de Verizon pour mettre ses AdWords sur Superpages.com), amèneront-ils la firme de Mountain View à participer à l'affaire ? On peut penser que oui...

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vendredi 9 juin 2006

Le business des noms de domaine : une question de réputation et...


Il y a une semaine, en écrivant une ébauche d'analyse sur le positionnement des principaux acteurs du monde de l'Internet que sont Google, Yahoo, eBay, Microsoft et Amazon, je réfléchissais à une évidence que nous avons constamment sous les yeux :
En dépit de leurs différences ou de leurs guéguerres pour dominer le Web, et pas seulement, ils ont un dénominateur commun qui les rapprochent plus qu'on ne saurait le concevoir : ce sont toutes des sociétés américaines !
[MàJ - 4 juillet, fête commémorative de la Déclaration d'Indépendance des États-Unis d'Amérique.] Je ne croyais pas si bien dire : « Je suis fier d'appeler ma maison les États-Unis d'Amérique. Je suis encore plus fier d'affirmer que GoDaddy.com est une société américaine. » Bob Parsons


* * *

Pour autant la mainmise des États-Unis sur l'Internet ne s'arrête pas là, puisque l'ICANN, qui préside aux destinées du réseau des réseaux est aussi un organisme de droit américain, tout comme le sont la plupart des registreurs qui comptent, dont le rôle et l'importance sont à mon avis grandement sous-estimés dans nos analyses de la toile :


Sur les 15 bureaux d'enregistrement majeurs, 11 sont américains (voyez les petits drapeaux ci-dessus !), 1 canadien, 1 australien, 1 indien et ... 1 européen (allemand pour la précision).

On peut donc parler sans grand risque de se tromper de suprématie américaine dans des proportions écrasantes, de quasi-monopole même.

Est-ce un mal en soi ? Je n'en suis pas totalement convaincu, surtout lorsque je vois les vaines et coûteuses tergiversations du gouvernement autour d'un « projet » tel que Quaero, annoncé et alimenté à grand renfort d'argent public dans le plus pur style bureaucratico-administratif-franco-français, qui consiste à dire (plutôt qu'à faire, la nuance est de taille) :
Est-ce qu'on pourrait faire ça ? On va créer une commission qui se réunira peut-être pour étudier la faisabilité et faire un rapport. On demandera son avis à tout le monde, surtout ceux que ça ne concerne pas, et dès que quelqu'un élèvera une objection on s'empressera de pousser le rapport sous un tapis ! Dans 10 ans peut-être...
De toutes façons, c'est le contribuable qui passe à la caisse, merci aux politiques de tous bords de gérer notre argent avec la sagesse du bon père de famille...

* * *

Après cette entrée en matière un peu acide, je vais m'intéresser au premier des registreurs américains, et donc au premier registreur du monde, à savoir GoDaddy, qui gère à l'heure où j'écris plus de 11 500 000 noms de domaines (et une bonne part des miens :-), soit presque 1/6ème du parc mondial des domaines actifs, un peu plus de 70 millions au jour d'aujourd'hui ;-)

Une paille ! Dans un article paru il y a deux mois sur Forbes, intitulé What Makes GoDaddy Go? [Double sens entre Qu'est-ce qui fait courir GoDaddy ? et Pourquoi GoDaddy veut entrer en Bourse ? (sous-entendu : What Makes GoDaddy Go Public?)] , Rachel Rosmarin, la journaliste, donnait des chiffres supérieurs :
GoDaddy (...) says it manages more than 13 million domain names, or about 20% of the 86 million domain names on the Web. (GoDaddy déclare gérer plus de 13 millions de noms de domaines, soit environ 20% des 86 millions de domaines sur le Web.)
Ne sachant pas d'où elle détient ces données, je préfère m'en tenir aux statistiques actuellement disponibles (les deux graphiques ci-dessus, consultés le 9 juin 2006).

À noter au passage que la quantité des domaines supprimés est quasiment le triple de celle des actifs, alors qu'elle en représentait moins du double fin janvier. D'ailleurs en comparant l'évolution sur à peine plus de quatre mois, le nombre des domaines actifs a progressé d'environ 10%, contre environ 60% pour les domaines supprimés. Sans commentaires...

Donc, premier fait marquant concernant la société, son introduction en bourse a été annoncée en avril par Bob Parsons, son fondateur et unique actionnaire, la soixantaine bien portée :


Celles et ceux qui suivent mon blog (oui, il y a encore des personnes courageuses) auront déjà entendu parler de lui, grand pourfendeur des registreurs qui pratiquent le taste-domaines ou, si vous préférez, le domain kiting, que j'ai traduit par bidonnage, faute de mieux.

Certes, le timing de ces dénonciations n'est pas innocent, puisqu'elles interviennent au moment même où la société prépare sa mise sur le marché, et il est clair que Bob Parsons rend service à la communauté tout en œuvrant à bâtir la réputation de GoDaddy.


Opération indispensable pour rassurer les investisseurs potentiels : si GoDaddy est l'entreprise dont la croissance est la plus forte parmi les registreurs, elle perd aussi de plus en plus d'argent au fil des ans :
  1. 1 000 000 $ en 2003
  2. 3 700 000 $ en 2004
  3. 11 600 000 $ en 2005
Ces pertes étant dues aux investissements massifs en publicité, notamment les spots télévisés diffusés pendant la finale du Super Bowl, parmi les plus chers des États-Unis, puisque en 2006 il faut débourser 2 600 000 $ pour ... 30 secondes ! Je vous laisse calculer à combien revient la seconde... (Source : Web Hot Industry Review)


Le prix de la notoriété ! Du reste, la réputation est un concept auquel il tient fortement si l'on en juge à l'intitulé de trois brevets déposés par GoDaddy - numéros 20060095459, 20060095586 et 20060095404 -, respectivement :
  1. Publishing domain name related reputation in Whois records (Publication de la réputation attachée à un nom de domaine dans les données du Whois)
  2. Tracking domain name related reputation (Traçabilité de la réputation attachée à un nom de domaine)
  3. Presenting search engine results based on domain name related reputation (Présentation des résultats dans les moteurs de recherche en fonction de la réputation attachée à un nom de domaine )
Source : Search Engines and Registrars Getting Creative with Whois Database?

J'ai essayé d'en savoir plus, mais apparemment la consigne c'est : « Aucune info disponible pour l'instant... »


Ceci étant, les titres sont suffisamment explicites, et la mise en place de tels systèmes représenterait à la fois une alternative au SafeRankJM et une manière de sécuriser davantage le Web, puisqu'il est désormais évident qu'il y a une corrélation entre les domaines bidons et l'envoi de pourriels en masse, un spamming planétaire avec en prime, de plus en plus souvent, la contagion par quelque virus ou virus-like (en attendant les vrais...) !

* * *

En fait, Bob Parsons n'est plus seul à dénoncer les arnaques aux noms de domaines et l'inertie de l'ICANN face au problème, puisque le très sérieux MessageLabs, qui publie un rapport de veille mensuel sur les dangers qui menacent l'Internet (virus, spam, phishing, etc.), dénonce explicitement dans celui du mois dernier (mai 2006) le phénomène des « Disposable Domains » liés au « Domain Kiting » :
Ces derniers mois, on assiste à une escalade des « domaines jetables » (Disposable Domains), qui progressent dangereusement d'un mois sur l'autre. MessageLabs a déjà abordé la question des « domaines jetables » dans son rapport de veille pour l'année 2005, mais la pratique du Domain Kiting fait qu'il est plus facile d'exploiter ce genre de domaines à des fins d'abus et de fraude.

(In recent months, new issues such as “Disposable Domains” have escalated to become much more of a serious threat than they were even a few months ago. Disposable Domains were first highlighted in the MessageLabs Intelligence 2005 End-of-Year report, and the practice of “Domain Kiting” makes it much easier for these domains to be abused.)
Selon le rapport 2005, ces domaines jetables ont une durée de vie de 12 jours à moins d'un jour (variant de moins de 24 heures pour 28,9% des domaines bidons à moins de 3 heures pour 9,9% d'entre ceux qui sont dans cette catégorie). Cela leur suffit cependant à bombarder le Web de milliards de spams et autres infections du même acabit, puisque les canons à spam transmettent plusieurs millions de messages ... à l'heure !



On vit vraiment une époque formidable ! :-)


P.S. Devinette connexe : quelle est la relation entre GoDaddy et Microsoft ? Réponse : sur les quelque 11 500 000 noms de domaines que gère la société, GoDaddy a décidé il y a quelques mois (info dont Gandi s'était fait l'écho) de migrer tous ses domaines en parking - soit un parc de 4 500 000 noms - de Linux à Microsoft, qui récupère ainsi du terrain sur Apache dans le marché des serveurs Web :




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