mardi 5 décembre 2006

Internet des objets : quand le hasard fait bien les ... choses !

Internet des objets : quand le hasard fait bien les ... choses !

Is Internet of Things the Next Big Thing? Probably it is...

Croyez-vous au hasard des dates ?

Du 27 au 29 novembre dernier s'est déroulé à Paris le 20ème congrès DNAC - De Nouvelles Architectures pour les Communications, avec une journée de synthèse ayant pour thème : « Quid de l'Internet en 2010 », une présentation de Guy Pujolle. Parmi les autres exposés prospectifs : les enjeux économiques, Introduction à l'Internet des « choses », l'Internet hertzien, l'Internet autopiloté, l'Internet de domicile, l'Internet coopératif ; les transformations à attendre et les révolutions à venir.


Pendant ce temps, Outre-Atlantique, ce même 29 novembre, le Département du Commerce des États-Unis approuvait définitivement l'accord conclu entre l'ICANN et Verisign pour mettre fin au procès qui les opposait :


Un accord accompagné d'un avenant de 95 pages (PDF), qui laisse à VeriSign la gestion du .COM au moins jusqu'en 2012, dont les implications nous échappent encore totalement, mais qui ne manque pas de sel, puisque l'administration US, via la NTIA, bypasse (qu'on m'excuse l'anglicisme) désormais totalement l'ICANN, ainsi reléguée au rang de marionnette, et encore... :
...Based on the consultations undertaken and advice received, the Department negotiated Amendment 30 to its Cooperative Agreement with VeriSign to address competition issues, including pricing and renewal, and Internet security and stability concerns.
(...)
Pricing
VeriSign must obtain prior written approval from the Department of Commerce before any amendments can be made to the pricing provisions of the agreement or execution of a renewal or substitution of a future .com Registry Agreement.
(...)
Renewal
VeriSign must obtain prior written approval from the Department of Commerce before execution of a renewal or substitution of a future .com Registry Agreement.
(...)
Internet Security and Stability
VeriSign must obtain prior written approval from the Department of Commerce before execution of a renewal or substitution of a future .com Registry Agreement.
(...)
En gros, à chaque fois, autant en matière de tarification que de renouvellement de l'accord afin de garantir la sécurité et la stabilité de l'Internet, « Verisign devra obtenir l'accord écrit préalable du Département du Commerce avant de... », ce qu'on appelle une politique d'ouverture bien comprise, chose que j'ai déjà eu l'occasion d'observer dans L'ICANN et la gouvernance d'Internet : certifiés DoC !.

Mais qu'on se rassure, l'acharnement du DoC à vouloir contrôler exclusivement tout ce qui touche de près ou de loin à Verisign n'a pas grand chose à voir avec le Registre du fameux .COM, ou si peu, mais plutôt avec la gestion du système universel d'adressage d'Internet, le DNS, et, à terme, avec celle de son petit frère, destiné à grandir et grandir encore : l'ONS. On n'en parle pas encore, ou très peu, mais croyez-moi, ça ne vas pas tarder, au point qu'on pourrait bientôt davantage évoquer l'ONS que le DNS... Sans compter la relation stratégique étroite et les similitudes poussées entre les deux :
« Longtemps reconnue pour le rôle qu’elle a joué dans le fonctionnement de l’infrastructure critique sous-jacente au DNS et à internet, la société VeriSign développe son infrastructure et son expertise pour soutenir le serveur racine du service de nommage d’objet d’EPCglobal Network (ONS Object Numbering System). »
Source : Rapport du GTI sur les technologies de radio-identification (RFID).

Voici donc la relation entre l'Internet des objets, ou des choses, et Verisign, puisque c'est cette dernière qui gère depuis janvier 2004 l'ONS (Object Name System), le système des noms d’'objets qui sert à identifier les objets physiques sur le réseau grâce à l'’Electronic Product Code, ou code EPC.

Un peu en réponse à l'interrogation inscrite à l'encre rouge dans la présentation (PDF) de SIAIGE : « Le contrat avec Verisign concerne la racine onsepc.com, quid du .COM » ? La réponse est désormais claire, et même si, selon Philippe Gautier, « ce choix est indiscutable d'un point de vue technique, il est pourtant légitime de s'interroger sur la nature du lien qui lie cette société de droit privé à un organisme paritaire comme EPCglobal (héritage de GS1). »


Ce qui pousse probablement le groupe Bénédicta à ne pas être passif et à préparer un projet de pilote EPCglobal, qui se traduit en quelque sorte par la mise en place d'un ONS parallèle à celui de Verisign pour opérer une root française et européenne, l'objet étant de cloisonner le système ONS pour en partager la gouvernance et limiter d'autant les risques.

En réplique à un courriel que je lui ai adressé, M. Philippe Gautier, que je remercie d'avoir bien voulu me répondre, précise :
Nous sommes actuellement en discussion pour transférer l'autorité sur la racine française à GS1 France.
J'ajoute que cet ONS fonctionne AVEC celui de Verisign (en parallèle) et non pas CONTRE.


Mais de quoi parle-t-on exactement, et qu'est-ce que l'Internet des choses, ou l'Internet des objets, au choix, cela fera l'objet d'un prochain billet où il sera question d'ONS, d'EPCGlobal, de RFID, de SAW, d'étiquettes intelligentes, de RTLS, de M2M, NFC, etc., qui s'intitulera Is Internet of Things the Next Big Thing? Probably it is...

And it'll be a next post too :-)

Tiens, et puisqu'il est question de Machine-to-Machine, sachez que le 1er forum européen ouvre à Paris, au Palais des Congrès de Porte Maillot ... aujourd'hui !

Le hasard des dates, vous disais-je ! Si vous êtes dans le coin...


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vendredi 1 décembre 2006

Localisation et autres publications de mon cru

Localisation et autres publications de mon cru

En traduction, lorsqu'on parle de localisation, cela sous-entend l'adaptation du contenu à un pays, une culture, soit par traduction - c'est malheureusement le cas le plus fréquent -, soit par rédaction directe dans la langue cible, ce que Monsieur Daniel Gouadec nommait fort justement, il y a déjà quelques années, « naturalisation », en la définissant de la façon suivante :
La meilleure façon de traduire est peut-être bien de rédiger d’abord et même de rédiger seulement.
J'ai déjà eu l'occasion d'en parler dans un billet intitulé Pour une nouvelle pratique contrastive de la traduction technique professionnelle, qui présente ma vision de ce que devrait devenir la traduction technique professionnelle aujourd'hui, même si nous en sommes encore loin...

Il y a donc un peu plus d'un an, je me suis lancé dans une aventure à la faveur des derniers jours de vacances (nous étions fin août 2005) que j'intitulais « Présence en français sur Internet de 100 groupes US d’envergure mondiale ».

Avec comme point de départ l'idée d'identifier et d'analyser la localisation de ces mastodontes en français, juste pour tenter de dresser un bref inventaire de la situation. J'ai donc réfléchi à l'angle d'approche et à la manière de traiter le sujet.

Or début septembre, le travail a repris à plein régime, et c'est contre mon gré que j'ai dû abandonner mon projet, plutôt chronophage. Ceci étant, je continue de trouver le concept séduisant, bien qu'ignorant totalement si j'aurai l'occasion de le reprendre un jour.

J'ai donc réuni dans un seul document les résultats de mon travail, qui sait ?, ça pourra peut-être inspirer quelqu'un d'autre, à qui je passe volontiers le relais.

Sur les 100 groupes retenus, je n'ai rédigé que 18 fiches, dans lesquelles j'analyse le site institutionnel des multinationales suivantes :
  1. 3M
  2. Abbott Laboratories
  3. Accenture Ltd
  4. AIG - American Intern. Group
  5. Alcoa
  6. Allstate
  7. Altria Group
  8. American Express
  9. Amgen
  10. Anheuser-Busch
  11. Apple Computer
  12. Archer Daniels Midland
  13. Avon
  14. Bank of America Corp.
  15. Berkshire Hathaway
  16. Best Buy
  17. Boeing
  18. Honeywell Intern.
En dispensant à chaque fois des notes allant de 0 à 4 avec les équivalences suivantes :
  • 0 = Cancre
  • 1 = Mauvais élève
  • 2 = Élève moyen
  • 3 = Bon élève
  • 4 = Promu avec mention
J'ai pu ainsi décerner quelques bonnets d'âne, il faut dire qu'il y en a qui méritent. La méthodologie suivie est expliquée en fin de document, Localisation_fr.pdf (4,56 Mo). Bonne lecture !

* * *

Celles et ceux qui ont la patience de suivre l'évolution d'Adscriptor savent peut-être (j'en parle de temps en temps) que j'essaie de tenir d'autres blogs, même si c'est davantage un vœu pieu qu'une réalité.

Ce dont je parle plus haut devrait en théorie être publié sur Localizator, créé à cette fin, mais à ce jour c'est plutôt une coquille vide que personne ne lit...

Le problème, c'est que faire vivre un blog demande de l'énergie, du temps et de la constance, donc c'est déjà difficile pour un, alors imaginez deux, trois ou quatre ! C'était pourtant l'intention que j'avais en créant Emantics et Les éditions de moi-même, ce dernier étant plus spécialement destiné à publier trente ans de poésie.

Or j'ai vite dû me rendre à l'évidence, je n'ai pas le temps. Ainsi, au lieu de publier un poème par billet, j'ai fait un billet regroupant 140 poèmes...

En fait, ce sont deux recueils composés de 70 sonnets chacun, Du Travail... et L'Île, que j'ai aussi réunis en un seul pour les pressés, An 2000. Et bien, croyez-moi si vous voulez, mais après 8 mois qu'ils sont en ligne, j'ai consulté les statistiques, pour la première fois aujourd'hui : et là, surprise, globalement, ils ont été téléchargés 1 130 fois !


Mais pourquoi t'étonner, me direz-vous ? C'est simple, sur ce millier de lecteurs potentiels, je n'ai jamais eu un seul retour ! Jamais reçu un courriel pour me dire, c'est de la merde, c'est gentillet, c'est couillu, c'est du pur chef-d'œuvre (mon avis, et je le partage...), que sais-je encore ? La proposition d'un éditeur en vadrouille...

Il est vrai que commentaires et trackbacks sont fermés sur ces blogs pour cause de spam, mais quand même, un petit message de temps en temps, ça va pas vous fouler le poignet :-)


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jeudi 30 novembre 2006

Zoom sur images et autres vues

Zoom sur images et autres vues

Découvert à deux jours d'intervalle la possibilité de zoomer sur les images, je trouve ça fascinant. D'autant que les exemples sont exceptionnels :

1. Commençons par le Google's Master Plan, le grand tableau blanc récemment effacé où les employés de Google inscrivaient pêle-mêle toutes leurs idées de développement de nouvelles fonctionnalités :

et où l'on trouve notamment mention du fameux Google OS, l'hypothétique système d'exploitation selon Google (essentiellement par opposition à Microsoft) qui fait couler tant d'encre et mobilise tant de commentateurs...

So click and drill-down the Google's Master Plan! (via Blogoscoped)

2. Passons de cette fresque moderne à une autre, d'une richesse iconographique inouïe, réalisée il y a ... près de cinq siècles ! Une paroi entière peinte par Gaudenzio Ferrari en l'église Santa Maria delle Grazie.

Attendez la fin de la présentation flash puis cliquez le lien juste sous l'image (de 8,6 Go, quand même !), votre patience sera récompensée (via Docteur Web) :
Rapport secret entre ces deux images ? Juste une coïncidence...

* * *

Toujours dans le domaine des images, deux nouveautés étonnantes.

1. Sans commentaires, pour la première, regardez :
(via Webware)

2. Affichage e-paper sur le mobilier urbain :
Via le blog papier électronique, qui nous annonce la sortie du Motorola Motofone F3, « le premier téléphone au monde à intégrer du papier électronique », grâce à son écran EPD (ElectroPhoretic Display, ou affichage à électrophorèse).

Un e-paper également destiné à révolutionner l'enseignement si l'on en croit Jean Hughes Lauret, encore un autre usage du papier...

* * *

Pour conclure, il ne sera plus question d'image, mais de vision. Suite à mon dernier billet sur l'identité 2.0, un peu déçu de l'absence presque totale de commentaires (merci Leafar), j'ai décidé de publier un article sur Agoravox, qui a quand même une autre audience qu'Adscriptor, pour susciter davantage de réactions sur ce qui va devenir selon moi un phénomène de société majeur : l'identité numérique et la gestion de sa réputation sur Internet.


Résultats des courses, sur 20 votants, 70% juge l'info totalement inintéressante. De quoi se demander si c'est moi qui suis con, ou les autres ? Parfois j'ai des doutes...


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lundi 27 novembre 2006

Identity 2.0 is inevitable

L'identité 2.0 est inévitable, titre tiré d'une présentation phare, qui pourrait bien devenir culte :-), véritablement exceptionnelle par sa clarté, son humour et sa pertinence, œuvre de Dick Hardt, créateur de Sxip Identity.

Il y a maintenant plusieurs semaines que je réfléchis à un billet sur l'identité 2.0, ou identité numérique, ou identité virtuelle, ou Webidentité, etc., comme on voudra bien l'appeler, et que l'on pense ou non qu'il s'agit uniquement d'une déclinaison 2.0 de plus, il n'en reste pas moins que la réalité est là.

Même si on est encore bien loin d'en saisir les tenants, les aboutissants et les implications pour les internautes.

J'ai donc commencé par nourrir ma réflexion avec d'excellents articles qui essaient d'aborder le problème, dont la complexité rend difficile la tâche de l'appréhender dans sa globalité.

Je commencerai par citer l'approche puzzle de Leafar et Fred Cavazza, une approche que j'aime bien car nos "moi virtuels" (dixit Carlos Diaz) sont effectivement des puzzles dont les tesselles sont éparpillées un peu partout sur Internet, des « petits cailloux que nous semons derrière nous sans bien le réaliser, mais qui sont autant de traces conservées par la mémoire du Net (ou les services de renseignement, au choix), les moteurs de recherche. », comme l'observe très finement Laurent Campagnolle.


Sources : Fred Cavazza - Leafar

Pour Frédéric Cavazza, « ces petits bouts d’identité fonctionnent comme des gènes : ils composent l'ADN numérique d'un individu. »

Nous voilà donc ramenés à notre intimité identitaire la plus profonde, celle que l'on expose plus ou moins sur Internet, mais, disons-le franchement, plutôt plus que moins, et que ce soit volontaire ou non.

Comme tout traducteur qui se respecte, voyons les définitions traditionnelles du terme IDENTITÉ selon le dictionnaire, le Petit Robert dans ce cas :
  1. Caractère de deux objets de pensée identiques (similitude)
  2. Caractère de ce qui est un (unité)
  3. Identité personnelle, caractère de ce qui demeure identique à soi-même. - Identité culturelle, ensemble de traits culturels propres à un groupe ethnique (langue, religion, art, etc.) qui lui confèrent son individualité ; sentiment d'appartenance d'un individu à ce groupe. * Le fait pour une personne d'être tel individu et de pouvoir être légalement reconnue pour tel sans nulle confusion grâce aux éléments (état civil, signalement) qui l'individualisent... * Usurpation d'identité. Pièce d'identité, pièce officielle prouvant l'identité d'une personne. Relevé d'identité bancaire. Identité judiciaire : service de la police judiciaire chargé spécialement de la recherche et de l'établissement de l'identité des (personnes)...
Le sens des mots est vraiment fascinant !

* * *

Donc, remarquons d'emblée que l'identité 2.0 n'est autre qu'une extension de l'identité 1.0 appliquée à Internet, avec les problématiques et les spécificités propres à ce média (les facettes fort bien analysées par Fred Cavazza ici et ).

Or mon but n'étant pas de répéter ce qui a déjà été dit, je vais m'aventurer dans une analyse tout à fait personnelle de ce que représente d'après moi l'identité 2.0, l'identité numérique, l'identité virtuelle, la Webidentité, etc., comme vous voudrez bien la nommer.

En observant tout d'abord que la question fondamentale qui caractérise l'identité, Qui suis-je ?, est plus que jamais duale sur Internet. En effet, de même que lorsque vous vous la posez face à la glace, la question que vous renvoie le miroir n'est plus Qui suis-je ?, mais Qui es-tu ?, sur le Web c'est le Qui êtes-vous ? qu'on retrouve en permanence dans le regard des autres, l'une faisant pendant à l'autre.

Deux dimensions, les autres (Qui êtes-vous ?) et moi (Qui suis-je ?), qui reprennent à la perfection les deux premières acceptions du terme : la similitude (le moi - qui est par excellence identique à moi-même - vu dans le regard des autres) et l'unité (le moi vu par moi-même). Un distinguo fondamental qui me permet de séparer clairement la réputation (le moi vu dans le regard des autres) de l'identité (le moi vu par moi-même). Avec un concept tout aussi fondamental qui fait la navette entre les deux : la crédibilité.

Le concept identitaire en 3D, si vous préférez :

Identité - (Crédibilité) - Réputation

Le graphisme n'est pas mon fort, c'est clair, mais l'idée y est :-)

La réputation, qui fait d'ores et déjà l'objet de dépôt de brevets, et il y a fort à parier que l'identité suivra bientôt le même chemin, si ce n'est déjà fait...

Deuxième constatation, qu'elle soit 1.0 ou 2.0, l'identité ça se construit, ça se forge, autre similitude entre vie réelle et virtuelle, et c'est étroitement lié au sens que chacun/e donne à sa présence sur Internet et aux propres réponses qu'il ou elle apporte à ces deux interrogations, spéculaires : « pourquoi et comment être sur Internet ? » : « pourquoi » renvoyant au sens de ma présence, « comment » évoquant autant le contenant (volet technique) que le contenu (volet qualité) de ma présence.

Idem pour l'identité 2.0, donc, où le volet technique est indissociable du volet contenu, la forme indissociable du fond.

* * *

Une dualité - moi et les autres - que l'on retrouve à tout instant sur Internet, exactement comme les deux faces de la même médaille.

Avec à chaque fois le va-et-vient entre la sphère personnelle (ce que je fais/dis de moi, ce que je montre / cache [essaie de cacher] de moi) et la sphère collective (ce que les autres font/disent de moi, ce que les autres savent de moi [ce que je sais qu’ils savent - ce que j’ignore qu’ils savent]) et l'arbitrage, voire le compromis, de la crédibilité, avec une échelle à curseur prenant les différents degrés entre le vrai et le faux suivant les moments, les circonstances, les personnes, etc.

Ça peut aller du mensonge caractérisé à l'asymétrie de crédibilité, de la rumeur construite ou carrément fausse à la désinformation, en passant selon les situations dans lesquelles se trouve un même individu par le choix du pseudonymat (utilisation d’un pseudo, qui peut-être reconnaissable ou non), de l’anonymat (utilisation d’un nom de fantaisie pour anonymiser son passage) ou du patronymat (utilisation de son nom de famille), sans oublier les profils laissés un peu partout, la géolocalisation, les commentaires, les confessions, les articles, etc. etc., avec tous les problèmes que ça soulève au niveau de la confidentialité et du droit au respect de la vie privée, outre l'écosystème technique existant et à mettre place, mais ce n'est pas le propos de cet article, d'ailleurs je suis techniquement incompétent pour en parler. D'autres le font et le feront bien mieux que moi, ici, ou , et encore :


Vous noterez enfin que j'ai apparemment fait l'impasse sur l'identité professionnelle, mais dans mon esprit c'est étroitement lié au sens de ma présence et à mon identité personnelle sur Internet, l'une n'allant pas sans l'autre. Comme le remarque avec pertinence Brigitte Roujol :
Nous voyons sur les blogs et sur certains sites, la volonté de leurs auteurs de se laisser découvrir dans leurs différents aspects, là où la sphère personnelle et la sphère professionnelle se rencontrent et s'enrichissent l'une l'autre...

C'est l'Identité version 2.0 qui apparaît peu à peu... Lentement mais sûrement.
Non, décidément, gérer son identité numérique, ce n'est pas simple, et ça le sera de moins en moins. Or comme dit l'autre, mieux vaut prévenir que guérir. Donc autant y réfléchir le plus tôt possible ! Qu'en dites-vous ?

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Liens connexes (en anglais) :

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mardi 21 novembre 2006

Les errances de Microsoft

Après m'être intéressé à Yahoo et Google dans mes derniers billets, il m'a semblé bon de consacrer un article au dernier compère de la trilogie GYM. D'autant plus qu'il y a matière...

Microsoft, l'éternel second du Web, est en train d'accumuler les revers, les maladresses, les outrecuidances, et j'en passe...

Juste quelques perles pour vous donner une idée, en commençant par le joyau Zune, lancé avec toute la puissance économique et médiatique de M$ avec l'ambition déclarée de détroner l'iPod :


Y a pas photo ! J'ai pris cette capture d'écran hier sur la liste des produits technologiques les plus vendus par Amazon, et Zune se classait 49e. Il est 47e aujourd'hui, mais il est quand même précédé par ... 12 (j'ai bien dit : douze) modèles différents de l'iPod. Steve Jobs doit bien rigoler :-)

Et comme si cela ne suffisait pas, M$ multiplie les problèmes d'incompatibilité entre ses propres produits (avec ceux de ses concurrents, on est habitués), voulus (comme dans le cas des DRM ou d'Office) ou non, car je ne crois pas que la non-compatibilité de Zune avec Vista soit délibérée, ce serait le comble, ils affirment d'ailleurs sur le site officiel de la bête que ce sera bientôt réglé.


Enfin, même temporaire, ça la fout mal...

Tout cela ne m'inspire qu'une chose : avec la manie de M$ de vouloir être partout (Microsoft se situe presque toujours dans l'un des quatre carrés des Magic Quadrants© de Gartner, graphiques représentant les performances des fournisseurs d'un segment de marché donné, regroupant les catégories suivantes : Leaders, Challengers [compétiteurs], Visionaries [visionnaires] et Niche players [acteurs de niche]), première si possible, la société de Redmond commence par être deuxième sur le Web et va vite se retrouver troisième, quatrième, etc. dans d'autres domaines, voire bonne dernière dans l'estime du peuple des internautes, comme en témoignent les déclarations de Ballmer sur Linux qui soulèvent un peu partout un tollé général.

Petit rappel des faits pour celles et ceux qui ne sont pas au courant. Début novembre, Microsoft annonce la signature d'un accord avec Novell (fortement désapprouvé en son temps par la communauté du logiciel libre), pour le « bien des consommateurs », selon Steve Ballmer :
Cet accord va réellement contribuer à réduire la division entre les logiciels libres et ceux dont le code est une propriété intellectuelle. Je reconnais volontiers que Linux joue un rôle important dans le mélange de technologies que nos consommateurs utilisent.
Un accord auquel Ray Ozzie, nouveau boss potentiel de M$ n'est probablement pas étranger...

Au point que certains observateurs ont pu titrer : Windows et Linux main dans la main ?

Il faut dire que Ballmer y a mis du sien, en disant de cet accord que « tout le monde pensait que c'était impossible. Il s'agit d'un nouveau modèle et d'une véritable évolution dans nos relations. »

Avant de se reprendre ces jours-ci et de souffler le chaud et le froid, enfin, plutôt le froid, en accusant le monde du libre d'utiliser (sans payer, bien sûr, mais ça va changer, selon le bon Steve) la propriété intellectuelle de M$ :
Novell nous verse de l’argent pour avoir le droit de dire aux clients qu’ils peuvent utiliser SUSE Linux en étant protégés de manière appropriée.
Autant dire que ce n'est pas franchement du goût de Novell, qui vient de s'empresser d'adresser une lettre ouverte à la communauté du libre :
We disagree with the recent statements made by Microsoft on the topic of Linux and patents.

Nous sommes en désaccord avec les récentes déclarations de Microsoft sur la question de Linux et des brevets.
À quoi M$ rétorque :
Microsoft and Novell have agreed to disagree...

Microsoft et Novell sont d'accord sur le fait de ne pas être d'accord...
Comprenne qui pourra ! Enfin, Ballmer avait raison, les relations évoluent... Tout cela au moment même où Sun, par la voix de son Président, Jonathan Schwartz, annonce un futur Java open source :
By admitting that one of the strongest motivations to select the GPL was the announcement made last week by Novell and Microsoft, suggesting that free and open source software wasn't safe unless a royalty was being paid. As an executive from one of those companies said, "free has to have a price."

That's nonsense.

Free software can be free of royalties, and free of impediments to broadscale, global adoption and deployment. Witness what we've done with Solaris, and now, what we've done with Java. Developers are free to pick up the code, and create derivatives. Without royalty or obligation.
Je ne saurais trop conseiller à l'arrogant Steve Ballmer de méditer le manifeste du beurre d'arachide (je ne suis pas seul à le penser), lui que j'imagine déjà main dans la main avec Terry Semel se dirigeant vers la sortie...


P.S. À propos, il y a environ un an, qui est-ce qui a déclaré vouloir développer un effort de collaboration avec Sun Microsystems, ah, la mémoire me trahit, c'est qui déjà ? Ah, oui, un certain Google...

Tiens, Steve, si ça peut te consoler, enfin une bonne nouvelle, qui ne vient jamais seule :-)

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lundi 20 novembre 2006

Quelques infos sur Google


Au rang des nouveautés chez Google (dont l'action vient de dépasser 500 $, màj 21-11-06), on dirait que ça bouge au niveau des interfaces :

1. Possibilité de signaler si un lien est utile ou non, via Matt Heaton :


2. Au niveau du retour utilisateur, la possibilité de signaler le spamming dans GMail est probablement pour bientôt, via Blogoscoped :


3. Pour en revenir à la présentation des résultats de recherche, Zorgloob nous signale la suggestion des requêtes chez Google Chine :


4. Interface encore, avec l'intégration des liens vers Google Maps en dessous des résultats, via Thread Watch et Search Engine Watch :


5. Le livre de Jean-Noël Jeanneney, « Quand Google défie l'Europe : Plaidoyer pour un sursaut », traduit en anglais sous le titre « Google and the Myth of Universal Knowledge » (Translation by Teresa Lavender Fagan, University of Chicago. 92 pp. $18), récolte ses premières critiques chez Forbes, The Philadelphia Inquirer et d'autres... À noter sur la couverture la mention entre parenthèses : « Une vue de l'Europe », ou « Vu d'Europe » (A view from Europe), comme vous préférez :


6. Histoire d'un montage journalistique dont le seul but, apparemment, est de parler de Google pour être dans le coup... Affaire n° CV06-4436-FMC, intentée dès le mois de juillet dernier par le journaliste Robert Tur contre YouTube, qui demandait 150 000 $ pour chaque session de téléchargement de la vidéo. Or la société de Tur, the Los Angeles News Service, serait courtisée par Mark Cuban, le même qui affirmait il y a quelques temps « seul un simplet pourrait racheter YouTube », et qui déclarerait ainsi la guerre à GooTube (info reprise par Silicon.com, ZDnet, News.com, etc.)...

Dans un article intitulé Cuban Talks Trash to YouTube, Catherine Holahan, la journaliste de Business Week, en rajoute quelques couches, avant de se faire démolir par Cuban qui démonte la supercherie dans son dernier billet, en ajoutant avec une pointe d'humour :
Now that is reporting at its best isnt it ? No speculation there at all.
7. Et pour en finir avec ma prédiction sur l'action Google à 500 $, apparemment sa réalisation est reportée de quelques jours, car même si elle a déjà pris plus de 20% depuis le début de l'année, elle est en baisse aujourd'hui. Donc, patience ! Mais si vous voulez des conseils pertinents, achetez des actions Yahoo! :-)


P.S. À noter aussi, à propos des Googlepages, l'annonce officielle de trois améliorationss :
  1. Éditer et positionner simplement les images
  2. Créer jusqu'à 5 sites avec différentes URL
  3. Optimisation automatique des pages pour leur affichage sur les mobiles
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dimanche 19 novembre 2006

Pourquoi Yahoo est-il une proie convoitable par Microsoft ?


Je ne sais pas si Yahoo! est véritablement le premier site au monde (voir ici aussi), puisque les chiffres donnés contrastent nettement avec le trafic analysé par ComScore pour le mois de septembre, Google étant en première position avec 160 millions de visiteurs, uniquement en Europe (mais c'est peut-être dû à l'intégration des visiteurs de YouTube dans le chiffrage), suivi par Microsoft (146 millions) et Yahoo (100 millions). Enfin, quoi qu'il en soit, c'est toujours plus qu'Adscriptor (entre 5 et 6 000 visiteurs/mois).

Ceci étant, ça bouge beaucoup chez Yahoo! : aux dernières nouvelles, annonce lundi d'un partenariat avec plusieurs grands journaux, rachat de Bix, un service permettant de tester ses créations auprès des internautes, et pourparlers pour celui de MyBloglog, probablement dans l'optique d'une stratégie de différenciation saluée par Raphaël, qui se demande en fin de compte s'il ne s'est pas trompé au vu et au lu d'un document interne de chez Yahoo! rédigé par Brad Garlinghouse, l'un des vice-présidents de Yahoo! (Communications, Communities & Front Doors), qui ne mâche pas ses mots, le moins qu'on puisse dire, puisqu'il plaide pour un recentrage profond de la vision stratégique et pour une réorganisation totale de la hiérarchie (des têtes doivent tomber), qui devrait faire face à ses responsabilités...

Certes, les problèmes de Yahoo ne sont pas nouveaux, le New York Times ayant déjà dénoncé l'érosion de sa croissance par des nouveaux rivaux (Yahoo’s Growth Being Eroded by New Rivals), une analyse qualifiée de bénédiction par Brad Garlinghouse (a blessing in the disguise of a painful public flogging).

Que la fuite de ce document ait été intentionnelle ou pas, d'ores et déjà intitulé Peanut Butter Manifesto et dont l'intégralité est publiée chez Paul Kedrosky, peu importe, ce qui est sûr c'est que ça va faire du bruit, vu l'inventaire que dresse l'auteur des problèmes qui affectent Yahoo! :
  • Nous devons d'abord reconnaître nos problèmes
  • Nous manquons de clarté, aucune vision
  • Nous manquons de décision et de réactivité
  • Nos services sont fortement redondants :
    • YME vs. Musicmatch
    • Flickr vs. Photos
    • YMG video vs. Search video
    • Deli.cio.us vs. myweb
    • Messenger and plug-ins vs. Sidebar and widgets
    • Social media vs. 360 and Groups
    • Front page vs. YMG
    • Global strategy from BU'vs. Global strategy from International
  • Nous avons perdu notre volonté de gagner...
Les solutions qu'il propose, tout aussi radicales, s'articulent autour de 3 piliers :
  1. Retrouver une vision (Focus the vision)
  2. Mettre nos dirigeants face à leurs responsabilités et identifier clairement les rôles (Restore accountability and clarity of ownership)
  3. Tout réorganiser (Execute a radical reorganization)
Je vous fais grâce du détail, pour insister sur le point 2. Mettre nos dirigeants face à leurs responsabilités et identifier clairement les rôles :
a) Existing business owners must be held accountable for where we find ourselves today -- heads must roll,
b) We must thoughtfully create senior roles that have holistic accountability for a particular line of business...
c) We must redesign our performance and incentive systems.

a) Les actuels
business owners (autrement dit les Directeurs de chaque ligne métier chez Yahoo) doivent être jugés responsables de la situation dans laquelle nous nous trouvons aujourd'hui -- des têtes doivent tomber,
b) Nous devons remettre à plat les fonctions de chaque responsable métier en lui donnant pleins pouvoirs sur une ligne soigneusement identifiée...
c) Nous devons totalement revoir nos systèmes de performances et d'incitations
Une bombe, ce document. Un truc à vous faire virer. Et bien non, et c'est plutôt bon signe, signe qu'il y a beaucoup de vrai là-dedans et qu'il vaut mieux affronter les problèmes que de mettre la tête dans le sable, lu chez John Battelle, citant la source du Wall Street Journal (souscription) :
Chief Operating Officer Dan Rosensweig has asked Mr. Garlinghouse to head a group of Yahoo staff looking into the issues in the memo over two months, say people familiar with the matter.

Selon des proches du dossier, Dan Rosensweig, COO de Yahoo, aurait demandé à M. Garlinghouse de constituer une équipe de réflexion pour examiner au cours des deux prochains mois les problèmes soulevés dans le document interne.
Je ne sais pas ce qu'il en sortira, mais le fauteuil de M. Terry Semel me semble chaque jour qui passe un peu plus éjectable...

Donc, pour en revenir à mon titre, « Pourquoi Yahoo est-il une proie convoitable par Microsoft ? », simplement parce qu'il y aurait là un coup formidable à jouer pour Microsoft (disclaimer : je n'aime pas Microsoft...), qui devrait écouter le conseil d'Oppenheimer (BUY) et tient d'après moi une occasion unique (qui ne se représentera probablement plus, ni avec ce timing ni en ces termes) pour récupérer sur Google...

Yahoo! dans une situation délicate, Yahoo! plus que jamais un point d'interrogation !


Liens connexes : Lire également le billet de GigaOM et, surtout, le premier commentaire, dans lequel Andrew, un ancien de Yahoo, confirme les propos de Brad Garlinghouse :
I couldn’t agree more with Brad... As a former employee of Yahoo, I can attest to the lack of passion in a lot of groups.
(...)
Ask anyone in the industry if they would rather work for Yahoo or Google, and you’ll probably find the majority don’t choose Yahoo. They need ... (dare I say it) consider finding a new CEO. Terry has made close to $1bb off of Yahoo, and I can’t say he’s put a whole lot of value back into it.
(...)
It’s going to take more than some HR attemps at raising morale and short-term patches to fix the problem.
En gros, il confirme le manque de passion chez Yahoo, l'image terne de la société comparée à Google, que M. Semel a financièrement beaucoup gagné et pas donné grand chose en retour, et qu'il faudra plus que quelques tentatives et quelques rustines pour remonter le moral des troupes et régler les problèmes...


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