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jeudi 20 décembre 2007

Interface sociale = tableau de bord Web 2.0/Web 3.0

Interface sociale = tableau de bord Web 2.0/Web 3.0

1. Projets
2. Communication publique
3. Communication individuelle
4. Communication en réseau
5. Profil

À venir (l'année prochaine, ce billet est le dernier pour 2007) :

6. Information
7. Contacts
8. Applications / Outils
9. Programmation
10. Stockage

Pour paraphraser Malraux, au XXIe siècle, le Web sera social ou ne sera pas ! Cela a déjà commencé, notamment avec Facebook et Google, mais dès 2008, cette évolution devrait être plus évidente encore.

Le Web migre progressivement de système d'exploitation (Web OS) à plateforme sociale (Social OS), au cœur de laquelle chaque personne (physique/morale) doit s'inventer sa propre interface sociale, à savoir « une espèce de mash-up des différents outils et moyens de construire son positionnement et sa visibilité sur Internet », où le Web plateforme est le socle d'un ensemble d’applications et de services "sociaux personnalisables".


Un concept repéré chez Kin Lane, via Netviber, qui s'accompagne
de l'évolution inéluctable d'une présence individuelle (particulier ou entreprise) vers une présence "sociale". Finie la théorie du nœud papillon, avec des îlots épars et déconnectés du cœur du réseau, sans liens et sans circulation : « à présent les hyperliens ne sont plus des liens entre les sites mais des liens liaisons (hyperliaisons ?) entre les personnes, via les réseaux sociaux... » (cf. Brian Breslin et Alex de Carvalho).
Nous allons donc découper cette interface sociale en isolant ses différentes composantes et en voyant, pour chacune, certaines des implications possibles pour donner un sens à notre présence sur Internet.

En commençant par Projets et en remontant dans le sens des aiguilles d'une montre :
  1. Projets
  2. Communication publique
  3. Communication individuelle
  4. Communication en réseau
  5. Profil
  6. Information
  7. Contacts
  8. Applications / Outils
  9. Programmation
  10. Stockage
[Début]

* * *


1. Projets

Je commence par "projets" car à mon avis c'est LA notion centrale sur Internet, où chaque présence doit correspondre à un projet stratégique multifacettes : stratégie de développement, de positionnement, de visibilité, de participation, d'utilisation, etc.

Le temps où tout projet Internet pouvait se résumer au seul développement d'un site Web est révolu et limitant, aujourd'hui une présence doit être polyvalente : multisupport, multiréseau, multilingue, multiapplication, etc.

Ainsi, toute entreprise souhaitant s'implanter de façon significative sur le Web devrait se doter d'une fonction, ou, mieux, d'un service responsable pour Internet. Car au fur et à mesure que le Web se complexifie et se spécialise, il devient urgent de réfléchir aux différents aspects d'une présence :
  • de la gestion des noms de domaine à l'hébergement,
  • du choix des technologies à déployer à celui des applications front-end et back-end,
  • de la participation aux réseaux sociaux à la pub sponsorisée,
  • du référencement organique à l'organisation événementielle,
  • du choix d'investir un univers virtuel à l'utilisation de services en ligne particulièrement visibles (docs, slides, blogs, microblogging, vidéos, ...), etc.
À chacun donc de définir ses orientations et ses modes d'occuper le terrain, par l'intermédiaire d'une communication tous azimuts. [Début]

* * *


2. Communication publique

Communiquer sur Internet, c'est s'ouvrir vers l'extérieur, et, de plus en plus, dialoguer : une communication bidirectionnelle, interactive, proche de la conversation. En outre : Etc. Ce ne sont là que des exemples, chacun en a sûrement d'autres. Aujourd'hui on ne communique plus seulement avec la pub, mais avec le contenu sous toutes ses formes. Certains y ajoutent le contexte. L'UGC est un très fort vecteur de communication. L'écriture Web aussi. Sans oublier le linkbaiting, les stratégies de liens, les stratégies de trafic, l'optimisation ou le positionnement par le contenu, etc.

Par ailleurs, toute communication publique s'appuie souvent sur une communication plus introspective, individuelle pour les particuliers, interne pour les entreprises (mise en place d'un Intranet, d'un BlueKiwi, d'un Feedback 2.0, etc.) [Début]

* * *


3. Communication individuelle

Dans sa théorie de la dérive des continents "documentaires" (diapo 5), Olivier Ertzscheid distingue 5 formes de Web :


Le Web public, privé, personnel (desktop), intime (courriel) et extime (blogs, voir ici pour l'extimité) : 3 sur 5 s'inscrivent donc dans la communication individuelle, qui consiste à projeter cette sphère vers l'extérieur.

Que ce soit par courriel, télécopie, SMS, messagerie instantanée ou autre, l'interface sociale fournirait un point d'entrée où centraliser tout cela, à mon avis une série de widgets dédiés à chacune des composantes, gérables en relation étroite avec la fonctionnalité Profil. [Début]

* * *


4. Communication en réseau

Concernant la communication en réseau, il est clair que l'année 2008 sera décisive, aussi bien avec la probable montée en puissance d'OpenSocial et d'Android qu'avec l'évolution que prendront Facebook ou Ginger, pour ne citer que quelques exemples.

Car parler réseaux aujourd'hui, c'est parler réseaux sociaux, qui sont d'après moi une tentative de recréer le lien social sur Internet, un tissu connectif qui serait transposé de « la vraie vie » vers le Web...



Avec au centre de ces relations, notre identité numérique inévitable, notre profil 2.0 ! [Début]

* * *


5. Profil

Centraliser. Certifier. Sécuriser. Sxip. MyID.is. OpenID. Etc. Exemple : vous définissez votre nouvelle identité sur OpenIdoo, et l’obtenez sous forme d’une URL simple du genre : www.openidoo.com/identifiant.

Vous pouvez alors ajouter plusieurs profils (recherche, shopping, abonnements, informations…), puis lorsque vous visitez un site (qui accepte le système OpenIDOO, bien sûr), le serveur vous connecte après authentification automatique.

Google, qui commence également à centraliser les profils, propose déjà sur Blogger une identification acceptant OpenID.

J'observe au passage qu'avec la multiplicité des offres (OpenID, MyOpenID, OpenID France, etc.), vu que plusieurs solutions sont en concurrence, mieux vaut peut-être attendre de voir quel est le standard qui va sortir premier de la catégorie. S'il y en a... Ou pour le moins qu'il y ait interopérabilité entre les différents services. [Début]

* * *


OK. Je m'arrête là pour l'instant et reprendrai ma réflexion l'année prochaine. Car même si cet article n'est pas terminé, il donne des pistes et, je l'espère, matière à réflexion. Après, à chacun de parcourir et d'inventer les siennes. Tout en sachant que communiquer, c'est aussi partager : signalez en commentaire tous les liens manquants, les services prometteurs que j'ai ignorés, les bons plans et les bonnes idées, j'en ai oublié des tonnes, j'en suis sûr, la grande communauté du Web vous en sera reconnaissante. Ne vous inquiétez pas si vous ne voyez pas vos contributions apparaître de suite, je modérerai épisodiquement durant ces vacances.

Et même : si quelqu'un d'entre vous connaît particulièrement bien un sujet et souhaite développer une partie de cette interface sociale, je me ferai un plaisir d'insérer sa contribution dans le (ou les, sait-on jamais...) prochain(s) article(s).

Sur ce, je vous souhaite d'excellentes fêtes de Noël et de fin d'année, ce billet est le 153ème et dernier pour 2007 (vs. 164 en 2006 et 19 en mars 2005), rendez-vous en 2008 vers la mi-janvier pour un nouvel an que je vous souhaite riche en satisfactions et gratifications de toutes sortes. Mais d'abord la santé. Trinquons donc ! À la nôtre et à nos amours, avec une pensée spéciale pour ma femme et mon fils (cet été en Gaule... :-) [Début]



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jeudi 13 décembre 2007

Facebook ouvre l'architecture de sa plateforme

Facebook ouvre l'architecture de sa plateforme. Bebo fait de même.

Interface sociale

L'annonce a été publiée hier, ce qui veut dire en clair que la plateforme de Facebook va maintenant pouvoir servir de modèle pour d'autres sites sociaux.

La formule prévoit également de licencier les procédés et les tags actuellement utilisés par le site, ce qui veut dire que tous ceux qui développent des applications sur Facebook pourront aussi les placer sur d'autres réseaux sans devoir les retoucher.

La documentation, les consoles de test, l'implémentation des tags au format FBML et les spécifications sont donc disponibles pour les développeurs qui voudront s'en servir.

Par conséquent, en même temps que ça va permettre à la plateforme de se développer, tous les tiers qui le souhaitent pourront aussi construire des applications en tirant parti des outils marketing puissants de Facebook.

Il est évident qu'après l'ouverture d'Open Social, Facebook pouvait difficilement faire autrement que de s'ouvrir à son tour !

Une logique immédiatement adoptée par Bebo :
Grâce à l'implémentation des standards ouverts de Facebook par Bebo, les développeurs peuvent toucher une audience plus large, ce qui signifie davantage d'applications, et au final un plus grand bénéfice pour les utilisateurs de Bebo ET de Facebook.

"With Bebo's implementation of Facebook's open standards, developers can expand their reach, which will lead to even more application development, and ultimately benefit both Bebo users and Facebook users," (Adam D'Angelo, chief technology officer, Facebook).
La liste des partenaires associés à l'initiative de Bebo est longue :

Atomic Moguls, Astrology.com, Bantr, Befunky, Blurb, Bunchball, BunnyHero Labs, CBS, Chainn, Inc., Fashmatch, Flixster, Gaia Online, Gap, Inc., Goodreads, iLike, Jangl, Kadoink, Last.fm, MesmoTV, National Basketball Association (NBA), NBC Universal, Ooga Labs, Pickspal, Pocketbook, PokerSavvy, Presidio Media, Qloud, RockYou, Slide, Social Media, Wallop, Webs.com, WidgetBox, Where I've Been, Yahoo! (qui a également de nombreuses extensions intéressantes), Youweb, YouthNoise...

Nous avons donc deux principaux blocs qui s'affrontent dans la "guerre" pour la suprématie des réseaux sociaux, Facebook d'un côté, Google de l'autre (et le reste au milieu et à la périphérie...) :


Comme nous le signale Dave McClure en commentaire sur Flickr, il a intentionnellement laissé hors du graphique Yahoo, Microsoft, eBay, Amazon & AOL ... jusqu'à ce qu'ils annoncent quelque chose, et a oublié SixApart, Wordpress & Plaxo, qu'il compte bien ajouter dans sa prochaine version vision de Social Graph Platform Wars...

Et moi j'y ajouterais Netvibes ! (voir ici...)

Ce même graphe social que Tim Berners-Lee vient de nommer Giant Global Graph, comme me le signale Alex en commentaire, concept que Francis Pisani rend par le Graphe Global Géant ou la granularité connectée...

En attendant, cette invasion des plateformes sociales (également au sens de Social OS...) dans nos présences Internet va considérablement bouleverser la donne, tant pour les internautes que pour les entreprises. D'ailleurs il est déjà question de portabilité entre les réseaux sociaux et de droits des utilisateurs de ces mêmes réseaux. [Début]

* * *

Car pour faire un parallèle, la progression indiscutable du Web 1.0 vers le Web 2.0 s'accompagne de l'évolution inéluctable d'une présence individuelle (particulier ou entreprise) vers une présence "sociale". Finie la théorie du nœud papillon, avec des îlots épars et déconnectés du cœur du réseau, sans liens et sans circulation : « à présent les hyperliens ne sont plus des liens entre les sites mais des liens liaisons (hyperliaisons ?) entre les personnes, via les réseaux sociaux... » (cf. Brian Breslin et Alex de Carvalho).

J'entends donc par "social" une espèce de mash-up des différents outils et moyens de construire son positionnement et sa visibilité sur Internet, où chacun prendra ce qui lui sert au mieux de ses désirs et intérêts pour élaborer sa propre "interface sociale" :


Via Netviber. Et encore, les choses ne sont-elles pas figées, tout ça va aller en se complexifiant, pour que chacun/e remette de la simplicité là-dedans, ce ne sera pas une mince affaire !

L'époque où on pouvait affirmer "mon réseau social, c'est mon blog" est déjà révolue (certains pensent le contraire), désormais ce sera "mon réseau social, c'est Internet"...

Et mon interface sociale pour gérer ça, l'éventail des ingrédients que je choisirai comme composantes de ma présence sur Internet. Qui ne seront plus trois mais une myriade, en fonction des goûts et intérêts de chacun/e.

Avec pour corollaire que ce qui vaut pour l'individu est a fortiori encore plus vrai pour l'entreprise... Dont la présence ne pourra plus se limiter à un simple site, aussi sophistiqué soit-il, mais devra être multiforme, polyvalente et participative pour faire sens : sens = sémantique = Web 3.0...

Ce sera mon clin d'œil conclusif. ;-) [Début]


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mercredi 21 novembre 2007

Google ajoute des noms de domaine

Google ajoute des noms de domaine

Billet révélateur de ResourceShelf sur certains noms (qui s'ajoutent à ceux-ci) récemment réservés (et récupérés, me suggère Tom en commentaire) par Google :

gtaxes.com (plus les extensions .net et .org)
foogleaddon.com
technicage.com
googlesecret.com
logiquate.com
macroslash.com
nolimitdvd.com (celui-là aussi, il va faire jaser...)

gbeam.org
gbriefcase.org
gcentral.info
gmeet.net
gnoogle.com
google-gmail.com
google-labs.com
google-labs.net
google-search.com
googleblog.info
googlebux.net
googlecalendar.info
googlecalendar.net
googlefinance.com
googlefind.net
googlegmail.com
googlegroups.info
googlehelp.info
googlehelp.net
googlelabs.org
googlelocal.org
googlephotos.info
googleserchengine.com
googleshopping.com
googlesms.info
googlesms.net
googletv.info
googleus.com
googleus.net
googlewebapis.net
gsearch.info
gsend.org
gshopping.info
gshopping.net
gsites.info
gsites.net

Plus toute la série Android...

androidalliance.com
androidalliance.net
androidalliance.org
androiddevice.com
androiddevice.net
androiddevice.org
androiddevices.com
androiddevices.net
androiddevices.org
androidfederation.com
androidfederation.net
androidfederation.org
androidhandset.com
androidhandset.net
androidhandset.org
androidhandsets.com
androidhandsets.net
androidhandsets.org
androidmobile.com
androidmobile.net
androidmobile.org
androidphone.com
androidphone.net
androidphone.org
androidphones.com
androidphones.net
androidphones.org
androidplatform.com
androidplatform.net
androidplatform.org
androidsdk.com
androidsdk.net
androidsdk.org
androidsoftware.com
androidsoftware.net
androidsoftware.org
androidtechnology.com
androidtechnology.net
androidtechnology.org

Via WebProNews. Je vous laisse les interprétations connexes...


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P.S. Personnellement, celui qui m'intrigue le plus est Gbeam. Est-ce que ce serait lié à la notion de Worldbeam selon Google ? Wait and see...

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lundi 5 novembre 2007

Google annonce la plateforme mobile ouverte : Android

Google annonce la plateforme mobile ouverte : Android

Une alliance de grands groupes et d'opérateurs leaders dans les technologies sans fil et la téléphonie mobile annonce le développement de la plateforme AndroidTM, qui devrait être disponible au cours du deuxième semestre de 2008.


La plateforme sera mise à disposition avec des licences open-source pour donner aux opérateurs et aux fabricants davantage de liberté et de souplesse dans la mise au point de leurs produits. Un premier kit de développement sera prêt dès la semaine prochaine.



L'Open Handset Alliance regroupe les membres fondateurs suivants : Aplix, Ascender Corporation, Audience, Broadcom, China Mobile, eBay, Esmertec, Google, HTC, Intel, KDDI, LivingImage, LG, Marvell, Motorola, NMS Communications, Noser, NTT DoCoMo, Inc., Nuance, Nvidia, PacketVideo, Qualcomm, Samsung, SiRF, SkyPop, SONiVOX, Sprint Nextel, Synaptics, TAT - The Astonishing Tribe, Telecom Italia, Telefonica, Texas Instruments, T-Mobile, Wind River.

Au vu de cette liste, une question se pose d'emblée : outre les américains, il y a les italiens (Telecom Italia), les espagnols (Telefonica), les allemands (Deutsche Telekom est la maison mère de T-Mobile), quid des français ?

Plus de 3 milliards d'utilisateurs de mobiles dans le monde, près de 3 fois le nombre des internautes, ça se cultive !

Après l'Open Software, l'Open Device, l'Open Ecosystem et l'OpenSocial, voici donc l'Open Platform. Que d'ouverture !

Pour Eric Schmidt, à terme les opérateurs pourront offrir des téléphones moins chers, avec de meilleurs services, de meilleures fonctionnalités et interfaces graphiques, sans oublier la possibilité d'embarquer avec les systèmes d'exploitation la trilogie Search, Apps & Ads...

Et Schmidt de répondre ainsi à la question du Financial Times sur la venue du gPhone  :
Nous ne l'annonçons pas pour l'instant, mais si nous devions le faire, Android serait la plateforme idéale.

(is) a real gPhone is coming. Eric says that we're not announcing, but if we were to, this would be the platform for it.
Donc s'il y en a qui pensent que le gPhone ne verra pas le jour, peut-être voudront-ils reconsidérer leur position.

À noter enfin, que là aussi, Google concurrence encore une fois Facebook, qui a lancé sa propre plateforme mobile le 24 octobre, il y a tout juste 2 semaines !

En fait, depuis plus d'un an que j'anticipais le prochain milliard d'utilisateurs pour Google dans la téléphonie mobile, nous y voilà. J'y reviendrai...

Davantage d'infos sur Standblog et JBlog. Mais ce n'est qu'un début !


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P.S. Pour mémoire, rappel de la définition d'androïde : automate à forme humaine, qui ressemble à l'homme...

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dimanche 4 novembre 2007

Guerres, batailles, brevets, S.O.S.

Guerres, batailles, brevets, S.O.S.

Les brevets

(Voir également les brevets de Google par Bill Slawski.)

Dans un récent billet sur Google Open Social & Facebook, Dave McClure conclut ainsi sur les réseaux sociaux : nous allons en parler pendant des années (we'll be talking about it for years :-)

En s'inspirant de son billet, Lee Lorenzen voit trois conséquences imprévues de la mise en place d'OpenSocial :
  1. la prolifération des réseaux sociaux ;
  2. le développement d'applis qui vont favoriser l'exode des utilisateurs de MySpace ou LinkedIn vers Facebook (the REAL THING and the WINNING NETWORK, comme il l'appelle) ;
  3. l'éclosion de procès pour violation des brevets détenus par Facebook sur les NewsFeeds (ce que j'ai appelé la traçabilité).
Franchement, si je ne saurais trop quoi dire sur les deux premiers points, le troisième m'a tellement interpellé que j'ai voulu en savoir plus sur ces brevets.

D'autant plus que dans une interview de Peter Chane, responsable Produits communautaires chez Google, à la question :
Facebook propose des fonctionnalités qui favorisent la propagation “virale” des applications entre membres de la communauté. Est-ce qu'OpenSocial prendra aussi en charge des fonctionnalités “à la Facebook”, comme les invitations, les notifications, les fils d'activités ?

(Facebook offers features that help applications spread “virally” to their friends. Will OpenSocial support features like Facebook’s invitations, notifications, and feed items?)
il répond :
À ce stade, l'API OpenSocial ne prévoit pas ce type de fonctionnalités, même si nous y pensons : beaucoup de sites et de développeurs nous l'ont demandé, et actuellement nous en discutons avec eux.

(There isn’t a feature like invitations in the OpenSocial API at this point. It’s something we’re considering — a lot of sites and developers have expressed interest in this, and we’ll be having conversations with them.)
Une réponse qui m'a étonné ! Car ce ne sont pas les applis embarquées sur la plateforme qui sont le point fort de Facebook, mais bien la traçabilité :
Facebook est une rupture dans les réseaux sociaux pour une raison simple : il permet de suivre à la trace ses "amis" : qui ils fréquentent, à quels groupes ils adhèrent, quelles applications ils installent, ce qu'ils font, où, quand, comment, etc. Dans un "flux" continu, sorte de par-chemin à suivre qui déroule le palimptexte des actions...
(...)
C'est justement cette fonctionnalité qui est en rupture avec ce qui se faisait jusqu'alors et qui décrète toute la nouveauté de Facebook. D'autant plus que si les gens s'inscrivent aujourd'hui, c'est essentiellement parce qu'ils sont en quête de visibilité, voire de reconnaissance, et non pas le contraire.
Donc sans tous ces flux qui charrient le flot des actions et des interactions sur Facebook, pas de viralité ! Ou très peu. En tout cas pas suffisamment pour justifier le développement d'applis ad hoc pour les réseaux sociaux. Comme le dit Tariq Krim, ça doit se compter en milliards ces petites bêtes...

Ce que je viens de décrire en termes poétiques, Lee Lorenzen le précise ainsi en termes techniques :
... the real key to Facebook’s utility is their permission-based, algorithmically optimized, personal-action monitoring, newsfeed. This innovation (and I predict the basis of several inventions) will turn out to be the true genius and defensibility of Facebook (like PageRank was/is for Google). Although it is not the key to their monetization, it is the fuel that powers the word-of-mouth (or as I call it “the word of mouse”) engine that ensures the viral spreading of and high level engagement with anything useful that is discovered in the facebook eco-system. Although “activity feeds” may exist in other systems and an API can be created in OpenSocial to submit items to it, my $64 billion question is: Which of all the OpenSocial partners are going to be in charge of deciding the specific subset of items that make it through to a given user’s newsfeed? Does Google get this right? If so, they will be the one sued by Facebook for billions of dollars for violating the upcoming Newsfeed Patents.

The reason I’m confident several patents were filed and will ultimately be granted is that facebook is the first company in the world to encounter a very specific problem related to managing a Large Social Network Newsfeed — specifically too much news to print. Unlike other environments without a critical mass of users, Facebook had to decide how to feed only “the important” items into your and my newsfeed. The data I’ve heard is that only 1 in 500 items that could be of interest to me actually makes it into my feed. While I don’t know (and probably don’t care) what is left out, my sense is that Facebook mostly gets it right. In addition, Facebook is likely the first company in the world to develop “newsfeed tuning controls” for their users like me based on which of my friends I really want to know more about and which I’m less concerned with. They also have created a new type of “Sponsored Newsfeed” item (i.e., a CPM or CPC ad) that is woven into this highly valuable stream of data that has my full attention. Unlike the rest of the ads on facebook, I’ve heard that these types of ads have between 4% and 25% click-through rates!!!

Each of these newsfeed-related areas represent HUGE CHALLENGES from legal, financial and technology perspectives to the OpenSocial confederation who have joined forces to create an Axis of Engagement that will attempt to combat the existing Facebook / Microsoft alliance. In the case of Facebook / Microsoft, it is clear that facebook is in charge of all their user interface decisions and related technology and Microsoft’s sole role is to assist with ad monetization. In the case of OpenSocial, I predict a battle royale deciding who gets to sell ads in OpenSocial and who gets to control the newsfeed. Google will clearly want both of these roles, but why should MySpace and LinkedIn give up these crown jewels?
Il est tard, je suis fatigué, et pour une fois je renonce à la traduction intégrale. Mais le cœur du message est le suivant : les fils, ou les flux, ou les feeds, comme vous préférez, doivent pondérer parmi des milliers, millions, milliards d'actions et d'événements ce qui doit être visualisé, quand, à qui, etc.

Une sorte de FeedsRank algorithmique qui serait à la traçabilité ce que le PageRank est à la recherche. Or Lorenzen nous parle d'upcoming Newsfeed Patents, de brevets à venir (The reason I’m confident several patents were filed and will ultimately be granted is that facebook is the first company in the world to encounter a very specific problem related to managing a Large Social Network Newsfeed — specifically too much news to print.) [Début]

* * *

Donc, sans savoir si et combien de brevets seraient déposés dans un futur plus ou moins proche, je me suis intéressé à l'existant. Avec quelques surprises : sur les 5 brevets que j'ai trouvés, susceptibles de concerner la matière en question, 3 sont de Zuckerberg et 2 d'AOL !

Voici les titres et résumés.

Methods and aparati for recognizing a pattern of using information units and generating a stream of information units in accordance with a recognized pattern (Mark Elliot Zuckerberg, Adam Edward D'Angelo, déposé 14 mai 2003, obtenu 18 novembre 2004)
This invention relates to recognizing patterns in people's individual listening habits and creating streams of playback based on those listening patterns. This invention does this by observing what information units the persons use and calculating how much the person likes each information unit in their collection and what information units each unit uses in close proximity to it. This invention can be applied to both software and hardware MP3, CD, and other such media devices that would be recognized by one with knowledge in these arts. The invention can be used with such devices so that it learns the patterns of the person using that device.
Voici l’un des dessins de ce premier brevet, déposé le 14 mai 2003, jour de son 19e anniversaire !!! Tout y est déjà, viendront plus tard graphe social et ligne du temps (c'est nouveau, ça, le "calendrier social").

[Début]

Systems and methods for social mapping (Mark Zuckerberg, Aaron Sittig, déposé 14 décembre 2006, obtenu 16 août 2007)
A system, method, and computer program for social mapping is provided. Data about a plurality of social network members is received. A first member of the plurality of social network members is allowed to identify a second member of the plurality of social network members with whom the first member wishes to establish a relationship. The data is then sent to the second member about the first member based on the identification. Input from the second member is received in response to the data. The relationship between the first member and the second member is confirmed based on the input in order to map the first member to the second member.
Traduction de l'OMPI sur la mise en relation sociale :
L'invention concerne un système, un procédé et un programme informatique pour une mise en relation sociale. Des données concernant une pluralité de membres d'un réseau social sont reçues. Un premier membre de la pluralité de membres du réseau social est autorisé à identifier un second membre de la pluralité de membres du réseau social avec lequel le premier membre souhaite établir une relation. Les données concernant le premier membre sont ensuite envoyées au second membre sur la base de l'identification. Une entrée provenant du second membre est reçue en réponse aux données. La relation entre le premier membre et le second membre est confirmée sur la base de l'entrée afin de mettre en relation le premier membre avec le second membre.
[Début]

Systems and methods for generating a social timeline (Aaron Sittig, Mark Zuckerberg, déposé 26 décembre 2006, obtenu 13 septembre 2007)
A system, method, and computer program for generating a social timeline is provided. A plurality of data items associated with at least one relationship between users associated with a social network is received, each data item having an associated time. The data items are ordered according to the at least one relationship. A social timeline is generated according to the ordered data items.
Un dépôt qui se base sur un brevet précédent, traduit par l'OMPI comme calendrier social :
La présente invention concerne un système, un procédé et un programme informatique permettant de générer un calendrier social. Une pluralité d'éléments de données associés avec au moins une relation entre des utilisateurs associés à un réseau social sont reçus, chaque élément de donnée possédant un temps associé. Les éléments de données sont ordonnés en fonction d'au moins une relation. Un calendrier social est généré en fonction de ces éléments de données ordonnés.

[Début]

Searching Recent Content Publication Activity (AOL, déposé 10 janvier 2007, obtenu 12 juillet 2007) / Indicating Recent Content Publication Activity By A User (AOL, déposé 10 janvier 2007, obtenu 26 juillet 2007)
Collecting and distributing information related to recent content publication activity of an instant messaging (IM) user provides other users in a network with timely, relevant information about people known to the user or within the same social network. A user participating in a social network can quickly and efficiently perceive new information related to other users (referred to as co-users) in a social network by reviewing the co-users' recent content publication activity. A user may be made able to do so without requiring the co-user to send a communication directly to the user regarding the new facts or new content, and also without requiring the user to actively browse or request information about the co-user.
L'OMPI sur Indicating and Searching Recent Content Publication Activity By A User :
La collecte et la distribution d’informations en rapport avec une activité récente de publication de contenu d’un utilisateur de messagerie instantanée (IM) procure à d’autres utilisateurs d’un réseau des informations pertinentes et opportunes sur des personnes connues de l’utilisateur ou appartenant au même réseau social. Un utilisateur participant à un réseau social peut rapidement et efficacement remarquer des informations nouvelles concernant d’autres utilisateurs (appelés co-utilisateurs) dans un réseau social en examinant l’activité récente de publication de contenu des co-utilisateurs. Il est possible de permettre à un utilisateur de ce faire sans que le co-utilisateur doive communiquer directement avec l’utilisateur à propos des nouveaux faits ou du nouveau contenu et sans que l’utilisateur doive activement parcourir ou demander des informations sur le co-utilisateur.

[Début]

Or ce n’est pas tout. Car Zuckerberg a également déposé des marques, sous lesquelles il protège non seulement les activités inhérentes à l’informatique et Internet, comme par exemple (Numéro de série 78920322, dépôt 29 juin 2006) :
IC 038. US 100 101 104. G & S: Providing online chat rooms and electronic bulletin boards for registered users for transmission of messages concerning collegiate life, general interest, classifieds, virtual community, social networking, photo sharing, and transmission of photographic images
IC 042. US 100 101. G & S: Computer services, namely, hosting online web facilities for others for organizing and conducting online meetings, gatherings, and interactive discussions; and computer services in the nature of customized web pages featuring user-defined information, personal profiles and information
IC 045. US 100 101. G & S: Internet based introduction and social networking services
IC 035. US 100 101 102. G & S: Providing an online directory information service featuring information regarding, and in the nature of, collegiate life, general interest, classifieds, virtual community, social networking, photo sharing, and transmission of photographic images; advertising and information distribution services, namely, providing classified advertising space via the global computer network; promoting the goods and services of others over the Internet; providing on-line computer databases and on-line searchable databases in the field of collegiate life, general interest, classifieds, virtual community, social networking, photosharing, video sharing, and transmission of photographic images
mais également toute une gamme de produits dérivés divers et variés, qui vont de l’habillement (Numéro de série 78962629, dépôt 29 août 2006)
IC 025. US 022 039. G & S: Clothing for men, women and children, namely, shirts, t-shirts, belts, jackets, coats, tops, vests, blouses, jerseys, bottoms, shorts, pants, trousers, boxer shorts, dresses, skirts, neckties, scarves, bandannas, night gowns, night shirts, pajamas, loungewear, socks, sweaters, sweat shirts, sweat pants, cummerbunds, aprons, headwear, hats, caps; sun visors; slippers
aux objets et accessoires (Numéro de série 77125103, dépôt 7 mars 2007)
IC 021. US 002 013 023 029 030 033 040 050. G & S: Beverage glassware; insulating sleeves for beverage cans; insulating sleeves for beverage bottles; portable can coolers; portable bottle coolers; thermally insulated containers for food and beverages; portable plastic coolers; portable metal coolers; coasters not of paper and not being table linen; bottle openers; pitchers; plastic buckets; plastic cups; serving trays not of precious metal; bottle stands; mugs; cups; foam drink holders; storage jars; glass and porcelain giftware, namely, vases, ornaments, plates, cups, jars, and decorative boxes; figurines made from glass, porcelain, ceramics, earthenware, and china
IC 018. US 001 002 003 022 041. G & S: Bags, namely, all purpose sports bags, all purpose carrying bags, bags and hold-alls for sports clothing, tote bags, duffle bags, backpacks, beach bags, belt bags, book bags, carry-all bags, clutch bags, cosmetic bags sold empty, gym bags; leather and imitations of leather; animal skins and hides; trunks for traveling and traveling bags; umbrellas; parasols; walking sticks; pocket books; handbags; wallets; credit card cases; drawstring pouches; attaché cases; briefcase-type portfolios
IC 020. US 002 013 022 025 032 050. G & S: Plastic key rings; plastic novelty license plates; indoor and outdoor furniture; picture frames; wood boxes; pillows; cushions; inflatable plastic signs; plastic boxes; non-electric fans for personal use; mirrors; figurines made of plastic, wood, ivory, fabric, plaster, wax, bone, and cold-cast resin; non-metal clips for bags
plus 2 ou trois autres, certains déposés très récemment (août, septembre 2007), dont le dernier en date : SocialAds !
IC 035. US 100 101 102. G & S: Advertising and information distribution services, namely, providing advertising space via the global computer network; promoting the goods and services of others over the Internet. FIRST USE: 20070920. FIRST USE IN COMMERCE: 20070920
Déposé le 24 septembre, première utilisation commerciale, le 20... [Début]

En conclusion, dans un autre billet, Lorenzen nous dit de l'allié de Facebook que Microsoft a combattu - et continue de combattre - toutes les guerres :

1. La guerre des systèmes d’exploitation
2. La guerre des interfaces graphiques
3. La guerre des tableurs
4. La guerre des traitements de texte
5. La guerre des bases de données
6. La guerre des suites bureautiques
7. La guerre des navigateurs
8. La guerre des serveurs de BdD
9. La guerre des serveurs Web
10. La guerre des portails
11. La guerre de la recherche sur le Web
12. La guerre des régies publicitaires

Auxquelles j'ajouterais les guerres des consoles, des jeux vidéos, de la musique en ligne, de la SOA, la virtualisation, etc. etc., sans oublier ce nouveau théâtre des opérations que représentent les réseaux sociaux et les plateformes sociales : Social Operating Systems, S.O.S.

Oui, Save Our Souls de toutes ces batailles à venir : l'UGC et son appropriation indue (voire sa confiscation...), l'identité numérique, le profilage et le ciblage comportemental, l'hypercompétition, etc. etc.

Et merde ! [Début]


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P.S. Moi qui voulais faire court, pour une fois, c'est encore loupé :-)

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vendredi 2 novembre 2007

Facebook, Google, Microsoft : mon analyse

Facebook, Google, Microsoft : mon analyse

ou Facebook & Sliding Doors...

Le 24 octobre, Zuckerberg a joué son avenir à pile ou face, d'où la métaphore avec Sliding Doors, dont le synopsis me rappelle étrangement le deal qui a été conclu.


Que se serait-il passé si ?...

Le matin même de la signature, Peter Lauria était convaincu que Google semblait prendre l'avantage, en faisant monter les enchères pour évincer Microsoft.

Une situation tout à fait plausible vu les antécédents... Or le soir, on pouvait penser que Microsoft avait gagné la partie et Google perdu la face !

Pour 250 millions de $ ! Je n'y crois pas une seconde. Google aurait déboursé bien plus que ça si le trio Page-Brin-Schmidt avait été convaincu de la viabilité d'un accord avec Facebook. Voir YouTube. Et ça ne lui aurait rien coûté ! Comme ça n'a rien coûté à Microsoft d'ailleurs, puisque la valeur de l'action a pris près de 25% depuis : 30,9$ le 23-10, 37,06$ hier, d'où 57 milliards de capitalisation de plus en 9 jours, 228 fois la mise !!!

Donc je ne parle pas de viabilité économique comme l'a laissé entendre Brin a posteriori (puisque c'est tout ce qu'il pouvait dire), mais de la viabilité d'un partenariat fondé sur des approches visions - et des "missions" - compatibles.

Zuckerberg a une vision
, c'est clair et il l'a déjà prouvé.

Google idem.

Microsoft n'a aucune vision pour Internet, n'en a jamais eu ! Étrange à dire pour une société qui, partie de rien, a cassé le monopole d'IBM en son temps, détruit Netscape, mais pas si étrange que ça à la lumière des explications de Guy Kawasaki avec son Jump the next curve (via Nicolas Jean) : jamais aucun des acteurs établis sur un marché n'a réussi à anticiper les nouveaux marchés par une rupture technologique, la rupture vient toujours d'un outsider...

Il leur avait pourtant dit chez Microsoft !

Mais revenons à Facebook, qui avait l'alternative entre un accord de haut profil avec Google, ou de bas profil avec Microsoft.

En fin de compte, si Zuckerberg a fait profil bas, c'est probablement parce que Google ne lui a pas laissé le choix : je pense en effet que sa vision (social graph + SocialAds) était incompatible avec celle de Google (OpenSocial + AdSense/AdWords) et qu'il aurait dû renoncer à la mettre en avant dans le cadre d'un partenariat avec Google. Ce qui remettait forcément et fortement en question l'aura de gloire qui l'entoure en ce moment...

Pour répondre à Didier Durand, je ne crois pas un seul instant que Google ait jamais ressenti l' « obligation de s'allier via l'ouverture pour combler son retard (énorme) », car s'il est vrai que Facebook a pris de l'avance, notamment avec sa grande première de la traçabilité, ça reste une avance limitée, dans une enceinte close (walled garden), aucunement comparable avec le mouvement engendré par Google avec OpenSocial.

Google devait d'ailleurs avoir ça dans ses cartons depuis un certain temps, car ce n'est pas le genre de chose qu'on improvise à la dernière minute. Donc impossible pour moi de croire que Facebook n'en savait rien, ça n'a aucun sens. Je crois plutôt que c'est un point qui a dû faire l'objet de négociations acharnées, avec au final la décision de Zuckerberg de s'allier à Microsoft dans un accord win-win (pour eux, mais selon moi c'est plutôt perdant-perdant), où l'un pourra donner libre cours au déploiement de sa "vision", et l'autre combler un certain nombre de lacunes. Pour autant ça reste l'association de deux conceptions profondément propriétaires...

Écoutons Schmidt :
L'histoire du Web nous enseigne qu'il y a une énorme diversité au niveau des intérêts que nourrissent les gens, et que tous ceux qui ont parié sur une plateforme ouverte, que ce soient des sites de développeurs ou des sites leader comme MySpace, y ont largement gagné. Ça ne finit pas en jeu à somme nulle.

The history of the Web says that there is enormous diversity in what people are interested in and that people who are willing to take a bet on an open platform whether its a developer or leading site like MySpace get the benefit of a larger pie. It does not end up as a zero sum game.
Alors maintenant, sur quoi débouchera réellement ce "partenariat" Facebook - Microsoft ? Nous le saurons tôt ou tard...

Et au grand dam de Steve Ballmer, Facebook rejoindra-t-il OpenSocial ? Si Zuckerberg est cohérent, non. Mais entre cohérence et appât du gain, en général les cas de conscience se résolvent vite. :-)

À ce propos, voir Christian Jegourel : « En toute logique Facebook devrait rejoindre le mouvement initié par Google car il ne peut s’exclure de la transversalité ». L'opinion de Nick O'Neill est également très pertinente.

Et que se serait-il passé si ?... Probablement ça... L'histoire ne nous le dira pas.

Quant à savoir si les logiques oxymoriques de Google valent mieux ? Bof. De toutes façons les frontières de la privauté sont toujours repoussées, nous ne sommes pas au bout de nos surprises. Je n'ai jamais vu Sliding Doors, mais il serait intéressant de connaître la fin du scénario !


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P.S. Et Yahoo! dans tout ça, que deviendra Yahoo ? En voilà une question qu'elle est bien tournée...

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OpenSocial : s'ouvrir au social

OpenSocial : s'ouvrir au social

Maintenant qu'OpenSocial va monter en puissance, notamment avec l'arrivée de MySpace (John Battelle connaît une partie de la réponse à sa question), l'optimisation pour les médias sociaux va y gagner ses lettres de noblesse.

Il y a 10 ans, le problème de l'internaute moyen, c'était de créer son site. Aujourd'hui on ne crée plus un site, tout le monde sait - devrait savoir - le faire, on crée son propre réseau social (115 000 sur Ning !).

Comme le suggère très intelligemment Brian Breslin dans sa conversation avec Alex de Carvalho, à présent les hyperliens ne sont plus des liens entre les sites mais des liens liaisons (hyperliaisons ?) entre les personnes, via les réseaux sociaux. Nous n'en sommes qu'au début mais je crois que ça fait partie de l'évolution naturelle des choses.

Compete appelle ça les affinités.


Rien d'original dans la terminologie, me direz-vous, pourtant ce qui change c'est la façon dont peuvent - et pourront - être mises en œuvre ces affinités.

Passer d'un réseau à l'autre en toute transparence, sans logiques propriétaires ni conditions abusives telles que celles qui caractérisent Facebook et Microsoft.

Et à nouveaux réseaux, nouveaux influenceurs... Ou préférerez-vous être asocial ?

Comme le dit justement Google, le Web est mieux - et meilleur - s'il est social (The web is better when it's social)...



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P.S. Ne reste plus qu'à inventer, collectivement, et à s'inventer, individuellement, les réseaux sociaux de demain, dont nous ne savons pas encore, à mon avis, ce qu'ils seront. Ce que nous en ferons, certes, mais quoi ?...

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mercredi 31 octobre 2007

Google Search, Ads & Social

Google Search, Ads & Social

Suite de Google Search, Apps & Maps, ce deuxième volet étant consacré, d'une part, à l'étroite corrélation entre Search & Ads et, de l'autre, à OpenSocial.

Pour une lecture plus confortable, j'ai réuni les deux fichiers en un seul PDF téléchargeable (645 Ko) : Google Search, Apps, Maps, Ads & Social.

* * *

Sergei Brin affirme non sans raison que Google est le meilleur sur la monétisation par la pub ([We] are able to better monetize advertising than any competitor), notamment avec la pub contextuelle ciblée sur le contenu. Voilà pourquoi les deux éléments du binôme Search & Ads sont indissociables l'un de l'autre.

Schmidt évalue globalement le marché publicitaire entre 750 et 1000 milliards de dollars (voir Didier Durand sur ce point) et envisage rapidement de mettre en place des nouveaux modes de tarification pour les pubs, le paiement sur les ventes, par exemple (We would like to see people pay for the sale). Brin ajoute que pour les achats importants, Google voudrait donner la possibilité aux annonceurs de déterminer leurs tarifs (Want to offer advertisers opportunity to pay however they want).

Vinton Cerf anticipe que l'activation des zones sur des écrans tactiles pourra aussi être exploitée pour la pub (You can sensitize the digital image in the screen, and click on things, open a window, and give you information; can even allow purchases).

Ainsi, sur YouTube (où, selon Rosenberg, les utilisateurs chargent 8 heures de vidéos chaque minute !), les pubs se transforment en gadgets, ou widgets, et Brian Axe assure que vous pouvez suivre à la trace une soixantaine d'interactions diverses avec ces pubs (Can also track over 60 interaction types with the ads). Un paramètre particulièrement important, puisqu'il n'y a pas de pub possible sans mesure a posteriori.

Toujours à propos des gadgets Google, Jessica Ewing précise que le système de personnalisation des pages iGoogle en propose 20 000 pour l'instant (plus 200 000 flux), avec possibilité d'importer des applis tierces (un compte courriel Yahoo, par exemple). Une nouvelle version d'iGoogle a d'ailleurs été lancée le matin même de la présentation. [Début]

* * *

Du reste, les API sont à la base de l'ouverture de Google vers les réseaux sociaux, comme nous allons le voir avec la présentation d'OpenSocial.


Mais voyons d'abord ce que disent Schmidt et Brin de ces réseaux sociaux, même s'ils se refusent à commenter le deal non conclu avec Facebook, en ne laissant percer que des petites phrases :

Brin : certains de nos concurrents peuvent être tentés de mettre des sommes énormes dans des partenariats. Nous préférons finaliser des accords économiquement viables. (...) S'ils veulent dépenser des milliars de dollars, grand bien leur fasse. (Some of our comeptitors might be willing to spend large amounts of money on some partnerships. We are interested in doing sustainable economic deals... If someone wants to throw billions of dollars out there, they can spend those billions of dollars.)
Question : On social networking, what is your goal? What is the opportunity?

Schmidt : We have both, and more is better. Very clearly, social networks as a phenomenon is very real… there are companies, Ning comes to mind, which are using the notion of a social community as part of some broader agenda. I would encourage you to take the phenomenon seriously.

Question : Sur les réseaux sociaux, quels sont vos objectifs ? Quelles sont les opportunités à saisir ?

Schmidt : Nous avons les objectifs autant que les opportunités, et le plus est le mieux. En clair, les réseaux sociaux sont un véritable phénomène… Il y a des sociétés, comme Ning, qui inscrivent la notion de communauté sociale au sein d'un programme plus vaste. J'encourage tout le monde à considérer ce phénomène très sérieusement.
Ce que veulent les utilisateurs, c'est plus de partage, plus d'accessibilité (Users want sharing, accessibility).

Vinton Cerf voit les réseaux sociaux et les principes d'organisation qui vont avec comme un enjeu primordial pour Google (Social networking is a very important organizing principles. Space is. Time is. Your social network is another organizing principle. Seeing all three representing big opportunities to Google.)

Pour Brian Axe, les réseaux sociaux sont également un nouvel "inventaire" dont il faudra apprendre à cueillir les signaux, moins évidents que pour la recherche, afin d'en rentabiliser la monétisation par la pub (Signals are not as clear as on search... New types of signals: turn into a science... Also new inventory types, including social networking. High usage, but not high monetization).

C'est très probablement ce que Google se propose de faire avec le lancement d'OpenSocial, le scoop révélé par Techcrunch, dont Sergi nous dit que ce ne sera pas, « comme beaucoup le pensait, un énième réseau, mais un dénominateur commun à tous les réseaux (ou en tous cas un certain nombre d'entre eux). »

Lire le communiqué de presse chez John Battelle, qui s'interroge : Facebook et MySpace joueront-ils le jeu ? (here's the big question: Will Facebook and Myspace play?).

Parmi les parties prenantes à l'initiative (réseaux et développeurs, liste très probablement destinée à s'étoffer, cf. Zlio) : Orkut, Salesforce, LinkedIn, Ning, Hi5, Plaxo, Friendster, Viadeo, Oracle, Flixster, iLike, RockYou, Slide (ces derniers étant les premiers pourvoyeurs d'applis sur Facebook...).



OpenSocial, le troisième espace, comme le définit fort à propos Richard MacManus, est le pari de l'ouverture (y compris avec la messagerie instantanée) contre une logique fermée et propriétaire, celle de Facebook (qui développe son propre langage et son propre environnement de développement), pour mettre en commun les données utilisateur (les profils), le graphe social (ou SocialStream) et la traçabilité des activités, le tout provenant évidemment d'une grande variété de sources.

Car Google ne va pas s'arrêter en si bon chemin, puisqu'il va résolument vers la centralisation des données, notamment avec son tableau de contrôle marketing, comme nous l'explique Google Operating System :


Et oui, je vous le disais il y a plus d'un an : nous sommes tous fichés !

Nous l'étions déjà, mais les données afférentes restaient éparpillées, pas ou peu exploitées.

Alors que maintenant elles seront décortiquées, analysées, soupesées, évaluées, monétisées, etc.

Donc la question est : entre le profilage signé Facebook et le profilage signé Google, lequel choisirez-vous ?

Allez, moi je prends les deux ! Ils vont bien me faire un prix...

Ce qui est sûr, c'est qu'entre une approche propriétaire, fermée, et une logique ouverte (Facebook + Microsoft vs. Google, dans ce cas), le Web a toujours opté pour la seconde en dépit des fortes résistances - voire des monopoles - des tenants de la première. [Début]


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P.S. À noter que l'action Google, qui a terminé hier à 694,77 $ après avoir atteint 699,91 $ !, va très probablement pulvériser le seuil des 700 $ aujourd'hui, en continuant comme si de rien n'était sa progression insolente...


Done!

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