samedi 22 juillet 2006

Google partenaire de Go Daddy dans le business des noms de domaine

Google partenaire de Go Daddy dans le business des noms de domaine

Une actu sur laquelle je ne peux absolument pas faire l'impasse.

Lue sur le blog de John Battelle, où il mentionne un article de Scott Karp dénonçant l'hypocrisie de Google, qui d'un côté pénalise les annonceurs AdWords (voir également la question examinée sous un autre angle par Vinny Lingham), et de l'autre passe un accord avec GoDaddy, grand pourfendeur de bidonnages en tous genres sur les noms de domaine, pour qu'il mette à la disposition de ses clients (dont moi...) des pages parking monétisées grâce au service AdSense for Domains de Google. Une hypocrisie que j'observais déjà en ... février dernier ! Du genre « ma main droite ignore ce que fait ma main gauche »...

Scott Karp tient cette info de Jen Sense, qui remarque une différence ... de taille : jusqu'à présent, ce service de parking était réservé aux seuls "domaineurs" réalisant plus de 750 000 pages vues par mois. Or en proportion de la population Internet mondiale, il ne doit quand même pas y en avoir des masses ! Avec ce nouveau partenariat, la firme de Mountain View accroît considérablement son "visitorat" potentiel, puisque tout utilisateur peut dès maintenant tenter de monétiser ses domaines, une pratique commerciale très peu prisée du public francophone, mais qui fait rage Outre-Atlantique et ailleurs.

Bob Parsons joue ainsi sur les deux tableaux, puisqu'il encaisse le loyer de ses utilisateurs d'un côté, et les reversements de Google de l'autre. Service baptisé CashParking :


Les trois formules prévoient respectivement un reversement de 60, 70 ou 80% au titulaire du domaine selon l'abonnement qu'il choisit, à partir de 3,99 $/mois, 9,99 $/mois ou 24,99 $/mois, avec des rabais si vous choisissez sur un an (10%) ou deux (20%).

Il existe différentes formes de parking, comme sur Sedo, autre acteur majeur dans les noms de domaine, qui propose une offre de parking gratuit :


Il faudrait bien sûr étudier tous les critères qui rentrent en jeu (nombreux), afin de déterminer les pour et les contre, mais je n'ai franchement pas le temps.

Pour vous donner une idée de ce dont nous parlons, voici une comparaison succincte entre les statistiques fournies en exemple par GoDaddy :


et des chiffres réels, extraits d'un "portefeuille" de 7 domaines que j'ai stationnés chez Parked.com depuis 43 jours :


Petit glossaire des fondamentaux de la monétisation :
  • CTR / Click Through Ratio - ou Click Thru Rate : taux de clics (TDC), à savoir le pourcentage de vos visiteurs qui vont finir par cliquer sur une pub
  • RPC / Revenue Per Click : revenu par clic, soit le revenu réalisé à chaque fois que l'internaute clique sur une pub ; fait pendant au CPC (Cost Per Click), ou coût par clic, tarifé à l'annonceur chaque fois que sa pub s'affiche
  • RPM / Revenue Per Mil - Revenue Per Thousand Impressions : revenu par mille impressions, soit le revenu réalisé à chaque fois qu'une pub est vue mille fois ; fait pendant au Coût par 1000 impressions (ou CPM), qui est le tarif payé par l'annonceur
  • PPC (Pay Per Click), sigle qui regroupe tous les programmes de paiement au clic, tels qu'AdSense, par exemple.
Donc, mis à part mon dernier domaine, pour qui à l'évidence personne n'a le déclic (il est clair que la qualité d'un domaine parqué dépend essentiellement de son aptitude à générer du trafic en type-in, même si à mon avis les choses évolueront aussi de ce côté-là...), voici ce qui ressort :
  1. Mon taux de clics varie dans une fourchette entre 12,50 et 22,52%, soit en gros entre 1 internaute sur 5 et 1 sur 6 qui cliquent sur les pubs. Donc le CTR de 15% pris en hypothèse pour le programme CashParking est très vraisemblable
  2. Les 45 000 impressions envisagées par GoDaddy représentent env. 21,5 fois mes 2 090 visiteurs, indépendamment de la durée. Or en multipliant par 21,5 les 36,39 $ que j'ai gagnés en 1 mois et demi, ça nous donne 782,385 $, un résultat parfaitement en phase avec les 792,16 $ annoncés pour 80% de reversement
  3. Monétisation, lecture du tableau ci-dessus :
    • 4 domaines sur 7 réalisent 97% des visites et 99% du TDC ; 1 domaine génère à lui seul les 3/4 des gains : 69% des visites, mais 73% du TDC et 75% du revenu
    • En données journalières, cela donne une moyenne de 48,6 visites pour 9,5 clics, soit très exactement 1 clic tous les 5 internautes : TDC = 19,57%, et par défaut ... 0,85 $ gagné par jour (moyenne presque identique au RPC, autant dire 1 clic par jour qui rapporte !, sur 9,5)
    • Le revenu par 1000 impressions (RPM) est de 17,41 $ : 0,01741 x 2090 visites = 36,3869 $, arrondis à 36,39 $
    • Le revenu par clic (RPC) est de 0,08897 (36,39 $ / 404 clics), arrondi à 0,09 $
  4. Conclusion : toutes proportions gardées, les estimations de GoDaddy sont vraisemblables, car les gains restent en ligne avec ceux que j'ai réalisés en 43 jours, même si la période temporelle qu'il considère est plus courte (1 mois contre 1 mois et demi), mais avec 25 fois plus de domaines que les miens (100 contre mes 4 qui marchent, puisque sur les 7 stationnés, 3 ne sont absolument pas significatifs, alors que le coût annuel d'enregistrement des autres est déjà largement récupéré), contre 21,5 fois le C.A.
  5. Ne reste plus qu'à trouver les noms de domaine qui cartonnent, mais ça c'est une autre histoire...
Voilà. Donc, au vu de ces chiffres minuscules, imaginez le C.A. dégagé chaque mois par ceux qui pratiquent le domain kiting ! Un abus qui, en théorie, devrait être combattu par la longue traîne et les domaines de deuxième génération qui finiront bien par voir le jour, tôt ou tard... Cette fois, scoop d'Adscriptor, même Bob Parsons est d'accord, c'est vous dire :
Dear Jean,
The long tail proposal is certainly better than the abuse that is going on now.
Appreciate your post,
Bob Parsons, on Jul 6 2006, 14:24

(la solution proposée de la longue traîne est certainement meilleure que les abus actuellement perpétrés...)
Quant à la fraude aux clics, la suite ici...


P.S. J'allais oublier une chose importante ! Lorsque j'affirme plus haut que le coût annuel d'enregistrement des quatre domaines considérés est déjà largement récupéré, j'entends ceci :
En 1 mois et demi j'ai récupéré ma mise sur les domaines rentables, pour lesquels les droits d'enregistrement me coûtent 9,20 $ par an, soit 36,80 $ pour les 4 (si j'avais voulu mieux faire coïncider les choses, j'aurais pas pu). Donc à partir de maintenant, ce qui rentrera c'est tout bénef ... à condition que ce service soit gratuit, comme sur Parked.com, justement. Car si je devais payer l'abonnement correspondant à 269,88 $ (avec le rabais de 10% pour l'année), mon gain annuel serait de ... 2,21 $ (et encore, je calcule pas le change en Euros !).
Explication : en gardant le même rythme (36,39 $ en 43 jours), mes domaines produiraient un revenu de 308,89 $ sur 365 jours, tout juste suffisant pour couvrir l'abonnement au service et l'enregistrement des noms : 269,88 $ + 36,80 $ = 306,68 $.

Au final, Google et le Registreur (Go Daddy ou un autre...) gagnent de l'argent, et vous... des cacahouètes ! Ce genre de service n'est susceptible d'être rentable que si vous avez un nom de domaine clicable, très clicable, ou mieux encore, plusieurs, mais vraiment plusieurs :-)

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dimanche 16 juillet 2006

Le monde selon Google : coup de pub pour un best-seller


Un coup de pub après un coup de boule, histoire de faire jouer l'alternance. Moi qui croyais ne plus bloguer pendant deux semaines (traductions obligent !), c'est raté ! En faisant un peu d'egosurf sur Adscriptor, je tombe sur ces mots signés Régis Langlade :
De plus nous avons le privilège d'avoir comme préfacier le formidable Jean Véronis, et le très efficace Jean Marie Le Ray en tant que postfacier !


Bon, même si je ne partage pas la couverture avec Jean, ça le fait, je l'avoue ! Me voilà promu postfacier pour la première fois de ma vie, après ça j'espère que la prochaine sera une préface ! Et même, à la rigueur, comme E-lectra me le souhaite si gentiment  : « Vivement que vous trouviez un éditeur »... S'il y en a qui sont à l'écoute :-)

Donc, en attendant, merci aux auteurs de m'avoir accordé leur confiance :


De gauche à droite et de haut en bas : Régis LANGLADE, Sébastien BALULA, Cyril LOUIS, Philippe TORLOTING et Patrick TOURNIER.

Et merci aussi à François Cazals, l'éditeur :


pour avoir associé mon nom à celui de Jean Véronis dans cette belle aventure, née il y a tout juste quatre mois, lorsque j'ai entrepris de décortiquer la présentation de Google aux analystes financiers, avant de demander de l'aide face à l'ampleur de la tâche. Un appel qui s'est ... traduit (!) par les contributions de Régis, Sébastien, Cyril, Philippe et Patrick.

Enfin, puisque je vois que mes 77 millions de visiteurs quotidiens languissent d'en savoir plus, je vous donne le titre de ma postface : Les intemporels de Google. Donc, maintenant, pour savoir de quoi parle le livre, il ne vous reste plus qu'à le commander, pour le prix modique de 14,90 € ! Par contre, si vous êtes dubitatifs, n'hésitez pas à télécharger gratuitement le premier chapitre, et à déposer votre avis, ou à me laisser un commentaire, je ne manquerai pas d'en faire part aux intéressés.


P.S. Message aux auteurs :
J'attends avec beaucoup d'impatience un exemplaire dédicacé de toute l'équipe. À bon entendeur...


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samedi 15 juillet 2006

Internet 2010 : prospective et mise en perspective


Stats

Internet, c'est la loi des grands nombres, le pays des merveilles du statisticien, l'Himalaya des sondages, ça grimpe et ça descend, un pic à droite, une chute à gauche, aïe, le sondé s'est fait mal, heureusement qu'il avait son assurance, des chiffres et des courbes, vous prenez les mêmes et vous leur faites dire noir ou blanc, parfois gris, c'est selon, toujours la vieille histoire du verre à moitié vide ou à moitié plein...

Exemple récent : suite au billet de Hitwise, annonçant que MySpace devient le n° 1 mondial des sites Internet (MySpace Moves Into #1 Position for all Internet Sites), Yahoo rétorque informellement et immédiatement qu'il n'est pas question de mélanger les torchons et les serviettes (ce dont Hitwise se défend), que tout cela est faux, MySpace ne réalisant QUE 52 millions de visiteurs uniques par mois, alors que Yahoo! en engrange 129 millions tous sites propriétaires confondus. C'est le monde à l'envers, un peu comme si Eric Schmidt vous disait qu'il est numéro 1 de Yahoo! Et d'ailleurs il le dit, puisque son adresse de courriel n'est autre que EricSchmidt1@yahoo.com, ce qu'on appelle avoir le sens de l'humour...

Bon, après tout, que représente vraiment une différence de 77 millions de visiteurs ? Adscriptor les fait en un jour (j'en profite pour tous vous remercier chaleureusement), probablement Loïc Le Meur en une heure, et Google à la seconde, on va pas se chamailler pour si peu :-)


Ce qu'on appelle l'effet Zidane, ou les inédits de Zinedine : après la Google Dance, voilà la danse du coup d'boule (l'original), et ne vous inquiétez ni pour Materazzi ni pour les maux de tête, Google pense même à l'aspirine :-)
S'il est vrai que Page & Brin cherchent toujours à recruter les meilleurs, là ils tiennent une recrue de choix ! Libre, qui plus est...

* * *

Pour en revenir à nos moutons, puisqu'il s'agit de compter, les chiffres ont leur importance, dès lors qu'ils finissent toujours par se traduire en espèces sonnantes et trébuchantes. Or que nous disent-ils, ces chiffres ?

Parmi les sources de première main que j'ai consultées, il y en a une qui m'impressionne particulièrement, c'est le prospectus mis au point par Go Daddy pour son introduction en bourse. Comme j'ai déjà eu l'occasion de le dire à maintes reprises, les documents rédigés à l'intention des analystes financiers et des investisseurs ou acheteurs potentiels sont les plus pointus, et pour cause : il s'agit de convaincre et convaincre encore, en se basant sur des faits et, donc, des chiffres. C'est ainsi que le document de GoDaddy nous réserve quelques surprises, notamment sur la croissance d'Internet à l'horizon 2010 :
Selon Euromonitor International, le nombre d'internautes, estimé à 1,2 milliard dans le monde en 2005, devrait toucher près de 2,2 milliards en 2010 (prévisions supérieures à celles de Yahoo), soit une croissance annuelle d'environ 13%. Par ailleurs, notamment du fait de la montée en puissance du haut débit, ces mêmes internautes passent de plus en plus de temps en ligne, un temps dont la durée a presque doublé entre 2000 et 2005 aux États-Unis (U.S. Census Bureau).
(...)
Selon Zooknic, l'Internet comptait à peu près 94 millions de domaines enregistrés dans le monde au 31 décembre 2005, un chiffre qui, en 2010, devrait atteindre 240 millions de noms de domaine (taux de croissance annuelle de 21%).
Or aux États-Unis, selon IDC
(qui est tout de même l’un des pays les plus informatisés, et sans aucun doute le continent le plus informatisé de la planète - NdT), sur 8,1 millions d'entreprises de moins de 100 salariés (hors secteur SOHO), moins de 60% d'entre elles ont un site Web, ce qui signifie que 3,3 millions de sociétés U.S. n'ont pas encore de site ! Quant aux TPE-microentreprises (secteur SOHO), IDC estime leur nombre à 14,7 millions en 2005, dont moins de 30% seulement ont un site Internet.
(...)
Et toujours selon IDC l'e-commerce, dont le volume économique est évalué à 3 800 milliards $ en 2005, devrait globalement générer 8 500 milliards de dollars en 2009, soit un taux annuel soutenu de 22%.
Ajoutons à cela deux chiffres communiqués par Gilles : 12% du temps d'un internaute est passé à faire des recherches (400 milliards de recherches par an...), et 50% de la publicité sur internet est sur les moteurs de recherche, ce qui nous donne un marché publicitaire énorme, en pleine évolution, et des dérives qui ne le sont pas moins...

Cap vers 2010, donc, nous verrons bien si perspectives et réalité font bon ménage, puisque sur Internet il arrive parfois que la prospective soit largement dépassée par les faits ! [Début]

Lien connexe : Internet média à part entière : comparatif et mise en perspective


[MàJ - 16 juillet 2006] À propos des quelque 14 millions de petites et microentreprises nord-américaines n'ayant pas encore de présence Web (secteurs SOHO et hors SOHO), ne pas oublier que ça représente un marché considérable pour tous les ténors de la recherche et de la pub. C'est dans ce sens que doit être interprétée la décision récente de Verizon de créer une spin-off à partir de sa branche Pages Jaunes U.S. sur papier et Internet pour permettre l'accès gratuit à ses annuaires, en vue de les monétiser dans un deuxième temps, il va sans dire :
Verizon Communications Inc. (NYSE:VZ) today announced the filing of a Form 10 registration statement with the Securities and Exchange Commission in a step toward a proposed spin-off of Verizon’s domestic print and Internet yellow pages directories to its stockholders.
Source : ZDnet. Comme conclut l'article : les intérêts stratégiques de Google (déjà partenaire de Verizon pour mettre ses AdWords sur Superpages.com), amèneront-ils la firme de Mountain View à participer à l'affaire ? On peut penser que oui...

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mardi 11 juillet 2006

GDrive, nom de code : Platypus. Google Drive enfin sur la rampe de lancement

GDrive, nom de code : Platypus. Google Drive enfin sur la rampe de lancement ?

Une brève sur laquelle je ne peux vraiment pas faire l'impasse. Quatre mois après les premières fuites sur GDrive, voici qu'un internaute vient de découvrir que la firme de Mountain View est effectivement en train de tester Google Drive. Nom de code : Platypus !

Je crois que le scoop va vite faire le tour de la planète Web, il suffit de voir les premiers résultats sur GDrive !

[MàJ - 15 octobre 2006] Des nouvelles fraîches, en anglais, et en français.


Donc, sans vouloir faire de redite, puisque l'info est fort bien détaillée dans Zorgloob (voir aussi, en anglais, ce billet, ou cette discussion, à ne pas perdre...), je me limiterai à souligner que la fonctionnalité me semble vraiment innovante, et qu'apparemment elle sera immédiatement disponible pour les trois principales plateformes : Windows, Mac et Linux.

Mais je rappelle aussi pour mémoire, comment le but ultime de GDrive s'inscrit dans la philosophie d'ensemble de la mission de Google, dont le stockage illimité :
Stocker 100 % des données utilisateur nous permettra d’héberger l’ensemble des fichiers des utilisateurs : courriels, historiques Web, images, signets, etc., pour les rendre accessibles depuis n'importe quelle application ou plate-forme.
(...)
Ce projet va nous permettre d’alléger le côté client pour concentrer toute la puissance côté serveur (thin client, thick server), un modèle qui renforce nos atouts vis-à-vis de Microsoft tout en offrant davantage de valeur ajoutée à l'utilisateur.
De plus, avec le 100 % stockage, la version en ligne de vos données va devenir votre copie de référence, votre original, alors que la version stockée sur votre ordinateur local fera plutôt fonction de cache, avec pour conséquence, et non des moindres, que les copies de vos données seront davantage sécurisées en ligne que sur votre propre ordinateur. Une autre implication de ce projet est que 100 % des données utilisateur stockées sont mieux valorisées sur Internet, dès lors qu’elles sont accessibles et interopérables d’une application à l’autre...
Une opinion pas franchement partagée par John Battelle à l'époque...

Enfin, dans le fameux document à l'origine des fuites, la présentation d'Eric Schmidt, Google mentionnait en parallèle à GDrive un autre nom de code, Lighthouse, dont à mon avis nous ne savons encore strictement rien...

Pour conclure, j'ai lu ce matin un article de Jérôme Bouteiller intitulé : « Google n'est plus un moteur de recherche », dont les propos prennent toute leur pertinence quand on pense à GDrive :
Même si Google continue d'investir dans son index en promettant toujours plus d'exhaustivité, l'essentiel des nouveaux produits de Google (…) doivent donc être compris comme des supports publicitaires voire comme de véritables places de marché pour Google Books, Google Video ou Google Base.
Voilà plus de quatre mois que je le dis : « Google est bien plus qu'un simple moteur de recherche » :-)


[P.S. - Encore une fois, il manque à Blogger une fonction essentielle : pouvoir confirmer la publication du message ! Je venais à peine de commencer à écrire le billet qu'il a été mis en ligne plus tôt que prévu. C'est parti tout seul...]

[MàJ - 16 juillet 2006] Les lectrices et les lecteurs attentifs, il y en a ;-), auront noté que j'ai ajouté un point d'interrogation à l'ancien titre (qui devient ainsi GDrive, nom de code : Platypus. Google Drive enfin sur la rampe de lancement ?), formidable efficacité de la ponctuation. En effet, après l'excitation du moment pour la découverte, à l'heure actuelle GDrive semble uniquement réservé à l'Intranet de Google. Or en y réfléchissant bien, il est clair que pour en faire un service universel, la firme de Moutain View aura besoin d'un ... Datacenter pharaonique, ce qui ne saurait tarder, puisqu'il est déjà en chantier !


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mardi 4 juillet 2006

Les noms de domaine et la longue traine

Le marché des noms de domaine et la longue traîne...

Préambule
Le marché des noms de domaine
Les noms de domaine et la longue traîne
Brève conclusion

Préambule

Comme je vous l'annonçais dans un précédent billet, c'est la semaine dernière que s'est tenue la conférence de l'ICANN à Marrakech. J'en profite pour adresser un salut amical aux lectrices et lecteurs d'Afrique du Nord qui viennent souvent me rendre visite sur ce blog. :-)

En cliquant sur la caricature ci-dessous (l'ICANN en plein travail), vous téléchargez un PDF avec une présentation succincte des sessions.


J'ai profité de ce week-end pour parcourir les retranscriptions des réunions qui ont eu lieu, vraiment riches tant de par l'ampleur et la variété des sujets traités, que de la qualité des intervenants. Ça ne vous étonnera pas si j'ai décidé d'approfondir en premier l'atelier consacré au marché des noms de domaine : Domain Name Marketplace Workshop. Voir la table des matières. Sans entrer dans les détails du cycle de vie d'un nom de domaine, de l'historique et l'évolution de ce marché ou autre, je préfère tenter une synthèse des éléments clés qui se dégagent de cette session, tels que je peux les percevoir. Je vous donne également la liste des participants auxquels je fais référence dans ce bref exposé : Toutefois, pour bien comprendre les propos qui suivent, rappelons d'abord quelques notions :
  • l'Add Grace Period est un délai de grâce de 5 jours concédé par l'ICANN à toute personne qui, s'apercevant d'une erreur d'enregistrement, peut annuler la procédure et récupérer sa mise ;
  • l'Add-drop scheme est « le modèle j'essaie - je prends/je jette », à savoir que j'enregistre le domaine et je le mets sur une page parking, puis si je vois que le trafic (essentiellement en saisie directe, ou type-in) peut devenir rentable je le prends, sinon je le « jette » et l'ICANN me rembourse obligeamment mes frais d'enregistrement ;
  • dans le contexte du domain tasting, ou domain kiting, le verbe Add signifie qu'un domaine est « ajouté » au système de Registre commun (SRS - Shared Registry System) ;
  • le Registre, ou Registry, est l'entité chargé de gérer les TLD, ou Top Level Domain : Verisign pour le .COM et le .NET, PIR pour le .ORG, Afilias pour le .INFO, etc. ;
  • le Registreur, ou Registrar, est le centre ou bureau d'enregistrement qui sert d'intermédiaire entre le Registre et l'utilisateur final qui enregistre un nom de domaine ;
  • l'enregistreur, ou Registrant, est l'utilisateur final pour le compte duquel est enregistré le nom de domaine ;
  • l'ICANN est l'entité « chargée d’allouer l’espace des adresses de protocole Internet (IP), d’attribuer les identificateurs de protocole, de gérer le système de nom de domaine de premier niveau pour les codes génériques (gTLD) et les codes nationaux (ccTLD), et d’assurer les fonctions de gestion du système de serveurs racines ».
[Début]
* * *

Le marché des noms de domaine

Jothan Frakes introduit la session et souligne, parmi les thèmes abordés, les nombreuses façons de monétiser les noms de domaine, l'évolution du marché des noms de domaine ces dernières années, et l'adéquation de certaines des activités liées à la monétisation, avant de passer la parole à Tim Cole, de l'ICANN, qui évoque timidement la pratique du taste-domaines :
...many people are using that period to test a name or the term has been coined to taste a domain name to determine whether or not it has monetization value.

...nombre de personnes utilisent le délai de grâce pour tester un nom de domaine (indépendamment de la manière dont on peut qualifier cette pratique), afin de déterminer si un domaine a une valeur ou non en termes de monétisation.
John Berryhill prend la parole :
Je voudrais brièvement décrire les forces du marché qui pilotent les intérêts spéculatifs derrière le commerce des noms de domaine, puis aborder le phénomène du taste-domaines (ou comme on voudra bien l'appeler), des pratiques qui évoluent plus vite que le développement des politiques par l'ICANN.

Autrefois le modèle classique de monétisation d'un nom consistait à enregistrer le domaine pour le revendre plus cher ensuite, une pratique largement marginale par rapport à la spéculation sur les noms que nous connaissons aujourd'hui.

Cet héritage nous vient du début des années 90, lorsque différents acteurs commencèrent à accumuler un grand nombre de domaines dans l'attente de les revendre. La question leur vint alors naturellement : que faire de ces domaines entre-temps ?

Certains noms génériques ont une valeur simplement en fournissant des liens vers des sites marchands qui vendent des produits associés à ces noms et grâce au trafic qu'ils envoient vers ces sites.

L'une des approches consiste à dire que ces pages Web truffées de liens sponsorisés sont sans contenu réel, pour autant l'internaute y trouve des liens pertinents le renvoyant vers des vendeurs de produits qui l'intéressent. On appelle ce type de publicité au coût par clic (payé par l'annonceur). C'est de là que vient le phénomène des enchères sur les mots clés, dont la valeur peut être déterminée dans une fourchette allant de quelques centimes à 50 $ pour un terme comme « mésothéliome », sur lequel, contrairement à ce qu'on pourrait croire, ce ne sont pas les médecins mais les avocats qui enchérissent le plus !
Selon Roberto Gaetano, du comité ALAC de l'ICANN :
...il est vrai que le manque de règles de base et l'absence de clarté au niveau des règles existantes permettent l'émergence de ce type de détournements. Nous sommes dans une situation proche du Far-West (a kind of a wild west situation). Raison pour laquelle, parmi les tentatives de mise en ordre, nous regardons avec un certain intérêt la proposition ainsi nommée de la « longue traîne »...

Quant à la distinction faite entre les sites Web avec du contenu et les sites sans contenu, du point de vue de l'utilisateur je ne pense pas qu'il y ait des sites avec contenu et des sites sans ; en revanche il y a des sites qui fournissent des services et des sites qui n'en fournissent aucun. Toujours du point de vue de l'utilisateur, la chose la plus importante est de trouver ce que l'on cherche en effectuant le moins de clics possible. Donc le problème n'est pas que l'on ait des sites vides ou pleins de contenu, mais de savoir si ces sites fournissent des services et donnent des informations utiles (quand bien même ils redirigent vers un site où se trouve l'information que recherche l'utilisateur).
Mme Sarah Deutsch aborde le problème du typosquatting et de la déclinaison d'une centaine de noms typosquattés (variations orthographiques de Verizon) détenus par eNom (ce dont se défend Paul Stahura...), en faisant un parallèle avec l'affaire Dotster. Elle conclut en soulignant le rôle que pourrait tenir l'ICANN dans cette affaire, notamment aux termes du chapitre dédié aux Obligations générales du Registreur de la convention d'accréditation passée entre l'ICANN et les registreurs (RAA - REGISTRAR ACCREDITATION AGREEMENT, II.D.ii: prohibitions on warehousing of or speculation in domain names by registrars).

Pat Kane, de VeriSign, commence en disant que les chiffres qu'il fournira sont approximatifs du fait que les registreurs ont des lignes de crédit ouvertes chez Verisign... Et de continuer en soulignant qu'originellement le système n'a pas été conçu pour traiter 1,7 million d'enregistrements par jour ! Donc en mettant sur un plateau de la balance les 6 $ encaissés par nom de domaine, et sur l'autre les coûts indispensables pour supporter et mettre à jour l'infrastructure matérielle énorme nécessaire pour traiter quotidiennement cette masse d'opérations, nous n'avons pas encore analysé si nous gagnons ou si nous perdons de l'argent.
(...)
Sur ce que Verisign nomme l'add storming (l'assaut des ajouts), Kane rappelle que chaque jour ce sont grosso modo 120 millions de demandes d'ajouts qui arrivent pour tenter de s'accaparer les domaines arrivant à expiration, la plupart de ces demandes ayant lieu entre 13h30' et 15h30'. La raison en est que les registreurs ont analysé notre programme d'effacement, en estimant combien nous pouvions en traiter par minute et en analysant ce qui se passait durant ces 60 secondes ! Donc au lieu de transmettre une seule demande, ils les envoient par paquets sans vraiment attendre la réponse individuelle à chacune, juste pour essayer d'arriver avant les autres.
Sur tous les noms effacés journellement, nous avons en moyenne 2,276 tentatives de réenregistrement par nom, et 99,9 % des domaines effacés qui sont immédiatement réenregistrés.

À ce propos, John Berryhill remarque que Verisign ne se prononce pas sur le domain kiting et observe d'un ton caustique que la société semble incapable de déterminer si elle en retire un profit ou non... Par conséquent, le problème de savoir si le détournement du délai de grâce est un abus ne se pose pas, du moment que les différentes clauses contractuelles sont respectées... (Pragmatique !)

Jothan Frakes interrompt la discussion en cours pour donner des statistiques sur le phénomène, rapportées au mois de mai 2006 (du 1er au 31) aux .COM et .NET. Durant cette période :
  • 616 registreurs ont ajouté des domaines au système (selon Steve Crocker, présent dans l'assemblée, seuls un tiers sont de véritables compagnies, les autres ayant été créées uniquement dans le but d'avoir accès au système pour l'exploiter) ;
  • sur l'ensemble, 502 registreurs ont profité du délai de grâce, soit 81 % ;
  • chez 322 registreurs, le taux d'effacement a été supérieur à 5 % ;
  • 87 enregistreurs ont enregistré le même nom de domaine plus d'une fois, avec au total un résultat brut de 5,2 millions d'ajouts dans le système ;
  • en tout, ce sont 30 millions de noms uniques qui ont été ajoutés au mois de mai, dont 38 600 domaines ont été enregistrés - effacés - réenregistrés six fois ou plus ;
  • 55 registreurs ont enregistré des noms avec un taux d'enregistrement dépassant un seuil spécifique :
    1. 17 avec un taux d'effacement inférieur à 1,3 % ;
    2. 29 avec un taux supérieur à 97 % ;
    3. 18 représentent plus de 98,1 % de l'ensemble des opérations ;
  • Et je pense que ces chiffres sont fiables (And I believe these numbers to be accurate.)
Tim Ruiz, de Go Daddy, donne aussi l'exemple des requêtes interceptées (vous cherchez un nom disponible, vous en trouvez un, et pour peu que vous ne l'enregistriez pas de suite, lorsque vous réessayez plus tard, le domaine n'est plus disponible, quelqu'un, quelque part, ayant intercepté votre requête et l'ayant enregistré dans les secondes suivantes au profit d'un registreur). Selon lui, « tout le monde le sait, vous le savez, nous le savons, l'ICANN le sait » (... [registrars] know it, you know it, we all know it, ICANN knows it.), et il serait temps de demander une intervention du gouvernement américain. « Cela va trop loin et dure depuis trop longtemps » (This has gone too long and too far)...

Rob Hall, de Momentous, maison mère de Pool.com, leader mondial du second marché des noms de domaine (espèce de Bourse aux domaines), précise :
Tout d'abord l'ICANN n'a pas instauré le délai de grâce, ça existe depuis une dizaine d'années, et aujourd'hui l'ICANN est chargé de gérer le système, qui est devenu extrêmement sophistiqué. Or les méthodes utilisées pour l'exploiter sont très créatives et conduisent à de nouveaux business models. De même que la compétition porte à l'innovation.

Concernant la taille réelle de ce marché, nous avons vu qu'en gros il y a 18 registreurs impliqués dans ces pratiques. S'agissant d'un nombre plutôt restreint, mon opinion est qu'il va vite y avoir une autorégulation du phénomène. Ceci étant, il est clair que la demande existe pour ce type de marché et d'activité. J'ai entendu parmi les participants des termes tels qu'abus, détournement, vol, fraude
(kiting), or la fraude est un délit. D'après moi l'emploi d'un tel vocabulaire n'est bon qu'à enflammer les esprits, là où il faudrait au contraire présenter les choses différemment et éduquer la communauté...
Jon Nevett, de Network Solutions, reconnaît que certains signes témoignent clairement que l'exploitation du système a des conséquences inattendues que personne n'avait prévues. David Maher, de PIR, Registre du .ORG, renchérit :
...Certains registreurs enregistrent littéralement des millions de domaines par mois ou par semaine, avec des taux d'effacement qui atteignent 99 %, ce qui représente une charge technique phénoménale pour notre système, alors que nous desservons essentiellement la communauté non commerciale. Or la tendance va croissant, pour des noms qui finissent par être exploités à des fins antisociales... Nous aussi avons prévu de mettre rapidement en place un programme d'éducation et de sensibilisation.
[Début]
* * *

Les noms de domaine et la longue traîne

Nous en arrivons au point d'orgue de cette session, la proposition du modèle de la longue traîne présentée par Paul Stahura (eNom). (À noter que ce modèle a été mis au point depuis plus d'un an, puisqu'un premier livre blanc date de juin 2005, et qu'une deuxième ébauche a été présentée en avril dernier. Cette dernière version introduit la notion de « torso »).

Le modèle est illustré sur le graphique suivant :


où vous avez à gauche un large front (fat front), qui correspond aux noms de domaine déjà enregistrés, avec à droite un tronc (torso) et une longue traîne (long tail) pour les domaines non enregistrés.

En fait, il s'agit d'une nouvelle catégorie de noms de domaine.

À gauche du graphique, vous avez les domaines qui ont le plus de valeur, et à droite ceux qui en ont le moins, avec entre les deux (entre A et B) une zone que nous appellerons le tronc, correspondant aux noms qui ne sont pas enregistrés mais dont la valeur dépasse six dollars (prix payé à Verisign pour chaque nom de domaine en .COM ou .NET - NdT). Quant à la valeur des domaines dans la partie droite de la longue traîne, c'est celle qui peut être déterminée par leur capacité de monétisation au coût par clic.

Donc notre proposition consiste à créer une nouvelle classe de noms de domaine, ayant les critères suivants :


Les domaines actuels correspondent à la classe I, et ils ont les caractéristiques que nous leur connaissons tous aujourd'hui. Les domaines de classe II sont des domaines d'un nouveau genre, pour lesquels le délai de grâce ne serait plus de 5 jours mais pourrait aller jusqu'à 365 jours, ce qui veut dire que si vous effacez un domaine pendant cette période vous êtes remboursé.

En théorie, ces nouveaux domaines ne sont associés à aucun serveur de noms (donc, pas de possibilité de les assigner à un serveur de son choix), mais uniquement à des serveurs spécifiques auxquels ils sont assignés par défaut par le Registre. L'inscription au WhoIs est également requise pour ces noms, avec un enregistreur clairement identifié : le registreur. Pour autant dès qu'un autre sujet les enregistre, à n'importe quel moment, ils passent automatiquement en classe I, en prenant ainsi toutes les caractéristiques afférentes aux noms de cette classe.

Maintenant, pour ce qui concerne le partage des revenus, ils peuvent être stationnés sur une page parking fournie par le Registre. Les flux économiques associés à la monétisation qui viennent de Yahoo, Google ou autres seraient ainsi répartis : 55 % pour le Registre, 5 % pour l'ICANN et 45 % pour le Registreur. De plus, en centralisant tous ces domaines sur un seul site, cela permettrait d'en soigner particulièrement la qualité, différents Registres pouvant également avoir différents sites de recherche.

Par conséquent, si le problème est celui du domain tasting, ou du domain kiting, ces nouveaux noms de domaine pourraient être la solution, puisque, de fait, vous n'avez plus besoin de tester les domaines de classe II. [Début]

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Brève conclusion

Voilà. Une dernière remarque : selon Chuck Gomes, de Verisign, la société serait sur le point d'introduire sa nouvelle politique contractuelle en matière de services du Registre (the new registry service policy for introducing new registry services is completed, ... and it is close). Bruce Tonkin rapporte de même que l'Organisme de l'ICANN en charge des noms génériques (GNSO) est en train de développer une nouvelle approche contractuelle avec les Registres (a policy for registries to request a change to their contracts to allow changes in the operation of the registry). Donc nous verrons bien la tournure que prendront les choses, et si ce modèle de longue traîne apporte enfin une réponse que Bob Parsons appelle de tous ses vœux depuis des mois.

Il y aurait encore beaucoup à traduire et à dire, mais cela demande du temps et je n'en ai plus. J'ai commencé un gros projet de traduction qui va m'occuper tout le mois, donc le rythme de publication des billets va forcément ralentir. Toutefois, j'ai ressenti l'urgence d'évoquer l'apparition éventuelle de ces domaines d'un nouveau type, car je n'en ai trouvé aucune trace sur le Web francophone (mais je ne demande qu'à être démenti), même si le premier document qui traite du sujet remonte à juin ... 2005 ! [Début]
À +



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mercredi 28 juin 2006

Google, eBay, MySpace, McAfee : brèves et mises à jour

Google, eBay, MySpace, McAfee : brèves et mises à jour

Google
Google - eBay
MySpace
McAfee - SiteAdvisor

Préparez-vous à être submergés par une myriade de dépêches et d'analyses sur l'actualité dominante des jours à venir, j'ai nommé GBuy !

Google Wallet il y a presque un an jour pour jour, puis G-Money, GPay, Google Checkout (https://checkout.google.com/ renvoie pour l'instant vers votre compte personnalisé)...

[MàJ - 29 juin 2006] Exit GBuy, Google lance Checkout. En cliquant sur le lien ci-dessus que je vous donnais hier, vous arrivez sur la fenêtre de connexion suivante :


Google propose également une vidéo de présentation du service, cliquez sur l'image ci-dessous si vous souhaitez la visionner :


Comme vous pouvez le constater, le petit chariot bleu à gauche de l'URL, symbole de Checkout, indique que ce cybermarchand utilise le service de Google. Une façon supplémentaire de nous dire qu'il s'agit d'un site sécurisé, ce qui aura forcément un impact sur la navigation des internautes dès que le bassin d'utilisateurs prendra de l'ampleur et que le service montera en puissance. En outre, l'exemple choisi par Google nous montre un lien sponsorisé, mais il est à prévoir que les résultats organiques intégreront aussi le petit chariot. À suivre...

Enfin, pour l'instant, Checkout n'est disponible qu'aux États-Unis, même s'il est probable que la localisation (qui est déjà un atout majeur des Adsense) ne tardera pas...

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Donc, voilà plus d'un an que les observateurs, journalistes et blogueurs du monde entier se perdaient en conjectures sur ce qui a toujours été présenté comme une alternative à Paypal, sauf par ... Google :
Mr. Schmidt also denied it would directly compete with PayPal. Mr. Schmidt said Google didn't intend to offer a "person-to-person, stored-value payments system," which many people consider a description of PayPal's service.

(M. Schmidt dément que [ce service] serait en concurrence directe avec PayPal. Selon lui, Google n'entend pas offrir un "système de prépaiment individualisé", une définition que beaucoup considèrent comme une description de ce qu'est PayPal.)
On allait bientôt tout savoir, GBuy décortiqué, examiné sous toutes les coutures, etc. Ne comptez donc pas sur moi pour ajouter à la cacophonie. Je préfère me limiter à rappeler que Yahoo a déjà essayé PayDirect, un service semblable, sans grand succès. Yahoo qui a obtenu il y a peu un brevet dénommé Systems and methods for implementing person-to-person money exchange (à ne pas confondre avec Systems and methods for implementing person-to-person international money exchanges !)...


Après PayDirect, pourquoi pas Pay2PayDirect :-) [Début]

En attendant, Google vient de rendre GMail, Google News et quelques autres services accessibles depuis votre mobile...

(Je ne dis pas "le mien", vu que le service n'est pas encore disponible en Italie...)

En parallèle, je viens juste de m'apercevoir que Google a commencé à mettre des pubs aussi dans ses alertes :

Voilà des mois que je les reçois et jamais aucune pub n'avait précédé les résultats, une situation qui a changé apparamment entre 10h19' et 13h14' aujourd'hui ! [Début]

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Toujours pour ce qui concerne le couple Google - eBay, après la compétition et les infidélités d'eBay avec Yahoo, voici venue l'heure de la coopétition, ou coopération compétitive, puisque Google et eBay financent ensemble FON, afin de vendre des routeurs communautaires à ... 5 $/€ et de promouvoir le Wi-Fi gratuit ! Ça devrait en intéresser plus d'un...

Signalons au passage que Martin Varsavsky, le FON...dateur, fait partie du premier tour de table d'investisseurs qui ont permis de lancer Wikio, aux côtés de Loïc Le Meur, Jeff Clavier, Freddy Mini, Ouriel Ohayon et, bien sûr, Pierre Chappaz. Une affaire qui agite le landerneau du Web francophone pour d'autres raisons... [Début]

* * *

Maintenant, à propos de MySpace, je viens de lire cette déclaration dans une longue interview de Murdoch sur Wired, concernant Google :
I like those guys, but there’s a bit of arrogance. They could have bought MySpace three months before we did for half the price. They thought, “It’s nothing special. We can do that.”

Je les aime bien, même s'ils sont parfois un peu arrogants. Ils auraient pu acheter MySpace trois mois avant nous à moitié prix, mais ils ont dû croire “Rien de spécial, nous pouvons en faire autant.”
Soit moins de 300 millions $ !. Via GigaOm, Search Newz, Search Engine Journal. Même si selon d'autres sources :
According to Michael Nutley of New Media Age Rupert Murdoch was told by Google Chairman Eric Schmidt that acquiring Intermix and MySpace would be “the best deal of his life.”

D'après Michael Nutley, de New Media Age, Eric Schmidt, PDG de Google, aurait dit à Rupert Murdoch que faire l'acquisition d'Intermix et de MySpace pourrait bien être “la meilleure affaire de sa vie.”
Allez savoir s'il y a eu délit d'initié et quel est le vrai du faux ! Donc, apparamment, Google n'aurait pas su saisir à temps le virage "réseaux sociaux" ? Tout comme Microsoft n'a pas compris la portée de l'Internet à l'époque de Windows 95. Juste pour faire un parallèle...

Quant au problème de la protection des enfants et des adolescents sur MySpace et, d'une manière générale, sur les réseaux sociaux, hier à la Chambre des Députés U.S. a eu lieu une audition, pour celles et ceux qui comprennent bien l'anglaisaméricain :-) [Début]

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Ma deuxième mise à jour concerne McAfee - SiteAdvisor dont je vous parlais il y a un mois au sujet de la recherche sécurisée et de la mise en œuvre future d'un possible SafeRank, un avis jugé plausible par Bill Slawski (So, you may be right - some type of saferank could be part of the near future), qui est certainement bien plus expert que je ne le suis.

Or je viens juste de découvrir qu'une extension est disponible au téléchargement pour Internet Explorer ou FireFox. À tester pour une navigation sécurisée, faites-moi savoir vos commentaires si vous l'avez déjà essayé...

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lundi 26 juin 2006

Blogs and folks and rock'n'roll

Blogs and folks and rock'n'roll

La genèse de ces mots, c'est un commentaire raté, commencé pour tenter de répondre à cette question : Pourquoi lisez vous Affordance ?, avant de me rendre compte qu'il y avait tellement à dire que mieux valait en faire un billet !

Olivier, pourquoi je te lis ?

Digression liminaire

Qu'on m'excuse le tutoiement, mais chez moi la blogofamille ça crée des liens (ce qui est bien naturel sur Internet), ça marche par affinités, affinités de goûts ou communautés d'intérêts, et d'ailleurs la blogosphère est moins grande qu'il y paraît, puisque sur Internet, le village a beau être global, ça reste quand même un village. Où tout le monde finit par se connaître, voire par se fréquenter, par se rendre visite. Ou pas...

Moi mon blog, c'est chez moi. Et comme chez moi, l'hospitalité y est sacrée, la porte est ouverte à toutes et à tous, je fais ce que je peux pour mettre mes invités à l'aise, favoriser le dialogue, nouer des conversations. Chacune ou chacun doit s'y sentir libre, libre d'y venir aujourd'hui, demain ou jamais, d'y faire une petite halte restauratrice ou de passer outre, libre de parler ou de se taire, voire de me dire t'es nul de chez nul, l'essentiel c'est de me dire pourquoi.

Or « comme dans la vraie vie » je ne reste pas toujours barricadé chez moi, loin s'en faut, j'aime aussi sortir et aller chez les autres, je sors de chez moi et je viens chez toi. Ou alors on peut se rencontrer dans un lieu public ou dans la rue, voire chez un ami ou une amie en commun.

Même si des fois, Machin te présente Truc parce que c'est son ami, et toi tu te dis, oui j'aime bien Machin mais quel con, ce Truc ! À moins que ce ne soit Truc qui pense de toi, oui j'aime bien Machin mais quel con, celui-là. C'est la vie. :-) De toutes façons on est toujours le con de quelqu'un, donc là n'est ni la question ni le problème, non, la question, le problème, c'est que si tu viens chez moi, d'abord tu te nommes et après tu parles, l'anonymat me rend nerveux, les commentaires anonymes c'est comme les lettres du même nom, la corbeille est la seule destination qui leur convient.

Donc, en plus des rencontres voulues, recherchées, il y a aussi les rencontres fortuites. Qui sont souvent les plus belles. Celles auxquelles tu ne t'attends pas et qui te ravissent.

Un jour t'arrive par hasard chez Olivier, chez Joël ou chez Jérôme, chez Jean-Marc ou Jean-Baptiste, chez Didier ou Isabelle, et tu te dis, tiens j'aime bien ce ton, cette conversation, alors ça te donne envie de t'attarder, de revenir, d'approfondir. Au gré du temps et des occasions, sans forcer, sans prétendre, sans idées préconçues, au détour d'un clic, hors des sentiers battus, loin des coteries Web 2.0 ou des salons qui comptent...

Voilà. Pour conclure et finalement répondre à ta question, Olivier, pourquoi je te lis, parce que j'aime bien venir chez toi, je m'y sens à l'aise.

« Dialogue », disent ceux qui brûlent de parler. (Elias Cannetti)