samedi 4 juillet 2009

134 milliards de dollars - Hal Turner

134 MILLIARDS DE DOLLARS - CHRONOLOGIE INVERSÉE

XXI. 134 milliards de dollars - LE PROCÈS - I (1er décembre 2011)
XX. 134 milliards de dollars - Affaire relancée (26 novembre 2011)
XIX. Exclusivité mondiale Adscriptor ! 134 milliards de dollars : procès civil n° 8500 aux US (24 novembre 2011)
XVIII. Exclu Adscriptor : Monsieur Yin & Monsieur Yang (xyz milliards de dollars) (10 avril 2011)
(Version anglaise) [Exclusive]: Mr. Yin & Mr. Yang (+200 billion dollars more...) (April 10, 2011)
XVII. 134 milliards de dollars - l'affaire évoquée dans les Statelogs de Wikileaks ! (28 novembre 2010)
XVI. 134 milliards de dollars - l'opération Lys d'Or et le Traité de Versailles ! (2 octobre 2010)
XV. 134 milliards de dollars - épilogue ... "officiel" (24 mai 2010)
XIV. xyz ... milliards de dollars : conférence de presse (22 septembre 2009)
XIII. 314,5 milliards de dollars : la piste russe ! (21 septembre 2009)
XII. 180 milliards de dollars (19 septembre 2009)
XI. 134 milliards de dollars - Autre saisie ! (18 septembre 2009)

Résumé de l'affaire (5 septembre 2009)

X. 134 milliards de dollars - Interrogation parlementaire (3 août 2009)
IX. 134 milliards de dollars - Ordre exécutif 11110 (15 juillet 2009)
VIII. 134 milliards de dollars - Dragon Family (6 juillet 2009)
VII. 134 milliards de dollars - Hal Turner (4 juillet 2009)
VI. 134 milliards de dollars - le mystère continue ! (30 juin 2009)
V. 134 milliards de dollars - les comptes ne tournent pas rond ! (24 juin 2009)
IV. 134 milliards de dollars - les mystères de l'information (16 juin 2009)
III. 134 milliards de dollars - trop gros pour être faux (14 juin 2009)
II. 134 milliards de dollars - suite (10 juin 2009)
I. 134 milliards de dollars (8 juin 2009)

* * *

Préambule.

Pour celles et ceux qui connaissent Adscriptor, et pour celles et ceux qui ne connaissent pas, vous savez qu'en général, lorsque je m'empare d'un sujet, j'essaie de faire le tour. C'est ce que je tente de faire depuis 2005 avec Google, les noms de domaine, l'ICANN, la traduction, l'écriture Web, le référencement, Facebook, les réseaux sociaux, le Web 2.0, l'impossible fusion Microsoft-Yahoo!, Internet, et plus récemment, les révolutions des médias et de l'information avec le blogging, le journalisme, le naming, les nuages sémantiques, etc., sans oublier l'Italie...

Le moteur essentiel de ma curiosité est mon profond désir de comprendre les choses. J'ai horreur de ne pas comprendre ce qui se passe autour de moi.

Or ces "choses" étant de plus en plus complexes, imbriquées, interdépendantes, "métastatiques", il devient totalement impossible de les aborder sous un seul angle, d'où l'effort constant que je mène pour tenter de multiplier les approches, les analyses, de prendre en considération différents points de vue, de m'informer, etc.

En parallèle, il m'arrive de temps en temps de me heurter à des sujets qui ne me sont pas familiers : hier ce fut le droit avec l'affaire Martinez, aujourd'hui c'est la finance mondiale avec cette histoire des 134 milliards de dollars...

Or hier comme aujourd'hui je me heurte à "ceux qui savent", aux orthodoxes, aux tenants de la "vérité" : hier ce fut avec le très hautain et dédaigneux Eolas, aujourd'hui c'est avec un digne représentant de la catégorie "idiots utiles".

Personnellement, j'appelle ces gens-là les "compétents" (en deux mots et avec quelques fautes d'orthographe...), pour qui le monde se divise entre celles et ceux qui savent d'un côté, celles et ceux qui ne savent pas de l'autre, mais qui ne semblent pas envisager un seul instant la possibilité que celles et ceux qui ne savent pas pourraient, je dis bien "pourraient", être tentés de mobiliser leur intelligence (oui, je sais, le mot est fort, mais que voulez-vous !?) et les atouts à leur disposition (sauf à croire que celles et ceux qui ne savent pas en seraient privés à tout jamais...) pour essayer de COMPRENDRE les choses.

Or étymologiquement, comprendre c'est "saisir ensemble", par l'intelligence, par la pensée, la compréhension c'est l'action intellectuelle de saisir ENSEMBLE.

J'insiste sur ENSEMBLE, car pour moi cela suppose que "celles et ceux qui savent" doivent interagir avec "celles et ceux qui ne savent pas" au cœur d'une dialectique. Ce qui n'est pas le cas lorsqu'un Eolas réplique à ce billet (qui répondait à celui-ci) en attaquant ainsi :
Je ne pensais pas pouvoir y répondre rapidement vu sa longueur, mais en fait, il s'avère que la partie argumentative, au demeurant intéressante, peut se résumer aisément, le reste n'étant que des scories atrabilaires contre le droit, accusé d'être contraire au “bon sens”, comprendre celui de Jean-Marie Le Ray, ou votre serviteur, accusé de n'être qu'un valet dudit droit. L'auteur me pardonnera de passer rapidement sur ces paragraphes qui n'ont d'autre intérêt que lui permettre de passer ses nerfs, et lui conseiller amicalement de se relire et élaguer la prochaine fois avant de poster, par respect pour son lectorat et surtout son interlocuteur, faute de quoi ce dialogue risque de terminer prématurément.
et en concluant sur cette gentillesse :
Qu'il suffise de se rappeler que le droit s'apprend à l'université, et le bon sens, au bistro.
Certes ! Sauf que cette morgue évite surtout de répondre aux questions (à ce jour ma riposte est restée sans réponse et ma question de même), quand bien même mon simple "bon sens" a fini par triompher puisque la Cour d'appel a donné raison à Fuzz...

Or aujourd'hui me voici confronté à cet autre idiot utile, je cite (en graissant ce qui me choque le plus) :
Bien entendu, dans cette affaire, on retrouve les inévitables idiots inutiles habituels tels que le Leap et autres blogueurs dans la même mouvance. (...)

La désinformation a été bien organisée puisqu’on pouvait même voir la reproduction d’un document signé de B-2 (Ben Bernanke) et de Ferguson vice président de la Fed certifiant l’authenticité de bons du trésor détenus par un citoyen singapourien qui se trouvaient sur le compte d’une banque (sans support papier bien entendu).

Le jeudi 18 juin, le blogueur de référence (!) a quand même fait part de la réalité (cliquer ici pour lire le billet) : les $134 milliards n’étaient que des imitations de… faux bons !

Dans cette affaire, les douaniers italiens, qui dépendent du ministère des Finances, ont montré leur totale incompétence : aucun de ces fonctionnaires ne sait que les valeurs mobilières sont dématérialisées depuis plusieurs décennies partout dans le monde !
Dixit le compétent !

Hier Eolas et sa clique m'accusaient de ne rien comprendre au droit et par conséquent m'autorisaient tout juste à fermer ma gueule, aujourd'hui je me retrouve promu "blogueur de référence dans la mouvance du LEAP en charge d'organiser la désinformation" !!!

Donc avant que quelqu'un ne m'accuse en plus de faire de la propagande pour le LEAP, il serait bon de savoir que je n'en avais jamais entendu parler avant le 10 juin !

Mais d'où sortent ces gens-là !? C'est d'autant plus inquiétant que si celles et ceux qui savent ont des raisonnements aussi tordus (et je modère mon élocution), où tout ce beau monde conduira-t-il le troupeau de celles et ceux qui ne savent pas ?

La réponse est dans l'intitulé : $134 milliards d’idiots inutiles, un titre odieux qui respire un je ne sais quoi d'euthanasie (ce qui est inutile ne servant à rien par définition, la seule chose à faire est de s'en débarrasser...), autrement dit on met d'une part celles et ceux qui savent, les eugéniques bon ton, et de l'autre, pour le bétail du petit peuple, c'est direction l'abattoir.

* * *

Bon. Voilà qui est dit. On ne recommandera jamais assez aux compétents de peser leurs mots dès qu'ils sortent des sentiers battus des seuls domaines qu'ils maîtrisent...

Et si je l'ai dit, c'est parce que je sais qu'en consacrant à présent un billet à Hal Turner, je risquerais de m'attirer les foudres de celles et ceux qui savent. Donc autant prendre les devants.

Maintenant, si celles et ceux qui savent sont disposés à laisser tomber leurs stéréotypes et leurs raisonnements formatés pour expliquer à l'assemblée des Madame et Monsieur Tout-le-monde ce qui se passe, on pourra dialoguer. Sinon qu'ils soient définitivement assurés que je les emmerde profondément. Je ne connais rien à la finance mondiale, j'ignore tout des acteurs de la finance, je ne suis à la traîne d'aucune mouvance, et si je tente d'expliquer quelque chose dans mes billets, c'est d'abord pour me l'expliquer à moi-même.

Écrire sert à poser la réflexion, à mettre de l'ordre dans les arguments, en les liant si possible par une logique. Donc ne me faites pas dire ce que je ne dis pas, sans quoi vous vous exposeriez à une réaction - parfois violente - de ma part. J'ai découvert cette affaire par le plus grand des hasards, et c'est parce que je la trouve entourée de curieux mystères et de non-dits encore plus curieux que j'aimerais faire le tour de la question. Rien de plus, rien de moins.

J'ai reçu hier le courriel d'un lecteur qui dit ceci : - « Hal Turner n’était-il pas la personne qui a publié les chiffres non maquillés du stress test des banques US une semaine avant la parution officielle ? »

Ma réponse : - « À vrai dire, je n'en sais absolument rien, je vais vérifier. Merci de me l'avoir signalé :) »

Donc, comme pour le LEAP, avant d'aborder cette affaire, je n'avais jamais entendu parler d'Hal Turner, j'ignorais tout de l'Amero, des fuites sur les "stress tests" et ainsi de suite.

Par contre j'ai été très fortement surpris, et frappé, de constater un élément important :
la révélation de Turner - qu'il a été le SEUL à faire - sur les connexions entre les deux japonais et le Ministère japonais des Finances a été corroborée à quelques jours de distance À PARTIR D'AUTRES SOURCES, d'abord par AsiaNews puis par deux journaux économiques aussi sérieux qu'Italia Oggi et Milano Finanza...
Mon autre surprise vient du fait qu'une source a priori crédible cite l'histoire de l'Amero (dont j'ignorais absolument tout, dois-je le préciser ?).

Donc sans qu'on ne m'accuse d'une quelconque "conspiration" (autre parallèle avec l'affaire Martinez, puisque selon Authueil, je ferais "un très bon conspirationniste"), la première chose qui me saute aux yeux dans toute cette histoire, de l'Amero aux 134,5 milliards de dollars saisis par les italiens, des 134,5 milliards de dollars du TARP aux stress tests, c'est que tout tourne autour du Dollar comme monnaie de réserve mondiale.

Or c'est là où les gens sont complètement largués. Moi le premier.

Et c'est là où celles et ceux qui savent devraient prendre leur plus belle plume pour expliquer avec les mots de celles et ceux qui ne savent pas ce qui se passe à celles et ceux qui ne savent pas !

Me fais-je bien comprendre ? C'est là, selon moi, où le journalisme traditionnel est coupable de ne pas informer, ou peu, ou mal, de ne pas proposer d'analyses de fond, en préférant pratiquer le copier-coller bête et méchant de dépêches pleines d'erreurs plutôt que d'essayer de tracer un tableau d'ensemble à l'usage de leur lectorat :
- Quelle est la signification du Dollar comme monnaie de référence dans le monde d'aujourd'hui ?
- Comment fonctionne le système de la Dette US ?
- Quelles sont les conséquences dans la vie quotidienne des gens ?
- Que se passerait-il si ce système s'effondrait ?
- Comment évaluer les éléments confluant vers une baisse de confiance dans le dollar ?
- Comment évaluer les cataclysmes économiques qui se succèdent ? Le système financier en péril ? L'écroulement du système des assurances et des banques ? Sont-elles en bonne ou en mauvaise santé ? Le TARP ? Les fraudes au TARP ? Les "stress tests" ? Les mensonges du Trésor américain ?
- Quelles sont les conséquences dans la vie quotidienne des gens ?
- Est-il totalement impossible de trouver un remplaçant au dollar comme monnaie de réserve mondiale ? Pourquoi oui ? Pourquoi non ? Pourquoi peut-être ? Quelles échéances ? Quelle est l'histoire des DTS du FMI ? Comment cela s'inscrit-il dans le panorama général ?
- Quelles seraient les conséquences de tout ce qui précède dans la vie quotidienne des gens ?
- Comment comprendre l'histoire des 134 milliards de dollars saisis ? Pourquoi tant de choses qui ne cadrent pas dans cette affaire ? Pourquoi tant de mystères ? Pourquoi l'information ne fait-elle pas son travail ?
- Etc., etc., j'en passe et des meilleures...
Ça fait quand même beaucoup de choses que les gens ignorent et auxquelles nous ne comprenons rien parce que personne ne nous les explique CLAIREMENT, vous ne trouvez pas ? Car entre ceux qui s'interrogent, est-ce la mort du dollar ?, et ceux qui affirment, non, le dollar n'est pas mort !, qui croire, et pourquoi ?

Mais revenons-en à Hal Turner ! J'ai retrouvé le coup de fil dont parle AsiaNews, et que Turner a passé depuis la prison, dans lequel il déclare que son arrestation est à 100% de nature politique, liée à ses prévisions sur le déclin du dollar...

Le voici :



Le passage en question est entre 7'45" et 8'15". Et de fait, le 28 mai, il publiait sur son blog $99 TRILLION U.S. DEBT!, reprenant cet article sur les gros doutes des chinois à propos de la politique monétaire américaine, et le 1er juin un billet intitulé : Panic selling of the U.S. Dollar.

Son blog n'est plus en ligne, mais on trouve encore une version cache du billet sur Google, profitez-en tant que c'est disponible...


Voici le texte :
Monday, June 01, 2009
Panic selling of U.S. Dollar

Panic selling of the U.S. Dollar has begun in overseas markets and massive interest spikes are now hitting U.S. Treasury long-term bonds.

On Friday, the Federal Reserve has leaked information to several media outlets saying they are "puzzled" by a sudden, sharp spike in long term Treasury interest rates.

The Federal Reserve leaked to CNBC's Steve Liesman on Friday that they weren't targeting long rates. Why such a leak? Because the Fed did not want to appear impotent in controlling the long rate. So they put out the word through Liesman that they weren't targeting the long rate.

Can you imagine what would happen to the markets if it sensed long rates were beyond the control of the Fed? That is exactly what is happening right now. The Fed has, in fact, lost control of the long rates because no one around the world trusts the US Government will actually pay back what they are presently borrowing.

Look at the facts:

The U.S. Treasury must sell a record net $2 trillion in new debt in 2009 to fund a $1.8 trillion projected fiscal deficit, resulting from falling tax revenues, an economic stimulus package and sundry bank bailouts.

Investors worry this could erode the United States' cherished triple-A sovereign credit rating when Standard and Poors's on May 21 revised its outlook for Britain's triple-A status to negative from stable, blaming higher government debt.

The International Monetary Fund estimates that gross U.S. debt will reach 97.5 percent of the country's GDP in 2010, which is mathematically, "unserviceable." It simply cannot be paid back. There's no magic to this; it's straight math.

Investors are worried about the deterioration in the U.S. fiscal outlook, or the potential for a collapse in the U.S. dollar as the Fed floods the world with newly minted currency as part of its quantitative easing program. As such, they are bailing out of long term Treasuries.

In order to fund those long term Treasuries, the US Government must offer investors much higher interest rates. In fact, investors are demanding record high interest rates.

It's the Chinese, and other Treasury bond buyers who follow the markets, who have pulled away, to varying degrees from buying Treasury long securities. No one wants to be the last one holding bonds, where the new debt about to be issued is in the trillions.

China, the largest foreign holder of U.S. Treasury debt, has decided to refocus its portfolio by leaning more heavily on shorter-term maturities.

The Fed didn't want to spook the world into thinking that it can't push long term rates down, so it leaked a story saying it is not trying. But as interest rates continue to climb for long term Treasuries, a panic out of long term Treasury securities is developing and will strike with an absolute vengeance this week.

The end of the current financial system, as we know it, is imminent. If you would have asked me even two weeks ago if collapse was imminent, I would have said it was highly unlikely, now I am saying it is not only possible, it is taking place.

Fed Chairman Ben Bernanke may be able to patch things up short-term, if he is lucky, but long term the U.S. financial structure is in serious trouble. There is just too much Treasury debt that needs to be raised. An international panic out of Treasury securities is taking place right now. Overseas markets are proving this.

The Fed will be have to be the major buyer as people worldwide dump Treasuries and the Dollar. This will ultimately mean record inflation; the likes of Zimbabwe which saw 231 Million percent annual inflation last July.

And keep this in mind, we have never seen a collapse of a currency like the dollar. Even the Wiemar Republic inflation which gave rise to Hitler can not serve as an example. Since the dollar is the reserve currency of most of the world, a panic out of the dollar means more dollars will return to U.S shores than any country has ever experienced.

Other countries have had collapsed currencies, but never in the history of world of finance has so much currency been held outside a country of issue that could come flying back, almost on a moments notice.

Panic out of the dollar has begun. Even if Bernanke stops printing money (unlikely), all the dollars flying back into the U.S. will cause a huge price inflation all on its own.

Those holding long-term Treasury notes will find them worthless, probably by the end of this summer. . . . . if the system lasts that long, which is no longer guaranteed.

It appears those who do not get out now will lose everything.

There is no stopping it.
Le lendemain il publiait le fameux billet où il menaçait de mort trois juges (coupables, selon lui, d'avoir débouté le puissant lobby des fabricants d'armes US), ce qui a officiellement conduit à son emprisonnement le 3 juin, selon des modalités pour le moins bizarres :
North Bergen, NJ (TRN) -- At about 4:00 this afternoon, Hal received a call from the North Bergen Police telling him to go to the Police Station because they had received a tip from a credible source about a death threat made against him and they needed to talk. He arrived at the station at about 4:10 and was arrested at 4:15. It seems that the state of Connecticut issued a warrant for his arrest for making "Harassing Communications". There is no other information available at this time.
Autres détails ici. Après quoi il a été relâché, puis arrêté de nouveau (après avoir publié son billet sur les titres saisis...), et les juges ne lui ont même pas accordé la possibilité d'être libéré sous caution... Il est à présent dans l'attente d'être transféré à Chicago, et risque jusqu'à 20 ans de prison !

Turner est-il allé trop loin ? C'est évident. Mais risquer jusqu'à 20 ans de taule pour de "simples" menaces, ça me semble quand même excessif...

Donc qu'il s'agisse d'un membre de l'extrême droite américaine convaincu de la suprématie de la race blanche, aujourd'hui considéré comme un ennemi public en Amérique, c'est une chose.

Mais qu'il puisse disposer par ailleurs d'excellentes sources, c'en est une autre.

Lors de la fuite des "stress tests" (texte intégral du billet ici !), certains ont manifesté un avis dans le sillage de notre business économiste préféré, d'autres ont eu des réactions plus modérées, en signalant d'une part que le Trésor aussi avait menti, et en insistant de l'autre sur la certitude que Turner disposait de bonnes sources... En réalité, en l'espace de quelques jours il a mis en ligne deux rapports confidentiels : celui-ci (voir ici, publié le 12 avril), et celui-là (voir , publié le 25 mai).

Du reste Turner est probablement aussi un informateur sur le livre de paie du FBI, comme semble le prouver la teneur de cet échange de courriels intercepté entre lui et Stephen Haug, un agent du FBI. Je suis surtout frappé par cette phrase (sic!) :
Thank God some of the Marines at the White House feed me info. You'd be shocked what they hear standing there opening doors all day.

« Dieu merci, des Marines en service à la Maison Blanche m'informent. Vous n'avez pas idée de ce qu'ils réussissent à capter par les portes ouvertes pendant qu'ils font les plantons... »

En conclusion, il est évident que le personnage peut compter sur un réseau d'informateurs de bon niveau, le fait qu'il ait annoncé avant tout le monde que les hommes arrêtés puis relâchés en Italie étaient liés au Ministère japonais des finances le démontre !

Certes, nous n'avons encore aucune certitude "officielle" de cette circonstance, mais je ne vois aujourd'hui aucune raison justifiée de douter de TROIS autres sources aussi sérieuses qu'AsiaNews, Italia Oggi et Milano Finanza...

Qui disent la même chose que Turner ! Troublant, n'est-ce pas ? Indépendamment de la moralité du personnage...

Enfin, pour conclure, ceux qui savent affirment que le dollar est bien vivant, que les besoins en liquidités des Banques US diminuent toujours et encore, en somme que tout est plus que parfait, ouf !

Ainsi rassurés de vivre dans le meilleur des mondes, je me joins volontiers à celles et ceux qui ne savent pas pour remercier chaudement celles et ceux qui savent.

Que ferions-nous sans vous ?


Partager sur Facebook

P.S. À propos de sa liberté sous caution, dans le dernier message qu'il a pu faire parvenir à ses lecteurs, daté du 29 juin, Turner disait ceci :
As a part of the arrangement to get me bailed out, I have to shut off the Turner Radio Network Web Server and I have to stop doing the Hal Turner Show. I also can't be on the internet, on the radio, or any of that stuff. Maybe, at some point in the future, we'll be able to modify these terms; but for now, the stuff all has to get shut off.
En clair, l'accord pour sa mise en liberté sous caution prévoyait entre autres la mise hors ligne de son blog et de son site radio. Effectivement, ils ne sont plus accessibles, mais lui est toujours en prison. Et même ce billet a été mis hors ligne.

Il terminait son message par ces mots : « Hopefully, I’ll be bailed out on Monday or Tuesday. » L'audience n'a pas pu avoir lieu pour une panne de courant au Tribunal...

Donc apparemment les nouveaux accords sont : silence total, sans aucune contrepartie !

* * *

Et puisque j'y suis, fasciné par les mots, je ne peux m'empêcher d'observer l'étrange coïncidence entre "bail out" (la mise en liberté sous caution tant espérée par Turner), et "bailout", le gigantesque plan de sauvetage bancaire américain, ou de renflouement, pour mieux dire, or cela suffira-t-il pour remettre l'économie mondiale à flot ? Là est la question...


, , , , , , , ,

mardi 30 juin 2009

134 milliards de dollars - le mystère continue !

134 MILLIARDS DE DOLLARS - CHRONOLOGIE INVERSÉE

XXI. 134 milliards de dollars - LE PROCÈS - I (1er décembre 2011)
XX. 134 milliards de dollars - Affaire relancée (26 novembre 2011)
XIX. Exclusivité mondiale Adscriptor ! 134 milliards de dollars : procès civil n° 8500 aux US (24 novembre 2011)
XVIII. Exclu Adscriptor : Monsieur Yin & Monsieur Yang (xyz milliards de dollars) (10 avril 2011)
(Version anglaise) [Exclusive]: Mr. Yin & Mr. Yang (+200 billion dollars more...) (April 10, 2011)
XVII. 134 milliards de dollars - l'affaire évoquée dans les Statelogs de Wikileaks ! (28 novembre 2010)
XVI. 134 milliards de dollars - l'opération Lys d'Or et le Traité de Versailles ! (2 octobre 2010)
XV. 134 milliards de dollars - épilogue ... "officiel" (24 mai 2010)
XIV. xyz ... milliards de dollars : conférence de presse (22 septembre 2009)
XIII. 314,5 milliards de dollars : la piste russe ! (21 septembre 2009)
XII. 180 milliards de dollars (19 septembre 2009)
XI. 134 milliards de dollars - Autre saisie ! (18 septembre 2009)

Résumé de l'affaire (5 septembre 2009)

X. 134 milliards de dollars - Interrogation parlementaire (3 août 2009)
IX. 134 milliards de dollars - Ordre exécutif 11110 (15 juillet 2009)
VIII. 134 milliards de dollars - Dragon Family (6 juillet 2009)
VII. 134 milliards de dollars - Hal Turner (4 juillet 2009)
VI. 134 milliards de dollars - le mystère continue ! (30 juin 2009)
V. 134 milliards de dollars - les comptes ne tournent pas rond ! (24 juin 2009)
IV. 134 milliards de dollars - les mystères de l'information (16 juin 2009)
III. 134 milliards de dollars - trop gros pour être faux (14 juin 2009)
II. 134 milliards de dollars - suite (10 juin 2009)
I. 134 milliards de dollars (8 juin 2009)

* * *

AsiaNews vient de publier une mise à jour (IT) (EN) intitulée « Tout porte à croire que les titres américains saisis à Chiasso sont authentiques ! »

Donc avant de rédiger ce billet, permettez-moi de reprendre le post-scriptum de mon précédent billet sur la crédibilité d'AsiaNews :
site géré par père Bernardo Cervellera, missionnaire de l'Institut Pontifical des Missions Étrangères, ex-directeur de Fides (1997-2002), l’agence de presse du Vatican, qui a vécu à Pékin et collabore actuellement au quotidien «Avvenire» et intervient comme expert de politique internationale dans des émissions télé de premier plan...

Une source reconnue, dont l'intégrité est difficile à mettre en cause !
Ceci étant précisé, voyons ce que nous dit ce nouvel article.

1. D'abord il revient sur les déclarations du porte-parole du Trésor américain, Meyerhardt, et du porte-parole de la CIA, Darrin Blackford, qui ont affirmé que les titres étaient faux, tout en s'interrogeant sur la façon dont la CIA est parvenue à cette conclusion (via Internet ?), puisque selon les sources officielles italiennes, la commission d'experts américains attendue en Italie doit encore arriver...

Il précise également que les titres étaient accompagnés d'une documentation bancaire récente et ORIGINALE, et se demande par conséquent comment les autorités américaines peuvent établir que cette documentation aussi est fausse, dès lors qu'elle ne provient ni de la Fed ni du Trésor des États-Unis ?

2. Il insiste ensuite sur l'incarcération d'Hal Turner, qui fut le premier à indiquer - dès le 20 juin - que les titres étaient en possession de deux employés du Ministère japonais des Finances, et que d'après les numéros de série, les 134,5 milliards $ faisaient partie des 686 milliards $ de la dette U.S. officiellement détenue par le Japon. Il annonçait par ailleurs que dans les jours suivants il aurait été en mesure de communiquer les numéros de série pour prouver leur authenticité (TRN has been told to expect to receive serial numbers from the bonds as proof they are real. In addition, our source claims he can obtain scanned images of some of those bonds as well. If we are given such information or images, we will report them publicly.)

Or le 24 juin Hal Turner, personnage fortement controversé, a été incarcéré, apparemment pour des menaces qu'il aurait précédemment proférées contre des juges...

AsiaNews, sans se prononcer sur la crédibilité des infos relatées par Turner, remarque cependant qu'il fut en son temps à l'origine de révélations sur l'amero :



Voir ici des pièces de monnaie et là des billets, quand bien même tout ceci fut dénoncé comme une "conspiration", mais le fait qu'un particulier puisse frapper de telles monnaies reste pour le moins curieux. Un événement toujours en rapport avec le dollar, ceci dit.

AsiaNews poursuit en racontant le coup de fil que Turner a passé depuis la prison, dans lequel il déclare que ce n'est pas lui qui est à l'origine des menaces contre les juges, et que son arrestation est clairement de nature politique, liée à la saisie des titres à Chiasso, les autorités craignant qu'il ne puisse faire d'autres révélations sur leur authenticité ! En attendant son blog et son site ne sont plus en ligne, seule une version cache de l'info est encore disponible...


AsiaNews observe donc que la coïncidence temporelle et les détails de l'incarcération font naître quelques soupçons sur les motifs réels des américains.

Il est également curieux de constater que la révélation de Turner - qu'il a été le SEUL à faire - sur les connexions entre les deux japonais et le Ministère japonais des Finances a été corroborée à quelques jours de distance À PARTIR D'AUTRES SOURCES, d'abord par AsiaNews puis par deux journaux économiques aussi sérieux qu'Italia Oggi et Milano Finanza...

3. AsiaNews termine enfin en revenant sur les fameux titres Kennedy d'1 milliard $ l'un, pour lesquels il précise qu'il ne s'agit pas de Bonds mais de Treasury Notes, et que selon des sources confidentielles généralement bien informées, ce type de billets de trésorerie a bien été émis en 1998, même si cela ne veut pas dire que les billets saisis soient authentiques.


Tout en observant que le fait qu'ils ne soient pas du domaine public tend à exclure qu'ils puissent avoir été contrefaits, puisque cela n'aurait aucun sens pour un faussaire de reproduire des billets qui ne sont pas en circulation et dont personne n'est au courant.

J'ajouterai que lors des nombreuses recherches que je mène sur le sujet depuis trois semaines maintenant, j'ai plusieurs fois rencontré les commentaires d'un certain "wheel", qui semblent recouper, là encore, l'info d'AsiaNews selon laquelle, contrairement aux affirmations de Meyerhardt (no such securities exist), les T-Notes Kennedy existeraient bel et bien :
I believe they made big mistakes with the 1934 dates and Kennedy Bonds of course. To be totally correct you must know that the Kennedy Bonds were issued in 1998 in lieu of paying interest on the Gold Coin owned by the Dragon Family in the Federal Reserve. Believe that the Kennedy Bonds are real but just not those. There are many other financial instruments issued by the U.S. Treasury that you do not know of as well. This is all I can say. Best Wishes

Wheel says:
6/19/2009 at 1:23 pm
Brendan they had issuance dates of 1934…Kennedy waa a baby.. Impossible to be so. But the fact of the matter is that Kennedy Bonds exist and much much more than the 134 Billion you are reading about. If the Family that owns the Kennedy bonds wanted to harm us they could have at any time during the past 70 plus years. It is not a government but works with the upper echelons of the powerful governments that exist today. We are not supposed to know any of this.
J'ignore qui est cette personne et quelles sont ses sources, mais la date correspond (1998) et le ton péremptoire n'est pas exactement celui de quelqu'un qui parle sans savoir !

Allez savoir...

[MàJ - 1er juillet 2009] J'ai découvert aujourd'hui cette vidéo (en italien) de Giulietto Chiesa, journaliste et député européen, qui s'interroge sur les mystères de cette saisie :



Lui non plus ne se satisfait pas des déclarations américaines "officielles"...


Partager sur Facebook

P.S. Anecdote : en rédigeant ce billet, je me suis aperçu que le logo conçu pour l'amero était exactement le même que celui que j'avais créé pour Adscriptor en 2006 !!!


Comme quoi j'étais bien prédestiné à parler de cette histoire :-)

, , , , , ,

lundi 29 juin 2009

Sarkozy a-t-il été l'avocat de Berlusconi ?

La réponse à cette question posée par l'ami Ail & Oignon est OUI !

Sarkozy, ou le cabinet dont Nicolas Sarkozy était associé, a bien défendu les intérêts de Silvio Berlusconi et de Jean-Luc Lagardère contre ... Jacques Chirac, à l'époque de La Cinq, sans parvenir à "dénouer l'affaire".

Rue89 en parlait dans ce billet, en relatant un article du Temps :
Nicolas Sarkozy a été, dans les années 1980, l'avocat de Silvio Berlusconi. (…) Comme le souligne le Corriere della Sera, il défendait les intérêts de l'empire médiatique du Transalpin dans le long contentieux qui opposait La Cinq, achetée par le Cavaliere, au gouvernement français, puis aux partenaires français de la chaîne de télévision. Le groupe d'avocats dont faisait partie Nicolas Sarkozy pour défendre le magnat italien n'était pas parvenu à dénouer l'affaire. Le litige avait nécessité un arbitrage suisse.
En effet, l'affaire était compliquée, comme le montre la chronologie des événements :
20 février 1986 : naissance. Silvio Berlusconi et Jérôme Seydoux, PDG des chargeurs réunis. LA CINQ, première chaîne française privée et gratuite. Le temps des paillettes italiennes; Amanda Lear, Alain Gillot-Pétré, Christian Morin, Roger Zabel.

3 février 1987 : La concession est résiliée par le gouvernement de Jacques Chirac.

23 février 1987 : Robert Hersant et Silvio Berlusconi aux commandes de LA CINQ. "cinq you la cinq". Sébastien, Sabatier, Collaro et Bouvard : un petit tour et puis s'en vont.

14 septembre 1987 : Premier journal télévisé sur LA CINQ. LA CINQ c'est "tous les soirs un film".

23 octobre 1990 : Le CSA accepte la modification du capital. Le groupe Hachette devient opérateur. Yves Sabouret nommé PDG. Robert Hersant : "les meilleurs moments en télévision; c'est quand on obtient une chaîne… Et quand on s'en retire. Jean Luc Lagardère : "Et moi je dis, Hachette va sauver LA CINQ".

(...)

31 décembre 1991 : 10 heures. Dépôt de bilan. LA CINQ version Hachette aura durée 420 jours. Angelo Codignoni (représentant de Silvio Berlusconi) : "A partir de ce moment, nous réflechissons pour voir s'il y a encore des possibilités que LA CINQ ne disparaisse pas des écrans français."

03 janvier 1992 : Maître Hubert Lafont est nommé administrateur judiciaire par le tribunal de commerce. Hubert Lafont :"Il n'est pas possible de dire aujourd'hui quelle sera l'issue de cette affaire." Jean-Claude Bourret crée l'association de défense de LA CINQ; 40 000 adhésions en trois jours.

09 janvier 1992 : 100 000 adhérents à l'association de défense.

15 janvier 1992 : Silvio Berlusconi annonce qu'il peut sauver LA CINQ "dans le respect de la réglementation." Charles Pasqua envisage d'associer les collectivités locales au capital de LA CINQ. Charles Pasqua :" je ne réclame ni la présidence de la chaîne, ni le poste de présentateur."

20 janvier 1992 : TF1, CANAL + et M6 annoncent un projet de chaîne d'information continue pour remplacer LA CINQ.

23 janvier 1992 : 500 000 adhérents à l'association de défense de LA CINQ.

25 janvier 1992 : LA CINQ et son personnel reçoivent le prix "Europe et Liberté 1992" pour récompenser le combat mené par la chaîne pour la pluralité.

03 février 1992 : Silvio Berlusconi dépose officiellement son projet de reprise de LA CINQ. Il envisage une augmentation de capital de 1,5 milliard et le maintient de 600 emplois sur 900. Silvio Berlusconi :"Nous avons quelques idées."

24 février 1992 : 800 000 adhérents à l'association de défense de LA CINQ.

02 avril 1992 : Silvio Berlusconi annonce le retrait de son plan de sauvetage de LA CINQ. Le magnat italien ne peut pas lutter contre les pressions exercées par le gouvernement, par différents hommes politiques et les hautes sphères institutionnelles. Ces derniers ne veulent pas de Berlusconi à la tête d'une chaîne de télévision française. Tout est fait pour l'empêcher de sauver LA CINQ.

12 avril 1992 à 24 h 00 : LA CINQ cesse définitivement de vivre. La cinquième chaîne de télévision française, première chaîne privée et gratuite en France, est morte en direct sous les yeux de plusieurs millions de téléspectateurs.
L'Humanité nous donne davantage de détails :
Si une cession - demandée un temps par Berlusconi - rendrait caduque l’autorisation d’émettre (les fréquences sont incessibles), la continuation signifie une reprise du lourd passif (1,4 milliard de francs). Mais Berlusconi a aussi de bonnes raisons de ne pas laisser « filer » : il détient encore 25% du capital de la chaîne et, surtout, il a vendu ces trois dernières années à La 5, avec ses stocks milanais, pour environ 80 millions de dollars de programmes !

(...)

La solution de Berlusconi n’exclut ni un partenariat avec Charles Pasqua et les « collectivités locales » par le biais d’une société d’économie mixte, ni avec Hachette, réduit à un rôle d’actionnaire minoritaire. Berlusconi doit, en effet, trouver des partenaires. La rumeur cite l’Allemand Leo Kirch, associé à Berlusconi et… à TF1 dans la société de production Tricom, ou la ONCE, association des aveugles espagnols gérant La 5 madrilène avec… Berlusconi. Un entrecroisement d’intérêts privés d’où pourrait bien surgir la nouvelle 5. Pourquoi pas, Hachette se demandent certains ?
En réalité, l'affaire était éminemment politique et Jacques Chirac n'a jamais eu l'intention d'offrir une chaîne au "marchand de soupes" :
Lorsque Jacques Chirac boute Silvio Berlusconi hors de France, lui et sa chaîne télé la Cinq, en 1990, il traite l’entrepreneur italien de "marchand de soupes". Mais il a tort : Il Cavaliere n’est pas seulement un vulgaire politicien corrompu et cupide, c’est aussi et surtout un stratège malin et populaire en Italie malgré les affaires qui le poursuivent. L’incarnation parfaite du Prince de Machiavel. L’homme le plus riche de son pays n’a en effet jamais lésiné sur les moyens pour justifier ses fins. Toute sa carrière est entachée de mystères financiers.
Qui a écrit ça ne croyait pas si bien dire...

Une récente interview de Tarak Ben Ammar en Italie précise :
En France, Chirac ne l’a pas voulu, puisque son gouvernement a exercé des pressions sur son ami Lagardère pour empêcher que Berlusconi ne puisse prendre le contrôle de la Cinq.

In Francia Chirac non l’ha voluto: il governo di Chirac fece pressioni sul suo amico Lagardère, pur di non lasciar prendere il controllo della Cinq a Berlusconi.

Donc, cinq you la cinq, et merci Chirac de nous avoir sauvés de la cata en évitant que Berlusconi ne s'implante en France !


Partager sur Facebook

P.S. J'observe, en marge de ce billet, que Pasqua a toujours aimé le Ricard, la soupe, et les "magnifiques désastres"...

, , , ,

dimanche 28 juin 2009

Berlusconi : assaut final à la justice !


Peter Gomez raconte un dîner sur l'Espresso de cette semaine.

Un dîner entre gens de bonne compagnie, censé rester secret, qui se déroule en mai dernier chez un juge de la Cour constitutionnelle, Luigi Mazzella, ex-ministre italien de la fonction publique sous le deuxième gouvernement Berlusconi, et réunit autour de la table un autre juge de cette même Cour, Paolo Maria Napolitano, ancien chef de cabinet de Gianfranco Fini durant le deuxième gouvernement Berlusconi et membre du Conseil d'Etat ; l'actuel ministre de la Justice, Angiolino Alfano ; le sous-secrétaire à la présidence du Conseil, Gianni Letta ; le président de la commission des Affaires constitutionnelles du Sénat, Carlo Vizzini, et enfin le président du Conseil des ministres en personne, Silvio Berlusconi.

Or il faut savoir qu'à partir du 6 octobre prochain la Cour constitutionnelle devra se prononcer sur la "Loi Alfano", qui doit son nom au bel Angiolino et assure l'impunité aux 4 plus hauts personnages de l'état italien.

Une décision lourde de conséquences pour Silvio Berlusconi, qui perdrait son immunité si elle était déclarée inconstitutionnelle, puisqu'en fait il s'agit d'une loi "ad personam", rédigée sur mesure par les avocats du patron, écrite expressément pour que Berlusconi puisse échapper, entre autres, à l'affaire Mills (où l'on a donc un corrompu sans corrupteur, pour l'instant), et sur laquelle Alfano s'est limité à apposer sa signature...

Quant à Carlo Vizzini, lui aussi membre du parti de Berlusconi, sa présence était justifiée par sa fonction à la présidence de la commission des Affaires constitutionnelles du Sénat ; il faisait également partie de la commission antimafia, dont il a dû démissionner le mois suivant après avoir été accusé par Massimo Ciancimino, fils de Don Vito, célèbre pour avoir mis Palerme à sac en compagnie de Riina et Provenzano, d'avoir favorisé la mafia !

Aucun conflit d'intérêt, donc, dans cette histoire, et un dîner tout à fait normal, puisque Luigi Mazzella répond aujourd'hui à ceux qui demandent sa démission de la Cour constitutionnelle qu'il était chez lui, et que chez lui il reçoit qui il veut, quand il veut, et qu'il n'a de comptes à rendre à personne...

Dont acte !

Ceci étant, quelques questions demeurent. Notamment lorsque l'on apprend que deux jours après le fameux dîner, une ébauche de réforme constitutionnelle était communiquée à Berlusconi, dans laquelle le titre IV de la Constitution italienne, qui réglemente la magistrature, est totalement remis à plat. Selon Peter Gomez il s'agirait de 9 articles qui font table rase du parquet, des magistrats du ministère public, en les remplaçant par des fonctionnaires recrutés parmi des avocats ou des professeurs universitaires. Ces juges, haïs depuis toujours par Berlusconi, dont l'emblème d'hier fut Antonio Di Pietro et l'emblème d'aujourd'hui Luigi De Magistris. Haïs à tel point que récemment Berlusconi déclarait que, selon son père, si quelqu'un naissait avec le désir de faire le mal, il devenait soit criminel, soit dentiste, soit magistrat du ministère public.

À quoi j'observais sur mon blog italien qu'on comprenait mieux pourquoi des trois le fils ne faisait ni le magistrat ni le dentiste...

Pour ce faire, donc, la "réforme" prévoit la création d'un nouveau Conseil supérieur de la magistrature (CSM) dont fera partie, de droit, non plus le procureur général, mais le premier président de la Cour de cassation. Alors là, une parenthèse s'impose !

Une parenthèse qui s'appelle Corrado Carnevale, dont je vous ai déjà parlé :
Or il faut bien comprendre que jusqu'alors en Italie, pratiquement jamais aucun boss mafieux n'avait été condamné à perpétuité, et tous étaient convaincus, à commencer par Riina, qu'ils s'en seraient sortis une fois de plus, notamment grâce au juge Corrado Carnevale, le "tueur de jugements" connu pour "ajuster" les condamnations d'appel, c'est-à-dire de pratiquement toutes les casser en faveur des mafieux, le plus souvent pour des détails de procédure. La Cassation lui a d'ailleurs revalu ses "bons et loyaux services", puisqu'après avoir été condamné en 2001 à 6 ans de prison en appel, la sentence a été cassée par ses confrères en 2002, en confirmant définitivement le jugement de première instance, qui abandonnait l'inculpation de corruption faute de preuves suffisantes...

Falcone avait découvert la chose et avait donc institué une rotation des juges, en écartant ainsi Carnevale du maxi-procès. Lui qui avoua plus tard (contre son gré, surpris par des écoutes téléphoniques) qu'il n'avait jamais respecté ni Falcone ni Borsellino, pas plus morts que vivants (i morti li rispetto, ... ma certi morti no)...

En bon et loyal serviteur de l'état, le 21 juin 2007 il a donc fini par être réintégré - grâce à une loi écrite spécialement pour lui ! - à la première chambre civile de la Cassation, où il peut continuer sereinement son œuvre, comme a pu s'en rendre compte Beppe Grillo. Avec une perspective qui fait froid dans le dos : sur la base de l'ancienneté, Carnevale a toutes les chances de devenir un jour président de la Cassation, or vu ses antécédents, on peut facilement imaginer le résultat de futurs procès "excellents" destinés à arriver tôt ou tard devant la Cour : Dell'Utri, Cuffaro, etc.
C'est ce que nous expliquait Marco Travaglio dans Carnevale à la Cassation, Falcone et Borsellino au cimetière, qui ajoute :
Le fait qu'il soit le plus âgé le place en tête dans la course à la présidence de la Cassation.
Le président actuel, le juge Vincenzo Carbone, prendra sa retraite en 2010, alors que Carnevale ne quittera la Cassation qu'en 2013, à 83 ans.
Donc, dès le départ de Carbone, qui sera le seul candidat, le plus âgé, celui qui aura le plus de titres pour devenir le premier président de la Cassation, le plus important juge d'Italie, au sommet de la pyramide du pouvoir judiciaire au-dessus de laquelle il n'y a plus rien ?
Corrado Carnevale.
En 2010, c'est dans quelques mois...

Voici donc une infime partie des saloperies que Berlusconi et sa cour trament dans l'ombre, pour finir de démanteler complètement la justice et réaliser à la lettre, et même plus, le "programme de renaissance démocratique" de la P2, dont le vice originel, absolu, consiste non pas à abolir la démocratie dans ses formes, mais à la vider totalement de sa substance pour n'en laisser qu'une belle coquille présentable.

C'est écrit en toutes lettres dès les premiers articles : l'adjectif "démocratique" signifie que sont exclus de ce plan tous les mobiles et toutes les intentions, y compris occultes, de renverser le système, en le "revitalisant" via la sollicitation de toutes les institutions que la Constitution prévoit et réglemente, des organes de l'État aux partis politiques, de la presse aux syndicats en passant par les électeurs, etc.
  1. L'aggettivo democratico sta a significare che sono esclusi dal presente piano ogni movente od intenzione anche occulta di rovesciamento del sistema.
  2. Il piano tende invece a rivitalizzare il sistema attraverso la sollecitazione di tutti gli istituti che la Costituzione prevede e disciplina, dagli organi dello Stato ai partiti politici, alla stampa, ai sindacati, ai cittadini elettori.
  3. Il piano si articola in una sommaria indicazione di obiettivi, nella elaborazione di procedimenti - anche alternativi - di attuazione ed infine nell'elencazione di programmi a breve, medio e lungo termine.
  4. Va anche rilevato, per chiarezza, che i programmi a medio e lungo termine prevedono alcuni ritocchi alla Costituzione successivi al restauro delle istituzioni fondamentali.
C'est ainsi que les initiatives en cours décidées dans les conciliabules et les dîners secrets (car pour un que l'on découvre, combien se déroulent-ils dont on ne saura jamais rien...) s'accompagnent d'autres projets de loi visant à imposer définitivement LA FIN DE LA DÉMOCRATIE EN ITALIE, notamment en muselant la justice, en baîllonnant la presse et en censurant Internet. Définitivement, je répète.

J'aurai l'occasion d'y revenir, car si je devais détailler les dispositions de l'actuel projet de loi sur la "justice", destiné à passer incessamment sous peu, il faudrait que je multiplie la longueur de ce billet par 2 ou par 3, or il donne déjà suffisamment à réfléchir. Tout au moins il devrait...

[MàJ - 29 juin 2009] Il semblerait - je n'ai pas encore pu recouper l'info - que l'actuel Président de la Cour constitutionnelle, Francesco Almirante, veuille repousser la date du 6 octobre pour l'examen de la constitutionnalité de la loi Alfano ; il n'aurait pas très bien pris la chose, après avoir appris hier la nouvelle du dîner par les journaux...


Partager sur Facebook

P.S. Et comme je l'ai déjà précisé : « Tout cela se passe aujourd'hui, en 2009, en Italie, au cœur de l'Europe. Qu'on se le dise !!! »

, , , , , , , , , ,

mercredi 24 juin 2009

134 milliards de dollars - les comptes ne tournent pas rond !

134 MILLIARDS DE DOLLARS - CHRONOLOGIE INVERSÉE

XXI.
134 milliards de dollars - LE PROCÈS - I (1er décembre 2011)
XX. 134 milliards de dollars - Affaire relancée (26 novembre 2011)
XIX. Exclusivité mondiale Adscriptor ! 134 milliards de dollars : procès civil n° 8500 aux US (24 novembre 2011)
XVIII. Exclu Adscriptor : Monsieur Yin & Monsieur Yang (xyz milliards de dollars) (10 avril 2011)
(Version anglaise) [Exclusive]: Mr. Yin & Mr. Yang (+200 billion dollars more...) (April 10, 2011)
XVII. 134 milliards de dollars - l'affaire évoquée dans les Statelogs de Wikileaks ! (28 novembre 2010)
XVI. 134 milliards de dollars - l'opération Lys d'Or et le Traité de Versailles ! (2 octobre 2010)
XV. 134 milliards de dollars - épilogue ... "officiel" (24 mai 2010)
XIV. xyz ... milliards de dollars : conférence de presse (22 septembre 2009)
XIII. 314,5 milliards de dollars : la piste russe ! (21 septembre 2009)
XII. 180 milliards de dollars (19 septembre 2009)
XI. 134 milliards de dollars - Autre saisie ! (18 septembre 2009)

Résumé de l'affaire (5 septembre 2009)

X. 134 milliards de dollars - Interrogation parlementaire (3 août 2009)
IX. 134 milliards de dollars - Ordre exécutif 11110 (15 juillet 2009)
VIII. 134 milliards de dollars - Dragon Family (6 juillet 2009)
VII. 134 milliards de dollars - Hal Turner (4 juillet 2009)
VI. 134 milliards de dollars - le mystère continue ! (30 juin 2009)
V. 134 milliards de dollars - les comptes ne tournent pas rond ! (24 juin 2009)
IV. 134 milliards de dollars - les mystères de l'information (16 juin 2009)
III. 134 milliards de dollars - trop gros pour être faux (14 juin 2009)
II. 134 milliards de dollars - suite (10 juin 2009)
I. 134 milliards de dollars (8 juin 2009)

* * *

Non, décidément, le compte n'est pas bond !
  • Que les idiots utiles soient sûrs et certains que les titres sont faux (raison pour laquelle seuls les idiots inutiles en parlent...), ce dont je me suis convaincu moi-même après moultes recherches, c'est une chose.
  • Mais que l'histoire soit vraie et que personne ne l'ait analysée ou n'en ait parlé proportionnellement à son ampleur potentielle, c'en est une autre !
Notamment au vu des incohérences multiples et de la désinformation flagrantes qui entourent cette histoire. Où la fouchette des possibles entre les dits et les non-dits ne fait qu'ajouter à la confusion.

Dans cette affaire je n'ai aucune théorie du complot à proposer (contrairement à ce que je peux penser sur Berlusconi et qui n'engage que moi...), aussi me limiterai-je à examiner les faits.

En partant de la SEULE déclaration officielle dont nous disposons, le communiqué de la GDF n° de protocole 78836 /RU :


Qui dit exactement ceci (extraits, c'est moi qui souligne) :
Les titres étaient en possession de deux Japonais, âgés d'une cinquantaine d'années, qui ont affirmé aux douaniers n'avoir rien à déclarer à leur descente du train en provenance d'Italie.

Or un contrôle minutieux de leurs bagages a permis de trouver, cachés dans le double-fond d'une valise contenant leurs effets personnels, 249 “bonds de la Federal Reserve” d'une valeur nominale de 500 millions USD l'un, et 10 “bonds Kennedy” d'une valeur nominale de 1 milliard USD l'un, outre une importante documentation bancaire ORIGINALE.

Les bons du Trésor et les documents qui les accompagnaient ont été saisis et font actuellement l'objet d'une enquête pour en déterminer l'authenticité et l'origine.

* * *

I valori erano posseduti da due cinquantenni giapponesi che, scesi da un treno proveniente dall’Italia, al momento del controllo doganale affermavano di non avere nulla da dichiarare.

Un’accurata verifica dei bagagli ha consentito di rinvenire, nascosti sul fondo di una valigia in uno scomparto separato da quello contenente gli indumenti personali, 249 bond della “Federal Reserve” americana del valore nominale di 500 milioni ciascuno, e 10 “Bond Kennedy” del valore nominale di 1 miliardo di dollari ciascuno, oltre a una cospicua documentazione bancaria in originale.

Per i bond e la documentazione di interesse valutario che li accompagnava, anch’essa sottoposta a sequestro, sono attualmente in corso indagini volte a stabilirne l’autenticità e la provenienza.
Un communiqué officiel paru le 4 juin 2009, très peu repris dans la presse italienne et pas du tout dans la presse internationale. Il faudra attendre quelques jours, jusqu'au 8 juin, le jour même où j'en ai parlé pour la première fois sur Adscriptor, pour lire sur un blog italien une très brève interview du Colonel Rodolfo Mecarelli, commandant provincial de la GDF à Côme, qui nous fournit quelques éléments supplémentaires déjà relatés ici :
Pour l'heure, je peux seulement dire que nous avons de gros doutes sur les 10 bons "Kennedy", d'une valeur nominale de 1 milliard $ l'un, tandis que les bons de 500 millions sont imprimés sur du papier filigrané d'excellente facture, ils semblent plus crédibles.
(...)
Naturellement, nous collaborons avec des experts des services secrets américains, et nous devrions bientôt disposer d'expertises officielles pour éclaircir la question.
(...)
Les japonais, en transit de l'Italie vers la Suisse, ont été interrogés et ont déclaré ce qu'ils avaient à déclarer. Ils sont à présent en liberté, je ne peux en dire plus pour le moment.

* * *

Per quanto riguarda i 10 bond denominati "Kennedy", dal valore nominale di 1 miliardo di dollari, posso dirle soltanto che abbiamo forti perplessità. Mentre per i 240 titoli da 500 milioni, la carta è filigranata e di ottima fattura. Sembrano più credibili.
(...)
Ovviamente collaborano con noi esperti americani del Secret Service. Al termine avremo perizie ufficiali per dirimere la questione.
(...)
I giapponesi, che viaggiavano dall'Italia alla Svizzera, sono stati interrogati ed hanno rilasciato le loro dichiarazioni. Al momento si trovano a piede libero. E naturalmente non posso dirle di più.
Nulle part il n'est question de titres datés de 1934, jusqu'à la dépêche publiée par Bloomberg le 12 juin (sur laquelle Rue89 a basé son article), SEULE source à rapporter cette info, et dont j'ai obtenu confirmation par la journaliste de Bloomberg qu'il s'agissait bien d'une déclaration directe du Colonel Mecarelli, interviewé par Sonia Sirletti.

Le jour même, dans une deuxième dépêche, Bloomberg précise que les autorités japonaises ne sont pas encore sûres qu'il s'agit bien de citoyens japonais : « An official at the Consulate General of Japan in Milan, who only gave his name as Ikeda, said it still hasn’t been confirmed that the individuals are Japanese. » !

Il faudra attendre six jours, le 18 juin, pour que Bloomberg, encore, cite Stephen Meyerhardt, un porte-parole du Trésor américain, déclarant que de toute évidence les titres sont faux : “They’re clearly fakes” !

Mais d'ajouter par ailleurs :
Tout ce que nous avons vu, ce sont des photos qui tournent sur Internet, mais cela nous suffit pour affirmer que ces bons du Trésor sont des contrefaçons...

"All we've seen is a photograph that's been moved on the Internet. But just with that we can tell that those are not real Treasury securities."
Questions :
  • peut-on assimiler une telle déclaration à l'expertise officielle que les douaniers italiens affirment avoir sollicité plus de deux semaines auparavant ?
  • fallait-il attendre 15 jours (du 3 au 18 juin) pour fournir les résultats d'une telle "expertise" sur la base de telles "preuves documentaires" ?
  • n'y a-t-il pas une contradiction majeure entre ce constat de faux tellement grossiers que de simples photos suffisent à les identifier à distance, et les premières déclarations de la douane italienne qui font état d'une importante documentation bancaire ORIGINALE et de bons imprimés sur du papier filigrané d'excellente facture, au point de sembler crédibles ?
  • et si, comme le laisse entendre le communiqué officiel italien, une importante documentation bancaire ORIGINALE accompagnait les titres, et que les titres sont faux, de quelle importante documentation bancaire ORIGINALE s'agit-il ?
  • et s'il est avéré "officiellement" que les titres sont faux, pourquoi les deux personnages interpellés à Chiasso et presque immédiatement relaxés parce que leur avocat se serait porté garant pour eux ne sont-ils pas arrêtés ? A-t-on perdu leurs traces ? Est-on sûrs de leur identité ?
Mais l'histoire ne s'arrête pas là...

Le lendemain, 19 juin, tout en relatant les propos de M. Takeshi Akamatsu, attaché de presse du Ministère japonais des Affaires étrangères, qui déclare n'avoir aucune idée de la où se trouvent ses présumés concitoyens (“We don’t know where they are now,” Mr Akamatsu said), le Financial Times publie l'un des papiers les plus absurdes que j'ai eu l'occasion de lire sur cette affaire, en accusant la mafia d'être à l'origine de cette contrebande de faux titres.

Un papier indigne d'une gazette de quartier, qui n'est étayé par aucune info ou source pertinente, basé sur des rapprochements hasardeux et forcés avec une affaire précédente mais sans le moindre rapport avec celle-ci, et le FT aurait déployé des journalistes en Italie, au Japon, à New York et à Washington pour pondre ce torchon !

Par quelque bout que vous preniez la chose, c'est totalement absurde, incompréhensible, inconcevable !

Car si l'on donne crédit à cette supercherie fantaisiste (comment croire un seul instant que la mafia ferait passer 134,5 milliards de faux bons d'Italie en Suisse par deux japonais dans un train régional !?), alors pourquoi ne pas prendre pour argent comptant l'autre version du Turner Radio Network, publiée le lendemain, 20 juin, qui affirme avoir eu confirmation (quand ?, comment ?, par qui ?...) que les deux japonais seraient des employés du Ministère des Finances japonais qui tenterait d'écouler secrètement leur bons du Trésor en $.

Je n'ai aucune idée de ce qu'est ce Turner Radio Network et l'histoire qu'ils racontent peut sembler totalement farfelue, mais ni plus ni moins que celle du Financial Times ! Et si en théorie on peut évacuer le premier d'une pichenette, il n'en va pas de même du second : quelle est la véritable motivation et quels sont les objectifs de cet "article", qui sera d'ailleurs repris ici et , si ce n'est de brouiller ultérieurement les pistes ?

Depuis le début, on se perd en conjectures... Et ça continue :

Aujourd'hui je lis de nouveaux développements sur deux journaux économiques très connus en Italie, aussi sérieux que Il Sole 24 Ore, à savoir Italia Oggi et Milano Finanza, ce dernier commençant ainsi :
Les autorités italiennes considèrent suspecte la précipitation avec laquelle Washington a jugé que les bons étaient faux, vu l'enjeu d'une amende de 38 milliards d'euros. Reste encore à clarifier l'identité des deux suspects japonais et la nature de leurs relations avec la Banque centrale de Tokyo (...), une histoire qui risque maintenant de se transformer en affaire diplomatique.

Le autorità italiane considerano sospetta la fretta con cui Washington ha giudicato falsi i titoli obbligazionari. In ballo una sanzione da 38 miliardi di euro. Da chiarire l'identità dei due giapponesi indagati e i loro rapporti con la Banca centrale di Tokyo.

Il giallo del maxisequestro da 134,5 miliardi di dollari di buoni del Tesoro americani alla frontiera tra Italia e Svizzera ora rischia di diventare un caso diplomatico.
Car c'est là où les choses se compliquent, comme le détaille le premier article (qui titre « Maintenant, que le Japon nous paie 38 milliards $ », en confondant d'ailleurs $ et €, une constante dans cette histoire) :
Le fait est que la seule chose dont on est sûrs pour le moment, c'est que les deux suspects sont bien japonais, l'un de la préfecture de Kanagawa, au centre du Japon, et l'autre de la préfecture de Fukuoka, à l'ouest du pays. Mais il y a plus encore.

Selon des sources confidentielles, l'un des deux, Tuneo Yamauchi, serait le beau-frère de Toshiro Muto, ancien vice-gouverneur de la Banque du Japon. Un détail loin d'être négligeable dans l'actuel bras de fer entre les autorités italiennes, japonaises, et la Fed. Car si la Guardia di Finanza avait estimé dès le départ que les titres étaient contrefaits, les deux hommes auraient dû être arrêtés et non pas remis en liberté sans commentaires.


Fatto sta, che l'unica cosa finora accertata è che i due fermati sono realmente giapponesi e provenienti uno dalla prefettura di Kanaga nel Giappone centrale e l'altro dalla prefettura di Fukuoka nel Giappone occidentale. Non solo.

Uno dei due fermati Tuneo Yamauchi, secondo fonti riservate sarebbe il cognato dell'ex vice governatore della Banca del Giappone Toshiro Muto. Un dettaglio non da poco nel possibile braccio di ferro tra le autorità italiane, quella giapponese e la Fed. Sì, perché se la Guardia di finanza avesse ritenuto che i titoli erano contraffatti avrebbe dovuto arrestare i due giapponesi che invece sono stati rilasciati senza rilasciare nessun tipo di commento.
Car de deux choses l'une :
  1. Soit les bons sont faux, et les porteurs auraient dû être arrêtés ;
  2. Soit ils sont vrais, ce qui expliquerait leur remise en liberté, mais pas le fait qu'aucune amende n'ait été dressée... à moins qu'ils n'aient été relâchés sur disposition du gouvernement italien pour des questions d'intérêt national...
Donc j'ignore quelles sont les sources de ces infos, déjà relatées hier par AsiaNews en italien et en anglais, mais avec un tel luxe de détails sur des journaux aussi sérieux, perso je dirais que l'affaire se complique...

Qu'en pensez-vous ? [Début]


Partager sur Facebook

P.S. À propos des sources à peine mentionnées, quelques précisions.

Soit Italia Oggi et Milano Finanza ont des sources qui coïncident avec celles d'AsiaNews (IT) (EN), soit ils se sont inspirés des sources de ce dernier, vu que les articles d'AsiaNews sont sortis la veille (23 juin) par rapport à ceux d'Italia Oggi et de Milano Finanza (24 juin).

Auquel cas il conviendrait d'évaluer la crédibilité d'AsiaNews : site géré par père Bernardo Cervellera, missionnaire de l'Institut Pontifical des Missions Étrangères, ex-directeur de Fides (1997-2002), l’agence de presse du Vatican, qui a vécu à Pékin et collabore actuellement au quotidien «Avvenire» et intervient comme expert de politique internationale dans des émissions télé de premier plan...

Une source reconnue, dont l'intégrité est difficile à mettre en cause !

Mais quand bien même Italia Oggi et Milano Finanza se seraient inspirés d'AsiaNews, je ne doute pas un instant que des journaux économiques aussi professionnels - au niveau des Échos ou de la Tribune en France, pour faire une comparaison - auront recoupé l'info et les sources avant de les publier !

[MàJ - 26 juin 2009, 0h40'] Le New York Times vient de consacrer un article à cette histoire, qui semble confirmer la position de Stephen Meyerhardt (voir plus haut), en la corroborant par cette citation de Darrin Blackford, un porte-parole des Services Secrets contactés par la police financière italienne pour déterminer l'authenticité des titres saisis (“legitimacy of the seized financial instruments”), qui déclare dans un courriel envoyé au NYT :
Nos services ont vérifié que les titres étaient des faux, qui n'avaient jamais été émis par le Gouvernement des États-Unis.

... Agency had verified the bonds were “fictitious instruments and were never issued by the United States Government.”
Par contre l'article ne touche mot ni de l'identité des japonais ni du fait que l'un des deux serait le beau-frère de l'ancien vice-gouverneur de la Banque du Japon, en précisant que ni le Département du Trésor ni Europol ne peuvent commenter l'affaire tant que l'enquête italienne est en cours.

Or même si les titres sont faux, ce qui pose problème aujourd'hui c'est davantage « l'identité des deux suspects japonais et la nature de leurs relations avec la Banque centrale de Tokyo », car j'imagine que dans le titre « Maintenant, que le Japon nous paie 38 milliards $ », l'élément clé subliminal ce n'est pas l'amende, mais le fait que le Japon pourrait être impliqué au plus haut niveau dans cette histoire.

Et qui dit Japon dit États-Unis ?

En outre il est étrange qu'actuellement le dialogue semble avoir lieu par journaux interposés ! Le mystère continue... [Début]

, , , , , ,

mardi 23 juin 2009

Nuages sémantiques


Je découvre sur le blog de Nicolas Vanbremeersch une analyse rapide du discours de Sarkozy qui s’est exprimé hier, pour la première fois depuis 1873, devant les deux chambres du Parlement réunies en Congrès à Versailles.

Or Versac (si j'écris Nicolas, on saura plus duquel je parle :-) nous propose une bonne analyse mais un nuage sémantique confus :


et donc peu expressif du fait qu'il contient tous les mots vides du discours, d'où un sens noyé dans le flux.

De ce point de vue, le nuage proposé par Vincent en se basant sur le même discours me semble un peu plus pertinent, même s'il reste bruyant :


Moi qui me sens l'âme d'un népho-sémanticien (néologisme modeste combinant néphologie et sémantique), voire de faux sémanticien tout court, je ne pouvais résister à l'envie d'y ajouter mon grain de sel, surtout depuis que je maîtrise à la perfection le binôme Quensis (sémantique) et Wordle (néphologie)...

En intégrant quelques différences dans le classement des mots par rapport au tableau utilisé par Versac, puisque lui ne prend pas en compte les pronoms personnels.

Or lorsqu'on parle de Sarkozy, l'analyse des pronoms est toujours très significative. J'en veux pour preuve le nuage issu de ma précédente analyse, où le JE est omniprésent et le NOUS totalement absent :


alors que dans le discours d'hier le NOUS (135 occurrences sur 6266 mots) est presque deux fois plus représenté que le JE (76 occurrences, dont 62 fois JE et 14 J'), une nouveauté absolue pour Sarkozy !


Un discours assez proche de celui tenu par Obama au Caire, tout au moins au plan de la répartition de NOUS, NOTRE, JE, MONDE, etc.

En tout cas un recentrage total par rapport à tous les précédents discours de Sarko, qui devient encore plus évident si l'on n'examine que les 21 termes significatifs ayant plus de 10 occurrences :


Certes, il n'y a aucune spontanéité là-dedans, c'est de la pure ingénierie linguistique, où l'on commence par booster la densité des mots clés autour desquels le discours sera bâti, phrase par phrase, en jouant sur les répétitions, les figures de style, etc. etc.

Voici donc les 14 substantifs plus représentatifs du texte (en réunissant singuliers et pluriels) :


et en étendant le nuage aux 100 substantifs plus représentatifs :


J'emprunterai ma conclusion à Versac :
Au final, on est dans un habillage assez peu inspiré, ou par de grands creux, d’un message simple et basique : on continue, parce que notre voie est la bonne, et que ne rien faire serait criminel.
Voilà qui est dit ! Bravo Nicolas !

Je vous laisse choisir lequel :-)


Partager sur Facebook

, , , , , , , , , , , , , , ,