mercredi 23 avril 2008

Eolas – Adscriptor : riposte

Premier épisode...
Épisode suivant...

Et bien dites-moi, cher Maître, on dirait bien que voilà votre susceptibilité piquée au vif. Croyez-moi sur parole, telle n’était pas mon intention.

Ceci dit, si vous le prenez sur ce ton, attendez-vous à une volée de bois vert…

Je vous interpellais directement dans mon billet, quand bien même à la troisième personne, en disant ceci : « j'aimerais bien qu'il reprenne tout l'argumentaire ci-dessus en me démontrant où et comment l'analogie avec le kiosquier est absurde. »

Or malheureusement, non seulement vous ne répondez pas à mon « analogie funeste du kiosque à journaux », mais de plus vous vous embarquez dans une telle série d’erreurs d’appréciation que cela en devient embarrassant, Eolas !

Je ne saurais trop par où commencer, la profusion du choix gêne parfois l’esprit de décision le mieux trempé.

Bon. Allons-y. Ce sera dans le désordre, mais tant pis. En débutant par la fin : « Ceux qui ne comprennent pas et n'ont pas envie de faire l'effort de comprendre crieront à l'attentat au bon sens. »

Croyez-vous sincèrement, Maître, qu’il n’y ait pas derrière mes cinq ou six billets sur la question, tous longs et détaillés, un très gros effort de compréhension ? Vous me surprenez de penser pouvoir liquider une telle dépense d’énergie par un pareil coup bas.

Mais examinons le fond.
Là où le raisonnement de Jean-Marie Le Ray est erroné est qu'il n'accepte que l'hypothèse d'une responsabilité immédiate, conséquence directe d'une faute, toute autre hypothèse étant invalidée comme “contraire au bon sens”, ce qui est un peu léger dans un débat qui, ne lui en déplaise, est essentiellement juridique. Selon Jean-Marie Le Ray, seule la personne ayant publié une information illicite comme résultat d'un acte volontaire (donc soit le site qui rédige l'original de l'article soit l'usager qui le reprend sur Fuzz) seraient responsable de son contenu. Tous ceux qui reprendraient la nouvelle mécaniquement (Wikio) ou offriraient à quiconque les moyens de la faire figurer sur leur site (Fuzz) seraient irresponsables car ils n'auraient pas commis de faute ; tout au plus auraient-ils fait encourir le risque à des victimes de contenus illicites de donner une chambre d'écho à ces contenus, sans qu'on puisse les en blâmer parce qu'ils ne sont au courant de rien. Le triomphe de l'autruche, en somme.
Le droit (…) admet depuis longtemps des hypothèses de responsabilité pour faute indirecte, pour faute de négligence, voire sans faute
Nous y sommes, Eolas, nous y sommes !

C’est cette notion de responsabilité sans faute que je ne digère pas. Et ce qui pour vous et les juristes n’est guère qu’un « raisonnement erroné », voire une faible « partie argumentative » encombrée de « scories atrabilaires contre le droit », me semble à moi, simple homme de bon sens, une grave menace pour Internet (avec une majuscule, Eolas).

Voilà pourquoi je prétends – je prétends – que vos lois centenaires ne sont plus adaptées à Internet. Car si l’on suit VOTRE raisonnement, dès lors que n’importe qui peut se retrouver condamné à n’importe quel moment, y compris “sans faute”, c’est la porte ouverte à tous les débordements, à tous les abus.

Cela va en outre à l'encontre de tout ce qui fait le succès d'Internet.

Je n’ai jamais dit – vous me prêtez des intentions que je n’ai pas – vouloir combattre pour que les rediffuseurs d’une information attentatoire échappent à leur responsabilité, j’ai dit (ou pour le moins, j’ai essayé) que ceux qui rediffusent à leur insu une information attentatoire ne devraient pas voir leur responsabilité automatiquement engagée au motif que le législateur ne s’est pas encore donné la peine, en 2008, de définir ce que devrait être un éditeur sur Internet…

C’est une nuance sine qua non qui fonde mon raisonnement, et dont je ne vois nulle trace dans votre billet. M’auriez-vous mal lu, Eolas ?

Est-ce suffisamment clair ? Ou dois-je le répéter ?
Ma thèse est que les rediffuseurs à leur insu d’une information attentatoire ne devraient pas voir leur responsabilité automatiquement engagée au motif que le législateur ne se donne pas la peine de définir, en 2008, ce que doit être un éditeur sur Internet, et tant qu’il y est de préciser où commence et où finit sa responsabilité. Et puis aussi ce qu’est un agrégateur, puisque ça existe, etc.
Est-ce clair, Eolas ? Bis repetita.

C’est dans ce « à leur insu », Eolas, que je vois une différence fondamentale. Dans ce « à leur insu » qu’autorisent désormais les technologies sur Internet, qui font que la loi de 1881 sur la liberté de la presse, « force est de constater, …, n'est pas réellement adapté(e) au Web 2.0. »

Ce n’est pas moi qui le dis, Eolas, mais l’un de vos confrères. Nous sommes dans le droit, là, ou non ? C’est pas de la brève de comptoir, ça.

Vous rapportez vous-même la définition d’un éditeur selon la LCEN : « Personne dont l'activité est d'éditer un service de communication au public en ligne ».

Et bien nous ne sommes pas plus avancés, Eolas ! Que signifie éditer ?

Je ne demande pas l’impossible, quoi ! Merde ! Juste des éclaircissements. Que la loi ne fournit pas, en l’état. Pas plus que les juges, dont je les soupçonne de se prononcer sans bien appréhender la complexité des technologies sur Internet.
Or quoi que vous en disiez, Internet est d’abord une infrastructure technologique complexe qui introduit des nouveautés que la législation DOIT prendre en compte.

Ou sinon pourquoi promulguer la LCEN ? Seul problème aujourd’hui, elle a déjà 10 ans de retard…

Quant à vos digressions sur l’impossibilité de comparer les cas mentionnés avec les kiosquiers, elles me laissent totalement froid pour une bonne raison : mon analogie repose sur un argument unique, que vous-même invoquez (le kiosquier n'a aucune liberté sur les journaux qu'il propose à la vente), ainsi que Narvic (le « kiosquier (…) n’est libre d’à peu près rien. »), et que je rapproche d’une situation où le point commun entre l'agrégateur, le Digg-like et le blogueur/webmaster du site est l'affichage d'un flux indépendamment de leur volonté, dans les conditions techniques que je décris précisément dans mon billet.

Est-on libre d'une action indépendante de sa propre volonté, Eolas ? En droit, peut-être, je n’en sais rien, à vrai dire. Dans mon bon sens à moi, NON !

Dans mon bon sens à moi, la volonté est une condition sine qua non de la liberté. En d’autres termes, la liberté n’est-elle pas un acte de libre choix, et le libre choix ne suppose-t-il pas une volonté en amont ? Qu’en pensez-vous Eolas ? J’aimerais assez avoir votre avis sur la question.

En tout cas, vous êtes parfaitement clair sur les conséquences : cette absence de liberté l’exonère de sa responsabilité. Je ne dis pas autre chose, Eolas, pas autre chose.
Donc comment conciliez-vous, en droit, cette exonération de responsabilité au motif d’absence de liberté avec la condamnation pour responsabilité sans faute ? Et comment l’appliquez-vous, en fait, à Internet ?
Pour moi l'agrégateur, le Digg-like et le blogueur/webmaster du site dont un flux s'affiche indépendamment de leur volonté, à leur insu, en d’autres termes (au cas où ceux que j’ai utilisés dans mon premier billet ne seraient pas suffisamment explicites), ne sont pas plus libres que ne l’est le kiosquier, Eolas.

Elle est là, l’analogie Eolas, est-ce suffisamment clair ?

Donc épargnez-moi – et à vos lecteurs par la même occasion – vos traits perfides à deux sous sur mon incapacité supposée de distinguer un site Web d’un kiosque à journaux, vous allez seul vous couvrir de ridicule.

Faut arrêter de faire dans la caricature, Eolas, tant par respect pour votre lectorat que pour votre interlocuteur, comme vous dites si bien, sinon on finira par ne plus vous prendre au sérieux, ce serait dommage.

Par ailleurs, j’ai fort apprécié votre figure de rhétorique, qui consiste à accoster l’honneur du Web avec une citation de mon billet évoquant mes craintives mictions. Je suis sûr que vos lecteurs y seront sensibles.

Il n'empêche, l’image est moins déplacée qu’il n’y paraît. Jugez-en : pour moi la situation juridique qui est en train de se créer est absurde, totalement absurde, d’où ma réponse à l’absurdité par une autre absurdité. Trouvez-vous cela étrange ? Pourtant, c’est chose fréquente dans la vie de tous les jours.

Rassurez-moi, vous pissez aussi, Eolas, n’est-ce pas ? Bien que vous ayez un avantage décisif sur moi, vous n’avez pas besoin de consulter le Code à chaque fois, vous le connaissez par cœur. :-)
« Redevenons donc sérieux. (je vous cite toujours)

Le postulat de Jean-Marie Le Ray est que les sites comme Fuzz, Wikio, et je suppose, bien qu'ils ne soient pas cités, dicodunet et lespipoles, devraient être irresponsables de ce qu'ils publient car ils n'ont aucun degré de liberté sur leur contenu. »
Vous supposez mal, Eolas, vous supposez mal.

Mon billet parle d’un seul cas, l’affaire Martinez contre Fuzz, et des conséquences que le cas en question peut avoir, dans des conditions semblables, sur un agrégateur (Wikio), sur un Digg-like (Fuzz) et un blogueur/webmaster du site (les autres condamnés dans la même affaire).

Je ne dis pas non plus, à aucun moment, qu’ils « devraient être irresponsables de ce qu'ils publient car ils n'ont aucun degré de liberté sur leur contenu », je dis qu’ils « devraient être irresponsables de ce qu'ils publient car ils n'ont aucun degré de liberté sur leur contenu » DANS CERTAINES CONDITIONS : celles que je me suis efforcé de décrire avec précision. Celles, précisément, pour lesquelles l’avocat de Martinez a obtenu les différentes condamnations.

Apparemment, à vous lire, je n’y suis pas parvenu. Ou est-ce vous qui comprenez de travers, Eolas ? Excusez-moi si j’ai un penchant naturel pour la seconde explication. D’autant plus qu’en raisonnant comme vous le faites, vous déformez totalement mon propos. En me faisant dire ce que je n’ai pas dit, ni même pensé, mais en induisant subrepticement vos lecteurs à croire que je l’ai effectivement dit et pensé. Subtil, Eolas, subtil.

Mais faux. Désolé.

Ça commence à faire pas mal d’erreurs Eolas, qu’en pensez-vous ? Si vous continuez comme ça, je ne vais pas tarder à nourrir quelques doutes sur votre légendaire compétence…

Voulez-vous un autre exemple de vos erreurs d’appréciation, Eolas ?

Je vous le fournis volontiers, déjà signalé en commentaire : à aucun moment dans mon billet, je ne parle de Gala.

Vous me rétorquez :
Le mot Gala apparaît deux fois dans le billet. Certes, en reprenant mes propos, mais c'est vous qui les avez mis là, mes propos. J'ai donc du mal à croire que Gala soit hors sujet. Mais bon, quand on confond un site web et un kiosque à journaux, je comprends qu'on passe à côté de Gala sans le voir…
Certes, Eolas, certes. Mais vous allez voir comment il est facile de manipuler l’esprit de vos lecteurs en leur donnant à penser que Gala n’est pas hors sujet.

Eolas, Gala n’avait absolument rien à voir avec mon billet. Démonstration :

Le mot Gala n’apparaît pas deux fois dans mon billet, il apparaît deux fois dans un même paragraphe vous citant in extenso, que je conclus ainsi :
Car le point commun de ces affaires, ce n'est aucunement d'invoquer une quelconque irresponsabilité pour protéger des para-sites ou encore de permettre à d'autres indélicats d'échapper à leur responsabilité, mais uniquement d'imputer sa propre responsabilité à qui de droit...
Et lorsque vous insistez trompeusement pour corroborer votre thèse :
Exact, c'est celebrites-stars.blogspot.com qui était linké, qui reprenait lui même l'info de Gala.fr. Rien à voir du tout du tout, en effet. Vous savez tout de suite retenir l'essentiel, vous.
Vous avez encore tout faux, Eolas (ce n’est pas de ma faute, vous le faites exprès ou quoi ?) !

celebrites-stars.blogspot.com ne reprenait absolument pas l'info de Gala.fr, il rapportait la même info.

Nuance ! Vous pourrez vous en assurer en relisant les actes. La rédaction de la brève n’était pas un copier-coller de celle de Gala, mais un texte différent, et il n'y avait aucun lien vers Gala (vous ne le dites pas, mais je précise). Il s'agissait de deux brèves totalement indépendantes, sans aucun rapport entre elles, si ce n'est le sujet. Du reste, selon Google, plus de 8000 sites reprenaient une info parlant de M., M. et Sheba, y compris outre-Atlantique, comme le montre cette capture d’écran, faite en son temps :


Prétendriez-vous qu’ils reprenaient tous l’info de Gala ? Non, n’est-ce pas ? Enfin, j’espère…

Par conséquent, si votre commentateur doit relire ses classiques, vous devriez plutôt revoir votre copie.

Mais non ! Vous préférez poursuivre dans l’erreur :
Non, répond Jean-Marie Le Ray, il y a une troisième branche : mettre la réparation à la charge de celui qui a causé le dommage en premier. Gala.fr en l'occurrence. Le problème qui se pose pour le juge est que l'info a certes été publiée sur Gala.fr, mais aussi sur Fuzz et Wikio. Sur quel fondement dire que des trois, seul Gala est responsable, alors qu'il n'a même pas consenti à cette reprise de son contenu (accessoirement contraire à ses propres CGU ?) De quel droit Fuzz et Wikio diraient-ils : “oui, je l'ai publié, mais qu'il aille se plaindre à Gala et à Gala seulement” ? Pas de réponse hélas chez Adscriptor.
Certes Eolas, pas de réponse chez Adscriptor. Et comment pourrait-il en être autrement ? Vous persistez à me parler de Gala (errare humanum est...) : « Sur quel fondement dire que des trois, seul Gala est responsable, alors qu'il n'a même pas consenti à cette reprise de son contenu (accessoirement contraire à ses propres CGU ?) »

Mais j’en sais rien, mon pauvre Eolas, vous n’avez qu’à leur poser la question. Moi je parle de trois cas où non seulement l’auteur du billet coupable a soit fourni lui-même le flux (Fuzz) soit accepté que le flux fût repris (les flux repris dans Wikio le sont de plein gré par leurs auteurs, sans quoi ils peuvent demander leur suppression), et quoi qu’il en soit de quelqu’un tout à fait identifiable pour peu qu’on s’en donne les moyens.

Donc ça n’a rien à voir avec ce que vous racontez. Cependant, vous poursuivez :
Bien sûr; rendre Gala.fr responsable y compris de la reprise de ses infos par des milliers de sites peut paraître à courte vue conforme au "bon sens", à l'honneur du web, et sauver les sites d'agrégation. À court terme.
Mais vous m’emmerdez Eolas, avec ce Gala. Ce n’est pas mon propos, allez relire mon billet. Il est quand même curieux que vous argumentiez constamment à côté de la plaque. Vous faites ça aussi avec vos clients ?

Je ne peux que vous répéter ma première impression : avant de prétendre critiquer sérieusement un billet, il conviendrait d'abord de le lire sérieusement.

Maintenant, si vous tenez à tout prix que nous parlions de Gala, et bien parlons-en.

Premièrement, n'est-il pas étrange de constater que l’article de Gala incriminé (?) est encore en ligne aujourd’hui !!!

Je ne sais pas vous en droit, mais moi personnellement cette histoire me pose problème. Vous disiez quelque part, il me semble, que Gala pouvait également être poursuivi sans souhaiter le faire savoir. Pourquoi pas. Ceci dit, il me semble qu’un référé, c’est justement pour prendre une mesure d’urgence. Ou je me trompe ?

Or j’ai fait cette copie d’écran le 6 avril, c’est-à-dire une dizaine de jours après la condamnation de Fuzz et des autres (une vingtaine, ai-je lu je sais plus où), et l’article de Gala était toujours en ligne. Nous sommes le 23 avril, presque un mois après le jugement contre Fuzz, et il est encore en ligne ! Qu’en déduire ?

Personnellement, je suis pas loin de penser, comme le dit Eric Dupin, que tout ça c’est du grand foutage de gueule. Qu’en pensez-vous, Maître ?

Mais bon. Ne nous arrêtons pas à ces broutilles, tentons plutôt de débroussailler encore.

Dans les affaires Martinez, le juge est saisi pour :

1. constater la violation par la défenderesse de la vie privée d’Olivier M. ;

2. constater que le préjudice subi par Olivier M. du fait de cette publication est aggravé par le fait que celle-ci a été diffusée sur internet.

Donc dans le cas de Gala, vous conviendrez que l'info continue d'être diffusée sur internet. Gala fait d'ailleurs le tour de force d'avoir, non pas UNE, mais DEUX infos liées à cette même affaire, toujours en ligne au mois d'avril.

Doit-on en conclure à l'inefficacité de la justice ? Pourtant, vu le tapage de l’affaire Martinez contre Fuzz, je suppose que si Gala avait également été assigné, cela aurait bien fini par se savoir. Mais non. RAS. Les articles sont toujours là. Relatant très exactement la même nouvelle pour laquelle d’autres ont été condamnés.
Par conséquent, s’il est possible que nous ayons atteinte à la vie privée dans un cas et pas dans l’autre, il doit bien y avoir une explication. Laquelle ?

Ou est-ce là encore "une torsion brutale de la raison", selon votre formule joliment trouvée - j'avoue ?

Ceci dit, en m'attribuant cette "torsion brutale de la raison", vous oubliez peut-être que j'ai essayé de baser mes allégations sur quelque chose d'un peu plus sérieux qu'une simple croyance (Jean-Marie Le Ray, qui croit avoir découvert que...).

Laissez-moi donc vous exposer mon avis de simple homme de bon sens, vous ferez le tri après.

Mon questionnement était de savoir si une redivulgation non autorisée était toujours qualifiable d’atteinte à la vie privée, ou s'il y avait des exceptions ?

Or après maintes recherches sur Internet, j’ai repéré ce commentaire à l’article 9 du code Civil, qui pose très exactement cette question à la lettre B : L’incidence de la complaisance de la personne intéressée

b) Le revirement de jurisprudence opéré par la CASS, 4 avril 2002 :
Seule la « divulgation » de faits relevant de la sphère de la vie privée de l’intéressé, à l’exclusion de la « relation » de faits désormais rendus publics permet la mise en œuvre de l’arsenal de protection de l’art. 9 Cciv
À l’exclusion de la « relation » de faits désormais rendus publics... Or si ces faits-là ne sont pas publics, Eolas...

Il semble donc bien qu'il y ait des exceptions possibles :

II . Exceptions

1) Les exceptions au droit à la vie privée et à l’image

1ère exception : "La redivulgation de faits déjà licitement publiés" [4] et informations "anodines"

Faits publics ou faits qui ont été portés à la connaissance de tous en toute légalité...

Je cite :
Le droit exclusif et absolu sur sa vie privée : la fin d’un règne ?

Un arrêt de la cour de cassation, plus récent, en date du 3 avril 2002 semble vouloir atténuer cette sévérité des juges du fond. La cour affirme que la simple relation d’un fait public n’est pas de nature à porter atteinte à la vie privée et rappelle que certains faits, qu’elle qualifie d’"anodins", ne peuvent, en raison de cette nature, constituer une atteinte à la vie privée. Ainsi, alors même qu’aucun contexte d’actualité ne vient couvrir l’absence d’autorisation, il semblerait que la cour de cassation ait décidé de mettre un terme à certaines dérives jurisprudentielles.
Donc que dire de Gala et des autres, toujours en ligne ?

« Dérives jurisprudentielles », vous avez bien lu, Eolas ? Et ce n'est pas le pochard du coin qui dit ça, mais la Cour de Cassation (avec ou sans majuscule ?)...

Concluez-en ce que vous voulez, Eolas, moi je vais me coucher.

Non sans terminer sur votre note, toutefois :
Qu'il envisage par exemple avant d'écrire que “je n'ai pas daigné répondre à son commentaire” que j'ai pu recevoir plus d'une centaine de commentaires ce jour là sur mon blog et qu'en outre, mon silence peut être plus dû à mon activité professionnelle qu'à ma nature méprisante envers autrui en général et Jean-Marie Le Ray en particulier ; cela fera du temps de gagné pour faire progresser le débat.
Non, je ne l’envisage pas. Je suis votre blog depuis assez longtemps pour observer que vous répondez assez systématiquement aux réponses argumentées. Et la mienne l’était. Si l’on prend par exemple le billet en question, sur 173 commentaires, vous avez fourni environ 80 réponses, dont certaines très longues, soit une moyenne d’un commentaire sur deux. Donc je n’envisage pas une seconde que vous puissiez vous retrancher derrière votre activité professionnelle pour motiver une non-réponse, bien que je ne doute pas un instant qu’elle soit intense. Pas plus que je n’aie attribué cela à votre “nature méprisante envers autrui”. Je l’ai juste interprété comme “je n’ai pas envie de te répondre”.
Mais je suis têtu, Eolas, ascendance bretonne oblige, et au bout du compte, j’ai fini par l’avoir, ma réponse.
Donc, personnellement, je juge votre note irrecevable. Et peu me chaut que vous considériez le dialogue terminé, prématurément ou non, là n’est pas la question. La question, je l’ai exposé dans plusieurs billets, vous de même, et elle dépasse largement nos petites personnes. Vous en conviendrez, j’espère.

Car vous surprendrais-je en disant que je n’ai pas fait ça pour moi ?
Non, j’ai fait ça parce que je me pose des questions, et je ne pense pas être le seul, auxquelles le Droit (avec un D majuscule, ne vous en déplaise, lorsqu’il est élevé en Doctrine ou en Dogme et totalement – ou presque – coupé de la réalité des gens de basse extraction) ne m’apporte pas de réponses satisfaisantes, motif pour lequel j’essaie d’y appliquer mon bon sens. C’est subjectif, je vous l’accorde, sûrement pas exempt d’erreurs, mais c’est comme ça.

En tout cas, ne m’en veuillez pas si je fais mienne votre conclusion :
Qu'il suffise de se rappeler que le droit s'apprend à l'université, et le bon sens, au bistro.
Pour une fois, nous sommes parfaitement d’accord.

Chacun ses bancs ! Et bien le bonjour à vos courtisans. L'atrabilaire vous salue. :-)



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N.B. Si vous pensez répondre à ce billet, soyez gentil, lisez-moi bien avant de parler, ça vous évitera de finir hors sujet.

Et puis comme je ne suis pas rancunier, permettez-moi de conclure en vous offrant un cadeau.


C’est un dessin de mon fils, Paul, 6 ans et 5 mois, il l’a fait hier. Il en fait plusieurs par jours, tous sont gais et colorés. Ainsi chaque soir, je les contemple. Ils m’amènent la joie et la paix que les autres me refusent.

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mardi 22 avril 2008

Microsoft - Yahoo! : la semaine cruciale

Microsoft - Yahoo! : la semaine cruciale

[MàJ - 22h50'] Résultats dépassant les estimations des analystes !!! Nous en reparlerons...

C'est ce soir que Yahoo! présente ses résultats trimestriels. Dont le niveau influera considérablement, dans un sens ou dans l'autre, sur l'issue de l'OPA lancée par Microsoft.

Dans la bataille intelligemment menée par Yahoo! pour faire relever l'offre, les fuites journalistiques ont joué un rôle de premier plan, émanant notamment du Wall Street Journal, qui a toujours une longueur d'avance sur les autres. Or un papier d'hier semble indiquer un premier trimestre 2008 de bonne tenue pour Yahoo!

Voici l'anticipation des analystes :


Les résultats seront-ils jugés suffisants par le marché (on peut le penser), et, surtout, par Microsoft (on peut penser le contraire) ?

Qui aura le plus de poids ? Le marché ? Microsoft ?

Si c'est le marché (mon avis), à la veille du terme de l'ultimatum lancé par Steve Ballmer, cela donnera à Microsoft la possibilité d'augmenter l'offre d'une poignée de dollars et à Yahoo! de sauver la face.

Si c'est Microsoft, la menace de Ballmer de baisser son offre au lieu de l'augmenter me semble peu vraisemblable, puisque ça mettrait la société de Redmond dans une position délicate vis-à-vis des actionnaires de Yahoo, et diminuerait d'autant ses chances de l'emporter dans une bataille de procurations.

La présentation et les explications de Jerry Yang seront donc décisives, notamment sur les tests menés avec Google, pour infléchir la tournure des événements dans un sens ou dans l'autre.

Nous serons vite fixés...


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lundi 21 avril 2008

La chute de la presse traditionnelle

400e billet d'Adscriptor !

La chute de la presse traditionnelle transparaît de tous les indicateurs disponibles, tant en termes économiques que d'influence, remise en cause radicale des journalistes et du journalisme, etc.

Et encore, je dis "chute" pour être gentil, catastrophe et déclin inarrêtables seraient plus proches de la réalité.

Une seule réponse possible : s'adapter.

Analyser pourquoi ça coince et s'adapter aux nouvelles réalités sociales, et notamment à Internet, phénomène transversal qui touche tout et tous, et chaque jour davantage.

Internet est une (r)évolution majeure de l'histoire de l'humanité, qui fait voler en éclats tous les modèles antérieurs. Et les modèles économiques in primis. Qui ne sont déjà plus adaptés et le seront de moins en moins s'ils ne se remettent pas en question. Exemple : aux États-Unis, la presse traditionnelle a mis 127 ans pour collecter 20 milliards de $ de recettes publicitaires, contre 13 ans sur Internet, soit un facteur 10 !!!


Sources : Universal McCann, IAB Internet Advertising Report, Booz Allen Hamilton Analysis

Anecdote curieuse : 2008 - 127 = 1881 !!!

L'année de publication de la fameuse Loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, dont on voudrait nous faire croire qu'elle est encore adaptée à la réalité d'aujourd'hui !

Or quand je vois la façon dont fonctionnent la plupart des sites de presse sur Internet, je me dis qu'il y a encore du boulot !

Pour emprunter à l'italien, ils sont auto-référentiels ! C'est-à-dire qu'ils ne font pratiquement référence qu'à eux-mêmes. Aucun lien ou presque vers l'extérieur, vers d'autres ressources pertinentes qui permettraient aux lecteurs d'élargir leurs vues et d'approfondir les sujets.

Une logique TOTALEMENT opposée à celle de ce qui fait Internet (et notamment le ouèbe deux-zéro, n'en déplaise à ses détracteurs).

Un peu comme dire qu'ils seraient seuls dépositaires de l'information. Or avoir une carte de journaliste ne dispense pas d'être nul, c'est triste à dire, mais c'est comme ça. Quand je livre une traduction à un client, si je lui rends un torchon, croyez-vous qu'il va être porté sur la mansuétude ?

Très clairement, c'est un mode de fonctionnement qui puise son origine dans leur activité séculaire sur support papier, qui non seulement n'est plus du tout adapté à Internet, mais qui en outre nie l'apport formidable du palimptexte.

Par contre la pub est omniprésente ! À tel point qu'on se retrouve sur des pages avec 1/4 d'info noyée dans 3/4 de pubs de moins en moins efficaces et dont tout le monde se fout ! Les gens vont sur des sites de presse pour lire des infos, pas pour cliquer sur des pubs...

Mesdames et Messieurs de la presse, Internet change en profondeur votre fonds de commerce, change la pub et bouleverse tout. Réveillez-vous ! Regardez le graphique :


Sources : Universal McCann, IAB Internet Advertising Report, Booz Allen Hamilton Analysis

C'est dans la presse que les dépenses publicitaires des annonceurs baissent de 50% et plus, et c'est sur Internet qu'elles sont reportées, et plus.

Et que vous le vouliez ou non tous vos combats devant les tribunaux pour faire valoir vos soi-disant droits (c'est vous qui le dîtes, en parfaite symbiose avec les tenants de l'orthodoxie juridique, il est vrai) sont des combats d'arrière-garde, les derniers soubresauts d'un système moribond. Idem pour la musique. Et comme le souligne fort justement Narvic, ... le cinéma, la télé et la vidéo prennent le même chemin.

On pourra en reparler dans 10 ans, juste pour voir...

Et ce n'est même pas moi qui dresse ce constat :
Si notre fragilité demeure, c’est que le modèle économique sur lequel nous avons construit notre essor depuis des décennies se désintègre sous nos yeux. Et ce constat est vrai pour l’immense majorité des quotidiens, aux États-Unis comme en Europe.
Eric Fottorino, Le Monde.

Donc s'il le dit...

L’immense majorité des quotidiens ! Ça devrait vous faire réfléchir, quand même.

C'est que la presse traditionnelle devrait d'abord comprendre que non seulement elle n'a plus le monopole de l'information, et les journalistes avec, mais de plus que si elle ne s'adapte pas intelligemment (et ceci ne fait pas partie des réactions intelligentes) (en revanche, cela en fait résolument partie), d'autres prendront sa place. Et vite. Ils la prennent déjà.

Alors on fait quoi ? On se désole du déclin inéluctable et on attaque à tort et à travers, people compris, pour essayer d'en ramasser le plus possible avant de passer l'arme à gauche ?

On continue de se plaindre du fait que ces modèles économiques sont réduits en miette par de nouveaux modèles florissants ?

Ou on s'adapte ? Pour moi la réponse coule de source, mais apparemment il n'en va pas de même pour toute le monde.

Écoutons les conseils de Jeff Jarvis dans Journalism as a control point : The best rule from all sides: openness.

Embracing Openness : j'ai bien l'impression que beaucoup ont encore besoin de traduction...


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P.S. Lien connexe à méditer...

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samedi 19 avril 2008

Eolas et la Secte du Kiosque à Journaux

Eolas et la Secte du Kiosque à Journaux

Suite : Eolas – Adscriptor : riposte

On dirait un titre de roman pour la jeunesse, genre Les disparus de Saint-Agil, malheureusement la réalité est tout autre...

Dans son billet Affaires Fuzz, Dicodunet, lespipoles et autres : et si le juge avait raison ?, Maître Eolas, avocat apparemment fort efficace, compétent, sympathique et cher (c'est lui qui le dit), s'en prend à ce qu'il appelle joliment « la Secte du Kiosque à Journaux ».

Dont les membres, c'est bien connu, invoquent l'analogie entre le soi-disant "choix éditorial" de catégoriser l'affichage d'un flux sur le site d'un agrégateur ou d'un blogueur, en l'espèce, et le "non-choix éditorial" d'un kiosquier qui décide de présenter ses revues et magazines de telle ou telle manière.

Une analogie fortement contestée par les tenants de l'orthodoxie, dont je citerai pour exemple Narvic, côté kiosques à journaux, et Eolas, côté droit, et tout aussi fortement soutenue par les pourfendeurs d'une justice française non adaptée à la réalité d'Internet, dont moi, outre quelques députés :
La loi ne fait d’ailleurs pas dépendre la qualité d’hébergeur de la manière dont le service d’hébergement est organisé.
En tout état de cause, un hébergeur qui définit une typologie des blogs sur son site, et qui ventile ces blogs, au sein du classement qu’il a établi, en fonction de leur nature annoncée a une action beaucoup plus proche de celle d’une chaîne de kiosques à journaux, qui regroupe sur ses présentoirs les magazines en fonction de leurs centres d’intérêt, que celle d’un éditeur.
Signé Jean Dionis du Séjour et Corinne Erhel.

Que nous pouvons donc désigner comme membres honoraires de la Secte du Kiosque à Journaux, en référence à cette fameuse analogie, dont Eolas nous dit avec aplomb :
Ha, l'analogie du kiosque à journaux. J'espère que celui qui a inventé la comparaison l'a déposé à l'INPI, il a des redevances à toucher. Comment espérez-vous comprendre si la première chose que vous faites est de changer les données du problème ? C'est assez amusant de voir qu'au reproche fait au juge de ne pas avoir compris les données technique se joint la comparaison d'un site internet à un kiosque à journaux (le trottoir, c'est le réseau, la chaussée le haut-débit, et les poubelles des pages 404, c'est ça ?). La seule réponse que j'ai à vous faire est : un site internet n'est pas un kiosque à journaux. C'est tout.
Ce à quoi je lui rétorque, dans le même billet :
On peut tout aussi bien dire avec le même aplomb : "un agrégateur n'est pas un éditeur. C'est tout."

Car si la jurisprudence naissante semble s'orienter sur l'équation agrégateur-blogueur = éditeur au seul motif d'afficher un lien sur lequel à la limite ils n'ont aucun contrôle, ni sur le contenu dudit ni sur son affichage (je rappelle quand même, s'il en était besoin, que s'abonner à un flux signifie être alimenté automatiquement par un flux - d'où le nom - d'infos, chose qui est loin d'être une lapalissade et qui a des conséquences évidentes, ou pour le moins qui devraient l'être, dans l'affaire Fuzz), en mettant indifféremment tout le monde dans le même panier - Dicodunet, Wikio, Fuzz et les autres, alors qu'en l'espèce aucun cas ne se ressemble -, j'ai la nette impression que cette orientation est due davantage à une sorte d'émulation, pour ne pas dire flemme intellectuelle, en vertu de quoi les juges ne font que répéter la même chose que le précédent sans vraiment prendre en considération ni les spécificités du cas particulier ni le texte de la LCEN, qui énonce exactement le contraire, comme je le dis dans mon billet.
Il est vrai que la LCEN ne prend pas du tout en compte ce que devrait être un éditeur, et encore moins un agrégateur, donc il est plus facile pour les juges de s'engouffrer dans ce vide juridique en disant que l'un égale l'autre sans qu'aucune loi ne dise encore, en 2008, ce qu'est un éditeur ou un agrégateur sur Internet.

Du grand n'importe quoi, tout ça.
Le cher Maître n'a pas daigné se fendre d'une réponse, mais bon, vu qu'il répond à d'autres aussi sur ce point, voyons ce qu'il en dit :
Tenez, prenons ce que propose la Secte du Kiosque à Journaux : Gala est responsable de son fil RSS, même publié par un autre site commercial (étant entendu que les revenus publicitaires du site restent la propriété de son éditeur, faut pas déconner quand même ; qui a dit “parasite” ?). Conséquence 1 : Gala ferme son fil RSS, car il n'a pas envie de voir sa responsabilité multipliée par le nombre de sites qui reprennent son flux sans rien payer en retour. C'est la fin de la technologie RSS sauf pour les blogs du genre "ma dépression et mon chat". Conséquence 2 : les sites du genre lespipoles n'ont plus de contenu puisqu'ils ne produisent rien eux-même. Donc ils ferment. Bilan : disparition d'une technologie bien utile, fermetures des sites qui invoquaient l'irresponsabilité pour se protéger. Voilà ce que proposent en fait ceux qui rêvent d'une irresponsabilité des para-sites.
Désolé de vous contredire, cher Maître, mais votre argumentation ne tient pas la route, ce que je vais essayer de démonter (lapsus calami révélateur) démontrer pas plus tard que tout de suite.

Car le point commun de ces affaires, ce n'est aucunement d'invoquer une quelconque irresponsabilité pour protéger des para-sites ou encore de permettre à d'autres indélicats d'échapper à leur responsabilité, mais uniquement d'imputer sa propre responsabilité à qui de droit (formulation parfaitement adaptée :-).

Donc que les esprits chagrins préoccupés de ce que le Droit avec un D majuscule doive AUSSI régner sur Internet se rassurent, mon but n'est pas de dire que nul n'est responsable, mais juste de prouver trouver précisément à qui revient cette responsabilité. Chose que la législation en l'état ne permet pas de faire ou de dire.

Il est d'ailleurs dommage qu'il incombe aux citoyens de suppléer aux lacunes des législateurs, mais enfin, ce ne sera ni la première ni la dernière fois ; la constante étant que les premiers paient toujours à la place des seconds, mais ça c'est une autre histoire...

Je commencerai donc par le postulat suivant : en quoi l'analogie du kiosque à journaux est-elle parfaitement adaptée à l'affichage d'un flux sur un agrégateur, comme Fuzz ou Wikio, ou sur un blog/site quelconque ?

(signalons entre parenthèses qu'il s'agit de 3 cas différents : Fuzz est un Digg-like, Wikio est un agrégateur, un blog/site est un blog/site. :-)

En ceci : dans l'affaire Martinez vs. Fuzz et les autres, toutes les parties condamnées ont eu exactement le même degré de liberté - et donc, de responsabilité qui va avec - que le « kiosquier (c’est à dire le « diffuseur de presse ») n’est libre d’à peu près rien. »

Démonstration de ma théorie.

À l'origine de tout ça, nous avons une info, publiée sur un blog :
  1. D'une part, l'info a un titre, une URL (localisateur uniforme de ressource), et un contenu.
  2. De l'autre, l'info a un flux RSS, qui se traduit là encore par une URL, différente de celle du blog, et qui peut être reprise par d'autres sites, manuellement ou automatiquement, où elle sera affichée soit dans un widget (cas d'un un blog/site), soit sur un emplacement quelconque (Wikio/Fuzz) :
    • dans le cas de Wikio, les flux sont repris et agencés automatiquement, même si quelqu'un peut toujours en soumettre d'autres manuellement ;
    • dans le cas de Fuzz, les flux sont soumis manuellement soit par l'auteur du contenu soit par un tiers, à la communauté des utilisateurs qui décident de voter ou non pour l'info, qui se retrouve ainsi propulsée en première page (beaucoup de votes), reléguée dans des pages intermédiaires (peu de votes) voire enfouie dans les oubliettes du site (aucun vote), et agencés automatiquement selon la catégorisation choisie par qui soumet le lien ;
  3. L'affichage de l'info via le flux est variable : soit ça reprend seulement le titre (qui est l'ancre du lien clicable), soit ça reprend le titre, le lien, plus quelques lignes de présentation (qui peuvent à leur tour soit reprendre le début du contenu original, manuellement ou automatiquement, soit utiliser d'autres termes, manuellement), soit ça reprend le titre, le lien et l'intégralité du contenu original.
Donc chez Wikio, dans la plupart des cas soumission et agencement se font en automatique ; chez Fuzz, la soumission manuelle et la catégorisation (choisie manuellement par l'utilisateur et automatisée ensuite par le site selon différentes rubriques préétablies) dépendent de l'utilisateur du service, engagé contractuellement, tel que mentionné noir sur blanc dans les Conditions générales d'utilisation de service du site :
Article 6 : Obligations / Responsabilité de l'Utilisateur / Utilisation du Service

En particulier il est interdit sur les pages de FUZZ.FR :

- d'utiliser des œuvres qui sont protégées par des droits d'auteur sans autorisation expresse de l'auteur ou de la personne qui en possède le droit d'exploitation...
- de diffamer, d'insulter ou de menacer autrui;
- d'insérer des bannières publicitaires autres que celles affichées par FUZZ.FR;
- de diffuser des pages dont le contenu est illégal;
- de diffuser des pages dont le contenu ou la forme est pornographique;
- d'inciter à commettre des crimes et délits ou à y participer;
- d'atteindre au droit à l'image ou à la personne de qui que ce soit;
- de faire la promotion de services à but lucratif;
- d'insérer des liens hypertexte pointant vers des sites en vue d'en faire ouvertement et délibérément leur publicité...
De même sur un blog/site, le flux va s'afficher dans le widget où défilent les flux, sans contrôle réel ni possible sur le flux, sauf à le supprimer purement et simplement.

En conséquence, le second point commun à ces trois situations est l'affichage d'un flux indépendamment de la volonté - et donc de la responsabilité - de l'agrégateur, du Digg-like ou du blogueur/webmaster du site.

Certes, il y a volonté en amont, qui est celle de s'abonner à ce flux plutôt qu'à un autre. C'est d'ailleurs là que le juge puise son raisonnement, comme l'indique Narvic :
Le diffuseur de flux RSS dispose d’une large latitude dans la reprise de ses flux, ce qui justifie que le juge le considère comme un éditeur, et non comme un hébergeur (reprise totale ou partielle du contenu : juste le titre, les premières phrases, l’intégralité ; classement, dans un rubriquage, à l’aide de mots-clés ; mise en valeur par un reformatage, etc.).
Mais un flux se composant de centaines d'infos qui défilent à des fréquences plus ou moins variables, le problème dans cette affaire ne doit pas concerner le flux dans son ensemble, mais juste cette info-là, ce lien précis.

- Dans le cas de Wikio, qui traite environ 4 millions de flux par mois, que l'on m'explique quand et comment supprimer a priori le lien "coupable" !!!

La réponse est simple : il n'y a AUCUN moyen, sauf à éliminer définitivement le flux ? Ou Wikio et les agrégateurs, à la limite, ça ira plus vite.

Or sur Internet, est-il légitime d'éliminer définitivement un flux qui peut dispatcher des centaines d'infos par jour, par semaine ou par mois sans poser aucun problème, au seul motif que, peut-être un jour, l'une de ces infos posera problème ?

Répondre par l'affirmative, c'est contre toute logique aller dans un sens totalement opposé à l'évolution d'Internet...

- Dans le cas de Fuzz, que l'on m'explique quand et comment supprimer a priori le lien "coupable" !!!

À part qu'Eric Dupin n'a même pas vu passer l'info (elle n'a été votée par personne, elle n'est pas apparue en Une), que l'on m'explique quand et comment il lui serait venu à l'idée de supprimer un lien dont l'ancre était K. M. et O. M. toujours amoureux, ensembles à Paris (sic).

Je défie n'importe qui parmi celles et ceux qui clament fraternellement que « c'est bien fait pour leur gueule », de m'expliquer sur quelles bases le responsable d'un site peut décider a priori qu'une telle info porte atteinte à la vie privée de Machin ou Machine.

- Dans le cas des autres blogs/sites condamnés, que l'on m'explique quand et comment supprimer a priori le lien "coupable" !!!

Comme pour Eric, ils ne l'ont pratiquement jamais vu passer, et quand bien même ils l'auraient vu, à moins d'être Madame Soleil, ils auraient été bien incapables de deviner, et encore moins de comprendre, que le lien en question était "coupable".

Alors après ça, tous vos gentils discours sur la soi-disant responsabilité de Dupin et des autres, sous prétexte que « laisser l'internet livré à l'anarchie. Ce n'est pas le choix qui a été fait », vous pouvez les garder pour vous... Même si Eolas a parfois raison : « Comment espérez-vous comprendre si la première chose que vous faites est de changer les données du problème ? »

Car s'il y a choix éditorial (reprise totale ou partielle du contenu : juste le titre, les premières phrases, l’intégralité ; classement, dans un rubriquage, à l’aide de mots-clés ; mise en valeur par un reformatage, etc.), c'est bien au niveau de l'ensemble des flux, mais en aucun cas au niveau de CETTE INFO, sur laquelle pas plus les uns que les autres n'ont eu à aucun moment conscience de devoir intervenir A PRIORI pour la supprimer.

Or si aucun contrôle sensé n'est possible a priori, dire comme Eolas :
Ce que je tente d'expliquer dans ce billet est qu'à mon avis, le juge n'a pas mis cette responsabilité sur le dos des exploitants des sites, par défaut, ou par facilité. Il est tout à fait logique, et juridiquement exact, que celui qui participe à la diffusion d'une information illicite soit responsable de la part qu'il y prend. On ne peut pas s'exonérer de sa responsabilité en disant “Mettez chez moi toutes les news people que vous voulez et cliquez sur les bannières publicitaires, mais je compte sur vous pour ne rien mettre d'illicite ; moi je ne contrôle pas et je décline toute responsabilité. Allô, Google Adsens ? Je n'ai pas encore reçu mon chèque de ce trimestre, c'est normal ?” La loi n'exonère aucun professionnel de sa responsabilité relative à son activité. Je suis désolé si un malentendu a perduré là-dessus chez certains entrepreneurs du ouèbe deux-zéro.
c'est condamner les gens à être condamnés. Et lorsqu'Eolas argumente : « Agir en justice est un droit sur lequel on n'a pas de compte à rendre, sauf abus de ce droit. », personnellement je pense que ces condamnations sont des abus de droit.

Car pour conclure mon raisonnement, imaginez un instant que l'info K. M. et O. M. toujours amoureux, ensemble à Paris fasse la Une d'un magazine people. Imaginez ensuite que le pauvre kiosquier dispose ledit magazine sur son présentoir, avec la Une bien en évidence. Serait-il juste qu'il soit condamné à verser quelques milliers d'euros pour atteinte à la vie privée ?

Non ! Ce serait profondément injuste. Ce serait clairement un abus. C'est une simple affaire de bon sens. Mais il est vrai que "droit" et "bon sens", ça fait deux...

Donc lorsqu'Eolas affirme :
Je suis allergique aux analogies absurdes qui dont on me rebat les oreilles comme l'argument ultime. Oui, je pense au kiosque à journaux. L'analogie n'a jamais été comparer l'incomparable mais appliquer à une situation la solution d'une situation voisine.
(sic), j'aimerais bien qu'il reprenne tout l'argumentaire ci-dessus en me démontrant où et comment l'analogie avec le kiosquier est absurde.

Et quand je dis que le droit est dépassé par Internet, une simple remarque suffit pour l'expliquer. Selon Eolas, en droit : « Il n'y a pas d'atteinte à la vie privée de bonne foi. »

Or si vraiment il y a eu atteinte à la vie privée dans cette affaire, et encore, ça reste à prouver (l'avocat de Fuzz n'a pas même contesté sérieusement le principe, alors que selon moi il aurait dû, entre autres choses : j’ai dans mes cartons un billet tout aussi long que celui-ci sur la responsabilité invoquée en matière d’atteinte à la vie privée, mais ce sera pour une autre fois…), comment prétendre dans les cas qui précèdent que les condamnés ont fait cela de mauvaise foi ?

Puisqu'à aucun moment Fuzz et les autres n'ont eu conscience, ni même l'idée, que ce lien sur leur site pouvait porter atteinte à la vie privée de qui que ce soit. Ils ne l'ont su qu'a posteriori, après avoir reçu l'assignation, direct, sans sommation préalable.

Donc comment contrôler a priori ce dont on ignore qu'il faut le contrôler ? La question semble une lapalissade, et la réponse évidente : ce n'est pas possible !

Halte-là ! C'est compter sans le Droit, avec un D majuscule. Pour qui il est constant que toute atteinte à la vie privée « permet d’agir sans qu’il soit nécessaire de prouver une faute et de démontrer un préjudice ».

Bon, et bien si on continue à raisonner ainsi, ça va devenir de plus en plus dur de s'exprimer librement sur Internet ! Et pour tout vous dire, j'ose même plus aller pisser sans consulter d'abord le Code civil. Des fois que ça porterait atteinte à quelqu'un sans que je le sache.

Eolas, je le répète, haut et fort, c'est du grand n'importe quoi tout ça. Où sous le prétexte de garantir des droits à gauche, on écrase ceux des autres à droite. Sans le moindre bon sens.

Et vous avez beau prétendre :
L'inadaptation du droit au progrès technique est une tarte à la crème. Je vous rappelle mon exemple : la loi du 29 juillet 1881 s'est adaptée sans difficulté majeure à l'apparition de la radio et de la télévision. Pourquoi en irait-il autrement d'internet ? La télé n'était-elle pas nouvelle ?
Enfin, vous dites avoir averti sans cesse de l'inadaptation du droit à l'internet. Mais il y a une loi qui lui est spécialement consacré, la LCEN. Dites-moi plutôt en quoi cette loi est inadaptée, et ce qu'il y a lieu de proposer à la place. La critique, le «c'est nul, faut changer», ça va bien un temps.
je ne vois pas en quoi la proposition « la loi du 29 juillet 1881 s'est adaptée sans difficulté majeure à l'apparition de la radio et de la télévision. » vous permet d'inférer « Pourquoi en irait-il autrement d'internet ? » !

Parce qu'Internet n'a rien à voir ni avec la radio, ni avec la télévision ! Parce qu'Internet n'a rien à voir avec tout ce qui a précédé ... Internet. Autrement dit des millénaires de l'histoire de l'humanité !
Parce que prétendre appliquer à Internet une loi de la presse conçue il y a presque 130 ans, à une époque où les problèmes à réglementer n'avaient objectivement rien à voir avec ceux d'aujourd'hui, c'est avoir la paresse intellectuelle (je parle du législateur) d'adapter la législation à une réalité sociale en pleine évolution.

Vous me rétorquez :
La loi sur la presse date de 1881. Elle a été plaquée à la radio quand celle-ci est apparue. Ben ça marche toujours. Car au-delà des aspects techniques, les enjeux juridiques sont les mêmes (pas plus qu'on n'a le droit de diffamer dans un journal, on n'a le droit de diffamer à la radio). Elle a été plaquée à la télévision. Sans difficulté majeure (la loi est intervenue pour exonérer de sa responsabilité le directeur de publication en cas de propos tenus en direct par une personne extérieure à l'entreprise de télévision). En quoi est-ce qu'internet, sous prétexte que c'est "nouveau" et et que beaucoup de gens ne comprennent pas l'informatique, échapperait à la compréhension des juristes et à leur faculté d'adapter le droit à ses évolutions ? Vous contenter d'affirmer cela comme une évidence est un peu court.
Je vous trouve un peu optimiste sur le coup : « En quoi est-ce qu'internet, sous prétexte que c'est "nouveau" et et que beaucoup de gens ne comprennent pas l'informatique, échapperait à la compréhension des juristes et à leur faculté d'adapter le droit à ses évolutions ? »

Oui, nous l'avons tous les jours sous les yeux la faculté des juristes d'appréhender Internet et d'adapter le droit à ses évolutions...

Il y a 130 ans, la loi a prévu une responsabilité en cascade éditeur, directeur de publication, etc., justement pour que quelqu'un fût responsable en dernier ressort. Or dans l'affaire Martinez - Fuzz et les autres, il me semble qu'il y avait un responsable clairement identifié : l'auteur du billet original ! Donc pourquoi ne pas s'attaquer à celui-là directement et laisser les autres tranquilles ? Et pourquoi le Droit permet-il de s'attaquer directement et uniquement aux autres en laissant celui-là tranquille ? Ce n'est certes pas son anonymat sur Blogger qui l'aurait préservé bien longtemps.

Parce que le rediffuseur d'une info en est responsable ? Personnellement, à l'examen détaillé des cas ci-dessus, je ne vois aucun élément permettant d'affirmer - et de juger - que ce sont des éditeurs responsables d'une atteinte à la vie privée. Cela va à l'encontre de toute logique, de tout bon sens.

Mais pas du droit ! Je sais bien que vous allez me sortir quantité d'excellentes raisons toutes meilleures les unes que les autres pour m'expliquer que tout cela est non seulement possible, mais aussi juridiquement fondé. Il n'empêche : je continue d'y voir une contradiction très forte, d'autant plus lorsque les différents juges se prononcent dans un esprit contraire à la LCEN, en l'interprétant à leur manière.

Vous poursuivez :
... En interprétant la loi, en l'appliquant à des situations non prévues par le législateur, le juge “n'invente pas des bouts de loi”, il l'applique.
(...)
Reste la question de savoir où se situe la limite entre l'éditeur et l'hébergeur dans le cas des sites dont le contenu est influencé par des éléments extérieurs (reprise de flux RSS, digg-like, etc).

Option 1, que j'appellerai l'option Marcel : la loi n'a pas prévu cette situation, le juge n'a pas le droit d'avoir la moindre fonction créatrice, il lui faut donc nier cette évolution, et appliquer le droit comme si l'internet était resté à l'époque des modems 56kbps. Donc, Fuzz est éditeur de tout son contenu, et il doit être déclaré responsable.

Option 2 : On adapte le droit à la nouvelle situation, en étendant la notion d'hébergeur à celui qui a un site dont il ne décide pas de tout le contenu. Cela protège les blogueurs de leurs commentateurs indélicats, et protège la liberté d'expression. On déplace donc la frontière ; mais le juge a l'obligation de dire, chaque fois qu'il en est légalement requis, si tel site est au-delà ou en deçà de la frontière, en expliquant le critère retenu pour permettre à tout le monde de pouvoir déterminer où se situe cette frontière en ce qui les concerne.
Le critère retenu ici est, entre autres, le choix éditorial. Si l'éditeur a décidé de mettre tel flux, ou de tels types de liens postés par les connectés, en valeur, il devient éditeur de ces liens. Qu'un site (commercial, rappelons le) crée une rubrique People, et il ne peut se prétendre étranger aux violations de la vie privée que ces rubriques supposent. Soit il surveille les liens qui apparaissent pour supprimer ceux qui sont illicites (comme la loi le lui impose pour les liens racistes ou pédophiles, par exemple), soit il les modère a priori... soit il assume les conséquences. Cette évolution jurisprudentielle ne viole pas la LCEN, elle lui permet de rester adaptée à la réalité sociale. Seuls s'en étonneront ceux qui pensent que les juges sont de simples automates qui pourraient avantageusement être remplacés par des ordinateurs dont l'algorithme serait fixé au journal officiel.
Très bien. Beau discours. Mais, là encore, contradictoire.

Je vous cite : « Soit il surveille les liens qui apparaissent pour supprimer ceux qui sont illicites (comme la loi le lui impose pour les liens racistes ou pédophiles, par exemple), soit il les modère a priori... soit il assume les conséquences. »

Vous auriez aussi pu introduire une autre option : soit il les modère a posteriori...

C’est d’ailleurs très exactement cette modération a posteriori qui permet à notre très « chère » loi française d’appliquer le statut d’hébergeurs aux forums ! Quel heureux hasard, non ?

Nous en revenons toujours à mon postulat de départ : le droit n’a rien à voir avec le bon sens !

Vu que la législation française ne définit nulle part ce qu’est un éditeur sur Internet, et pas plus ce que recouvre la notion trop facilement mise en avant par les juges de « choix éditorial » sur Internet, alors le juge est parfaitement dans son rôle : « la loi n'a pas prévu cette situation, le juge n'a pas le droit d'avoir la moindre fonction créatrice, il lui faut donc nier cette évolution. »

De même, toujours selon Eolas, la législation trace une frontière, face à laquelle « le juge a l'obligation de dire, chaque fois qu'il en est légalement requis, si tel site est au-delà ou en deçà de la frontière, en expliquant le critère retenu pour permettre à tout le monde de pouvoir déterminer où se situe cette frontière en ce qui les concerne. »

Parfait, c’est ce qui se passe. Mais alors il est totalement injustifié de dire, quand bien même d’un ton sardonique : « Vous découvrez le rôle d'interprétation de la loi par le juge, félicitations. En interprétant la loi, en l'appliquant à des situations non prévues par le législateur, le juge “n'invente pas des bouts de loi”, il l'applique. »

Car de deux choses l’une : soit il ne peut avoir la moindre fonction créatrice, soit il applique la loi en l’interprétant, auquel cas de même qu’il l’interprète dans un sens, il peut également l’interpréter dans l’autre. Ou non ?

Ou est-il obligé (ou s’oblige-t-il) lui-même à rester en-deçà de la « frontière », à ne surtout pas aller « au-delà » ?

Qu'un éditeur soit responsable, nul ne le nie. Encore faudrait-il que la loi définisse ce qu'est un éditeur sur Internet, et distingue sa responsabilité entre ce qu’il édite lui-même, son propre contenu, sur lequel il peut exercer un contrôle a priori, et ce qu’il assemble, le contenu des autres, sur lequel souvent il ne peut exercer qu'un contrôle a posteriori. En définissant ainsi les cas où chacun est responsable de son propre contenu, et non pas aveuglément de celui des autres. Ce qui est parfaitement incompatible avec les évolutions technologiques d’Internet, d’où une législation totalement inadaptée dans le meilleur des cas, et dépassée de quelques siècles dans le pire.

Le fait que la LCEN, qui date d'il y a moins de 10 ans, n'est déjà plus adaptée à la réalité d'Internet en dit d'ailleurs long sur les capacités d'adaptation du système juridique.

Il est inadmissible que les juges - dont la fonction créatrice est ce qu'elle est - ne puissent se référer, en 2008, à la moindre définition législative de ce qu'est un éditeur sur Internet. Et lorsqu'on voit les résistances de la société dans son ensemble pour accoucher d'une simple définition, on est en droit de se poser des questions...

À ce rythme, je n'ose penser si le législateur arrivera un jour à définir ce qu'est un agrégateur. Et si ce jour-là finit par arriver, il est probable qu'Internet nous aura déjà habitué à mille autres profils aujourd'hui inconnus. Mais le fait que les évolutions soient rapides et constantes ne saurait être une excuse pour que le législateur arrête de suivre. Car d'ici là, combien de procès ?...

Ne vous en déplaise, Maître, vous qui répétez à l’envi que l'inadaptation du droit au progrès technique est une tarte à la crème. C’est juste dommage pour ceux qui se prennent la tarte dans les dents…

Quant à tous les trolls qui seraient tentés de commenter par des raisonnements à l’emporte-pièce du genre « Mais Monsieur, sachez que l’Internet n’est pas un espace de non-droit » et autres « c’est bien fait pour leur gueule », qu’ils se fassent une faveur à eux-mêmes : passez votre chemin, et allez faire chier votre voisin, je ne suis pas très porté sur la tolérance en la matière. Vous pouvez parfaitement dire tout le contraire de ce que j'avance, mais ARGUMENTEZ. Sinon vous n'aurez pas droit de cité sur ce blog.

Et mon jugement est sans appel. D’ailleurs, je ne vois vraiment pas pourquoi le jugement serait réservé aux seuls juges. Franchement, vu l’usage qu’ils en font ici et là, souvent je me dis que mieux vaut être homme de bon sens qu’homme de droit !



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jeudi 17 avril 2008

Keywords are nothing without Keypages!

Autrement dit, « Les mots clés ne valent rien s'ils ne sont pas contextualisés dans des pages clés ! » (côté éditeur, car côté annonceur, la problématique est différente)

Préambule

Les mots clés
1. Qu'est-ce qu'un mot clé ?
2. Quelques caractéristiques des mots clés

Les pages clés
1. Qu'est-ce qu'une page clé ?
2. Quelques caractéristiques des pages clés

* * *

Préambule

Depuis l'achat d'Overture en 2004 par Yahoo! le concept des mots clés à fait florès. Or aujourd'hui, l'optimisation des mots clés à elle seule ne suffit plus, vu la concurrence avec le payant, et surtout elle a bien moins d'efficacité si elle est faite en aval.

Traduction : on crée un site sans stratégie bien précise, on met dedans un nombre plus ou moins grand de pages avec du contenu plus ou moins pertinent, et ensuite on pense à quels mots clés utiliser pour le faire connaître.

Or le problème, en procédant de cette manière, c'est qu'on trouvera toujours devant nous une bonne centaine de sites mieux optimisés qui occuperont "naturellement" les 10 premières pages de résultats de Google, Yahoo & Co. ; "naturellement", c'est-à-dire dans les résultats organiques.

Et puis on trouvera aussi devant nous tous les annonceurs dont les liens sponsorisés seront bien en évidence sur ces mêmes mots clés qu'on aura péniblement extraits de nos réflexions a posteriori.

Donc, première règle d'or, les mots clés doivent être définis en amont du process de développement d'un site, ou d'un blog, qui vont être le contenant : un contenant à construire autour du contenu.

Ceci dit, avant d'imaginer la conception d'une page autour d'un mot clé, ou d'un ensemble de mots clés sémantiquement proches, mieux vaut d'abord se demander : 1) qu'est-ce qu'un mot clé ? Et la question corollaire : 2) quelles doivent être ses caractéristiques ? [Début]

* * *

Les mots clés

1. Qu'est-ce qu'un mot clé ?

Techniquement, disons que les mots clés sont des "tags", des étiquettes en bon français, servant à catégoriser vos pages, vos messages, vos recherches.

Jusqu'à présent leur emploi a été plutôt basique, mais il serait temps de passer d'une utilisation par associations (d'idées, de concepts), à une utilisation par intentions, selon cette définition d'Otavo :
Quelles sont les différences entre les mots clés et les intentions ?

Les mots clés sont des catégories, et, en tant que tels, ils ne vous indiquent ni COMMENT ni POURQUOI vous souhaitez utiliser l'information qu'ils étiquettent, mais juste à quelle catégorie elle appartient dans le grand ordonnancement des choses.

Par contre les intentions sont porteuses du POURQUOI et du COMMENT vous souhaitez utiliser l'information.
Une notion déjà évoquée dans mon billet sur Powerset, où j'observais que « les mots clés sont au centre de la reformulation des requêtes, en cartes mentales pour les utilisateurs, en ontologies pour les moteurs. »

En prenant pour exemple le film suivant :


Or puisque les mots clés seuls ne peuvent indiquer ni le COMMENT ni le POURQUOI qui sous-tendent vos intentions, c'est en les contextualisant dans des pages clés que vous allez pouvoir faire d'un simple document contenant des mots clés un document vecteur de votre message, rendu à la fois plus intelligent et plus intelligible, autant pour vos lecteurs que pour les moteurs. [Début]

2. Quelques caractéristiques des mots clés
  • Les mots clés doivent faire sens ! Pris séparément ET collectivement. Une activité ne se définit jamais par UN mot clé seul, mais par DES mots clés, des expressions clés, des cooccurrences, des phrases clés, qui s'inscrivent dans un contexte.
    Dans lequel ils ont une densité (idéalement entre 3% et 7%, sans jamais dépasser les 10%), appliquée à la page qui les accueille.

  • Les mots clés ne sont pas seulement "entrants" mais également "sortants".
    • Entrants : ils amènent du trafic vers vos pages, puisque mis à part la navigation directe et les relais des réseaux sociaux, la plupart des internautes vous rendent visite après avoir saisi des mots clés dans les moteurs.
    • Sortants : ils convoient votre message à l'extérieur, sur les réseaux sociaux, les sites de partage de photos, de liens, de vidéos, de présentations, Technorati, etc.
    Et entrants ou sortants, ce sont des ancres qui matérialisent des liens : pensez aux nuages de mots clés, ces fameux "tag clouds", où tous les termes sont clicables.

  • Les mots clés peuvent également être connotés marque ou non connotés marque (génériques), et doivent s'insérer dans les URL de vos pages et billets (les résultats sont parfois surprenants).
Transposons maintenant ces considérations aux pages clés en nous interrogeant de façon semblable : 1) qu'est-ce qu'une page clé ? 2) quelles doivent être ses caractéristiques ? [Début]

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Les pages clés

1. Qu'est-ce qu'une page clé ?

Une page clé est une landing page, ou page d'atterrissage, où se rencontrent, dans le meilleur des mondes, les attentes de l'auteur et celles du visiteur.

Déjà, si vous cliquez sur les deux liens précédents, que vous les lisez ainsi que toutes les références auxquelles ils renvoient, vous en saurez plus que moi sur la question ! Et c'est en français, une fois n'est pas coutume.

Mon but ici n'est pas tant d'insister sur l'aspect technique, bien qu'il reste primordial, mais plutôt d'encadrer ce concept de page clé dans la réalité du Web aujourd'hui, où chaque page est évaluée, décortiquée et pondérée par les moteurs comme une entité à part entière. Certes rattachée à l'écosystème dont elle fait partie, mais indépendante en termes de poids spécifique et de positionnement.

Pour donner un exemple limpide, certains billets d'Adscriptor sont très bien positionnés, d'autres pas du tout. Idem pour les pages clés... Qui doivent être un mélange d'optimisation, et de rédaction. Comme pour un billet de blog ! [Début]

2. Quelques caractéristiques des pages clés

Dans Booster son blog : mots clés et optimisation, je concluais en observant :
Identifier l'univers lexical de son blog en analysant les cooccurrences de mots clés significatives, puis définir une thématique précise par billet, en optimiser sémantiquement le contenu et intégrer la phrase clé centrale (entre 2 et 5 termes pondérés) dans l'URL.
Il en va de même pour une page clé, que nous pourrions comparer à un billet de blog, sauf que là, l'univers lexical est celui de votre activité, de votre service ou du message à faire passer.

Deuxième règle d'or, une page clé se construit plus qu'elle se rédige, c'est de l'ingénierie linguistique où le paramètre de base peut se résumer par la formule G + 2H + 5W : qui, quoi, où, quand, pourquoi, comment, combien et en première place G = Google.

Car n'oublions jamais que la présence sur Internet n'est rien sans la visibilité, qui découle de votre positionnement dans les moteurs en général, et sur Google en particulier, principal vecteur de trafic aussi bien en Europe qu'aux États-Unis ! [Début]


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P.S. Si vous vous demandez pourquoi j'ai choisi d'intituler ce billet "Keywords are nothing without Keypages!" plutôt que "les mots clés ne valent rien s'ils ne sont pas contextualisés dans des pages clés !", c'est simplement parce que la transformation des titres en URL dans Blogger ne prend pas en compte les caractères accentués, et ça m'énerve. Vivement les IDN... [Début]

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Microsoft - Yahoo! : la valeur de Yahoo!


La raison principale avancée dans le premier refus de Yahoo! à la proposition d'achat de Microsoft, était que l'offre sous-estimait substantiellement la valeur de Yahoo! (Microsoft's proposal substantially undervalues Yahoo!).
Qui fait tout depuis le 1er février - acquisitions à droite et à gauche, lancement de services et annonces avec chiffres à l'appui - pour démontrer le bien-fondé de son raisonnement.
Or une semaine avant la présentation officielle de ses premiers résultats trimestriels 2008 (prévue le 22 avril), sur lesquels tout le monde s'interroge (s'ils sont mauvais Microsoft en tirerait un atout de négociation évident, s'ils sont bons, Yahoo! tiendrait le couteau par le manche), une étude publiée par SearchIgnite tombe à pic sur les résultats publicitaires de Yahoo!, qui transformerait mieux que Google.
Une étude qui fait grand bruit même s'il y a quand même lieu de relativiser, comme le souligne Techcrunch :
Le problème de cette étude, c'est qu'il n'y a pas moyen de savoir dans quelle mesure elle est représentative du volume d'affaires global de Google, puisqu'elle se base sur les tendances des budgets pubs de 500 clients de SearchIgnite, qui n'ont collectivement dépensé durant le trimestre en cours que 300 millions de dollars dans les annonces publicitaires affichées sur les pages de résultats de Google, Yahoo et MSN.
The problem with this report is that there is no way of telling how representative it is of Google’s total business. It is based on the ad-spending habits of SearchIgnite’s 500 customers, who collectively spent only $300 million during the quarter on search ads across Google, Yahoo, and MSN.
Et même si l'étude indique qu'elle analyse plus de 22 milliards d'impressions et 391 millions de clics sur Yahoo, Google et MSN de janvier 2006 à mars 2008 inclus, en fin de compte sa portée reste limitée à environ 500 annonceurs qui sont tous clients directs de SearchIgnite ou de sa filiale 360i.
Les résultats sur le premier trimestre 2008 montrent donc des dépenses supérieures (surtout en janvier et mars) destinées à Yahoo! :

qui réalise une progression de près de 60% d'une année sur l'autre :

avec un taux de dépense "en baisse" à 70,4% pour Google, "en hausse" à 24,2% pour Yahoo!, et en chute libre à 5,4% pour MSN.

Des valeurs à comparer avec celles des parts de marché dans la recherche des trois moteurs sur 2008 : 67,3% pour Google, 20,3% pour Yahoo! et 6,7% pour Microsoft...
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Ceci dit, malgré la représentativité relative de ce rapport, il traduit à mon avis une autre tendance nette en faveur de Yahoo! et en défaveur de Google : la baisse relative de valeur des clics dans la pub contextuelle, qui fait pendant à la hausse de la valeur des clics dans l'affichage des annonces sur les sites, où un conglomérat Microsoft-Yahoo! aurait quand même un avantage quantitatif de 96,08% par rapport à Google.
À noter que cet avantage serait dû quasi intégralement à Yahoo!, puisque sur 283 426 milliards d’affichages plubicitaires sur le réseau publicitaire étendu, 98,18% sont imputables à Yahoo!, contre 1,82% à Microsoft !
Un avantage incomparable que Yahoo! ne manque pas de souligner dans le document de 35 pages publié le mois dernier, essentiellement à l'intention de Microsoft, où il montre que la part de l'affichage dépasse maintenant la pub contextuelle, un écart qui devrait aller grandissant pour atteindre, sur un marché mondial de la publicité en ligne évalué à plus de 75 milliards de dollars en 2010 :

53,85% des parts de marché (42 Mds $), contre 43,59% pour la pub contextuelle (34 Mds $, soit plus de 10 points d'écart) et 2,56% pour la téléphonie mobile.
Le mobile, autre secteur où Yahoo est particulièrement présent, ainsi que sur les marchés émergents :

C'est ainsi que Yahoo! pense pouvoir accélérer le déploiement des grosses campagnes d'affichage publicitaire sur Internet, dont la mise en place prend actuellement entre plusieurs jours et plusieurs semaines, pour assurer un lancement dans un délai allant de quelques minutes à quelques heures !!!

Yahoo! revêt donc bien une valeur stratégique évidente pour Microsoft, ce que je ne cesse de répéter, qui va bien au-delà de la valeur de l'action en bourse, d'où l'entêtement de Jerry Yang qui ne ménage pas sa peine depuis plus de deux mois et demi pour redire à Ballmer et à qui veut l'entendre :
...nous ne laisserons personne, vous ou qui que ce soit d'autre, acquérir la société pour un montant inférieur à sa pleine valeur.
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Et Google, dans tout ça ?
Quelques signes d'inquiétude ! Pour une société qui, depuis 2005, réalise 99% de son C.A. dans la pub, et notamment dans la pub contextuelle, il doit être alarmant de voir que les orientations de dépenses des annonceurs se déplacent avec insistance vers d'autres formats publicitaires où Google est largement dépassé, pour l'instant du moins.
Tout les signes sont là. Y compris la baisse des taux de clics, mesurée dans une fourchette de 7 à 8 % entre décembre 2007 et janvier 2008 par comScore, dans un rapport, totalement faux au vu des résultats de Google, mais qui n'en a pas moins fait l'effet d'une bombe !

Avec dans la foulée l'effondrement de l'action Google, une chute qui n'est pas occasionnelle, mais qui fait plutôt tendance depuis plusieurs mois...
Un message pourtant délivré par ... Google himself depuis plus de deux ans !
Donc, dans ce cadre, je me demande si le test annoncé par Yahoo! (limité à 2 semaines et 3% de l'ensemble des requêtes) pour monétiser sa recherche via Adsense n'est pas une arme à double tranchant pour Google, puisque les résultats offriront un outil de comparaison redoutable s'ils prouvent que la pub contextuelle s'avère moins rentable que l'affichage sur les sites. À moins que...
D'autant plus que Google est déjà sous les tirs croisés des analystes, qui l'attendent au tournant pas plus tard que ... ce soir, puisque c'est à 22h30' heure française qu'aura lieu (sauf erreur de ma part) la présentation des résultats de Google sur le premier trimestre 2008. Nous en reparlerons demain...
P.S. Pas besoin d'attendre demain, un graphique suffira !



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