mercredi, juin 28, 2006

Google, eBay, MySpace, McAfee : brèves et mises à jour

Google, eBay, MySpace, McAfee : brèves et mises à jour

Google
Google - eBay
MySpace
McAfee - SiteAdvisor

Préparez-vous à être submergés par une myriade de dépêches et d'analyses sur l'actualité dominante des jours à venir, j'ai nommé GBuy !

Google Wallet il y a presque un an jour pour jour, puis G-Money, GPay, Google Checkout (https://checkout.google.com/ renvoie pour l'instant vers votre compte personnalisé)...

[MàJ - 29 juin 2006] Exit GBuy, Google lance Checkout. En cliquant sur le lien ci-dessus que je vous donnais hier, vous arrivez sur la fenêtre de connexion suivante :


Google propose également une vidéo de présentation du service, cliquez sur l'image ci-dessous si vous souhaitez la visionner :


Comme vous pouvez le constater, le petit chariot bleu à gauche de l'URL, symbole de Checkout, indique que ce cybermarchand utilise le service de Google. Une façon supplémentaire de nous dire qu'il s'agit d'un site sécurisé, ce qui aura forcément un impact sur la navigation des internautes dès que le bassin d'utilisateurs prendra de l'ampleur et que le service montera en puissance. En outre, l'exemple choisi par Google nous montre un lien sponsorisé, mais il est à prévoir que les résultats organiques intégreront aussi le petit chariot. À suivre...

Enfin, pour l'instant, Checkout n'est disponible qu'aux États-Unis, même s'il est probable que la localisation (qui est déjà un atout majeur des Adsense) ne tardera pas...

* * *
Donc, voilà plus d'un an que les observateurs, journalistes et blogueurs du monde entier se perdaient en conjectures sur ce qui a toujours été présenté comme une alternative à Paypal, sauf par ... Google :
Mr. Schmidt also denied it would directly compete with PayPal. Mr. Schmidt said Google didn't intend to offer a "person-to-person, stored-value payments system," which many people consider a description of PayPal's service.

(M. Schmidt dément que [ce service] serait en concurrence directe avec PayPal. Selon lui, Google n'entend pas offrir un "système de prépaiment individualisé", une définition que beaucoup considèrent comme une description de ce qu'est PayPal.)
On allait bientôt tout savoir, GBuy décortiqué, examiné sous toutes les coutures, etc. Ne comptez donc pas sur moi pour ajouter à la cacophonie. Je préfère me limiter à rappeler que Yahoo a déjà essayé PayDirect, un service semblable, sans grand succès. Yahoo qui a obtenu il y a peu un brevet dénommé Systems and methods for implementing person-to-person money exchange (à ne pas confondre avec Systems and methods for implementing person-to-person international money exchanges !)...


Après PayDirect, pourquoi pas Pay2PayDirect :-) [Début]

En attendant, Google vient de rendre GMail, Google News et quelques autres services accessibles depuis votre mobile...

(Je ne dis pas "le mien", vu que le service n'est pas encore disponible en Italie...)

En parallèle, je viens juste de m'apercevoir que Google a commencé à mettre des pubs aussi dans ses alertes :

Voilà des mois que je les reçois et jamais aucune pub n'avait précédé les résultats, une situation qui a changé apparamment entre 10h19' et 13h14' aujourd'hui ! [Début]

* * *


Toujours pour ce qui concerne le couple Google - eBay, après la compétition et les infidélités d'eBay avec Yahoo, voici venue l'heure de la coopétition, ou coopération compétitive, puisque Google et eBay financent ensemble FON, afin de vendre des routeurs communautaires à ... 5 $/€ et de promouvoir le Wi-Fi gratuit ! Ça devrait en intéresser plus d'un...

Signalons au passage que Martin Varsavsky, le FON...dateur, fait partie du premier tour de table d'investisseurs qui ont permis de lancer Wikio, aux côtés de Loïc Le Meur, Jeff Clavier, Freddy Mini, Ouriel Ohayon et, bien sûr, Pierre Chappaz. Une affaire qui agite le landerneau du Web francophone pour d'autres raisons... [Début]

* * *

Maintenant, à propos de MySpace, je viens de lire cette déclaration dans une longue interview de Murdoch sur Wired, concernant Google :
I like those guys, but there’s a bit of arrogance. They could have bought MySpace three months before we did for half the price. They thought, “It’s nothing special. We can do that.”

Je les aime bien, même s'ils sont parfois un peu arrogants. Ils auraient pu acheter MySpace trois mois avant nous à moitié prix, mais ils ont dû croire “Rien de spécial, nous pouvons en faire autant.”
Soit moins de 300 millions $ !. Via GigaOm, Search Newz, Search Engine Journal. Même si selon d'autres sources :
According to Michael Nutley of New Media Age Rupert Murdoch was told by Google Chairman Eric Schmidt that acquiring Intermix and MySpace would be “the best deal of his life.”

D'après Michael Nutley, de New Media Age, Eric Schmidt, PDG de Google, aurait dit à Rupert Murdoch que faire l'acquisition d'Intermix et de MySpace pourrait bien être “la meilleure affaire de sa vie.”
Allez savoir s'il y a eu délit d'initié et quel est le vrai du faux ! Donc, apparamment, Google n'aurait pas su saisir à temps le virage "réseaux sociaux" ? Tout comme Microsoft n'a pas compris la portée de l'Internet à l'époque de Windows 95. Juste pour faire un parallèle...

Quant au problème de la protection des enfants et des adolescents sur MySpace et, d'une manière générale, sur les réseaux sociaux, hier à la Chambre des Députés U.S. a eu lieu une audition, pour celles et ceux qui comprennent bien l'anglaisaméricain :-) [Début]

* * *

Ma deuxième mise à jour concerne McAfee - SiteAdvisor dont je vous parlais il y a un mois au sujet de la recherche sécurisée et de la mise en œuvre future d'un possible SafeRank, un avis jugé plausible par Bill Slawski (So, you may be right - some type of saferank could be part of the near future), qui est certainement bien plus expert que je ne le suis.

Or je viens juste de découvrir qu'une extension est disponible au téléchargement pour Internet Explorer ou FireFox. À tester pour une navigation sécurisée, faites-moi savoir vos commentaires si vous l'avez déjà essayé...

[Début]


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lundi, juin 26, 2006

Blogs and folks and rock'n'roll

Blogs and folks and rock'n'roll

La genèse de ces mots, c'est un commentaire raté, commencé pour tenter de répondre à cette question : Pourquoi lisez vous Affordance ?, avant de me rendre compte qu'il y avait tellement à dire que mieux valait en faire un billet !

Olivier, pourquoi je te lis ?

Digression liminaire

Qu'on m'excuse le tutoiement, mais chez moi la blogofamille ça crée des liens (ce qui est bien naturel sur Internet), ça marche par affinités, affinités de goûts ou communautés d'intérêts, et d'ailleurs la blogosphère est moins grande qu'il y paraît, puisque sur Internet, le village a beau être global, ça reste quand même un village. Où tout le monde finit par se connaître, voire par se fréquenter, par se rendre visite. Ou pas...

Moi mon blog, c'est chez moi. Et comme chez moi, l'hospitalité y est sacrée, la porte est ouverte à toutes et à tous, je fais ce que je peux pour mettre mes invités à l'aise, favoriser le dialogue, nouer des conversations. Chacune ou chacun doit s'y sentir libre, libre d'y venir aujourd'hui, demain ou jamais, d'y faire une petite halte restauratrice ou de passer outre, libre de parler ou de se taire, voire de me dire t'es nul de chez nul, l'essentiel c'est de me dire pourquoi.

Or « comme dans la vraie vie » je ne reste pas toujours barricadé chez moi, loin s'en faut, j'aime aussi sortir et aller chez les autres, je sors de chez moi et je viens chez toi. Ou alors on peut se rencontrer dans un lieu public ou dans la rue, voire chez un ami ou une amie en commun.

Même si des fois, Machin te présente Truc parce que c'est son ami, et toi tu te dis, oui j'aime bien Machin mais quel con, ce Truc ! À moins que ce ne soit Truc qui pense de toi, oui j'aime bien Machin mais quel con, celui-là. C'est la vie. :-) De toutes façons on est toujours le con de quelqu'un, donc là n'est ni la question ni le problème, non, la question, le problème, c'est que si tu viens chez moi, d'abord tu te nommes et après tu parles, l'anonymat me rend nerveux, les commentaires anonymes c'est comme les lettres du même nom, la corbeille est la seule destination qui leur convient.

Donc, en plus des rencontres voulues, recherchées, il y a aussi les rencontres fortuites. Qui sont souvent les plus belles. Celles auxquelles tu ne t'attends pas et qui te ravissent.

Un jour t'arrive par hasard chez Olivier, chez Joël ou chez Jérôme, chez Jean-Marc ou Jean-Baptiste, chez Didier ou Isabelle, et tu te dis, tiens j'aime bien ce ton, cette conversation, alors ça te donne envie de t'attarder, de revenir, d'approfondir. Au gré du temps et des occasions, sans forcer, sans prétendre, sans idées préconçues, au détour d'un clic, hors des sentiers battus, loin des coteries Web 2.0 ou des salons qui comptent...

Voilà. Pour conclure et finalement répondre à ta question, Olivier, pourquoi je te lis, parce que j'aime bien venir chez toi, je m'y sens à l'aise.

« Dialogue », disent ceux qui brûlent de parler. (Elias Cannetti)

samedi, juin 24, 2006

Microsoft pourrait faire l'acquisition de Yahoo ou d'eBay

Microsoft pourrait faire l'acquisition de Yahoo ou d'eBay

Cinq mois plus tard...
Neuf mois plus tard...
Onze mois plus tard...


Hier

Ça commence avec la lecture du billet d'un blog financier, intitulé « Microsoft pourrait faire l'acquisition de Yahoo ou d'eBay, selon Merrill Lynch », qui cite l'info relayée par theflyonthewall d'une étude à peine publiée par Justin Post (qui porte bien son nom...), un analyste de Merrill Lynch.

D'après lui, pour contrer la menace hégémonique de Google (qui continue, imperturbable, à gagner des parts de marché aux États-Unis dans la recherche, depuis 10 mois consécutifs), Microsoft pourrait envisager l'acquisition stratégique de Yahoo (fourchette de prix fixée à 40 - 45$ l'action), voire d'eBay, même si les bénéfices en seraient moindres pour la firme de Redmond.

Bon, ce n'est pas nouveau, l'info circulait déjà début mai (Google vs. Microsoft : la bataille de titans ne fait que commencer) avant de perdre de sa vigueur suite au refus de Yahoo, et je n'y ai accordé qu'un coup d'œil distrait.

Aujourd'hui

Surprise, l'info est déjà reprise par le Washington Post, par Forbes, Reuters, et qui sait par combien d'autres, vu qu'en général les dépêches de Reuters font le tour de l'Internet en moins de 80 jours ;-)

Il est vrai que les anglo-saxons réagissent au quart de tour à ce genre d'info, contrairement aux francophones, mais entre les deux extrêmes, il faudrait peut-être trouver un point d'équilibre...

J'en vois déjà certains qui se disent : « Pourquoi diffuser de tels racontars ? ». Ce n'est plus de l'actualité, c'est de la boule de cristal...

À qui et à quoi je réponds :
  1. Autorité de la source : les analystes de Merrill Lynch ne sont pas à proprement parler des rigolos, et même s'il leur arrive de se tromper, comme tout le monde, en général ils sont beaucoup mieux informés que vous et moi, et disposent d'une vision d'ensemble du business que seules des organisations de cette envergure peuvent avoir.
  2. Nature de la source : les financiers sont toujours les premiers à être au courant de ce qui se passe dans les hautes sphères et que le grand public ne découvre habituellement que bien plus tard, voire jamais. De plus, depuis un an, Merrill Lynch travaille aussi pour Microsoft. L'action de Yahoo a déjà commencé à grimper suite à cette perspective.
  3. La veille est toujours un pari : veiller sur Internet ne signifie pas être plein de certitudes, mais être à l'écoute du moindre signal pour tenter d'anticiper !
Demain

On verra...


P.S. Pour préciser mon affirmation selon laquelle « les financiers sont toujours les premiers à être au courant de ce qui se passe dans les hautes sphères », observons ce qui suit :
  • Les premières rumeurs sur l'acquisition possible de Yahoo par Microsoft ont commencé à circuler début mai suite à un article publié sur le Wall Street Journal (l'article original n'est plus disponible qu'aux abonnés).
  • Le 22 mai, Imran Khan, analyste chez JP Morgan, a publié un rapport de 56 pages intitulé Large Cap Internet Courtships (seule la version cache de Google peut être consultée, vu que le PDF original n'est plus accessible au téléchargement). Ce rapport analyse 6 scénarios possibles de « consolidation » :

    Concernant la faisabilité des scénarios 3 et 4, Imran Khan nous dit :
    1. sur eBay - Yahoo!
      À notre avis, au plan stratégique, un partenariat ou une fusion entre eBay et Yahoo! est l'opération la plus réalisable des six scénarios proposés dans ce rapport, et pourrait aider les deux entreprises à maximiser leurs atouts respectifs...

      (In our view, a partnership or merger between eBay and Yahoo! is strategically the most feasible of the six scenarios we present in this report it could help both companies maximize their respective business strengths...)
    2. sur MSN - Yahoo!
      Un partenariat ? Le PDG de Yahoo!, Terry Semel, a récemment déclaré au Financial Times qu'aucune discussion n'était en cours avec Microsoft concernant l'acquisition totale de Yahoo!, et que Yahoo! avait rejeté la proposition de Microsoft de prendre des parts dans la branche Recherche de Yahoo! Ceci étant, nous pensons qu'une consolidation Microsoft - Yahoo! serait un scénario stratégiquement viable, vu les dynamiques compétitives actuelles. En outre, si les deux sociétés ne réussissent pas à récupérer du terrain sur Google au cours des 12 à 18 mois à venir, nous croyons que les possibilités d'une consolidation potentielle entre les deux pourraient augmenter...

      (Partnership? Yahoo! CEO Terry Semel recently stated in The Financial Times that there have been no discussions with Microsoft regarding an outright acquisition and that Yahoo! rejected Microsoft's proposed stake in Yahoo!'s search business; however, we believe a Microsoft/Yahoo! combination is a strategically feasible scenario, given current competitive dynamics. Additionally, if both companies are unable to alter their trajectories versus Google over the next 12 to 18 months, we believe the potential for consolidation between the two players could increase...)
  • Le partenariat Yahoo! - eBay ayant bien eu lieu entre-temps, cela confirme si besoin était que les analystes financiers sont souvent parmi les gens les mieux informés pour savoir ce qui risque fort de se produire, à plus ou moins longue échéance ! Or s'il est vrai qu'il n'y a pas de fumée sans feu, The Wall Street Journal, JP Morgan et Merrill Lynch... qui dit mieux ?
[MàJ - 4 septembre 2006] La théorie a été reprise aujourd'hui par le ... Financial Times ! Étonnant, mais rien de nouveau jusque là : complémentarités possibles, risques antitrust, etc. Si ce n'est qu'entre-temps nous avons vu un rapprochement tout aussi inattendu : Google + Apple, et Sun qui n'est pas loin. À suivre donc...

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jeudi, juin 22, 2006

Google teste et lance le cout par action sur ses Adsense !

Google teste et lance le coût par action sur ses Adsense !

Dans le sillage d'un précédent billet sur l'avenir des moteurs de recherche, présentant la traduction autorisée d'un billet de Vinny Lingham intitulé The Future of Search Engines?, où l'auteur s'avouait convaincu que le coût par clic n’était qu’une étape vers le coût par action, voilà que la réalité rattrape la prospective, puisque Google teste effectivement le CPA, ou coût par action :
Tarification fondée sur le nombre d'actions effectuées en réponse à votre annonce. Une action peut prendre la forme d'une transaction de vente, d'une acquisition de clientèle ou d'un simple clic. Également appelé coût par transaction. Le CPA peut également se rapporter au coût par acquisition.
L'info a été communiquée hier sur Internet par David Jackson, qui rapporte le message qu'il a reçu de Google :
« L'équipe Google AdSense souhaite vous inviter à tester une nouvelle fonctionnalité, qui vous permettra de générer un revenu sur votre site Web en affichant des pubs rémunérées au coût par action. Ce type de publicité présente des différences notables, puisque vous pouvez choisir parmi une sélection élargie d'une part, et vous bénéficiez d'un modèle de promotion plus souple de l'autre… »

(The Google AdSense team would like to invite you to test a feature that provides you with a new way to earn revenue from your website by hosting ads that are compensated based on a Cost-Per-Action [CPA] basis. These ads are very different in that you will be able to choose amongst a selection and you will also have more flexibility in promoting them…)
Au-delà des conséquences économiques évidentes pour tous les acteurs impliqués dans le marketing d'affiliation, certains observateurs y voient une réponse possible pour résoudre le problème de la fraude au clic (Juan Carlos Perez - IDG News Service, Miami : an ad model that in theory isn’t vulnerable to click fraud), là où d'autres pensent qu'à terme ça va dans le sens d'une plus grande pertinence des résultats (Vinny Lingham : I suspect that Google may start using the data in the CPA Ads to assist in determining relevancy at some point in time, not now but at least it's moving closer to it.)

Par ailleurs, ce dernier va plus loin puisqu'il nous met en garde contre les fraudes éventuelles liées à ce nouveau modèle :
  1. Vous montez un site (Setup a site)
  2. Vous y affichez la pub (Put up the ads)
  3. Vous cliquez sur l'Adsense sur votre propre site, aucune fraude au clic détectable (Click the ads on their own site - no click fraud)
  4. Vous achetez le produit/service en utilisant un carte bancaire volée (Purchase using the stolen credit card)
  5. Vous encaissez le chèque de Google pour les achats effectués, la rémunération au coût par action rapportant bien plus que quelques clics, puisque vous avez un faible taux de clic pour un fort taux de conversion, d'où aucune fraude au clic détectable (Receive a check from Google for purchases on a CPA basis - alot more than a few clicks, because now the clicks are low, but the conversions are high - so no click fraud)
  6. Vous recevez - ou pas - le produit/service acheté (Receive the goods, or not)
  7. Le vendeur en est de sa poche puisqu'il doit payer les frais bancaires tout en ayant perdu le produit/service expédié (Merchant receives chargebacks and is out of pocket for both the credit card charges & the goods.)
Et Vinny de conclure :
Ce n'est là qu'un scénario possible, mais je pourrais vous en proposer des dizaines d'autres !

Un scénario dicté par mon expérience dans le monde du marketing d'affiliation, vu les types de fraudes qui se produisent dans les réseaux d'affiliés. À mon avis, la méthode du CPA ne peut marcher que sur les sites de la galaxie Google et sur quelques sites à très fort trafic de partenaires soigneusement sélectionnés, n'ayant aucun intérêt à frauder. Par contre, si ce système touche un plus vaste public, ça va vite devenir problématique.

(That's one scenario, and I could go into dozens more!

This knowledge really comes from experience in the affiliate marketing world as to the fraud that occurs on the affiliate networks. The CPA method in my opinion would only work on Google's own site and selected high volume partners, as they have no incentive to commit fraud - the moment it's opened up to the broader public, it's becomes problematic.)
En tout cas, au moment où de plus en plus d'observateurs s'interrogent sur l'avenir de la recherche et ses modèles économiques, le lancement par Google du coût par action sur ses Adsense risque de provoquer bien des remous, et je suis sûr de ne pas me tromper en affirmant que nous n'avons pas fini d'en parler...


Lien connexe : La dérive publicitaire sur Internet : les incohérences de Google (entre autres)...

Autres ressources en français : Moteurs News, Orénoque, fil de discussion sur WebRankInfo

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Bidonnage aux noms de domaines : Bob Parsons en remet une couche

Bidonnage aux noms de domaines : Bob Parsons en remet une couche

C'est en train de devenir une chronique mensuelle : dans son dernier billet, publié hier, Domain kiting rages out of control..., Bob Parsons nous dit que sur 35 millions de domaines enregistrés au mois de mai, 92,3 % d'entre eux n'avaient pour but que le domain kiting, soit 32,3 millions de noms qui représentent près de la moitié des domaines actifs sur Internet (chiffres actualisés au 21 juin 2006) :


Des statistiques en phase avec celles du mois d'avril (+32 millions de noms), qui s'ajoutent pour nous donner la somme modique de +64 millions de domaines en deux mois qui exploitent le modèle j'essaie - je prends/je jette. C'est ÉNOOORME !

Pour vous donner un ordre de comparaison, selon des estimations rapportées dans un article de la Tribune à propos de l'extension française en .fr enfin accessible aux particuliers : « Les experts tablent sur le dépôt de 500.000 nouveaux noms de domaine d'ici deux ans. » !!! Ils ont vraiment le sens de la (dé)mesure à l'AFNIC. « L'internet en confiance », qu'ils disent...

Et c'est bien le cas de dire. Comme le Président de Godaddy l'affirme, ce phénomène a désormais un nom, et c'est un excellent début (So the problem now has a name – and that’s an excellent start!), il suffit de googler pour s'en rendre compte :



Il n'empêche ! Je veux bien qu'on l'accuse de travailler à sa réputation et qu'il ne soit pas sans reproches, mais quand même ! Ce qui m'étonne le plus, dans cette histoire, c'est que j'ai l'impression qu'il est seul à crier dans le désert et que les principales instances concernées, c'est-à-dire celles qui pourraient vraiment intervenir, continuent à faire ce qu'elles savent faire le mieux : RIEN (ICANN is doing what they do best — nothing!), et à se taire (I also find it incredibly interesting that VeriSign — who operates the .COM registry — has chosen to remain spooky quiet on the issue of domain kiting as well), vu les implications économiques en jeu, considérables.

Seuls ici et là un article ou un rapport semblent prendre la mesure du désastre, mais il serait peut-être bon que l'ICANN inscrive la question dans son ordre du jour de la conférence de Marrakech, qui se tiendra la semaine prochaine, précisément du 24 au 30 juin. J'en doute, mais sait-on jamais ? Quoi qu'il en soit, ils ne pourront plus dire qu'ils l'ignoraient ! Car s'ils continuent comme ça, l'Internet pour tous, c'est pas pour demain, et le développement de l'Internet et sa gouvernance ont encore un long, long, très long chemin à faire...




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mardi, juin 20, 2006

Connaissez-vous le score de probabilité d'effacement ?

Connaissez-vous le score de probabilité d'effacement ?

C'est le concept au centre du brevet n° 20060129534, déposé et obtenu par Yahoo qui s'intitule :
System and methods for ranking the relative value of terms in a multi-term search query using deletion prediction

Système et procédés servant à déterminer la valeur relative des termes d'une requête multi-termes grâce à un indice prédictif d'effacement
Résumé :
The likely relevance of each term of a search-engine query of two or more terms is determined by their deletion probability scores. If the deletion probability scores are significantly different, the deletion probability score can be used to return targeted ads related to the more relevant term or terms along with the search results. Deletion probability scores are determined by first gathering historical records of search queries of two or more terms in which a subsequent query was submitted by the same user after one or more of the terms had been deleted. The deletion probability score for a particular term of a search query is calculated as the ratio of the number of times that particular term was itself deleted prior to a subsequent search by the same user divided by the number of times there were subsequent search queries by the same user in which any term or terms including that given term was deleted by the same user prior to the subsequent search. Terms are not limited to individual alphabetic words.

La pertinence probable de chacun des termes d'une requête de deux ou plusieurs termes est déterminée par leur score de probabilité d'effacement. Lorsque ces termes ont des scores sensiblement différents, le score de probabilité d'effacement peut être utilisé pour proposer au navigateur des résultats contenant des pubs contextuelles ciblées sur le ou les termes plus pertinent(s). Ces scores sont d'abord déterminés en analysant l'historique des logs du moteur relatifs à deux ou plusieurs termes dont un même utilisateur en a effacé un ou plusieurs lors d'une requête successive. Pour fixer le score de probabilité d'effacement d'un terme donné sur une requête précise, on calcule le rapport suivant : au numérateur, le nombre de fois que ce terme a été effacé avant la requête successive par un même utilisateur ; au dénominateur, le nombre de requêtes successives effectuées par ledit utilisateur où il a effacé un ou plusieurs termes contenant le terme donné avant de passer à la recherche suivante. Il est entendu que la parole "termes" ne se limite pas aux mots alphabétiques.
C'est clair ? Non ! Bon, alors voyons un exemple pratique sur le terme Honda.
  • Analyser les fichiers de log du moteur sur les requêtes à deux termes, en isolant toutes celles dont l'un des termes est Honda, le deuxième pouvant être n'importe lequel.
  • Identifer quels sont les internautes qui ont fait plusieurs recherches dont la première contenait Honda + un autre terme et ont effacé ensuite l'un de ces deux termes lors de recherches successives.
  • Pour définir le score de probabilité d'effacement relatif à Honda, compter le nombre de fois qu'un internaute a effacé l'un des deux termes du bigramme contenant Honda lors de recherches successives : disons que cela s'est produit 6 059 fois dans le cas de notre exemple. Calculer ensuite le nombre de fois où Honda a été effacé : 1 874 fois.
  • Mettre 1 874 au numérateur et 6 059 au dénominateur, ce qui nous donne un score de probabilité d'effacement pour Honda de 0,31 sur une requête bi-termes.
D'autres méthodes statistiques, telles que le lissage des données, peuvent aussi être utilisées pour calculer cet indice, appliqué ensuite pour déterminer un score de pertinence (relevance score) des termes d'une requête, avec une pondération alternative, soit des termes effacés (deletion probability of deleted term) soit des termes conservés (deletion probability of kept term) : lorsque ce score est supérieur à un seuil numérique prédéterminé, cela signifie que l'un des termes de la requête est plus pertinent que l'autre, d'où un impact à la fois sur les résultats du moteur proposés à l'internaute et sur le ciblage des pubs et autres liens sponsorisés.

L'estimation de probabilité maximale (Maximum Likelihood Estimate) permet en outre de déterminer la valeur relative des termes d'une requête donnée en établissant différentes listes :
  1. de probabilité d'effacement (Deletion Probability List)
  2. de phrases (Phrases List)
  3. de pubs (Ads List)
  4. d'exceptions (Exception List)
Les listes d'exceptions ont une fonction de filtrage pour mieux cibler l'affichage des résultats et des liens publicitaires.

Sources : Cre8asiteforums.com & Seroundtable.com

Commentaires :

1. L'idée d'origine est qu'on peut restreindre le champ d'une recherche en éliminant un terme après l'autre d'une requête multi-termes sur laquelle on n'obtient aucun résultat jusqu'à ce qu'on en obtienne un : « Queries with no matches can have words deleted till a match is obtained. » Cette phrase est extraite du résumé d'une étude d'Overture, signée par les inventeurs du brevet, qui fut probablement disponible sur le laboratoire de recherche de Yahoo mais dont on ne trouve plus trace aujourd'hui que dans le cache de Google : Query Word Deletion Prediction. La lecture de ce papier est très intéressante, en ce qu'elle explique la genèse du concept à la base du présent brevet.

2. Au-delà de cette technologie, qui se propose d'affiner la monétisation par un meilleur ciblage promotionnel, il est clair que cela impactera aussi les résultats proposés par Yahoo dans un premier temps, et aura en outre des retombées probables dans un futur plus ou moins proche pour les autres moteurs de recherche...



P.S. À noter qu'un autre brevet, le n° 20060129910, déposé pour Google à la même date que celui de Yahoo, semble décrire la fonction Autolink de Google, qui avait fait en son temps l'objet de critiques et de protestations. Il s'intitule « Providing useful information associated with an item in a document » (Fournir des informations utiles associées à un élément contenu dans un document). Via SEO by the SEA.

[MàJ - 23 juin 2006] Suite de mon P.S. : après avoir initialement fait observer à Bill Slawski que les deux brevets portaient les mêmes dates, il s'en est suivi un échange de messages fructueux, qui a débouché hier sur la publication d'un article de Bill intitulé Mining Searchers’ Queries for Information (du genre : dépouiller les requêtes des internautes pour en extraire des informations), où il retrace l'historique des études connexes, documents à l'appui. Excellente recherche, vraiment un travail de qualité. Bravo Bill !

Voici les premières lignes :
Search engines, and the people who constantly improve and update them are getting smarter and smarter when it comes to finding ways to make the results of those search engines more relevant.
One area they are paying more attention to is in search engine log files, watching how searchers interact with the search engines. I wanted to do some more research on how researchers might be looking at queries, and collected some citations to a number of pages involving that type of research.
This is by no means the canonical list of search engine/user behavior papers, but it’s a start…

(Les moteurs de recherche, de même que les gens chargés de constamment les améliorer et les actualiser, font preuve de toujours plus d'intelligence lorsqu'il s'agit de trouver des moyens de rendre les résultats des moteurs plus pertinents.
L'un des secteurs qu'ils analysent de plus près est celui des fichiers de log pour étudier comment les internautes interagissent avec les moteurs. Voulant en savoir plus sur la façon dont les analystes tirent profit des requêtes des internautes, j'ai rassemblé ici un certain nombre de documents qui abordent ce type de recherches.
Ce n'est certes pas la liste absolue de toutes les études traitant de l'interaction internautes/moteurs de recherches, mais c’est un début…)
Je vous laisse découvrir le reste, en anglais. Une fois n'est pas coutume, je vais même aller contre mes convictions et mes intérêts, mais si vous avez des difficultés avec la langue de Shakespeare, suivez ce lien... Après ça, vous comprendrez mieux pourquoi la traduction automatique a encore des progrès à faire !

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lundi, juin 19, 2006

MySpace met GYM sur les rangs : qui sera le mieux-disant ?

MySpace met GYM sur les rangs : qui sera le mieux-disant ?

Voilà déjà plusieurs semaines que les rumeurs enflent autour de MySpace. À première vue il semblait que Yahoo était hors-jeu et que la lutte n'aurait concerné que Google et Microsoft. Or comme je l'analysais récemment dans un article consacré au repositionnement des principaux acteurs de l'Internet :
À l'intuition, je dirais juste que tout n'est peut-être pas encore joué, vu que Murdoch aime beaucoup l'argent et que Microsoft a beaucoup d'argent. Ne jamais sous-estimer la cupidité dans les affaires. Mais bon, Google a les poches pleines aussi, suffisamment en tout cas pour satisfaire l'appétit du patron de MySpace, qui ne va pas se priver de faire levier sur sa position confortable pour faire monter les enchères de tout accord éventuel. D'ailleurs l'action de News Corp. est en hausse ces derniers jours, un signe qui ne trompe généralement pas...
Ça n'a pas manqué, et même Yahoo! serait repêché ! Par ailleurs il est probable que ces enchères ne concerneront que la fonction recherche sur MySpace, qui croît quand même à un rythme soutenu, le moins qu'on puisse dire : plus de 51 millions de visiteurs uniques aux États-Unis le mois dernier, 240 000 nouveaux utilisateurs par jour (via TechCrunch), avec à la clé, j'imagine, l'exclusivité pour le moteur adjudicataire et un modèle économique à inventer (voir ici une orientation). Ou bien on ne voit pas pourquoi Murdoch continuerait à investir dans des opérations complémentaires...

Quoi qu'il en soit, il a d'ores et déjà réalisé une excellente opération financière, certains de ses dirigeants n'hésitant pas à évaluer la société à ... 3 milliards $ ! (contre un peu moins de 600 millions $ à l'achat, il n'y a pas un an) : comme l'observe le toujours très attentif Didier Durand, « le contenu généré par l'utilisateur (UGC, ou user-generated-content), pourrait bien lui rapporter gros » ! Espérons-le pour lui, car pour se payer l'Internet (cf. Rupert Murdoch sur son blog MySpace :

J'ai acheté MySpace.com il y a peu, mais je ne vais pas tarder à posséder tout l'Internet !)
il a encore du chemin à faire... En attendant, il prévoit déjà d'internationaliser MySpace en localisant sa plate-forme en 11 langues : après les États-Unis et la Grande-Bretagne, les premiers pays identifiés seraient la France, l'Allemagne, puis à venir la Chine et l'Inde...




Create polls and vote for free. dPolls.com


P.S. À la fin, ce qui est sûr, c'est qu'on aura un mieux-disant et deux médisants... :-) (à moins que d'autres s'invitent à la noce, Ask par exemple !)

Résultats définitifs au 19 juillet 2006 sur 65 votants :


Lien connexe : Google s'adjuge la recherche sur MySpace pour 900 millions $

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samedi, juin 17, 2006

L'avenir des moteurs de recherche : interaction-consommateur et monétisation des résultats organiques

L'avenir des moteurs de recherche : interaction-consommateur et « monétisation » des résultats organiques ?

Il y a quelques jours, à l'occasion de la rédaction d'un billet sur les stratégies pour les moteurs de recherche, j'ai découvert une personnalité du Web dont on entendra beaucoup parler, j'en suis sûr. Il s'appelle Vinny Lingham, il a tout juste 27 ans, c'est un champion d'échecs et un génie des maths et il est déjà à la tête de plusieurs Web-entreprises sur lesquelles j'aurai l'occasion de revenir.

J'ai appris beaucoup de choses en lisant ses articles, mais il y en a un qui m'a particulièrement impressionné par les idées qu'il développe. Publié le 15 novembre 2005, il pourrait bien s'avérer « prophétique » à plusieurs égards... Son approche est 100% axée business, mais qu'on le veuille ou non, c'est probablement la dimension qui influencera le plus nos expériences d'internautes dans le futur, pour le meilleur et pour le pire. C'est un billet plutôt technique, mais expliqué en termes simples, ce qui fait que même un profane comme moi a réussi à en saisir le sens. Enfin, j'espère ! Il s'intitule The Future of Search Engines? et en voici la traduction autorisée :

L'avenir des moteurs de recherche

« D’une manière générale, je crois que les moteurs de recherche doivent sérieusement s’interroger sur : 1) quelles sont les motivations qui poussent les internautes à chercher sur le Web, et 2) comment maximiser leurs revenus, afin de créer un cycle vertueux : plus vous gagnez d’argent grâce aux requêtes d’utilisateurs satisfaits, plus le cycle tend à se répéter et ainsi de suite. S’ils veulent vraiment concurrencer Google, les moteurs de recherche émergents (A9, MSN, etc.) devront mieux appréhender en amont les facteurs qui impulsent leurs revenus (réels ou planifiés), et appliquer ces facteurs au développement de leurs services pour pouvoir pénétrer plus profondément la psychologie des consommateurs (et leurs portefeuilles par la même occasion).

Je crois en une fusion potentielle du coût par clic (CPC) et de la recherche organique, où les moteurs proposeraient des liens aux revenus partagés.

Les risques de fraude aux clics, véritable plaie pour les annonceurs, pourraient ainsi être éliminés grâce au partage des revenus. Le fait que le coût au clic continue de grimper est un signal que les annonceurs sous-paient leur trafic sur les moteurs fournissant des résultats CPC, ce qui permet à des agents d’affiliation tels que nous de gagner beaucoup d’argent en faisant un travail d'arbitrage.

Voici une stratégie alternative pour les moteurs :

John Battelle
a défini dans son livre, Search, les 3 clés de voûte d'un moteur :

1. L’indexation par robots
2. L'index
3. L'interface utilisateur


Or à mon avis il y en a une quatrième : l'interaction consommateur.

Les sites Web et les résultats de piètre qualité tendent à générer plus de recherches semblables et moins de revenus par utilisateur. Donc en assurant un suivi de l'interaction entre l’utilisateur et un site Web, vous pouvez augmenter à la fois la qualité des résultats et les revenus du moteur. Les acteurs majeurs de la recherche ne passent pas assez de temps à étudier les statistiques post-conversions générées par les résultats organiques, or c’est là une occasion en or d’extraire des pépites d’un vaste gisement d’informations largement inexploité par l'industrie des moteurs.

(…)

Pour mieux comprendre l'interaction consommateur, il faut distinguer les intentions de trafic de l'utilisateur entre intentions commerciales et non-commerciales.

Je vais me concentrer sur les résultats de la recherche organique répondant à une logique commerciale, mais ces principes d’usabilité peuvent également s'appliquer aux résultats de nature non-commerciale.

Si un suivi de la qualité des sites Web indexés par un moteur était assuré en tenant compte de l'interaction utilisateur par rapport au mot-clé recherché, vous verriez que tous les résultats produits par le spam de moteur
(technique de positionnement d’un site dans les résultats des moteurs sur des quantités de mots-clés non pertinents – NdT) seraient rapidement et organiquement relégués tout au fond des résultats.

Or le spam de moteur est quasi-identique au spam de courriel : gros volumes, faibles taux de conversion et beaucoup d’énervement.

Le trafic normal se positionnerait indépendamment du spam, en fonction de l'expérience utilisateur sur un mot-clé donné. Pour autant, positionnement indépendant ne signifie pas nécessairement non-monétisation du trafic organique.

Il fut un temps où Inktomi générait des résultats organiques « Trusted Feed »
(système automatisé permettant de soumettre aux moteurs des données complémentaires - NdT), mais le problème c’est que les annonceurs n’avaient aucun contrôle sur les mots-clés pour lesquels ils payaient.

Le marché est passé ensuite au CPC, même si je suis convaincu que le coût par clic n’est qu’une étape vers le coût par action, l’outil d’analyse dont se servent les marketeurs intelligents qui vendent du CPC.

À l’heure actuelle, Snap essaie de mettre en place la plupart des solutions décrites ici, mais je ne crois pas qu'ils connaissent suffisamment l'espace marketing de l'affiliation pour mener à terme une telle stratégie, ou alors il leur faudrait des années pour nouer des relations directes avec chaque site Web.

Le point central consiste plutôt à réaliser une plate-forme ad hoc et s’en servir pour développer des opportunités d’affaires. Vu le taux de croissance de Google, les moteurs de recherche concurrents tels que Yahoo auraient besoin d’une stratégie de pointe robuste pour inverser la tendance, or je suis convaincu qu'une telle stratégie réside dans « l'interaction consommateur ».

Le PageRank est mort.

Les liens deviennent de moins en moins importants, vu l’émergence des fils RSS. Les sites Web ne pointent plus les uns vers les autres, ils en syndiquent le contenu sur leur propre site.

Beaucoup des résultats de Google sont générés par du spam de moteur, qui résulte la plupart du temps de la duplication de contenu des fils de syndication : peut-on encore se fier à l’indice de popularité des liens ? L'utilisation des liens entrants pour déterminer l'autorité d’un site commence à décliner et s’érodera toujours plus.

Un autre problème avec les liens est qu’en utilisant les CSS, dont la reconnaissance n’est arrivée qu’après le PageRank, il suffit de mettre un seul lien sur votre site Web et de le propager dans tout le site de façon totalement transparente.

Il est notoire que les spammeurs de moteur achètent des liens PR9 et PR10 pour augmenter leur PageRank.

Donc, en qui pouvons-nous avoir confiance ?

Et pourquoi ne pas laisser le client décider ce qu'il juge plus pertinent et adéquat...

Imaginez le scénario suivant :
Un utilisateur recherche « DVD de Star Wars » dans Google. Les trois premiers résultats sont Amazon, Buy.com e eBay. Pour l’instant, vous ne savez pas chez lequel des 3 l'internaute va acheter son DVD. Or c'est là une info cruciale absente de votre base de données : imaginez un instant le potentiel énorme derrière l’optimisation des résultats en fonction de l'interaction utilisateur.

Un : vous trouveriez tout en haut des résultats la plupart de ceux qui sont pertinents ; deux : vous pourriez finalement commencer à monétiser le marché de la recherche organique, chose que le grand Google lui-même n'a pas encore réussi à faire.

Attention ! Je ne dis pas qu’il faille changer les résultats de l'index, au contraire, mais plutôt proposer les meilleurs résultats en premier, y compris des sites n'ayant aucun programme de monétisation (c.-à-d. aucun dispositif prévu de gestion des transactions commerciales). Pour autant, si vous redirigez du trafic vers Amazon, il est essentiel de le faire avec un lien affilié pour collecter à la fois les données et la commission afférentes.
Il y a plusieurs moyens de réaliser ce qui précède sans impacter la qualité des résultats.

1. Intégrer les programmes d’affiliation dans les résultats organiques commerciaux

Plus facile à dire qu’à faire, certes. Mais imaginons par exemple qu’un internaute recherche « Blink Malcom Gladwell Book » sur Google.

Normalement, le premier lien est celui d’Amazon. Donc, au lieu de rediriger gratuitement l’internaute vers Amazon en essayant de deviner si c’est bien là qu’il veut aller, vous le faites cliquer sur un lien affilié intégré à leur API (chose que notre serveur de catalogue réalise déjà aisément, et plutôt bien).

Là un cookie est attaché à la navigation de l’internaute et en fonction du retour d’info qu’Amazon vous renvoie, vous vérifiez si l’interaction client a bien eu lieu.

Ainsi vous pouvez améliorer vos résultats lorsque vous savez qu’au lieu de prendre son livre chez eBay, l’internaute va l’acheter chez Borders, et le moteur de recherche devient de fait un partenaire de recherche et d’achat personnalisé, ce qui devrait être l’objectif ultime de ce qu’est la recherche commerciale.

Nous savons aujourd’hui qu’eBay et Google collaborent étroitement, mais sans aucune rémunération sur les résultats organiques – imaginez un instant si les choses changeaient ?

Le concept n'est pas de construire deux index séparés, mais plutôt de réaliser des redirections affiliées pour permettre un partage des revenus en fonction des clics sur les résultats organiques correspondant à un vendeur donné.

2. Gain par clic

En assurant une traçabilité des gains au clic
(contrairement au coût par clic, payé par l'annonceur, le revenu par clic est versé à l’éditeur du site – NdT) liés au taux de clic sur un mot-clé donné, les moteurs de recherche pourraient observer que le trafic sur certains de leurs résultats organiques (apporté via des programmes d’affiliation) augmente de pair avec le niveau d'interaction client et génère un rendement supérieur à celui des résultats au CPC ; ils pourraient ainsi forcer les annonceurs CPC à payer plus pour se positionner, ou alors intégrer les liens sponsorisés aux résultats organiques.


3. Bases de données de partenariats

Les moteurs de recherche pourraient et devraient commencer à développer des bases de données incluant des partenaires de recherche. Il suffirait simplement aux partenaires n’ayant aucun programme d’affiliation d’ajouter des extraits de code Javascript à leurs pages (comme Urchin, par exemple), pour permettre aux moteurs de tracer la navigation de l'internaute sur leur site.

Ce qui améliorerait considérablement la compréhension de l'interaction consommateur et augmenterait le niveau de détection par les bots/spiders.

Vous pouvez également hiérarchiser les sites Web à forts volumes de trafic en leur donnant la priorité, voire en instaurant certaines formes de rémunération ad hoc. Cela permettrait en outre d’identifier des sites hier anonymes, qui profitent généralement de leur anonymat pour pratiquer le spam ou le phishing, etc.

Conclusion

Je n'ai fait que survoler quelques-unes des innombrables possibilités offertes à notre industrie, dont certaines peuvent être considérées farfelues ou pas, mais si la formule de Snap réussit, je serais curieux de voir combien les résultats seront proches ou non des théories de cet article. Dont l’idée générale est que les moteurs de recherche devraient positionner un site Web dans leurs résultats en tenant davantage compte de son usabilité, et qu’il y a sûrement là une excellente occasion de monétiser les résultats organiques sans pour autant impacter leur pertinence. »



Qu’en pensez-vous ?

Commentaires :
  1. Affirmer que le coût par clic n'est qu’une étape vers le coût par action me rappelle le coût à la conversion déjà anticipé par Eric Schmidt pour donner de la profondeur au système publicitaire de Google ;
  2. « ...aujourd’hui eBay et Google collaborent étroitement, mais sans aucune rémunération sur les résultats organiques – imaginez un instant si les choses changeaient ? » - Nous ne devrions pas tarder à le savoir...
  3. Je ne suis pas particulièrement ferré sur les questions techniques, aussi j'espère que des personnes plus compétentes que moi voudront bien nous éclairer de leurs lumières...

P.S. Ressource connexe : Understanding Searcher Behavior

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mercredi, juin 14, 2006

Blog Teflon ou blog addictif : longue traine et valeur ajoutee

Blog Teflon® ou blog addictif : longue traîne et valeur ajoutée

Certains billets ont plus de valeur que d'autres. Des billets qui jouent davantage sur le registre de l'affectif pour moi qui les écris que pour vous qui les lisez - ou pas, en leur préférant des articles factuels. Mais bon, je suis pas journaliste ! Le propre d'un blog, c'est ça aussi, se sentir libre de dire ce qu'on veut (plus ou moins :-).

Le 100e billet publié, billet-bilan par excellence, est indubitablement l'un de ceux-là. Il en va de même pour le premier et, sans aucun doute, pour le dernier... Probable que le jour viendra, mais hic et nunc j'espère le plus tard possible !

Vous me direz, cent billets depuis mars 2005, tu t'es pas foulé le poignet. En fait, la rédaction de ce blog se répartit de la façon suivante : 1/5e des billets publiés en mars 2005 (voir un petit récapitulatif), 10 mois d'interruption pour cause de boulot intense (gros projets les uns à la suite des autres), et les 4/5e restants depuis janvier, ce qui représente grosso modo 80 billets en 5 mois, accompagnés d'un début d'audience pour ce blog :


Pour la première fois, j'ai dépassé les 100 abonnés à mon fil (Atom) grâce à mon dernier article sur la dérive publicitaire sur Internet et le double langage de Google. Je sais bien que ce chiffre est très fluctuant et qu'il suffit que je ne publie pas pendant quelques jours pour qu'il tombe au ras des pâquerettes, mais quand même, franchir le cap des 100 lectrices et lecteurs pour le 100e billet, c'est bon signe, qu'en pensez-vous ?

Question bilan, disons que je suis satisfait du dialogue qui s'instaure avec vous qui me faites l'amitié de me rendre visite, qu'en 5 mois mon blog est passé de PR0 à PR3 (ça fera sourire les professionnels qui ne vous jettent qu'un coup d'œil distrait en dessous de PR5), que j'ai même un billet historique PR6 !!! (rectius : probablement la Google Dance, il n'est plus que PR4, mais reste par ailleurs à l'origine d'une belle aventure), et que mon blog ressort presque toujours très bien positionné dans les résultats des moteurs, sur pratiquement tous les sujets que j'aborde. C'est donc encourageant.

Maintenant, vu que je préfère me tourner vers l'avenir plutôt que vers le passé, que dire de l'évolution d'Adscriptor telle que je peux l'imaginer aujourd'hui ?

[ ERREUR DE TIMING : j'ai cliqué par inadvertance sur PUBLIER, et c'est parti tout seul. À mon avis Blogger devrait proposer une confirmation, ça éviterait ce genre de désagrément. Bon, et bien il ne me reste plus qu'à rédiger la deuxième partie du billet, que j'avais prévu de publier ... ce soir, patience donc ! ]

* * *

[MàJ - 22h, 2e partie]

Un billet lu il y a quelques jours sur le blog de Performancing m'a fait réfléchir à la question. Signé Chris Garrett et publié sous licence Creative Commons, je vous en propose une synthèse :
Ce matin, en tombant sur un blog photo dans mon fil de syndication, j'ai été saisi par une évidence, à savoir que le concept de composition photographique est assez proche de la façon de bloguer. Attendez que je vous explique, ç'est peut-être moins étrange que ça en a l'air. J'espère.

Le point central du billet, c'est d'ajouter des couches d’intérêt. Un bon conseil pour la photo, qui selon moi vaut également pour les blogs. En photographie, on vous apprend à focaliser un objet dont l'intérêt pourra capter celui de votre audience. En y ajoutant des zones supplémentaires d'intérêt, vous pouvez retenir plus longtemps vos visiteurs et générer davantage de valeur dans la durée. L'alternative étant de proposer une image superficielle, un visuel eye-candy, où tout est dans l’apparence, un plaisir évanescent qu’on oublie dans la seconde. Or dans l'art, la plupart des chefs-d'œuvre qui ont traversé l'histoire peuvent être contemplés à l’infini, on ne s’en lasse jamais.

Idem pour les blogs, il faut trouver quelque chose pour capturer l'intérêt de son audience, quelque chose d'utile ou qui fascine, le but étant d'abord se faire remarquer, puis de retenir l'attention. Plusieurs scénarios possibles :
  • Un titre accrocheur ou un linkbait qui aimante l’attention de vos visiteurs
  • Un premier article pour les capter et leur river l’œil à l'écran
  • Des archives riches en substance pour leur montrer qu’il y en a aussi sous le vernis
  • Des billets porteurs et pertinents pour alimenter vos fils quotidiens, RSS ou autres
Ou que se passe-t-il si le lecteur appâté par votre accroche arrive sur un billet dépourvu d’intérêt ? Ou encore s’il ne trouve qu’un seul article digne de ce nom égaré dans un blog bonace, plat comme une mer d’huile.
(mes origines bretonnes qui remontent :-)

Un super article, et puis plus rien. Voilà ce que j’appelle un blog Teflon®.
Aucune rétention de vos visiteurs, même s’il y a différents degrés de rétention, avec deux pôles extrêmes : le blog Teflon® d'un côté, et le blog hyper-addictif de l’autre, il nous faut notre ration quotidienne…

Quant à publier un seul billet qui impacte, cela se traduit par un pic de trafic qui ne sera plus jamais atteint, alors que ce qu’on veut ce sont des statistiques en constante amélioration, une belle courbe d’évolution qui monte, grâce à de nombreux billets qui font mouche
(la mouche, c’est excellent pour la pêche… NdT), pour un double gain : fidélisation de votre lectorat et diffusion du bouche-à-oreille…
Voilà. Ce que j’aime avec les anglo-saxons quand ils parlent de marketing, c’est qu’à les lire on a l’impression qu’ils débitent des évidences les unes à la suite des autres, mais au moins ils ont le mérite de les dire, de les rédiger, les conceptualiser, et ce qu’on avait dans la tête de façon un peu confuse prend forme et clarté sous nos yeux de lecteurs.

Ce billet m’amène plusieurs réflexions :
  • D’abord, trouver un juste milieu entre les deux extrémités signalées ci-dessus, en opposant la longue traîne des blogs à l’instantanéité du blog Teflon®. Par exemple, mes statistiques me révèlent que les billets écrits en mars 2005 ne sont presque jamais lus, ce que je trouve dommage. À mon avis, un sujet tel que les travailleurs de la connaissance est toujours d’actualité, même si aujourd’hui il vaudrait peut-être mieux nous qualifier de travailleurs de l’information.
    Toujours à propos de longue traîne, l'indexation complète de ce blog par Atomz donne aujourd'hui 111 pages indexées pour un total de 308 706 mots. Ça fait quand même de la lecture ! D'ailleurs, s'il y a des téméraires, j'ai tout regroupé en un seul PDF de presque 15 Mo et 900 pages, il suffit de demander...
  • À l’opposé, plutôt que de pondre un billet tous les jours au risque de finir par publier n’importe quoi, je préfère écrire moins et fouiller un peu plus mes analyses. Pour moi la valeur ajoutée de ce blog, ce sont mes analyses. Je ne veux pas dire par là qu’elles sont irréprochables, au contraire, mais je peux vous assurer qu’elles sont personnelles, et documentées autant que faire se peut. Avec le plus de liens possibles en complément, conseil toujours valable, pas question d’être auto-référentiel (néologisme emprunté à l’italien qui signifie qu’on ne fait référence qu’à soi-même, or à l’instar de la gare de Perpignan, seul Dali pouvait se croire le centre du monde, et encore…). Juste pour donner un exemple, aux antipodes de l’Atelier, 100% nombriliste (essayez de trouver dans leurs articles un seul lien qui ne pointe pas vers… l’Atelier !), ma bête noire depuis un fâcheux épisode que je ne suis pas prêt d’oublier.
Pour conclure, mon métier de rêve : profession, blogueur. Ça manque à ma panoplie, mais je désespère pas de l’y accrocher un jour…



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lundi, juin 12, 2006

La dérive publicitaire sur Internet : les incohérences de Google (entre autres)...

La dérive publicitaire sur Internet : les incohérences de Google (entre autres)...

La dérive publicitaire sur Internet
Les incohérences de Google
(entre autres)...

(N.B. : 17 juin 2006 - J'ai noté ces jours-ci que ce billet ne s'affichait pas toujours en entier, probablement à cause du nombre d'images. Donc, si vous préférez, voici un PDF où il est groupé avec le précédent, vu que les deux sont liés. Bonne lecture.)

Tout commence par la lecture d'un article intitulé « Comment Google est-il en train de tuer l'Internet ? » (How Google Is Killing the Internet), où le journaliste, un analyste financier, s'inquiète de la médiocrité des résultats dans les moteurs de recherche, contaminés par une myriade de sites pollueurs, de para-sites, de sites-râteaux, de bourriels (on a bien les pourriels...), etc.

Je vous propose un extrait très librement traduit pour amener mon analyse.

La dérive publicitaire sur Internet
« Avez-vous déjà fait une recherche sur Internet ces derniers temps ? Alors vous aurez sans doute observé le manque de qualité des résultats, y compris chez les concurrents de Google tels que Yahoo! ou Ask.com ? Et leur nouveau design n'y change rien. J'en suis peiné autant que vous. Moi aussi je suis resté coincé des heures et des heures dans les portes-tambours de ces fermes de liens, de ces splogs et autres « scraper sites » : des sites qui ont l'air d'avoir du contenu, (...), alors qu'en réalité, le plus souvent c'est du matériel recyclé provenant à leur insu d'autres fournisseurs de contenu, assemblé par des processus automatisés.

Les hurluberlus qui créent ce genre de sites n'ont qu'un seul objectif : vous amener à cliquer sur les liens sponsorisés de Google AdSense.

Naturellement, ces sites ne respectent en rien les conditions commerciales prévues par Google, ce qui n'empêche qu'ils éclosent par millions. Faites juste une recherche sur « adsense ready web site » et vous aurez une idée de cette industrie miteuse, aussi discrète qu'un éléphant dans un magasin de porcelaine, qui tire un maximum de profits du phénomène.

Comment Google est-il en train de tuer la poule aux oeufs d'or.

Les problèmes sont nombreux, et tous les éradiquer pourrait coûter cher à Google (quand bien même ce ne serait pas impossible). Le premier concerne le bon vieux plagiat.

La plupart de ces boîtes à spam n'ont pas que pour but d'attirer le chaland cliqueur, mais aussi de faciliter la fraude aux clics à grande échelle. (...) D'ailleurs le public n'a généralement aucune idée de ce qui se passe, même si les internautes un peu plus avertis sont au courant. Nous en ignorons seulement les véritables proportions. D'aucuns avancent un pourcentage de clics plutôt restreint ; d'autres disent carrément la moitié. En tout état de cause, Google, qui a tout à perdre si les choses vont aussi mal que le dénoncent certains journalistes citoyens, minimise considérablement les chiffres.

Un autre facteur facilitant cette explosion de contenu spammé et de fraude aux clics est la mainmise de Google au niveau de la recherche sur Internet, que l'on peut estimer grosso modo à 60%, de fait un quasi-monopole. Pour autant, l'argument consistant à dire que le marché est assez grand pour se corriger tout seul en la matière est quelque peu naïf. Sans compétition et sans information, les marchés ne corrigent rien du tout, et je ne pense pas qu'il y ait aujourd'hui des concurrents sérieux capables de faire le poids. Pour l'instant.

Prenez le cas des annonceurs d'AdWords qui croient que leurs résultats sont dilués à cause de la fraude aux clics. Soyez sûrs qu'ils savent que les enchères sur leurs mots clés devraient leur coûter moins, mais peuvent-ils se faire entendre ? Et peuvent-ils se le permettre lorsqu'il y en a des milliers et milliers d'autres prêts à payer plus parce que : (a) ils ignorent tout du problème ; (b) ils ne le savent que trop, mais sont capables grâce à la fraude aux clics de récupérer une partie de ce qu'ils déboursent de l'autre côté ?

Je ne connais pas les réponses, et ni même toutes les questions. Mais si le problème est aussi grave que le craignent certains, c'est tout le modèle de revenu mis sur pied par Google qui pourrait en pâtir, voire l'ensemble du business du pay-per-click. En attendant l'explosion des fermes de liens et des splogs montre clairement que la fraude aux clics est juteuse et florissante, aux dépens de tous les internautes. Sauf de Google. Pour l'instant, là encore.

Jamais plus !

On peut croire ou non que tous ces sites bourriels qui font commerce des AdSense sont honnêtes ou fraudeurs en masse, mais moi ce dont je suis sûr c'est qu'il faut remercier Google pour cette situation. Il n'y a en effet aucune raison de mettre en ligne ce genre de sites si l'on ne peut en tirer un revenu grâce au modèle de business mis en place par Google. Et avec Yahoo! et les autres prêts à entrer dans la danse, je ne crois pas qu'on verra la tendance s'inverser de sitôt.

J'espère seulement que tout cela présage d'un retour au bon vieux temps, maintenant que la blogosphère risque de perdre toujours plus de son importance, vu qu'elle commence à être cooptée par tous les trafiqueurs d'AdSense et à se diluer rapidement. Résultat : les fournisseurs d'info connus pour leur qualité/fiabilité - dont beaucoup sont indubitablement des blogs - vont y gagner en importance. Et dès qu'ils réaliseront le pouvoir de leur information, ils auront de moins en moins envie que Google les pille et fasse du fric sur le dos de la réputation qu'ils auront mis tant de labeur et d'énergie à bâtir.
[Début]
[MàJ - 15 juin 2006] Un peu hors sujet, mais pour celles et ceux qui s'intéressent aux problèmes de la traduction automatique sur Internet, voir le tableau comparatif entre l'extrait ci-dessus retraduit en anglais par un visiteur américain sur Babelfish (outil de TA de Yahoo) et le passage original écrit par Seth Jayson.

Les incohérences de Google

L'approche de Seth Jayson m'a frappé par sa perspicacité, en mettant au grand jour ce que je nommerais les incohérences de Google, même si « incohérences » est un doux euphémisme : la firme de Mountain View, en ne mettant aucun frein à l'utilisation indiscriminée et frauduleuse des AdSense, est en grande partie la cause de la situation qui se crée, mais pas seulement, puisqu'elle joue sur tous les tableaux à la fois, y compris sur les noms de domaine. Certes, vu l'importance du marché publicitaire sur Internet, comme j'ai tenté de l'expliquer dans mon billet d'hier pour préparer celui-ci, on peut chiffrer au bas mot à une grosse quinzaine de milliards $ les intérêts économiques de Google dans cette affaire uniquement pour 2006 (estimation par défaut), ce qui explique assez bien le pourquoi et le comment des agissements répréhensibles imputables à la société, dont le premier est sans aucun doute de tenir un double langage. Ce que je vais m'empresser d'essayer de démontrer.

J'ai donc fait la recherche conseillée par le journaliste de Motley Fool sur : « adsense ready web site » en anglais


et « sites prêts pour adsense » en français



Vous observerez que même avec la requête en français, Google est tout à fait capable d'en interpréter le sens et de proposer des liens sponsorisés identiques à ceux de la requête en anglais. Je vous propose une capture d'écran de ces « résultats » :

-www.adsensepackages.com


-www.InstantAdsenseEmpire.com


-www.AdSenseGold.com


-www.ecalogic.com/adsense.html


-www.AdSensePages.com


-www.AdsenseNiches.com


-www.adsense-contents.com


Et pour finir, une perle, découverte en soulevant une coquille (j'ai oublié le « s » du domaine précédent), qui m'a permis d'arriver sur un site « parqué » chez ... GoDaddy :

-www.adsense-content.com


Le deuxième résultat n'est autre que ... le grand Google lui-même !Quand des millions de ces « scraper sites », ou « sites-râteaux » comme je les appelle (vu qu'ils râtissent le contenu de la Toile 24/7/365, et qu'ils râtissent large...), qui sont au Web ce que le prêt-à-porter est à la mode, ont pignon sur Internet et agissent avec toute la condescendance et l'approbation non voilée de Google, en violant à qui mieux-mieux toutes les règles proclamées à l'envi par la société pour se donner bonne conscience.

Vous voulez un exemple ? Regardez ici : -www.AdSenseReady.com


Version site-râteau pour les nuls :


À noter (ça m'avait échappé) le terme tout en haut à gauche de l'écran : Fishing. Je crois qu'ils ont fait une faute, lisez Phishing...

Et il y en a des centaines de milliers comme ça ! N'est-ce pas là tenir un double langage ?

Qui plus est, comment croyez-vous que tous les sites ci-dessus se positionnent sur la première page de résultats, sinon en payant - cher - les AdWords correspondants ? GG, je crois que tu nous prends tous pour des cons ! Si j'osais un parallèle, je dirais même que Google est aux sites-râteaux ce que l'ICANN est au domain kiting ! (j'ai osé ? Ah bon, vous êtes sûrs ?) GG, grand et gros bidonneur...

Le seul point sur lequel tous ces râtisseurs ne sont pas en contradiction avec les modalités d'utilisation des Marques de Google est celui-ci : « Votre utilisation des Marques de Google sera faite dans l'intérêt de Google. » Sûr que ça va dans son intérêt vu que GG encaisse de tous les côtés : sur les AdWords, sur les AdSense, et mieux encore, sur la fraude aux clics.

La version anglaise de Google Trademarks and Suggested Accepted Generic Terms est plus précise : NEVER modify a mark, for example, through hyphenation, combination or abbreviation, such as: Googliscious, Googlyoogly, GaGooglemania, etc. (Ne JAMAIS modifier une marque de Google - par exemple en ajoutant un trait d'union ou des abréviations, en combinant plusieurs noms tels que Googliscious, Googlyoogly, GaGooglemania, etc.)

Or AdWords™ et AdSense™ ne sont-elles pas des marques de Google ?

Alors que dire de tous les exemples ci-dessus, ou de celui-ci : -www.googleprofits.com


qui fait noir sur blanc l'apologie du râtissage pour engranger des profits grâce à Google ? [Début]

(entre autres)...

Oui, Google, entre autres, car comme le dit Seth Jayson dans son article, « ... avec Yahoo! et les autres prêts à entrer dans la danse, je ne crois pas qu'on verra la tendance s'inverser de sitôt. »

Les autres (via Affordance) :


Chez les concurrents majeurs, Microsoft, qui a lancé un concours de créativité pour Adcenter dont les résultats seront communiqués prochainement (concours clos le 5 juin), teste différentes fonctionnalités, et Yahoo annonce la mise en place de son Quality Index, un index qualité pour mettre une note de qualité aux liens. Mais tout cela suffira-t-il ? Quant à eBay, dernier arrivant sur ce créneau, nous verrons bien ce qu'il réussira à faire avec ses AdContext :


Ah ! Paul Verlaine pensait-il à la publicité en écrivant : « Si l'on n'y veille, elle ira jusqu'où ? »...

Mais il n'y a pas que les moteurs. Je voudrais vous donner juste un exemple, d'un magazine américain notoirement connu, Forbes, dont un article a inspiré l'un de mes derniers billets consacré en partie à la réputation sur Internet, puisqu'on en parle (thème riche et complexe sur lequel j'aurai l'occasion de revenir), où la présentation de l'information m'a particulièrement interpellé.

J'ai reconstitué l'ensemble de l'article, représenté par la partie en jaune, dans son contexte :

Ajoutons que lorsque vous survolez avec la souris le bandeau supérieur (pub Xerox ou s'inscrit YOUR BUSINESS en noir et blanc), une fenêtre qui fait plus de la moitié de l'écran s'affiche et ça commence à clignoter de partout, on se croirait en boîte, avec projos et tout et tout (et encore j'ai coupé le son) !


Mais c'est quoi cette merde ? C'est de l'information, ça ? C'est du contexte informationnel, avec un « papier » d'à peine 700 mots, encastré, enserré, étouffé entre trois ou quatre colonnes (ça dépend des endroits) de pubs qui vous mangent la page et, disons-le, tout votre espace vital. Du genre sapin de Noël avec l'actu empaquetée au milieu des guirlandes, on n'a même plus envie de lire. Nul de chez nul.

Et c'est d'autant plus dommage que sur le fond l'article est excellent. Il rapporte d'ailleurs des propos de Ben Edelman d'une rare pertinence quant au sujet qui nous occupe, étroitement en rapport avec le parking de domaines :
« But there's always the risk that one day the pay-per-click engines like Google will get fed up of being in the business of supporting these parked pages, and they could simply flip the switch and cut off revenue to these currently profitable domains. »

(Il se pourrait bien qu'un jour ou l'autre les moteurs comme Google qui pratiquent le
pay-per-click se lassent de ce petit jeu et coupent le robinet, ce qui serait une perte sèche pour le business des domaines en parking, si profitables à l'heure actuelle.)
Utopique, croyez-vous ? Larry Page et Sergey Brin scieront-ils la branche sur laquelle ils sont assis ? L'avenir nous le dira.

Voilà, j'ai fini pour aujourd'hui, ouf ! [Début]

[ MàJ - 14 juin 2006 - Suite à différents commentaires concernant la fraude aux clics, j'ai commencé des recherches pour fouiller la question, durant lesquelles j'ai trouvé cet excellent billet, avec plusieurs liens utiles pour qui souhaite approfondir l'argument. ]


P.S. Vous y avez cru, pas vrai ? Et bien non, encore une ultime observation : ce n'est pas la publicité qui est condamnable en soi, si je propose un service ou un produit, il est tout à fait logique et normal que je veuille le faire savoir. Ce qui ne passe pas c'est de faire n'importe quoi, et les AdSense tel que décrit dans ce billet ça devient vraiment n'importe quoi.

J'ai exposé mon avis sur le rôle que pourraient jouer les blogs en commentaire à un article d'Agent-Influence :
... Je n'ai jamais mis d'AdSense sur mon blog car en dépit de leur ciblage je trouve ça mal adapté à un contenu de qualité : trop galvaudés, on en voit partout, notamment sur des myriades de sites dont le contenu laisse à désirer, si contenu il y a, et par conséquent le concept finit par être associé à du bas de gamme, avec une connotation de plus en plus négative. Et AMA ça ne va pas aller en s'arrangeant.
Depuis le début de l'année je travaille à la réputation de mon blog avec quelque succès, mais surtout sur ce que j'appelle le positionnement par le contenu, qui est selon moi totalement sous-exploité.
En gros ça consiste à concevoir un billet comme un publirédactionnel, ciblé de façon intelligente : pas d'accroche à la petite semaine, mais une véritable approche d'ensemble pour zoomer du contexte général vers les mots et concepts clés que le client potentiel voudrait faire passer.
En un mot, j'appellerais ça : l'influence !
Qu'en pensez-vous ?
Personne n'a encore daigné me répondre, mais bon, on va pas désespérer pour si peu, hein ?

Même Yahoo est de mon côté, qui proclame qu'en ce début de siècle la notion de contenu doit radicalement être repensée, alors c'est vous dire...


Dernier mot, promis, juré, craché : « Si vous voulez un publirédactionnel pour votre site, votre produit/service ou autre, il n'y a qu'à demander, je mords pas. » :-) [Début]

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dimanche, juin 11, 2006

Le marché publicitaire sur Internet : un pactole gigantesque

Le marché publicitaire sur Internet : un pactole gigantesque !

(N.B. : 17 juin 2006 - Si vous préférez, voici un PDF regroupant ce billet avec le suivant (vu que les deux sont liés), lequel ne s'affiche pas toujours en entier, probablement à cause du nombre d'images. Bonne lecture.)

Selon le rapport mensuel de comScore pour le mois d'avril, les américains ont fait 6,6 milliards de recherches dans le mois, contre 5,48 milliards en janvier, soit une progression de 22% en trois mois, 83% des dépenses publicitaires étant consacrées aux liens sponsorisés, d'après une étude SEMPO (Search Engine Marketing Professional Organization) publiée en début d'année ! À noter que de janvier 2005 (4,95 milliards de requêtes) à janvier 2006, cette croissance n'avait été que de 10,7%. Donc nous pouvons vraisemblablement supposer qu'ils auront atteint une moyenne mensuelle de 7 milliards de requêtes au moment où j'écris ce billet (rendez-vous dans deux mois pour comparer).

D'où il ressort que la part des États-Unis sur le marché mondial de la recherche est de peu supérieure à ... 20% ! Mon estimation se basant sur les chiffres communiqués par Jeff Weiner, Vice-Président Senior de Yahoo chargé de la recherche et des places de marché, lors de la présentation 2006 aux analystes, qui font état d'1 milliard de recherches par jour, données confirmées et corroborées par Bob Ivins, de ... comScore, qui chiffre le total mensuel à 33 milliards. On s'y retrouve...


On aurait pu s'attendre à plus, je vous l'accorde. Pourtant cette donnée est recoupée par les statistiques sur l'usage de l'Internet, puisque le pourcentage crédité au continent Nord-Américain est de 22,2%, avec une évolution de 110,3% sur la période 2000-2005, qui reste quand même la progression la plus basse (!) des sept macro-régions examinées. Comme quoi, avec les chiffres, tout est relatif...


Ces mêmes statistiques montrent d'ailleurs une population mondiale d'internautes correspondant (et même légèrement supérieure) aux prévisions de Yahoo :


qui estime dans ce même document l'ensemble du marché publicitaire en ligne à 31 milliards de dollars pour cette année, chiffre qui devrait presque doubler à l'horizon 2010...


(Vu que la part du lion revient à l'Asie, en taille et en croissance, on comprend mieux pourquoi chez GYM & Co. ça se bouscule au portillon pour pénétrer le marché chinois...)

[MàJ - 13 juin 2006] Je viens de découvrir (via SearchEngineWatch) un article du Washington Post daté d'octobre 2003, signé Leslie Walker, intitulé « To Place Ads, Google Searches For Best Bidders », qui dit ceci :
En valeur, l'industrie publicitaire liée à la recherche est passé de presque rien il y a deux ans (en 2001, NdT) à 1,5 milliard $ cette année, avec un prévisionnel de croissance estimé à 7 milliards $ en 2007, selon Safa Rashtchy, analyste chez U.S. Bancorp Piper Jaffray...

(From almost nothing two years ago, search [advertising] is now a $1.5 billion-a-year industry, growing to $7 billion by 2007," Safa Rashtchy, an analyst at U.S. Bancorp Piper Jaffray...)
Donc, en comparant les 7 milliards prévus il y a trois ans aux presque 38 milliards (!) prévus cette année pour 2007, ça donne vraiment une idée de la croissance exponentielle du marché publicitaire sur Internet, qui va en fait réaliser un CA supérieur de plus de 30 milliards $ à celui de ... 2003 ! Je me rappelle encore l'époque, toute proche, où les marchands du monde entier disaient : « Oui, Internet, c'est bien, mais comment savoir si nous pourrons y rentabiliser nos affaires... » On croit rêver ! Et je vous dis pas lorsque la téléphonie mobile va débarquer...

* * *

Concernant l'évaluation du marché publicitaire européen en ligne (voir d'autres chiffres détaillés ici), on peut l'estimer sans crainte de se tromper à 5 milliards d'Euros, puisqu'une recherche conjointe de Digital Strategy Consulting Ltd. et de l'Interactive Advertising Bureau - Europe évaluait par défaut les dépenses des Européens à plus de 4 milliards d'Euros pour l'année dernière, avec la répartition suivante entre pays :


les trois plus gros marchés étant le Royaume-Uni, la France et l'Allemagne. Moi qui vis en Italie, je suis frappé de voir la part de marché attribuée à ce pays (3,4% !), où la population des internautes a un taux de pénétration (par rapport à la population générale) et un taux d'utilisation de l'Internet supérieurs à la France :


Donc, un tel écart s'explique difficilement. Il faudra voir dans quelle mesure le taux de croissance annuel pondéré (CAGR, ou Compound Annual Growth Rate), dont Yahoo prévoit une progression marquée dans tous les compartiments (peuple des internautes, taille du marché de la recherche et opportunités publicitaires), s'applique à l'Italie (pour qui s'y intéresse). À suivre...

Enfin, si l'on pose en hypothèse - réaliste - que Google détient à lui seul la moitié du gâteau, on comprendra mieux les formidables enjeux économiques qui se cachent derrière ces chiffres, et expliquent la lutte furieuse de tous les acteurs en présence.

Dernières remarques :
  1. L'immense potentiel publicitaire sur Internet est étroitement lié au marché de la recherche, dont les premiers acteurs par excellence sont les moteurs. Leur influence s'étend d'ailleurs bien au-delà des seuls achats en ligne... Doubleclick, leader dans la technologie publicitaire en ligne, concluait une étude intitulée « La recherche préalable à l'achat » (Search Before the Purchase), commandée l'année dernière, en tirant les enseignements suivants :
    • La recherche joue un rôle dans à peu près la moitié des achats en ligne ;
    • La plupart des activités de recherche préliminaires à l'achat (recherches et clics) concernent des mots clés génériques plutôt que des marques ;
    • Plus les activités de recherche sont proches de l'achat, plus les mots clés liés aux marques sont présents ;
    • Nombre d'acheteurs font leurs recherches préparatoires bien avant l'acte d'achat ;
    • Les mots clés génériques sont une occasion de capter l'internaute pour l'engager dans le cycle d'achat ;
    • Les études qui analysent les résultats des recherches (ventes et retours sur investissement) en se basant sur un laps de temps trop bref avant le passage à l'acte ne prennent pas en compte la valeur des recherches génériques menées plus en amont du cycle d'achat.

    [MàJ - 14 juin 2006] Nouvelle découverte hier : le tableau ci-dessous nous donnent les revenus pour 1000 recherches (44,1 $ pour Google contre 34,1 $ au premier trimestre 2006), je vous laisse faire les multiplications !...


  2. Dans la présentation de Yahoo, qui prône une approche holistique au marché publicitaire (du grec holos, entier, complet, qui consiste en gros à traiter le tout plutôt que les parties), l'une des solutions proposées avec insistance est l'adoption des formats normalisés de l'Interactive Advertising Bureau (IAB Standardization) dans le cadre de la monétisation de ses services.

À mon avis, Yahoo confond le contenant et le contenu, contenu qui fera l'objet d'un prochain billet...


P.S. Question subsidiaire : dans la monétisation à outrance de tout et n'importe quoi se profilant à l'horizon, selon vous quelle sera la part des blogs ? Voir mon avis sur la question dans la dérive publicitaire sur Internet et les incohérences de Google (entre autres)...

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vendredi, juin 09, 2006

Le business des noms de domaine : une question de réputation et...

Le business des noms de domaine : une question de réputation et ... de gros sous !

Il y a une semaine, en écrivant une ébauche d'analyse sur le positionnement des principaux acteurs du monde de l'Internet que sont Google, Yahoo, eBay, Microsoft et Amazon, je réfléchissais à une évidence que nous avons constamment sous les yeux :
En dépit de leurs différences ou de leurs guéguerres pour dominer le Web, et pas seulement, ils ont un dénominateur commun qui les rapprochent plus qu'on ne saurait le concevoir : ce sont toutes des sociétés américaines !
[MàJ - 4 juillet, fête commémorative de la Déclaration d'Indépendance des États-Unis d'Amérique.] Je ne croyais pas si bien dire : « Je suis fier d'appeler ma maison les États-Unis d'Amérique. Je suis encore plus fier d'affirmer que GoDaddy.com est une société américaine. » Bob Parsons


* * *

Pour autant la mainmise des États-Unis sur l'Internet ne s'arrête pas là, puisque l'ICANN, qui préside aux destinées du réseau des réseaux est aussi un organisme de droit américain, tout comme le sont la plupart des registreurs qui comptent, dont le rôle et l'importance sont à mon avis grandement sous-estimés dans nos analyses de la toile :


Sur les 15 bureaux d'enregistrement majeurs, 11 sont américains (voyez les petits drapeaux ci-dessus !), 1 canadien, 1 australien, 1 indien et ... 1 européen (allemand pour la précision).

On peut donc parler sans grand risque de se tromper de suprématie américaine dans des proportions écrasantes, de quasi-monopole même.

Est-ce un mal en soi ? Je n'en suis pas totalement convaincu, surtout lorsque je vois les vaines et coûteuses tergiversations du gouvernement autour d'un « projet » tel que Quaero, annoncé et alimenté à grand renfort d'argent public dans le plus pur style bureaucratico-administratif-franco-français, qui consiste à dire (plutôt qu'à faire, la nuance est de taille) :
Est-ce qu'on pourrait faire ça ? On va créer une commission qui se réunira peut-être pour étudier la faisabilité et faire un rapport. On demandera son avis à tout le monde, surtout ceux que ça ne concerne pas, et dès que quelqu'un élèvera une objection on s'empressera de pousser le rapport sous un tapis ! Dans 10 ans peut-être...
De toutes façons, c'est le contribuable qui passe à la caisse, merci aux politiques de tous bords de gérer notre argent avec la sagesse du bon père de famille...

* * *

Après cette entrée en matière un peu acide, je vais m'intéresser au premier des registreurs américains, et donc au premier registreur du monde, à savoir GoDaddy, qui gère à l'heure où j'écris plus de 11 500 000 noms de domaines (et une bonne part des miens :-), soit presque 1/6ème du parc mondial des domaines actifs, un peu plus de 70 millions au jour d'aujourd'hui ;-)

Une paille ! Dans un article paru il y a deux mois sur Forbes, intitulé What Makes GoDaddy Go? [Double sens entre Qu'est-ce qui fait courir GoDaddy ? et Pourquoi GoDaddy veut entrer en Bourse ? (sous-entendu : What Makes GoDaddy Go Public?)] , Rachel Rosmarin, la journaliste, donnait des chiffres supérieurs :
GoDaddy (...) says it manages more than 13 million domain names, or about 20% of the 86 million domain names on the Web. (GoDaddy déclare gérer plus de 13 millions de noms de domaines, soit environ 20% des 86 millions de domaines sur le Web.)
Ne sachant pas d'où elle détient ces données, je préfère m'en tenir aux statistiques actuellement disponibles (les deux graphiques ci-dessus, consultés le 9 juin 2006).

À noter au passage que la quantité des domaines supprimés est quasiment le triple de celle des actifs, alors qu'elle en représentait moins du double fin janvier. D'ailleurs en comparant l'évolution sur à peine plus de quatre mois, le nombre des domaines actifs a progressé d'environ 10%, contre environ 60% pour les domaines supprimés. Sans commentaires...

Donc, premier fait marquant concernant la société, son introduction en bourse a été annoncée en avril par Bob Parsons, son fondateur et unique actionnaire, la soixantaine bien portée :


Celles et ceux qui suivent mon blog (oui, il y a encore des personnes courageuses) auront déjà entendu parler de lui, grand pourfendeur des registreurs qui pratiquent le taste-domaines ou, si vous préférez, le domain kiting, que j'ai traduit par bidonnage, faute de mieux.

Certes, le timing de ces dénonciations n'est pas innocent, puisqu'elles interviennent au moment même où la société prépare sa mise sur le marché, et il est clair que Bob Parsons rend service à la communauté tout en œuvrant à bâtir la réputation de GoDaddy.


Opération indispensable pour rassurer les investisseurs potentiels : si GoDaddy est l'entreprise dont la croissance est la plus forte parmi les registreurs, elle perd aussi de plus en plus d'argent au fil des ans :
  1. 1 000 000 $ en 2003
  2. 3 700 000 $ en 2004
  3. 11 600 000 $ en 2005
Ces pertes étant dues aux investissements massifs en publicité, notamment les spots télévisés diffusés pendant la finale du Super Bowl, parmi les plus chers des États-Unis, puisque en 2006 il faut débourser 2 600 000 $ pour ... 30 secondes ! Je vous laisse calculer à combien revient la seconde... (Source : Web Hot Industry Review)


Le prix de la notoriété ! Du reste, la réputation est un concept auquel il tient fortement si l'on en juge à l'intitulé de trois brevets déposés par GoDaddy - numéros 20060095459, 20060095586 et 20060095404 -, respectivement :
  1. Publishing domain name related reputation in Whois records (Publication de la réputation attachée à un nom de domaine dans les données du Whois)
  2. Tracking domain name related reputation (Traçabilité de la réputation attachée à un nom de domaine)
  3. Presenting search engine results based on domain name related reputation (Présentation des résultats dans les moteurs de recherche en fonction de la réputation attachée à un nom de domaine )
Source : Search Engines and Registrars Getting Creative with Whois Database?

J'ai essayé d'en savoir plus, mais apparemment la consigne c'est : « Aucune info disponible pour l'instant... »


Ceci étant, les titres sont suffisamment explicites, et la mise en place de tels systèmes représenterait à la fois une alternative au SafeRankJM et une manière de sécuriser davantage le Web, puisqu'il est désormais évident qu'il y a une corrélation entre les domaines bidons et l'envoi de pourriels en masse, un spamming planétaire avec en prime, de plus en plus souvent, la contagion par quelque virus ou virus-like (en attendant les vrais...) !

* * *

En fait, Bob Parsons n'est plus seul à dénoncer les arnaques aux noms de domaines et l'inertie de l'ICANN face au problème, puisque le très sérieux MessageLabs, qui publie un rapport de veille mensuel sur les dangers qui menacent l'Internet (virus, spam, phishing, etc.), dénonce explicitement dans celui du mois dernier (mai 2006) le phénomène des « Disposable Domains » liés au « Domain Kiting » :
Ces derniers mois, on assiste à une escalade des « domaines jetables » (Disposable Domains), qui progressent dangereusement d'un mois sur l'autre. MessageLabs a déjà abordé la question des « domaines jetables » dans son rapport de veille pour l'année 2005, mais la pratique du Domain Kiting fait qu'il est plus facile d'exploiter ce genre de domaines à des fins d'abus et de fraude.

(In recent months, new issues such as “Disposable Domains” have escalated to become much more of a serious threat than they were even a few months ago. Disposable Domains were first highlighted in the MessageLabs Intelligence 2005 End-of-Year report, and the practice of “Domain Kiting” makes it much easier for these domains to be abused.)
Selon le rapport 2005, ces domaines jetables ont une durée de vie de 12 jours à moins d'un jour (variant de moins de 24 heures pour 28,9% des domaines bidons à moins de 3 heures pour 9,9% d'entre ceux qui sont dans cette catégorie). Cela leur suffit cependant à bombarder le Web de milliards de spams et autres infections du même acabit, puisque les canons à spam transmettent plusieurs millions de messages ... à l'heure !



On vit vraiment une époque formidable ! :-)


P.S. Devinette connexe : quelle est la relation entre GoDaddy et Microsoft ? Réponse : sur les quelque 11 500 000 noms de domaines que gère la société, GoDaddy a décidé il y a quelques mois (info dont Gandi s'était fait l'écho) de migrer tous ses domaines en parking - soit un parc de 4 500 000 noms - de Linux à Microsoft, qui récupère ainsi du terrain sur Apache dans le marché des serveurs Web :




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mardi, juin 06, 2006

Traitement de l’information en France : mon poing sur le I du PIF

Traitement de l’information en France : mon poing sur le I du PIF

Il y a parfois des hasards que je qualifierais de ... télépathiques ! Le titre de ce billet est prêt depuis plusieurs jours, très exactement depuis le vendredi 26 mai dernier, au moment où j'effectuais cette mise à jour. Je ne l'avais pas encore rédigé par manque de temps, mais je savais qu'il aborderait le traitement de l'information sur le PIF, le Paysage Internet Français (et non pas francophone, nuance...), notamment en faisant référence au travail d'Olivier Andrieu. Or dans le billet qu'il publie ce jour, intitulé Octobre 2007 : Google maître du monde !, quelle n'est pas ma surprise de lire ces lignes :
À noter, pour l'anecdote (mais aussi parce que beaucoup de personnes s'approprient les idées des autres actuellement sur le Web sans trop de vergogne...), que je revendique le terme de "PIF" pour "Paysage Internet Français". J'ai utilisé pour la première fois cet acronyme dans mon livre "Internet Guide de Connexion" paru en 1994 chez Eyrolles. En plus, je suis un fana de Pif-Gadget... Voila, ça a peu d'intérêt mais parfois, il faut quand même dire les choses... Bonne semaine...
Donc, rendons volontiers à César ce qui appartient à César, et à Olivier Andrieu ce qui appartient à Olivier Andrieu. À ma décharge, je ne peux qu'invoquer ma totale bonne foi, car il est sûr que j'aurais utilisé le sigle PIF sans me poser la question de sa paternité, pour la simple raison que je n'en avais pas la moindre idée.

* * *

Ceci étant précisé, venons-en au sujet de ce billet, dont l'idée, qui couve en moi depuis plusieurs semaines, peut se résumer en quelques mots :
L'actualité liée à l'Internet dans son ensemble, telle qu'elle est traitée sur le Web français, est gravement et coupablement lacunaire, tant au plan quali-quantitatif que de la fraîcheur de l'information.
Deux constatations préliminaires :
  1. Il ne fait pas bon ignorer l'anglais si l'on veut se tenir au courant des événements relatifs à l'Internet et ses acteurs. En outre, chaque jour fournit une telle profusion d'informations qu'on est vite débordé, même en ne voulant sélectionner que les plus pertinentes. Pour vous donner un exemple, juste le week-end passé, j'aurais eu matière à faire quatre billets complets, je n'ai pu en rédiger qu'un. Je ne sais si les trois autres verront le jour...
  2. Il y a sur le Web français quelques fournisseurs d'infos attitrés, dont les actus sont reprises en boucle par un certain nombre de sites qui les relaient sans y apporter aucun éclairage, aucune analyse, rien de rien ! Uniquement du copier-coller. Où est l'intérêt ? Ajoutez à cela un problème d'asymétrie de crédibilité dans l'information, et vous aurez un cadre de la situation assez réaliste.
La réflexion m'est venue lors de la publication de l'article sur le partenariat eBay-Yahoo, annoncé pour la première fois le jeudi 25 mai dernier. J'écrivais dans une première mise à jour :
...il est minuit passée de quelques minutes, l'info est sortie depuis près de 12 heures maintenant, il y a déjà plus de 500 dépêches qui la décortiquent dans tous les sens sur Google US et pas une seule - j'insiste : 0, un beau zéro pointé - dans les news de Google France. De plus, à ma connaissance, sur le Web francophone, seul Zorgloob a sorti un entrefilet, et sur Technorati, il y a en tout et pour tout 5 résultats pertinents en français... Donc, moins d'une dizaine de billets en français, contre des milliers d'articles en anglais, le décalage horaire n'explique pas tout ! Après on se demande pourquoi les anglo-saxons ont toujours plusieurs longueurs d'avance sur Internet...
C'est d'ailleurs là où Olivier Andrieu intervient (ou n'intervient pas, c'est selon), puisque lui aussi a publié une actu (également un peu après minuit) sur ... Quaero !

Donc comme je le confiais en commentaire à Didier Durand qui s'interroge sur l'éventuel succès de Quaero (à mon avis aussi hypothétique que l'arrivée de Godot, mais c'est une autre histoire...), il y a bien décalage total entre l'importance d'une information et son traitement. Commentaire déçu auquel Didier réplique ainsi :
Vous ne pensez pas que le "trou" dans la blogosphère et les médias français vient du très long week-end d'Ascension?
On va donc accorder le bénéfice du doute à nos collègues. N'est-ce pas?
Certes. Mais on touche là un autre problème résolument franco-français, que je nommerais par métaphore le syndrome des 35 heures... Regardez les titres de Google News France le vendredi soir et le lundi matin, ce sont pratiquement tous les mêmes ! Et pendant ce temps sur le Web, 35 heures s'écoulent en moins d'un jour et demi (24h + 11h)...

Or s'il est vrai qu'Internet transcende la dimension spatio-temporelle, le problème pourrait facilement être résolu par une délocalisation du traitement : les sources d'information étant indexées automatiquement, n'importe quel français vivant hors de France et n'éprouvant pas le besoin forcené de ne rien foutre pendant les 133 heures hebdomadaires restantes [168 (24 x 7) - 35 = 133] pourrait fort bien s'acquitter de la tâche. Je caricature, mais pas tant que ça quand même !

Pour conclure, que les choses soient claires : je n'ai rien contre Olivier Andrieu (du reste, je suis plutôt admiratif de ce qu'il réussit à faire), ni contre Google France ni contre qui que ce soit, mais je trouve que l'actualité sur le Web français (et non francophone car les Canadiens sont souvent bien plus en avance que nous) manque de fraîcheur, souvent de pertinence et de profondeur, voire de crédibilité. En une formule, elle est doublement déficitaire, en quantité autant qu'en qualité. Je suis frappé par l'écart abyssal avec la richesse de l'information anglo-saxonne en la matière. À tous points de vue : analyse, dynamisme, capacité de se remettre en question en permanence, etc.

Je ne sais pas trop comment l'on pourrait remédier à cela, mais en tout état de cause la ressource exceptionnelle que représentent les blogs est largement sous-exploitée, puisque la blogosphère réunit en son sein tous les ingrédients nécessaires : qualité, quantité, fraîcheur, pertinence, crédibilité, analyse, expertise, dynamisme, etc.

Il n'y a plus qu'à les mettre ensemble...



P.S. [MàJ - 7 juin, 10h45'] En voulant répondre au commentaire de Didier Durand, qui me suggère d'attendre avec patience la mise en ligne de Wikio.fr, prévue dans quelques jours, je suis retourné visiter Wikio pour voir si deux des options que j'aurais aimé y trouver avaient été implémentées, à savoir la possibilité de soumettre son flux RSS ou de pinguer son blog en toute simplicité, un peu comme sur Technorati, au lieu de devoir publier directement sur Wikio. Or en faisant des recherches sur les flux RSS je suis tombé sur cette actu d'InFlux, blog de l'incontournable Christophe Asselin, annonçant le lancement par « Malaiac de Zewol.net (the whole Net), un nouvel outil de méta syndication francophone » :


Excellent, excellentissime, comme quoi c'est bien dans l'air du temps ! Il est vraiment télépathique ce billet :-)

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Google Office prend forme : aujourd'hui j'enlève le haut, demain...

Google Office prend forme : aujourd'hui j'enlève le haut, demain...

Une très très brève parce que je n'ai pas le temps. Brève mais probablement lourde de conséquences dans la bataille qui fait rage entre Google et Microsoft, entre autres.

L'actu anglo-saxonne s'emballe autour de plusieurs fuites, orchestrées ou non, selon lesquelles Google table sur ... le futur concurrent d'Excel :


Annonce prévue pour ... demain ! À mon avis, cette fois c'est Google qui va être en retard, vu que demain, l'info aura déjà fait plusieurs fois le tour de la planète Web ! Pour suivre l'actu en direct :



Donc après le rachat de Writely, quelle sera la prochaine étape ? L'acquisition d'une application Web de graphisme ? Du genre Gliffy (via Netwizz), par exemple :


Ou encore d'un outil de création de présentations PowerPoint-like comme Thumbstacks (via Outils froids) :


[MàJ - 15 juin 2006] Selon cette actu, parue hier, aurais-je mis dans le mille ? :
Google Inc. is likely to acquire this year a Web-based presentation application, such as Thumbstacks, to add to its online spreadsheet and word processor, (Gartner) market research firm said.
Juste histoire de compléter la suite... Pourquoi pas ! Comme disent si plaisamment les anglo-saxons : « It would make sense... »

Voir à ce sujet l'analyse de Richard MacManus (en anglais) sur les composantes probables et possibles d'une suite Web Office :




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lundi, juin 05, 2006

Adscriptor, c'est qui ?

Après avoir tenté de répondre à la question « Adscriptor, c'est quoi ? », peut-être l'heure est-elle venue d'en poser une autre : « Adscriptor, c'est qui ? »

Dans le genre capétien, Adscriptor, c'est moi !

Voilà, fin du billet :-)
* * *

Trêve de plaisanterie, je m'appelle Jean-Marie Le Ray, vous l'aurez déjà noté puisque je signe tous mes billets. Ça peut paraître ennuyeux à la longue, mais j'essaie toujours de penser à celles et ceux qui arrivent sur mon blog pour la première fois, et il y en a ... chaque jour !

Je suis né à Bordeaux, c'était le dimanche 24 mars 1957 à 1h du matin. Bélier ascendant Sagittaire pour qui s'y intéresse, ce n'est pas mon cas (bien que le portrait soit assez ressemblant, il faut reconnaître). J'ai déjà prévu de faire un beau méchoui pour fêter mes 50 ans (dans moins de 10 mois à dater d'aujourd'hui), espérons juste que je ne tiendrai pas le rôle de la bête.

Ma belle s'appelle Geni (prononcer Genny, diminutif de Geneviève, Genoveffa en italien), elle est « campane », c'est-à-dire originaire de la Campanie, d'une incroyable petite ville aussi dynamique que charmante et plaisante, située à 45 km au Sud de Naples : Cava de' Tirreni, province de Salerno, tout en bas de la côte amalfitaine, reconnue patrimoine mondial de l'humanité.


Notre enfant s'appelle Paolo Bernard, ou Paul Bernard en français, il a 4 ans et demi, j'ai déjà eu l'occasion de publier sa photo ici. Son nom de baptême est dû à une tradition fort pratiquée surtout dans le Sud de l'Italie, qui veut que l'on nomme son enfant avec le prénom de son grand-père pour un garçon, ou de sa grand-mère pour une fille. Or mon père s'appelait Bernard Paul...

[MàJ - 14 juin 2006] J'ai eu hier la photo de fin d'année de Paul et je peux pas résister, il est trop beau :


Nous voici tous les trois devant la fontaine de Trevi, dans le centre historique de Rome, comme disent les italiens, celle où l'usage veut que l'on jette une pièce de monnaie par dessus l'épaule en faisant le vœu d'y revenir un jour.


Je n'ai jamais sacrifié à la coutume, ce qui n'empêche que je suis romain de cœur depuis 20 ans cette année ! J'aime l'Italie, son hospitalité. J'aime la langue, française, et la poésie. Grand malaxeur de mots, de concepts et de contenus.

Côté boulot, j'ai créé ma société de traduction il y a 17 ans, et j'exerce le métier depuis 1986, ça ne nous rajeunit pas :-)

Constamment en quête de sens et à la recherche d'horizons nouveaux, cent et mille sujets me passionnent, dont l'Internet, le Marketing et Google, un éclectisme qui m'a valu l'honneur de postfacer « Le monde selon Google », ouvrage à paraître incessamment sous peu aux éditions Distriforce.

Si vous souhaitez en savoir plus sur mon compte :



Très cordialement,



P.S. Celles et ceux qui fréquentent mon blog auront peut-être noté la présence d'un nouveau logo dans la colonne de droite : en fait, j'ai décidé de participer à cette initiative originale, intitulée « Le Blog Emploi Challenge, 4 mois pour se faire repérer sur Internet », dont l'objectif, dans l'intention des promoteurs, est notamment de permettre aux candidats en recherche active passive (mon cas) d’exprimer leurs expertises, de mettre en valeur leur employabilité et de développer leur savoir-faire et leur savoir-être. J'aime bien ce challenge, je trouve ça stimulant et pas du tout incompatible avec mon approche à la profession du traducteur qui a d'autres cordes à son arc : l'optimisation et l'audit linguistiques, la conception-rédaction, etc.

Car si vous pensez que j'ai quelque compétence dans votre domaine, confiez-moi vos idées, je les traduirai en mots. C'est mon métier !

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dimanche, juin 04, 2006

Search Engine Strategies - Stratégies pour les moteurs de recherche

Search Engine Strategies - Stratégies pour les moteurs de recherche

Préambule
Découpage de la recherche par zones
(Search in the Zone - commentaire)
De plus en plus d'internautes font de plus en plus de recherches
(More Searchers Searching More - commentaire)
Statistiques extraites de récentes études comportementales en matière de recherche
(Search Behaviour Research Update - commentaire)

Préambule

Ce week-end, en furetant dans les actualités anglo-saxonnes (pléonasme...) qui traitent de l'Internet, je suis tombé sur un article intitulé Look here!, du genre « Regardez par ici ! ». Ce que j'ai fait. Ça parle de l'un des plus gros clients de Google hors États-Unis, la société Incubeta, dont la mission consiste, selon son créateur, Vinny Lingham, à « constamment améliorer les infrastructures technologiques et marketing pour une présence globale en ligne, et à diffuser aux quatre coins du globe le marketing axé sur la recherche. » (...continuously improve the infrastructure for global online marketing and technology and expand search marketing into every corner of the globe.)

Curieux d'en savoir plus, j'ai visité son blog, qui touche chaque mois plus de 20 000 professionnels de l'industrie du Web Marketing, où j'ai découvert qu'il rentrait juste de la Conférence & Expo Search Engine Strategies, le nec plus ultra des événements consacrés au Marketing et à l'optimisation pour les moteurs de recherche, organisé à Londres du 31 mai au 2 juin :


Il y est intervenu dans le cadre du volet « Cibler l'Europe » (Targeting Europe Track), en présentant une étude de cas sur le marketing pour les moteurs de recherche en Europe.

Dans cette conférence, qui réunit tout le gratin des SEO / SEM (Search Engine Optimizers & Search Engine Marketers) de la planète, les acteurs français sont représentés par référencement.com, l'un des leaders sur le marché du référencement en France, et dans une certaine mesure par Web Certain, dont Johann Godey est le responsable technique marketing (Search Engine Marketing Technical Leader).

Donc, dans son billet daté du 31 mai, Vinny nous donne des détails sur la session Searcher Behavior Research Update, consacrée aux dernières études sur le comportement des internautes dans leurs recherches sur le Web et sur leur interaction avec les moteurs, le tout à l'intention des SEO & SEM :
How do searchers interact with search engines? New research is constantly coming out revealing how searchers act. This session explores the latest studies and findings to provide tips and tactics for search marketers to consider.
Session modérée par Chris Sherman, éditeur du SearchEngineWatch aux côtés de Danny Sullivan, où intervenaient Graham Hansell (SiteLynx, Head of Search Strategy), Elizabeth Van Couvering (London School of Economics, non mentionnée dans le programme), Bob Ivins (comScore Europe, Managing Direct) et Jonty Kelt (Performics International, Managing Director of UK and Europe).

[Début]

Voici la traduction autorisée de ce billet.

Graham Hansell & Elizabeth Van Couvering coprésentent « Search in the Zone », ou le découpage de la recherche par zones.

Introduction :

• Le temps consacré à la recherche ne représente qu'une portion modeste (not a very significant amount) de l'ensemble des activités en ligne des utilisateurs
• La recherche représente grosso modo entre 1,5 et 15 % des activités en ligne
• 15% des internautes n’utilisent jamais les moteurs de recherche

Le Web diffère d'un individu à l'autre

Selon une étude qui a duré 3 ans et concerné un panel représentatif de près de 600 utilisateurs Web, sur 192 000 sites visités, 66,8% d'entre eux ont été visités par une seule personne.

Elizabeth présente un diagramme avec une répartition en trois zones :
  1. La zone « maison » (Home Zone), où les internautes passent le plus clair de leur temps (Yahoo, Google, Intranet, etc.) et ont des modes de comportement routiniers.
  2. La zone de voisinage (Neighborhood Zone), englobant les sites familiers aux utilisateurs, qui les visitent de temps en temps et savent comment y accéder. C'est votre partie connue du Web.
  3. La zone inconnue (Unknown Zone), où se trouve tout ce que vous ignorez.
L'expérience utilisateur se concentre sur les zones connues. Lors d'une session habituelle au sein de votre zone « maison », 1 fois sur 10 il est probable que vous utiliserez les moteurs de recherche en cliquant sur les résultats proposés. L'accès à la zone de voisinage se fait à 66% depuis les favoris, depuis vos liens stockés en mémoire ou autres, et dans 34% des cas depuis les moteurs de recherche. Enfin, 3 fois sur 4, on accède à la zone inconnue via les moteurs.

Les deux premières zones, Maison & Voisinage, représentent jusqu'à 80% des activités en ligne des internautes, qui ne visiteront par contre qu'à peu près 10% des sites ainsi trouvés.

La recherche est un peu le point d'engorgement du Web. Les sites au top sont très facilement accessibles et renommés, les autres n'étant accessibles qu'une fois sur deux depuis les moteurs ; tout le reste est dû aux stratégies de marque (branding), aux liens, etc.

Positionner son site dans la zone :
  • Les « sites transactionnels » doivent être positionnés dans les tout premiers résultats des moteurs
  • Il est important d'être positionné à la fois aux premiers rangs et sur un large éventail de requêtes
  • Dans la phase Découverte de la recherche, il peut être important d'être précédé dans les résultats par des « revues positives » mieux positionnées que son propre site
  • Les annonceurs doivent chevaucher les zones Maison & Voisinage
Graham insiste sur la nécessité d'utiliser les fils RSS pour pouvoir positionner son contenu dans la zone « maison » de l'utilisateur, afin qu'il puisse ensuite vous trouver directement et sache reconnaître votre marque.

[ Mon commentaire :
Ce découpage de la recherche par zones n'est pas sans évoquer la théorie du nœud papillon, telle qu'elle est décrite dans le rapport Linking Matters, dont le co-auteur, Ken McGaffin, a participé aussi à la conférence en intervenant sur les ... stratégies de liens.

Si quelqu'un peut m'éclairer sur les « positive reviews »...]
[Début]
* * *

Bob Ivins aborde le sujet « More Searchers Searching More » : de plus en plus d'internautes font de plus en plus de recherches. Sa société, ComScore, est spécialisée dans les études sur les comportements des consommateurs et les corrélations avec leurs recherches.

D'après lui, le nombre d'internautes, évalué à environ 700 millions d'individus, est probablement sous-estimé. Ces personnes partagent leurs activités à 95% sur les portails et à 87% sur les moteurs.

Toujours selon Bob, en faisant quelques statistiques, on arrive à 33 milliards de recherches par mois. (!)

Il compare également ces deux « Killer Applications » que sont la recherche et le courriel, en précisant que la recherche est en train de passer devant le courriel.

L'évolution de la recherche diffère-t-elle d'un marché à l'autre ? Il semble que les européens ont plus volontiers recours aux moteurs de recherche que les américains, avec une moyenne de 90% contre 86% outre Atlantique. Les européens sont également des internautes plus actifs en matière de recherche (avec un taux de recherches par utilisateur plus élevé).

La domination de Google est aussi plus marquée en Europe. De plus, 40% des requêtes effectuées aux États-Unis ne sont pas monétisées aux États-Unis, et 76% des requêtes sur Google se font hors États-Unis, contre 42% des revenus qui y sont générés.

Faits marquants :

Les européens se servent plus volontiers des moteurs
Les européens sont des chercheurs plus actifs
Le nb de pages vues par requête est en nette diminution
Les écarts de monétisation concernent :
1. la couverture des mots clés (États-Unis vs. Europe)
2. le pourcentage de recherches vs. le pourcentage des revenus générés...

[ Mon commentaire :
Le chiffre phénoménal de l'importance du marché de la recherche sur Internet se confirme : 33 milliards/mois, ça donne bien près de 400 milliards de requêtes par an !

Il faudra que je consacre bientôt un billet à ces statistiques qui défient l'entendement, et apparaissent parfois contradictoires (pas dans ce cas)...]
[Début]
* * *

Jonty Kelt aborde ensuite le volet « Search Behaviour Research Update », pour nous mettre à jour sur les dernières études comportementales en matière de recherche.

Doubleclick est leader dans la technologie publicitaire en ligne

L'univers de la recherche est toujours plus grand, plus fort, plus dur (Bigger, Stronger, Tougher).

Hausse des accès haut débit
Hausse de la présence des femmes en ligne
Hausse du nombre de recherches

L'accès à une audience accrue implique davantage de recherches, d'où plus de chances d'atteindre vos cibles (une donnée particulièrement pertinente pour les petites activités pas encore présentes en ligne).

Diversification des canaux de recherches

* Dans leurs recherches, les internautes sont :

- toujours plus sophistiqués

• 41% des utilisateurs poursuivent leurs recherches lorsqu'ils n'obtiennent pas de résultats satisfaisants sur la première page renvoyée par les moteurs, soit en modifiant les termes de leur requête soit en changeant de moteur (contre 28% il y a 4 ans)

- toujours plus déterminés

• saisie de requêtes de plus en plus longues
• loyauté envers les moteurs de recherche
• axés sur les marques

Pour autant les marketers doivent cibler aussi bien des mots clés simples et uniques que des phrases clés plus riches et plus longues, et vous faire gagner le meilleur positionnement sur les termes que vous souhaitez, pour faire en sorte que vous ne perdiez pas de trafic hautement qualifié.

Au Royaume Uni, les internautes font une utilisation protéiforme des moteurs de recherches, même s'ils ont une connaissance limitée des requêtes (termes de recherche / mots clés)

[ Mon commentaire :
Le monde de la recherche : toujours plus grand, plus fort, plus dur ! Ça me rappelle Dallas et son univers impitoyable...

Sur un mode plus sérieux, l'observation de l'allongement du nombre des mots clés dans les requêtes devient une constante. ]
[Début]
* * *

Et Vinny de conclure : - « OK, il va trop vite, je m'arrête ici, mais c'est une session vraiment intéressante. Juste un conseil pour finir, la recherche change d'un pays à l'autre, mais vous devez être capable d'appréhender chaque marché pour pouvoir y faire des affaires, c'est d'ailleurs pour ça que le marketing s'appelle ... Marketing ! »



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samedi, juin 03, 2006

Dotster.com assigné en justice pour cybersquatting massif

Dotster.com assigné en justice pour cybersquatting massif

Encore une fois, l'actualité me donne l'occasion de revenir sur le business des noms de domaine. Aujourd'hui, il s'agit d'une affaire de cybersquatting en masse dans laquelle est impliqué le registreur Dotster.com, déjà fort actif dans le domain kiting (puisqu'il se place au 7ème rang des bidonneurs toutes catégories, y compris pour les .INFO), accusé d'avoir mené des campagnes massives de cybersquattage ciblant des sociétés telles que Cingular Wireless, Disney, Ikea, Google, Neiman Marcus, Playboy, Marriott ou Verizon....

Dans les pièces jointes au dossier, la n° 6 est une liste de 11 pages truffées de noms cybersquattés sur 2 colonnes, dont deux pages presque entières uniquement pour Yahoo :


[MàJ connexe - 25 juin 2006] Puisqu'il en est question, je viens de découvrir cette info de la plainte en masse déposée par Yahoo qui poursuit les propriétaires de 1763 noms de domaine !

* * *

Pour le compte de deux des marques attaquées, Neiman Marcus et Bergdorf Goodman :


les cabinets d'avocats Christie Parker & Hale et Perkins Coie ont monté un dossier de 155 pages où ils démontent la combine, qui repose à la fois sur le cybersquatting et sur le modèle du j'essaie - je prends/je jette. La plainte reproche d'ailleurs à Dotster d'abuser de son statut de registreur pour vérifier les coquilles et faire le tri entre celles qui ont du potentiel et celles qui ne rapportent rien.

Le cybersquatting, né en 1994 lorsqu'un journaliste de Wired décida d'enregistrer mcdonalds.com, comme nous le rappelle M. Cédric Manara, a fait des petits depuis et gagné en sophistication : Dotster utilise en effet la période de grâce de 5 jours pour mesurer le trafic et ne garder que les plus rentables en termes de clics publicitaires.

En outre, le dossier rapporte les échanges de courriel avec un employé de Dotster pour marchander l'un des noms de domaines incriminés, BergmanGoodman.com :
- donnez-m'en 1 000 $
- je peux vous en payer 500 $
- OK, si vous voulez, affaire conclue pour 800 $ !
Après ça, M. Cédric Manara n'aura plus qu'à ajouter le logo de Dotster.com à sa galerie des (In)famous names in the domain business !

[MàJ - 10 juin 2006] Je m'en voudrais de taire ce commentaire, découvert hier dans un article de Forbes, alors que je rédigeais mon billet sur GoDaddy :
L'enregistrement de domaines n'est pas vraiment le business qui rapporte le plus aujourd'hui, ça permet juste de satisfaire un besoin... (Domain registration is not the most attractive business to be in today, but it does fulfill a need)
Signé : Kevin Kilroy, PDG de ... Dotster :-)



P.S. Quand j'aurai le temps, il faudra que je fasse un billet sur les différences avec le typosquatting, où les coquilles ne portent pas forcément sur des marques. C'est d'ailleurs la position soutenue par Google, qui défend ainsi son business lié aux noms de domaines :
Nous éliminons de notre réseau les sites qui violent la législation sur les marques, même si l'utilisation de noms avec coquilles ne prouve pas nécessairement une violation de cette législation.
Selon Rose Hagan, juriste en chef de chez Google chargée des marques, « Tant qu'il n'y a pas de confusion possible dans l'esprit des gens, la législation sur les marques n'a pas lieu d'être appliquée. »

(Google is defending its business practices, saying that it removes participating sites from its ad network if a trademark owner complains that those sites are confusingly similar -- even though close misspellings don't necessarily prove that a legal infringement has occurred.
"Unless it is confusing to somebody, trademark law doesn't apply," said Rose Hagan, Google's chief trademark lawyer.)
Un problème qui concerne aussi Go Daddy. En attendant, si vous souhaitez en savoir davantage sur le cybersquatting, voici une excellente ressource, signée Microsoft.

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