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mardi 29 août 2006

Danny Sullivan quitte Search Engine Watch et les conférences Search Engine Strategies

Danny Sullivan quitte Search Engine Watch (SEW) et les conférences Search Engine Strategies (SES)

Lorsqu'une institution en quitte une autre...

J'ai déjà eu l'occasion de parler de SEW, or, pour tous les observateurs du Web, Danny Sullivan personnifie largement Search Engine Watch et, dans une moindre mesure, les conférences Search Engine Strategies, au cours desquelles se rencontrent régulièrement le must des marketers et des stratèges de l'optimisation pour les moteurs de recherche.

À ce jour, j'ai produit deux comptes-rendus de ces rencontres, l'un sur les stratégies pour les moteurs de recherche, et l'autre sur l'optimisation des blogs.

Danny explique sur son blog les raisons de son départ, essentiellement dû au fait que la société qui contrôle SEW & SES ne lui a pas reconnu une participation actionnaire significative, à hauteur du rôle qu'il joue dans l'essor de ces « institutions ». Pour autant, je ne m'inquiète pas pour son avenir, c'est l'une des personnalités les plus en vue du paysage Internet mondial.

Olivier Andrieu, le Danny Sullivan du référencement français, lui avait rendu hommage en mai dernier :
Mais il est surtout pour moi l'occasion de rendre hommage à Danny Sullivan (dont la photo illustre ce post), éditeur et créateur du site Search Engine Watch, sans qui je ne serais peut-être pas présent sur le "créneau" des moteurs de recherche depuis maintenant plus de dix ans... C'est bien son site qui m'a donné envie de créer Abondance (je reviendrai d'ailleurs un jour ici sur l'amusante genèse de ce nom) et qui m'a donné l'idée d'une lettre professionnelle sur le domaine, modèle économique qui fonctionne encore aujourd'hui (la lettre "Recherche et Référencement" va bientôt fêter son 2 500ème abonné)...

Un grand merci donc à Danny pour ses bons conseils au lancement de mon activité (s'en souvient-il seulement ? ;-) ). Me voir classé devant lui dans n'importe quel "Hit parade" du Web, c'est un peu comme si Google lançait un outil sans version bêta : impensable, voire indécent... ;-)

See you soon at the next Search Engine Strategies, Danny!

Vous pouvez intervenir dans un fil de discussion, en anglais, sur le forum de Search Engine Watch, ou lire un récapitulatif plutôt exhaustif des réactions, toujours en anglais. Danny a également ouvert un groupe Yahoo pour suivre son évolution. Or je suis sûr qu'il nous réserve bien des surprises !

Juste une anecdote personnelle à son propos : bien qu'il soit l'une des personnalités les plus demandées et les plus occupées du Web, je lui avais envoyé un courriel pour savoir ce qu'il pensait de « the Ultimate Search Engine », et sa réponse ne s'est pas fait attendre. Disponible et sans avoir la grosse tête. La quantité des commentaires laissés sur son blog en témoigne.

All the best for your future, Danny.


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Google Apps for Your Domain : la suite logicielle de Google arrive !

Google Apps for Your Domain : la suite logicielle de Google arrive !

Le pack logiciel gratuit de Google à destination des particuliers / petites entreprises / organisations à but non lucratif, c'est parti ! Depuis le temps qu'on parle de Google Office, voici enfin le lancement prévu cette semaine. Version de base, certes. Gratuite et financée par la publicité, certes. En attendant les applications plus sérieuses et la ou les déclinaisons payantes...

Nom du service, Google Apps for Your Domain, qu'on pourrait traduire par Applis Google pour votre domaine, qui sont, pour commencer : GMail et GTalk, Google Page Creator et Google Calendar.


Une parenthèse, il est bizarre de constater que dans le code source de la page, les attributs ALT des balises IMG associent "Checkout" à Gmail, "AdSense" à Gtalk, "Analytics" à Gcalendar et "Search for your website" à Gpagecreator, ce qui est pour le moins curieux. À mon avis plutôt une erreur qu'une option délibérée. Étrange quand même.

Donc, vu qu'aucune version française de la page d'explication n'est encore en ligne, voici une brève traduction libre de l'offre :
Par où commencer ?

Google Apps for Your Domain
met à la disposition de votre organisation nos outils de communication et de collaboration, totalement personnalisables en y intégrant votre marque, votre charte graphique et votre contenu depuis le panneau d'administration, sans aucune préoccupation d'installation ou de maintenance matérielle ni logicielle.

Pour commencer, cliquez sur le bouton ci-dessous et donnez-nous quelques infos sur votre organisation (voir en images). Une fois que nous aurons approuvé votre nom, vous pourrez accéder au panneau de contrôle de Google Apps dédié à votre domaine.

Dans la première phase, vous nous direz quels sont les utilisateurs qui auront accès à votre compte (utilisateurs que vous pouvez ajouter, enlever, suspendre ou supprimer à tout moment). Vous déciderez ensuite quels sont les services que vous souhaitez activer (en sélectionnant un ou plusieurs des services énumérés à droite ; là encore, vous restez libre d'en ajouter ou d'en enlever à tout moment). Une fois vos services choisis, nous vous aiderons à les activer, ce qui implique habituellement l'ajustement de certains paramétrages liés à votre domaine.

C'est tout ! C'est pas compliqué, aucun souci matériel ou logiciel. Vos utilisateurs n'ont plus qu'à se connecter en ligne pour bénéficier de vos services hébergés chez nous.

* * *

En bref

Coûts


Les organisations acceptées par Google pendant la période d'utilisation en bêta de Google Apps for Your Domain sont éligibles pour bénéficier d'un service gratuit, y compris au-delà de la période bêta, tel que décrit dans les conditions générales (Terms of Service).

Langues

Le panneau de contrôle et d'administration n'est disponible actuellement qu'en anglais. Concernant les services Gmail, Talk, Calendar & Page Creator, ça varie d'un produit à l'autre.

Navigateurs supportés :
  • Microsoft IE 5.5+ (Windows)
  • Mozilla Firefox 0.8+ (Windows/Mac/Linux)
  • Safari 1.2.1+ (Mac)
  • Netscape 7.1+ (Windows/Mac/Linux)
Dans tous les cas, le JavaScript et les cookies doivent être activés.

* * *

Questions fréquemment posées

Comment s'inscrire ?

Donnez-nous juste quelques renseignements sur votre organisation, et nous examinerons votre demande pour déterminer si elle satisfait nos critères de base.

Quand est-ce que Google répondra à ma demande de participation à ce service bêta ?

Nous acceptons les domaines du monde entier, et même si nous ne serons probablement pas en mesure de répondre immédiatement à toutes les demandes, vous ne devriez pas tarder à avoir de nos nouvelles.

Mon organisation doit-elle avoir son propre nom de domaine pour utiliser
Google Apps for Your Domain ?

Oui, ce service n'est disponible qu'à ceux qui ont leur propre domaine. Si vous n'en avez pas encore, la première étape est d'en enregistrer un.
Si vous n'avez pas de pouvoir décisionnel au sein de votre organisation pour les questions liées aux TIC, veillez à nous faire contacter par un responsable.

Existe-t-il à l'heure actuelle une version premium de ce service ?

Non, pas pour l'instant. Toutefois, si votre organisation a des besoins plus sophistiqués que ne satisfont pas ces services gratuits, n'hésitez pas à nous en informer et nous vous contacterons lorsqu'un service premium sera disponible.

Qu'en est-il du respect de la vie privée ? Google transmettra-t-il les informations sur mon organisation à des parties tierces ?

Google prend très au sérieux le respect de la vie privée de ses utilisateurs. Nous ne transmettrons vos informations à personne, sauf dans des circonstances bien précises décrites dans notre charte de confidentialité (voir en particulier la section « partage d'informations » pour plus de détails).

Les écoles et les universités peuvent-elles utiliser Google Apps ?

Tout à fait, et nous aimerions vous en faire savoir davantage ici.

J'ai d'autres questions sur l'utilisation de Google Apps for my domain. Que dois-je faire ?

Visitez notre support Google Apps, nous ferons de notre mieux pour vous fournir l'information que vous cherchez.
Voilà donc une nouvelle étape dans la petite guéguerre entre Google et Microsoft. Dans laquelle Page & Brin ont quand même quelques longueurs d'avance. Notamment au niveau du profilage des internautes, et la collecte de nombre de nouvelles informations avec Google Apps for my domain va aussi dans ce sens...

Comme toujours, donc, ça bouge beaucoup à Moutain View, puisque la société vient juste d'annoncer, dans la foulée de l'accord avec MySpace, un nouveau partenariat avec eBay, notamment destiné à booster le click-to-call. Allez savoir ce qu'ils nous feront la semaine prochaine ? Une acquisition majeure, et pourquoi pas !

Davantage de commentaires ici.


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dimanche 27 août 2006

Noms de domaine : vers un tarif à la carte ?

Noms de domaine : vers un tarif à la carte ?

[Deuxième partie (4 septembre 2006) - Noms de domaine à la carte : vacarme et silence

Troisième partie (11 septembre 2006) - La politique de l'ICANN sur les noms de domaine : peur, incertitude et doute...
]

J'ai découvert par hasard le concept de tarification par paliers (« tiered pricing ») des noms de domaine, avec en gros un palier par domaine :-), une proposition de l'ICANN qui pourrait, si elle est mise en œuvre, révolutionner dès 2007 le business des noms de domaine sur Internet, encore une fois au profit de l'ICANN et des Registres, et naturellement aux dépens des utilisateurs et enregistreurs que nous sommes, notamment les PME et les particuliers.

En fait, ce n'est rien de moins que la libéralisation totale et la dérégulation sauvage de la politique de prix qui a permis jusqu'à présent à tout internaute qui le souhaite d'entregistrer son propre nom de domaine pour un coût acceptable.

En bref, la proposition - initialement annoncée le 27 juin dernier et semble-t-il destinée à accorder une compensation aux registreurs des extensions .BIZ, .INFO et .ORG (dans un premier temps...), suite aux avantages concédés sans vergogne à Verisign dans le nouvel accord sur les .COM et .NET (possibilité pour le Registre d'augmenter les coûts d'enregistrement de 7% par an) - consisterait à abolir le contrôle des prix sur les enregistrements de domaine pour mettre en place un service à la carte.

Voir la proposition scélérate de l'ICANN. À noter tout d'abord que l'annonce rendue publique le 28 juillet, juste avant les vacances, avec le 28 août comme date butoir pour l'appel à commentaires, fait immédiatement penser à une tentative de passage en force. Or vu la teneur des « améliorations proposées », c'est bien compréhensible :

Abolissement du contrôle des prix sur les services du Registre :
Lifting of Price Controls on Registry Services.

Following extensive consideration and discussion, each of the proposed new .BIZ, .INFO and .ORG registry agreements provide for the lifting of price controls formerly imposed on the pricing of registry services. However, in order to protect incumbent domain name registrants and allow time for planning by those in the registry and registrar communities, the form of registry-registrar agreement proposed with each of the new registry agreements requires six months advance notice by the registry operator of any price increase in registry services. This is consistent with the notice period required under the registry-registrar agreement implemented with the 2005 .NET registry agreement, and the registry-registrar agreement included with the proposed new .COM registry agreement.
Grosso modo, suite à des discussions approfondies (avec qui, quand et où ?), ces accords prévoient l'abolissement pur et simple du contrôle des prix sur les services des Registres ! Toutefois, pour préserver les intérêts des enregisteurs de noms (!!!), le Registre devra notifier les augmentations avec un préavis de 6 mois, ça rassure.

Donc, comme le souligne cet article (en anglais), si les Registres décident de facturer 100 000 $/an pour sex.biz, ou 25 000 $/an pour movies.org, aux termes de l'accord proposé rien ne les interdit de le faire... Une interprétation confirmée par Vinton Cerf lui-même, pour le compte de l'ICANN.

Ce qui est la porte ouverte à tous les abus, sans oublier les Registreurs qui ne manqueront pas de se sucrer au passage, avec en bout de chaîne l'innombrable troupeau des petits enregistreurs, le bétail quoi !, dont je fais partie aussi. Je remercie vivement l'ICANN de bien protéger mes intérêts d'internaute lambda...

Un système de tarification des enregistrements avec un prix par domaine, un peu sur le modèle du .TV, où les noms de domaine « à forte valeur ajoutée » peuvent être loués « à des prix variables ». Et je vous dis pas pour les noms de marque... Bonjour les dégâts !

Ce qui pourrait fort bien aboutir à un truc dans ce genre :


Mais il y a plus :
3. 1(f) Traffic Data.

Nothing in this Agreement shall preclude Registry Operator from making commercial use of, or collecting, traffic data regarding domain names or nonexistent domain names for purposes such as, without limitation...
« Rien dans cet accord n'empêche le Registre de collecter ou d'exploiter commercialement les données statistiques concernant le trafic des noms de domaine existants OU NON, à des fins, sans que la liste soit exhaustive... »

Pratiquement c'est le concept de SiteFinder, tant décrié et combattu à l'époque de sa mise en place par Verisign, remis au goût du jour !

Last but not least, l'ICANN n'oublie évidemment pas les droits perçus sur chaque domaine, en introduisant un réajustement des droits indexé sur le prix moyen des domaines (The per name transaction fees, however, are subject to adjustment depending on the average price of domain name registrations during each calendar quarter throughout the term of the agreement), on les comprend, les pauvres ! Et on comprend aussi pourquoi ils veulent pas lâcher la gouvernance de l'Internet (mainmise tout juste renouvelée jusqu'en 2011 par le Gouvernement américain !), l'os est trop bon...

Voilà. C'est succinct comme passage en revue, mais suffisant, je pense, pour donner une idée de ce qui se trame dans notre dos, et dans le silence le plus total de tous les acteurs qui auraient voix au chapitre et se taisent, coupablement, que ce soit par omission, ignorance ou intérêt.

Je n'ai pas encore décortiqué les accords entre l'ICANN et Verisign pour les extensions .COM et .NET, annoncés le 28 février dernier, mais vu le tollé unanime qu'ils ont soulevé, il y a fort à parier qu'ils aillent toujours dans le même sens : au profit de l'ICANN et des Registres, et aux dépens des utilisateurs et enregistreurs que nous sommes. Vous en doutiez ?

Un dernier point : vous pouvez toujours commenter la proposition puisque, dans un grand élan démocratique de l'ICANN, les commentaires (.BIZ, .INFO, .ORG) sont ouverts à tout le monde. Dépêchez-vous juste, la date limite, c'est ... demain :-)

Les résultats seront discutés par le comité directeur de l'ICANN lors de sa réunion du 13 septembre prochain. Naturellement, si cette proposition devait passer, en 2012, échéance du renouvellement de l'accord ICANN - Verisign à peine mentionné, il sera difficile, pour ne pas dire impossible, de refuser les mêmes avantages au Registre des extensions .COM et .NET... On ne s'étonnera donc pas que la position de Verisign soit enthousiaste...

Et si presque tous les autres commentaires présents sont franchement négatifs, y compris celui de Go Daddy, ils me donnent un peu l'impression de crier dans un désert de solitude et d'indifférence. Sans compter la capacité de l'ICANN de baîllonner les réfractaires, même ceux dont la voix est la plus tonitruante, dont Bob Parsons !

Je vais vous livrer un scoop Adscriptor au passage : au mois d'avril dernier, dans mon premier billet consacré au domain tasting (requalifié ensuite de domain kiting), je signalais l'opposition proclamée du président de GoDaddy à ces accords :
Quant à Bob Parsons, qui avait déjà épinglé la grande manigance autour du .EU, en disant que c'était même pire que ce qu'il croyait (ici et ), et continue de dénoncer les accords entre l'ICANN et Verisign, cette fois, on ne pourra pas dire de la source qu'elle n'est pas fiable !
Or si vous cliquez sur le lien : http://www.bobparsons.com/ICANNletsusdown.html, il est tout simplement CASSÉ ! Le billet n'existe plus ! N'a jamais existé ? Croyant tout d'abord que ma mémoire me trahissait, après une petite recherche dans mon réseau (merci dtSearch), j'ai retrouvé une sauvegarde (images clicables) :


Google aussi en garde quelques traces. Date de publication du billet de Parsons : 1er mars. Or c'est tout le mois de mars qui a disparu des archives du blog, qui passent directement du mois de février au mois d'avril 2006 :


Comme quoi la fiabilité d'une source, aussi pertinente soit-elle, a toujours ses limites ! Il faut croire que ce bon vieux Vint a encore suffisamment d'influence pour imposer son bon vouloir à quelqu'un comme Bob Parsons... C'mon Bob, if you read me, please say it ain't so!

Lien connexe : la position de GANDI

La suite ici...

[MàJ - 5 septembre 2006, 12h30'] Je viens de soumettre une synthèse de mes deux articles à AgoraVox, à peine approuvée par le comité de publication : lire Les noms de domaine à la carte, bientôt une réalité ?. C'est la première fois que je rédige un article sur ce média, mais la nécessité de diffuser ce message est à la hauteur de l'enjeu. Nous verrons bien les suites...


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vendredi 25 août 2006

Google est-il oui ou non un fonds d'investissement ?

Google est-il oui ou non un fonds d'investissement ?

Une brève qui vaut son pesant d'or !

Croyez-vous qu'il s'agisse d'une plaisanterie ? Et bien pas du tout : avec une trésorerie de près de 10 milliards de dollars, Google a trop d'argent, trop de liquidités et trop de valeurs mobilières. Or une loi américaine de 1940 (Investment Company Act) établit que lorsque les valeurs mobilières d'une société dépassent 40% de ses actifs, celle-ci doit être classée comme fonds d'investissement et soumise à la législation correspondante.

Google a donc demandé le mois dernier une exemption à la Securities and Exchange Commission, comme l'avaient déjà fait - et obtenu - Microsoft (en 1988) et Yahoo (en 2000).

On savait que Google était plus qu'un moteur de recherche, voire un géant des médias, mais un fonds d'investissement, voilà qui est nouveau !

Cela présage-t-il une série d'acquisitions par la firme de Moutain View, qui sera ainsi contrainte de dépenser son argent ? Comme IBM, par exemple, qui vient juste de faire ses emplettes : 4 sociétés, pour un montant de 3,6 milliards de dollars. Un problème que beaucoup aimeraient avoir...

Moi, si ! Pas vous ?


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mercredi 23 août 2006

Optimisation pour les médias sociaux



Ce mois-ci on assiste à un grand brassage d'idées autour d'un nouveau concept, celui du Social Media Optimization (SMO), né à partir d'un article intitulé 5 Rules of Social Media Optimization (SMO) (5 règles d'optimisation pour les médias sociaux), signé Rohit Bhargava, Vice-Président Marketing Interactif de la division Relations publiques d'Ogilvy. Évolution à suivre sur ce wiki.

Rohit a largement été suivi dans son idée par d'autres blogueurs influents qui ont ajouté d'autres règles : Jeremiah Owyang, règles 6 et 7 ; Cameron Olthuis, règles 8, 9, 10 et 11 ; Loren Baker, règles 12 et 13 ; Lee Odden, règles 14, 15 et 16.

Pour l'instant, nous en sommes donc à 16 règles d'optimisation, qui sont les suivantes :
  1. Travaillez votre capital Liens
    (Increase your linkability)
  2. Rendez convivial l’ajout de tags ou de signets
    (Make tagging and bookmarking easy)
  3. Récompensez les liens entrants
    (Reward inbound links)
  4. Favorisez la diffusion de votre contenu
    (Help your content travel)
  5. Encouragez les applications composites
    (Encourage the mashup)
  6. Soyez une ressource pour les internautes, sans rechercher aucun retour immédiat
    (Be a User Resource, even if it doesn’t help you)
  7. Récompensez les internautes serviables et de qualité
    (Reward helpful and valuable users)
  8. Participez
    (Participate)
  9. Sachez cibler votre audience
    (Know how to target your audience)
  10. Soyez créateur de contenu
    (Create content)
  11. Soyez vous-même
    (Be real)
  12. N'oubliez pas vos racines, restez humble
    (Don’t forget your roots, be humble)
  13. N'ayez pas peur d'expérimenter des choses nouvelles, gardez votre fraîcheur
    (Don’t be afraid to try new things, stay fresh)
  14. Développez une stratégie d'optimisation pour les médias sociaux
    (Develop a SMO strategy)
  15. Choisissez soigneusement vos tactiques d'optimisation
    (Choose your SMO tactics wisely)
  16. Intégrez à votre processus de création et vos meilleures pratiques l'optimisation pour les médias sociaux
    (Make SMO part of your process and best practices)
[Début]

* * *

Je vais donc reprendre ces points un par un, en essayant de vous donner un aperçu des concepts que leurs auteurs respectifs ont mis derrière la notion d'optimisation pour les médias sociaux.

Et s'il est vrai que l'avenir est aux médias sociaux, voyons d'abord de quoi il s'agit.


Essentiellement, c'est une notion proche du Web 2.0 qui a également des implications en termes de recherche sociale. En gros, ça permet à quiconque de publier et/ou de partager du contenu et des expériences utilisateur sur le Web. Que ce soit son espace Web, des photos, des vidéos, des signets, des tags, des dessins, du texte, de la voix, de la musique, etc. etc.

Mais ce sont aussi les annuaires collaboratifs (Dmoz), les encyclopédies (Wikipedia), les réseaux sociaux (6nergies), les interfaces personnalisées (Webwag), et ainsi de suite, on pourrait allonger la liste à l'infini, que ce soit pour les débutants ou les experts, la France ou les autres pays, etc.

Un petit panel pourrait ressembler à ça (via Christophe) :


PopUrls s'attelle à la tâche impossible de tout présenter sur une seule page, et pour davantage de détails, je vous renvoie à l'article de Chris Sherman dont je parlais dans un précédent billet. Mais d'autres spécialistes français du Web 2.0, tels que Frédéric Cavazza, Jean-Baptiste Boisseau ou Jean-François Ruiz (dont le blog et les activités sont à mon avis un excellent exemple d'optimisation pour les médias sociaux...), pour ne citer qu'eux, en parleraient bien mieux que moi.

Si vous connaissez des listes ou des ressources clés, merci de bien vouloir nous les signaler en commentaire. [Début]

* * *

Les 16 règles d'optimisation pour les médias sociaux

(Ce qui suit est une libre adaptation. NdT)

Rohit Bhargava - règles 1-5

1. Travaillez votre capital Liens (Increase your linkability)
C'est la première des priorités pour les sites, qui ont la fâcheuse tendance à être trop statiques. Optimisez les possibilités de lier et faire lier son contenu : les blogs excellent à ce jeu-là, même s'il y a de nombreuses autres solutions, comme créer des livres blancs ou simplement agréger du contenu de différentes sources et le mettre à disposition sous un format convivial. [Début]
2. Rendez convivial l’ajout de tags ou de signets (Make tagging and bookmarking easy)
Faites en sorte qu'il soit facile pour les internautes d'étiqueter ou d'ajouter votre site à leurs favoris, utilisez des icônes et des chicklets, catégorisez vos billets et vos pages, inscrivez vos sites dans les principaux agrégateurs et réseaux sociaux, etc. [Début]
3. Récompensez les liens entrants (Reward inbound links)
Souvent utilisés comme un baromètre de la réussite d'un blog/site, les liens entrants ont une importance fondamentale pour augmenter le positionnement dans les moteurs de recherche. Une forme d'encouragement consiste à mettre bien en évidence les billets récents qui pointent vers votre blog pour en promouvoir la visibilité. Un exemple sur Affordance, qui utilise Referer.org. [Début]
4. Favorisez la diffusion de votre contenu (Help your content travel)
Comme dans l'optimisation pour les moteurs de recherche, facilitez la diffusion de votre contenu notamment en multipliant les supports (fichiers PDF, fichiers audio, fichiers vidéo, etc.). Cet essaimage n'étant jamais à sens unique, vous ne tarderez pas à obtenir des liens en retour, souvent de là où vous ne les attendez pas. [Début]
5. Encouragez les applications composites (Encourage the mashup)
Dans cet univers de co-création, il peut être bon de laisser les autres réutiliser votre contenu (mashup), avec discernement. Par exemple, l'idée de YouTube, qui a permis aux internautes d'intégrer les vidéos à leur sites/blogs grâce à un simple bout de code a beaucoup fait pour sa réussite. Les flux de syndication de contenu sont une autre manière pour canaliser du trafic supplémentaire ou augmenter de façon significative le contenu que vous mettez à disposition de vos visiteurs. [Début]

Jeremiah Owyang - règles 6-7

6. Soyez une ressource pour les internautes, sans rechercher aucun retour immédiat (Be a User Resource, even if it doesn’t help you)
Fournissez de la valeur ajoutée aux internautes, y compris des liens sortants vers des ressources significatives. Liez également vos concurrents, cela contribuera à vous créer une réputation de source d'information pertinente, avec la multiplication de liens qui s'en suivra et, donc, l'amélioration de votre positionnement dans les résultats des moteurs de recherche. [Début]
7. Récompensez les internautes serviables et de qualité (Reward helpful and valuable users)
Les internautes efficaces ou populaires étant souvent influents dans votre sphère sociale, efforcez-vous de promouvoir leurs activités ou de développer un système de classement. Envoyez-leur des courriels privés pour leur signaler que vous appréciez leur contenu. Le seul prérequis est la sincérité. Ce conseil sort un peu du cadre de l'optimisation pour les médias sociaux, mais ça permet de resserrer les liens avec les membres de qualité qui gravitent autour de votre blog/site/communauté. [Début]

Cameron Olthuis - règles 8-11

8. Participez (Participate)
Participez aux échanges, en n'oubliant jamais que les médias sociaux sont bidirectionnels. Donc en dialoguant avec les autres, vous vous faites connaître et par un effet boule de neige on finira par parler de vous, ce qui vous permettra de diffuser votre message, plus fort, plus loin et plus vite. [Début]
9. Sachez cibler votre audience (Know how to target your audience)
Sachez cibler votre public, il faut être réaliste et ne pas vouloir s'adresser à tous en même temps, l'important c'est d'identifier son audience et ses interlocuteurs. [Début]
10. Soyez créateur de contenu (Create content)
Certaines formes de contenu semblent avoir été créées pour les réseaux sociaux, indépendamment du secteur où vous évoluez ou des produits/services que vous vendez. Il y a toujours du contenu connexe à produire, ce qui compte c'est de l'identifier et de le créer. [Début]
11. Soyez vous-même (Be real)
Inutile de tricher, ça se remarque de suite et ça finirait par se retourner contre vous. [Début]

Loren Baker - règles 12-13

12. N'oubliez pas vos racines, restez humble (Don’t forget your roots, be humble)
Si vous êtes devenu une personnalité de la blogosphère, ne prenez pas la grosse tête, mais rappelez-vous toujours de celles et ceux qui vous ont aidé le long du chemin, sachez les respecter si vous voulez l'être à votre tour. [Début]
13. N'ayez pas peur d'expérimenter des choses nouvelles, gardez votre fraîcheur (Don’t be afraid to try new things, stay fresh)
Les médias sociaux évoluant à la vitesse de la lumière, ne perdez pas le fil et tenez-vous toujours au courant des nouveaux outils, produits et enjeux proches de votre (blogo)sphère sociale. [Début]

Lee Odden - règles 14-16.

14. Développez une stratégie d'optimisation pour les médias sociaux (Develop a SMO strategy)
Définissez vos objectifs et donnez-vous les moyens de vos ambitions, selon vos objectifs : réputation, ventes, influence, crédibilité, bonnes causes, augmentation du trafic, etc. [Début]
15. Choisissez soigneusement vos tactiques d'optimisation (Choose your SMO tactics wisely)
Sachez identifier les actions susceptibles d'avoir le plus d'influence et d'impact. [Début]
16. Intégrez à votre processus de création et vos meilleures pratiques l'optimisation pour les médias sociaux (Make SMO part of your process and best practices)
L'optimisation pour les médias sociaux doit faire partie intégrante de votre organisation. Trouvez le moyen d'incorporer ces tactiques au niveau du modèle de création de vos documents et de distribution de l'information. Des pratiques telles que le partage des favoris et la promotion des liens entrants doivent devenir durablement des standards de votre présence sur Internet. [Début]
Voilà. Selon Gartner, l'apogée du Web 2.0 est prévu dans deux ans (via Loïc Le Meur et Cédric Giorgi), nous n'avons plus qu'à nous y préparer ! Quant aux business models connexes à toutes ces applications, c'est la grande inconnue, mais comme dit Google, les services d'abord, la monétisation viendra ensuite...


Woouuuiiiw ! Le Web 2.0, c'est hype !


Liens connexes :

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mardi 22 août 2006

Le second marché des noms de domaine sur Internet

Le second marché des noms de domaine sur Internet

Préambule
Le second marché
Sedo


* * *

Préambule

Pour s’assurer une présence globale sur Internet, le point de départ absolu est le nom de domaine, d’où l’importance cruciale de son choix.

Sans vouloir entrer dans les détails (le sujet mériterait un billet à part entière), citons quelques caractéristiques essentielles pour un bon domaine :
  • court : souvent, plus un nom est court, plus il confère d’autorité à votre site, il le crédibilise en quelque sorte ;
  • accrocheur : facile à mémoriser pour les internautes, qui sont donc plus facilement fidélisables (faire en sorte qu’ils reviennent…) ;
  • unique : là encore, l’originalité et la créativité font sortir le nom du lot ;
  • descriptif : doit expliciter le cœur de métier, le service clé, la marque, etc.
  • et ainsi de suite.
Autant d'attributs auxquels tout internaute averti ajouterait le fameux « dot-com », que ce soit un .COM.

Quant à la distinction « nom générique » vs. « nom de marque » (ou « nom marqué », pour mieux traduire « branded domain »), il y a des partisans dans les deux camps, tout dépend des intentions/ambitions de chacun(e).

Un domaine qui contient un nom générique est plus facilement positionnable dans les moteurs de recherche, d’où un trafic accru, notamment en saisie directe, parfois loin d’être négligeable. Pour autant, les génériques, même pertinents, ont souvent moins la cote que leurs équivalents de marque, plus prestigieux.

Les anglo-saxons qualifient les noms de domaine de « real estate », l’immobilier de l’Internet. Ils savent de quoi ils parlent, puisque c'est aux États-Unis que sont hébergés plus des 2/3 de tous les domaines de la planète :


La métaphore est particulièrement bien choisie vu les similarités entre monde réel et espace virtuel : dans l’un nous avons une adresse physique avec un immeuble, un hôtel, une villa, etc., dans l’autre une adresse IP associée à un nom de domaine avec site (construit) ou sans (stationné), dans l’un nous avons des quartiers huppés ou des bas-fonds, dans l’autre des domaines de classe ou de dernière zone, ici le palais Brogniart et là Stocks.com, ici Pigalle et là Sex.com (le nom le plus cher de l'histoire d'Internet à ce jour, pour l'acheter, 14 millions de dollars ont été déboursés, seul mot qui convient :-), etc.

Or même si en théorie les adresses IPv6 sont infinies, et la connectivité pratiquement illimitée (avec une population humaine de 50 milliards d'habitants, où chaque personne disposerait d'une centaine d'accès Internet il y aurait assez d'adresses pour que chaque ordinateur, imprimante, téléphone mobile, console de jeu, système d'alarme, réfrigérateur, cafetière ... ait un accès Internet complet avec une adresse IP unique pour chaque appareil…), les domaines correspondants sont loin d’être aussi répandus, notamment en .COM (les plus prisés, ils dépassent les trois quarts de parts de marché, même si les extensions alternatives connaissent un succès croissant, y compris celles liées à certains noms de pays), autant pour des raisons historiques que pour leur potentiel commercial.

Par ailleurs, plus Internet prend de l’âge, plus la possession d’un nom en .COM devient un signe d’antériorité, qui finit par conférer une certaine légitimité à son détenteur.
Ainsi la possibilité que les meilleurs s’épuisent n’est plus seulement un risque, mais bel et bien une réalité. C’est là qu’intervient le second marché. [Début]

* * *

Le second marché

Sorte de bourse aux domaines, c’est le lieu virtuel où se vendent, s’achètent et s’échangent les noms déjà enregistrés (d’où « second marché », ou « aftermarket » en anglais), des traditionnels .COM, .NET et .ORG aux IDN derniers nés. Sur ces places de marché dédiées (« Domain marketplaces »), il est possible de négocier en temps réel des millions de domaines, une habitude très ancrée chez les anglo-saxons et malheureusement peu pratiquée par les francophones. Même si la situation évolue…

Mais pourquoi ce troc, me direz-vous ? Simplement parce que la plupart des noms aujourd’hui disponibles à l’enregistrement sont ceux qui ont le moins de « prix », en termes d’image et de capacité à véhiculer les valeurs d’une marque ou d’une entreprise.

Selon l’étude Interesting Facts About Domain Names, signée Dennis Forbes (immédiatement promu expert ès-domaines par The Wall Street Journal), publiée fin mars et analysant les noms en .COM (environ 47,7 millions de domaines, hors IDN), 100% des domaines de 2 et 3 lettres étaient déjà pris, respectivement sur 676 (2 lettres), 1296 (1 lettre + 1 chiffre), 17 576 (3 lettres) ou 46 656 (combinaison lettres + chiffres) séquences possibles (essentiellement des sigles), tandis que restaient disponibles 97 786 quatre caractères (sur 456 976 combinaisons) et environ 11 015 028 cinq caractères (sur 11 881 376 possibilités). Certes, il pourrait sembler qu’avec presque 90% de 5 caractères encore disponibles on peut toujours trouver son bonheur. Or à moins de vouloir prendre un nom d’étoile, il est sûr que les quelque 900 000 domaines de cinq caractères déjà enregistrés couvrent toutes les significations/marques décentes.
Pénurie aussi au niveau des noms et prénoms, tant masculins que féminins, et bien que l’étude concerne en premier lieu les États-Unis, il est clair que c’est du pareil au même dans les autres pays. La France ne fait pas exception.


Le deuxième volet de l’étude, intitulé Domain Name Analysis - More Fascinating But Entirely Useless Charts, expose d’autres curiosités et graphiques, tels que celui-ci sur la diversité et la longueur des noms, dont il nous dit que la longueur moyenne plus représentée est de 11 caractères (sur 63 maxi).


Une moyenne qui s’allonge, puisqu’elle n’était que de 10 caractères en 2001.

Tout cela pour dire qu’avec cette pléthore de noms enregistrés, la pénurie de domaines disponibles en .COM va aller en s’aggravant. Mais le malheur des uns faisant le bonheur des autres, il est évident que cette disette est une opportunité à saisir pour les acteurs du second marché.

Indépendamment du nom qu’on voudra bien leur donner : domaineurs (domainers), courtiers en domaines (domain brokers), négociateurs, spéculateurs, etc., l’étendue de leurs services s’accroît tous les jours et va de l’évaluation d’un nom (appraisal), passe par toutes les étapes intermédiaires, jusqu’à son transfert post-achat, une phase particulièrement délicate (si le détenteur des droits est dans un pays exotique, par exemple, outre les problèmes linguistiques, les risques de fraude sont toujours aux aguets).

Des systèmes d’enchère sur les noms se mettent également en place, tels que celui dernièrement imaginé par SnapNames, dans lequel des partenaires majeurs de l’industrie des domaines proposent quotidiennement les noms arrivant à expiration avant qu’ils ne redeviennent disponibles au public.


Ces enchères durent trois jours au maximum, délai pendant lequel quiconque peut participer à n’importe quel moment, et le domaine est adjugé au mieux-disant, même s’il n’y a qu’un offrant.


De même, une liste journalière des domaines expirés est consultable sur Pool.com, avec des fourchettes de prix entre 8,00 $ et ... Sky is the limit !

L’autre grand business du second marché est celui du stationnement des noms sur des pages parking, monétisables par les liens sponsorisés des grandes régies mondiales, dont Google, pour n'en citer qu'une. À ne pas confondre avec les bidonnages en tout genre (bien que la frontière soit parfois floue), dénoncés par Bob Parsons sous l’appellation de domain kiting, qui sont le seul fait des registreurs. Juste pour donner un exemple évident : le 14 août, Dotster a enregistré 281 351 domaines, un pic parfaitement visible sur le graphique suivant :


Or croyez-vous que ça corresponde à autant de demandes d’enregistrement provenant de clients réguliers ? Un phénomène que devrait bientôt combattre la longue traîne des noms de domaine…

Donc, pour en revenir au second marché, les opérations mentionnées ci-dessus sont autant de transactions où chaque courtier devrait tenir de bout en bout son rôle de tiers de confiance. [Début]

* * *

Sedo

J’ai décidé de m’intéresser à SEDO (Search Engine for Domain Offers), car c’est le seul acteur majeur du second marché qui a une dimension véritablement européenne et joue aussi dans la cour des grands : les États-Unis.

La société, qui vient de fêter son cinquième anniversaire début août, a été créée en 2001 par trois étudiants, Tim Schumacher, Ulrich Priesner et Marius Wuerzner. Siège social à Cologne et filiale à Boston, elle emploie aujourd’hui une centaine de personnes et exploite un portefeuille de 5 millions de domaines, pour le compte de 350 000 clients issus de plus de 240 pays, avec un volume mensuel de transactions dépassant 3 millions d'euros. Et la tendance est à la hausse, comme nous l’explique ce communiqué de presse.


Grâce à sa plateforme d’enchères anonymisée, vendeurs et acheteurs potentiels négocient l’offre et la demande des noms.
Elle propose en outre l’un des principaux services de parking de domaines pour les francophones (entre autres), tout en voulant se démarquer des différentes formes de typo-squatting ou cyber-squatting. Selon François Josse, Sedo France, quelques mois après la libéralisation du .FR, les noms stationnés chez nous avec cette extension ont augmenté de 150% et les revenus associés de 300% !

D’après l’une de leurs études, les ventes totales de domaines ont été multipliées par six au cours des trois dernières années, et en 2005 le volume des transactions a doublé par rapport à l’année précédente, dégageant un C.A. supérieur à 9 millions d’euros, pour un prix de vente moyen de 1 860,00 € par domaine en .COM :


Ce qui semble plutôt prometteur pour l’avenir. Écoutons Tim Schumacher (photo), Directeur Général :
En outre, de nombreux pays ont assoupli leurs conditions en termes d’achat-vente de noms de domaine. Cette tendance devrait se confirmer et le marché devrait connaître ces prochaines années une croissance soutenue.
Et d’ajouter : « Nous prévoyons de dépasser les 10 millions de domaines en vente sur Sedo d’ici à deux à trois ans. »

Tim Schumacher, Sedo
Déjà, en 2002, l’entreprise annonçait, dans un communiqué intitulé Presque un nom de domaine sur deux est à vendre : « Les noms de domaines encore disponibles sur le marché sont un bien rare… Qui veut se faire une place sur Internet ne dispose que d'un choix restreint. »

En fait, le portefeuille de noms en .COM n’est pas extensible à l'infini, et s'il totalise grosso modo les 3/4 de plus de 72 millions de domaines enregistrés aujourd'hui, il ne devrait plus représenter qu'une portion bien moindre des quelque 240 millions de domaines prévus à l’horizon 2010. D'où l'importance de réserver dès à présent, car dans la logique d'attribution des noms, c'est la loi du « premier arrivé, premier servi ». Or comme aiment à le répéter les anglo-saxons, « Second place is first looser » : la deuxième place est celle du premier perdant...


Quant au marché français, suivra-t-il l’évolution ? Tous les espoirs sont permis, même si ce n’est pas gagné d’avance ! En réponse à un de mes courriels, Joël Ghebaly, responsable Marketing & Commercial, déclare :
Pendant que le principal souci de mes collègues anglophones est de fidéliser nos clients face à la concurrence, (en France) nous en sommes encore à expliquer qu'il n'est pas illégal de revendre un nom de domaine !
Certes, si les personnes chargées de relayer l'actualité auprès du grand public, comme certains journalistes de Silicon.fr par exemple (les mêmes qui n'ont pas l'air d'être trop dérangés lorsqu'ils sont plagiés), ne retiennent du second marché que les aspects négatifs (cf. le cybersquatting) en l'assimilant en termes particulièrement mal choisis à « un marché souterrain, un marché gris », aux mains d'« individus ou de groupuscules quasi-mafieux », on voit mal comment sortir de ce cercle vicieux. Toujours cette marotte bien franco-française de titiller la peur et la crainte, de brandir l'aspect sécuritaire pour foutre la trouille aux gens, juste histoire de les rendre plus dociles. Ce n'est plus de l'information, c'est de la désinformation. Délibérément coupable. Ils feraient mieux d'apprendre à exercer correctement leur métier, le sensationnalisme à tout prix n'en fait pas partie...

Outre-Atlantique, en revanche, l'approche est diamétralement opposée. Tandis que les français voient le verre à moitié vide, les anglo-saxons le voient à moitié plein :
But now the next wave is here in the form of the domain name aftermarket ... a time when previously registered domain names are coming back on the market as their registrations expire. It's a huge business with multiple companies dedicated to the business of backordering these names through a competitive bidding process. As marketers, what it means for many of our clients is a chance to get the domain names they always wanted.

Aujourd'hui la nouvelle vague déferle avec le second marché des noms de domaine... où les noms précédemment enregistrés arrivent à expiration et redeviennent disponibles. Une opportunité géante pour beaucoup de sociétés dédiées au réenregistrement de ces domaines via des processus d'enchères. En tant que marketers, cela signifie que nos clients ont maintenant une chance de récupérer les domaines qu'ils ont toujours voulu avoir.
Cherchez l'erreur...

En conclusion, si vous avez un nom en .COM, gardez-le jalousement, et si vous en détenez plusieurs, et bien pensez à réaliser la valeur de ces « actifs virtuels » sur le second marché. Pour terminer par l'analogie avec l'immobilier, un domaine, c'est comme la pierre : un placement ! Un investissement, soit pour y vivre, soit pour en tirer un revenu. Ce n’est pas illicite ni honteux, c'est légal et respectable. Ce n’est pas de la fraude, c'est du commerce ! [Début]

Lien connexe : Le marché secondaire des noms de domaine, OCDE, mai 2006, PDF téléchargeable



P.S. Dernière minute :
DNForum.com, le meilleur forum au monde où discuter, acheter et vendre des noms de domaine (récompensé en 2006 par un « Name Intelligence Award »), vient tout juste d'annoncer son partenariat avec iREIT, nouvel acteur devenu un géant du second marché en quelques mois. Il faut dire que son président n'est autre que Marc Ostrofsky (photo), qui avait acheté Business.com en 1997 pour la modique somme de 150 000 $, avant de le revendre deux ans plus tard pour la somme tout aussi modique de 7,5 millions de dollars. Encore une success story à l'américaine...


Dans l'espace francophone, les seuls acteurs d'envergure que je connaisse sont Stéphane Pictet et Stefan Renninger, de Virtual Network, dont le portefeuille est bien garni avec plus de 400 top domaines : fleurs.com, assurances.com, cigares.com, vins.com, humour.com, jeux.com, acheter.com, allo.com, concours.com, gratuit.com, livres.com, madame.com, mariage.com, portail.com, musique.com, tourisme.com, etc., sans oublier le petit dernier, annonces.com (acheté sur Sedo), pour un réseau qui aurait généré au mois d'avril 2006, selon Médiamétrie, plus de 12 millions de visites et 180 millions de pages vues. Un beau panel de noms génériques ... qui ne sont pas à vendre ! Quoique : j'ai vu gratuit.com en vente sur ... Sedo, négociable autour de 150 000 euros !


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samedi 19 août 2006

Les enjeux d’une stratégie de liens : liens sortants, liens entrants, demandes de liens

Les enjeux d’une stratégie de liens : liens sortants, liens entrants, demandes de liens

Chapitre V

Les trois étapes de la mise en œuvre d'une stratégie de liens : Troisième étape


Avertissement : ce billet continue la série Stratégie de liens, qui est la traduction française du rapport « Linking Matters ». Pour ceux qui préfèrent, voir le chapitre original ; à noter qu'il peut y avoir quelques différences entre la version anglaise HTML, légèrement réaménagée par son auteur pour la mise en ligne, et la présente version française, qui traduit l'intégralité du rapport au format PDF.

VI. Liens sortants, liens entrants, demandes de liens

7. Liens que vous pourriez publier sur votre site
8. Demandes de liens entrants
9. Suivi des résultats
Commentaires


Pour véritablement vous positionner sur le marché virtuel connexe à votre secteur d’activité, vous devez mettre au point une double stratégie, de liens sortants et de liens entrants. Vous devez envisager en outré l’envoi de demandes de liens individualisées.

7. Liens que vous pourriez publier sur votre site (liens sortants)

Proposer à vos utilisateurs des liens vers des ressources externes est une partie essentielle d’une stratégie de liens, pourvu que ce soient des liens dont ils retireront des avantages réels. La logique veut que si vous fournissez des liens de qualité, votre site sera connu et reconnu comme une ressource de qualité : les internautes vous marqueront dans leurs signets et reviendront volontiers vous rendre visite.

Ceci étant, de nombreux sites sont plutôt parcimonieux avec les liens sortants, car ils craignent qu’en envoyant leurs visiteurs voir ailleurs ce qui s’y passe, ceux-ci ne les oublient et ne soient captivés par des ressources plus intéressantes.

C’est une attitude compréhensible, certes, mais qui sous-estime l’intelligence des utilisateurs, toujours en quête de bonnes rencontres sur la Toile. Donc, si vous les aidez dans leur tâche, ce sera autant de temps de gagné qu’ils ne passeront pas à interroger les moteurs de recherche, où il est plus facile de se perdre dans les méandres des résultats. Par conséquent, en les orientant vers des ressources pertinentes, vous leur permettez de rester concentrés sur leurs objectifs, et au lieu de minimiser l’importance de votre site à leurs yeux, vous la maximisez !

Vous pouvez faire pointer des liens vers :
  • des documents donnés ;
  • des magazines en ligne ;
  • des communautés virtuelles ;
  • des fonctionnalités spécifiques, telles que convertisseur de devises ou autres ;
  • etc.
Quant à placer des liens réciproques, ne pratiquez l’échange de liens que lorsqu’il s’agit d’une opération significative : évitez d’avoir des liens juste parce qu’il faut en avoir ! [Début]

8. Demandes de liens entrants

À ce stade, vous avez identifié entre 50 et 100 sites cibles, susceptibles de faire pointer des liens vers le vôtre. Le moment est donc venu de leur adresser une demande de lien.

De même, vous devriez avoir les idées claires sur les raisons pour lesquelles chacun de ces sites voudrait « pointer » vers vous, et sur quelle page vous souhaiteriez placer le lien. Vous allez maintenant devoir traiter individuellement vos cibles : envoyer un courriel passe-partout ne produirait aucun effet.

Rédigez une brève demande de lien mentionnant :
  • le nom de la personne à contacter, si vous l’avez trouvé ;
  • l’adresse de la page sur laquelle vous souhaitez placer le lien ;
  • un résumé des avantages que les utilisateurs du site en retireront ;
  • un code simple servant à placer le lien ;
  • une demande de réponse.
La teneur de votre courriel, personnalisé, différera bien sûr selon le site cible, mais voici un exemple de message :

################ DÉBUT DE MESSAGE

OBJET : Ressources sur les aliments végétariens pour chiens

DE : Healthy Foods for Dogs, Inc. www.healtyfoodfordogs.com

Madame, Monsieur,

Compliments pour votre site, qui présente des informations approfondies et utiles sur la question, et plus particulièrement votre section sur les avantages pour la santé. Healty Foods for Dogs, Inc. propose une gamme de produits alimentaires pour chiens, disponibles partout dans le monde. Nous fournissons également des conseils diététiques à l’intention des propriétaires de chiens.

Les aliments sains pour chiens étant une denrée plutôt difficile à trouver, nous sommes persuadés que vos visiteurs seraient heureux de découvrir notre offre.

Pourriez-vous placer un lien vers notre site sur votre page www.vegetariandogfood.com/health.htm, traitant des avantages pour la santé ? Dans l’affirmative, soit vous pouvez télécharger notre logo et copier–coller le code que vous trouverez sur www.healthyfoodfordogs.com/linktous.htm, soit créer votre propre lien si vous le préférez.

Nous avons déjà mis un lien vers vous dans notre page de ressources, disponible ici : www.healthyfoodfordogs.com/resources.htm.

Si notre demande trouve un accueil favorable, merci de bien vouloir nous retourner un courriel de confirmation.

Nous vous remercions pour votre disponibilité. Cordialement,

Ken McGaffin


################# FIN DE MESSAGE

Gardez évidemment un enregistrement de toutes les demandes que vous enverrez. Ayez soin de remercier un par un les sites qui vous fourniront le lien voulu, et répondez rapidement à toute demande d’éclaircissement. [Début]

9. Suivi des résultats

Assurer un suivi des résultats est une partie importante de toute stratégie, et qu’il s’agisse d’une stratégie de liens ne change rien à l’affaire. En règle générale, vous devez mesurer :
  • toute augmentation de votre indice de popularité ;
  • les performances réalisées par rapport à vos concurrents ;
  • le pourcentage de sites cibles qui ont décidé de faire pointer un lien vers le vôtre ;
  • tout nouveau site qui place spontanément un lien vers vous ;
  • l’impact des nouveaux liens sur le trafic de votre site, et plus particulièrement de ceux qui proviennent des sites concernés.
Essayez de surveiller vos résultats au jour le jour, et faites une analyse formelle au moins une fois par mois. Modifiez et développez votre stratégie en conséquence. [Début]

Progrès réalisés

À la fin de cette étape, vous aurez terminé les exercices 7, 8 et 9, et vous devriez donc avoir une idée précise de la meilleure façon de rédiger et de transmettre une demande de lien. Nous verrons la prochaine fois comment calculer votre retour sur investissement.

Le fascicule d’exercices peut être téléchargé ici. [Début]

À venir : VII. Calcul du retour sur investissement (ROI).


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P.S. Quelques commentaires au passage. Le rapport « Linking Matters » ayant été écrit il y a trois ans, il pourrait être tenu pour dépassé, ce qui serait une grossière erreur :
  • Ces derniers jours, sur le forum de Search Engine Watch, à la question « Quels sont d'après vous les 5 critères ayant le plus d'influence dans l'optimisation pour les moteurs de recherche ? », les réponses sont unanimes pour souligner la primauté des liens entrants, outre la qualité du contenu et l'importance des mots clés, des titres, des textes d'ancrage, de la structure interne et externe des sites, de la structure des liens entrants et sortants, etc.
  • Une étude récente de SEMLogic visant à analyser les différences compétitives de GYM prend en compte les critères suivants :
    1. Qualité des liens entrants
    2. Pertinence des liens entrants
    3. Densité des mots clés dans l'intitulé des liens entrants
    4. Densité des mots clés dans les textes d'ancrage des liens entrants
    5. Quantité des liens entrants (en accordant résolument moins d'importance à leur quantité qu'à leur qualité...)
    6. Densité des mots clés dans les titres
  • À propos des liens sortants, un document paru en octobre 2004, intitulé Combating Web Spam with TrustRank, détaille le PageRank inverse (point 5.1) en nous expliquant comment et pourquoi il pondère davantage les liens sortants que les liens entrants...
Une seule conclusion : les liens, qu'ils soient entrants ou sortants, sont toujours promis à un bel avenir sur le Web, pour longtemps, et il n'est jamais trop tard pour mettre en œuvre une stratégie, y compris pour les blogs ! [Début]

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