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vendredi 4 avril 2008

Etude 2008 sur les réseaux sociaux

Publication de l'étude Networking Social Survey 2008 par l'Office of Communications du Royaume Uni, un rapport de 70 pages qui propose une analyse quali-quantitative des attitudes, des comportements et des usages dans les réseaux sociaux en 2007.

Le présent billet n'a pas la prétention de décrypter le rapport dans le détail, mais espère juste vous donner l'envie de consulter l'intégralité de l'étude.

C'est pourquoi je ne vous présenterai ici que quelques graphiques sur les statistiques de fréquentation des réseaux, la partie quantitative donc, en vous renvoyant à la lecture du rapport (uniquement en anglais) pour l'analyse des comportements et usages - la partie qualitative.

De 2000 à 2008, l'évolution des réseaux sociaux est ainsi présentée :


Avec la répartition qui suit par tranches d'âge :


où plus de 51% des utilisateurs ont moins de 35 ans, et presque 1/4 de quinquas en août 2007. Selon l'étude, le réseau Sagazone, qui vise les + de 50 ans, comptait plus de 30 000 profils enregistrés en janvier 2008.

Quant aux parents ayant des enfants entre 8 et 17 ans qui fréquentent les réseaux sociaux, presque tous sont conscients de la nature de ces réseaux.


Parmi les adultes inscrits, 62% utilisent Facebook avec un profil enregistré, 46% MySpace et 32% Bebo, pour les principaux.


Et ce sont à peu près les mêmes fréquentés par les enfants, bien qu'il y ait un peu plus de diversité chez les adolescents (MSN, Piczo, autres...).


L'audience est ainsi répartie :


avec aux deux extrémités de très faibles audiences : entre 2 (!) et 11 ans d'une part, et + de 65 ans de l'autre.

La fréquence d'utilisation est plutôt soutenue :


puisque 87% des utilisateurs disent ouvrir leur profil au moins une fois par semaine, et 50% pratiquement chaque jour !

La répartition par pays est également intéressante :


les plus assidus étant, par ordre d'importance, le Canada, le Royaume Uni, les États-Unis, le Japon, l'Italie, la France et l'Allemagne.

Quant aux principales fonctionnalités utilisées sur les réseaux :


nous avons d'abord l'envie de papoter avec les "amis" (concept plutôt vague sur Internet) et la famille, la recherche de contacts, écouter de la musique, etc.

Je finirai ce passage en revue par les raisons pour lesquelles les enfants/adolescents sont sur les réseaux :


Pour plus de 9 sur 10 (92%), c'est pour être en contact avec les amis et la famille, et consulter les profils/pages des autres ; 79% déclarent qu'ils souhaitent communiquer / prendre contact avec des gens qu'ils voient plus rarement, et 59% qu'ils veulent se faire de nouveaux amis.

L'étude prévient toutefois que les figures 19 et 20 ne sont pas directement comparables. La suite détaille très bien les autres fonctions sociales et les usages qui sont faits des réseaux, avec deux pages de glossaire pour terminer.

Bonne lecture. :-)


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P.S. L'Asie n'est pas suffisamment prise en compte dans l'étude, m'indique Pierrick en commentaire, en me signalant une présentation que je soumets volontiers à votre attention :



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mercredi 9 janvier 2008

Le Web en 2008

Je rassure de suite les allergiques aux prévisions de toute sorte, en dépit du titre, ce billet n'anticipe aucun des secrets de Mme Soleil pour l'année en cours, mais tente plutôt de dresser un constat de ce qu'est le Web aujourd'hui, selon la perception et la vision que j'en ai.

L'état des lieux
La troisième décennie du Web

* * *

L'état des lieux

Il était une fois ... le Web. Déjà, parler du World Wide Web, ça nous situe dans le temps, à la fin des années 80, début de la décennie 90 (puisqu'il faudrait remonter à 1957 pour Internet, l'année de ma naissance la création de l'ARPA) !

Au terme des dix premières années, la croissance exponentielle du Web a conduit AltaVista, IBM et Compaq à publier, en mai 2000, une étude intitulée Graph structure in the web, analysant 200 millions de pages et 1,5 milliard de liens, où le graphe qui ressort a la forme d'un nœud papillon :


D'où l'apparition de la bow-tie theory, qui classifie les sites de la façon suivante :
* le cœur du réseau : environ 30% des sites les plus interconnectés qui se partagent et où converge un maximum de liens et de trafic ;
* les sites d’origine : environ 20% des sites d’où les internautes sont dirigés vers le cœur du réseau, avec très peu de liens qui pointent en sens inverse ;
* les sites de destination : environ 20% de pages accessibles depuis le cœur mais n’y renvoyant que très peu ;
* les sites déconnectés : environ 30% d’îlots épars n’ayant que peu de liens et générant peu de trafic.
Une topographie d’Internet et un constat qui ont donné lieu, notamment avec le dépôt du PageRank en 1998 par Larry Page (nomen omen...), à l'impérieuse nécessité d'élaborer des stratégies de liens, de trafic, de référencement, de positionnement, d'optimisation, y compris de l'écriture Web, des mots clés, du contenant, du contenu, des flux, mais également pour les moteurs de recherche, puis pour les médias sociaux, avec l'émergence de nouveaux influenceurs et d'une recherche "sociale", au point d'amener Danny Sullivan lui-même à qualifier les médias sociaux de nouveaux moteurs de recherche (voir également ici...), etc.

Or tout cela c'était avant l'arrivée de Facebook, de son graphe social et de sa formidable puissance de frappe marketing et virale, avant la montée en régime de la téléphonie mobile, dont l'usage est destiné à exploser, et surtout avant la notion d'interface sociale, porteuse de gigantesques bouleversements en termes de communication et de ... présence Internet !

Voici donc où nous en sommes : à la veille d'un grand chambardement, annoncé autant par le Web 2.0 que par le Web 3.0, n'en déplaise à tous ceux qui taxent ces déclinaisons successives d'obsolètes. J'ignore par exemple si Twine tiendra toutes ses promesses ou sera à la hauteur de Facebook en termes de révolution des usages, mais ce dont je suis certain, c'est qu'en 2008 le Web est sur le point d'entrer dans sa troisième décennie... [Début]

La troisième décennie du Web

Révolu, donc, le temps où une présence Internet pouvait se limiter à un site Web, pour autant qu'il fût élaboré et connecté, désormais l'heure est à la multiprésence, à la communication multiforme (sites, blogs, microblogging, forums, réseaux, widgets, mobiles, vidéos, événementiel, pub, résultats organiques, etc.), à la multiparticipation active, à la gestion multisupport de son interface sociale, où chacun (entreprise ou particulier) ne se place plus seulement en nœud du réseau, mais en position centrale dans la galaxie Internet :


Ce que David Armano appelle un système social, ou mieux, un écosystème social, au sein duquel, « We are the center of our own micro-universe »...

Donc la rupture avec le passé est évidente :
Hier, le cœur du réseau, c'était « environ 30% des sites les plus interconnectés qui se partageaient et où convergeait un maximum de liens et de trafic » ; aujourd'hui, le cœur du réseau, c'est vous !

Hier j'étais anonyme, aujourd'hui je gère mon identité numérique. Hier j'étais présent sans être visible, aujourd'hui je suis présent ET visible ! Une nuance de taille. Impossible à imaginer hier, réalité aujourd'hui. À nous d'en faire bon usage... [Début]


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jeudi 20 décembre 2007

Interface sociale = tableau de bord Web 2.0/Web 3.0

Interface sociale = tableau de bord Web 2.0/Web 3.0

1. Projets
2. Communication publique
3. Communication individuelle
4. Communication en réseau
5. Profil

À venir (l'année prochaine, ce billet est le dernier pour 2007) :

6. Information
7. Contacts
8. Applications / Outils
9. Programmation
10. Stockage

Pour paraphraser Malraux, au XXIe siècle, le Web sera social ou ne sera pas ! Cela a déjà commencé, notamment avec Facebook et Google, mais dès 2008, cette évolution devrait être plus évidente encore.

Le Web migre progressivement de système d'exploitation (Web OS) à plateforme sociale (Social OS), au cœur de laquelle chaque personne (physique/morale) doit s'inventer sa propre interface sociale, à savoir « une espèce de mash-up des différents outils et moyens de construire son positionnement et sa visibilité sur Internet », où le Web plateforme est le socle d'un ensemble d’applications et de services "sociaux personnalisables".


Un concept repéré chez Kin Lane, via Netviber, qui s'accompagne
de l'évolution inéluctable d'une présence individuelle (particulier ou entreprise) vers une présence "sociale". Finie la théorie du nœud papillon, avec des îlots épars et déconnectés du cœur du réseau, sans liens et sans circulation : « à présent les hyperliens ne sont plus des liens entre les sites mais des liens liaisons (hyperliaisons ?) entre les personnes, via les réseaux sociaux... » (cf. Brian Breslin et Alex de Carvalho).
Nous allons donc découper cette interface sociale en isolant ses différentes composantes et en voyant, pour chacune, certaines des implications possibles pour donner un sens à notre présence sur Internet.

En commençant par Projets et en remontant dans le sens des aiguilles d'une montre :
  1. Projets
  2. Communication publique
  3. Communication individuelle
  4. Communication en réseau
  5. Profil
  6. Information
  7. Contacts
  8. Applications / Outils
  9. Programmation
  10. Stockage
[Début]

* * *


1. Projets

Je commence par "projets" car à mon avis c'est LA notion centrale sur Internet, où chaque présence doit correspondre à un projet stratégique multifacettes : stratégie de développement, de positionnement, de visibilité, de participation, d'utilisation, etc.

Le temps où tout projet Internet pouvait se résumer au seul développement d'un site Web est révolu et limitant, aujourd'hui une présence doit être polyvalente : multisupport, multiréseau, multilingue, multiapplication, etc.

Ainsi, toute entreprise souhaitant s'implanter de façon significative sur le Web devrait se doter d'une fonction, ou, mieux, d'un service responsable pour Internet. Car au fur et à mesure que le Web se complexifie et se spécialise, il devient urgent de réfléchir aux différents aspects d'une présence :
  • de la gestion des noms de domaine à l'hébergement,
  • du choix des technologies à déployer à celui des applications front-end et back-end,
  • de la participation aux réseaux sociaux à la pub sponsorisée,
  • du référencement organique à l'organisation événementielle,
  • du choix d'investir un univers virtuel à l'utilisation de services en ligne particulièrement visibles (docs, slides, blogs, microblogging, vidéos, ...), etc.
À chacun donc de définir ses orientations et ses modes d'occuper le terrain, par l'intermédiaire d'une communication tous azimuts. [Début]

* * *


2. Communication publique

Communiquer sur Internet, c'est s'ouvrir vers l'extérieur, et, de plus en plus, dialoguer : une communication bidirectionnelle, interactive, proche de la conversation. En outre : Etc. Ce ne sont là que des exemples, chacun en a sûrement d'autres. Aujourd'hui on ne communique plus seulement avec la pub, mais avec le contenu sous toutes ses formes. Certains y ajoutent le contexte. L'UGC est un très fort vecteur de communication. L'écriture Web aussi. Sans oublier le linkbaiting, les stratégies de liens, les stratégies de trafic, l'optimisation ou le positionnement par le contenu, etc.

Par ailleurs, toute communication publique s'appuie souvent sur une communication plus introspective, individuelle pour les particuliers, interne pour les entreprises (mise en place d'un Intranet, d'un BlueKiwi, d'un Feedback 2.0, etc.) [Début]

* * *


3. Communication individuelle

Dans sa théorie de la dérive des continents "documentaires" (diapo 5), Olivier Ertzscheid distingue 5 formes de Web :


Le Web public, privé, personnel (desktop), intime (courriel) et extime (blogs, voir ici pour l'extimité) : 3 sur 5 s'inscrivent donc dans la communication individuelle, qui consiste à projeter cette sphère vers l'extérieur.

Que ce soit par courriel, télécopie, SMS, messagerie instantanée ou autre, l'interface sociale fournirait un point d'entrée où centraliser tout cela, à mon avis une série de widgets dédiés à chacune des composantes, gérables en relation étroite avec la fonctionnalité Profil. [Début]

* * *


4. Communication en réseau

Concernant la communication en réseau, il est clair que l'année 2008 sera décisive, aussi bien avec la probable montée en puissance d'OpenSocial et d'Android qu'avec l'évolution que prendront Facebook ou Ginger, pour ne citer que quelques exemples.

Car parler réseaux aujourd'hui, c'est parler réseaux sociaux, qui sont d'après moi une tentative de recréer le lien social sur Internet, un tissu connectif qui serait transposé de « la vraie vie » vers le Web...



Avec au centre de ces relations, notre identité numérique inévitable, notre profil 2.0 ! [Début]

* * *


5. Profil

Centraliser. Certifier. Sécuriser. Sxip. MyID.is. OpenID. Etc. Exemple : vous définissez votre nouvelle identité sur OpenIdoo, et l’obtenez sous forme d’une URL simple du genre : www.openidoo.com/identifiant.

Vous pouvez alors ajouter plusieurs profils (recherche, shopping, abonnements, informations…), puis lorsque vous visitez un site (qui accepte le système OpenIDOO, bien sûr), le serveur vous connecte après authentification automatique.

Google, qui commence également à centraliser les profils, propose déjà sur Blogger une identification acceptant OpenID.

J'observe au passage qu'avec la multiplicité des offres (OpenID, MyOpenID, OpenID France, etc.), vu que plusieurs solutions sont en concurrence, mieux vaut peut-être attendre de voir quel est le standard qui va sortir premier de la catégorie. S'il y en a... Ou pour le moins qu'il y ait interopérabilité entre les différents services. [Début]

* * *


OK. Je m'arrête là pour l'instant et reprendrai ma réflexion l'année prochaine. Car même si cet article n'est pas terminé, il donne des pistes et, je l'espère, matière à réflexion. Après, à chacun de parcourir et d'inventer les siennes. Tout en sachant que communiquer, c'est aussi partager : signalez en commentaire tous les liens manquants, les services prometteurs que j'ai ignorés, les bons plans et les bonnes idées, j'en ai oublié des tonnes, j'en suis sûr, la grande communauté du Web vous en sera reconnaissante. Ne vous inquiétez pas si vous ne voyez pas vos contributions apparaître de suite, je modérerai épisodiquement durant ces vacances.

Et même : si quelqu'un d'entre vous connaît particulièrement bien un sujet et souhaite développer une partie de cette interface sociale, je me ferai un plaisir d'insérer sa contribution dans le (ou les, sait-on jamais...) prochain(s) article(s).

Sur ce, je vous souhaite d'excellentes fêtes de Noël et de fin d'année, ce billet est le 153ème et dernier pour 2007 (vs. 164 en 2006 et 19 en mars 2005), rendez-vous en 2008 vers la mi-janvier pour un nouvel an que je vous souhaite riche en satisfactions et gratifications de toutes sortes. Mais d'abord la santé. Trinquons donc ! À la nôtre et à nos amours, avec une pensée spéciale pour ma femme et mon fils (cet été en Gaule... :-) [Début]



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jeudi 13 décembre 2007

Facebook ouvre l'architecture de sa plateforme

Facebook ouvre l'architecture de sa plateforme. Bebo fait de même.

Interface sociale

L'annonce a été publiée hier, ce qui veut dire en clair que la plateforme de Facebook va maintenant pouvoir servir de modèle pour d'autres sites sociaux.

La formule prévoit également de licencier les procédés et les tags actuellement utilisés par le site, ce qui veut dire que tous ceux qui développent des applications sur Facebook pourront aussi les placer sur d'autres réseaux sans devoir les retoucher.

La documentation, les consoles de test, l'implémentation des tags au format FBML et les spécifications sont donc disponibles pour les développeurs qui voudront s'en servir.

Par conséquent, en même temps que ça va permettre à la plateforme de se développer, tous les tiers qui le souhaitent pourront aussi construire des applications en tirant parti des outils marketing puissants de Facebook.

Il est évident qu'après l'ouverture d'Open Social, Facebook pouvait difficilement faire autrement que de s'ouvrir à son tour !

Une logique immédiatement adoptée par Bebo :
Grâce à l'implémentation des standards ouverts de Facebook par Bebo, les développeurs peuvent toucher une audience plus large, ce qui signifie davantage d'applications, et au final un plus grand bénéfice pour les utilisateurs de Bebo ET de Facebook.

"With Bebo's implementation of Facebook's open standards, developers can expand their reach, which will lead to even more application development, and ultimately benefit both Bebo users and Facebook users," (Adam D'Angelo, chief technology officer, Facebook).
La liste des partenaires associés à l'initiative de Bebo est longue :

Atomic Moguls, Astrology.com, Bantr, Befunky, Blurb, Bunchball, BunnyHero Labs, CBS, Chainn, Inc., Fashmatch, Flixster, Gaia Online, Gap, Inc., Goodreads, iLike, Jangl, Kadoink, Last.fm, MesmoTV, National Basketball Association (NBA), NBC Universal, Ooga Labs, Pickspal, Pocketbook, PokerSavvy, Presidio Media, Qloud, RockYou, Slide, Social Media, Wallop, Webs.com, WidgetBox, Where I've Been, Yahoo! (qui a également de nombreuses extensions intéressantes), Youweb, YouthNoise...

Nous avons donc deux principaux blocs qui s'affrontent dans la "guerre" pour la suprématie des réseaux sociaux, Facebook d'un côté, Google de l'autre (et le reste au milieu et à la périphérie...) :


Comme nous le signale Dave McClure en commentaire sur Flickr, il a intentionnellement laissé hors du graphique Yahoo, Microsoft, eBay, Amazon & AOL ... jusqu'à ce qu'ils annoncent quelque chose, et a oublié SixApart, Wordpress & Plaxo, qu'il compte bien ajouter dans sa prochaine version vision de Social Graph Platform Wars...

Et moi j'y ajouterais Netvibes ! (voir ici...)

Ce même graphe social que Tim Berners-Lee vient de nommer Giant Global Graph, comme me le signale Alex en commentaire, concept que Francis Pisani rend par le Graphe Global Géant ou la granularité connectée...

En attendant, cette invasion des plateformes sociales (également au sens de Social OS...) dans nos présences Internet va considérablement bouleverser la donne, tant pour les internautes que pour les entreprises. D'ailleurs il est déjà question de portabilité entre les réseaux sociaux et de droits des utilisateurs de ces mêmes réseaux. [Début]

* * *

Car pour faire un parallèle, la progression indiscutable du Web 1.0 vers le Web 2.0 s'accompagne de l'évolution inéluctable d'une présence individuelle (particulier ou entreprise) vers une présence "sociale". Finie la théorie du nœud papillon, avec des îlots épars et déconnectés du cœur du réseau, sans liens et sans circulation : « à présent les hyperliens ne sont plus des liens entre les sites mais des liens liaisons (hyperliaisons ?) entre les personnes, via les réseaux sociaux... » (cf. Brian Breslin et Alex de Carvalho).

J'entends donc par "social" une espèce de mash-up des différents outils et moyens de construire son positionnement et sa visibilité sur Internet, où chacun prendra ce qui lui sert au mieux de ses désirs et intérêts pour élaborer sa propre "interface sociale" :


Via Netviber. Et encore, les choses ne sont-elles pas figées, tout ça va aller en se complexifiant, pour que chacun/e remette de la simplicité là-dedans, ce ne sera pas une mince affaire !

L'époque où on pouvait affirmer "mon réseau social, c'est mon blog" est déjà révolue (certains pensent le contraire), désormais ce sera "mon réseau social, c'est Internet"...

Et mon interface sociale pour gérer ça, l'éventail des ingrédients que je choisirai comme composantes de ma présence sur Internet. Qui ne seront plus trois mais une myriade, en fonction des goûts et intérêts de chacun/e.

Avec pour corollaire que ce qui vaut pour l'individu est a fortiori encore plus vrai pour l'entreprise... Dont la présence ne pourra plus se limiter à un simple site, aussi sophistiqué soit-il, mais devra être multiforme, polyvalente et participative pour faire sens : sens = sémantique = Web 3.0...

Ce sera mon clin d'œil conclusif. ;-) [Début]


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jeudi 3 août 2006

Les trois composantes de notre présence sur Internet : le sens, le contenant, le contenu


(dernier billet avant de prendre quelques jours de vacances, un peu de lecture pour donner à réfléchir... Les commentaires de Blogger seront fermés les jours à venir, les commentaires Haloscan restent ouverts. Bon mois d'août à celles et ceux qui me lisent, et aux autres aussi :-)

Pourquoi ?, Comment ?

1. Pourquoi ? - Le sens de ma présence sur Internet

2. Comment ?
I - Le contenant, ou l’aspect technique de ma présence sur Internet

3. Comment ?
II - Le contenu, ou la qualité de ma présence sur Internet
(Identité numérique + Gestion de la réputation)


* * *

Pourquoi ?, Comment ?

Hic et nunc, à moins d’être asocial, la question n'est plus « Être ou ne pas être sur Internet ? » : si vous me lisez, vous y êtes déjà :-)

En ce début de troisième millénaire, l'Internet est devenu l'Agora planétaire numérique, « à la fois forme et esprit », « généralement située à un carrefour important du réseau urbain, [qui] matérialise remarquablement la notion de cité », « place primitive (…), point de rencontre politique, religieux, commercial parfois, et aussi topographique, en liaison étroite avec les grands axes de circulation du groupement, quelle qu'en soit la disposition. »
Source : Encyclopædia Universalis

Pour tirer les leçons du passé, s’il est maintenant évident que l'imprimerie est apparue à une époque où l'humanité en avait grand besoin, cinq siècles plus tard il est tout aussi manifeste que le réseau des réseaux a vocation à jouer un rôle identique.

Pourtant, à l'aune de l'histoire humaine, l'Internet public est un nouveau-né d’à peine deux décennies, puisque le premier nom de domaine en .COM n’a été enregistré que le 15 mars 1985, tout un symbole ! Il y a tout juste 10 ans, le peuple des internautes ne comptait que quelques millions de précurseurs, alors qu’on nous en prédit entre 1,75 et 2,2 milliards pour 2010, et encore, c’est sans compter le peuple des téléphonautes (qui dépassera probablement celui des ordinautes), des télénautes, des domonautes, etc., tous ayant désormais accès à Internet depuis le téléphone, la télévision, le frigo ou la machine à laver… Même la ménagère faisant ses courses pourra se « loguer » avec son portable pour examiner la traçabilité du poulet qu’elle achète. À une époque de grippe aviaire potentielle, la chose n’est pas négligeable !

Mais dès l'instant où vous vous connectez au village global (en dépit de l’expression si galvaudée), espace réel plus que virtuel où chacune / chacun peut faire entendre sa voix, faire valoir son opinion et se faire écouter (sauf crier dans le désert…), vous devenez personnage public sur la grand place de marché mondiale, exposé bon gré mal gré au regard des autres, à leur appréciation, leur jugement, leur critique, voire leur vindicte…

Avant on pouvait dire « Les mots s’envolent, les écrits restent », alors qu’Internet en garde durablement trace et n'efface ni les uns ni les autres. Ce qui a des implications fortes pour tout un chacun, puisque, en clair, ce que vous dites aujourd'hui sur le Web pourra être repris demain (voire après-demain), pour ou contre vous, d'où la nécessité d'être conscient, lorsqu'on s'exprime, du poids et de la portée de ses paroles, afin de pouvoir les assumer, les argumenter, ou mieux, les revendiquer le moment venu.

Aujourd'hui, la vraie question, spéculaire, est plutôt « pourquoi et comment être sur Internet ? » : « pourquoi » renvoyant au sens de ma présence, « comment » évoquant autant le contenant (volet technique) que le contenu (volet qualité) de ma présence.

Des questions auxquelles chaque internaute doit apporter ses propres réponses, en aucun cas figées, mais dynamiques, adaptatives, évolutives. Quant à moi, j'ai déjà tenté de réunir quelques premiers éléménts de réponse ici. [Début]

* * *

Pourquoi ? - Le sens de ma présence sur Internet

Lorsqu’un individu ou une entreprise a un service/produit à vendre, la réponse à la question « pourquoi » s'impose d'emblée : pour vendre. À la limite pour « se vendre », un concept naturel chez les anglo-saxons qui garde de fortes connotations négatives chez nous, ce qu’il serait peut-être temps de dépasser ! Me vendre ne signifie pas me prostituer, mais vendre mon employabilité, mon savoir-faire, mes services, mes compétences, etc., de (télé)travailleur de la connaissance ou de l’information, d’agent économique en mesure, grâce à Internet, de contribuer au commerce mondial. Mes propos vous semblent-ils exagérés ? Pourtant, lorsque je vends mes traductions en Australie à un client que je n’ai jamais vu, n’est-ce pas là participer aux flux marchands qui sillonnent la planète à la vitesse de la lumière (ou peu s’en faut), depuis les formes élémentaires de troc jusqu’aux échanges Swift ?

Pour le travail d'un côté, certes, et de l'autre pour communiquer, me présenter, gagner en visibilité, dialoguer, apprendre, lire, m’informer, me former, commenter, participer, etc.

Enfin, last but not least :
  1. consommer, de la connaissance et de l'information (internaute = informationaute) d'une part, des produits et services de l'autre (consommateur interactif / proactif / réactif = consommacteur) ;
  2. produire, de la connaissance et de l'information, voire des produits ou services !
[Début]
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Comment ? - Contenant / Contenu

I - Le contenant, ou l’aspect technique de ma présence sur Internet

N.B. Les geeks pourront sauter cette section, délibérément écrite de façon simple pour alimenter la réflexion, et passer directement au point suivant.

Concernant la technique, sujet central et infini sur Internet, je préfère emprunter mes mots au prospectus rédigé en termes immédiatement compréhensibles par Go Daddy pour son introduction en bourse, et vous donner une libre traduction du chapitre Customer Challenges :
Les enjeux et les défis d'une présence Internet

La nature dynamique de l'Internet – notamment avec la prolifération du contenu, l'e-commerce, les applications en ligne –, et l'évolution permanente des technologies sous-jacentes, soulèvent de nombreux défis que les individus et les entreprises doivent relever pour mettre en place, maintenir et faire évoluer une présence en ligne. Signalons en particulier les nécessités suivantes :

Mettre en ligne une présence Web significative

Les individus/entreprises doivent identifier, acheter et enregistrer un nom de domaine, puis concevoir et réaliser un site Web incorporant les technologies et fonctionnalités selon leurs exigences. Or nombre d'individus et de micro-entreprises n'ayant pas les compétences techniques nécessaires, il est fréquent que ça leur prenne du temps et leur coûte de l'argent pour mener à bien ce processus. Du temps car ils vont souvent consulter de nombreuses ressources en ligne ou hors ligne, et de l'argent pour faire appel aux services de consultants externes. En outre, la multiplicité des logiciels et des fournisseurs de services ajoute souvent à cette complexité et augmente les problématiques et les risques au niveau de l'intégration d'applications diverses et de leur interopérabilité.

Maintenir et faire évoluer une présence en ligne

Une fois votre site Web créé, la première décision à prendre est de choisir l'opportunité d'avoir son propre serveur Web ou de faire appel à un hébergeur tiers. Au fil du temps, vous voudrez probablement aussi intégrer de nouvelles fonctionnalités pour suivre le pas de vos besoins, une évolutivité qui peut se traduire par des applications d'e-commerce, des outils de productivité, des fonctions marketing incorporées au site, la mise en place d'un blog, d'un podcast, d'un forum, etc.
Dans cette course continuelle à l'innovation et aux nouveaux services, il est indispensable de se tenir à jour et d'adapter les performances de son site (ou de son serveur), notamment pour stocker des volumes de contenu qui s'accroît à un taux exponentiel.

Assurer la disponibilité et la sécurité de son site

Parmi les risques permanents : lenteur d'exécution et de chargement du site, interruptions ou arrêt du réseau, etc. Risques connexes : manque à gagner, clients mécontents, image et réputation de l'individu/entreprise écornées, pertes de contenu, hausse des coûts, multiplication des inconvénients. Sans oublier les problèmes de protection du site contre fraudes et menaces en tous genres, de plus en plus sophistiquées...
Donc pour y faire face, la protection d'un site Web exige souvent l'utilisation d'une variété de solutions ou de fournisseurs, qui vont générer des coûts importants, outre les défis techniques et de mise à niveau.

SAV

Autant de raisons pour lesquelles il faut pouvoir compter sur un support technique fiable, sur l’avis d’experts en mesure de vous conseiller et vous aider à résoudre vos problèmes.
Puisque désormais les sites sont “always on”, branchés en continu, et qu'un problème quelconque peut survenir à n'importe quel moment, beaucoup de clients veulent pouvoir contacter et consulter les services d'assistance technique 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, que ce soit par téléphone, par courriel ou par Internet.
[Début]
* * *

II - Le contenu, ou la qualité de ma présence sur Internet

Même si l’aspect qualitatif est souvent et efficacement supporté par l’aspect technique, à mon sens la qualité regroupe deux secteurs émergents de notre présence sur Internet :

1. L’identité numérique
2. La gestion de la réputation


Qui sont les éléments clés de votre notoriété, et dont l'influence va croissant.

Concernant le point 1., au-delà de la transmission des données, de ce qu’on dit et ce qu’on fait, de la protection des données et du respect de la vie privée, il faut bien reconnaître que la confidentialité est un vœu pieu sur Internet (selon moi pseudonymat et/ou anonymat, indépendamment des bonnes raisons de qui les utilise, ne tiendront jamais sur le long terme), d'où l'obligation de prévenir plutôt que guérir, de prendre en charge sa propre identité numérique plutôt que de risquer des désagréments par la suite.

En fin de compte, mon identité numérique n'est autre qu'une extension de mon identité tout court. Ce que je suis, ce que dis/écris, ce que je fais, tout cela relevant de ma responsabilité, mon libre-arbitre, ma crédibilité. Sur Internet (monde virtuel de plus en plus réel) comme dans la vie réelle (de plus en plus virtuelle).

[ Définition d'identité selon le Robert historique de la langue française : vient du bas latin identitas « qualité de ce qui est le même », dérivé du latin classique idem, comme identificare (identifier) et identicus (identique), pour traduire le grec tautotês (tautologie). Identité signifie d'abord (début XIVe siècle) « caractère de deux objets de pensée identiques ». Le mot est repris au XVIIIe siècle pour désigner le caractère de ce qui est permanent ... (identité personnelle). En droit et dans l'usage courant (1801), désigne le fait, pour une personne, d'être un individu donné et de pouvoir être reconnu pour tel. (...) De son sens en droit, viennent les syntagmes usuels plaque d'identité (1881), pièce d'identité, carte d'identité (1931), photo d'identité et, par métonymie, identité judiciaire (XXe siècle). ]

Et désormais, ajouterais-je, identité numérique (XXIe siècle). CQFD !

Identité numérique qui prend de plus en plus d'importance au fil des jours et qu'il va falloir gérer, ce qu'on appelle désormais (point 2.) : la gestion de la réputation, prolongement naturel de la gestion de marque pour les entreprises, reputation management pour les anglophiles, qui devient également un enjeu technique, notamment avec des programmes d'anti-plagiat qui fleurissent un peu partout (compilatio, pour en citer un), un nouveau concept que nous allons devoir apprendre à apprivoiser. Mais si vous êtes d'accord, les approfondissements connexes feront l'objet d'un billet à venir, je crois que ça suffit pour aujourd'hui :-) [Début]



P.S. La réputation n'est pas l'apanage des particuliers, et peut parfois pousser les concurrents les plus acharnés à passer des alliances insoupçonnées : c'est le cas de Google, Yahoo! et Microsoft, qui viennent de s'allier aux côtés d'Ask.com, LookSmart et d'autres avec l'Interactive Advertising Bureau (IAB) et le Media Rating Council pour former le Click Measurement Working Group. Le but étant de rédiger des lignes directrices conjointes pour combattre la fraude au clic. La première étape consistera à définir ce qu'est un clic... [Début]

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