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vendredi 5 mai 2006

La dernière nouveauté de Google : Microsoft !

La dernière nouveauté de Google : Microsoft !
(et Ask, peut-être bien aussi...)

Depuis que j'ai commencé à m'intéresser à Google, il y a très exactement deux mois !, de façon tout à fait fortuite, ce qui m'a le plus surpris c'est le buzz insensé qui retentit toujours et partout autour de cette société !
C'est du Google constamment et à toutes les sauces, je google, tu googles, il/elle google, nous googlons, vous googlez, ils/elles googlent en permanence, anytime anywhere... Des annonces tous les jours, des nouveaux produits presque tous les jours, Google occupe le devant de la scène 24/7/365.

Comme le notait Olivier Andrieu en début d'année dans un article intitulé avec justesse Google, l'antonomase du Web :
...Google a réussi un "coup" assez phénoménal depuis sa création (...) dans le sens où il a réussi à asseoir sa marque et à en faire un synonyme de "recherche sur le Web". "Googler" n'est-il pas devenu un verbe aux États-Unis ? Combien de personnes se posent-elles la question avant d'effectuer une investigation sur le Web au sujet du choix du moteur à utiliser ? On va sur Google, un point c'est tout...
J'observe au passage que le verbe a largement franchi les frontières des États-Unis ! Mais cette omniprésence n'est pas uniquement à mettre sur le compte du capital sympathie dont jouit Google auprès du peuple internaute des cinq continents.

De fait, Google n'est pas seulement passé maître dans l'art du bouche à oreille, la société poursuit aussi de façon extrêmement volontariste et intelligente l'objectif clé que se fixe toute entreprise et/ou toute marque ayant des visées planétaires : faire parler d'elle à tout moment, cultiver sa notoriété en tous lieux, assez souvent d'ailleurs en ne levant qu'un coin du voile pour piquer la curiosité des millions de gens qui se connectent chaque fois en se demandant : « Que va bien faire ou dire Google aujourd'hui ? », et qui s'empressent de le crier sur les toits (moi compris dans le lot), dès qu'ils croient tenir la bonne info, voire le scoop, on peut toujours rêver...

Le marketing viral n'est-il pas l'un des 7 principes marketing que met en avant Google sous cette jolie formule, ô combien efficace : « Let others speak for you » (Laissez les autres parler à votre place) ?


* * *

Donc, face à cette surexposition médiatique savamment organisée et subtilement orchestrée, jusqu'à présent il faut bien noter que Microsoft brillait autant par son absence que par son silence ! Cependant les choses bougent, et on dirait que le géant de Redmond a décidé de reprendre la main, fait le plus notable que je vois dans l'actualité de Google ces derniers temps : les annonces de Microsoft commencent à se succéder presque quotidiennement, notamment avec la verve et le verbe haut de Steve Ballmer.

Crédit : KEVIN P. CASEY / AP

Et quand Bill Gates veut se donner les moyens, il les a ! 2 milliards de dollars débloqués pour 2006 et 2007, dont 300 millions en CAPEX (capital expenditures = investissements corporels et incorporels, hors investissements financiers) :


À comparer avec les 500 millions de dollars provisionnés par Google pour 2006 (fin de la diapositive 3) :
Nous consacrons actuellement plus de 500 millions de $ en investissements corporels et incorporels (hors investissements financiers), et nous innovons dans des produits tels que la traduction automatique pour que les projets susmentionnés puissent se réaliser...
Pourtant, Microsoft était déjà sur Internet à une époque où Google était encore dans les limbes. Magie de ma bibliothèque professionnelle (plus de 10 000 livres pro, autant de magazines spécialisés, 5 ou 600 dictionnaires, j'ai perdu le compte, etc.), j'ai retrouvé ce livre publié en 1995, où Microsoft proclamait fièrement en page de couverture :


Find out how to get the most out of Windows 95's exciting new Internet tools (du genre : découvrez comment tirer le meilleur parti des nouveaux fabuleux outils Internet que Windows 95 met à votre disposition). Y a de quoi rêver...

Un peu plus de 10 ans ont passé, mais ça vaut son pesant d'or avec le recul ! Et je vous passe le détail de la centaine de pages dédiées à Internet, sur 8 chapitres S.V.P., dont le premier s'intitule fort prophétiquement : « The Tough Truth about Internet Searches » (La dure vérité sur les recherches Internet). Ça ne s'invente pas ! [Début]

* * *

Comme quoi même les visionnaires peuvent rater le train. Une leçon que feraient bien d'analyser Larry Page et Sergey Brin pour ne pas perdre de vue la concurrence qui monte, rapidement ou lentement, mais sûrement. Rapidement, c'est Microsoft ; lentement, ce pourrait bien être Ask, dont je mentionnais dans un précédent billet sur les signes qui entourent Google :
Il est probable qu'Ask deviendra le moteur de prédilection de tous les partenaires actuels de Google que la société de Moutain View est en train de s'aliéner au fur et à mesure qu'elle entre en concurrence directe avec eux. (traduction de propos tenus par Garrett French, qui voit Ask être le moteur gagnant au fur et à mesure que ces mêmes partenaires laisseront tomber Google : « I see Ask being a big winner in the search industry as Google dumpers seek new partners. »)

Une interface dépouillée comme aiment les internautes qui vont à l'essentiel (voir ma précédente analyse comparant les deux interfaces de Google et Exalead), au service des prévisions affichées sur le marché français (propos de Ludovic Lecomte, directeur d'Ask France, recueillis par le Journal du Net au début de l'année) :
Il s'agit de gagner rapidement plusieurs points de parts de marché. Disons que notre ambition est de nous installer dans le duo de tête des moteurs de recherche à long terme, d'ici trois ans.
À bon entendeur... Dans cette optique, la version française du moteur vient d'ailleurs de sortir son blog en partenariat avec Abondance (un splendide coup marketing, donc), un moyen qui a fait ses preuves et s'avère excellent pour rester près des exigences de ses utilisateurs, actuels et potentiels.

Enfin, un petit signe à méditer pour Google dans le billet d'Olivier Andrieu : « c'est la technologie Typepad qui a été retenue », à mettre en relation avec cette précédente déclaration d'O.A. :
Mais il y a pire encore lorsqu'on a réussi à s'inscrire à un service qu'on utilise au quotidien et qui génère de nombreux dysfonctionnements. C'est le cas de Blogger, outil racheté par Google début 2003 et que j'utilise pour le blog d'Abondance. La situation sur ce système est aujourd'hui proche du catastrophique : extrême lenteur, problèmes d'affichage de la console d'administration, erreurs dans la publication des posts, messages incompréhensibles lors du téléchargement d'images, etc. Le constat est hélas évident : Blogger aujourd'hui n'est pas (plus ?) un outil fiable, loin de là... Et j'avoue que jusqu'à maintenant, si je conseillais cette plate-forme, simple et conviviale, pour la création de blogs, mes conseils vont changer sans aucun doute possible...
Comme quoi il faut savoir parfois lire entre les lignes, mon cher Google... [Début]


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