Ce n'est pas la première fois que je m'intéresse au spam et à la nécessité de sécuriser la recherche (do it safe...), or plus le temps passe, moins ça s'arrange...
Il y a deux semaines, KnujOn (No Junk en verlan, prononcer New John, grossièrement traduisible par "sus aux pourriels") a publié un communiqué de presse où la société explique ceci :
Un grand nombre de botnets vous inonde de spam, mais les sites véritablement concernés, moins nombreux, sont les sites de destination remplis de pubs (advertised landing sites). Exemple : un botnet reliant 100 000 machines infectées envoie d'un coup 2 millions de messages de spam, qui ne font globalement référence qu'à 200-500 liens, lesquels ne pointent généralement que vers 100 à 200 domaines réels, dont 90% sont contrôlés par seulement 2,5% des registreurs...
Of course the botnets that send the spam are huge in number, however the more important smaller population referred to are the actual advertised landing sites. As an example: A botnet with 100,000 machines sends a 2 million message email blast. The spam messages actually only reference 200 - 500 URI links. The URIs are often redirects that boil down to only 100 - 200 real domains, and 90% of these domains are controlled by 2.5% of the registrar population...
En constatant donc que 90% des sites illicites tracés conduisent en tout et pour tout à 20 registreurs, qui ne sont pas nommément les spammeurs, mais chez qui les sites en question sont enregistrés.
Et de nous livrer la liste des 10 registreurs les plus "mouillés", par ordre d'importance :
Quant au fait que les trois premiers registreurs soient chinois, peut-on l'associer avec la constatation faite par MessageLabs dans son rapport mensuel sur le spam et autres attaques ?
Au cours des six derniers mois, MessageLabs a intercepté 13 attaques thématiques liées directement aux Jeux olympiques, transversales à plusieurs industries. Certaines, s'appuyant sur des intitulés en apparence officiels pour susciter la confiance ("Beijing 2008, passage de la Flamme", ou "Comité National Olympique, vente de billets"), semblaient provenir du Comité International Olympique, basé à Lausanne, Suisse. Or en réalité, dans toutes ces attaques, sauf une, les adresses IP d'origine conduisent à la Région Asie-Pacifique.
Over the past six months, MessageLabs intercepted 13 separate Olympic themed attacks, across several different industries. Leveraging interest in the Olympics Games through the use of legitimate-sounding email subject titles, such as “The Beijing 2008 Torch Relay” and “National Olympic Committee and Ticket Sales Agents”, some attacks purported to be from the International Olympic Committee, based in Lausanne Switzerland. In reality all of the attacks, but one, were sent from an IP address within Asia Pacific.
En usurpant même des adresses @olympic.org ! Je vous laisse en tirer les conclusions...
Donc, après les domaines jetables (très liés au domain tasting) utilisés pour les canons à spam, servant à bombarder le Web de plusieurs millions de messages à l'heure, voici maintenant le ballon à spam :
Suite à ce rapport sur les “Worst Spam Offenders”, qui a fait grand bruit outre Atlantique, l'ICANN a réagi officiellement en rappelant qu'elle a déjà contacté ces registreurs “indélicats” et que depuis 2002 le système WDPRS (“Whois Data Problem Report System”) permet de signaler les problèmes de faux enregistrements au Whois.
Sans compter que les condamnations dans les affaires de spam deviennent de plus en plus lourdes : entre le “Spam King” Robert Soloway, qui a plaidé coupable mais risque quand même 26 ans de prison, et les compères “Spamford” Wallace et “Pickle Jar” Rines qui viennent d'être condamnés à payer à MySpace ... 234 millions de dollars, on pourrait penser que les peines encourues commencent à devenir dissuasives !!!
Malheureusement, je crains qu'il n'en soit rien et que l'avenir reste plein de violentes tempêtes... Savez-vous comment on dit tempête en anglais ? Storm !
Plus de 13 milliards de pages vues par mois !!! Ça vous parle ? Continuons avec les chiffres :
Mobagetown, premier portail de services mobiles au Japon, et probablement au monde, a été lancé en février 2006.
* Novembre 2006 : 2 millions utilisateurs
* Fin 2006 – Début 2007 : 3 millions utilisateurs
* Juin 2007 : +5,5 millions utilisateurs
* Fin 2007 : +7,5 millions utilisateurs
* Mars 2008 : +9,5 millions utilisateurs
Plus de 13 milliards de pages vues par mois, soit plus de 5 000 PV ... à la seconde!!! Énooooooorme, dirait le Chauffeur...
Tous les chiffres autour de la téléphonie mobile sont étonnants :
selon Vinton Cerf, dans les dix ans à venir, beaucoup de gens, en particulier dans les pays en développement, accéderont pour la première fois à Internet via un téléphone mobile.
Mais ce qui me surprend davantage encore, c'est que la téléphone mobile sert de moins en moins à parler, et de plus en plus à se connecter à Internet ! Essentiellement pour gérer ses courriels, s'informer sur l'actu de dernière minute et ... jouer, filmer, voir des vidéos, écouter de la musique, etc.
Donc en étudiant de plus près le phénomène Mobagetown, la première idée qui s'en dégage est que le Japon, avec un taux de pénétration du mobile supérieur à 80% de la population, anticipe la téléphonie du futur de demain...
Les deux premiers étant au cœur de l'abonnement et corrélés aux fonctionnalités traditionnelles des réseaux sociaux (SNS : Social Network Sites), à savoir les profils, les amis, les journaux intimes, les photos, les vidéos, les commentaires, les communautés, etc.
D'autres possibilités de produire du contenu éditorial, de publier, de partager des histoires, de la musique, des clips, etc., enrichissent le tout et permettent de fidéliser les utilisateurs et d'agrandir les communautés, les tribus...
En fait, chez les adolescents, le téléchargement de morceaux sur les mobiles est devenu leur première méthode d'achat. Ainsi, sur le site de Mobagetown, les utilisateurs ont le choix entre plus de 10 000 articles virtuels, vêtements, accessoires, etc., payables en "moba gold", la devise du site !
De plus, l'introduction de la RFID et des QR Codes ouvre des perspectives d'utilisation des mobiles gigantesques, y compris pour les micro-paiements et les paiements tout court. En voici un exemple parlant :
Mais le binôme mobile + RFID / QR Code fera probablement l'objet d'un billet à part...
Ce n'est pas pour rien que, selon IBM, la téléphonie mobile est le numéro UN du top 4 de la pub pour les années à venir, devant Internet, la télé interactive et les jeux...
Les marketers de tout poil ne s'y trompent pas, puisque le mobile est le média interactif par excellence, ubiquitaire, que les gens portent sur eux partout et presque constamment, ce qui en fait des cibles parfaites en tout temps et tout lieu, pour toutes les occasions. Last but not least, le mobile peut également servir de connecteur avec les autres médias.
Un dernier point, d'importance : au fil des mois tous ces adolescents grandissent et deviennent les adultes de demain, puisqu'en réalité, sur Mobagetown l'utilisateur moyen prend de l'âge : en novembre 2006, 69% des utilisateurs avaient moins de 20 ans, 25% de 20 à 30 et 6% plus de 30, des moyennes d'âge qui représentent maintenant, respectivement, 53%, 34% et 15%.
Donc, face à un tel El Dorado, il est évident que les appétits s'aiguisent, de GYM à Webwag, de Netvibes à Goojet, etc., avec des concentrations et des alliances à tout-va. J'aurai l'occasion d'y revenir. @ +
Par recherche nous entendons les images, les actus, la finance, les livres, les infos locales et géographiques autant que la recherche sur le Web. Ces types de médias font toujours plus partie intégrante de notre recherche universelle, chacun étant porteur de ses propres défis, innovations et réussites. R.J. Pittman, Directeur des Produits Recherche, m'a montré aujourd'hui certaines des prodigieuses avancées que nous avons accomplies dans la recherche d'images (nous pouvons dès à présent offrir une forme grossière de reconnaissance des visages, par exemple), de même que la façon dont les pubs peuvent améliorer l'expérience utilisateur dans ce secteur de recherche. Il m'a également fait la démonstration de technologies innovantes déployées par Google News pour proposer des citations de personnages qui font l'actu, ainsi qu'une meilleure qualité de la recherche dans les infos locales.
Carter Maslan, Directeur Qualité pour la Recherche locale, a illustré la manière dont nos produits Géographiques (Maps, Earth et les différentes fonctionnalités associées) représentent un problème considérable en termes de recherche : comment collecter toute l'information du monde physique et la rendre cherchable ? Comment étiqueter les frontières contestées ? Comment le service Street View pourra-t-il vous aider à vous rendre où vous voulez ? Google Earth a déjà aidé des archéologues à trouver ce qu'ils cherchaient depuis des années (cf. une villa romaine sur le terrain d'un particulier). Le contenu généré par l'utilisateur est actuellement très en vogue, mais ce n'est pas seulement sympa de partager ses vidéos et ses photos, les produits géographiques sont également très utiles pour nous aider à mieux comprendre le monde qui nous entoure.
Maintenant, pour en revenir à notre cœur de métier, la pertinence de la recherche, Johanna Wright, Directeur Qualité Recherche, nous met au courant des dernières mises à jour. Cela m'a permis de découvrir le formidable niveau de sophistication qu'atteint aujourd'hui la recherche sur le Web, et les progrès accomplis en peu de temps, notamment au niveau de la recherche universelle, qui nous a conduit cette année à modifier la page de résultats tant sur la forme que sur les fonctionnalités. À présent notre équipe qualité recherche se penche sur les toujours très insaisissables "intentions de l'utilisateur" ("voici ma requête, voici ce que je veux dire"). Cela nous permettra de rendre toujours plus utile la recherche universelle : vous obtiendrez des photos ou des cartographies lorsque ce sera ce que vous attendez. Une meilleure compréhension des intentions de l'utilisateur nous aidera également à surmonter les barrières linguistiques en trouvant la meilleure réponse possible indépendamment de la langue utilisée et de là où elle se trouve sur le Web.
20% du temps passé par l'internaute sur les sites de Microsoft, contre 17% actuellement ;
30% des parts de marché dans la recherche, contre moins de 10% actuellement ;
40% des parts de marché dans la publicité en ligne, contre 6% actuellement.
Ces données remontent à l'été 2007, mais elles devraient être revues à la baisse plutôt qu'à la hausse...
Donc, le plus gros morceau est évidemment le point 4., la publicité en ligne. Sur lequel Microsoft espère dégager 65 milliards de $ à l'échelle mondiale en 2010 (dans deux ans...) et qui englobe trois volets distincts :
la recherche
la création de contenu "informationnel" (en fait, l'ensemble du contenu présent sur les sites/blogs autres que les réseaux/médias sociaux)
les réseaux sociaux
Sur 2010, à vue d'œil, la répartition serait la suivante : 50% pour la recherche, 30% pour le contenu informationnel et 20% pour les réseaux.
Chacun de ces 3 référentiels (ou ces 3 inventaires, si vous préférez) devant faire l'objet d'une stratégie à part, mais intégrée sous le chapeau "publicité en ligne".
Donc si l'on en croit les rumeurs, la nouvelle stratégie de Microsoft serait :
Et Robert Scoble de nous expliquer en quoi et comment ce nouveau "coup" de Microsoft pourrait changer la donne.
Certes, en regardant les 3 inventaires, la partie recherche serait couverte par l'achat du search de Yahoo!, la partie contenu par Microsoft et la partie réseaux sociaux par Facebook.
Jusque là, tout baigne ! Et vu qu'Icahn fera sûrement le pressing pour que la transaction soit totale et non partielle, la meilleure chose pour le couple Microsoft-Yahoo! serait de faire vite, voire très vite avec une annonce dès après-demain, pourquoi pas, lors de l'Advertising Leadership Forum, Advance 08 le bien nommé :
Kevin Johnson, toujours lui, motive ses troupes et promet monts et merveilles :
Consolidate ad platform and win in display
Innovate and disrupt in search
Deliver end-to-end user experiences across PC, phone, and Web
Reinvent portal and social media experiences
On ne peut être plus clair :
1. Consolider notre plateforme publicitaire et devenir leader dans l'affichage de bannières, c'est le point 4 du programme "10, 20, 30, 40" : 40% des parts de marché dans la publicité en ligne, contre 6% actuellement, en chapeautant les 3 inventaires critiques :
2. Avoir une technologie de recherche novatrice et de rupture, ce serait l'inventaire "recherche" confié à la transaction avec Yahoo!
3. Offrir une expérience utilisateur de bout en bout sur les différents supports : ordinateurs, téléphonie et Web, ce serait l'inventaire "contenu" pris en charge par Microsoft.
4. Réinventer l'expérience portails et médias sociaux, ce serait l'inventaire social réservé à Facebook.
Sur le papier, on dirait presque une stratégie gagnante. Dans la réalité, je suis plutôt de l'avis de Michael Arrington : ça ne pourra(it) pas marcher (l'analyse correspondante, ça sera pour une autre fois).
Mais bon, Ballmer, c'est pas moi, c'est l'autre :-)
Depuis que Carl Icahn a mis son grain de sel dans cette affaire, tout le monde se demandait ce qu'allait faire Microsoft. J'étais moi-même en train d'écrire un billet là-dessus, mais les événéments m'obligent à revoir ma copie !
Microsoft ne propose aucune nouvelle offre d'acquisition totale de Yahoo pour le moment, même si la société se réserve le droit de reconsidérer cette option...
“Microsoft is not proposing to make a new bid to acquire all of Yahoo at this time, but reserves the right to reconsider that alternative...”
À la lumière des nouveaux événements survenus depuis le retrait de l'offre d'achat de Yahoo! par Microsoft, Microsoft annonce que la société continue d'explorer les alternatives possibles pour améliorer et développer ses services et la publicité en ligne. Microsoft considère donc avec Yahoo! une nouvelle option, qui impliquerait une transaction partielle mais pas d'acquisition de 100% du capital de Yahoo! Microsoft ne propose aucune nouvelle offre d'acquisition totale de Yahoo pour le moment, même si la société se réserve le droit de reconsidérer cette option selon l'évolution des événements et des discussions susceptibles d'avoir lieu avec Yahoo!, avec les actionnaires de Yahoo! ou de Microsoft ou avec d'autres tiers. Toutefois il est clair qu'aucune assurance ne peut être donnée sur le fait que ces discussions pourront déboucher sur une transaction.
“In light of developments since the withdrawal of the Microsoft proposal to acquire Yahoo! Inc., Microsoft announced that it is continuing to explore and pursue its alternatives to improve and expand its online services and advertising business. Microsoft is considering and has raised with Yahoo! an alternative that would involve a transaction with Yahoo! but not an acquisition of all of Yahoo! Microsoft is not proposing to make a new bid to acquire all of Yahoo! at this time, but reserves the right to reconsider that alternative depending on future developments and discussions that may take place with Yahoo! or discussions with shareholders of Yahoo! or Microsoft or with other third parties. There of course can be no assurance that any transaction will result from these discussions.”
Ceci dit, je continue de penser que même un deal partiel n'aurait aucun sens, sauf a contrario : extraire les activités online de Microsoft (probablement les seules qui perdent de l'argent depuis plus de 10 ans chez le géant de Redmond) pour les incorporer dans Yahoo!, quitte à faire chapeauter la nouvelle entité par Microsoft. Pour autant, ça ne m'a pas l'air d'être le genre de la maison !
Concluons sur la citation du jour, par Eric Jackson :
“A deal should get done before the Yahoo! annual meeting (otherwise known as its Shareholders' Independence Day ;-), but it should be for the entire company.”
P.S. Probable que demain l'action Yahoo! va s'envoler, Icahn aura pas perdu sa semaine ;-) (même si ce dernier coming out de Microsoft, apparemment à son insu, pourrait contrarier ses plans...)
Réussir une startup Internet en 2008 c'est difficile. Toutes les startups auxquelles je participe (Wikio bien sûr, Photoways, Netvibes, Hellotipi, eBuzzing) se battent, mais gagner de l'argent sur Internet ce n'est pas évident. Alors on bosse dur, on y croit, et comme on dit: playing to win !
Et si c'est lui qui le dit, je pense qu'on peut le croire...
Ce qui me choque, c'est la captation de ces valeurs par quelques uns à des fins commerciales, et qui imposent un modèle économique qui, si ce n'est pas carrément du vol, est au moins de l'exploitation caractérisée. J'aime bien l'expression de Laurent Bervas d'un prolétariat 2.0.
Et ce web 2.0 marchand-là exploite au même titre des bénévoles et des gens qui souhaiteraient bien pourtant vivre de leur création, de leur production ou de leur service. Mais il n'existe aucun espace de rentabilité laissé ouvert par ces géants du web. Ils se comportent réellement comme des prédateurs.
Ce qui ne peut que contribuer à tarir la source dont ils vivent. Donc ce modèle est moralement et politiquement inacceptable, mais il ne me semble pas viable à long terme non plus.
Moi au vu de ces deux déclarations, je me dis qu'il y a un hiatus énorme entre, d'un côté, la réalité d'une infinité de services Web 2.0, et, de l'autre, ce que les gens s'imaginent en pensant que tous ces acteurs seraient des "géants du Web"...
Perso, dans les déclarations de Chappaz, vraisemblablement emblématiques de nombreux acteurs du Web 2.0, je ne vois que la dure réalité de gens qui risquent, beaucoup, voire tout pour certains, et qui tentent l'aventure motivés par leur passion sans trop savoir si l'issue sera positive ou s'ils se casseront la gueule.
Mais cela n'a absolument rien à voir avec "la captation de ces valeurs par quelques uns à des fins commerciales, et qui imposent un modèle économique qui, si ce n'est pas carrément du vol, est au moins de l'exploitation caractérisée."
Car pour prendre un autre exemple, dans le cas de Netvibes, je ne vois nulle part une masse immense de prolétaires 2.0 exploités, mais plutôt le contraire ! Puisqu'en fait, en l'état actuel des choses, ce serait plutôt cette masse qui exploite un super service à l'œil. En donnant quoi en échange, je vous le demande !? Quelques données personnelles ? Mais si "dans la vraie vie" on payait tous les services dont on bénéficie avec une telle monnaie de singe, croyez bien que tous les marchands seraient submergés de données personnelles. Comme dit l'autre, ce serait pas cher payé !
Pauvres prolos 2.0. Vous allez quand même pas venir me resservir la lutte des classes sur le Web, non ?
Et faudrait surtout pas croire que tout le monde s'appelle GYM : eux ne sont que trois. (pour l'instant...)
Donc chapeau aux créateurs et aux équipes de tous ces services (Wikio, Netvibes, Fuzz, Goojet, Seesmic, Ziki, Xfruit, Zlio, Netcipia, et aux autres...), qui tentent l'aventure et vont jusqu'au bout de leur passion en risquant, là où beaucoup d'autres se contentent de critiquer sans aller bien loin derrière les apparences.
Eux non plus n'ont pas trouvé les bonnes recettes (certains oui, c'est évident, mais ce n'est sûrement pas la majorité), chose qu'avoue clairement Chappaz entre les lignes : ... gagner de l'argent sur Internet ce n'est pas évident...
Et dans une tentative de monétiser davantage son service, il vient de choisir la régie d'AOL pour Wikio. Si quelqu'un a un avis sur pourquoi AOL, ça m'intéresse vraiment !
Introduction 1. Quelles valeurs porte le Web ? 2. Les réseaux sociaux 3. Les réseaux tout court 4. Les agrégateurs verticaux : de l'agrégation quantitative à l'agrégation qualitative 5. Où sont les outils qui nous aideront à prendre les chemins de traverse ? Conclusion
Le présent billet est dédié uniquement au point 1., les autres suivront...
* * *
Suite à ma petite provocation, aux commentaires et aux réponses de Narvic et de Szarah, il y a tellement de choses à dire que ça me prendra des jours. Au moins.
Donc tout en précisant que l'idée de "toute puissance de la technologie pour régler toutes les situations" est totalement étrangère à ma pensée, pas plus que je n'aie "d'excès de confiance dans les vertus de la technologie" ou que je ne donne dans la louange acritique, servile et béate, je laisserai pour l'instant de côté les problèmes "accessoires" pour me concentrer sur la question qui fâche : les modèles économiques.
...il me semble que le poids de quelques gros intérêts dans le développement du Web 2.0 (une poignée de grosses sociétés américaines) est trop important, par rapport à celui de la grande masse des utilisateurs, mais aussi des petits "créateurs". Cette situation est déséquilibrée et recèle des risques
Dans le cas du Web 2.0 marchand : c'est le distributeur qui rafle toute la mise. C'est ça le modèle économique et il est parfaitement en place. Je ne vois pas pourquoi Google, Yahoo! Microsfot et les autres le laisseraient remplacer par un autre (d'ailleurs lequel, où le vois-tu venir ?), puisque celui-ci est si favorable...
À l'inverse, la gratuité du web 2.0 finit par être un système économique, un modèle économique en soi, comme l'explique Anderson, qui, comme le dit Emmanuel, ne fonctionne pas jusqu'au bout de sa logique.
Le tout pouvant être résumé par cette question de Szarah :
Quelles valeurs porte le Web ?
À laquelle j'ajoute : et si les directions actuellement prises sur le Web ne sont pas les bonnes, ou pas suffisamment, quelles sont les "autres directions possibles" ?
En étant sûr que tôt ou tard Narvic nous donnera aussi son avis là-dessus, voici d'ores et déjà celui de Szarah :
Le Web pouvait prendre d’autres directions que l’autoroute vers l’enfer de la publicité.
Les montants gaspillés pour seulement faire de l’argent auraient pu être investis autrement.
Le Web retombera sur ses pieds, pas de souci, mais nous aurons perdu dix années à faire fonctionner les machines à sous.
Et dix ans, c’est une génération sacrifiée.
La décennie 1998 - 2008, une période que j'ai suivie de près, puisque je me suis connecté pour la première fois à cheval sur 1995-1996. Or en dix ans, je ne vois franchement aucune génération sacrifiée. Non !
Je vois un formidable passage du Web 1.0 vers le Web 2.0, je vois un ferment extraordinaire vers le Web 3.0 et le Web sémantique (d'aucuns me diront que ce devrait être un pléonasme, mais peu importe), je vois une gigantesque démocratisation des logiques et une appropriation de plus en plus grande des outils par la masse, je vois une bien meilleure compréhension des enjeux (les critiques justifiées qui fusent dans tous les sens en sont d'ailleurs l'expression), etc.
En clair, je vois une évolution, nette, plutôt qu'une régression.
Donc conclure qu'il s'agit d'une génération sacrifiée pour faire fonctionner les machines à sous, si ça n'est pas de l'amertume, ça y ressemble.
Mais qu'importe. Il ne s'agit pas de se chamailler entre le camp des ronchons Web 1.0 contre celui des simplets Web 2.0 (ne manquent plus que 5 nains pour arriver au Web 7.0 :-), une caricature facile à laquelle j'ai eu recours pour frapper les esprits, sans viser personne en particulier mais tout le monde en général. Rien de personnel, donc.
Ce dont il s'agit en revanche, et beaucoup plus sérieusement, c'est de répondre ensemble à cette interrogation d'Hubert Guillaud :
Où sont les outils qui nous aideront à prendre les chemins de traverse ?
après avoir constaté :
(l)es outils que nous utilisons aujourd’hui, tout “web 2.0″ qu’ils s’affirment, (...) favorisent la somme ou la moyenne des regards plutôt que leur pertinence… Mais comment faire sens ? Comment aider le regard à se déporter, quand la plupart de nos outils favorisent le sens commun ? Comment favoriser, mettre en valeur, mieux analyser la dissémination plutôt que la concentration ? La qualité ou la pertinence, plutôt que la quantité ? Trop d’outils mettent en avant le plus lié, le plus vu, le plus écouté, le plus lu. Qui est souvent aussi le plus apprécié, car on vote pour ce qu’on voit, lit, écoute, connaît et reconnaît. Le succès va au succès, fort bien, mais a-t-on besoin d’une telle débauche d’innovation pour un résultat si pauvre ?
Tout ce qui précède pour amener deux seules questions ! Existentielles sur Internet :
Quelles valeurs porte le Web ?
Où sont les outils qui nous aideront à prendre les chemins de traverse ?
* * *
1. Quelles valeurs porte le Web ?
D'abord il faudrait s'entendre ! Le Web n'est-il qu'un outil, quand bien même un outil ayant "un grand pouvoir de démultiplication des tendances", ou est-il quelque chose de plus ?
Car si l'on pose la question : Quelles valeurs porte le Web ?, c'est qu'implicitement - et encore -, on reconnaît que le Web est bien plus qu'un outil. Un outil ne porte pas de valeurs. Un outil est neutre, il peut faire le bien comme le mal. C'est l'utilisateur qui compte, et ce qu'il en fait...
Un outil n'est ni bon ni mauvais, il est pratique ou pas à un moment donné, dans le cadre d'une tâche donnée, menée par un individu donné. Si jugement moral il doit y avoir, ce n'est pas sur l'outil, mais sur les conditions de son utilisation et les conséquences qui en résultent...
Il est nécessaire de former les utilisateurs afin de permettre à chacun de bénéficier des apports potentiels sans pour autant crouler sous les contraintes.
Former. Se former. S'informer. Pour à son tour former et informer.
Voire transformer, vous diront les marchands. L'argent étant, comme toujours, le nerf de la guerre économique sur Internet. Et apparemment, le premier moyen de faire de l'argent sur le Web aujourd'hui, c'est la pub. Ou nitrométhane virtuel, selon Szarah.
Nous avons donc deux pôles qui s'attirent ou se repoussent, c'est selon, tels des aimants qui s'épousent ou s'éloignent selon qu'on veut mettre en contact deux positifs, deux négatifs ou un positif et un négatif.
La pub d'un côté ; le contenu de l'autre.
Avec en plus une nouvelle orientation : transformer la pub en contenu. Ou vice-versa. Pour que la pub se fonde mieux dans le contenu (et/ou le contenu dans la pub). Voire pour qu'elle se suffise à elle-même. Une pub non envahissante, presque amie, qui veut vous passer son message l'air de rien... À moins que ce soit le contenu qui cherche à vous faire "transformer" comme si de rien n'était.
Je vous le dis : tantôt deux positifs, tantôt deux négatifs, tantôt un positif et un négatif...
“The technology for ad serving and targeting is getting better and better because it is software,” he said. “This development cycle is antithetical to what media companies were built to do. Traditional media isn’t based on code, but on fixed standards. The formats for delivering most television content today was invented in the 40s.”
The innovation behind these ad serving technologies will drive the overall online ad pie from 20+ million today to about 100 million in the next five to seven years, he says. And an important piece of this puzzle will be ad networks which can benefit from a network effect as they grow — seeing exponential returns from incremental traffic and distribution.
“A big battle over the next few years will be around ad networks,” he says. “AdSense has a lead there but there has to be about 200 different ad networks out there that are targeting in different ways.”
En gros, il dit ceci :
Aujourd'hui la pub servie sur Internet est de plus en plus efficace car c'est du logiciel : des technologies qui n'ont plus rien à voir avec les codes publicitaires des médias traditionnels, normalisés, rigides (pour la télé, les formats remontent aux années 40...).
Aujourd'hui la pub c'est de l'innovation technologique, et une grosse partie du puzzle va se déplacer vers des réseaux publicitaires encore à inventer, dont l'effet de maillage se propagera au fur et à mesure qu'ils monteront en puissance (le cas de FM, par exemple) : AdSense est encore leader, mais environ 200 autres types de régies ciblent déjà les internautes de différentes façons.
Donc, côté pub, nous avons et aurons toujours davantage ce type de réseaux dédiés.
Côté contenu, que nous pourrions presque confondre avec l'actu de l'Internet au sens large, avec les notions connexes de dynamicité et de fraîcheur des infos, qui ne viennent pas uniquement de la presse, mais également des millions de sites qui ont leur propre actualité, et notamment la blogosphère mondiale et les réseaux sociaux, nous pourrions regrouper tout cela sous l'appellation de réseaux de distribution alternatifs (sur le Web, la presse en fait-elle partie ou non, qu'en pensent les professionels ?), dont Szarah nous dit :
Le challenge commencé il y a longtemps consiste à établir des réseaux de distribution alternatifs, où le producteur (auteur, éditeur) aurait un peu plus son mot à dire.
Dans la "vie réelle", les expériences n'ont pas manqué mais sans guère de succès ou alors avec l'idée sous-jacente d'être racheté.
Sur le Web, ce modèle a été copié servilement : on crée des réseaux destinés à être rachetés par les majors.
Ce contenu créé par la collectivité est exploité par ceux qui gèrent l’outil.
La collectivité est d’accord et ne se sent pas exploitée : heu-reu-se.
Les bavardages des forums et des plateformes communautaires ne suffiront pas éternellement, comme “contenu”.
Il faut autre chose : du texte, des images, des vidéos, de la musique, des logiciels.
Et il faut financer cette production.
Les internautes, avides de s’exhiber et d’obtenir un billet retour de reconnaissance, partagent volontiers leurs œuvres.
Il arrivera bien un moment où ils se rendront compte qu’ils sont exploités.
Que ce qu’ils reçoivent du partage de la publicité, c’est seulement des miettes.
Qu’eux-mêmes, les internautes, constituent une sorte de matière première...
Or en lisant tout ça, je ne peux m'empêcher de me poser la question : est-ce que tous les auteurs créateurs de contenus qui adhèrent à Federated Media (ce n'est qu'un exemple), se sentent exploités ? Juste pour en citer un, allez demander à Michael Arrington s'il se sent exploité !
Personnellement, je ne suis pas Michael Arrington mais je ne me sens pas exploité non plus. Et je n'ai même pas d'Adsense sur mon blog !
Par contre j'aimerais exploiter mieux le contenu que je crée. Ou plutôt, les contenus que je crée. Ce que lui a réussi à faire. Et c'est là où le fait d'être isolé et sans grands moyens économiques devient une limite. Forte.
Donc pour reprendre la question : Quelles valeurs porte le Web ?, je ne crois pas une seconde qu'on puisse répondre que ces valeurs seraient potentiellement négatives dès lors que la question de la rémunération des auteurs ne serait pas réglée (selon quelles règles ?), et positives dans le cas contraire.
Car approuver ou désapprouver le "Web marchand" uniquement sur cette base me semblerait énormément réducteur, sans refléter en aucun cas toute la richesse dont le Web est porteur.
En 1991, trois événements majeurs et convergents ont permis d’accélérer la percée de la Révolution informationnelle. Ces trois événements furent :
1. l’apparition du World Wide Web,
2. la disponibilité à grande échelle d’une interface de navigation graphique, et
3. la commercialisation galopante sur Internet.
Donc si l'on met de côté le point 2, métaphore de toutes les technologies passées, présentes et à venir qui ont permis, permettent et permettront d'utiliser le Web, nous voyons déjà dans les points 1. et 3. toute l'ambiguïté que l'on retrouve aujourd'hui dans les discussions sans fin sur le paradoxe gratuit-payant :
En parallèle, si le Web marchand ne s'était pas emparé de ce nouvel espace universel qu'offrait Internet, jamais le Web n'aurait connu un tel essor...
D'où un premier constat, évident : l'essor du Web est soutenu par de nouveaux modèles économiques, inconnus et probablement aussi inapplicables AVANT le Web, qui mixent gratuit et payant selon différents dosages, différents moments. Dont beaucoup sont encore à inventer...
Voyez cette présentation sur les modèles économiques du Web, c'est très instructif et montre bien que si les choses ne sont pas simples, les changements introduits par rapport aux modèles économiques pré-Web n'en sont pas moins inéluctables.
Donc pour moi il ne sert plus à rien de vouloir reproposer encore et toujours ces mêmes modèles de protection des droits d'auteur et de propriété intellectuelle qui ont souvent fini par aboutir à des rentes de privilèges mais sont en train d'être balayés par l'histoire.
Nous sommes face à une rupture, qui a déjà eu lieu (pour autant, revenir en arrière est d'ores et déjà impossible), et insister dans cette voie à outrance est un combat rétrograde et perdu d'avance (sur le court terme peut-être pas, à moyen terme, ça reste à voir, mais sur le long terme, cela ne fait aucun doute) (de même certains pays sont en avance - les États-Unis -, d'autres en retard - la France). Ce qu'il faut maintenant, c'est trouver de nouvelles formules, adaptées à la réalité d'aujourd'hui en général, et d'Internet en particulier. Qui abolit les frontières, ne l'oublions pas...
Et même si je suis bien conscient qu'en disant ça je vais m'attirer les foudres de tous les tenants de l'orthodoxie, c'est mon avis.