mardi 20 janvier 2009

Les 250 premiers sites du Web selon Linkscape

Linkscape vient d'être mis à jour et nous propose une sélection des 250 premiers sites du Web, calculée selon des métriques "maison" :


Voici maintenant les 20 premiers sites par nombre de liens externes pointant vers ces sites :


Première remarque, évidente : une fois confirmé le succès planétaire de Wikipedia, les quatre sites suivants appartiennent à la galaxie ... Google ! Qui totalisent à eux seuls plus de 240 millions de liens !!!

Donc en comparant avec MSN, bon dernier avec à peine plus de 7 millions de liens, on peut d'autant mieux saisir ces mots prononcés par Steve Ballmer le mois dernier :
Look, the fundamental basis for doing the search deal with Yahoo has to do with critical mass in the advertising marketplace. It doesn’t have to do with technology, or any of these other things, it really is a market phenomenon. Together we would have more advertisers….which means we’d have more relevant ads on our page. We’d have higher monetization levels possible in front of us because there would be more people bidding on more key words. Most importantly, Google would have perhaps a real credible competitor sooner.
En français : « La raison principale d'un deal avec Yahoo! Search, c'est de parvenir à une taille critique sur le marché de la publicité. Cela n'a rien à voir avec la technologie ou autre, c'est juste un problème de parts de marché. Ensemble, nous aurions plus d'annonceurs... Et par conséquent davantage de pubs pertinentes sur nos pages. D'où des niveaux de monétisation potentiellement plus élevés, grâce à un nombre accru d'enchères sur nos mots clés. Mais la chose peut-être plus importante, c'est que Google aurait enfin devant lui un véritable concurrent, crédible. »

J'y reviendrai.


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P.S. Facebook n'arrive qu'en 72e position avec 1 468 698 liens (chose plutôt normale vu l'accessibilité "fermée" du site), 10 rangs derrière Twitter (+2 millions de liens).

Parmi les français, sauf erreur de ma part, je n'ai vu que Free (47e avec près de 3 millions de liens, 3 rangs derrière google.fr), Wanadoo (146e), Xiti (193e) et publicidees.com (237e).

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dimanche 18 janvier 2009

Nous sommes tous des personnages publics !

Traditionnellement, on ne faisait plus trop de distinction entre personnage public et people, célébrité, star, etc.

Cela change désormais avec Internet, dès lors que du jour au lendemain Monsieur ou Madame Tout-le-monde peut potentiellement devenir un personnage public sans être célèbre pour autant, un Marc L. ou un Fred mis à nu de son plein gré ou contre...

Une histoire qui a suscité des vocations, des répliques, et des analyses.

Pour répondre à Szarah, cette affaire me rappelle celle d'Olivier Martinez. Mais a contrario.

Dans l'interview de l'internaute devenu "célèbre" malgré lui, à la question « Comptez-vous porter plainte ? », il répond :
Non, je n'ai pas grand chose à faire, toutes (c)es informations étaient accessibles.
Tout en précisant :
Toutes ces infos que j'ai publiées sur moi, elles étaient pour les gens qui m'entourent.
Or selon moi, le fait que quelqu'un collecte des données, certes accessibles, mais éparpillées, et les rassemble contre la volonté de la personne qui les a publiées, ou tout au moins sans l'informer ni obtenir son consentement au préalable, devrait être considéré comme un "traitement" de données - directement et indirectement - nominatives, à savoir des “informations qui permettent, sous quelque forme que ce soit, directement ou non, l’identification des personnes physiques auxquelles elles s’appliquent...”, qui contreviendrait ainsi aux dispositions générales de la loi n° 78-17 du 6 Janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, et ne remplirait donc pas les nécessaires "CONDITIONS DE LICÉITÉ DES TRAITEMENTS DE DONNÉES À CARACTÈRE PERSONNEL" :
Article 6

Un traitement ne peut porter que sur des données à caractère personnel qui satisfont aux conditions suivantes :
  1. Les données sont collectées et traitées de manière loyale et licite ;
  2. Elles sont collectées pour des finalités déterminées, explicites et légitimes et ne sont pas traitées ultérieurement de manière incompatible avec ces finalités. Toutefois, un traitement ultérieur de données à des fins statistiques ou à des fins de recherche scientifique ou historique est considéré comme compatible avec les finalités initiales de la collecte des données, s’il est réalisé dans le respect des principes et des procédures prévus au présent chapitre, au chapitre IV et à la section 1 du chapitre V ainsi qu’aux chapitres IX et X et s’il n’est pas utilisé pour prendre des décisions à l’égard des personnes concernées ;
  3. Elles sont adéquates, pertinentes et non excessives au regard des finalités pour lesquelles elles sont collectées et de leurs traitements ultérieurs ;
  4. Elles sont exactes, complètes et, si nécessaire, mises à jour ; les mesures appropriées doivent être prises pour que les données inexactes ou incomplètes au regard des finalités pour lesquelles elles sont collectées ou traitées soient effacées ou rectifiées ;
  5. Elles sont conservées sous une forme permettant l’identification des personnes concernées pendant une durée qui n’excède pas la durée nécessaire aux finalités pour lesquelles elles sont collectées et traitées.
Article 7

Un traitement de données à caractère personnel doit avoir reçu le consentement de la personne concernée ou satisfaire à l’une des conditions suivantes :
  1. Le respect d’une obligation légale incombant au responsable du traitement ;
  2. La sauvegarde de la vie de la personne concernée ;
  3. L’exécution d’une mission de service public dont est investi le responsable ou le destinataire du traitement ;
  4. L’exécution, soit d’un contrat auquel la personne concernée est partie, soit de mesures précontractuelles prises à la demande de celle-ci ;
  5. La réalisation de l’intérêt légitime poursuivi par le responsable du traitement ou par le destinataire, sous réserve de ne pas méconnaître l’intérêt ou les droits et libertés fondamentaux de la personne concernée.
Donc en lisant ce qui précède, il me semble bien que cette "collecte" et ce "traitement" de données à caractère personnel sans aucun consentement préalable serait de nature à porter une « atteinte aux droits de la personne résultant des fichiers ou des traitements informatiques », c'est pour le moins ce que me dicte le bon sens...

Et à qui objecterait qu'il s'agit là de "redivulgation de faits déjà licitement publiés", d'informations "anodines" ou encore de "faits publics ou faits qui ont été portés à la connaissance de tous en toute légalité", on pourrait facilement répliquer en citant le jugement prononcé dans l'affaire O. M. c/ S.N.C. Prisma Presse :
...attendu que la divulgation antérieure par le demandeur de faits relevant de sa vie privée, à supposer qu'elle soit suffisamment démontrée, ne saurait le priver de la possibilité d'agir en référé en raison d'atteintes postérieures non autorisées...
puisqu'après tout, selon la jurisprudence, « toute personne, quels que soient son rang, sa naissance, sa fortune, ses fonctions présentes ou à venir, a droit au respect de sa vie privée » (Civ. 1ère, 23 octobre 1990, Bull. n° 222), conformément à l'article 9 du Code civil.

Cela dit, le problème de l'identité numérique étant inévitable, autant s'y préparer, ce qui ne va pas de soi, contrairement aux apparences.

Donc à celles et ceux qui pensent comme les 57% de votants que la chose est sans intérêt :


je conseillerais de suivre attentivement la présentation par Me Olivier Itéanu du livre « L'identité numérique en question » :



En conclusion, cette affaire montre bien que, sur Internet, plus besoin d'être une vedette pour être livrés en pâture aux internautes, ce qui fait désormais de nous tous des personnages publics !


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samedi 17 janvier 2009

LTI - La langue du berlusconisme

« Il règne en ce moment quelque obscurcissement qui influe vraiment sur tout le monde. »

Victor Klemperer
LTI - Lingua Tertii Imperi, la langue du IIIe Reich


Né du journal tenu clandestinement par le philologue juif berlinois entre 1933 et 1945, les douze années de l'hitlérisme, ce livre est un "manuel de résistance", selon Alain Brossat, une réflexion sur le langage totalitaire qui va au-delà du nazisme, ce fruit mortellement vénéneux de la rhétorique impudente d'un Führer qui "ne mentait jamais" ! Car la langue ne ment pas...

Nous connaissons la suite de l'Histoire ! Or malheureusement les hommes n'ont jamais été capables d'en tirer les leçons, ou sinon nous aurions un aujourd'hui meilleur qu'hier et un peu moins bon que demain. Ce qui est loin d'être le cas. D'ailleurs certains aimeraient bien la réécrire...

Du reste ce qui se passe depuis 15 ans en Italie est la preuve accablante de ce constat funeste, un véritable acte d'accusation que brandiront les générations futures en demandant à leurs aînés pourquoi ils ne firent jamais rien pour arrêter Silvio Berlusconi !

Oui, pourquoi ? Je me le demande.

Pourquoi le peuple italien dans sa majorité est-il comme hébété, pantelant sous les coups de boutoir de ce charlatan qui passe ses jours et ses nuits à vendre de la merde au peuple ahuri en lui faisant croire que ce sont des bouchées au chocolat, de ce fanfaron crâneur et manipulateur de mots et de consciences qui a mis toute son intelligence au service de ses seuls intérêts et de ceux qui se prosternent devant lui ou devant qui lui se prosterne, de ce diseur de bonne aventure qui poursuit avec un entêtement acharné son incessant travail de sape de la démocratie, lentement mais sûrement mise à mal, au point qu'elle risque bien de ne jamais s'en relever de ce côté des Alpes ?

Oui, pourquoi ? Et pourquoi personne dans les soi-disant démocraties environnantes ne dénonce jamais les incommensurables méfaits de cet énergumène ?

Qui a déjà la mainmise sur trois des quatre pouvoirs de l'État. Et qui s'apprête à faire fondre incessamment son emprise sur le quatrième : la "Justice", ou ce qu'il en reste, seul pouvoir dont des pans entiers lui échappent encore, mais pour combien de temps ?

Petite piqûre de rappel sur Wikipédia :
La séparation des pouvoirs dans les États "modernes" est un principe de répartition des différentes fonctions, confiées à différentes composantes de ce dernier. On retient le plus souvent la classification de Montesquieu, appelée Trias Politica :
  1. le pouvoir législatif, confié au parlement ;
  2. le pouvoir exécutif, confié au gouvernement, à la tête duquel se trouve un chef d'État et / ou de gouvernement ;
  3. le pouvoir judiciaire, confié au juge.
Le quatrième pouvoir étant bien évidemment l'information. Or Berlusconi noyaute déjà la grande majorité des médias, presse et télés, mais pas uniquement (puisqu'il noyaute également une grande partie du capitalisme italien, d'Alitalia a Mediobanca...), comme l'explique fort bien Marco Travaglio dans son "passaparola" hebdomadaire, nouvelle forme de samizdat numérique :


Retranscription intégrale en italien et en anglais.

C'est d'ailleurs pour ça qu'en ce début d'année Berlusconi et sa troupe n'ont eu de cesse d'annoncer la (très) prochaine "réforme de la justice", dans l'intérêt exclusif du bon peuple, il va sans dire,et même s'il semble avoir fait marche arrière sur les écoutes téléphoniques, après s'être fait coincer en train de magouiller avec Sacca, ex-directeur de la RAI, pour placer ses soubrettes et que sais-je encore... Répugnant !



Innombrables sont les témoignages irréfutables de combien la langue de Silvio Berlusconi est une langue fourchue, capable d'affirmer dans un rictus, mais sans rire, qu'il fera de la lutte contre la fraude fiscale une de ses priorités (lorsque son empire comptait déjà des dizaines de sociétés off-shores qui n'avaient aucun autre but...), qu'il a fait tout ce qui était en son "pouvoir" pour sauver Enzo Biagi, qu'il est à l'œuvre pour construire une classe politique "irrépréhensible", ou encore de hurler sans sourciller que les juges sont un cancer et les magistrats des fomentateurs de coups d'état, voire des métastases de la démocratie, etc. etc., je pourrais dérouler à n'en plus finir l'inventaire de ses mensonges et de ses écarts de langage...

Mais tout ça n'est qu'un début. Car le triste sire met déjà en place ses pions pour son prochain objectif : la présidence de la République. Dernier rempart contre ses assauts pour démanteler la constitution italienne, une fois qu'il réussira à s'emparer de la Présidence en s'appuyant sur son courant politique dominant (ce qui, d'ailleurs, donne actuellement lieu à un furieux marchandage avec Bossi, fédéralisme contre présidentialisme...), l'Italie sera définitivement à sa botte. Et soyez sûrs qu'il l'utilisera, sa Botte, pour mettre son pied au cul à plus de 60 millions d'italiens et de stranieri qui habitent le Bel Paese !

Même Gelli - dont la vieillesse maudite se réjouit encore de voir tout le chemin parcouru par l' « apprenti maçon » (qualification "prophétique" s'il en est, puisque sur les listes de la Loge Propaganda 2 la profession de Berlusconi était "apprendista muratore"), réalisant à marche forcée son Plan de Renaissance démocratique -, n'aurait pu ni su rêver mieux que de voir un jour l'avènement de cette "dictature démocratique", de ce "régime légitimement élu", non plus par des électeurs responsables, mais par une majorité de télélecteurs sous influence...

[À lire sur le langage berlusconien ce passionnant billet de Martin Rueff : « Ceux qui croiront parler leur langue parleront la mienne »]


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P.S. Ce billet est le premier d'une série de deux, dont le deuxième s'intitule "Le messianisme de Berlusconi", écrit à partir de l'analyse sémantique de deux ouvrages "signés" Berlusconi, L'Italia che ho in mente et Discorsi per la democrazia (soit un corpus d'environ 158 000 mots), qui ne sont que la compilation de discours rédigés par ses nègres. Je ne sais pas encore quand je le publierai, car c'est plutôt long et délicat (voir mon analyse en italien : Il discorso messianico-mendace di Silvio Berlusconi)...

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jeudi 15 janvier 2009

Quensis, concepteur de noms de marques

La création de noms de marque est un monde que je découvre, et chaque fois que je peux, je parle de Quensis, société concepteur de noms (de marques, de domaines, de produits, de tout ce que vous voulez) à laquelle je collabore.

Cette fois, l'occasion m'en est donnée par une interview de Delphine Parlier et Alban Nérot parue sur Décideurs.tv. Très instructif :
How to create an available drug name? Find out by watching Quensis in a video with Bouchara-Recordati, interviewed by Décideurs TV
En revanche si vous préférez lire, vous consulterez avec profit le communiqué de presse publié à l'occasion du lancement d'Isimig, l'antimigraineux des Laboratoires Bouchara-Recordati (où Alban Nérot est Chef de Produits) dont Quensis a signé la création du nom.


Précisons tout d'abord que ce billet n'est pas QUE de la publicité, mais aussi une tentative d'explication sommaire pour présenter quelques-uns des enjeux généralement méconnus - marketing, juridiques et techniques - que cache la conception de noms.

Et sur ce marché, c'est l'industrie pharmaceutique qui a les exigences les plus poussées, et donc, les plus difficiles à satisfaire. Extrait du communiqué :
Par ailleurs, Quensis a développé un outil complémentaire - le « Similar2 » - destiné à répondre aux contraintes spécifiques de l’AFSSAPS en matière de sélection de noms de médicaments. Le champ des vérifications automatiques des noms créés est élargi aux similitudes à 2 lettres.

L’algorithme est complexe car si les similitudes à une lettre près se comptent en centaines seulement (5x25 + 2x26 = 177 combinaisons pour un nom de 5 lettres : 5 X 25 + 26x2 pour les lettres avant ou après ce nom de 5 lettres), les vérifications des similitudes à 2 lettres près imposent des calculs hautement plus complexes. Il y est question de plus de 125 x 125 combinaisons différentes pour un simple nom de 5 lettres, soit plus de 15.625 combinaisons pour un seul nom, à vérifier par rapport à plusieurs dizaines de milliers de marques enregistrées. L’outil « Similar2 » a été testé avec succès. Il constitue une réponse concrète aux problématiques de création de noms dans l’industrie pharmaceutique.
Tout ça pour vous donner une idée de ce que peut cacher la conception d'un nom de marque.

Autre exemple : lorsque vous citez des noms de marques notoires - Google, Kodak, Hermès, L'Oréal, LVMH, etc. -, savez-vous que chacun de ces noms est définissable ?

On dira par exemple que Google est un logatome ou qu'Isimig est une trace signifiante, une double trace d'ailleurs, puisque le nom reprend à la fois la racine "mig" de migraine et la trace phonétique "isi" (easy), etc.

C'est d'ailleurs un peu le même modèle qu'Adscriptor, où l'on a une superposition d'Ad - ou Ads - (Advertisement en anglais, l'équivalent de notre "pub") et de Scriptor, mot latin qui a la même racine que Scriptum (comme dans P.S., l'écrit) ou Scriptura (écriture) et a plusieurs sens en latin : secrétaire, copiste, écrivain, auteur, rédacteur, et même législateur, ou encore historien (celui qui rédige...). Ceci dit Adscriptor a encore d'autres caractéristiques, puisque c'est également un mot qui existe en espagnol (où il qualifie la fonction spécifique d'un professeur, malgré mes recherches je n'ai jamais très bien compris de quoi il s'agit vraiment), formé à partir de deux autres morphèmes existants, un mot et un préfixe latins.

Je vous expose ça de façon simpliste, sans dévoiler les secrets du savoir-faire de Quensis, qui sont le fruit de plus de 20 ans de travail et de réflexion de Jean-Philippe Hermand, scientifique et linguiste.

Pour ma part, donc, je me contenterai de scripteur :-) Toutefois, lorsque j'ai trouvé ce nom de tête, j'ignorais absolument tout de ce que je vous raconte aujourd'hui !

Ainsi, on peut décomposer n'importe quel nom de marque pour l'inclure ensuite dans une catégorie plus généralisable où l'on aura telle ou telle caractéristique, sans compter les modèles de dénomination mixtes, etc.

Moi qui m'intéresse depuis toujours aux mots, de leur formation à leurs sens et leur évolution à travers les étymologies successives, je peux vous dire que travailler avec Quensis c'est un peu le nirvana : je suis émerveillé par leurs outils, c'est comme si vous mettiez le plus beau joujou du monde entre les mains d'un gosse...

J'en ai déjà parlé ici, mais si vous souhaitez approfondir, je vous conseille cette autre interview parue sur YouVox.

Et surtout, si vous devez créer un nom de marque, n'allez pas chercher plus loin. :-)


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mercredi 14 janvier 2009

Blogueurs et journalistes, même combat : celui de l'info !

Aliocha m'énerve :
Et le rapport avec les blogs et Internet me direz-vous ? Il est ici : prenez garde à ce que vous lisez sur Internet. Sous prétexte de faire de la contre-information et de résister à l’intoxication des médias ou encore à la pensée unique, quelques petits malins qui croient plus ou moins à ce qu’ils disent jouent sur la corde de la “vérité vraie” pour soutenir des théories fumeuses, voire de franches énormités. Pensez donc à évaluer les sources : qui vous parle, quelle est sa légitimité à s’exprimer sur un sujet, les propos tenus sont-ils cohérents, vérifiables, contiennent-ils des références ? Ces références sont-elles utilisées objectivement ou détournées de leur sens ? Voilà quelques réflexes journalistiques de base à mon avis utiles pour s’informer sur le web en évitant l’intoxication. Mais, me direz-vous, voilà qui milite pour la pensée officielle ! Du tout. Personne ne vous empêche de penser différemment, le tout est de de partir d’une base factuellement exacte, c’est pour cela qu’on nous impose à nous journalistes de vous présenter les faits d’actualité le plus objectivement possible et qu’on nous oblige à distinguer clairement les faits de l’analyse. Or, c’est souvent le contraire qu’on vous propose sur les blogs, à savoir des opinions plus ou moins séduisantes sur la base de faits approximatifs, non vérifiables, voire carrément inexistants (avec des exceptions remarquables comme Eolas ou Autheuil par exemple).
Voudriez-vous un autre son de cloche : « Or, c’est souvent le contraire qu’on vous propose sur les journaux, à savoir des opinions plus ou moins séduisantes sur la base de faits approximatifs, non vérifiables, voire carrément inexistants (avec des exceptions remarquables...). »

Bon, et maintenant ? Maintenant que toi t'as dit noir et moi j'ai dit blanc, on fait quoi ? Ce furieux acharnement à vouloir opposer à tout prix blogueurs et journalistes ne mène nulle part ! Il est stérile. Faux. Partial. Borné. J'en passe et des meilleurs (à toutes fins utiles, s'il venait à l'imagination de qui que ce soit de prétendre que je fais de même, je demanderais d'ores et déjà à cette ou ces personnes d'éviter de lancer des paroles en l'air et d'étayer leurs dires d'après mes écrits. Qu'ils aillent chercher dans les billets où je parle du journalisme et de la presse où, et pourquoi, j'oppose éventuellement blogueurs et journalistes. Après on en reparlera...).

Or donc, me direz-vous, pourquoi t'en prendre à la douce et tendre Aliocha ? Parce qu'elle est journaliste ? Non point. Parce qu'elle est femme ? Encore moins. Mais alors, pourquoi donc ?

Parce qu'elle insiste lourdement sans pour autant répondre aux arguments. Elle parle, elle parle, elle accuse à tout-va, elle lit suppression là ou vous écrivez évolution et adaptation, mais s'abstient de répliquer en fondant son argumentaire sur des faits, dont elle invoque pourtant l'impérieuse nécessité.

Voilà pourquoi je m'en prends à Aliocha : parce que sa qualité de journaliste est démentie par les faits, tout au moins sur son blog : car dire « Comprenons-nous bien, je ne qualifie pas de faux ce qui heurte mes convictions, mais bien des erreurs factuelles ou de raisonnement graves, sans compter la mauvaise foi dont certains font preuve dans leurs écrits et qui aboutit à une présentation tronquée de la réalité destinée à servir leurs intérêts ou convictions. » en faisant elle-même très exactement le contraire de ce qu'elle professe, c'est dire ce que je dis, mais faire le contraire de ce que je dis.

Ô douce et tendre Aliocha, les faits, "matière des opinions", ce n'est pas de prendre 100 ou 1000 blogueurs en démont(r)ant une par une les âneries qu'ils peuvent raconter sur leur blog (n'importe qui pourrait en faire autant avec les journalistes), ce serait plutôt de constater que la presse va mal et qu'il faut réagir, d'un côté, et que les blogs sont aujourd'hui partie prenante du paysage de l'information, que ça plaise ou non aux journalistes et aux élites, de l'autre. Voilà un fait. Irréfutable. Or ce qui est devant les yeux de tous, c'est qu'une grande partie de votre profession et des décideurs en tout genre ne font rien d'autre que de nier l'indéniable !

Il est quand même curieux que les blogueurs soient presque totalement mis à l'écart - je ne dis pas oubliés, car ils ne le sont pas, loin de là, mais délibérément mis à l'écart - des courants et rapports officiels en tous genres. Il suffit d'observer le dernier en date, à savoir le livre vert dont viennent d'accoucher les États Généraux de la Presse, qui ne mentionne en tout et pour tout que 5 fois le mot "blog" et ses déclinaisons dans ses 68 pages :
  • 2 fois en note page 41 :
    - la communauté des blogs LeMonde.fr, lancée à l’automne 2005 sur une initiative ouverte aux seuls abonnés du site. Les 6 300 blogueurs liés au site postent plus de 800 billets par jour, qui eux-mêmes génèrent plus de 2 000 commentaires au quotidien.
  • 2 fois en pages 49 et 57 :
    - Afin de nourrir leurs préconisations, les participants ont écouté le rendu d’études ... et d’une expérience de nouveaux media (le Bondy Blog) (Hanane KADDOUR, Bondy Blog).
  • 1 fois page 55 :
    Dans les Recommandations du sous-pôle « Contenu »
    *Pour améliorer la recherche d’informations :
    (...)
    • Dans le but d’améliorer le statut des correspondants locaux et des bloggeurs travaillant pour des sites d’information, il est demandé d’étudier dans quelle mesure le statut d’auto-entrepreneur pourrait être proposé aux fournisseurs de contenus non journalistes.
À noter que dans le même document, ils sont même pas foutus d'orthographier "blogueurs" de la même manière d'une page sur l'autre...

Un peu léger pour un pays qui se classe au premier rang mondial en nombre de blogs par internaute, non ?

Ce que nous y apprenons sur les blogs est pourtant riche en enseignements : les blogs font partie des nouveaux médias (mais ça, on aurait déjà pu le deviner...), et les blogueurs sont classés parmi les « fournisseurs de contenus non journalistes ». Dans mon cas, ce serait plutôt le contraire (vu que souvent c'est ce que disent - ou ne disent pas - et font - ou ne font pas - les journalistes qui nourrit ma réflexion), mais on va pas chipoter...

Nous en savons en effet à peu près autant qu'à la lecture du rapport Giazzi sur la question, c'est-à-dire pas grand chose. Mais qu'Aliocha et ses consœurs et confrères se rassurent, ce n'est pas encore aujourd'hui qu'on va mélanger les torchons et les serviettes.

Vous voulez mon avis ? C'est de la merde, tout ça. La presse traditionnelle et le journalisme n'ont plus le monopole de l'information. Ils l'ont eu, pendant longtemps, trop longtemps, mais ne l'auront plus jamais. Fini. Époque révolue. Qu'on se le dise. Que les éditeurs et les gouvernants se le disent. Et d'ailleurs ils le savent. Ils ne le savent que trop bien. Même s'ils déploient tous leurs efforts, leurs moyens, leurs réseaux et leur puissance (et ils en ont...) pour dire le contraire. Dissimuler à tout prix et faire semblant de rien.

Les blogs ? C'est quoi, ça ? Un repaire de « petits malins qui croient plus ou moins à ce qu’ils disent jouent sur la corde de la “vérité vraie” pour soutenir des théories fumeuses, voire de franches énormités » !

Ah ! J'applaudis des deux mains Aliocha, en voilà de l'analyse. C'est pertinent. Factuel. Déontologique. Responsable. Digne d'une journaliste chevronnée qui vérifie ses sources pour être « en mesure d’apprécier l’information avec un esprit critique ». Mais qui à l'occasion oublie de répondre à ceux qui lui opposent des raisonnements argumentés, en se disant peut-être "don't feed the troll". Un peu comme votre ami Eolas, qui a souvent raison, mais parfois tort, aussi. Et quand il a tort, il évite de le souligner... Et préfère s'en tirer par une pirouette sous les applaudissements de sa -basse- cour.

Donc si vous ne voulez pas me répondre, grand bien vous fasse. Personnellement, je m'en tape. Par contre, si vous avez du respect pour vos lecteurs, alors prenez votre plume et défendez vos arguments par des faits. Vous devriez connaître, non, c'est votre métier, paraît-il.

Une petite piqûre de rappel sur ce que sont les faits ? Oh, et puis non, tiens, j'ai assez perdu de temps comme ça.

Mais si toute votre réplique tient à prétendre démontrer que les blogueurs aiment taper sur la presse parce qu'ils ont des velléités de protagonisme, alors c'est que vous n'avez rien compris. Aucune démocratie digne de ce nom ne peut se passer d'un journalisme militant, compétent, sérieux, honnête. Est-ce votre cas ? À vous la réponse...

Pour avoir dérogé à ce principe de base, l'Italie n'a plus de démocratie que le nom, mais certainement pas dans les faits. La forme sans le fond. Des mots, mais vides de sens. Je le répète :
si les journaux et les journalistes qui les font disparaissent, cela ne signifiera jamais que les blogueurs auront gagné, mais que « tout le monde sera perdant ». Triste, non ?
Alors, pour moi, blogueurs et journalistes, même combat : celui de l'info !

C'est sur le terrain de l'info - et de la crédibilité de l'info - que blogueurs et journalistes doivent s'affronter, si affrontement il doit y avoir. Sinon je ne vois que des complémentarités. Le reste ? C'est de la merde. Je persiste et je signe.


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P.S. À la relecture de mon billet, je m'aperçois que j'ai écrit :
Aucune démocratie digne de ce nom ne peut se passer d'un journalisme militant, compétent, sérieux, honnête.
là où j'aurais dû écrire :
Aucune démocratie digne de ce nom ne peut se passer d'une information militante, compétente, sérieuse, honnête.
Mais n'est-ce pas là tout l'objet de ce billet ? Car au fond, qu'importe que l'on donne le nom de journaliste, de blogueur ou de machin-truc-chouette à qui produit l'information, dès lors que cette information réunirait les qualités à peine mentionnées...

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lundi 12 janvier 2009

Les temps changent, et ça continue !

Les temps changent, et ça continue !

En juin 2007, j'adaptais un tube de YouTube, dont différentes versions ont été vues des millions de fois dans plusieurs langues, Did You Know? Shift happens, avec l'autorisation de son auteur, Karl Fisch, qui m'encourageait à « utiliser/modifier/ traduire la présentation à mon gré, tout ce que je jugeais bon pour continuer à alimenter la conversation » :
You're welcome to use/modify/translate the presentation however you'd like - anything to help get those conversations started.
La présentation originale date un peu, or je viens de découvrir une version Did You Know 3.0, présentée en 2008 à ... Rome !



On peut y lire, entre autres :
MySpace a plus de 200 millions d'utilisateurs enregistrés. Si MySpace était un pays, ce serait le 5e pays le plus peuplé du monde (entre l'Indonésie et le Brésil).

Lors de mon adaptation, cette statistique était la suivante :
Il y avait plus de 106 millions d'utilisateurs enregistrés sur MySpace en septembre 2006. Si MySpace était un pays, ce serait le 11e pays le plus peuplé du monde (entre le Japon et Mexico).

MySpace a donc gagné pratiquement 95 millions d'utilisateurs supplémentaires en un peu plus de deux ans.

Or Facebook a réalisé un gain équivalent en très exactement un an, moitié moins ! De 55 millions en janvier 2008 (une époque où Facebook semblait stagner...) à 150 millions il y a ... 5 jours, puisque Zuckerberg vient d'annoncer sur son blog que le cap a été franchi :
If Facebook were a country, it would be the eighth most populated in the world, just ahead of Japan, Russia and Nigeria.

Si Facebook était un pays, ce serait le 8e pays le plus peuplé du monde (devant le Japon, la Russie et le Nigeria).
Une prévision déjà anticipée par Jamsbrain en octobre 2007 !

Or ils étaient à 140 il y a un mois à peine ! Dont 20 millions sur mobile...

Toujours plus, toujours plus loin, toujours plus vite, nous vivons bien en des temps exponentiels...

Pour mémoire :

Les temps changent, le saviez-vous ?...
Les chiffres en disent parfois plus long que les mots.





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P.S. Par la suite, nous avions convenu avec Karl Fisch que j'aurais développé une page Wiki sur les versions localisées, je n'ai jamais pris le temps de le faire. Mais si vous connaissez des traductions/adaptations dans d'autres langues, merci de me les signaler en commentaire, ça me donnerait probablement la juste impulsion pour réaliser cette page !

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samedi 10 janvier 2009

ICANN : quand les nouvelles extensions génériques de premier niveau (gTLDs) verront-elles le jour ?



Deuxième partie qui fait suite au précédent billet Gouvernement des États-Unis contre l'ICANN.

Introduction
Registres ouverts vs. Registres fermés…
Conclusion

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Introduction

L'ICANN vient de publier une mise à jour sur les commentaires reçus, en faisant ressortir quatre points soulevés par les commentateurs :
  1. les problèmes de protection des marques et l'impact des nouvelles extensions pour leurs propriétaires
  2. les problèmes économiques liés aux coûts prévisibles
  3. les problèmes concernant les nouveaux accords de registre (voir le commentaire de la NTIA)
  4. les problèmes plus généraux relatifs à l'expansion de l'espace des extensions génériques, susceptibles d'impacter le marché global ou des industries en particulier, ainsi que la stabilité du DNS (Domain Name System).
M. Levins en conclut :
Il ne fait aucun doute que nous devons aborder ces problèmes légitimes et d'autres avant d'ouvrir le processus de dépôt des dossiers.
J'aime bien le "et d'autres"...

Car même si certains observent justement que le petit jeu NTIA - ICANN n'a que trop duré, tant qu'on ne sait pas comment la nouvelle administration Obama affrontera le problème, difficile de prévoir quelle tournure prendra l'éventuelle prorogation/renégociation de l’Accord conjoint de projet (Joint Project Agreement) signé avec le DoC, qui arrive à échéance en septembre 2009...

Ceci dit, l'ICANN promet une réponse détaillée sur (tous) ces points début février. Nous verrons.

En attendant, le problème qui nous intéresse plus immédiatement est de savoir si de nouvelles extensions verront le jour, et si oui, quand. Le "si" ne faisant pas de doute, reste à savoir le "quand", impossible à prévoir, mais sûrement pas dans les délais initialement prévus par l'ICANN...

Donc lorsque la municipalité de Paris négocie pour commercialiser son .paris en 2010, cela me semble plutôt prématuré, hors le fait que les extensions géographiques contestent déjà les prix trop élevés prévus par l'ICANN. Voir ici quelques commentaires sur la rentabilisation du .paris...

Pour autant, les problématiques sont différentes selon que ces nouvelles extensions seront imputables à des registres ouverts ou fermés. [Début]

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Registres ouverts vs. Registres fermés…

L'opposition traditionnelle entre registres ouverts et fermés pouvait se résumer comme suit : les registres ouverts acceptaient l'enregistrement de tous les déposants, les registres fermés posaient des conditions à l'obtention d'un domaine, comme l'AFNIC, par exemple. C'est ainsi que même en étant français, je n'ai jamais pu enregistrer un .fr car ne pouvant justifier d'un domicile en France ! Comme si le degré d'ouverture d'un registre allait de pair avec son niveau d'ouverture d'esprit...

Une opposition désormais dépassée, et plus encore dans la perspective des nouvelles extensions. Où la distinction que je fais entre registres ouverts et fermés serait la suivante :
  1. Les registres ouverts seraient les extensions génériques (.sport, .hotel, .kids, etc.), y compris communautaires et donc géographiques, qui ont vocation à proposer une multitude de noms de domaine à l'enregistrement.
  2. Les registres fermés seraient essentiellement les extensions d'entreprises (corporate ou Brand TLDs), de communautés industrielles (.car, .pharma, .sport, .bank, .hotel, etc.) ou d'organisations (pourquoi pas un .un pour l'ONU ?), qui auraient vocation à exploiter ces domaines uniquement pour promouvoir leurs services et/ou filiales et/ou membres et/ou marques. Elles ne seraient donc enregistrables que par les ayant-droits, mais en aucun cas par l'internaute lambda.
Cela revient à dire qu’à un registre fermé donné devrait correspondre « un seul domaine » (l'extension), dont les sous-domaines seraient uniquement utilisés à des fins internes : par exemple, il n’y aurait qu’un seul « registre fermé » en charge du « .google », qui pourrait avoir une infinité de sous-domaines : maps.google / gmail.google / picasa.google, etc.

Ceci dit, quel serait l’avantage par rapport à l’actuel .com ? Bof !

Resterait ensuite à définir au cas par cas (par un Comité d'évaluation des candidatures, par exemple) si une extension .sport ou .hotel est ouverte ou fermée, selon la règle du premier arrivé, premier servi qui caractérise les enregistrements Internet depuis le début. Puisqu'en outre il est à prévoir que nombre de sociétés ayant déposé des marques contenant "hotel" ou "sport" tenteraient de les faire valoir...

En revanche la distinction faite par l'ICANN n'est pas au niveau des registres mais des extensions, définies extensions communautaires (“community-based”) ou extensions ouvertes (“open”). En fourrant les entreprises dans les extensions ouvertes, chose qui est selon moi un parfait contre-sens.

Certes, la distinction est loin d'être évidente, mais pour les entreprises - qui sont probablement le premier marché cible visé par l'ICANN avec ces nouvelles extensions - le principal problème est que cette nouvelle extension s’ajouterait seulement au .com et aux autres au lieu de s’y substituer

Or un avantage véritablement décisif du « registre fermé » par rapport à la formule actuelle serait que l’attribution du .google par l’ICANN interdirait de facto l’attribution d’un google.TLD quelconque en vertu des accords bilatéraux signés entre les registres et l’ICANN !

Ce serait également un moyen radical de résoudre tous les problèmes liés au cybersquatting, et même, pour aller plus loin dans le raisonnement, on pourrait aussi envisager d’associer au .google (et à tous les autres ayant ce statut) toute une série de typos réservés, ce qui balaierait d’un coup la plupart des problèmes liés au typosquatting…

D'autant plus qu'aujourd'hui, calculer tous les typos d'un nom ne prend guère plus que quelques secondes. Du reste, Google et les autres moteurs les ont déjà en mémoire !


Car il est évident qu'avec des centaines d'extensions à présent, et demain peut-être quelques milliers, on va pas quand même obliger les marques à faire des dépôts préventifs dans toutes les extensions, alors même que la protection de la marque et du nom de domaine sont des enjeux stratégiques pour les entreprises !

Déjà que dans près de 90% des cas elles se protègent comme elles peuvent pour les extensions .COM, .NET et .ORG, y compris pour les typos (voir le premier commentaire de ce billet), et parfois pour les IDN, ce serait totalement irréaliste de les obliger à dépenser des millions d'euros en plus ! [Début]

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Conclusion

Voilà donc un contre-sens encore plus gros que le premier (comme je l'ai déjà dit, il faudrait offrir aux marques une nouvelle extension qui ne s'ajoute pas à toutes les autres, mais qui les remplace !), également relevé entre les lignes de l’avis de la Division Antitrust, qui observe :
Les déposants prennent fréquemment des domaines dans des extensions autres que le .com non pas pour les substituer au .com mais comme compléments aux domaines en .com. En d’autres mots, les déposants d’un domaine donné en .com (par ex. google.com) ressentent souvent la nécessité d’enregistrer le même nom de domaine dans la plupart des extensions disponibles (par ex. google.info, google.biz) parce qu’ils souhaitent à la fois étendre leur présence sur Internet et protéger leurs marques en empêchant qu’elles puissent être exploitées par d’autres.
Et de préciser :
Au final, notre analyse de l’accord avec Verisign sur le .com a mis en évidence que d’autres opérateurs de registre pourraient détenir un positionnement sur le marché qui serait quoi qu’il en soit significatif, quand bien même moins important que celui de Verisign.
D'où l'importance de fixer des limites claires à la distinction registres ouverts vs. registres fermés, tout au moins pour éviter de ressortir et valider le concept de prix à la carte en fonction des registres, même s'il est évident qu'il pourrait y avoir des conditions différenciées.

Par conséquent, en insistant fortement sur les questions concurrentielles, la Division Antitrust fait les préconisations suivantes :
Les mécanismes d’appels d’offres mis en place par l’ICANN devraient expressément :

1. prévoir des offres spécifiant le prix initial maximum facturé par l’opérateur pour l’enregistrement des domaines, de même que les limitations des augmentations tarifaires dans le temps ;

2. encourager la performance en demandant aux soumissionnaires de proposer des spécifications et des niveaux de service dépassant les standards minima fixés par l’ICANN ;

3. solliciter d’autres propositions à l’avantage des consommateurs, telles que l’engagement de l’opérateur de ne pas pratiquer de prix discriminatoires entre les déposants (pour éviter de prendre en otage -
"to hold up" - les déposants ayant déjà investi dans leurs noms de domaine), ou encore de ne pas inclure l’achat de services groupés comme condition de l’enregistrement (pour limiter le contournement des prix plafonnés) ;

toutes ces conditions devraient être mentionnées noir sur blanc dans les accords de registre pour que l’ICANN soit en mesure de les faire appliquer.

En outre, bien que les mécanismes d’appels d’offres soient le meilleur moyen de stimuler la compétition dans de nombreux cas, ils ne sont pas toujours efficaces. Et vu que le nouvel accord de registre proposé ne prévoit aucune des mesures de sauvegarde prévues au chapitre 7.3 de l’accord passé avec Verisign sur le .com ou dans les accords existants avec d’autres registres, l’ICANN devrait revoir sa proposition d’accord de registre (prix plafonds et augmentations limitées d’une année sur l’autre), tout au moins pour les cas où il n’y aurait pas d’appel d’offres compétitif pour gérer une nouvelle extension, afin d’englober des mesures et des mécanismes tels que précisés aux points 1, 2 et 3 ci-dessus. En dernier lieu, il serait préférable de prévoir des accords de long terme (l’enregistrement peut valoir jusqu’à 10 ans dans l’accord du .com).
Et de conclure ainsi :
À ce jour, nous pensons que l’ICANN est loin d’avoir rempli ses obligations de faire levier sur les principes concurrentiels pour gérer les opérations avec les registres des extensions génériques de premier niveau.
Pour finir, compte tenu de tout ce qui vient d'être exposé, dans ce billet et dans le précédent, je ne vois pas comment l'ICANN pourrait ouvrir les nouvelles extensions dans les délais prévus sans d'abord revoir sa copie ! [Début]



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P.S. Je m'étonne d'ailleurs que certains beaucoup de médias traditionnels (mais pas seulement...) relatent l'info du dépôt de candidature par la municipalité de Paris en février 2009, en donnant quasiment pour acquise l'obtention du nom (la ville devrait remettre un dossier final le 30 septembre 2009 et obtenir son nom de domaine dès le premier trimestre 2010), « (à) condition toutefois qu'elle trouve un accord sur les prix avec l'Icann ». Comme si c'était la seule condition...

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