mardi 11 septembre 2007

Microsoft : 10 raisons de ne pas utiliser Google Apps !

Microsoft : 10 raisons de ne pas utiliser Google Apps !

Microsoft réagit à l'annonce du partenariat CapGemini - Google en publiant 10 raisons pour lesquelles les entreprises ne devraient pas utiliser Google Apps, dans sa déclinaison Premier Edition !

  1. Google proclame avoir pour clients des entreprises, mais combien y a-t-il véritablement d'« UTILISATEURS » de leurs applications dans l'entreprise ?
  2. L'historique des produits Google se traduit par la mise en ligne de logiciels inaboutis qu'on appelle des versions bêta, avec une planification des mises à jour que Google est seul à connaître, chose contraire à ce que les entreprises veulent et attendent de leurs partenaires technologiques, donc que fait Google pour indiquer à ses clients que leurs nécessités sont bien prises en compte ?
  3. Google racole les clients avec le faible coût de ses applis, non pas seulement sur le prix, mais également sur le fait que Google Apps n'a besoin ni de ressources matérielles, ni de stockage ni de maintenance. Pourtant, si Google Apps est véritablement complémentaire à la suite Office de Microsoft, alors les coûts augmentent de fait pour l'entreprise puisqu'elle se retrouve désormais à devoir gérer et maintenir deux systèmes IT. Cela ne débouche-t-il pas sur une complexité accrue et des coûts plus importants ?
  4. Le métier principal de Google, c'est la recherche monétisée par la publicité. Leur cible sur les entreprises et, à présent, les applicatifs logiciels, est une cible marginale, conjuguée à d'autres cibles marginales qui ne représentent pas plus d'1% du C.A. de Google. Que se passera-t-il si l'implémentation de ces produits s'avère insatisfaisante ? Réduiront-ils le service à la portion congrue et arrêteront-ils les frais dans les plus brefs délais ? Ou les clients doivent-ils juste espérer que cela ne se produira pas ?
  5. Google Apps fonctionne seulement si l'entreprise n'a pas de gros utilisateurs, si les employés sont "always on", et que les entreprises n'ont pas développé d'applications Office personnalisées  Or ce panorama de la situation ne correspond-il pas à un très faible pourcentage de la population globale des travailleurs de l'information aujourd'hui ? Donc si l'on compare les fonctionnalités, il n'est pas étonnant que Microsoft dispose d'une avance considérable.
  6. Les applis Google n'ont pas certaines fonctionnalités essentielles d'aide à la création de documents, telles que la prise en charge des en-têtes et des pieds de page, des tables des matières, des notes, etc. De plus, alors que les clients peuvent collaborer sur la documentation de base sans les fonctionnalités ci-dessus, pour collaborer sur une documentation plus pointue, l'entreprise doit appliquer un processus en deux temps : travailler ensemble sur la documentation de base, sauvegarder les fichiers sous Word ou Excel et envoyer le tout par courriel pour l'édition finale. Certes, ils ont un ticket annuel tarifé à 50$, mais compte tenu des inefficacités inévitablement créées dès le premier cycle de production, en fin de compte combien coûtera vraiment l'utilisation de Google Apps ? Et, en termes de fidélité, les entreprises peuvent-elles se permettre les pertes en découlant ?
  7. Les entreprises ne doivent jamais perdre de vue les exigences réglementaires et législatives. Donc s'il est vrai que Google peut stocker en très grande quantité les données des entreprises sur ses serveurs, celles-ci n'ont aucun moyen facile et automatisé de supprimer régulièrement ces données, de traiter les aspects légaux propres à des documents spécifiques ou d'en faire remonter des copies. Que se passera-t-il donc le jour où elles seront amenées à répondre à des exigences réglementaires ? Google proclame un taux de fonctionnement régulier de 99,9% pour ses applications, mais peu de gens réalisent que cette promesse ne concerne que Gmail. Tout comme est alarmante la définition du "downtine" pour Google, avec un « temps d'arrêt » de dix minutes consécutives. Que se passera-t-il si des interruptions de service de 7 minutes par heure se produisent tout au long de la journée ? Combien coûtera aux entreprises chaque journée de travail avec ces 7 minutes d'arrêt par heure ?
  8. Il est impératif pour le monde des affaires, connecté en permanence, qu'il puisse toujours compter sur un support technique 24/7. Si une entreprise déploie Google Apps et rencontre un problème technique à 8pm PST, désolé, mais rien à faire ! Est-ce que les heures d'ouverture de l'assistance technique de Google (1AM-6PM PST) sont les nouveaux horaires des acteurs économiques mondialisés ? Et si l'administrateur « désigné » par le client (condition exigée par Google) n'est pas disponible, est-ce que tout s'arrête purement et simplement ?
  9. Google indique que les entreprises n'utilisent aujourd'hui que 10% des fonctionnalités des applications bureautiques, ce qui implique que CHAQUE utilisateur n'a besoin que de ces 10% de fonctionnalités, alors qu'en fait il est clair que dans chaque entreprise différentes fonctions doivent pouvoir avoir accès à des informations données, auquel cas de quelle manière la trop vague stratégie de Google peut-elle satisfaire les exigences spécifiques de ces utilisateurs ?
  10. Les produits Google Apps étant perpétuellement en version bêta, et Google contrôlant quand et si de nouvelles versions ou fonctionnalités doivent être implémentées, les clients n'ont qu'un contrôle infime - s'ils en ont - sur la planification relative à l'implémentation desdites versions ou fonctionnalités. Donc : 1) au plan stratégique, comment pourrais-je planifier et former mon personnel et, 2) au plan pratique, comment pourrais-je obtenir les fonctionnalités spécifiques dont j'ai besoin ? Et combien d'argent tout cela me coûtera-t-il ?
Dans la série La bataille de titans ne fait que commencer...

Via ZDNet et Read/Write Web.


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dimanche 9 septembre 2007

Moteurs de recherche 2010


Suite et fin des trois billets consacrés à Gord Hotchkiss, après Search Engine Results 2010 et Les moteurs de recherche innovent, pourquoi les marketers Web n’en font-ils pas autant ?

L'occasion m'en est donnée par la publication du deuxième volet (premier) de ses interviews sur « à quoi ressemblera une page de résultats dans trois ans ? ».

Nous avons d'abord vu que la traditionnelle page de résultats va être révolutionnée, tant sur la forme que sur le fond :
  • sur la forme, avec une présentation des liens non plus linéraire mais intégrant, ou, pour mieux dire, amalgamant (blending) photos, vidéos, cartes géographiques, commentaires, etc. (côté pub on peut très bien envisager la présence de widgets interactifs en plus des habituels liens contextuels, d'autres formats riches...) ;
  • sur le fond, avec l'émergence de la recherche universelle (celle qui va puiser dans les différents index, ou inventaires), de la personnalisation (celle qui tient compte de vos préférences et de votre profil) et de la verticalisation (celle qui décide des thématiques auxquelles appliquer personnalisation et recherche universelle).
En fait, si je devais hiérarchiser, je dirais que c'est cette dernière qui passe en premier et subordonne les deux autres, avec par ordre d'importance :
  1. Verticalisation
  2. Personnalisation
  3. Recherche universelle
La verticalisation est cruciale « ... au moment où la recherche est plus que jamais destinée à devenir le véritable système d'exploitation de l'Internet (Search is the OS...), au moment où le référencement tel qu'on le connaît est appelé, non pas à disparaître, mais à évoluer et se transformer en profondeur, au moment où dans le couple intégration / synchronisation Desktop - Webtop, le premier régresse chaque jour davantage derrière le second (l'ère de l'information quitte le bureau pour passer sur Internet), (...), au moment où l'heure est venue de changer nos modes de travail... ».

D'autant plus qu'elle peut s'avérer très efficace, j'ai eu l'occasion de le vérifier à plusieurs reprises avec Translations2.com, vu le gain de temps important sur des recherches terminologiques ciblées : là où les résultats apparaissent dès la première page sur Translations2.com, ils sont relégués sur les pages suivantes avec Google.

Mais ce n'est pas tout, car il faut désormais ajouter à ces formidables innovations des moteurs la montée en puissance de la recherche sociale et autres concepts liés, outre l'apparition de nouveaux moteurs ayant pour nom MySpace (575 millions de recherches en juillet !), Facebook, eBay, Amazon ou encore Grub...

Que de bouleversements en perspective, donc !

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Dans son livre blanc (un must, 61 pages, 3,2 Mo) qui regroupe les deux séries d'interviews et les analyses d'oculométrie, Gord Hotchkiss et son équipe nous donnent une idée des implications pour le positionnement des liens, puisque la forme en F majuscule chère à Tom évolue vers celle d'un E majuscule :


L'attention de l'œil étant d'abord capturée par l'image (encore faut-il qu'elle remplisse le critère de la pertinence par rapport à la recherche de l'internaute), cela déplace le "centre de gravité" du point d'entrée, c'est-à-dire là où se pose le regard en premier, d'où il commence ensuite à balayer la page.

Avec une conséquence importante au plan du positionnement : imaginez que vous ayez payé une fortume pour occuper le premier rang (promesse qui fait encore partie de l'offre de trop de référenceurs aujourd'hui), désormais une simple image peut suffire à faire bypasser votre lien ! C'est caricatural, certes, mais témoigne cependant de la nécessité de penser le référencement autrement, globalement, comme nous en donne un avant-goût Arkantos ou comme le signale Arnoweb en commentaire :
Nous basculons dans une ère où l'intelligence artificielle des algorithmes (...) utilise finalement des données portant sur une population d'internautes...

Par conséquent je pense que nous nous dirigeons vers une mutation du métier de référenceur qui va laisser la place à chef de projet de création de site Web.

Ce dernier sera en charge de rendre un site attirant afin de générer des backlinks naturellement et aussi fidéliser.

Car rappelons-le : CONTENT IS KING.
Exemple pratique avec les images : je dois en avoir pas loin d'un millier sur Adscriptor, mais je compte sur les doigts de la main (allez, disons des deux mains) celles qui sont optimisées.

Optimiser une image veut dire lui donner un nom pertinent et renseigner comme il faut les balises ALT et TITLE, si possible avec des mots clés en rapport avec le contexte, puisque dans le palimptexte qu'est devenue la page Web, le paratexte occupe une place prépondérante, probablement supérieure au texte pur pour les moteurs.

Il est vrai que je ne m'en suis jamais trop soucié sur mon blog, mais sûrement ai-je eu tort. Dans mes stats l'un de mes référents habituels est sur pervers ou ... doigtage (cf. Les confessions d’un hétérotextuel) !

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La conclusion de ce qui précède est qu'il faut donc penser en termes de multipositionnement, non plus simplement sur le texte mais sur tous les éléments du palimptexte, une réalité qui n'a jamais existé jusqu'à présent, et dont nous avons encore bien des difficultés à appréhender toutes les implications pour notre présence Internet...

Ce n'est plus de simple écriture Web qu'il s'agit, mais plutôt d'ingénierie "scripturale" (linguistique, sémantique, technique, etc.). Interactive, et donc réactive. Adaptative. Selon les buts, les retours d'information, les événements, les destinataires, etc. Sans parler de localisation...

Franchement, quelle est aujourd'hui l'entreprise qui met son site en ligne en pensant à ce qui précède ? Et pourtant ! Donc, si vous cherchez un consultant en contenu, vous savez où me trouver. Pour conclure, je vous laisse avec cette question : où sera positionné votre site sur la page de résultats de Google en 2010 (ce n'est qu'une projection, mais on comparera dans trois ans...) ?



P.S. Bien qu'il ne le sache pas, je remercie vivement Gord Hotchkiss de m'avoir inspiré cette série de trois billets, même si je ne peux que vous encourager à approfondir, soit en lisant ses billets sur Search Engine Land soit en téléchargeant le livre blanc intitulé Search Engine Results: 2010. Un must-have & must-read !

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vendredi 7 septembre 2007

Cinq raisons pour lesquelles je blogue

Cinq raisons pour lesquelles je blogue

Pourquoi je blogue : les 5 raisons des blogueurs, version longue
(version courte)

Une fois n'est pas coutume, permettez-moi de lancer un petit mème des familles, je viens de découvrir "5 reasons why I blog" en préparant l'un de mes prochains billets et, une fois de plus, la mèmemania a l'air d'avoir déjà bien pris Outre-Atlantique, plus de 15 000 résultats à l'heure actuelle, contre ... 0 chez nous !


Faudrait peut-être voir à changer ça (voir une semaine plus tard...) :-)

Et à vrai dire, celui-ci m'inspire bien.
  1. La première raison est écrite inscrite dans le premier billet de ce blog : « partager des ressources anglophones avec un public francophone ». Il est vrai qu'à l'époque je pensais surtout au marketing, mais toujours avec l'idée - qui ne me quitte pas - d'aider à accroître sa visibilité sur le Net, en mettant à la portée de chacun/e les recettes souvent utilisées avec succès par les anglo-américains. J'ignorais que j'allais découvrir le Web et ... Google !
  2. Dialoguer, échanger : soit dans les commentaires, soit en commentant moi-même chez les autres, soit par billet interposé, l'important c'est que les conversations ne s'arrêtent pas...
  3. Apprendre, la curiosité : je suis un irréfrénable curieux, au bon sens du terme (j'ai horreur de m'occuper des affaires des autres), curieux de tout, l'esprit constamment en éveil sur tout ce qui accapare mon attention, à 360°. C'est d'ailleurs une condition sine qua non pour faire un bon traducteur... Or tenir un blog oblige à se tenir au courant, et, donc, à apprendre des autres. Bloguer, c'est de la formation continue à l'état pur.
  4. Communiquer, m'exprimer, au gré de mes humeurs ou de l'actualité, rebondir sur tous les sujets, sans limites (sauf celles que je m'impose) et sans modération. Nous ne vivons pas en Chine, nous jouissons d'une liberté de parole et de pensée extraordinaire, ne nous en privons pas, notre message franchira peut-être les frontières...
  5. Last but not least, parce que ça me fait plaisir ! J'aime écrire, ça m'est aussi indispensable que de respirer, et dites-moi un peu : y en a-t-il parmi vous à qui respirer ne fait pas plaisir ?
Voilà, fini pour aujourd'hui. Je passe le relais aux éminents blogueurs ci-après en espérant qu'ils vont bien se lâcher....

Otto le Chauffeur de Buzz
Didier Durand
Jean-François Ruiz
Éric Dupin
Les Explorateurs

P.S. Dominique Strauss-Kahn
Vinvin (J'avoue que je me pose moi aussi toutes ces questions. Naturellement.)

Et puis rassurez-vous, même si vous n'êtes pas dans la liste ci-dessus, que ça ne vous empêche pas de reprendre le flambeau, faites-moi juste savoir, que je puisse mettre un lien vers votre blog, un peu à la manière du Manifeste pour la "spaghettisation" de la blogosphère francophone...

Elle en a bien besoin, pauvre biquette :-)




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jeudi 6 septembre 2007

Les moteurs de recherche innovent, pourquoi les marketers Web n’en font-ils pas autant ?


Suite du précédent billet et deuxième consacré à Gord Hotchkiss.

Depuis que je tiens ce blog, je me suis toujours intéressé au référencement. Le référencement est au centre de notre expérience sur Internet. Les anglo-saxons appellent ça le Search Engine Marketing (SEM), littéralement le marketing pour les moteurs de recherche, et les référenceurs sont les marketers pour ces mêmes moteurs, ou Search Engine Marketers (SEMs).

Je choisis un compromis en utilisant marketing Web pour rendre l'idée du binôme référencement / SEM et marketers Web pour référenceurs / SEMs. Je trouve en effet que le concept anglais rejoint la notion française en ce que tous deux sont trop limités, l'un faisant trop explicitement référence aux moteurs de recherche et l'autre ayant une connotation trop "experte", puisque dans mon idée l'optimisation du positionnement d'une présence Web va bien au-delà des seules techniques du référencement (notamment avec l'émergence des médias sociaux).

Donc pour en revenir à Gord, il a publié fin juillet un billet intitulé Search Engines Innovate, Why Not SEMs?, qu'il m'a autorisé à traduire. En français, ça donne :

Les moteurs de recherche innovent, pourquoi les marketers Web n’en font-ils pas autant ?
J’ai beaucoup pensé à l’avenir de la recherche ces derniers temps. Je viens de terminer une série d’interviews auprès de certains des plus gros influenceurs et observateurs du Web - Marissa Mayer, Danny Sullivan, Greg Sterling, Michael Ferguson, Steven Marder, Jakob Nielsen et d'autres -, avec qui nous avons parlé de ce à quoi pourrait ressembler une page de résultats en 2010. Cet automne j'essaierai de rassembler le résultat de nos conversations dans un livre blanc. Avec quelques autres, nous avons également parlé du futur du marketing Web. La conclusion tient en une formule : « Accrochez-vous, vous n'avez encore rien vu ! »

La constante, c’est le changement

Ces jours-ci, j'ai fait remarquer à pas mal de personnes que j'ai vu plus de changements intervenir sur nos pages de résultats au cours des six mois écoulés que pendant les dix dernières années. Et tous semblaient d’accord sur un point : ce n’est qu’un début. Qu'il s’agisse de personnalisation des résultats, de recherche universelle, de fonctionnalités Web 2.0 ou mobiles, notre expérience en matière de recherche sur Internet est en passe d’être radicalement modifiée. La recherche deviendra plus pertinente, plus fonctionnelle, plus polyvalente (ubiquitaire) et plus intégrée. Elle sera de plus en plus omniprésente (via nos mobiles) et utile. Notre offre de loisirs va s’étoffer considérablement, de même que nos possibilités d’achats. Et tout cela va se produire rapidement.

La recherche et le marketing Web vont de pair

Pour ce qui nous concerne, la vraie question c’est quelles sont les implications de tout ce qui précède pour le marketing Web ? On m’a récemment demandé d'où viendrait l'innovation principale pour la recherche. À noter qu’à la même question, un analyste réputé avait d’abord répondu qu'il ne voyait pratiquement aucune innovation du côté des référenceurs, qui « vivaient de leurs rentes. » Mon premier réflexe fut de défendre les gens du métier, avant de m’apercevoir que c’était plus facile à dire qu’à faire.
En fait, j'ai réalisé que je n'avais pas beaucoup vu d'innovations récentes en la matière. Certes, les moteurs eux-mêmes sont les premiers à innover, ainsi que d’autres secteurs connexes (mesures d’analyse, veille et intelligence économique). Mais à vrai dire, pas grand chose de nouveau dans le monde du marketing Web. On a vu ces dernières années toute une série de solutions propriétaires et d’outils d’enchères dans la publicité contextuelle, mais depuis les choses n’ont guère bougé. On dirait que les référenceurs font comme les autruches : ils mettent la tête dans le sable. Et au lieu de favoriser le changement, nous l’entravons activement.
Il y a probablement beaucoup de raisons à cela. En premier lieu, je pense qu'un certain nombre d’acteurs majeurs ont perdu la flamme. La fatigue se fait sentir. J'ai déjà rédigé une série d’articles sur la question. Deuxièmement, c’est dur dur de développer de nouveaux outils ou de nouvelles technologies lorsque vous êtes complètement dépendants des API ou (pire encore) des résultats que vous fournissent les moteurs de recherche.
Ainsi, c'est très risqué de dépenser du temps, de l’énergie et des ressources pour développer des outils ou des technologies susceptibles d’être dépassés sur un simple choix technique arbitraire de Google ou Yahoo, voire rendus complètement obsolètes par l’évolution rapide des innovations.

Collaborer ou couler !

Le fait est que (en disant ça, je suis sûr que bon nombre de lecteurs ne manqueront pas d’objecter et de réfuter mon argumentation), même si pour l’instant les référenceurs continuent de surfer sur la vague, il se pourrait que bientôt ils aillent droit dans le mur. La nécessité d’innover et de faire évoluer votre positionnement stratégique est plus importante que jamais. Car au fur et à mesure que les moteurs changent les règles, les référenceurs doivent s’adapter s’ils veulent survivre. Aujourd’hui, il est impératif d'innover.

Et au final, ce sera une bonne chose.

Les bouleversements qui se produisent dans la recherche ne font que refléter ceux qui sont à l’œuvre dans le marketing et la publicité en général. C'est la constante évolutive d’un marché qui gagne en efficience, où les interconnexions entre vendeurs et consommateurs sont de plus en plus efficaces grâce à une circulation bidirectionnelle de l'information plus fluide.
Les incertitudes traditionnelles de la publicité s’effacent peu à peu, en grande partie grâce à l’accroissement considérable de la pertinence de la recherche. Et plus la recherche devient pertinente et utile, plus les interconnexions se font fiables et moins envahissantes, dans un cycle vertueux pour les deux parties en présence. L'occasion se présente donc aux référenceurs d’aider les publicitaires à mieux négocier le virage d’un marché chaque jour plus efficace sur le Web. Serons-nous capables de relever le défi ?

Bien. Cet article m’a frappé parce qu’il illustre deux des aspects de la présence Web qui m’intéressent au plus haut point :

1. Comment être présent ?
2. Comment être trouvé ?


Les deux choses semblent couler de source, et pourtant : vous ne serez jamais trouvé si vous n’êtes pas présent, c’est clair, mais être présent ne signifie pas automatiquement être trouvé. Deux stratégies qui doivent se rejoindre et s'alimenter réciproquement.

1. Être présent, c’est la stratégie amont.
2. Être trouvé, c’est la stratégie aval.


Internet est un territoire de conquêtes, à proprement parler, qui exige d’occuper le terrain sur le long terme pour conquérir une présence parmi un nombre de sites et de pages Web qui augmentent de façon exponentielle.

Il y faut toujours du travail et de la constance, à défaut de moyens. Ce qui est sûr c'est que les techniques de positionnement et autres ne peuvent être que la conséquence d'une stratégie réfléchie et conçue a priori, et non pas une fin en soi. Chose dont les clients des référenceurs ont rarement l'air d'être conscients. Heureusement pour eux, d'ailleurs ! Tant que ça dure...

En conclusion, pour paraphraser le titre, les moteurs de recherche innovent, comment chacun de nous peut-il ou elle innover pour donner visibilité à sa propre présence sur Internet ? C'est ce que nous verrons dans le troisième billet de cette série.


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lundi 3 septembre 2007

Search Engine Results 2010


ou À quoi ressemblera une page de résultats dans trois ans ?

Ce billet, le premier de trois, se base sur une série de réflexions et d'interviews de Gord Hotchkiss, President & CEO d'Enquiro Search Solutions, Inc., société mondialement connue pour ses recherches sur l'eye-tracking, la capture des mouvements de l'œil face à l'écran - qui répond en français au doux vocable d'oculométrie -, notamment pour avoir révélé dès mars 2005 le fameux triangle d'or des pages de résultats de Google.


J'imagine que beaucoup d'entre vous ont déjà vu cette image (j'en ai déjà parlé ici), mais savez-vous qu'elle a aussi beaucoup servi - et sert encore - de modèle aux référenceurs et autres Web marketers pour le positionnement des liens ?

Or elle se base sur une conception de la page de résultats au format texte, linéaires, qui s'inscrit dans une tradition séculaire de présentation de l'écriture imprimée, qu'on peut au moins faire remonter à Gutenberg (dont le projet vit encore)...

Seulement voilà, sur Internet le texte laisse lentement mais sûrement la place au palimptexte, et avec la montée en puissance de la recherche universelle selon Google (dont le brevet original, intitulé Interface for a Universal Search, et déposé en 2003, compte Marissa Meyer parmi ses inventeurs), ce modèle de page ne le sera bientôt plus (à la page ;-), puisque l'intégration d'images, de vidéos et de résultats provenant d'autres référentiels (ou inventaires, comme on dit Outre-Atlantique) révolutionne déjà la perception des internautes, même si la mise en service, inéluctable, va se faire en douceur...

Interrogée par Gord, Marissa Meyer déclare à propos de l'évolution des fonctionnalités de cette "future" page :
I think that people will be annotating search results pages and web pages a lot. They’re going to be rating them, they’re going to be reviewing them. They’re going to be marking them up, saying “I want to come back to this one later”. (...) People are going to be able to say I want to add a note here; I want to scribble something there, and you’ll be able to do that. So I think the presentation is going to be largely based on our perceived notion of relevance, which of course leverages the user, in the ways they interact with the page, and look at what they do and that helps inform us as to what we should do. So there is some UI user interaction, but the majority of user interaction will be on keeping that information and making it consumable in the best possible way.

Je crois que les gens vont vouloir apposer des remarques autant sur les pages de résultats que sur les pages Web. Mais ils vont aussi les noter, les passer en revue, les étiqueter
(je veux revenir sur cette page plus tard), ..., les commenter, les gribouiller, et ils pourront le faire. Donc je pense que la présentation se basera largement sur la notion de pertinence telle que l'utilisateur la perçoit, selon la manière propre à chacun d'interagir avec la page, et le retour d'information sur cette interaction nous aidera à mieux cibler nos actions. Il faut donc qu'il y ait interaction de l'internaute au niveau de l'interface, même si grande partie de cette interaction consistera à conserver l'information pour la rendre exploitable le mieux possible.
[MàJ - 6 sept. 07] Je viens juste de découvrir une interview de Marissa Meyer par Loïc Le Meur où elle parle de tout ça. Y a des fois où c'est mieux en images...


Sans entrer dans les détails, ce que Google est en train de mettre au point, c'est donc un mix entre recherche universelle et personnalisation, et comme on peut le voir sur cette présentation de Gord à la conférence Search Engine Strategies 2007, ça peut s'avérer terriblement efficace...

Décidément, l'innovation est à l'ordre du jour et nous n'en sommes qu'au début. Comment agirons/réagirons/interagirons-nous face aux chamboulements à venir ? Cela fera l'objet d'un prochain billet.


P.S. J'avoue que devant la puissance et les capacités de profilage de Google, je ne vois pas grand monde capable de rivaliser à l'avenir. Yadoop ? Disons que Yahoo! aurait les moyens financiers mais que l'équipe dirigeante manque singulièrement de charisme...

Quant à Microsoft, ils s'empêtrent chaque jour un peu plus dans des combats d'arrière-garde (qu'ils perdent), ils sont vraiment trop cons !

À moins qu'ils ne se mettent ensemble, une vieille histoire...

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vendredi 31 août 2007

Blog Day 2007

Blog Day 2007


Aujourd'hui c'est la journée des blogs (et la fête des blogueurs :-), une occasion non pas de succomber à la mode éphémère des mèmes, mais plutôt de célébrer l’incomparable richesse de la blogosphère pour signaler des blogs qui sortent des sujets que je traite d’habitude mais qui valent le détour…

Mon choix a porté sur le graphisme et l’esthétique, point commun à 4 blogs sur 5, pour le cinquième je vous laisse la surprise…

Et d'abord pourquoi le 31 août ? Simplement parce que le logo est la conjugaison alphanumérique du mot blog et du chiffre 31-08, comme je l'ai appris chez Techcrunch.

Blog Day 2007

Cette mise au point établie, commençons par le blog Design et typo de Peter Gabor, je vous conseille fortement d'aller vous y perdre, la surprise est assurée. Classe !

Bon pied bon œil, gardons l'œil ouvert, pour un peu de « poésie et rêverie sur le monde ». La poésie est un peu mon jardin secret, celles et ceux qui fréquentent ce blog le savent : plus de 500 à ce jour, quand même, je vous en remercie, même si vous devriez commenter plus souvent. Je ne réponds pas toujours, surtout en ce moment où j'ai une surcharge pas seulement pondérale (aussi...), mais de travail.



Passons à Oui/Non.net, le « spécialiste de rien du tout » comme il se définit plaisamment lui-même, bien qu’il soit à l’origine d'une fantastique carte de la blogosphère. On attend avec impatience la V. 2.0 ! Un bel exemple d'évolution... J'aime bien les gens qui se prennent pas trop au sérieux, déjà qu'on est obligé de se prendre la tête tous les jours, la perdre de temps en temps ne peut qu'être salutaire.

Ce qui m'amène dans une transition toute en douceur à ce blog, dédié aux féministes, qui m'a franchement fait rigoler. Un zeste de misogynie, deux doigts d'humour et un brin de vérité… Femmes acariâtres s’abstenir ! Rassurez-vous mesdames, si parmi mes adorables lectrices il y en a une qui connaît un blog équivalent au féminin, je me ferai un plaisir de le signaler à mes non moins adorables lecteurs de la gent masculine. :-)

Un détour pour vous dire comment j'y suis arrivé. Je voulais mettre dans ma sélection un Skyblog, car pour paraphraser Technorati, sur 7 millions de blogs, « some of them have to be good ! »

Parenthèse, puisque je parle de Technorati. En une semaine, je suis passé d'un score d'autorité de 140 (qui correspond en gros à la 30 millième place) à 90 (soit environ la 60 millième place). Donc perdre 30 000 places en une semaine, c'est bien que j'ai dû déconner ! À moins que ce soit Technorati...

Et maintenant, pour finir cette promenade en beauté, voici un blog riche en vues splendides de Sydney, une ville que j'aime beaucoup pour avoir eu le privilège de la visiter (j'en ai gardé pas mal de souvenirs, notamment des grottes de Jenolan Caves - Blue Mountains, New South Wales), dont ce cliché qui semble retouché par Van Gogh :


Légende : « Le Musée d'art moderne (l'immeuble roux en arrière plan) combiné avec une peinture aborigène exposée en vitrine dans une galerie d'art de Circular Quay. »

J'ai contacté Nathalie pour lui demander l'autorisation de publier la photo, elle ne m'a pas encore répondu, mais je suppose qu'elle ne m'en voudra pas, elle qui aime partager. Et puisqu'elle ferme son blog sur l'Australie pour cause de retour au pays, profitons-en pour lui souhaiter bon retour. En tout cas, nous pourrons continuer à la suivre sur son nouveau blog qui sent bon le terroir, elle a vraiment un sens artistique extraordinaire.

C'est fini pour aujourd'hui, j'espère que l'itinéraire vous aura plu autant qu'il m'a emballé…


P.S. J'en profite pour vous signaler que le verbe "bloguer" vient de faire son entrée dans le Petit Robert, l'attribution du verbe revenant à nos cousins canadiens. Par contre les français conservent "blog" comme substantif, alors qu'à l'occasion les carnetiers de Québec appellent ça un "blogue". :-)


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jeudi 30 août 2007

George Reyes démissionne : est-ce que Google prend les devants ?

George Reyes démissionne : est-ce que Google prend les devants ?

Apparemment, l'info est innocente et je n'ai relevé aucune note négative dans ma revue de presse Outre-Atlantique. Officiellement, il se "retire", salué par l'équipe dirigeante de Google. Oubliée la bourde commise en début d'année dernière, aujourd'hui, c'est tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. Il n'empêche...

George Reyes

Vous vous souvenez de l'ébauche de scandale Steve Jobs à cause des stocks-options antidatées ? Ainsi, le CA d'Apple lui aurait attribué 7,5 millions d'options le 18 décembre 2001, avec une date fictive du 19 octobre.

Ce qui revient à dire que le 18 décembre il aurait pu acquérir ces options au cours fixé le 19 octobre, connu a posteriori, d'où une plus-value largement accrue. La chose n'est pas légalement interdite, pourvu que ce soit approuvé par la direction et comptabilisé de façon rétroactive.

Or la transparence nécessaire s'est plutôt teinte d'opacité, et même si Steve Jobs s'en est partiellement bien sorti, le cours de l'action Apple a tremblé (alors qu'une condamnation aurait pu faire perdre des milliards à la société).

Pour autant, Jobs n'est que la pointe de l'iceberg. Plus de 200 grandes sociétés américaines sont impliquées dans ce scandale, dénoncées par la SEC (régulateur de la Bourse aux US) et dont beaucoup sont implantées dans la Silicon Valley.

Or au début du mois, le 6 août, un Tribunal de San Francisco a émis une première condamnation aux dépens de l'ex-CEO de Brocade Communication, jugé coupable de 10 chefs d'accusation ! Son nom : Gregory L. Reyes.


Reyes, ça vous dit quelque chose ? Et bien oui, Greg Reyes n'est autre que le neveu de George Reyes.

Et, comme tout Wall Street, il est en attente du résultat de son procès d'appel, dont le jugement sera rendu le 21 novembre prochain. Or même si le Juge d'appel peut annuler le verdict sur un, plusieurs ou les dix chefs d'accusation, cela semble peu probable. Greg Reyes risque d'ores et déjà 20 ans de prison et une amende de 5 millions de dollars, mais surtout un jugement défavorable aurait sans aucun doute des conséquences incalculables pour les quelque 200 autres sociétés concernées.

Sans compter que la nouvelle d'une condamnation ferait le tour du monde en moins de 24 heures et que le nom de Greg Reyes serait propulsé sur tout l'Internet et au-delà. Et si cela advient, croyez-vous que la presse mondiale ne se délecterait pas de faire le rapprochement entre le neveu et l'oncle (très peu le font aujourd'hui) ?

Je me souviens que lorsque j'ai vu l'info début août, la première chose qui m'est venue à l'esprit a été la question suivante : quelles seront les conséquences pour Google ?

Donc si moi, internaute lambda, j'ai pensé ça du fond de ma brousse, croyez-vous que les compères Larry, Sergey, Eric n'auront pas pensé de même ? Ils ont beau dire publiquement « ...son caractère réfléchi, son sens de l'humour et son esprit de sagesse nous manqueront (we'll miss his thoughtfulness, good humor and wisdom) », pas tant que ça quand même...

Mais bon, l'affaire est réglée, puisque bientôt George Reyes n'aura plus rien à voir avec Google, et gageons avant le 21 novembre !


P.S. À noter au passage que Kevin Ryan, le juge à l'origine de la task force qui a conduit à la condamnation de Greg Reyes, est l'un des 8 juges limogés par Alberto Gonzales, ce proche de Bush contraint de démissionner à cause de cette affaire...

Et qu'on ne me fasse pas dire ce que je ne dis pas, qu'il y aurait un rapport quelconque de cause à effet !

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