mercredi 17 octobre 2007

Sommet Web 2.0 : annonces et rumeurs de la semaine

Sommet Web 2.0 : annonces et rumeurs de la semaine

Yahoo!
MySpace
Facebook
Microsoft
Apple
Google (+ Vinton Cerf)
La suite ici ou (+ photos)...
+ Liens


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Je vous le disais avant-hier, il va falloir s'attendre à toute une série d'annonces et de rumeurs à l'occasion du sommet sur le Web 2.0, qui démarre aujourd'hui à San Francisco (je suis sûr que Francis Pisani, voire Loïc Le Meur et Franck Poisson, qui ont la chance d'être sur place, nous en raconteront de belles). Dans le cadre du sommet et en marge du sommet...

Pour ma part, j'ai décidé de consacrer un billet spécial aux « annonces & rumeurs » qui ne vont pas manquer de circuler, que j'approvisionnerai au fur et à mesure que je moissonnerai des infos ici et là. [Début]

* * *

Ça commence hier avec l'annonce des résultats trimestriels de Yamoooooooooo!, pardon, Yahoo!, qui résume la stratégie de la société en trois points :

1) Devenir le point d'entrée à la navigation de beaucoup d'internautes (become starting point for most consumers)
2) Devenir un lieu de passage obligé des pubs pour les annonceurs (become must-buy for adverts)
3) Développer des plateformes sophistiquées à l'intention des développeurs (develop leading platforms for developers)

Cf. Jerry Yang dans le détail. Le point clé étant, à mon avis, le troisième, qui doit permettre à des développeurs tiers de construire des applis / widgets qui s'afficheront sur le réseau Yahoo, mais pas seulement, qui puiseront leurs données dans les inventaires Yahoo, etc. Pour approfondir...

Après avoir parié sur Overture il y a 4 ans, à présent Yahoo joue l'ouverture. ;-) Écoutons Jerry Yang, cité par John Battelle :
Our goal is to create a motivated community of developers all building uniquely compelling applications that reach hundreds of millions of Yahoo users by plugging into the most popular properties or services.

Notre but est d'instaurer une communauté de développeurs motivés pour qu'ils créent uniquement des applis captivantes, qui viendront se greffer sur nos services et produits les plus populaires pour toucher des centaines de millions d'utilisateurs de Yahoo.
Très exactement dans le sillage de la voie tracée par Facebook, qui va probablement être suivie d'ici peu par les plus grandes plateformes sociales (Social Operating System), de Google à Myspace... Même Apple s'y met ! [Début]

* * *

Et puisqu'on en parle, voici une première rumeur : Rupert Murdoch (News Corp., MySpace), qui interviendra demain, devrait annoncer l'acquisition de RockYou (dont j'ai déjà évoqué le modèle économique, basé sur la création de widgets pour Facebook) à un prix d'environ 800 millions $. Rumeur qui serait déjà démentie ! Murdoch trouverait les acquisitions trop chères...

Par contre, il est sûr que Murdoch vient de passer un accord avec Skype pour l'intégrer à Myspace. Serait-ce un premier pas vers un rachat de Skype à eBay, plutôt déçu et qui s'en libérerait probablement volontiers pour tenter de renflouer un peu ses comptes ? Wait and see... [Début]

* * *

Maintenant, de MySpace à Facebook, il n'y a qu'un pas, et du discours de Mark Zuckerberg, prévu cet après-midi, Kara Swisher nous prévient qu'il ne faudra pas s'attendre à de gros effets d'annonces, contrairement aux prévisions, puisque les négociations ne devraient pas aboutir dans les heures qui viennent : pour l'instant, entre finaliser un partenariat international avec un des acteurs de GYM et lever un très gros investissement qui valoriserait Facebook autour de 15 milliards $, il est probable que la stratégie de la société consiste à faire monter les enchères entre Microsoft et Google pour son plus grand profit.


Profil bas pour Zuckerberg, très classe en espadrilles, qui maîtrise déjà à la perfection l'art de parler pour ne rien dire ! La prévision de Kara est donc confirmée. Il semble cependant que l'option retenue soit le binôme financement, presque conclu (levée de fonds + partenariat avec ... sur la pub), et introduction en bourse plus tard, en délaissant l'option rachat (pour l'instant ?). O'Reilly nous en dit plus par ailleurs, en s'avouant impressionné par la clairvoyance du gars, qui semble raisonner sur le long terme (il faudra au moins une dizaine d'années pour mener à bien ce que nous nous sommes fixés) et beaucoup sur l'aspect technique (organiser la traçabilité est une question délicate si l'on veut qu'elle soit pertinente) :
It seems to me that Facebook really is thinking much more broadly about the future of the net, and seeing their platform as a kind of exploration of its potential. Onstage, Mark remarks that what they're doing might take tens of years before it's finished. He also explicitly says that he doesn't see Facebook as a media company.

By contrast, he points out that Facebook is a deeply technical company. Computing the news feed to find the most relevant news from a social network is a really hard problem. He revels in that idea.

I'm really impressed.
C'est tout pour le moment, mais j'imagine qu'il y aura de nombreuses mises à jour. Restez branchés... [Début]

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Apple permettra le développement d'applis tierces pour l'iPhone !

Microsoft, grand créateur d'emplois, passe alliance avec NewsGator et Atlassian pour explorer résolument le Web 2.0. Virgin fait de même...

Google va s'investir et investir dans les données médicales (et la recherche de paternité, entre autres) avec Google Health, rien de nouveau, Olivier sera content... Il va nous falloir tout le talent de TomHtml pour nous en sortir une info intéressante !

Pendant ce temps, à Séoul, Vinton Cerf anticipe, c'est le cas de dire, la venue d'un Internet interplanétaire (!) et des IDN (explications) début 2008, j'y reviendrai...

[Début]


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mardi 16 octobre 2007

Le sommet du Web 2.0

Le sommet du Web 2.0...

... c'est demain ! En douze mois nous sommes passés d'une conférence au sommet, si vous me permettez le jeu de mots.

Et comme l'année dernière, on joue à guichets fermés cette fois aussi : The 2007 Web 2.0 Summit has sold out.

En 2006, Facebook tenait déjà le haut de l'affiche, mais encore Skype ou Alibaba. Un an plus tard, pour ne citer que ces trois-là, Mark Zuckerberg devrait nous réserver quelques surprises, Jack Ma va vers une introduction en bourse réussie (avec une participation de 10% de Yahoo!) (sur un marché chinois où Google récupère du terrain), Niklas Zennström et Janus Friis ont été virés, ou ça va pas tarder (ils vont maintenant se concentrer sur Joost, même si...), etc.

À ce propos, eBay a clairement reconnu avoir surévalué Skype, ce qu'a confirmé Niklas Zennström himself. Comme quoi il y a survalorisation et survalorisation...

Les sommets passent et ne se ressemblent pas !

Mais pour en revenir à notre conf au sommet, le thème de cette année est : Discovering the Web's Edge, découvrir/explorer les confins du Web. Tout un programme...


Selon la présentation, explorer les confins du Web, c'est découvrir le territoire le plus stimulant de notre époque, où sont les plus grandes opportunités à saisir, mais aussi les plus grands risques à courir, là où le Web commence juste à mettre ses racines pour se ramifier en 3 dimensions : industries, zones géographiques et applications, tout reste à conquérir.

Durant ses trois premières éditions, le sommet du Web 2.0 a agité des idées qui font à présent partie du Web grand public. Aujourd'hui nous allons donner la parole à des enthousiastes et des rêveurs insoupçonnables qui touchent du doigt les zones encore inexplorées du Web, au côté d'acteurs bien établis qui souhaitent s'étendre à ces nouveaux territoires.

(...) Quelles sont les limites, en termes commerciaux, politiques, éthiques ?...

Where are we most stimulated? At the Web's edge.

Where are the greatest opportunities, and the greatest risks? At the Web's edge—the places where the Web is just beginning to take root: the industries, geographies, and applications that have yet to be conquered by the Web's wide reach.

For the past three years, the Web 2.0 Summit has explored ideas which have already begun to slip into the mainstream. This year, we'll highlight news from unusual suspects—the enthusiasts and dreamers touching the edges of spaces not yet conquered by the Web, as well as established players who are looking to expand into new and previously unimaginable realms.

(...) What are the edges in terms of policy, politics, and morality?...
Une tentative de diversification que nous explique O'Reilly entre les lignes.

Il sera donc intéressant d'analyser les réponses que donneront à ces interrogations tous les intervenants qui vont se succéder. Du beau monde ! Attendons-nous aussi à de grosses annonces...

Tiens, si vous voulez tester votre préparation au Web nouveau, comme le Beaujolais, cliquez sur la liste ci-après et faites le compte de ceux que vous connaissez. Vous comprendrez mieux votre degré de préparation aux choses de l'Internet (et non pas à l'Internet des choses :-).


Personnellement, j'en connais 20 sur 107, soit 18,7%, ou moins d'1/5e, ce qui n'est pas particulièrement brillant !

Saluons au passage la présence de Franck Poisson, le seul français, sauf erreur de ma part.

Cocorico, il y en a bien besoin en ce moment où Chabal la France pleure :-(


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lundi 15 octobre 2007

La pub sur Facebook : Google Adsense ?

La pub sur Facebook : Google Adsense ?

Une très très brève : je viens de voir que des Adsense Google étaient servis sur Facebook !


Or je me trompe peut-être, mais je croyais jusqu'à cette découverte que Microsoft avait un partenariat exclusif avec Facebook, depuis août 2006, pour la pub sur le site.

Il semble bien qu'il y ait anguille sous roche :
Most of Facebooks's revenue comes from its exclusive advertising deal with Microsoft which runs through 2011.

La plupart des revenus de Facebook proviennent d'un contrat de pub exclusif avec Microsoft, en vigueur jusqu'en 2011 !!!
Via WebGuild. Kara Swisher nous révèle également que :
Facebook execs spent Saturday and Sunday blabbing away with potential partners into the night, as Facebook looks to complete a commercial deal with either Yahoo, Google or Microsoft to serve its international ads.

Les dirigeants de Facebook ont passé le week-end à discuter avec leurs partenaires potentiels, pour finaliser un accord commercial décidant de qui, entre Yahoo, Google et Microsoft, servira leur pub à l'international.
Ce que je me demande c'est le sens d'international : hors US ? Avec Microsoft qui serait la régie de Facebook aux États-Unis et ... en dehors (remplir les pointillés) ?

Il semble que oui, puisque Kara ajoute : selon des sources proches de Facebook, seuls restent en lice Microsoft, qui sert déjà les pubs U.S. du site, et Google (sources close to Facebook said it was now a horse race between Microsoft, which already serves Facebook’s ads in the U.S., and Google).

Plus de détails ici :


Et encore, selon Mashable : des infos circulent, d'après lesquelles Google serait en train de développer un réseau Adsense dédié aux applis Facebook (Google is reportedly working on an AdSense network just for Facebook apps).

En tout cas, ce qui est sûr, c'est que Zuckerberg n'a que l'embarras du choix. Donc, est-ce que tout ça cache quelque chose de beaucoup plus gros ? À suivre...

[MàJ - 16 octobre 2007] Attention : la brève risque de devenir longue (clin d'œil à Alex...). Depuis hier je ne vois plus que des Adsense sur Facebook ! Et les témoignages commencent à fleurir (avec les inévitables exagérations) :


Donc, comme le signalaient Stéphane en commentant ce billet ou Robin sur ValleyWag, il semble que les Adsense visibles dépendent des applications hébergées par Facebook et non du site lui-même. Il n'empêche que ça fait désordre : vous allez sur un site censé ne servir que des pubs Microsoft et au final vous ne voyez que des Adsense ! Ou je me trompe, ou Google contourne allègrement la soit-disant "exclusivité" de Microsoft, cherchez l'erreur ?

D'autant plus que Facebook aurait licencié un développeur d'applis qui faisait la promotion de pubs Adsense. Comprenne qui pourra...


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Liens connexes : P.S. Lisez le billet de Kara dans son intégralité, elle semble très bien informée : Google ne serait pas prêt à investir massivement dans Facebook et préférerait que Zuckerberg lève des fonds auprès d'investisseurs, tout en cherchant à garantir un minimum de rentabilité pour ses Adsense, au cas où...

Quant à Microsoft, la société ne souhaiterait pas renouveler sa régie à l'international (j'ai lu quelque part qu'ils perdaient déjà de l'argent avec le deal actuel), mais par contre elle serait prête à faire un gros investissement dans Facebook...

Je pense qu'on saura ça au plus tard avant ou durant le prochain sommet du Web 2.0, qui se tient ... après-demain !

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dimanche 14 octobre 2007

Graphe sémantique de 100 blogs influents

Graphe sémantique de 100 blogs influents


Après le graphe social, voici le graphe sémantique. Quelque chose qui me touche de près (cf. humain sémantique) et à quoi je pense depuis longtemps, sous forme de nuage sémantique :
Le but serait de créer un nuage de mots clés à partir de l'univers lexical d'un blog ou d'un site.
Je ne parle pas de tags. Je parle d'une fonctionnalité qui indexerait l'intégralité d'un site ou d'un blog à un instant donné pour l'analyser et restituer les cooccurrences plus significatives du blog ou site considéré.
Le nuage correspondant serait alors fourni par Exalead au blog/site qui pourrait l'intégrer au mieux.
Une fonctionnalité proposée il y a un an à Exalead (qui l'a refusée) (Merci Jean-Marie pour la proposition mais cette fonctionnalité ne peut être développée pour le moment. Nous reviendrons sur cette fonctionnalité dès que nous aurons avancé sur d'autres sujets, les blogs par exemple), en même temps que la possibilité pour les webmasters d'intégrer un flux personnalisable de résultats sur leurs pages.

L'idée derrière ces deux propositions était, selon moi, une voie détournée en vue d'une utilisation de masse d'Exalead :
Je pense que l'approche Exalead vs. Google n'est pas la bonne, en ce moment ce serait un peu la lutte du pot de terre contre le pot de fer. Et quand bien même les qualités du pot de terre seraient infiniment supérieures à celles du pot de fer, en l'état actuel des choses, il faut bien reconnaître que c'est Google qui rafle la mise.
Perso, qu'on excuse ma franchise, mais j'utilise Google à longueur de journée, j'en suis très satisfait, et je n'ai aucune intention de changer de moteur. Et je pense que nous sommes des millions dans ce cas.
Donc, plutôt que d'attaquer Google de front, je me dis qu'une meilleure stratégie pourrait être de viser d'abord la complémentarité au lieu de vouloir l'opposition à tout prix. En déplaçant les enjeux sur le terrain des services personnalisables, plus que jamais dans l'air du temps.
Concrètement, ça veut dire qu'en fournissant potentiellement à des millions d'utilisateurs des services perso qui se démarquent fortement de ceux de Google, et en imprimant à ces services une marque fortement identitaire, en l'occurrence celle d'Exalead, ces millions d'utilisateurs pourront voir cohabiter sur leur page d'accès personnalisable au Web (dans la mouvance des Netvibes, Webwag and co.), de plus en plus de services fournis par Exalead au côté de leur onglet de recherche préféré, que ce soit Google, Yahoo, MSN, Ask ou autre.
Ce serait là un moyen non intrusif de proposer l'utilisation d'Exalead à des utilisateurs qui ne l'utiliseront peut-être jamais sans cela.
Enfin, un autre avantage du fait que ces services soient développés par un moteur français à l'origine, c'est qu'en général tous les services proposés par Google (autocomplétion et autres...) sont optimisés pour l'anglais mais aux dépens des autres langues. C'est donc une piste supplémentaire à parcourir en direction de toutes les familles linguistiques qui se sentent un peu délaissées sur le Web, et qui représentent quand même globalement, plus que toute l'audience anglo-saxonne réunie.
Bref, tout ça est resté lettre morte, dommage.

C'est donc avec une grande surprise - et un grand bonheur - que j'ai découvert il y a quelques jours la première (à ma connaissance) cartographie sémantique de blogs. Qui reprenait le top 10 Wikio des blogs francophones. (via GuiM)


Et son auteur, Hubert WASSNER, prof d'informatique, d'expliquer :
La sémantique est l'analyse du sens des mots, c'est donc un savoir faire typiquement humain. Cependant une analyse fine de la masse d'information accessible sur internet peut permettre de calculer des distances entre les mots. Cela ne donne pas directement leur sens mais on peut utiliser cette information pour construire une carte de manière automatique.
On visualise leur distances sémantique que l'on a calculé grâce à des requêtes sur un moteur de recherche. Des liens élastiques sont simulé pour essayent de faire respecter toutes les distances entre les mots analysé. Le résultat est un graphe ou les mots son disposé sur un plan de manière a respecter au mieux possible les distances sémantiques.
Où l'on voit bien sur le graphe que le noyau est composé de Techcrunch, Loïc Le Meur, Fred Cavazza, GuiM et Mashable, avec aux pourtours, Embruns, Presse-citron, KelBlog, BigBangBlog et Versac.

Le noyau ayant un univers sémantique plus proche et ciblé que les pourtours. On voit donc que le classement sémantique peut diverger du classement ordinal (Presse-citron, par exemple).

Or le Professeur Wassner vient de réitérer l'expérience avec le top 100 de Wikio, où Adscriptor est 77e ce mois-ci, en nous expliquant que :
La couleur des bulles contenant les noms des blogs est en rouge d'autant plus vif que son classement est bon. Le positionnement dans l'espace ainsi que les liens (matérialisé par des traits noirs) sont issus d'un calcul de mesure de distance sémantique. Il ne s'agit pas de lien "internet" (lien hypertexte) mais de ce que les gens disent de ces blogs sur internet... Certain blogs peuvent être sémantiquement très proches d'un blog du "top 10" et ne pas du tout être bien classés... On voit ici les limitations des systèmes à base de classement.
Donc, de fait, sémantiquement parlant, Adscriptor serait dans le top 50.



Je ne dis pas ça pour me faire mousser (bien que je tienne beaucoup à cette reconnaissance sémantique), mais simplement parce que je trouve que mes stats ne reflètent aucun de ces 2 classements, puisque mon nombre de visiteurs quotidiens oscille entre 200 (le plus souvent) et 300 (dans les bonnes périodes), ce qui doit être l'un des taux de fréquentation - et de participation - les plus faibles du top 100.

Alors pourquoi ? That's the question. Si vous avez la réponse...


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P.S. Nous n'en sommes pas encore au "nuage sémantique" mentionné en ouverture de ce billet, mais c'est déjà une bonne étape. Je suis sûr que si quelqu'un développait un tel widget ou une appli pour Facebook (sur les différences entre apps et widgets...), par exemple, il ferait un carton. Malheureusement je n'en suis pas capable. Faut dire aussi que j'ai toujours de ces idées...

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samedi 13 octobre 2007

Google - Facebook vs. Microsoft - Yahoo : bloc contre bloc !

Google - Facebook vs. Microsoft - Yahoo : bloc contre bloc !

Va-t-on assister à la naissance d'un duopole, avec Google et Facebook d'un côté, Microsoft et Yahoo de l'autre ?

Sur l'échiquier du Web, les tactiques se déploient, et à défaut de toute autre considération économique, la valeur de Facebook est éminemment stratégique pour chacun des trois autres acteurs en présence. Dans les coulisses, une gigantesque partie est en train de se jouer, et j'ai la furieuse impression que tout peut encore arriver. Tandis que vous et moi, qui n'avons pas la fortune d'être dans le secret des dieux, en sommes réduits aux supputations. Voire aux délires...

Je suis tombé il y a peu sur ce billet de Kara Swisher évoquant la possibilité très proche d'un deal entre Facebook et Google, qui raflerait ainsi la mise, une fois de plus, sous le nez des deux autres grands perdants que seraient, dans cette affaire, Microsoft et Yahoo.

Auxquels il ne resterait plus qu'à s'associer, soit dit en passant (ils y arriveront bien tôt ou tard si Microsoft ne conclut rien sur ce coup...).

Hic et nunc, nous ne sommes que dans le domaine des rumeurs, des petits signes, il faut tenter vaille que vaille d'affiner le rapport signal-bruit, mais après tant de vacarme autour d'un accord possible entre Facebook et la société de Redmond, si Google coiffait son concurrent sur la ligne d'arrivée, ce serait un véritable camouflet pour Microsoft (un de plus...), qui perdrait totalement la main ... et la face !

Sans compter l'impact incalculable aujourd'hui, à la fois psychologique et ... sur les marchés. Pour le coup l'action de Google, déjà très florissante, s'envolerait vers des cimes.

Il faut dire que comme à son habitude, Ballmer y met du sien. Il pourrait toujours se consoler en annonçant un accord avec Yahoo!

Nous aurions alors un duopole contrôlant presque en totalité le triptyque royal sur Internet - Recherche / Pub / Plateformes sociales -, avec Google et Facebook en vainqueurs d'un côté, Microsoft et Yahoo en loosers de l'autre.

Attention ! Je ne dis pas que ce serait un bien pour l'Internet, au contraire. Mais malheureusement je le vois comme un scénario très possible, et même probable. Un scénario catastrophe ? J'espère que les faits me feront mentir...

Tout ça est au conditionnel, c'est clair, mais j'imagine que nous en saurons davantage dans les jours - voire les heures - qui viennent. Il se peut d'ailleurs que ce soit une question de jours, mais certainement pas de semaines. Trop d'enjeux, et trop énormes. Une annonce à la veille du big sommet sur le Web 2.0 ferait l'effet d'une bombe. Virtuelle, certes, mais quand même.

Alors, est-ce bientôt la fin de GYM ? Moi, je crois que oui. Et vous ?


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Lien connexe : un rapprochement intéressant.

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Facebook : anatomie d'un article fragile

Facebook : anatomie d'un article fragile

Attention, ça va tanguer. Coup de gueule. Motivé par la lecture d'une "analyse" intitulée Facebook : anatomie d'un succès fragile, signée PIERRE DE GASQUET, journaliste au service Enquête des « Echos ».

On va encore me reprocher de mélanger les torchons et les serviettes (ou journalistes et blogueurs, si vous préférez), comme quoi il n'est peut-être pas pertinent (ou serait-ce juste impertinent ?) de mettre en parallèle blogueurs et journalistes (je dis cela sans ironie aucune pour Narvic, dont les analyses sont des analyses, et les réflexions des réflexions sérieuses), mais moi, à la lecture du texte incriminé (peut-on qualifier ça d'article journalistique ?), je me demande vraiment quelle est la différence entre Pierre de Gasquet, qui publie ses enquêtes sur un journal comme Les Echos, et Jean-Marie Le Ray, qui poste ses pauvres billets sur son blog, avec 200 lecteurs dans ses bons jours !

Et ça m'énerve ! Il y a des moments où je ne supporte plus cette asymétrie de crédibilité dans l'information. Un texte que je n'oserais pas même publier bourré ! Bourré de clichés jusqu'au ridicule, qui entasse les stéréotypes les uns sur les autres sans la moindre vergogne, juste pour donner ça en pâture au peuple parce que c'est ce qu'il aurait envie d'entendre, je suppose. Quelle honte !

Moi j'appelle ça prendre les gens pour des cons. J'appelle ça être assez sot, ou imbu, pour croire que les internautes sont incapables de faire la part des choses et discerner par eux-mêmes une véritable analyse d'un véritable torchon.

Faudra quand même qu'un journaliste, un vrai, m'explique un jour ce qu'est - ou ce que devrait être - un journaliste. En 2007. À l'heure d'Internet. À l'heure où les règles ont changé.

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Mais fi de déverser ma bile, venons-en au "succès fragile" de Facebook et citons sur pièces :
Dix milliards de dollars pour Facebook. Qui dit mieux ? Et bla bla et bla bla. Toute la question reste de savoir si, quelques années après l'éclatement de la première bulle Internet en 2001, nous ne sommes pas encore à la veille de l'explosion d'une nouvelle « bulle Web 2.0 », dont la tendance à la survalorisation de Facebook serait un des signes prémonitoires.
Selon certaines rumeurs persistantes, Microsoft et Google seraient prêts à se disputer une participation de 5 % à 10 % dans Facebook pour un montant estimé entre 300 et 500 millions de dollars, soit une valorisation du site communautaire comprise entre 6 et 10 milliards de dollars.
Voilà. Terminé le volet financier de l'analyse. C'est assené clair et net, bulle, signes prémonitoires, rumeurs, survalorisation, avec ça on est fixés. Quand je pense que de son côté le pauvre blogueur s'est fendu d'une longue élucubration sur la valeur de Facebook, je me dis "à quoi ça sert que Ducon il se décarcasse" ! (Ducon, c'est moi dans le cas présent, je précise pour qu'on confonde pas...)

Et ça continue :
Avec 15,7 millions (sic!) de pages vues en août, Facebook est devenu le troisième site communautaire le plus visité aux Etats-Unis, derrière MySpace et YouTube.
On voit là toute l'expertise de l'analyste, qui aurait pourtant pu - et dû - rectifier de lui-même qu'il s'agit de milliards de pages vues, et non de millions : sans trouver bizarre un instant que 42 millions d'utilisateurs actifs (Avec ses 42 millions d'utilisateurs actifs, il est encore loin des 100 millions d'adeptes réguliers revendiqués par le réseau My- Space de Murdoch) (admirez au passage : My - trait d'union - espace - Space, c'est nouveau) ne consultent que 15,7 millions de pages, soit en gros une page vue par mois pour ... 3 utilisateurs "actifs" : avec un tel taux d'activité, il y a survalorisation, c'est clair !

Mais bon, on n'en est pas à ça près dans l'approximation ! De toute façon, ça passe comme un lettre à la poste auprès du lectorat ignare.
A la base du succès des « réseaux sociaux », bla bla, l'engouement des adolescents et « post-ados » (15-24 ans) pour ces sites fédérateurs qui permettent de se regrouper par affinités. Une forme de résurgence de compagnonnage virtuel. Mais le succès de Facebook commence à se propager à certains milieux professionnels où la « cool attitude » est de rigueur (high-tech, publicité...) et où la limite d'âge théorique ne tient plus. Au point que les employeurs australiens ont récemment estimé à 5 milliards de dollars son impact négatif sur la productivité des salariés. « Mon boss veut devenir mon ami sur Facebook ! », s'alarmait récemment une jeune publicitaire de vingt-six ans dans les colonnes du « Financial Times » du 3 octobre, en s'inquiétant du brouillage entre les sphères privée et professionnelle. Ne dites pas à mon boss que je suis sur Facebook, il y est déjà !
Ici aussi, nous avons une belle brochette d'idées reçues : engouement des adolescents et post-ados, la résurgence du compagnonnage virtuel (bien trouvée, celle-là, je plussoie, et apparemment je ne suis pas le seul...), la « cool attitude » de rigueur chez les high-tech et dans la pub (ça tombe à pic, Adscriptor est très connoté high-tech), tout ça nous amène à l'argument imparable, le coup de massue : « Au point que les employeurs australiens ont récemment estimé à 5 milliards de dollars son impact négatif sur la productivité des salariés. »

Alors là, attention, l'affirmation vaut son pesant de moutarde qu'on s'y attarde. 5 milliards de dollars, nous y revoilà avec les gros chiffres. Et puis c'est pas des millions, comme pour les pages vues, c'est des milliards. En dollars australiens, nettement plus appréciés, techniquement parlant, que les dollars américains, qui font figure de parents pauvres. C'est vrai que quand on parle de milliards, de suite ça fait plus sérieux. C'est du lourd. Et sur un continent où il y a à peu près autant d'australiens que de franciliens en Île de France ! Donc sur 15,7 millions de PV, et en calculant le nombre de pages vues au prorata du pourcentage des utilisateurs "australiens" de Facebook, on comprend bien comment on en arrive à 5 milliards de dollars de pertes.

Et puis je vous dis pas dans le reste du monde... À ce compte, on comprend mieux que Facebook soit survalorisé, vu le paquet de pognon qu'il fait perdre aux employeurs. Va falloir enquêter auprès du Medef, que ça arrive pas en France, ces choses-là.

Bla bla.
Le rythme de croissance du bébé de Mark Zuckerberg fait rêver. Le modèle est simple : on consolide d'abord l'audience, et on « monétise » après à travers la publicité. Aujourd'hui, les sites communautaires sont encore valorisés sur la base d'un « acte de foi »...

Bla bla. La valorisation de Facebook est donc basée sur la double espérance de l'essor parallèle du nombre de ses utilisateurs et de ses recettes publicitaires.
C'est clair, être valorisé à « l'acte de foi » et sur une « double espérance », ne manque plus que la charité pour avoir les trois vertus théologales... Ça fait rêver. Vraiment.
Compte tenu de son profil très « aspirationnel », avec une forte audience de départ dans les universités élitistes et les écoles de commerce du type HEC ou Essec, Facebook est devenu un phénomène de mode particulièrement prisé dans des milieux à fort pouvoir d'achat. Selon Henri de Bodinat (Arthur D. Little), « Facebook est un peu vis-à-vis de MySpace ce que Prada est par rapport à Zara » dans la mode.
Ouh la la ! « profil aspirationnel », universités élitistes, phénomène de mode particulièrement prisé dans des milieux à fort pouvoir d'achat, ça frappe fort ! Pour finir avec la comparaison qui tue : Selon Henri de Bodinat (de chez Arthur D. Little, S.V.P.), « Facebook est un peu vis-à-vis de MySpace ce que Prada est par rapport à Zara » dans la mode.

Le poids des mots, le choc des images. Maintenant, je comprends mieux, tout est limpide, c'est Henri qui vous a dit ça ? Ce que Prada est à Zara, c'est bluffant ! (c'est qui Zara ?) Et d'ailleurs je suis bluffé. Je kiffe, même (je suis plus tout à fait adolescent, mais bon, avec la « cool attitude » de rigueur, y a plus de limite d'âge théorique qui tienne). Je kiffe grave, donc.

Poursuivons :
Le premier qui arrive à conquérir une telle communauté aurait déjà gagné. C'est pourquoi le potentiel de croissance de Facebook serait sans commune mesure avec celui d'un Dailymotion, pâle copie du site de partage de vidéo YouTube. Le seul risque serait le « syndrome Starbucks », où les premiers aficionados se sentent trahis par une banalisation du concept.
J'aime bien au passage le "Dailymotion, pâle copie de YouTube", justifié par quoi en fait ? Parce que Google s'est offert YouTube et pas Dailymotion, probablement. D'où pâle copie. Comme votre "article", mon cher. Et puis le « syndrome Starbucks », les aficionados, certes on est dans la banalisation banalité la plus totale. Affligeant !

Et ça continue :
Tous les experts ne sont pas, pour autant, aussi confiants dans la validité du modèle de « développement viral » de Facebook. Le critère de valorisation du « visiteur unique » reste fragile pour un site dont la valeur ajoutée est nettement moins tangible que celle de plates-formes tels qu'eBay ou Amazon. A la différence de LinkedIn ou itLinkz, Facebook est loin d'être perçu comme un outil professionnel (« au-dessus de 30 ans, être sur Facebook, c'est ridicule », estime un expert).
Bon, et bien j'espère que votre expert il fait également le psy, parce qu'il va falloir que je consulte, moi. Remarquez, si c'est un problème viral, un bon généraliste suffira peut-être.

Et bla bla, bla bla, bla bla... Tout y passe. Et ça insiste, ça se répète : la vogue des réseaux communautaires bat son plein, l'engouement ... symptôme d'une nouvelle bulle Web 2.0, moins disproportionnée que la précédente, mais dont les effets peuvent être brutaux, indices de survalorisation palpables depuis plusieurs mois, d'où il n'est pas exclu que l'engouement croissant pour la nouvelle génération de réseaux communautaires ... alimente une nouvelle bulle spéculative (Steve Ballmer, a lui-même qualifié de « lubie » l'engouement pour les réseaux sociaux en rappelant le déclin de Geocities) (Geocities, Facebook, même combat...), le contenu inepte généré par des utilisateurs qui serait impubliable par toute source professionnelle (certes, compte tenu de vos standards de qualité...), les vieux médias ne mènent plus la danse, la parabole du « visiteur unique » a supplanté la mesure d'audience traditionnelle, l'acte de foi (nous y revoilà, parabole, acte de foi, on est en pleine "évangélisation"), bulle, bulle, bulle, engouement, engouement, engouement, Steve a bien raison !

Et de conclure brillamment (titres qui accrochent et conclusions imparables sont les deux mamelles du journalisme bien compris) :
Même si Facebook n'est pas Google, le succès de la monétisation de son audience sera un test majeur pour la valorisation du Web 2.0.
Point final. Nous en reparlerons donc...

* * *

Bon. Pour résumer, perso j'appelle pas ça un papier, pas même une serviette, mais bien un torchon. C'est mou, ça n'a aucune tenue, aucun relief. Un ramassis de lieux communs. Qui s'appuient sur du vent. Du solide, quoi. Le lectorat ressortira de ce texte plus avancé et plus intelligent qu'il ne l'était en y pénétrant. C'est fou ce qu'on apprend sur le sujet "traité". À proprement parler, un vrai truc de ouf !

Pourtant que ce soit bien clair : sur le fond, je n'affirme pas que c'est moi qui ai raison et vous qui avez tort, qu'on ne me fasse pas dire ce que je ne dis pas. Toutes les opinions sont défendables. Mais qu'on les défende. Qu'on les étaie. Qu'on cite des sources.

En Australie les patrons perdent 5 milliards de dollars à cause de Facebook. Très bien. Depuis quand ? Avec quelle fréquence ? À la semaine, au mois, à l'année, voire à la journée ? Quel est le panel de l'étude qui parvient à cette conclusion. Quelle méthodologie d'enquête. On aimerait en savoir plus. Ça ferait partie de la pertinence et du sérieux d'un journaliste d'investigation, me semble-t-il. Quelle est la source de cette étude ? Reportlinker ? Plus d'études ?

Je ne crois pas qu'en publiant des trucs comme ça vous apportiez beaucoup à l'image de votre profession. Qui n'en sort pas grandie. Au contraire.

Si j'enseignais dans une école de journalisme (mais avec quelles compétences ? je m'interroge !), je ferais de ce texte un cas d'école. En demandant aux aspirants journalistes de le prendre comme base pour rédiger un article, un vrai, qui parviendrait aux mêmes conclusions mais en les justifiant, en recoupant les références, en mettant des liens d'approfondissement, que chaque lecteur/lectrice puisse se faire sa propre opinion en fouillant le sujet, aujourd'hui un article sur Internet se doit d'être ouvert, de renvoyer son lectorat vers des analyses plus pointues, etc.

Ce que s'efforce de faire Adscriptor à longueur de billets, en somme. Pensez qu'il y a encore deux ou trois semaines, jamais je ne m'étais intéressé à Facebook !

Sachez enfin, Mesdames et Messieurs les Journalistes, les vrais, pas les blogueurs de pacotille comme le soussigné, que lorsque vous publiez sur Internet avec au bas de votre prose un lien clicable dont l'encre ancre est "Réagir à cet article", il se trouvera toujours un allumé tel que moi pour réagir. Donc désormais faites bien attention à ce que vous dites, vous êtes surveillés. Et si vous n'êtes pas capables de faire votre métier, changez-en. Boulot, boulot. On n'est pas sur Facebook, quand même !

Tiens, ça me donne envie de conclure en paraphrasant Coluche, qui donnait fort justement à un journaliste le conseil suivant, frappé au coin du bon sens : quand on n'en sait pas plus que ça sur un argument, on n'a qu'à fermer sa gueule !

Je m'excuse pour la citation de mémoire, ni fidèle ni recoupée, mais à chacun sa spécialisation, merde ! Je m'excuse...

Sans rancune,


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P.S. Si vous lisez mon commentaire au bas de l'article en objet, il dit simplement :
Bonjour,

Je ne pense pas que le succès de Facebook soit fragile, et à vrai dire, ce serait même exactement le contraire.
Cordialement,
Jean-Marie Le Ray

Lien proposé : Facebook à la loupe
Il faut dire que je l'ai posté d'impulsion, juste pour donner l'envie à celles et ceux qui passeraient par là d'en savoir plus.

Après quoi, plus j'ai lu et relu la "chose", plus je me suis dit que le meilleur moyen de combattre la désinformation, c'était d'informer. D'où ce billet. CQFD !

P.S. 2 : @ Pierre de Gasquet, si vous me répondez, ce que j'espère, juste une question supplémentaire. Votre contribution a-t-elle été publiée aussi sur la version papier de votre journal ?

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vendredi 12 octobre 2007

La valeur de Facebook

Cf. La "vraie" valeur de Facebook

Facebook - I
I. La nouveauté de Facebook : la traçabilité
II. Facebook : ouvrons le graphe social ?

Facebook - II
III. Grapher les modèles sociaux
IV. Graphing social patterns

Facebook - III
V. La valeur de Facebook

* * *

Vous l’aviez compris en lisant Facebook I et II, tout le grand chambardement auquel on assiste autour du « graphe social » n’a pour but que de booster la valeur marchande de Facebook, qui est tout le contraire d’une plateforme ouverte, laissant l’utilisateur encore trop captif, dixit Hubert Guillaud.

Comme le répète l’ami Zuckerberg :
With this evolution of Facebook Platform, any developer worldwide can build full social applications on top of the social graph, inside of Facebook.

 Grâce à cette évolution de notre plateforme, les développeurs du monde entier peuvent désormais ajouter au graphe social une couche d’applications 100% sociales, à l’intérieur de Facebook.
Une ouverture toute relative, donc. Unilatérale. Mais permettant à Facebook d’avoir une armée de plus de 90 000 développeurs qui bossent gratuitement pour le site et génèrent des milliers d’outils et d’applis pour les utilisateurs ET la plateforme : pourquoi la plateforme, me direz-vous ? simplement parce que ça permet à Facebook, sans rien dépenser, de savoir immédiatement quels types d’applications sont les plus populaires, dans quels domaines, auprès de quels publics, etc.

Des informations que des centaines de milliers d’autres sociétés paient à prix d’or pour avoir des études de marché qui vont leur dire les mêmes choses, et encore, ces études restent-elles très souvent théoriques, pleines de statistiques plus ou moins fiables.

Alors qu’avec Facebook, ça se passe sur le terrain, tout est mesurable à l’unité près ! Avec en outre la collecte d’une masse considérable de données précieuses, auxquelles seule la société a accès : au-delà du nombre des installations, des utilisateurs actifs et autres broutilles, les développeurs d’applis ne captent aucune des données utilisateur, qui toutes finissent dans la BdD de Facebook : les infos sur les connexions et les relations entre les personnes, sur leurs goûts, leur mode de communiquer, etc.

Le voilà, le « graphe social » selon Zuckerberg, un énorme référentiel, un inventaire d’une incroyable valeur ajoutée, exploitable à volonté pour le marketing comportemental, le profilage utilisateur, etc., qui confère une position de force à Facebook dans un secteur actuellement dominé par GYM & co…

Maintenant, comment la société va-t-elle « monétiser » un tel atout ? Ça reste à voir. Introduction en bourse, rachat, capital-risque, prise de participation (même Yahoo serait sur les rangs), l’éventail des possibles est très large et Zuckerberg n’a qu’à claquer des doigts pour voir affluer les offres et les fonds.

D’autant que la croissance semble inarrêtable, elle a plus que doublé en moins de 6 mois alors qu’elle était déjà énorme, avec 100 000 nouveaux utilisateurs par jour fin mai 2007.

Aujourd’hui :
  • +225 000 nouveaux utilisateurs/jour fin mai 2007
  • +1,5 million de nouveaux utilisateurs par semaine (ou +6 millions par mois)
  • +60 milliards de pages vues par mois !!! (40 en mai 2007)
  • +1500 pages vues par utilisateur chaque mois en moyenne
  • Facebook est le 6ème site le plus visité sur le Web !
Entre parenthèses, en parlant de « statistiques plus ou moins fiables », comparer ces chiffres avec la baisse du trafic de Facebook signalée par comScore et Compete. Qui a tort, qui a raison ? Explications...

Ceci dit, vous pensez bien qu’avec une telle carte de visite, Zuckerberg n’a que l’embarras du choix. C’est d’ailleurs ce qui explique pourquoi l’évaluation du site atteint des sommets. Lire également l’analyse de Christian Jegourel.

D'ailleurs en ce moment, Outre-Atlantique, les prévisions sont à la hausse ! De 10 on est passé à 15 milliards $, et certains d'évoquer le seuil de 100 milliards...

Avec les arguments suivants : l'évaluation d'une société est définie uniquement par l'accord finalisé entre l'acheteur et le vendeur (Valuation is simply defined as what a willing buyer and willing seller will agree to). Et d'ajouter : vu que Mark Zuckerberg ne vendrait probablement pas Facebook à moins de 100 milliards $, cela veut dire que l'évaluation de Facebook est dans ces eaux-là (And since, Mark Zuckerberg probably wouldn’t sell Facebook for less than $100 billion, that pretty much sets the valuation for the entire company at or near this figure).

Des affirmations fortement contredites par Jason Calacanis, même si, là encore, il est probable que la vérité est quelque part à mi-chemin (The truth is probably somewhere in the middle). Car en la matière, je trouve que le rachat par Google de Youtube (une société qui n'était pas vraiment une affaire, Calacanis dixit !), est riche d'enseignements : c'était il y a un an à peine, depuis la valeur de son action a augmenté d'un tiers (de 400 à 600 $), et Google a pris près de 50 milliards de capitalisation en plus, ce qui la place devant des poids lourds comme Wal-Mart, IBM, Apple ou Coca-Cola !

Flashback...

Donc tout dépendra de la volonté et des capacités de négocier de Zuckerberg, dont le mix de clairvoyance, de chance et d'audace a prouvé jusqu'à présent que la valeur n'attend pas le nombre des années.

Et dans ce contexte, la rentabilisation des applications et autres widgets sur la plateforme telle qu’elle est conçue aujourd’hui semblerait secondaire, tellement cela pourra dépendre des accords/alliances à venir. Voilà pourquoi je pense que la question des modèles économiques liés n’est pas le premier sujet de préoccupation chez Facebook.

Même si dans ce domaine ils font comme tout le monde : ils cherchent !

* * *
En conclusion, provisoire, je dirais qu'aujourd'hui la véritable valeur de Facebook réside en ceci :
En montrant les pouvoirs de la traçabilité sur le site-portail et la courbe de progression exponentielle de cette fonction, « qui collecte vos actions et celles de vos amis sur la plate-forme, ce “feed” comme ils l’appellent, qui nourrit et se nourrit de votre réseau relationnel », qui « conduit la viralité du réseau » et « vous informe de ce qu’il s’y passe » (Cf. Hubert Guillaud), Facebook a ouvert une voie qui va devenir une des dorsales du Web, un courant porteur, un flot ininterrompu de nouveautés sur lequel viendront se greffer toutes les applis que vous voulez et autres, tout reste à inventer…
Ce que j’appelle l’effet Facebook, une mise en flux virale qui est à Facebook ce que le PageRank fut à Google ! L’élément central et décisif de son ascension. Même Tim O’Reilly pense comme moi, c’est vous dire :
Need to think of social networking as an operating system... we are just at the beginning of building out this platform. This is like page rank in 1998. We are at the beginning of a revolution.
Social Operating System”, S.O.S., le terme est lancé, il n'est pas nouveau, mais les résultats des moteurs sont probablement destinés à exploser dans les semaines qui viennent...

Et comment traduire Social Operating System en français ? Si vous avez des idées. Système d'exploitation social n'est pas du tout satisfaisant, je vais y penser en m'aidant des réflexions d'Olivier Ertzscheid.

Pour autant, je parie que si le site/réseau ne s’ouvre pas davantage qu’il ne l’est actuellement, Facebook pourrait bien perdre son positionnement de leader pour laisser la place à de plus audacieux qui se bousculent au portillon, et pas des moindres : Hi5, LinkedIn, Google, bien sûr, sans oublier MySpace (tôt ou tard), qui ont tous décidé d’ouvrir davantage leurs réseaux sociaux. Et d’autres encore qui vont monter en puissance et dont on ne sait rien ou si peu aujourd’hui, mais qui pourraient, ou devraient (comme eBay) le faire. Quand et comment ? J'en sais rien, je suis pas devin. Mais l’avenir nous renseignera, et je gage très bientôt ! Ce ne sont pas les réseaux sociaux qui manquent :







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P.S. Une fois encore, l'actualité m'a obligé à modifier l'ordre initial, qui prévoyait pour Facebook III :

V. Facebook et modèles économiques
VI. Non, Facebook n'est pas le prochain Google !
VII. Conclusion (provisoire)


J'y reviendrai, mais pour l'heure je pense que l'ex-point V. va dépendre largement des orientations économiques et stratégiques que décidera Mark Zuckerberg à court terme, et de l'évolution de la situation qui s'en suivra. Voilà pourquoi il m'a semblé plus urgent d'affronter la question de la valeur intrinsèque de Facebook.

Quant au point VI., mieux vaut remettre la discussion après le 5 novembre. Après la bataille hypercompétitive avec Microsoft, voici donc un autre front qui s'ouvre pour Google. À moins que ce ne soit le même. Dans une guerre de toute façon sans gagnant ni perdant. Et sans fin...

En attendant, je vous laisse méditer :


Et pour celles et ceux qui en entendraient parler pour la première fois, s'il y en a, je vous conseille de lire cette approche au phénomène Facebook, claire et pédagogique. Pour les autres...

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