mercredi 9 avril 2008

Microsoft - Yahoo! : Google entre dans la danse...

Microsoft - Yahoo! : Google entre dans la danse...

[MàJ - 10 avril 2008] Nouvelle surprise: Yahoo et AOL sur le point de conclure une alliance!!!

Mon analyse

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Yahoo! et Google passent un accord "limité" pour monétiser les recherches Yahoo! avec les Adsense !!!
Yahoo! Inc. (Nasdaq:YHOO), a leading global Internet company, announced today that it will begin a limited test of Google Inc.'s AdSense for Search service, which will deliver relevant Google ads alongside Yahoo!'s own search results. The test will apply only to traffic from yahoo.com in the U.S. and will not include Yahoo!'s extended network of affiliate or premium publisher partners. The test is expected to last up to two weeks and will be limited to no more than 3% of Yahoo! search queries.

As previously announced, Yahoo!'s board of directors is exploring strategic alternatives to maximize stockholder value, including exploration of potential commercial business arrangements. The Company noted that the testing does not necessarily mean that Yahoo! will join the AdSense for Search program or that any further commercial relationship with Google will result. The Company further stated that it would not comment on the nature or timing of any potential relationship.

Traduction (de ce qu'il faut bien appeler « une annonce stratégique »)

Yahoo! Inc annonce aujourd'hui qu'un accord de test a été passé avec Google Inc pour monétiser les recherches de Yahoo! grâce au service AdSense. Ce test ne s’appliquera qu’au trafic de Yahoo.com aux États-Unis et ne concernera pas le réseau des affiliés de Yahoo! ni les éditeurs partenaires premium. Ce test ne devrait durer que deux semaines et se limitera au maximum à 3% des requêtes effectuées sur le moteur de recherche de Yahoo!

Comme nous vous l’avons déjà annoncé, le Conseil d’administration de Yahoo! étudie des alternatives stratégiques pour maximiser la valeur pour nos actionnaires, y compris en explorant de potentiels accords commerciaux. La société souligne que ces tests ne signifient pas nécessairement que Yahoo! va signer avec le programme AdSense ni que cela débouchera sur d’autres types d’accords commerciaux avec Google. La Société déclare également qu'elle ne fera aucun commentaire sur la nature ou le timing de tout accord potentiel.
No problem, les autres se chargeront de commenter... L'encre va couler à flots, je vous le dis ! J'entends déjà Ballmer hurler : putain, je vais les tuer ! je vais les tuer ! je vais les tuer !...

Ça, c'est la réponse officieuse. ;-) Voici la réponse officielle, immédiate :
Any definitive agreement between Yahoo! and Google would consolidate over 90% of the search advertising market in Google’s hands. This would make the market far less competitive, in sharp contrast to our own proposal to acquire Yahoo! We will assess closely all of our options. Our proposal remains the only alternative put forward that offers Yahoo! shareholders full and fair value for their shares, gives every shareholder a vote on the future of the company, and enhances choice for content creators, advertisers, and consumers.

Traduction

En cas d'accord définitif entre Yahoo! et Google, cette dernière concentrerait plus de 90% du marché de la pub dans la recherche, ce qui rendrait le marché moins compétitif, contrairement à notre proposition d'acquisition de Yahoo! Nous évaluerons attentivement toutes les options qui nous sont ouvertes. Notre offre reste la seule alternative pour donner leur pleine et juste valeur aux parts des actionnaires de Yahoo!, une voix à chacun d'entre eux sur l'avenir de l'entreprise et un meilleur choix aux créateurs de contenu, aux annonceurs et aux internautes.
Allez Steve, fais un effort, quoi, que sais-je, une petite rallonge, just 99 $ l'action, t'es sûr de faire l'affaire !!!


Via Wullon :-)



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P.S. À lire absolument : l'analyse de Danny Sullivan...

Une remarque, en passant : si vous suivez mes billets, notamment ceux sur la saga Microsoft-Yahoo!, vous aurez observé que je les tague tous Google et GYM en plus de Microsoft et Yahoo!

Ce n'est pas un hasard ! ;-)

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mardi 8 avril 2008

L'histoire de Facebook se termine

Je vous ai déjà raconté l'histoire de Facebook : comment Zuckerberg est en procès depuis 2004 au motif qu'il aurait totalement pompé Facebook sur ConnectU...
L'histoire retrace dans le détail les mois qui ont précédé le 4 février 2004, jour où Zuckerberg a annoncé le lancement de Facebook, et le déroulement des faits est pour le moins troublant.

Car comme conclut l'article, il est clair que Zuckerberg a capitalisé sur la bonne idée au bon moment. Reste à savoir de qui était l'idée ?
D'ailleurs, Zuckerberg attaque le magazine et perd.

Or je découvre aujourd'hui (via Techcrunch) que l'affaire serait sur le point de se conclure. Plus d'infos ici.

En attendant, la contre-attaque de Facebook devant le Juge en invoquant la fausseté des accusations (We continue to disagree with the allegations that Mark Zuckerberg stole any ideas or code to build Facebook...) aurait été retirée par Zuckerberg.

Quant au montant du "règlement à l'amiable", il ne sera pas dévoilé mais vous pouvez parier qu'il sera à la hauteur des espérances des frères Winklevoss. ;-)



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P.S. Pardon pour le titre un peu accrocheur :-)

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lundi 7 avril 2008

Microsoft - Yahoo! : Jerry Yang vs. Steve Ballmer

Microsoft - Yahoo! : Jerry Yang vs. Steve Ballmer

Je viens de lire sur Twitter ce message de Michael Arrington, répondant à l'un de ses commentateurs : « cette vidéo résume parfaitement les négociations entre Microsoft et Yahoo! »



Perso, ça me fait penser à la situation telle que la considère Jerry Yang. En revanche, Steve Ballmer doit plutôt imaginer un truc dans ce genre :



Ce qu'on appelle une différence de style !

Enfin, pourvu que ça finisse pas comme ça ;-)



Et d'après vous, comment ça va finir ? Les paris sont ouverts...



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P.S. Dans un autre genre de symbolisme ;-)


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Microsoft - Yahoo! : la lettre de Jerry Yang

Microsoft - Yahoo! : la lettre de Jerry Yang

Point fort du message de Jerry Yang à Steve Ballmer : Microsoft a trois semaines pour augmenter son offre, faute de quoi, à la guerre comme à la guerre, Yahoo! ne se laissera pas faire...

Je n'ai pas le temps maintenant de traduire l'intégralité de la réponse de Jerry Yang à la précédente lettre de Steve Ballmer, donc pour l'instant je vous livre à la volée les deux derniers paragraphes qui sont, à mon sens, les plus significatifs :
Cher Steve,

(blanc)

Nous considérons que votre menace d'entreprendre une action hostile et une bataille de procuration pour remplacer les membres indépendants du Conseil d'administration de Yahoo! est contreproductive, voire opposée à votre objectif déclaré de mener une opération amicale. Nous sommes confiants sur le fait que nos actionnaires sauront comprendre que les membres du conseil d'administration actuel sont les mieux placés pour évaluer objectivement et en connaissance de cause notre entreprise, de même que les alternatives possibles et comment maximiser la valeur de Yahoo!.

En conclusion, permettez-nous de réaffirmer notre position, de sorte qu'il n'y ait aucune confusion possible. Nous sommes ouverts à toutes les options susceptibles de maximiser la valeur pour nos actionnaires. Pour être tout à fait clair, ces options englobent une transaction avec Microsoft dès lors que le prix proposé reconnaîtrait pleinement la valeur de Yahoo!, calculée de façon autonome ; cela signifierait également pour Microsoft une option supérieure à celle des alternatives à l'étude, pour une transaction dont la valeur et la finalisation ne seraient pas remises en question. Ceci dit, nous restons fermes dans notre engagement en faveur du choix d'une solution maximisant la valeur de Yahoo! pour nos actionnaires et nous ne laisserons personne, vous ou qui que ce soit d'autre, acquérir la société pour un montant inférieur à sa pleine valeur.
C'est clair, non ? Ça veut dire : soit tu relèves le prix de l'offre, soit si tu veux la guerre, tu l'auras. La balle est dans le camp de Steve, qui devrait juste mettre davantage dans la balance. Pas beaucoup, en fin de compte : 3 ou 4 $ ?

Microsoft est prévenu ! Ils vont pas nous faire toute une histoire, pour quelques dollars de plus...



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dimanche 6 avril 2008

Microsoft - Yahoo! : la lettre de Steve Ballmer

Microsoft - Yahoo! : la lettre de Steve Ballmer

Point fort du message de Steve Ballmer à Jerry Yang : Yahoo! a trois semaines pour se décider, faute de quoi, début mai, Microsoft engage une bataille de procuration et l'OPA devient vraiment hostile...

Suite : Jerry Yang répond à l'ultimatum de Microsoft

Depuis maintenant plus de deux mois que Microsoft a lancé son offre publique d'achat sur Yahoo!, le statu quo semblait s'être installé.

Sur 22 billets publiés en février, les 3/4 (16 billets) parlent directement ou indirectement de la fusion Yahoo!-Microsoft. C'est vous dire si j'ai tenté d'analyser la chose sous toutes les coutures.

Or comme on le sait, les eaux dormantes sont trompeuses. Durant ce calme apparent, Yahoo! n'a jamais sorti autant de nouveaux produits-services que depuis l'annonce de Microsoft. Une insistance sur les actifs de la société et des lancements tous azimuts pour un message évident en direction de Steve Ballmer : Yahoo! vaut davantage que ton offre.

Un message tombé dans l'oreille d'un sourd, puisque apparemment Microsoft ne semble pas disposé à relever son prix (une augmentation de 1 dollar par action signifiant un surcoût d'environ 1,34 milliard $ pour Microsoft)...

Steve Ballmer qui s'énerve face au refus et aux atermoiements de Yahoo!, et adresse au Conseil d'administration une lettre menaçant une bataille de procuration.

Traduction/adaptation rapide de la lettre (c'est moi qui souligne) :
Voici maintenant plus de deux mois que nous vous avons adressé une proposition pour l'achat de Yahoo! avec une prime de 62% par rapport au cours de l'action à la clôture du 31 janvier 2008, la veille de notre annonce. Une offre généreuse pour jeter les bases d'une transaction rapide et amicale. Or on peut tout dire de ces deux derniers mois, sauf que les choses ont été rapides.

En dépit de quelques interactions limitées entre nos deux sociétés pendant ce laps de temps, aucune négociation n'a véritablement eu lieu pour finaliser l'accord. Nous comprenons que vous ayez tenté d'évaluer d'autres solutions, mais n'avons eu aucune indication que des représentants de Yahoo! aient été autorisés pour négocier avec Microsoft. Ceci bien que notre proposition soit la seule option qui valorise à leur pleine et juste valeur les actions de vos actionnaires, en donnant à chacun une voix sur l'avenir de l'entreprise et en offrant une alternative de choix aux créateurs de contenu, aux annonceurs et aux utilisateurs.

Or pendant ces deux mois d'inactivité, Internet a poursuivi sa course, les marchés et les conditions économiques globales se sont considérablement affaiblis, tant d'un point de vue général que pour certains
pure players de l'Internet en particulier. Dans un même temps, les indicateurs suggèrent que les parts de marché de Yahoo! ont décliné tant dans la recherche qu'en nombre de pages vues. En outre, vous avez adopté de nouveaux plans internes qui rendent toute prise de contrôle plus coûteuse.

En tout état de cause, la prime de 62% que nous vous avons offert en janvier revêt encore plus d'importance aujourd'hui. Nous pensons d'ailleurs que la majorité de vos actionnaires partagent cette opinion, y compris au vu des perspectives de développement que vous avez rendues publiques.

Compte tenu de ces évolutions, nous croyons donc que le moment est venu de mandater nos équipes respectives pour qu'elles s'assoient autour d'une table et négocient un accord définitif sur la fusion de nos entreprises, susceptible à la fois de donner davantage de valeur à nos actionnaires respectifs, et de créer une nouvelle entité plus efficace et plus compétitive pour fournir de meilleurs services à nos clients. Si aucun accord n'est conclu dans les trois semaines à venir, nous nous verrons contraints de dialoguer directement avec vos actionnaires, en lançant notamment une bataille de procuration pour élire un nouveau Conseil d'administration de Yahoo! Notre prime initiale de 62% souhaitait anticiper une transaction amicale avec vous. Mais si nous sommes forcés de nous adresser directement à vos actionnaires, cette situation aura des conséquences indésirables sur la valeur de votre entreprise, ce qui, de notre point de vue, impactera négativement les termes de notre proposition.

Il est regrettable que vous ayez choisi de ne pas commencer à négocier sérieusement avec nous, et que vous n'ayez pas dûment pris en considération une transaction extrêmement avantageuse tant pour vos actionnaires que pour vos employés. Nous pensons que vous ne pouvez pas vous permettre de manquer cette occasion.
C'est clair, non ? D'autant plus qu'à la fin du mois, les deux sociétés annonceront leurs résultats trimestriels, que les rumeurs annoncent "étonnamment" faibles pour Yahoo! (the word around the valley is they’ll be surprisingly weak)...

Donc, voilà. La pression est mise, les acteurs se positionnent, les dissidents sont sur les rangs, Yahoo! est prévenu !



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vendredi 4 avril 2008

Etude 2008 sur les réseaux sociaux

Publication de l'étude Networking Social Survey 2008 par l'Office of Communications du Royaume Uni, un rapport de 70 pages qui propose une analyse quali-quantitative des attitudes, des comportements et des usages dans les réseaux sociaux en 2007.

Le présent billet n'a pas la prétention de décrypter le rapport dans le détail, mais espère juste vous donner l'envie de consulter l'intégralité de l'étude.

C'est pourquoi je ne vous présenterai ici que quelques graphiques sur les statistiques de fréquentation des réseaux, la partie quantitative donc, en vous renvoyant à la lecture du rapport (uniquement en anglais) pour l'analyse des comportements et usages - la partie qualitative.

De 2000 à 2008, l'évolution des réseaux sociaux est ainsi présentée :


Avec la répartition qui suit par tranches d'âge :


où plus de 51% des utilisateurs ont moins de 35 ans, et presque 1/4 de quinquas en août 2007. Selon l'étude, le réseau Sagazone, qui vise les + de 50 ans, comptait plus de 30 000 profils enregistrés en janvier 2008.

Quant aux parents ayant des enfants entre 8 et 17 ans qui fréquentent les réseaux sociaux, presque tous sont conscients de la nature de ces réseaux.


Parmi les adultes inscrits, 62% utilisent Facebook avec un profil enregistré, 46% MySpace et 32% Bebo, pour les principaux.


Et ce sont à peu près les mêmes fréquentés par les enfants, bien qu'il y ait un peu plus de diversité chez les adolescents (MSN, Piczo, autres...).


L'audience est ainsi répartie :


avec aux deux extrémités de très faibles audiences : entre 2 (!) et 11 ans d'une part, et + de 65 ans de l'autre.

La fréquence d'utilisation est plutôt soutenue :


puisque 87% des utilisateurs disent ouvrir leur profil au moins une fois par semaine, et 50% pratiquement chaque jour !

La répartition par pays est également intéressante :


les plus assidus étant, par ordre d'importance, le Canada, le Royaume Uni, les États-Unis, le Japon, l'Italie, la France et l'Allemagne.

Quant aux principales fonctionnalités utilisées sur les réseaux :


nous avons d'abord l'envie de papoter avec les "amis" (concept plutôt vague sur Internet) et la famille, la recherche de contacts, écouter de la musique, etc.

Je finirai ce passage en revue par les raisons pour lesquelles les enfants/adolescents sont sur les réseaux :


Pour plus de 9 sur 10 (92%), c'est pour être en contact avec les amis et la famille, et consulter les profils/pages des autres ; 79% déclarent qu'ils souhaitent communiquer / prendre contact avec des gens qu'ils voient plus rarement, et 59% qu'ils veulent se faire de nouveaux amis.

L'étude prévient toutefois que les figures 19 et 20 ne sont pas directement comparables. La suite détaille très bien les autres fonctions sociales et les usages qui sont faits des réseaux, avec deux pages de glossaire pour terminer.

Bonne lecture. :-)


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P.S. L'Asie n'est pas suffisamment prise en compte dans l'étude, m'indique Pierrick en commentaire, en me signalant une présentation que je soumets volontiers à votre attention :



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mercredi 2 avril 2008

Que sont les blogs aujourd'hui ?

Que sont les blogs aujourd'hui ?

Réflexion suscitée par la lecture d'un billet de Narvic, dans lequel il rapporte ses commentaires au billet de Laurent Gloaguen, qui pointe lui-même vers un billet de Francis Pisani, etc.

La question que j'en retiens : qu'est-ce qu'un blog aujourd'hui ?

Pisani tente une analyse de ce que peut rapporter un blog - rien, sauf dans certains cas, jugés atypiques :
... je pense que, même s’ils utilisent la technologie de publication du blog, nous ne saurions appeler “blogs” des publications comme le Huffington Post, TechCrunch ou GigaOm. Il s’agit d’entreprises de presse qui publient exclusivement online (pour le moment en tous cas) et dont l’écriture est plus agréable à lire, plus “opinionated”, que le ton compassé, froid, hypocrite et ultra prudent de la plupart des publications traditionnelles.
C'est d'ailleurs la citation reprise par Laurent, qui a provoqué une série de commentaires très intéressants, dont ceux d'Hubert Guillaud, de Narvic (ici et ), de GreG ou de Damien B.

Mais si vous lisez déjà ces trois billets et tous les commentaires, y a de quoi réfléchir !

Pour me limiter uniquement au binôme blog/blogueur, mon point de vue est proche de celui d'Hubert Guillaud :
Jusqu'à présent on avait tendance à s'en tenir à une définition technique pour dire ce qu'était ou n'était pas un blog. Mais est-ce que cela peut être pertinent encore à un moment où tous les sites deviennent des blogs (généralisation du commentaire et du fil RSS, voir même de la navigation ante-chronologique) ?
Ceci dit, essayons de répondre à la question posée plus haut.

Pour moi, qu'est-ce qu'un blog aujourd'hui ?

Un blog, c'est d'abord ce que chacun/e en fait. Entre Chauffeur de Buzz et Huffington Post, pour citer un exemple, il y a différence de stratégie, différence de personnalité, différence de moyens, etc.

Entre Eolas et Media & Tech, il y a différence de compétences, d'intérêts, etc.

Entre Tristan Nitot et les blogs Microsoft, il y a différence de culture !

Entre Adscriptor et Search Engine Land il y a ... un océan de différence, et ainsi de suite !

Derrière un blog il y a une personnalité (qui n'est pas incluse dans la plateforme), qui va donner un ton unique, une empreinte originale, différents de ceux du voisin. Tout au moins c'est à espérer...

Donc, première chose, il n'y a pas "un blog" mais "des blogs". Et même si l'aspect technique est une composante fondamentale de notre présence sur Internet, cela n'est guère utile pour répondre à la question : « que sont les blogs aujourd'hui ? »

Des conversations ?

Ce qui est sûr, par contre, c'est que le phénomène est profond, diffus, et d'une manière générale qu'on assiste à une professionnalisation du blogging, qui va de pair avec la professionnalisation du contenu sur Internet. Moi-même, dans Adscriptor, c'est quoi ?, j'insiste un minimum sur la sphère professionnelle.

Et cela bien que la sphère personnelle semble sortir gagnante dans mon analyse des motifs pour lesquels les gens bloguent (portant sur 70 internautes ayant fourni cinq raisons pour lesquelles je blogue), où les principales raisons invoquées étaient, à :
  • 57%, le partage au sens large (35 fois le verbe, 5 fois le substantif)
  • 38,6%, les rencontres occasionnées, virtuelles ou réelles (17 fois le verbe, 10 fois le substantif)
  • 30%, l'écriture (16 fois le verbe, 5 fois le substantif)
  • 27,1%, l'échange (15 fois le verbe, 4 fois le substantif)
  • 22,9%, le plaisir de bloguer (16 fois le substantif)
En effet, en donnant une valeur arbitraire de 100% à ces cinq raisons, la répartition était la suivante :
  1. partage, 32,5%
  2. rencontres, 22%
  3. écriture, 17%
  4. échange, 15,5%
  5. plaisir, 13%


Or l'un des principaux reproches fait à cette analyse fut que l'argent semblait absent, alors qu'en réalité de plus en plus de blogueurs auraient bien aimé retirer quelques revenus de leurs blogs. Ce qui nous renvoie au billet de Francis Pisani...

Voir également ce billet, et l'étude ci-dessous, à laquelle j'ai répondu en son temps.


Pour autant, il y a encore un différentiel notable entre ce côté-ci de l'Atlantique et l'autre, où il serait pratiquement inconcevable qu'un blogueur du calibre de Fred Cavazza ne monétise pas son blog, selon la terminologie consacrée, alors qu'ici tout le monde trouve ça normal.

Personnellement, mon blog s'inscrit dans une stratégie de présence (y compris sur les moteurs) plus que d'influence, très très loin de la conception que s'en font encore certains journalistes, tel que celui qui m'a contacté il y a deux mois en attaquant ainsi : « Je suis journaliste et aimerais vous posez (sic!) quelques questions sur les volontaires d'Internet. »

Les volontaires d'Internet ! N'importe quoi ! Je ne sais pas si c'est le ton de ma réponse qui l'a fait fuir, mais il ne s'est plus manifesté. En tout cas il m'a bien fait rire, le gueux.

Toutefois un peu moins que ce cher Amaury de Rochegonde, pour qui des « millions de sites ou de blogs » « font de l’audience en propageant rumeurs et commérages », en faisant « une concurrence un peu déloyale » aux médias traditionnels, ces « vieux habitués de la responsabilité éditoriale »...

Et de se réjouir du jugement dans l'affaire Olivier Martinez, « une très mauvaise nouvelle pour les internautes amateurs de potins » !

Ça m'a tellement énervé que je lui ai envoyé un mail que je vous livre in extenso :
Votre article est un tissu d'âneries qui fait de la superficialité vertu.
Par contre, si je comprends bien, vous êtes "journaliste". C'est bizarre, je croyais que les journalistes fouillaient un peu leurs arguments avant d'en parler. Or en lisant ce "papier", on a plutôt l'impression qu'il ne fait que colporter les potins et ragots qu'il semble vouloir dénoncer.
Il ne m'a pas répondu. Mais bon, il est pas trop tard...

En conclusion, ce qui me désole le plus de voir tant d'incompétence bornée, c'est que souvent elle émane de ceux-là mêmes qui devraient expliquer ce qu'est le Web 2.0 (ce cher Amaury est tout de même responsable du service médias du magazine hebdomadaire Stratégies et s'exprime ici sur France Info...), sa complexité, sa richesse, ses subtilités, ses enjeux, etc.

Des enjeux qui sont gigantesques, soit dit en passant. Or avec des arguments pareils, c'est pas demain la veille qu'on va aider les gens à appréhender correctement la situation...

Alors voilà, que sont les blogs aujourd'hui ? La même chose qu'hier et que demain, mais d'abord ce que chacun/e en fera. Et pour vous, c'est quoi les blogs ?


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P.S. Vous pouvez répondre en commentaire, bien sûr, mais un billet complet sur l'argument vous permettrait sûrement de développer une réflexion plus aboutie, si je puis me permettre :-)

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