mercredi 10 mai 2006

Pour une nouvelle pratique contrastive de la traduction technique professionnelle

La quadrature du triangle

Derrière cette formulation aux résonances un peu barbares se cache le titre d'un discours prononcé lors du Colloque « Traduction et francophonie(s) ; traduire en francophonie », organisé dans le cadre des « Formations en traduction et métiers connexes », proposées à l'automne 2003 par l'université de Rennes 2, sous la direction de M. Daniel Gouadec, le Monsieur Traduction de l'Université française.

Pour celles et ceux que ça intéresse, la prochaine session d'automne se tiendra les 22 et 23 septembre 2006, sous le titre « Quelle qualification universitaire pour les traducteurs ? »

L'envie m'est venue de le dépoussiérer un peu, car en traduction professionnelle « Plus ça change et plus c'est pareil ! », pour reprendre un vieil adage.

En attendant de revisiter mon intervention pour une mise en ligne réactualisée sur emantics, je me contenterai de vous livrer la partie finale. Si quelqu'un est intéressé par l'intégralité (16 pages pleines au format A4), elle est encore téléchargeable sous le titre : « Pour une nouvelle pratique contrastive de la traduction professionnelle ».

CONCLUSION

Il y a plus de 15 ans, dans « La traduction, le traducteur et l'entreprise » (AFNOR, collection AFNOR GESTION, Paris 1990, PDF), M. Gouadec écrivait ceci :
L’une des évolutions à court terme pourrait donc porter sur l’assimilation de la « traduction » à une rédaction dans laquelle le document initial servirait uniquement de référence ou source d’informations qui, analysées et synthétisées par le traducteur, seraient ensuite reformulées ou réexprimées selon les contraintes posées par le public, le type de document, et les utilisations voulues ou prévues du document.

Pareille évolution inciterait sans doute à ressusciter, dans la mesure du possible, la rédaction conjointe ou parallèle dans laquelle des auteurs produiraient, par exemple, des documentations parallèles de même type (mode d’emploi, notice, etc.) en les adaptant chacun à son public « national » spécifique.

L’évolution qui se dessine en ce sens mérite réflexion de la part des traducteurs, mais aussi de la part des donneurs d’ouvrage qui y trouveraient peut-être une meilleure adaptation fonctionnelle des documents à leurs multiples destinations.

La meilleure façon de traduire est peut-être bien de rédiger d’abord et même de rédiger seulement.
Des propos d'une grande actualité, qui n'ont pas pris une ride et amènent implicitement le concept d'écriture Web (avec en corollaire la notion de Webscripteur...).

Malheureusement, à la lumière des faits, force est d’observer qu’on n’en prend pas le chemin !

Or c’est probablement LA RÉPONSE qu’attendent des centaines de milliers de PME/PMI partout dans le monde qui auront (auraient déjà) besoin que leurs sites soient localisés dans les principales langues commerciales. Et je ne parle pas ici de localisations portant sur des milliers de pages, mais sur des quantités plus modestes, quoique significatives, à la portée d’artisans-traducteurs individuels ou maillés en réseaux modulables et de qualité, beaucoup plus flexibles et abordables que des organisations mastodontes.

Le marché à conquérir est immense, inépuisable serais-je tenté de dire.

Toutefois, cela ne sera possible sans qu’il y ait au préalable sensibilisation et prise de conscience, au moins à trois niveaux :

I. Au niveau des clients

Il faudrait finalement qu’ils comprennent ce qu’est un traducteur, et ce qu’est une traduction ! Qu’ils comprennent par exemple que toute traduction qui sort de leur entreprise fait partie intégrante - au même titre que leurs rapports annuels ou autres - de leur communication institutionnelle, et, en tant que telle, qu’elle doit être soignée avec une attention particulière et planifiée avec suffisamment d’avance. Idem pour leurs sites Internet.

Qu’ils comprennent en outre qu’une bonne traduction - comme tout produit, ou, si l’on préfère, comme tout produit-objet fortement vecteur d’image - est porteuse d’une valeur ajoutée importante, immatérielle et symbolique, dont le prix dépasse largement la simple fonctionnalité. Qu’ils comprennent encore qu’ils ont intérêt à faire de leurs traducteurs des consultants/collaborateurs de confiance, au même titre que leurs juristes ou leurs comptables, et qu’ils apprennent à chercher et repérer les bons traducteurs et/ou bureaux de traduction.

Mais, pour ça, faudrait-il aussi que quelqu’un le leur explique. Or, en l’état actuel des choses, je vois difficilement les bureaux de traduction tenir ce rôle puisque, pour la plupart, ils sont trop à la botte des bons vouloirs de leur donneurs d’ordres (stricto sensu…), sous le fallacieux prétexte que le client est roi et qu’il peut demander n’importe quoi pourvu qu’il paye. Ou alors il faudrait vraiment qu’il paie très cher, et encore, à l’impossible nul n’est tenu !

C’est donc aux traducteurs, indépendants ou salariés du privé et du public, qu’il incombe de faire œuvre de pédagogie, patiemment et constamment : patience et longueur de temps finiront bien par porter leurs fruits…

II. Au niveau des bureaux de traduction

Au lieu de brader à tout-va, il faudrait finalement qu’ils comprennent qu’ils auraient tout intérêt à ménager la chèvre et le chou, comprenez le client et le traducteur, plutôt que de toujours répercuter sur celui-ci les lubies de celui-là. De plus, en tant qu’interface entre les deux, ils occupent une position stratégique pour encourager collaboration et dialogue à tous les niveaux.

Ils sont d’ailleurs moins excusables que les clients car, à la différence de ces derniers, eux devraient au moins savoir ce que signifie « être traducteurs » et, partant, ne pas exiger n’importe quoi, en dépit du bons sens dans la plupart des cas. Qu’ils comprennent donc que les traducteurs ne sont pas corvéables à merci, et que la fidélisation des (bons) clients passe avant tout par la fidélisation des (bons) traducteurs, ce qui signifie créer des liens humains d’un bout à l’autre de la chaîne, fondamentalement basés sur le respect des uns et des autres, et du travail des uns et des autres.

III. Au niveau des traducteurs

À chacun(e) revient la responsabilité de prendre en main son avenir professionnel, même s’il faudrait vraisemblablement repenser - voire réinventer - la (les) fonction(s) du traducteur.

Pour autant, les traducteurs ne sauraient être les seuls acteurs d’une telle remise à plat, puisque les parties prenantes sont aussi bien les pouvoirs publics que les clients, les universités et les instances formatives que les grandes organisations internationales, les bureaux de traduction que les traducteurs eux-mêmes.

En attendant, il y a du pain sur la planche :

♦ revoir la largeur et la profondeur de leur métier en étoffant leurs compétences : traducteurs d’abord, certes, mais aussi adaptateurs / rédacteurs techniques / auditeurs linguistiques / médiateurs culturels, etc. ;
♦ étendre et qualifier davantage leurs offres de services, notamment sur Internet, où leur présence est désormais incontournable et où une coopération serait la bienvenue avec d’autres figures professionnelles consolidées : concepteurs de sites, infographistes, référenceurs, publicitaires, etc. ;
♦ travailler sur la « relation-client » et la fidélisation de leur clientèle, directe ou bureaux de traduction - quand bien même il s’agit d’un concept extrêmement évanescent (…) -, avec une double orientation :
* garantir la qualité dans le cadre d’un rapport qualité / prix satisfaisant,
* fournir autant que possible conseil, disponibilité, professionnalisme et sympathie (ce qui ne gâche rien), autant de signes émis vers leurs interlocuteurs ;
♦ bâtir un véritable parcours-client autour du produit-traduction, ce qui signifie expliquer et expliquer encore ;
♦ assurer une veille constante pour ne jamais perdre de vue les évolutions technologiques et les tendances du marché.

Voilà.

Le marché est immense, inépuisable disions-nous, et il ne demande qu’à être conquis.
Le chemin est tracé, les pistes sont balisées, il n’y a plus qu’à les suivre… [Début]



P.S. Dans cette même intervention, j'expliquais et dénonçais l'impossible exigence, qui finit toujours par retomber sur le dos des traducteurs, consistant concrètement (et vainement) à leur demander de réaliser la quadrature du triangle !

Imaginez un triangle équilatéral avec aux trois côtés les légendes - DÉLAIS - COÛTS - QUALITÉ - et au centre le terme RESSOURCES :


- où la « ressource Traducteur » (seule composante « humaine » des ressources, matérielles, logicielles, etc.) est broyée dans l’engrenage irréalisable de faire cadrer des nécessités incompatibles, liées à la triple exigence des coûts, des délais et de la qualité (cités par ordre d’importance selon les clients)
- où les délais de remise de la traduction (c’est pour hier, comme on dit en italien) sont inversement proportionnels aux délais de paiement (à la fronde, et le plus tard possible)
- où le niveau des prix reconnus au traducteur (tarifs plus bas possibles) est inversement proportionnel au niveau de qualité requis (toujours être ultra-spécialisé et omni-polyvalent) (la « multicompétence » selon Gouadec).

En anglais, voici ce que ça donne (PDF, 3,2 Mo - p. 10) :


Mais ce n'est pas pour autant que les choses s'améliorent avec la localisation (qu'en son temps Gouadec avait justement qualifiée de « naturalisation »), au contraire, puisqu'elles auraient plutôt tendance à régresser !

On voit d'ailleurs fort bien le déplacement des pôles d'attraction pour les clients au fil des décennies, puisque de l'accent essentiellement mis sur la Qualité dans les années 80, l'intérêt s'est reporté sur les Temps de livraison dans les années 90, pour passer au facteur Coûts de nos jours.


En fait, dans cette impossible équation de la quadrature du triangle, le concept est très simple : entre DÉLAIS, COÛTS et QUALITÉ, prenez-en deux et oubliez le troisième…

Foi de traducteur !
[Début]

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mardi 9 mai 2006

Microsoft, téléphonie mobile et autres technologies du futur...

Microsoft, téléphonie mobile et autres technologies du futur...

(Une parenthèse pour commencer ce 75ème billet : Blogger a été totalement indisponible une bonne partie de l’après-midi, impossible d’y accéder. Pour reprendre les mots d’Olivier Andrieu, une situation vraiment proche du catastrophique…)

Ceci étant, s'il est volontiers question des Google labs ces temps-ci, on oublie bien souvent que la puissance de Microsoft réside également dans sa formidable capacité d’innover. Je concluais mon billet d’hier sur Google et son prochain milliard d'utilisateurs - téléphonautes en rapportant la tenue de la conférence annuelle de Microsoft dédiée aux développeurs de dispositifs mobiles et embarqués, MEDC 2006, ou Mobile & Embedded Developer Conference, et en mentionnant SenseWeb...

Voyons un peu de quoi il s'agit, entre autres. Il y a très exactement une semaine, le 2 mai, le laboratoire de Recherche de Microsoft , qui fête ses 15 ans cette année, organisait une rencontre intitulée « 2006 Silicon Valley Road Show », au cours de laquelle plusieurs présentations donnaient un « aperçu des technologies du futur », pour la téléphonie mobile mais pas seulement…

La richesse et la complexité de ce qui suit ne m’autorise guère plus que quelques brèves explications (quant à la traduction des différents points, à laquelle je dois surseoir par manque de temps, j’aurai très probablement l’occasion d’y revenir). Je laisse donc l’exhaustivité aux scientifiques, en ne retenant du programme que les neuf innovations suivantes, qui devraient être disponibles aux utilisateurs d’ici 5 à 10 ans (The company said it aims to develop ideas that can make their way into the hands of consumers in about five to 10 years - Red Herring dixit), 7 inhérentes à la téléphonie mobile, de près ou de loin, plus 2 autres particulièrement intéressantes :
  1. Microsoft Research Academic Partner Projects in Gaming and Mobility
  2. Pinpoint: Location Services for Friends and Family
  3. SenseWeb: Browsing the Physical World in Real Time
  4. AURA: A Mobile Platform for Object and Location Annotation
  5. Nocturnal: Messenger-Based Information Sharing
  6. Shortstop: Information on the Fly
  7. The Wild Thing Goes Mobile
En français :
  1. Projets de partenariats sur les jeux et la mobilité, entre les laboratoires de recherche de Microsoft et le monde universitaire
  2. Pinpoint : services de localisation de proximité (plus spécialement dédiés à la famille et aux amis)
  3. SenseWeb : parcourir le monde physique en temps réel
  4. AURA : plate-forme mobile d’annotation d’objets et de localisation
  5. Nocturnal : partage automatisé des informations entre usagers de Messenger
  6. Shortstop : les infos à la volée
  7. Utilisation des caractères génériques (jokers) sur les mobiles
Succinctement, quelques détails :

1. Projets de partenariats sur les jeux et la mobilité, entre les laboratoires de recherche de Microsoft et le monde universitaire

C'est la seule présentation sur laquelle je n'ai pas réussi à trouver davantage d'informations, mais il est clair que Microsoft va en quête de jeunes diplômés universitaires talentueux et de partenariats avec les universités en vue de développements dans l'industrie des jeux et dans l'intégration des produits portables spécifiques avec les dispositifs et plate-formes mobiles.

2. Pinpoint : services de localisation de proximité (plus spécialement dédiés à la famille et aux amis)

Dispositif d'alerte sur mobile pour vous avertir si un ami est proche de là où vous vous trouvez, s'il y a des embouteillages, etc.


Fonctionne en couplage avec Virtual Earth, selon quatre critères de localisation : soit vous dites à l'appareil où vous êtes, soit par GPS Bluetooth, soit par triangulation Wi-Fi ou de type tour cellulaire.

3. SenseWeb : parcourir le monde physique en temps réel

Pour en savoir plus, voir ce document en anglais, ainsi que ce billet de Christian Jegourel mentionnant ce service en temps réel de Microsot, « qui permettra aux Internautes depuis tout terminal d’accéder aux informations de cartographie associées aux informations locales : restaurants, trafic routier, météo, prix de l’essence »…

4. AURA : plate-forme mobile d’annotation d’objets et de localisation

Documentation en anglais. Il s'agit d'un système permettant d'associer du contenu en ligne à des objets physiques : avec votre mobile doté d'une caméra numérique et d'une lecture laser, vous scannez le code-barres d'un produit, le code ISBN d'un livre ou autre, puis vous transmettez les données à un portail centralisé de services Web qui vous retourne un complément d'informations (les données de traçabilité d'une pièce de bœuf à l'étal, par exemple). Impact assuré pour le commerce de détail, et pas seulement !


5. Nocturnal : partage automatisé des informations entre usagers de Messenger

Prototype destiné à tirer parti des potentialités des réseaux sociaux, très en vogue en ce moment et probablement destinés à l'être toujours plus.

6. Shortstop : les infos à la volée

Technologie d'alerte sur mobile destinée à informer, par exemple sur les conditions de circulation pour rouler en toute sécurité (mobile-alerting technology for balancing information awareness and safety, such as receiving notifications while driving).

7. Utilisation des caractères génériques (jokers) sur les mobiles

Système permettant de simplifier la recherche sur les mobiles et appareils sans fil en entrant des caractères génériques : lors de la réunion, un ingénieur faisant la démonstration a pu localiser des sites Web sur les films d'Arnold Schwarzenegger juste en saisissant "ar s*w m" comme critères de recherche (An engineer located Web sites about Arnold Schwarzenegger movies by typing in "ar s*w m." - Kristen Kennedy, Microsoft Research showcases future technology).

* * *

Pour terminer ce bref passage en revue, deux autres technologies dont on entendra sûrement parler :

Imaging Technologies for Virtual Earth (Technologies d’imagerie pour une planète virtuelle) :
Microsoft’s Virtual Earth team is creating a state-of-the-art online presence for visually investigating many aspects of our world, ranging from maps to views of cities and mountain ranges. Recent events such as Hurricane Katrina are being documented and presented online. Microsoft Research is helping in a number of ways to develop new modalities for capturing and viewing what our world looks like from many vantage points. These include oblique views assembled from photographs from airplanes crisscrossing the globe, to interactive panoramic views from trucks driving the streets. In this demo, we will show a number of ways in which we are able to assemble new imagery, and we will provide new modalities for viewing it.
The Scalable Hyperlink Store (Référentiel scalable d’hyperliens) :
The Scalable Hyperlink Store is a specialized database for storing the graph induced by web pages and hyperlinks between them. It is designed to be highly scalable (i.e. capable of holding the entire graph induced by the MSN Search corpus) and to allow microsecond-range access to nodes and edges in that graph. Performance is achieved by maintaining a highly compressed representation of the graph in memory, while scalability is achieved by distributing the graph over a cluster of machines.
Et pour couronner le tout, voici un extrait assez impressionnant de la liste des brevets attribués à Microsoft, uniquement au début de ce mois : Impressionnant, je vous dis ! Isn't it ?

Voilà. À noter enfin qu’une version française de ces rencontres aura lieu à Paris début juin, dont Olivier Duffez s’est déjà fait l’écho aujourd’hui même.



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lundi 8 mai 2006

Téléphonie mobile : le prochain milliard d'utilisateurs de Google


À l'heure de la prochaine guerre sur le point de chambouler nos vies numériques, celle de la téléphonie mobile, je voudrais revenir sur la diapositive n° 16 de la fameuse présentation de Google aux analystes, passée un peu trop inaperçue, et sur laquelle on n'insiste pas assez.


Dans ce but et pour mieux l'analyser, notamment à la lumière des nombreux signes indiquant que la firme de Mountain View poursuit avec constance sa mise en œuvre effective, rien de tel que de la replacer dans le cadre de la stratégie globale de Google, qui l'inscrit parmi ses priorités sous le volet Build the Biggest Footprint :


Numéro cinq des sept domaines stratégiques identifiés par Google :
  1. Être leader dans la recherche...
  2. Offrir un système publicitaire plus exhaustif...
  3. Résoudre les besoins et les souhaits des utilisateurs au-delà de la recherche...
  4. Bâtir le top des infrastructures matérielles & logicielles...
  5. Étendre le plus possible notre sphère d'influence
  6. Optimiser au maximum les opportunités énormes qui s'offrent à nous...
  7. Nous positionner comme maître à penser, dans l’industrie et pas seulement...
Or étendre sa sphère d'influence est une évolution naturelle, parfaitement cohérente avec la mission proclamée par Google, pour qui il s'agit de capter toute l’information du monde (et pas seulement une partie), information qui est loin de concerner exclusivement l'Internet : téléphonie, presse, radio, télévision, cinéma, vidéo sur Internet, etc., les nouvelles opportunités à saisir sont nombreuses (point 6 ci-dessus)...

Les commentaires d'Eric Schmidt qui accompagnent la diapositive, titrés More details on mobile devices and the global market, nous apportent d'ailleurs des précisions éclairantes, en donnant des mots et des chiffres qui valent leur pesant d'or ! Plusieurs éléments importants se dégagent :

Davantage de détails sur les plateformes mobiles et le marché global
  1. Dans ce contexte (capter toute l'information du monde), les plateformes mobiles jouent un rôle crucial ;
  2. l’Inde, la Chine et l’Amérique Latine occupent un rang de choix dans les préoccupations de Google, un positionnement stratégique parfaitement corroboré par ce qui se passe en Chine ;
  3. la pénétration des plateformes et dispositifs mobiles dépasse de loin celle des ordinateurs de bureau et portables (bassin d'utilisateur évalué à 1 milliard de téléphonautes, donnée à mettre en rapport avec les quasi-700 millions d'internautes - et moi, et moi, et moi... - estimés par ComScore au mois de mars 2006) ;
  4. 4 milliards de terriens n’ont jamais fait un appel téléphonique = 4 milliards d'utilisateurs potentiels supplémentaires (dont 79% qui sont hors des États-Unis et 67% qui ne parlent pas l’anglais, ou peu) ;
  5. d’où le double impératif de fournir des plateformes et dispositifs polyvalents, et de localiser nos produits pour les rendre disponibles et pertinents à tous ceux qui parlent d’autres langues que l’anglais ou qui n’ont pas encore l’accès à l’informatique.
Ce qui précède explique par conséquent bon nombre d'annonces faites par Google (et les autres...) ces dernières semaines, voire ces derniers mois :
Il suffit maintenant de faire 1 + 1 + 1 +...
  1. avec la mise en place de réseaux Wi-Fi à grande échelle, Google acquiert la maîtrise d'un pan crucial de la technologie mobile ;
  2. avec la reconnaissance vocale, Google numérise votre voix pour la transformer en requête intelligible au moteur ;
  3. avec la traduction automatique, le cas échéant Google traduit votre requête dans la langue pertinente pour mieux cibler ses AdWords / AdSense...
  4. et avec la toute récente géolocalisation pour les mobiles,

pour que ça nous donne une idée de ce qu'est ... Google en 3D : largeur, hauteur et profondeur !

L'enjeu étant l'intégration informatique - téléphonie - Internet, ce que confirme la concurrence, dans l'interview accordée aujourd'hui à John Battelle par Ray Ozzie :
J.B. : - What does Windows look like in five to 10 years? Are we going to lose folders, icons, and mice?
R.O. : - The question is, What do we want to do with the fusion of our mobile devices, our PCs, and the Web itself? We're in the early stages of that. When I work with groups at Microsoft, I say that when you're envisioning the user environment, don't tell me what the next desktop is going to look like. Tell me how I'm going to use the desktop with my other devices tied together by the Web.
Traduction :
J.B. : - À quoi ressemblera Windows dans 5 ou 10 ans ? Aurons-nous encore les dossiers, les icônes, la souris ?
R.O. : - La vraie question, c'est : que voulons-nous faire avec l'intégration entre plateformes mobiles, PC et le Web ? Nous n'en sommes qu'au début de notre réflexion. Chez Microsoft, lorsque j'anime un groupe de travail, je leur dis : lorsque vous pensez à l'environnement utilisateur, ne me dites pas à quoi ressemblera l'ordinateur de bureau nouvelle version. Dites-moi plutôt comment j'utiliserai l'informatique de bureau en couplage avec mes autres dispositifs et avec le Web en trait d'union.
Ceci explique cela, voilà pourquoi dans un autre article à peine publié, le Wall Street Journal nous annonce que la recherche sur les mobiles est la prochaine conquête technologique qui va secouer les principaux acteurs planétaires (nommément Google, Yahoo et Microsoft) : The Next Tech Battle: Internet Searches on Cellphones

Oui, la téléphonie, une nouvelle bataille mondiale, une de plus...



P.S. J'allais oublier : à mon avis, les principaux opérateurs de téléphonie mobile vont suivre de près l'évolution des choses, il paraîtrait même que certains s'inquiètent déjà ! On peut même se demander si Auchan Telecom choisit bien son moment ?

Si vous avez 1 400 dollars à dépenser (ou à investir, c'est selon), vous pouvez toujours commander le rapport de visiongainintelligence.com, titré « Google in mobile and wireless: Analysing the impact and assessing the threat of the search giant’s market entry » (Google opérateur de téléphonie mobile et sans fil : analyser l'impact, évaluer la menace de l'arrivée sur ce marché du géant de la recherche). Cliquer sur l'image pour voir la table des matières :


Visiongainintelligence.com évalue par ailleurs le nombre d'abonnés mobiles à près de 3 milliards et demi de personnes à l'horizon 2011 :


Pendant ce temps, la concurrence : Yahoo a récemment passé un partenariat avec Helio, et Microsoft, fort bien positionné dans ce secteur depuis longtemps déjà, ouvre demain sa conférence annuelle dédiée aux développeurs de dispositifs mobiles et embarqués, MEDC 2006, ou Mobile & Embedded Developer Conference, peut-être une occasion d'en savoir plus sur SenseWeb (la suite ici)...

Pas étonnant tout ça, avec autant de futurs petits téléphonautes à choyer, bichonner, fidéliser !

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vendredi 5 mai 2006

La dernière nouveauté de Google : Microsoft !

La dernière nouveauté de Google : Microsoft !
(et Ask, peut-être bien aussi...)

Depuis que j'ai commencé à m'intéresser à Google, il y a très exactement deux mois !, de façon tout à fait fortuite, ce qui m'a le plus surpris c'est le buzz insensé qui retentit toujours et partout autour de cette société !
C'est du Google constamment et à toutes les sauces, je google, tu googles, il/elle google, nous googlons, vous googlez, ils/elles googlent en permanence, anytime anywhere... Des annonces tous les jours, des nouveaux produits presque tous les jours, Google occupe le devant de la scène 24/7/365.

Comme le notait Olivier Andrieu en début d'année dans un article intitulé avec justesse Google, l'antonomase du Web :
...Google a réussi un "coup" assez phénoménal depuis sa création (...) dans le sens où il a réussi à asseoir sa marque et à en faire un synonyme de "recherche sur le Web". "Googler" n'est-il pas devenu un verbe aux États-Unis ? Combien de personnes se posent-elles la question avant d'effectuer une investigation sur le Web au sujet du choix du moteur à utiliser ? On va sur Google, un point c'est tout...
J'observe au passage que le verbe a largement franchi les frontières des États-Unis ! Mais cette omniprésence n'est pas uniquement à mettre sur le compte du capital sympathie dont jouit Google auprès du peuple internaute des cinq continents.

De fait, Google n'est pas seulement passé maître dans l'art du bouche à oreille, la société poursuit aussi de façon extrêmement volontariste et intelligente l'objectif clé que se fixe toute entreprise et/ou toute marque ayant des visées planétaires : faire parler d'elle à tout moment, cultiver sa notoriété en tous lieux, assez souvent d'ailleurs en ne levant qu'un coin du voile pour piquer la curiosité des millions de gens qui se connectent chaque fois en se demandant : « Que va bien faire ou dire Google aujourd'hui ? », et qui s'empressent de le crier sur les toits (moi compris dans le lot), dès qu'ils croient tenir la bonne info, voire le scoop, on peut toujours rêver...

Le marketing viral n'est-il pas l'un des 7 principes marketing que met en avant Google sous cette jolie formule, ô combien efficace : « Let others speak for you » (Laissez les autres parler à votre place) ?


* * *

Donc, face à cette surexposition médiatique savamment organisée et subtilement orchestrée, jusqu'à présent il faut bien noter que Microsoft brillait autant par son absence que par son silence ! Cependant les choses bougent, et on dirait que le géant de Redmond a décidé de reprendre la main, fait le plus notable que je vois dans l'actualité de Google ces derniers temps : les annonces de Microsoft commencent à se succéder presque quotidiennement, notamment avec la verve et le verbe haut de Steve Ballmer.

Crédit : KEVIN P. CASEY / AP

Et quand Bill Gates veut se donner les moyens, il les a ! 2 milliards de dollars débloqués pour 2006 et 2007, dont 300 millions en CAPEX (capital expenditures = investissements corporels et incorporels, hors investissements financiers) :


À comparer avec les 500 millions de dollars provisionnés par Google pour 2006 (fin de la diapositive 3) :
Nous consacrons actuellement plus de 500 millions de $ en investissements corporels et incorporels (hors investissements financiers), et nous innovons dans des produits tels que la traduction automatique pour que les projets susmentionnés puissent se réaliser...
Pourtant, Microsoft était déjà sur Internet à une époque où Google était encore dans les limbes. Magie de ma bibliothèque professionnelle (plus de 10 000 livres pro, autant de magazines spécialisés, 5 ou 600 dictionnaires, j'ai perdu le compte, etc.), j'ai retrouvé ce livre publié en 1995, où Microsoft proclamait fièrement en page de couverture :


Find out how to get the most out of Windows 95's exciting new Internet tools (du genre : découvrez comment tirer le meilleur parti des nouveaux fabuleux outils Internet que Windows 95 met à votre disposition). Y a de quoi rêver...

Un peu plus de 10 ans ont passé, mais ça vaut son pesant d'or avec le recul ! Et je vous passe le détail de la centaine de pages dédiées à Internet, sur 8 chapitres S.V.P., dont le premier s'intitule fort prophétiquement : « The Tough Truth about Internet Searches » (La dure vérité sur les recherches Internet). Ça ne s'invente pas ! [Début]

* * *

Comme quoi même les visionnaires peuvent rater le train. Une leçon que feraient bien d'analyser Larry Page et Sergey Brin pour ne pas perdre de vue la concurrence qui monte, rapidement ou lentement, mais sûrement. Rapidement, c'est Microsoft ; lentement, ce pourrait bien être Ask, dont je mentionnais dans un précédent billet sur les signes qui entourent Google :
Il est probable qu'Ask deviendra le moteur de prédilection de tous les partenaires actuels de Google que la société de Moutain View est en train de s'aliéner au fur et à mesure qu'elle entre en concurrence directe avec eux. (traduction de propos tenus par Garrett French, qui voit Ask être le moteur gagnant au fur et à mesure que ces mêmes partenaires laisseront tomber Google : « I see Ask being a big winner in the search industry as Google dumpers seek new partners. »)

Une interface dépouillée comme aiment les internautes qui vont à l'essentiel (voir ma précédente analyse comparant les deux interfaces de Google et Exalead), au service des prévisions affichées sur le marché français (propos de Ludovic Lecomte, directeur d'Ask France, recueillis par le Journal du Net au début de l'année) :
Il s'agit de gagner rapidement plusieurs points de parts de marché. Disons que notre ambition est de nous installer dans le duo de tête des moteurs de recherche à long terme, d'ici trois ans.
À bon entendeur... Dans cette optique, la version française du moteur vient d'ailleurs de sortir son blog en partenariat avec Abondance (un splendide coup marketing, donc), un moyen qui a fait ses preuves et s'avère excellent pour rester près des exigences de ses utilisateurs, actuels et potentiels.

Enfin, un petit signe à méditer pour Google dans le billet d'Olivier Andrieu : « c'est la technologie Typepad qui a été retenue », à mettre en relation avec cette précédente déclaration d'O.A. :
Mais il y a pire encore lorsqu'on a réussi à s'inscrire à un service qu'on utilise au quotidien et qui génère de nombreux dysfonctionnements. C'est le cas de Blogger, outil racheté par Google début 2003 et que j'utilise pour le blog d'Abondance. La situation sur ce système est aujourd'hui proche du catastrophique : extrême lenteur, problèmes d'affichage de la console d'administration, erreurs dans la publication des posts, messages incompréhensibles lors du téléchargement d'images, etc. Le constat est hélas évident : Blogger aujourd'hui n'est pas (plus ?) un outil fiable, loin de là... Et j'avoue que jusqu'à maintenant, si je conseillais cette plate-forme, simple et conviviale, pour la création de blogs, mes conseils vont changer sans aucun doute possible...
Comme quoi il faut savoir parfois lire entre les lignes, mon cher Google... [Début]


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jeudi 4 mai 2006

Indice de popularité : quel est votre score ?

Les enjeux d’une stratégie de liens

Chapitre IV

Les trois étapes de la mise en œuvre d'une stratégie de liens : Première étape


Avertissement : ce billet continue la série Stratégie de liens, qui est la traduction française du rapport « Linking Matters ». Pour ceux qui préfèrent, voir le chapitre original ; à noter qu'il peut y avoir quelques différences entre la version anglaise HTML, légèrement réaménagée par son auteur pour la mise en ligne, et la présente version française, qui traduit l'intégralité du rapport au format PDF.

IV. Indice de popularité : quel est votre score ?


Chronologie d’une stratégie de liens
Exercez-vous

1. Liens qui pointent aujourd’hui vers votre site
2. Liens qui pointent vers les sites de vos concurrents

Comment évaluer la qualité des liens ?
Quelle note donneriez-vous à chacun de ces trois liens ?
Tableau d'évaluation des liens ?

Pour mettre en œuvre une stratégie de liens, le temps à investir et les efforts à déployer dépendent des objectifs que vous vous êtes fixés. Vous pouvez décider de n’y consacrer que quelques jours, quelques semaines ou quelques mois, mais indépendamment du temps que vous aurez prévu d’y passer, les étapes à suivre seront toujours les mêmes. Seul change le niveau de détail. Voici donc un tableau du processus et des ressources à mobiliser :

Image © www.linkingmatters.com - 2003
Chronologie d’une stratégie de liens

Comme dans tout projet, une approche méthodique fournira de bien meilleurs résultats. Voici donc la séquence des étapes à suivre pour construire une stratégie de liens optimale.

Première étape de la mise en œuvre d'une stratégie de liens :
1. Liens qui pointent aujourd’hui vers votre site
2. Liens qui pointent vers les sites de vos concurrents

Deuxième étape de la mise en œuvre d'une stratégie de liens :
3. Autres sites susceptibles d’échanger des liens avec le vôtre
4. Raisons pour lesquelles des sites externes voudraient pointer vers vous
5. Objectifs de votre stratégie de liens
6. Convivialité de la procédure d’échange de liens sur votre site

Troisième étape de la mise en œuvre d'une stratégie de liens :
7. Liens que vous pourriez publier sur votre site
8. Demandes de liens entrants
9. Suivi des résultats

Supervision et ajustement de votre stratégie
Supervisez constamment les résultats de votre action et ajustez votre stratégie au fur et à mesure de vos expériences [Début]

Exercez-vous

Nous avons réuni en un fascicule dix exercices pour vous aider à planifier votre stratégie de liens et à la mettre en œuvre. Vous pouvez télécharger directement le document au format Word.

Comme meilleure façon de procéder, nous vous conseillons de lire rapidement l’ensemble du fascicule puis de passer le temps nécessaire sur chaque exercice en respectant la séquence des étapes.

[ Note à la traduction : outre visiter l’un des nombreux moteurs qui permettent de vérifier les indices de popularité, vu que le document original propose d'utiliser Google, Altavista, Hotbot, alors qu'Altavista n'existe plus, qu'Hotbot n'est plus représentatif et que, comme signalé dans un précédent billet, la syntaxe « link:www.monsite.com » de Google n'est pas significative, j'ai sauté l'explication sur ces trois moteurs.] [Début]

1. Liens qui pointent aujourd’hui vers votre site

Visitez un site comme www.linkpopularity.com, vous pourrez y tester plusieurs moteurs de recherche à la fois (essentiellement Google, Yahoo et MSN). Enregistrez-vous si vous souhaitez recevoir des mises à jour mensuelles.

Contrôlez ensuite les différents résultats en visitant chacun des sites qui pointent vers vous. Quelle est la nature de ces sites ? Pourquoi font-il pointer un lien vers le vôtre ? Quels sont les autres liens qu’ils proposent ?

Ainsi, l’étude de ces différents sites vous permettra de mieux comprendre le pourquoi du comment, et d’intégrer ensuite cette compréhension dans votre propre stratégie de liens. [Début]

2. Liens qui pointent vers les sites de vos concurrents

Analysez maintenant la situation concernant vos concurrents. Une bonne façon de procéder est d’utiliser un excellent logiciel gratuit, téléchargeable sur www.checkyourlinkpopularity.com. Installez-le puis saisissez votre URL et les adresses Web de vos concurrents, vous obtiendrez le tableau suivant :

www.Adscriptor.com : 1501 liens !
Les couleurs vous permettent de visualiser immédiatement l'importance de votre présence, de limitée à exceptionnelle :

Limited Presence - Major Player
Et qu’apprendrez-vous en étudiant la concurrence ? Beaucoup !
  1. Tout d’abord vous pourrez quantifier le nombre de sites qui pointent vers eux, et apprécier la qualité des liens, dont vous pourrez vous faire une idée de la valeur en termes d’e-marketing. Puis, en partant de l’indice de popularité de vos concurrents, il vous sera facile d’établir un tableau comparatif sur la base duquel mesurer votre propre évolution / amélioration.
  2. En second lieu, vous pourrez dresser une liste des sites cibles qui pointent vers vos concurrents, susceptibles de devenir pour votre propre site une bonne source de liens entrants potentiels.
  3. Troisièmement vous aurez une vision élargie des sites externes qui jouent un rôle important dans votre secteur d’activité. En testant l’indice de popularité des principaux sites parmi ceux qui ont des liens avec vos concurrents, vous pourrez repérer de nouveaux partenaires potentiels.
Vous pouvez enfin utiliser un logiciel pour vérifier l’état des liens de chacun de vos concurrents sur les différents moteurs de recherche. Il suffit de sélectionner un domaine, de cliquer avec le bouton droit de la souris et de choisir le moteur que vous voulez. Vous verrez alors apparaître une liste des liens entrants.

Naturellement, la qualité des liens que vous trouverez sera plus ou moins bonne. [Début]

Comment évaluer la qualité des liens ?

Rien de tel qu’un exemple pour illustrer notre propos :

[ Note à la traduction : naturellement, l’exemple qui suit est caduc, mais je le laisse tel quel car le fonctionnement reste le même. Lien à suivre pour voir l'illustration graphique originale.]

Supposez que vous êtes propriétaire d’un petit hôtel de luxe au cœur de Londres. Vous avez dressé une liste de vos concurrents directs en ligne et vous décidez de tester leur indice de popularité.

« One Aldwych » est l’un des hôtels qui offre des services similaires aux vôtres.

Donc, soit vous utilisez un logiciel gratuit pour vérifier la situation de chacun de vos concurrents, soit vous allez sur un site tel que www.linkpopularity.com. Si vous optez pour cette dernière solution, vous voyez que l’indice de popularité de votre concurrent est de 23 sur AltaVista, de 74 sur Google et de 15 sur Hotbot.

Puis, en activant les liens, vous voyez apparaître l’adresse des sites qui pointent vers onealdwych.com.

Examinons maintenant la valeur qualitative des liens affichés dans Google. Prenons le premier : Wealth24.com se décrit comme étant « le seul et unique répertoire sur le Web dédié au shopping de luxe et à la gestion de fortune ». Ce site propose donc de nombreux liens ne pointant pas uniquement vers des hôtels, mais également vers d’autres fournisseurs de biens et de services de luxe.

En déroulant la liste, vous trouvez ensuite ntlworld.com : il s’agit d’un profil très « people » d’un auteur et présentateur TV célèbre, Alan Titchmarsh. En parcourant l’article, vous découvrez alors qu’il énumère parmi ses lieux de gastronomie préféré le restaurant Indigo, qui se trouve à Onealdwych.

Voyons maintenant un troisième lien. Travelintelligence.net Celui-ci s’annonce très intéressant, puisqu’il liste plus de 70 écrivains touristes qui prodiguent leurs conseils à tous les voyageurs friands d’informations. En jetant un coup d’œil sur la page d’accueil, vous lirez des commentaires tels que celui-ci :

« Présentation d’articles écrits par des touristes extrêmement bien informés qui vous feront découvrir tous les bons coins. Un site incomparable constamment remis à jour, qui fait de l’organisation et de l’accomplissement de vos voyages une aventure riche en surprises. » The Telegraph [Début]

Quelle note donneriez-vous à chacun de ces trois liens ?

Une façon d’y parvenir est de noter chacun des sites d’après son indice de popularité. Toutefois, le plus important est de les examiner vous-même, en visitant un par un ceux qui vous semblent plus intéressants.
  • Wealth24.com propose beaucoup de liens vers des fournisseurs de services de luxe, qui englobent aussi les hôtels. On peut donc supposer qu’il serait assez facile d’y placer un lien, même s’il est probable qu’il générera peu de trafic.
  • Ntlworld.com n’a pas grand chose à voir avec les hôtels, le lien n’apparaissant que dans le cadre d’une interview accordée par un personnage en vue. Y mettre un lien ne présente aucun intérêt !
  • Travelintelligence.net, en revanche, est un magazine en ligne qui vise comme audience cible le monde du voyage. Donc, pour peu qu’il ait un trafic qualifié, un lien pointant de ce site vers le vôtre serait de tout premier choix ! Même s’il vous faudra vraisemblablement consentir des efforts supplémentaires pour obtenir d’abord un meilleur placement dans les moteurs des recherche. [Début]

Vous obtenez donc un tableau tel que celui-ci :


Progrès réalisés

À la fin de cette étape, vous avez terminé les deux premiers exercices. Vous devriez donc avoir mieux appréhendé la nature des liens pointant vers votre site et vers ceux de vos concurrents. [Début]

À venir : V. Maximisez votre capital Liens.


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P.S. À noter également dans l'actualité de ces jours-ci, ce billet complémentaire de WebRankInfo intitulé : « Comment bien choisir sur quelle page un partenaire doit vous faire un lien » [Début]

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Google vs. Microsoft : la bataille de titans ne fait que commencer

Google vs. Microsoft : la bataille de titans ne fait que commencer

Dans cette bataille pour la suprématie sur Internet et pour contrôler l'information et la communication planétaires, les deux hypercompétiteurs fourbissent leurs armes, même si l'affrontement se fera moins sur les moyens que sur les fins.

Les moyens, au niveau logiciel et matériel :

- pour Google, développement d'une suite bureautique en ligne, commercialisation d'un PC bon marché et incursion dans la téléphonie, etc. etc. Verra-t-on enfin arriver le fameux WebTop, annoncé en son temps par Franck Poisson dans le cadre d'une approche IUI, ou « Interface Utilisateur d'Information » ?

- pour Microsoft, fermes de serveurs et 2 milliards de dollars débloqués pour investir tous azimuts, mais ce n'est qu'un début...

Les fins, au niveau du contenu et de l'audience :

- pour Google, qui jouit d'une avance considérable, continuité d'une stratégie déjà bien tracée et poursuite de la verticalisation annoncée (prochain volet probable : la santé) ; de nouvelles alliances sont également envisageables (Google - Skype ?)

- pour Microsoft :
Il est 3h du matin, je développerai une autre fois. Lire le communiqué de presse : « MSN Announces MSN Originals Content Initiative »

C'est tout nouveau, ça vient de sortir, mais je crois qu'on n'a pas fini d'en entendre parler... Extraits :
MSN Originals is focused on partnering with the best and brightest creative minds in the media industry to bring the new generation of storytelling online. (...)
By partnering with the media industry to produce original content, MSN is creating rich new opportunities for advertisers to integrate into and around the content itself. In addition to traditional display and streaming video advertising opportunities, advertisers can take advantage of in-content product integration, as well as be deeply involved in the early stages of content creation and production. (...)
MSN attracts more than 465 million unique users worldwide per month. With localized versions available globally in 42 markets and 21 languages, MSN is a world leader in delivering compelling programmed content experiences to consumers and online advertising opportunities to businesses worldwide.
[Traduction]
L'objectif de MSN Originals est de nouer des partenariats avec les meilleurs créateurs et les plus brillants esprits de l'industrie des médias, pour faire éclore une nouvelle génération de scénaristes en ligne. (...)
Grâce à ces nouveaux partenaires médias et à la production de contenus originaux, MSN sera en mesure de créer pour les publicitaires et les annonceurs des opportunités nouvelles et fructueuses, parfaitement intégrables à ces mêmes contenus. Outre la pub traditionnelle et la vidéo en temps réel sur Internet, les annonceurs pourront intégrer directement leurs produits/services au contenu, puisque dès le départ ils seront plus profondément impliqués dans les phases de création et de production. (...)
Partout dans le monde, MSN touche plus de 465 millions de visiteurs uniques chaque mois. Avec ses versions localisées globalement disponibles sur 42 marchés et dans 21 langues, MSN est l'un des leaders planétaires, capable d'offrir à sa clientèle B2C une expérience utilisateur unique et à sa clientèle B2B des atouts publicitaires en ligne incomparables.
En bref, ce qu'on appelle le publirédactionnel dans la presse (ou publireportage ou comme on voudra bien le nommer), revisité à la mode d'Internet. Une affaire de plus à suivre !

Enfin, des deux côtés, élargissement des activités à tous les secteurs des NTIC, en s'appuyant sur la R&D et la débauche/l'embauche des meilleurs spécialistes dans tous les domaines qui les intéressent.

Voilà, en quelques lignes, l'idée que je me fais de l'hypercompétition à laquelle nous allons assister, en bons spectateurs impuissants que nous sommes !

« This is hypercompetition, make no mistake », dixit Bill Gates, qui pense que Microsoft est largement sous-estimé, vis-à-vis de Google (« I think this is a rare case where we're being underestimated »), tout en reconnaissant que ses marges sont quelque peu rognées : « Margins get Googled », ce qui est une façon originale de l'admettre...


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mercredi 3 mai 2006

Linkbait & linkbaiting en verlan : v7ndotcom elursrebmem

Linkbait & linkbaiting en verlan : v7ndotcom elursrebmem

Préambule
v7ndotcom elursrebmem
Les concours de positionnement
Les français font de la résistance
Conclusion

* * *

Préambule

Dans un précédent billet intitulé Linkbait & linkbaiting : une tentative de traduction, où j'essayais de définir le concept en français, j'énumérais les 5 principaux modes d'aller à la pêche aux liens. Je les rappelle pour mémoire :
  1. mode amusant, ou funny : jouer sur le pouvoir d'attraction du divertissement ou de l'humour
  2. mode polémique, ou controversial, contrary hooks, attack hooks : les sujets qui fâchent exercent forcément de l'attrait auprès de ceux qui se sentent concernés par le sujet, en pour ou en contre
  3. mode informationnel, ou informative, news hooks : informer, apprendre, serrer l'actualité au plus près, dénicher le scoop, etc.
  4. mode créatif, ou creative : mettre en ligne la nouveauté, inventer un concours, mettre un prix en jeu en payant de sa poche, etc.
  5. mode utile, ou resource hooks : offrir un outil innovant, proposer des liens qui sortent de l'ordinaire, etc. [Début]

* * *

v7ndotcom elursrebmem

Dans ce billet, je voudrais vous présenter le champion toutes catégories du linkbait créatif, qui nous fait le coup en verlan, cette fois, j'ai nommé John Scott, organisateur du v7ndotcom elursrebmem SEO Contest, concours de positionnement dans les pages de résultats de Google sur les mots clés « v7ndotcom elursrebmem », mi-imprononçables mi-reconnaissables, si on comprend l'anglais :
décortiqué, v7ndotcom elursrebmem donne v7ndotcom, qui fait partie de la grande familles des dot-coms, forme orale de v7n.com, le réseau de John Scott, et elursrebmem, l'envers (ou backwards) de members' rule, littéralement le règlement (rule) des membres (members).
Certes, ce n'est pas du pur verlan (à ne confondre ni avec le palindrome ni avec l'anacyclique), mais simplement le mot écrit à l'envers en inversant les lettres au lieu des syllabes.

En bref, le règlement que doivent suivre les participants au concours « v7ndotcom elursrebmem » est des plus simples :
  • soit faire un lien vers la page d'accueil de V7N
  • soit se contenter d'inscrire « We support v7n.com » sans mettre de lien
  • soit afficher une des bannières suivantes, avec ou sans lien (mais en aucun cas avec un lien pointant vers un autre site que www.v7n.com) :

  • v7ndotcom elursrebmem SEO Contest
  • finir classé dans les 5 premiers sur Google avec la requête « v7ndotcom elursrebmem » le 15 mai à midi, heure standard du Pacifique (PST)
Simple, mais efficace, si l'on en croit le nombre de rétroliens décomptés par Yahoo et MSN (le résultat de Google avec la syntaxe link:www.v7n.com est sans intérêt puisque Google n'affiche jamais le nombre exact de rétroliens qu'il comptabilise et utilise dans le calcul du PageRank) :

backlinks to www.v7n.com
Par conséquent, si l'on considère le nombre de participants au concours d'optimisation du positionnement (SEO contest), et le nombre actuel de résultats que Google donne sur la requête v7ndotcom elursrebmem (environ 4 720 000 occurrences), les chiffres de l'indice de popularité sont probablement très en-deçà de la vérité.
Or en sachant que John Scott déboursera moins de 2000 $ de sa poche pour récompenser les gagnants (les autres primes étant réparties entre plusieurs contributeurs), il est clair que le grand gagnant et vainqueur absolu du concours, c'est..., and the winner is... John Scott en personne !
Même l'iPod promis au premier, c'est pas lui qui le paie, donc il a de quoi être content !

iPod du gagnant du concours v7ndotcom elursrebmem
[Début]
* * *

Les concours de positionnement

v7ndotcom elursrebmem n'est pas le premier concours de positionnement, loin de là, on a déjà connu Tiger l'Osmose, Chocoku, Mangeur de cigogne, Séraphim Proudleduck, qui a fait récemment part de son intention de se présenter aux présidentielles 2007 avec son ami, Sorcier glouton, sans oublier Lumitra, Paesys ..., etc. Voici un petit résumé :

Concours de positionnement - SEO Contests
Ce genre de concours oppose aux adversaires farouches (c'est tout sauf des concours de référencement, ça n'apporte pas grand chose à la façon de référencer naturellement un site, ça pollue les résultats de moteurs de termes sans queue ni tête, etc.) des partisans acharnés (ça permet d'étudier le comportement des moteurs, leurs failles et la façon de les exploiter, de mieux comprendre les techniques de référencement, etc.), mais l'un chasse l'autre : v7ndotcom elursrebmem n'est pas encore terminé qu'arrivent déjà Spationaute Troglodyte et Oupoutaout 2006 (sur la requête cobraoupouaout, qui n'est pas encore référencée dans Google).

cobraoupouaout - 0 résultat !
En réalité, qu'on soit pour ou contre, il faut bien reconnaître que c'est un moyen pour les référenceurs pro ou amateurs, black hats ou white hats, de rivaliser d'ingéniosité et de déployer des trésors de savoir-faire et de fantaisie. Et si les anglo-saxons sont très forts, comme toujours, les français font comme Astérix et Obélix : ils résistent fièrement à l'envahisseur ! [Début]

* * *

Les français font de la résistance

Sus au v7ndotcom elursrebmem !
Rassemblés et guidés par la fameuse Taggle Team, un nom bien de chez nous ;-), tous marchent derrière l'étendard que brandit une marseillaise pour partir à l'assaut de ... Google. Et s'il reste des volontaires, vous pouvez toujours vous engager, le recrutement est encore possible :

Engagez-vous au v7ndotcom elursrebmem
[Début]
* * *

Conclusion

Plaisanterie mise à part, le linkbait, ou l'art d'appâter si l'on préfère, peut contribuer à positionner un site dans les moteurs s'il est utilisé à bon escient, et avec ce billet j'ai voulu tenter une expérience : il manque 12 jours aux résultats, avant aujourd'hui je n'ai jamais rien écrit sur v7ndotcom elursrebmem, je n'avais aucun lien vers v7n.com ni n'étais référencé dans Google sur la requête v7ndotcom elursrebmem, donc il sera intéressant de voir si cette seule et unique tentative suffit à classer Adscriptor dans les résultats avec ces mots clés, et si oui, dans quelle position... [Début]


P.S. Aux dernières nouvelles, on vient de me signaler qu'un portrait robot de la Taggle Team a été diffusé sur le Web :

Taggle Team - v7ndotcom elursrebmem SEO Contest
Inutile de chercher à me reconnaître, je n'y suis pas, moi je suis dessous, quand on a une tête comme ça, pourquoi se cacher ? :-)

je m'appelle v7ndotcom elursrebmem, et j'en suis fier !
Quoi ma gueule ! Mais qu'est-ce qu'elle a ma gueule ? [Début]

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