jeudi 25 janvier 2007

Medias sociaux : les nouveaux moteurs de recherche

Médias sociaux : les nouveaux moteurs de recherche

Hier, Danny Sullivan a publié un article intitulé « Beyond Google: Social Media Engines First, Other Search Engines Second » (du genre : Après Google arrivent les moteurs des médias sociaux, et en dernier les autres moteurs de recherche), dont l'écriture a probablement été déclenchée par un billet de Michael Arrington rapportant les 11 principales sources référentes qui ont acheminé du trafic vers TechCrunch en décembre 2006.

Or, mise à part la primauté absolue de Google, les premières sources sont Digg, StumbleUpon, Reddit et Techmeme, Yahoo n'arrivant qu'en 10ème position, et encore, via sa déclinaison personnalisable et non pas via son moteur de recherche.

Danny s'interroge donc :
Je n'ai jamais encouragé les « search marketers » à ne s'intéresser qu'à Google en négligeant les autres. Au contraire, j'ai toujours insisté sur le fait que tous les canaux de recherche pouvant faire confluer du trafic vers vous sont importants.
(...)
Mais pourquoi TechCrunch a-t-il tant de visiteurs grâce à Google et pas via les autres moteurs de recherche principaux ? Est-ce parce que Google fédérerait à lui seul 70% des parts de marché de la recherche sur Internet, en générant l'essentiel du trafic "moteurs" sur vos sites (une tendance qui se reflète également sur les stats de Search Engine Land) ?
D'où la nouvelle notion de « moteurs de recherche des médias sociaux » (Social media search engines), en parallèle avec l'expression de « Social media optimization » forgée par Rohit Bhargavat, dont j'ai eu le plaisir de traduire les règles en son temps.

Une opinion qui résume un billet paru la veille sur le nouvel alphabet des médias sociaux : DNRS (Digg, Netscape, Reddit, StumbleUpon). Une belle revanche de Netscape sur Microsoft...

Avec deux absents de taille : Technorati et Delicious (en dépit des priorités affichées, autre revers pour Yahoo!)...

Au mois d'août dernier, j'avais traduit un article de Chris Sherman, compère de Danny Sullivan, sur la recherche sociale, qu'il critiquait tout en reconnaissant :
Malgré les questions évoquées ci-dessus, la recherche sociale reste prometteuse pour améliorer nos recherches d'informations et toutes nos activités chronophages sur le Web. Au final, il est probable que c'est un mix de recherche algorithmique et des différentes formes de recherche sociale qui nous donnera un système hybride, capable de véritablement satisfaire une large gamme d'exigences informationnelles.
Donc en six mois à peine, les choses semblent prendre tournure et donner aux médias sociaux le statut de moteurs de recherche à part entière. De nouveaux influenceurs, en quelque sorte...

Que pensez-vous de cette approche ?



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vendredi 19 janvier 2007

La professionnalisation du contenu sur Internet


Le contenu, kesako ?
L'UGC, kesako ?
Mr Mojo risin'
Consultant en contenu : kesako ?

En commentant mon dernier billet sur ce que les anglo-saxons nous enseignent, Serge me pose la question suivante :
...je ne sais pas ce qu'est un "consultant en contenu" pourrais-tu me le définir? Que fait-il? Quels sont ses clients? Que leur apporte-t-il en terme de rentabilité? Quel prix pratique-t-il?...
Dans un premier temps, je lui ai donc répondu par un commentaire succinct (au passage, dommage que Blogger ne permette pas de générer un lien direct). En fait, je n'avais jamais songé à détailler ce qu'est le métier d'un consultant en contenu, en donnant naïvement pour acquis que ça coulait de source. Grave erreur en apparence, puisque même Manuel Diaz, un orfèvre en la matière, a souligné le côté un peu abstrait de la terminologie.

Pourtant je me demande : si je vous avais dit "consultant financier", immédiatement vous auriez eu une idée assez précise de quoi je parlais. Par contre, "consultant en contenu" semble soulever un certain flou. Alors pourquoi ? Ce n'est sûrement pas le mot "consultant" qui pose problème, mais plus probablement le deuxième terme de l'équation, "contenu", désormais devenu, tout au moins sur Internet, un mot-valise où l'on peut fourrer tout et n'importe quoi.

Donc avant de donner ma propre réponse aux interrogations posées par Serge, il me paraît bon de tenter une définition de ce qu'est le contenu sur le Web, vaste besogne  !

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Le contenu, kesako ?

Contenu, 124 millions d'occurrences sur Google, et sa déclinaison en anglais, content, près de 1 milliard 400 millions de résultats ! Une notion extrêmement répandue, même à défaut de vraiment savoir ce dont il s'agit...

Il est vrai qu'Internet révolutionne le sens d'un nombre considérable de termes, en marquant une ligne de démarcation nette. Pour rester dans notre exemple, il y a le contenu AVANT et APRÈS Internet.

AVANT, selon le petit Robert :
  1. Ce qui est dans un contenant.
  2. Ce qu'exprime un texte, un discours (cf. teneur).
  3. Ce que signifie un signe (cf. signifié)
Donc, pour tenter un parallèle avec la linguistique, où la signification est le rapport réciproque qui unit le signifiant et le signifié, sur le réseau des réseaux le sens est donné par la conjonction/adéquation du contenant (Internet) et du contenu (tout ce qu'il y a dedans).

APRÈS, le contenu sur la toile, pêle-mêle, c'est l'ensemble des informations linguistiques et graphiques, cartographiques, multimédias (vidéo, voix, données, ...), visibles ou non, structurées ou non, interactives ou non, libres ou propriétaires, etc., qui revêtent des significations/portées différentes en fonction des émetteurs/destinataires :
  1. pour l'internaute lambda, de même que pour la grande majorité des (très) petites entreprises, ce sont toutes les données, lato sensu, qui forment leur présence sur le Web ;
  2. pour les moyennes et grandes entreprises, ce peut être un site/portail de e-commerce, un catalogue sophistiqué en ligne, un intranet, etc. ;
  3. Pour les moteurs et les grands acteurs du Web, c'est de plus en plus l'eldorado de l'UGC, à savoir le contenu généré par l'utilisateur de façon plus ou moins librement consentie, plus ou moins licite, à travers lequel les principaux intéressés bâtissent leurs "inventaires", à savoir des référentiels de données planétaires ayant pour double ambition de rendre accessible toute la connaissance de l'humanité d'une part, et de monétiser/marchandiser ce vieux rêve encyclopédiste de l'autre... Il faut bien vivre :-)
En outre, le contenu ça se gère à différents niveaux, citons entre autres : la saisie, le stockage, l'archivage, la sauvegarde, la sécurité/confidentialité, le contrôle/audit, la recherche, la diffusion, la préservation, la destruction/perte, la syndication, etc.

Sans oublier la cerise sur le gâteau, le multilinguisme et toutes les (non-) stratégies possibles de localisation (PDF, 4,7 Mo) du contenu, quel qu'il soit...

Enfin sur Internet le contenu se doit d'être riche, un nouveau concept, une extension du "rich content" (marquant initialement la combinaison de fonctionnalités d'animation, graphiques, audio et vidéo pour offrir de la musique, des jeux, des films, etc.), aussi bien qualitativement que quantitativement...

Et ce n'est qu'un début. Car avec l'explosion prévisible à court terme du mobile (à ce propos, les observateurs ne manqueront pas d'observer que les grandes manœuvres sont déjà en cours dans la téléphonie mobile, où les alliances se multiplient entre moteurs et pure players, pour ne citer qu'eux), et, bien plus inimaginable encore, de l'Internet des choses, le contenu généré par l'utilisateur a de beaux jours devant lui.

Notion assez emblématique de la génération 2.0 du Web participatif (blogs, wikis, forums, podcasts, réseaux sociaux, votes, recommandations, partages de ressources - liens, photos, vidéos, etc.), de l'intelligence collective, de la sagesse des foules, du peer review (auto-régulation, si vous voulez), ou encore, last but not least, du journalisme citoyen, l'User-Generated Content est défini par Didier Durand comme « le contenu - massif - créé par Mr Tout le Monde et publié sur l'Internet à disposition (gratuite) de la planète entière ».

Mais la question est plutôt délicate à appréhender, aussi voudrais-je m'arrêter un instant sur l'UGC, qui est probablement l'un des enjeux majeurs de l'Internet aujourd'hui. [Début]

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L'UGC, kesako ?

Le contenu généré par l'utilisateur, c'est "Tu bosses et je ramasse", selon Emmanuel Parody, grâce à qui j'ai le mieux compris les tenants et les aboutissants de la production de contenus sur Internet. C'est dans ce billet, qu'il faudrait que je cite dans son intégralité, commentaires inclus, mais autant vous encourager à le lire, lentement et attentivement.

La dimension clé pour comprendre de quoi l'on parle, c'est que dans l'optique des acteurs qui font le Web, l'UGC est une industrie. Écoutons Emmanuel :
(M)on propos consiste à aborder la question sous un angle industriel. Je n’ai aucun doute que l’aventure individuelle d’un blogueur talentueux puisse permettre l’éclosion d’un projet ou d’une success story. D’un point de vue industriel l’histoire se raconte autrement et ce n’est pas contradictoire. Le partage des revenus ou la perf ne suffisent pas à produire le contenu du moins pas celui que l’on attend d’un media d’information.

Sur la crédibilité, c’est une autre question, je n’ai aucun doute sur le fait qu’elle se gagne avec le temps et que chacun à sa chance, c’est probablement le meilleur du phénomène du blog. Pour cette raison je crois volontiers aux trajectoires individuelles mais ca ne fait pas une industrie…
Avec une généralisation du haut débit qui tend à générer une croissance mécanique de la consommation et la création des contenus par les utilisateurs, dont la rémunération devra tôt ou tard être abordée, comme l'observe Francis Pisani en rapportant les propos d'un de ses commentateurs :
[…] les utilisateurs prendront conscience qu’actuellement ils ne bénéficient pas de l’exploitation commerciale des contenus qu’ils produisent. Les services qui permettront de rémunérer les producteurs de contenus l’emporteront sur ceux qui ne rémunèrent pas leurs utilisateurs.
Ça me donne envie de comparer les grands moteurs à des banques, peut-être pas au sens propre (quoique...), qui deviennent des mastodontes de la finance grâce à VOTRE argent, et chez qui vous allez emprunter ce qui n'est finalement que l'argent des autres. Idem pour les moteurs qui capitalisent VOS données pour mieux les monétiser ensuite, la seule contrepartie étant que, de temps en temps, ils vous envoient quelques visiteurs, ce qui est bien gentil de leur part, mais ne nous empêche pas de rester des utilisateurs captifs !

Donc, après les flux monétaires, voici arriver à la vitesse grand V les flux de contenus... [Début]

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Mr Mojo risin'

En fait les premiers signes sont déjà là, avec l'éclosion d'un nouveau "profil professionnel", comme en témoigne cet article du Washington Post sur un MoJo (mobile journalist), un journaliste itinérant, en quelque sorte, pour certains une version plus modeste du grand reporter, qui sillonne les rues de nos quartiers pour fournir en abondance de l'info de proximité, toujours fraîche, voire instantanée.

(à noter en marge du papier du Washington Post cet encadré Technorati qui propose un lien vers tous les billets de blog pointant soit vers cet article - 165 liens à l'heure où j'écris -, soit vers le journal, à mon avis un bon exemple de "coexistence win-win", du collaboratif gagnant-gagnant, quoi...)


Pour autant, va-t-on vers une déclinaison journalistique de la règle des 1% ? Car si le journalisme citoyen est un peu le parangon de ce qu'est l'UGC, cette notion est de plus en plus questionnée, tout comme en général la qualité "communautaire" de ce qui est produit par les utilisateurs, où bien souvent trolls et bilieux se mélangent joyeusement dans la masse.

Comme nous le rappelle Joël Ronez :
Il est surtout mauvais de manière générale d’accoler sans préavis les productions maison faites par des journalistes avec des contenus individuels. Je crois fermement au média participatif, mais pas à l’égalitarisme universel des contenus. Chacun a un statut, un usage, mais ils n’ont certainement pas la même valeur. C’est à l’éditeur à “éditorialiser” les contenus collectés, ou à organiser le débat et les échanges, en mettant à disposition d’une communauté des outils.
Le final cut a de l'avenir...

Alors, demain, tous journalistes ? Disons plutôt une évolution probable du "generated-content" vers le "cogenerated-content", une "co-génération" impliquant une production accompagnée par des professionnels comme ... le consultant en contenu. CDFD :-) [Début]

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Consultant en contenu : kesako ?

Maintenant que j'ai tenté de cerner d'un peu plus près ce qu'est le contenu sur Internet, il est temps que j'essaie d'approfondir les interrogations soulevées par Serge :
  1. Qu'est-ce qu'un consultant en contenu ?
  2. Que fait un consultant en contenu ?
  3. Qui sont les clients d'un consultant en contenu ?
  4. Qu'apporte à ses clients un consultant en contenu en terme de rentabilité ?
  5. Quels sont les prix que pratique un consultant en contenu ?
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1. Qu'est-ce qu'un consultant en contenu ?

Avant tout, c'est quelqu'un qui a une vision globale du paysage Internet (sixième grand média, rappelons-le) sous ses différents aspects et rouages, alimentée par une veille permanente, une vision adaptative, réactive, capable d'anticiper et/ou de rebondir en temps voulu, mais aussi d'isoler un secteur dans une démarche marketing, pour en segmenter les tendances et analyser le positionnement évolutif (en progression ou en régression) de son client sur le Web, tant à l'échelle nationale qu'internationale (pays par pays).

C'est également quelqu'un en mesure de favoriser une réflexion commune sur votre identité numérique, afin de déployer un registre de langue en phase avec votre style de communication, en le basant sur l'adage « la réputation c'est la répétition », ou comment réinventer constamment le même message dans la continuité et réussir à l'affirmer dans cet univers hyperconcurrentiel, hypercompétitif, qu'est le Web. Reputation is repetition...

Enfin c'est un animateur, capable de réunir une équipe cohérente, où compétence rime avec pertinence, pour couvrir « l'ensemble des informations linguistiques et graphiques, cartographiques, multimédias (vidéo, voix, données, ...), visibles ou non, structurées ou non, interactives ou non, libres ou propriétaires, etc. », qui émanent d'une entreprise.

2. Que fait un consultant en contenu ?

Sa tâche essentielle consiste à partager cette vision en la mettant au service d'un projet, qu'il s'agisse de formation, de conseil au développement d'une présence qualifiée sur le Web ou autre.

Personnellement, je transpose à chaque projet la règle G + 2H + 5W que j'applique généralement au discours, en remettant au goût du jour la vieille recette de Quintilien (ça ne nous rajeunit pas)...

Se poser ces questions et y répondre de manière détaillée est indispensable dès lors que chaque action de communication doit être pensée EN COHÉRENCE avec la politique globale existante et EN AMONT du développement de toute forme d'expression/de présence en ligne : qui communique, à qui, quoi, comment, avec quels résultats, etc.

Si vous parlez avec un référenceur, si vous parlez avec un traducteur, si vous parlez avec un graphiste, si vous parlez avec un ..., chacun vous dira que les impératifs liés à chaque métier doivent être pris en compte A PRIORI plutôt qu'A POSTERIORI : AVANT on décide en connaissance de cause, APRÈS on fait ce qu'on peut, mais ça s'apparente davantage à du rapiéçage qu'à une stratégie bien pensée !

3. Qui sont les clients d'un consultant en contenu ?

Du particulier à la multinationale, quiconque a conscience que présence ne signifie pas forcément visibilité, et que le temps de l'improvisation est révolu pour se faire connaître en intégrant tous les paramètres utiles. Sur le réseau, faire savoir/faire valoir ses produits/services nécessite donc de faire appel à des professionnels, sauf avoir de telles ressources en interne.
Et s'il est vrai qu'une entreprise est reconnaissable à sa signalétique autant qu'à sa manière de communiquer, aucune communication corporate ne peut plus faire l'impasse sur la nature du contenu qu'elle produit à l'intention des internautes (qui ont par ailleurs de fortes chances d'être aussi ses clients dans la "vraie vie").

4. Qu'apporte à ses clients un consultant en contenu en terme de rentabilité ?

Je ne pense pas que la question soit suffisamment ciblée pour lui donner une réponse satisfaisante, tant sont nombreux les critères susceptibles d'impacter le ROI. Comme pour tout accompagnement d'un projet, cela dépend des actions envisagées.

Toutefois, juste à titre d'exemple, ça me fait penser à la traduction : aujourd'hui encore, beaucoup trop d'entreprises s'imaginent qu'il suffit de savoir plus ou moins bien deux langues pour traduire, et font appel à leur secrétaire "bilingue" ou à n'importe qui pour rédiger leur correspondance d'affaire ou d'autres documents commerciaux sensibles, en ayant comme seul critère qualitatif de payer le moins cher possible, voire rien du tout. Idem sur Internet, où les sites multilingues traduits par BabelFish et consorts sont légion.

Le résultat, désastreux en termes d'image et de réputation, est à la hauteur de l'investissement. Autant essayer de solutionner la quadrature du triangle... Donc, faire appel à un traducteur professionnel est-il rentable ? That is the question !

5. Quels sont les prix que pratique un consultant en contenu ?

Variables :-) [Début]



P.S. Rien à voir, mais les observateurs attentifs auront compris que je suis un fan de Jim Morrison...

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mercredi 10 janvier 2007

Ce que les anglo-saxons nous enseignent

Ce que les anglo-saxons nous enseignent
(un enseignement que nous ne savons pas recueillir)

Dès fin août dernier j'annonçais sur mon blog le départ de Danny Sullivan de Search Engine Watch (ils doivent le regretter...), alors qu'il n'avait pas encore décidé de son futur, ou tout au moins il n'en avait pas encore parlé, même si c'était dans l'air. Ce n'est qu'un peu plus tard, le 16 novembre, qu'il annonça sa nouvelle aventure dans SearchEngineLand, dont le PR est encore à 0, plus pour longtemps je suppose, vu l'explosion du trafic en moins d'un mois (c'est-à-dire du 11 décembre, jour du lancement officiel, au 8 janvier, date de publication des premières stats) !...


Après 30 000 pages vues pendant les dix premiers jours (si vous voulez comparer avec mes propres stats...), ce sont 135 000 pages vues dans le mois, soit environ 4 400 par jour, pour 85 000 visiteurs (2 700/jour). Une belle réussite pour un site à peine créé.

Donc, au-delà de la personnalité de son fondateur, comment expliquer cette énième success story ? Et qu'en apprendre ?

Car c'est bien cela qui m'intéresse. Tout d'abord, ce qui est remarquable, c'est le groupe dont Danny a su s'entourer. Que des grands noms, Barry Schwartz, Chris Sherman, Bill Slawski, Jennifer Slegg, Eric Ward (!), etc., par ailleurs tous très actifs sur leur blog perso.

Pour autant, constituer une équipe qui gagne ne signifie pas uniquement réunir des individualités particulièrement compétentes et talentueuses, mais surtout réussir à les fédérer autour d'un projet commun. Ajoutez-y un travail acharné, j'ai compté 260 billets publiés entre le 1er décembre 2006 et ce jour, à l'heure où j'écris, soit une moyenne proche de 7 articles quotidiens si l'on tient compte des fêtes. Sans oublier la qualité et la réactivité, voir la réponse de Bill à ma question...

Si je devais choisir parmi les qualités de cette équipe, outre le grand pragmatisme anglo-saxon qui n'est plus à démontrer, je dirais compétence, sérieux, humilité, cette dernière étant probablement ce qui nous manque le plus en France pour faire quelque chose de similaire. Car parlons peu, parlons clair. Malheureusement, rien de semblable n'existe chez nous ! Ne peut exister ?

C'est ça qui me fait chier chez les francophones (étant français moi-même, a priori, je sais de quoi je cause...), c'est que les individualités les plus talentueuses ne savent pas travailler ensemble, comme si on n'était pas capables de voir plus loin que le bout de notre nez. Trop d'égo, de petites rancoeurs, de querelles de chapelles, c'est moi le meilleur et pas toi, na na na. De vrais gosses (d'ailleurs les canadiens doivent bien rigoler de nous...), et une impossibilité chronique de faire un travail COMMUN de qualité. Pas dans les mots, certes, il suffit de se balader dans la blogosphère franco-française (qui tourne plus souvent qu'à son tour à la blaguosphère) pour voir que ce ne sont pas les beaux discours qui manquent.

Mais côté réalisation, rien à ma connaissance, un beau zéro pointé.

Alors on a les incontournables, les deux Olivier, Dupond & Dupont du référencement français, qui réseautent à tout va et vont de formations en publications, monopolisant la scène sans trop partager : au début de mon blog, O. Duffez signalait mes billets de temps en temps, puis il s'est arrêté brusquement, probablement par peur que je finisse par lui faire de l'ombre, mais enfin, qu'il se rassure, il suffit de comparer nos stats pour voir que c'est pas demain la veille (enfin, je le remercie encore d'avoir daigné se pencher sur mon cas).

Quant au second, O. Andrieu, qui sait fort bien faire sa petite cuisine (il n'est pas gaulois pour rien), malgré ses stats mirobolantes et son savoir-saire ou savoir-dire et écrire, il est quand même impliqué dans deux échecs retentissants, le lancement avorté du blog de Ask fini aux oubliettes et le désastre du SES Paris, lui qui est pourtant un inconditionnel de Danny Sullivan.

Bon, après ça, ils vont peut-être m'en vouloir à mort, je m'en tape, je ne fais pas partie du microcosme, et ce n'est pas mon but. Ceci étant, si ce devait être leur seule réaction, c'est qu'ils n'ont rien compris, et ce serait fort dommage. Vivre de ses rentes, ça va un temps, mais sur le Web on devient vite un dinosaure, et comme chacun le sait, ces bêtes-là ont disparu. Seul le coup de gueule de David a eu le mérite de soulever le problème, et ce n'est pas parce qu'il mentionne mon nom que j'écris ce billet, qu'on ne s'y trompe pas.

Non, ce billet est essentiellement pragmatique (j'essaie d'apprendre) : d'un côté, une formidable réussite collective (et individuelle aussi, certes, puisque Danny est bien le moteur de tout ça), à la hauteur de l'échec collectif du référencement français : proposer aux internautes francophones un site phare, ouvert et réactif, pour expliquer aux gens, dont la plupart n'y comprennent rien ou pas grand chose, ce qui se passe sur Internet. Et qu'on ne me dise pas qu'il ne s'en passe pas, des choses !

Donc je plaide pour davantage de partage et d'humilité de la part des acteurs historiques du référencement en France, c'est bien beau de se dissimuler derrière le manque de promotion d'une initiative ou autre, mais ça ne devrait pas servir d'alibi et dispenser de reconnaître ses torts. Et d'en tirer les leçons pour essayer de faire mieux la prochaine fois.

Enfin, pour conclure, qui sera l'émule de Danny Sullivan dans le paysage SEO/SEM francophone ?

Ce ne sera pas moi, c'est clair, je n'en ai ni la légitimité ni les compétences. Ni Loïc Le Meur, qui a certainement l'une et les autres, mais qui est trop politisé pour être crédible. Sur Internet, le combat Sarko/Ségo, ça gonfle et c'est relatif...

Moi je me contente de poser la question. Des réponses ?


P.S. Quand je vous parlais de la nécessité d'une forte logique commerciale derrière une initiative de ce genre (dans ma réponse au premier commentaire de Serge)...

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10 Tips For Writing A Profit Producing Ad

10 Tips For Writing A Profit Producing Ad

Titre qui n'a pas grand chose à voir avec le contenu de ce billet, quoique...

Tout commence avec un signalement de François (c'est pas lui sur la photo :-) sur ce brevet récemment obtenu par Google, qui s'intitule « Methods and apparatus for estimating similarity », en gros une méthode pour détecter les duplications de contenu dans les pages, je vous fais grâce des détails, c'est extrêmement ardu. Pour les téméraires, voici deux sources en anglais pour approfondir, ici et .

Donc, au-delà de la prouesse technologique, ce qui m'intéresse, c'est comment Google va décider le vrai du faux en cas de duplication. Exemple pratique.

Sur la requête "You can get ad copy ideas by studying similar", Google ressort 239 résultats. Il s'agit généralement du premier truc d'un article passe-partout qui s'intitule, grossièrement traduit, « 10 trucs pour rédiger une pub rentable », qui a de multiples variantes et de nombreux auteurs, comme nous allons le voir.

Premier résultat : Writing An Effective, Profit Producing Ad, by Ronald Gibson (Copyright 2005), qu'on retrouve ici ou .


Le même article a également pour auteur Anton Cheranev, sous le titre 10 Tips For Writing A Profit Producing Ad, qu'on retrouve bizarrement dans une base d'articles juste aux côtés de ... Ronald Gibson !


La seule différence étant que le second supprime la titraille en caractères gras, mais rassurez-vous, on le retrouve ici à l'identique, titre compris, sous la plume de ... David Riewe. À moins que vous ne préfériez qu'il soit rédigé par I-key Benney, CEO millionnaire en $$$ de New York City et créateur du fameux "Mscsrrr: Millionaire Secret Cash System, lequel I-key Benêt varie en nous livrant ici 10 Insiders' Secret For Writing Profitable Ads.

Cela ne nous étonnera qu'à moitié de le retrouver dans cette autre base d'articles, en l'ineffable compagnie du cher ... Ronald Gibson, qui se rappelle ainsi à notre bon souvenir. :-)


Bon, c'est bien beau, tout ça, mais faudrait voir à pas oublier Kenneth Fox, et le grand Larry Dotson, tellement présent qu'on pourrait même croire que c'est lui qui a écrit l'original, on le retrouve d'ailleurs chez Gotlinks, comme ses compères Anton Cheranev et Ronald Gibson ci-dessus !...

Quant à Todd Schlomer, il préfère nous en donner 20 pour le prix de 10, je renonce à chercher la provenance des dix premiers (ah, j'ai trouvé, il s'agit des 10 Tips For Writing A Highly Persuasive Ad... :-)

Ne manquait plus que Rojo Sunsen, dans la même base d'articles où il est expert au même titre qu'I-key Benney, CEO millionnaire en $$$ de New York City et créateur du fameux..., pardon, le très illuminé créateur et fondateur de “TMT Science & Technology”, où TMT signifie “Transcendental Mental Technology”, une science vieille de 10 000 ans, au moins, dont les “SECRETS” de richesse et de puissance ont été jalousement gardés depuis et jamais révélés au grand public, pauvres de nous !

Tout ça dans la plus pure éthique du copywriting, je ne vous infligerai pas la recherche sur les 200 résultats manquants, s'il y a des volontaires, je leur passe la main. Voilà quand même une histoire qui me rappelle fortement quelqu'un...

Enfin, tout ça pour dire que malgré les brevets susmentionnés, ça va être coton de faire un travail de qualité, voire pertinent, vu le nombre de charlatans qui polluent le Web, mais il est vrai que Google a déjà sa petite expérience en la matière...


P.S. À signaler que le brevet prévoit aussi d'identifier les duplications de liens :
As another example of the application of similarity engine 124, similarity engine 124 may generate object vectors for a web document based on the list of hyperlinks in the document. Accordingly, similarity engine 124 may develop similarity sketches based on a document's list of links.
Ça promet !

Question subsidiaire : si quelqu'un découvre l'auteur original de l'article et sa date de création, il ou elle gagne ... toute ma reconnaissance :-)

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lundi 8 janvier 2007

Top 2006 et 5 choses...

Top 2006 et 5 choses...

Cinq choses de moi que vous ne saviez probablement pas ... encore !

Titre faisant écho au billet intitulé TOP 1000, publié il y a un an presque jour pour jour, le 7 janvier 2006, qui marquait la reprise d'activité de mon blog après 10 mois de silence, et qui reste aujourd'hui encore l'un des plus visités, comme je vous le signalais dans les 40 articles les plus lus de mon blog.

2006 aura donc été l'année aux 164 billets, répartis de la façon suivante :
  1. 10 en janvier
  2. 8 en février
  3. 7 en mars
  4. 21 en avril
  5. 27 en mai
  6. 17 en juin
  7. 12 en juillet
  8. 21 en août
  9. 16 en septembre
  10. 7 en octobre
  11. 12 en novembre
  12. 6 en décembre
Probable qu'il m'en aura manqué une centaine pour devenir un pro blogueur...

Toujours pour rester dans les statistiques, ça représente presque 14 billets par mois, soit une fréquence de publication proche d'un jour sur deux, avec une frénésie de publication en mai et le mois le moins prolifique en décembre, plus de deux tiers des billets (114) concentrés sur le semestre d'avril en septembre, et une répartition égale entre le premier et le dernier trimestre (25 billets chacun).

Selon mes stats, sur cette même année 2006, mon blog a été visité par plus de 36 000 personnes (soit une centaine de visiteurs quotidiens), dépassant 53 000 pages vues. Je sais que certains blogueurs font ça dans la journée, voire moins, mais pour rester positif, disons qu'à ce jour j'ai au moins évité la présence des trolls.

Et même si les commentaires sont plutôt rares à mon goût, tous ont le mérite d'être constructifs dans la critique, qu'elle soit positive ou négative. En tout cas, le dernier de l'année m'a marqué, celui de Luc, qui me félicite pour la qualité et la fréquence de mes publications, et regrette que mon flux RSS ne soit pas complet ! C'est réparé, mais comme je lui fais remarquer : « J'avais adopté le choix du flux partiel parce qu'en général mes billets sont plutôt longs et que je ne voulais pas décourager d'emblée mes lecteurs potentiels. » [Début]

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Cinq choses de moi que vous ne saviez probablement pas ... encore !

Par ailleurs, l'année 2007 semble commencer dans la continuité avec 2006, puisque j'ai été tagué par trois blogueurs influents et de qualité pour dévoiler 5 choses qu'on ignore généralement de moi, d'abord Sébastien, Didier, Chauffeur de Buzz, puis de nouveau Didier qui me rappelle à mes obligations :-)

Dont acte :
  1. En réponse au commentaire de Luc, il est probable que la fréquence de mes publications va se raréfier en 2007. Car comme je l'expliquais dans cette interview, bloguer est extrêmement chronophage et (me) demande beaucoup de travail, aux dépens d'autres choses, qui devraient passer prioritaires durant l'année en cours...
  2. Ce n'est sûrement pas pour compenser, mais depuis que je suis passé à la nouvelle version de Blogger, j'ai remarqué qu'à chaque fois que je retaguais mes billets (pour recomposer à terme mon nuage de tags qui me manque tant), notamment les plus anciens, ils remontaient dans mon flux RSS comme s'ils venaient juste d'être publiés. Je m'excuse donc d'avance auprès de mon lectorat qui risque de voir émerger au fil des mois les vieux billets comme si c'étaient des nouveaux !
  3. 2007 devrait marquer le basculement de mes activités professionnelles de la traduction vers Internet, avec plusieurs projets en germe et en cours, dont les explorateurs du Web, mais chaque chose en son temps...
  4. Le point commun de ces projets est qu'ils sont très orientés contenu, une évolution qui se traduit également dans l'intitulé de mon métier, qui passe de traducteur-auditeur linguistique / localisateur à consultant en contenu et optimisation linguistique, une terminologie peut-être un peu abstraite, comme le souligne justement Manuel Diaz en commentaire, mais qui n'en demeure pas moins fortement concrète...


    J'espère que je ne ferai pas mentir le Chauffeur de Buzz, qui m'a flatteusement qualifié de « King of Rich Content », difficile d'être à la hauteur !
  5. En conclusion, je ne sais pas si pour moi 2007 sera l'époque du quatrième âge, mais voici des mots de Vinvin que j'ai décidé de m'approprier (c'est moi qui souligne) :
    Alors maintenant j’ai la sensation qu’il faut continuer sans chercher ces fameuses “conversations” que le blog était censé ouvrir. Vu le nombre de blogueurs, l’acharnement des débiles à s’exprimer (je ne donne pas de leçons, toi qui lis trop vite, je pense tout haut), le manque de civilité des plus jeunes, la recrudescence de campagnes de buzz, il faut avancer sans s’arrêter et sans se retourner. Ne plus chercher le dialogue, la réponse, la compréhension de l’idiot (on est tous l'idiot de quelqu'un, je sais), mais peut-être simplement se contenter de sa propre expression. L’expression, c’est déjà énorme. Il faudra trouver un moyen de tempérer les insultes sans fermer les commentaires. De bien expliquer la différence entre espace de liberté et marché aux poissons. Dans ce nouvel âge, j’ai l’impression que les blogueurs vont se concentrer sur leur art, quel qu’il soit, et que nous allons nous accompagner tranquillement, avec ou sans objectifs de gloire, vers la réussite de nos projets. J’ai l’impression que l’on va prendre en maturité et que les quelques specimens qui feront des passages à l’antenne ou ailleurs, sous ces paillettes illusoires, ne s’en vanteront pas plus que d’un 17/20 en histoire-géo. Nous regarderons peut-être cela avec un léger sourire, trouvant ça drôle ces petites percées hors du web, inutiles et sympathiques. Car je crois que c’est sur le web lui-même que se trouve la solution, pas ailleurs. C’est là qu’il est le trésor. Nous saurons alors distinguer le talent pour ce qu’il est, l’accompagner parce qu’il nous plaît et nous fait rêver. Je suis persuadé que le web est, pour quelques temps encore, un extraordinaire terrain de création. Manque plus qu’un modèle économique pour faire de ce terrain vague bien Français un beau jardin à l’Anglaise.
    En partie, ils font écho à ce passage du premier billet que j'ai écrit sur un blog, disparu aujourd'hui mais repris ici, c'était le 16 février 2005 :
    Me traiter de Guignol et trouver ma photo kitch, pourquoi pas. Chacun ses goûts et si ma tête lui plaît pas, il suffit de cliquer pour passer sur un autre site, y a que l'embarras du choix sur Internet ! Il risquera pas d'être en manque.

    Mais m'accuser de baratiner et de faire dans l'illisible, ah le pisse-froid ! Me dire ça à moi, qui écris depuis 20 ans du soir au matin et du matin au soir et dont la qualité du français est unanimement reconnue par mes clients depuis tout ce temps (je sais ce que je dis, quand ils m'ont trouvé, ils me lâchent plus !)...

    Enfin, sans le savoir, il est l'un des déclencheurs qui m'a décidé à ouvrir ce journal. Tous les commentaires fâcheux, virés, censurés, à la trappe ! C'est moi qui décide et ma décision est sans appel.

    Je veux qu'on m'aime ! Tu m'aimes pas, va voir ailleurs. On peut pas plaire à tout le monde, mais si je te plais pas, sache que c'est réciproque !...
    Du reste, le « pour quelques temps encore » est le seul passage sur lequel j'espère qu'il se trompe, même si je crains bien qu'il ait raison...
L'avenir nous dira ça aussi. En attendant, bonne année 2007 à toutes et à tous. :-) [Début]



P.S. Impardonnable ! J'oubliais de taguer 5 autres blogueurs pour les inviter au petit jeu des « 5 choses que vous ne savez probablement pas sur moi » :
  1. Jérôme Charron, qui se fait trop rare à mon goût sur Internet
  2. Maître Eolas, l'excellence dans l'éloquence
  3. Loïc Le Meur, on ne le présente plus
  4. Vinvin, Cyrille de Lasteyrie de son pseudo :-)
  5. Chris Membrey, une expérience fort intéressante
Je voulais aussi en inviter d'autres, comme Frédéric Cavazza ou Christophe Brasseur, mais lui a déjà répondu...

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mercredi 20 décembre 2006

Is Internet of Things the Next Big Thing? Probably it is...

Is Internet of Things the Next Big Thing? Probably it is...

Introduction

Internet des choses ou Internet des objets ?

Évolution ou ®évolution ?
EPC Global
ONS - Object Naming Service
Le processus RFID

Scoop...

Chapitres à paraître prochainement dans un billet qui s'intitulera L'Internet des choses : le Big Bang 2.0...

Étiquette ou éthiquette ?
"Get chipped" ou "get clipped" ?
Être pour ou contre ?
Conclusion


À noter que toutes les images, clicables, pointent vers des documents de référence, en général des PDF.

* * *

Introduction

En mars dernier, pour la mise en ligne de ma traduction sur la présentation de Google aux analystes financiers, je m'étais ingénûment mépris sur le sens de ces mots d'Eric Schmidt :
Its clear to us that we are just at the beginning of meeting our mission of "Organizing the worlds information and making it universally accessible and useful".
We believe that we have less than 5% of the information we should be able to get into our indexes, and we believe that the technologies we will develop will significantly expand the definition of search and the scope and scale of our worldwide business.
que j'avais rendus par :
Chez Google, nous avons conscience de n’être qu’au début du chemin vers la réalisation de notre mission, qui consiste « à organiser l'information mondiale et faire en sorte qu’elle soit universellement accessible et utilisable ».
Nous croyons que nous disposons aujourd’hui de moins de 5 % de toute l'information que nous serions en mesure d'indexer, et nous croyons que les technologies que nous sommes en passe de développer étendront de façon significative la définition de ce qu’est la recherche, impliquant une portée accrue et un changement d’échelle dans nos activités globales.
avant que Jérôme Charron ne commente pertinemment que :
Concernant les fameux 5% ... il ne faut pas s'arrêter au Web. Les gens de Google ne disent pas qu'ils n'indexent que 5% du Web... ils disent qu'ils n'indexent que 5% de l'information qu'ils peuvent indexer... ce n'est pas la même chose... ils parlent ici de l'information mondiale... et 5% me semble vraiment très largement surrestimé!
Or neuf mois plus tard, en associant cette information avec ces mots prononcés le 30 octobre 2003 par M. Philippe Lemoine devant la Commission nationale de l’informatique et des libertés, dans sa Communication relative à la Radio-Identification (Radio-Tags ou RFIds) :
il n’y a que 6 milliards d’êtres humains contre 50 000 milliards d’objets
(soit un rapport de 1 à plus de 8 000, comme si chaque être humain avait une productivité théorique dépassant 8 000 objets) je me dis qu'en effet, le taux de 5% annoncé par Google est largement surestimé, dès lors qu'on peut raisonnablement supposer qu'une bonne part de ces objets - communicants et communiquant - seront bientôt traçables, indexables, voire directement ou indirectement clicables sur Internet. Bien qu'ignorant quelles étaient les sources de M. Lemoine pour affirmer un tel chiffre à l'époque, je me garderai bien d'ergoter et le prendrai pour bon, même par défaut plutôt que par excès.

Donc, sommes-nous véritablement à la veille de l'avènement d'un Internet des objets, ou d'un Internet des choses, comme me le suggère la traduction française d'Internet of Things, même si la formulation communément (33 400 occurrences en ce moment, contre seulement 1 380 pour Internet des choses) et quasi-officiellement admise est celle d'Internet des objets ? [Début]

* * *

Internet des choses ou Internet des objets ?

L'option d'un titre anglais pour ce billet n'a pour but que de m'obliger à m'interroger et prendre parti pour une traduction française, même si je sais que mon choix ne restera que ce qu'il est : une décision personnelle, sans aucune influence sur l'implantation terminologique probable d'Internet des objets vs. Internet des choses.

Pour autant, je trouve l'utilisation du terme « objets » trop restrictive dans ce contexte, et par conséquent inadéquate, inexacte même, « choses » ayant une portée plus ample et capable d'inclure - après les ajustements sémantiques nécessaires - non seulement les objets (produits et services), mais aussi les animaux, les plantes et surtout, last but not least, les humains réifiés...

C'est pourquoi je traduirai « Is Internet of Things the Next Big Thing? Probably it is... » par « L'Internet des choses sera-t-il le prochain Big Bang ? Probablement... » ! À noter d'ailleurs que le Web anglo-saxon privilégie l'usage d'Internet of things (376 000 occurrences) contre celui d'Internet of objects (seuls 196 petits résultats).

- « Tu pinailles », me direz-vous, « Que nenni ! », rétorquerai-je, car vu l'importance et l'universalité qu'est destiné à prendre l'Internet des choses, le poids et l'impact des mots sont tout sauf anodins et insignifiants...

Nous sommes à l'aube d'une véritable révolution, déjà en cours qu'on le veuille ou non, les avis personnels importent peu face à la réalité des ... choses, sauf à fédérer ces avis en quantité suffisante pour qu'ils atteignent la taille critique et soient en mesure de donner voix aux préoccupations - légitimes - qui sont derrière. Évolution ou involution, révolution ou ®évolution, l'avenir se prépare aujourd'hui et nous dira si nous avons été capables de tirer les leçons du passé ou non... Perso, n'attendez de moi aucune réponse illuminée, je ne suis pas devin :-) [Début]

* * *

Évolution ou ®évolution ?

Il est clair que le jeu de mot avec le ® (registered), témoin habituel d'une marque déposée, est à prendre au deuxième degré, autant comme 1) traduction d'un enregistrement (à savoir la consignation par écrit ou la transcription sur un support quelconque à des fins de stockage, d'utilisation et de reproduction, etc.), que comme 2) signe de protection juridique implicitement attaché à cette notion...

Concernant le 1), l'enregistrement des données, faisons d'abord le point sur l'architecture sous-jacente à l'Internet des choses, dont j'ai déjà anticipé quelques notions dans mon précédent billet sur l'Internet des objets : quand le hasard fait bien les ... choses !, à savoir le fonctionnement d'EPCGlobal, de l'ONS, des RFID et autres technologies connexes (SAW, RTLS, M2M, NFC, etc.). [Début]

* * *

EPC Global


EPCglobal IncTM est le joint venture créé entre EAN International (European Article Numbering, ou code article européen) et Uniform Code Council (UCC, agence chargée de la normalisation des codes-barres standard utilisés en Amérique du Nord) [EAN et UCC ayant fusionné en 2005 pour donner le jour au consortium GS1 (Global Standard, « 1 » pour unique et universel), dont le slogan est « The global language of business » (système/langage unique pour le commerce mondial)], pour exploiter la licence d'utilisation de la technologie RFID (Radio Frequency Identification, les radio tags ou identification par radiofréquence), inventée en 2001 par l'Auto-ID Center du MIT (Massachusetts Institute of Technology), groupe de recherche créé en 1999 et transformé fin 2003 en Auto-ID Labs.

Voici les principaux sponsors de l'Auto-ID Center à l'origine :


EPC Global IncTM (ex AutoID Inc.), qui développe le Réseau EPC (Electronic Product Code) des codes produit électroniques, auquel n'ont accès que les membres d’EPCglobal (un millier à ce jour), a délégué en janvier 2004 à Verisign la gestion de l'ONS (Object Naming Service), le serveur racine des noms d'objet, confiée, selon un rapport gouvernemental de janvier 2005, « dans des conditions discrètes par le gouvernement américain à VeriSign sans, qu’apparemment les autres acteurs aient eu leur mot à dire. Il faut dire que depuis l’Executive Order américain du 16/10/2001 classant "Confidentiel Défense" les architectures essentielles de l’internet, il y a peu de chance que cette désignation soit jamais éclaircie. » (point 1.2.1 - La relation stratégique entre l’ONS et le DNS).

N.B. Je suppose que les rapporteurs font ici référence aux sections 11 (National Communications System) et 13 (Classification Authority) de l'Executive Order on Critical Infrastructure Protection, qui renvoient respectivement aux Executive Orders12472, du 3 avril 1984, et 12958, du 12 avril 1995.

Voici un schéma très explicite des différents passages, paru en mars 2005 sur le site Intelligence Online :


Et si ce même point 1.2.1 observe que « La symbiose entre internet et identification des objets physiques n’était pas obligée »..., il souligne par ailleurs « Les similitudes poussées de l’ONS et du DNS », d'où la reconnaissance par certaines parties prenantes du rôle de Verisign, « néanmoins incontournable car seul acteur vraiment "global" disposant de toute l'expertise nécessaire ». [Début]

* * *

ONS

Voyons maintenant l'Object Naming Service selon Verisign, le fameux ONS (sigle pour lequel j'ai trouvé plusieurs autres libellés en anglais : Object Numbering System, Object Numbering Service, Object Name Service, etc.), que je traduirai dorénavant par système d’identification des objets, une formule qui a l’avantage de regrouper les concepts de dénomination (name, naming) et de numérotation (numbering), l’utilisation des mots n’étant jamais neutre et la dénomination des identifiants numériques encore moins…

Il s'agit en fait du système distribué de routage des requêtes d'information sur les identifiants uniques EPC qui est au cœur du réseau EPCGlobal :


En gros, les missions critiques du réseau englobent : 1) le repérage-traçage (discovery), qui comprend l'identification et la localisation ; 2) le stockage des informations (storage), et 3) l'accès sécurisé (secure access) :


Voir les spécifications. Verisign nous propose également un parallèle entre DNS et ONS, bien pratique pour y voir plus clair (source : EPC Network Starter Kit PDF, 6,5 Mo) :



Le dialogue entre les différents composants du réseau et l'échange des informations sont supportés par le langage PML (Physical Markup Language), basé sur XML. Concrètement, de l'étiquette RFID à son adressage sur Internet, le processus est le suivant :


Flux des données :

[Début]

* * *

Le processus RFID

En gros, l'étiquette (tag) se compose d'une puce (chip) et d'une antenne, activable par signal radio à une fréquence variable, signal émis par un lecteur fixe ou mobile qui comprend une carte électronique et une antenne. Une fois activée, l'étiquette transmet un signal en retour, le lecteur capture l'identifiant unique correspondant, et l'échange des données a lieu selon un protocole normalisé de communication (cf. principes de fonctionnement, en français).

Les étiquettes peuvent être actives ou passives, etc.


et le codage à 96 bits permet dans l'absolu d'associer un identifiant unique à 268 millions de sociétés (EPC manager), 16 millions de produits pour chaque société (Object class), et 68 milliards de numéros de série pour chaque produit (Serial number) !


Ce qui devrait suffire pour donner une adresse unique aux 50 000 milliards d’objets mentionnés plus haut, d'autant plus qu'avec le déploiement prévu d'IPV6 (tutorial), le protocole de prochaine génération codant les adresses à 128 bits, cela nous permettra de disposer, selon Wikipedia (je renonce à vérifier :-), d'environ 3,4 × 1038 adresses, soit 340 282 366 920 938 463 463 374 607 431 768 211 456, soit encore, pour reprendre l'image usuelle, plus de 42,5 millions de milliards d'adresses par millimètre² de surface terrestre. En comparaison, le protocole actuel IPv4 permet l'identification d'à peine plus de 4 milliards de machines (ou d'adresses) !

Vous en voulez encore ? Selon Jean-Michel Cornu, le plus grand préfixe est le Yotta : 1 Yo = un million de milliards de milliards d’octets. Pourtant, le nombre d’adresses IPv6 est trois cent mille milliards de fois plus important ! Ou que dire de ce commentaire ?
Ben même si chaque être humain consomme un million d'adresses IP, que d'ici 20 ans on est 10 milliards sur terre, ça ne fera "que" 10 000 000 000 000 000 (10^16) adresses IP utilisées... Et avec un million d'IP par personne, les appareillages électriques ont tous la leur, et même s'il faut passer à un milliard d'IP par personne, on a encore pas mal de quoi voir venir : 10^19 contre 10^38 disponible, il y a une sacrée marge de manœuvre !
Que ne fera-t-on pas avec les bits... Tiens, vu que je commence à fatiguer un peu, je vous fais grâce des étapes suivantes et vous offre un petit graphique à la place, s'il est vrai qu'une image vaut mille mots, autant d'économisés :-)


Enfin, très officiellement (via ServiceDoc Info), l'étiquette radio, ou radio-étiquette, est un « Réémetteur permettant d'identifier et de suivre à distance la personne ou l'animal qui le porte, le véhicule ou l'objet sur lequel il est fixé. »

Une définition d'importance puisqu'elle identifie très explicitement les quatre "cibles" potentielles des RFID : PERSONNE, ANIMAL, VÉHICULE, OBJET, d'où mon préambule sur la formulation inadéquate et partielle d'Internet des objets...

Comme le souligne de façon si prégnante l'UIT dans son rapport 2005 sur l'Internet of Things (PDF, 18 Mo, ou résumé), « A new dimension has been added to the world of information and communication technologies (ICTs): from anytime, any place connectivity for anyone, we will now have connectivity for anything (Figure 1). »

Une nouvelle dimension s'ajoute à l'univers des technologies de l'information et de la communication (TIC) : en tout temps, en tout lieu, la connectivité pour tout le monde et pour toutes choses.
Ça promet... [Début]

* * *

Quant au 2), la protection juridique des données, le traitement fera l'objet de la section suivante : Étiquette ou éthiquette ?, et du billet suivant par la même occasion, à paraître probablement en 2007, qui s'intitulera L'Internet des choses : le Big Bang 2.0...[Début]

Lien connexe : Internet des objets : quand le hasard fait bien les ... choses !


P.S. Je ne voudrais pas finir sans vous livrer un scoop de mon cru, enfin, je crois, découvert durant la préparation et la rédaction de ce long, très long article.

C'est en rapport avec la technique des pings, largement utilisée pour les blogs :
Le ping service est une méthode de notification de changements : votre blog expédie une commande ping (...) à un annuaire ou à un autre blog, associée à un fichier XML. Dans ce fichier sont notamment contenues les références de votre site et la date de sa dernière mise à jour.
L'annuaire ou le site récepteur de la commande Ping peut ainsi mettre à jour ses listes de liens pour indiquer aux internautes que votre site vient d'être mis à jour. Généralement, le ping service est entièrement automatisé.
Or il faut savoir que les pings trouvent une application particulière dans le cadre des systèmes RFID, puisque vous pouvez pinguer une étiquette (ping a tag) pour échanger des données et tenir constamment à jour un inventaire, par exemple.

Et bien je vous le donne en mille, ou en yotta si vous préférez, à la fin de l'année dernière (octobre 2005), Verisign a racheté Weblogs.com et semblait très « enthousiasmé par sa nouvelle acquisition. »
Elle constitue le résultat de plusieurs mois de négociation avec Dave Winer, le fondateur de ce service de ping, qui ne parvenait plus à en supporter les coûts. En l'espace de quelques mois, le nombre de pings traité par Weblogs.com a plus que doublé, pour avoisiner les 2 millions d'unités/jour, indique VeriSign. Selon le gestionnaire du .com, qui traite également des centaines de milliers de transactions par mois, effectuées via des sites de commerce ou à partir de téléphones mobiles, le ping a bel et bien un avenir.

Par ailleurs, « ce ne seront plus des dizaines mais des centaines de millions de pings qui seront générés chaque jour. Et ce à mesure que les serveur de pings ne seront plus seulement utilisés dans l'univers des blogs, mais dans les médias plus grand publics ou la distribution de données d'entreprise », ajoute la société américaine.
« La distribution de données d'entreprise », qu'en termes sybillins cela est dit...

Réaction de Loïc Le Meur :
Il n'y a pas de modèle économique derrière tout cela. Et je ne vois vraiment pas ce qu'un VeriSign peut faire d'un service comme Weblogs.com.
Comme quoi même le premier blogueur de France et de Navarre peut parfois aussi dire des conneries (sans aucune référence à l'actualité, puisque je considère le Web 3.0 comme une fameuse réussite, surtout si on compare l'événement au SES Paris, entre espoir et déception)... [Début]

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Sur ce, bonnes fêtes, joyeux Noël 2006 et meilleurs vœux pour une année 2007 exceptionnelle, Adscriptor se met en sommeil jusque vers la mi-janvier... sauf imprévus (je serai plus d'une quinzaine de jours sans connexion Internet, à moins que le café du coin n'en ait une :-) [Début]

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