lundi 11 février 2008

Microsoft - Yahoo! : les dissidents s'organisent...

Microsoft - Yahoo! : les dissidents s'organisent...

(cf. Dossier Adscriptor sur Microsoft-Yahoo! en un PDF, 100 pages, 2Mo, et Microsoft - Yahoo! : petit glossaire pour mieux comprendre ce qui se passe...)

... et Microsoft se prépare (tout en continuant ses emplettes...) !

Avant même que Yahoo! ait officiellement exprimé son refus (c'est fait !) sur l'offre de Microsoft, les premiers signes de résistance commencent à se faire fortement entendre, notamment par la voix d'Eric Jackson, bien connu du Conseil d'administration de Yahoo! pour leur avoir dit leur quatre vérités à plusieurs reprises...

J'apprends d'ailleurs que le première offre de Microsoft prévoyait une action à 35$, ramenés à 31$ suite à l'énième publication de résultats décevants par Yahoo!

Je vous traduis en partie son dernier opus (c'est moi qui souligne) : les actionnaires de Yahoo! veulent vendre...
Yahoo! est une excellente entreprise et une grande marque. L'année dernière, lorsque nous avons formé notre base d'actionnaires, nous préconisions une intervention rapide pour que l'entreprise puisse rester forte et indépendante. Or, bien que certains changements aient eu lieu depuis, notamment avec l'arrivée en juin dernier de Jerry Yang comme CEO, cela n'a pas suffi. Au fur et à mesure que Wall Street a perdu confiance en Yahoo, vu le manque de résultats et l'absence d'orientation stratégique, l'action a chuté en deçà de 20$. Or maintenant que Microsoft fait une offre à 31 $, le Conseil d'administration a délibéré de la rejeter, au motif qu'elle sous-évalue "massivement" la société. Le Conseil pense Yahoo! ferait mieux de faire cavalier en refusant l'offre - même au risque que le cours dégringole au-dessous de 17 $ ou davantage.

Nous pensons que le Conseil d'administration de Yahoo! n'a pas l'autorité morale pour représenter le point de vue de ses actionnaires dans les discussions avec Microsoft ou avec toute autre société qui voudrait acheter Yahoo! Lors de l'assemblée annuelle en juin dernier, tous les membres du Conseil se sont trouvés confrontés à une opposition "historique" de la part des actionnaires, avec un nombre significatif de voix "contre" : 36% des voix exprimées étaient contre la réélection de l'actuel Président du Conseil d'administration. Or aujourd'hui, à l'exception de Terry Semel, tous les membres du Conseil sont encore en place.

Nous croyons qu'il y a mieux à faire pour représenter nos propres intérêts en tant qu'actionnaires que de faire confiance à l'actuel Conseil d'administration de Yahoo! Nous n'avons aucune envie de voir Yahoo! continuer de façon autonome avec l'équipe en place. Ce serait là le meilleur moyen pour faire descendre l'action en dessous du seuil de 17 $.

Par conséquent, nous allons constituer un groupe pour vendre nos actions Yahoo! au plus offrant. Il y a actuellement sur la table une offre de Microsoft pour 29 $ (valeur actuelle de l'action Microsoft). Nous considérons cela comme un prix plancher. Nous allons mettre nos actions aux enchères, soit à Microsoft soit à tout autre intervenant (par exemple, AT & T, NBC, News Corp, Comcast, etc.) capable de faire la meilleure offre.

Si nous restons isolés et sans droits de vote (que ce soit comme actionnaire individuel possédant une seule action ou comme investisseur institutionnel en possédant des milliers), nous sommes sans aucun pouvoir de contrôle sur la façon dont le Conseil de Yahoo! pourrait obtenir le meilleur résultat possible à notre avantage. Unis, nous pouvons contrôler notre destin.

Si vous acceptez, vous pouvez nantir les actions Yahoo! que vous possédez en faveur du Groupe "Yahoo! Plan B", afin que nous puissions négocier leur valeur au plus haut. Il s'agit d'un nantissement informel (aucun document légal à signer), mais vous devez garantir que vous êtes bien les détenteurs des actions que vous affirmez posséder et être prêts à ce que l'on vous contacte pour vérifier. Moi ou quelqu'un d'autre au nom du Groupe "Yahoo! Plan B" vous contacterons plus tard pour vous informer du meilleur prix que nous pouvons négocier avec un acheteur.
Le tout accompagné d'un widget pouvant être installé sur un site, un blog, etc. (j'observe en passant que c'est là une utilisation très insolite et innovante d'un widget...)


Toutes les conditions de la viralité sont réunies... Si vous préférez écouter son message :



Billet connexe : Microsoft - Yahoo! : la fin de Yahoo!


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dimanche 10 février 2008

Google, Yahoo, Microsoft redessinent la carte du Web

Google, Yahoo!, Microsoft redessinent la carte du Web...

(cf. Dossier Adscriptor sur Microsoft-Yahoo! en un PDF, 100 pages, 2Mo)

[MàJ - 11-02-08] Comme alternative à l'OPA, Yahoo tenterait de fusionner avec AOL...

Voir également : Microsoft - Yahoo! : petit glossaire pour mieux comprendre ce qui se passe...

Google, Yahoo, Microsoft - GYM pour quelques temps encore - sont en train de redessiner la carte du Web sous nos yeux. À l'heure actuelle, la situation ressemble à peu près à ça :


Via François Goube.

Or même si l'info du Wall Street Journal (vieille histoire...), reprise en boucle ce week-end un peu partout dans le monde, donne à penser que Yahoo voudrait refuser l'offre de Microsoft, je doute fortement que Jerry Yang ait les moyens de ses ambitions.

Car comme le souligne justement Paul Kedrosky, Yahoo est une société cotée où plus de 70% du capital est détenu par des zinzins (les compères Yang et Filo n'en détenant qu'environ 10%), dont une bonne part sont des hedge funds, qui ne sont pas à proprement parler des altruistes intéressés par l'indépendance de la société, par sa culture d'entreprise et autres considérations émotionnelles. Business is business, money is money...

Et de l'argent, ils en perdent depuis trop longtemps avec Yahoo! Donc Yang a beau vouloir donner l'impression qu'il souhaite prendre son temps, le voilà au pied du mur.

Ce qu'exprime le Financial Times sans ambiguïté :
The internet company’s performance under Terry Semel, and now Jerry Yang, had eroded investor confidence so deeply that the shares fell to levels not seen since 2003.
Par conséquent, plus qu'un refus, j'ai l'impression que le baroud d'honneur du conseil d'administration de Yahoo n'a d'autre but que de presser le citron jusqu'à la dernière goutte (toute ressemblance avec des presse-agrumes existants serait purement fortuite), en espérant juste que Ballmer & Co. ne leur claque pas la porte au nez (money, au nez, ça rime, encore mon côté poète qui ressort, chassez le naturel, il revient au galop) et que le marché suive, ce qui est loin d'être acquis d'avance.

En attendant, Ballmer fourbit ses armes et la résistance s'organise par la voix d'Eric Jackson, qui prépare un "plan B" : faire bloc en rassemblant un maximum d'actions auprès d'actionnaires voulant vendre... Il en aurait déjà collecté plus de 2 millions et a même développé un widget ad hoc...


Ceci dit, même en admettant que Microsoft augmente son offre et que l'opération se fasse sur la base d'une fourchette de 35-38$ par action, l'acquisition n'est qu'une première étape, le plus dur reste à suivre...

Et si l'acquisition se transforme en utopique fusion dans les faits, sans véritable intégration de services-produits gagnants sous une nouvelle marque capable d'emporter l'enthousiasme des utilisateurs autour d'une offre unitaire, cohérente plutôt que pléthorique, qualitative plutôt que quantitative (où les duplications ne se comptent plus tellement elles sont nombreuses...), alors le seul vainqueur de cette triste histoire sera ... Google !

Suffira-t-il à Ballmer d'y croire ?
Quels sont les enjeux ? Nous avons chez Yahoo un peu plus de 13 000 personnes qui ont leurs propres objectifs, leurs ambitions, leurs désirs et leurs attentes, leurs logiciels et tout ce que vous voulez, auxquels nous devons ajouter nos propres objectifs, nos désirs et nos ambitions, ce qu'on définit généralement par "processus d'intégration". Si nous le faisons bien... ce sera une très bonne chose pour nos clients, nos actionnaires, etc., et si nous le faisons mal, alors il aurait mieux valu que nous ne tentions pas cette acquisition ; donc mener cette intégration à bien fait partie de nos priorités majeures, et nous ferons ce qu'il faut pour y parvenir - à condition bien sûr que Yahoo accepte notre offre, qui n'est pas encore le cas...

What are the challenges? There's a group of 13,000-plus people who work at Yahoo, and they have their goals and their ambitions and their desires and their thoughts and their software and their everything else, and we have to kind of mate up their goals, desires and ambitions with the goals, desires and ambitions of people here, and that's generally referred to as the integration process. If we do that well ... that will be a very good thing for customers, our shareholders, etc., and if we do that poorly, we probably shouldn't have tried this acquisition, so really doing that well is a high priority, and we're really focused in on it -- assuming that Yahoo accepts our bid, which has yet to happen.
Car au final, plutôt que d'avoir un duopole (Microsoft aurait beau être second, selon ses ambitions déclarées, il y a des deuxièmes qui comptent et d'autres non), une mauvaise intégration donnerait carte blanche au monopole de Google, dont l'hégémonie deviendrait de plus en plus impossible difficile à détrôner.

Avec à l'avenir un paysage qui pourrait ressembler à ça...



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vendredi 8 février 2008

Internet : de l'Exaflood au Zettaoctet

Internet : de l'Exaflood au Zettaoctet

En 2001, George Gilder et Bret Swanson, du Discovery Institute, publiaient un article intitulé Metcalfe’s Exaflood, qui décrivait l'extension exponentielle d'Internet à la lumière des vues pessimistes formulées par Bob Metcalfe (inventeur d'Ethernet et créateur de 3Com) en 1995, sur l'effondrement de l'infrastructure, incapable d'absorber un trafic ayant alors une croissance annuelle de 450% !

Le terme Exaflood était censé représenter la multiplication des exaoctets de données circulant sur le réseau des réseaux.

Il a été repris par Bret Swanson en janvier 2007, dans un article intitulé The Coming Exaflood, qui dresse toujours le même constat : Internet n'est pas encore prêt à absorber le tsunami de données qui s'apprête à déferler. Sans oublier les impondérables...


Or nos deux auteurs viennent de récidiver avec la publication d'Estimating the Exaflood - George Gilder and Bret Swanson on the Coming Deluge, sous-titré : l'impact de la vidéo et du rich media sur Internet - Un zettaoctets en 2015 ? (The Impact of Video and Rich Media on the Internet - A 'zettabyte' by 2015?).

Ils y reprennent une étude de Cisco, The Exabyte Era, actualisée au 14 janvier 2008, qui prévoit un trafic IP mensuel de 29 Exaoctets aux U.S en 2011...


Le premier histogramme représente le trafic américain sur la décennie 1996-2006.


Le deuxième les prévisions de Cisco jusqu'en 2011 :


Et le troisième la cassure entre 2011 - 2015, avec une démultiplication du trafic, qui devrait passer d'environ 100 exaoctets par an (toujours aux US...) en 2009, à 1 ou 2 zettaoctets vers 2015, selon l'évolution de la vidéo HD sur Internet !

Et bien avant au niveau mondial, puisque d'après les auteurs le trafic US ne représenterait que 30% du trafic global (With U.S. traffic now around 30% of world traffic, global IP traffic will probably pass the zettabyte mark several years earlier, around 2012 or 2013).

Sans compter que d'ici là, l'Internet des choses sera très probablement réalité...

Donc, pour résumer, en 20 ans, de 1995 à 2015, le trafic Internet serait multiplié par un facteur de ... je sais plus combien, ça chauffe dans la calculette (j'aurais dû demander à Didier ;-) !


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P.S. Pour les anglophones, qu'est-ce qu'un Exaflood ?



Quant aux francophones, nous nous contenterons d'un Exalead, petit clin d'œil à Quensis... ;-)

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mercredi 6 février 2008

Microsoft - Yahoo : Jerry Yang prend son temps !

Microsoft - Yahoo! : Jerry Yang prend son temps !

(cf. Dossier Adscriptor sur Microsoft-Yahoo! en un PDF, 100 pages, 2Mo)

À lire également :
Même si Ballmer voudrait presser Yahoo d'accepter l'OPA, Jerry Yang joue la montre, comme annoncé dès le début : it can take quite a bit of time...

Voici la note interne qu'il vient d'adresser à ses effectifs, histoire de mobiliser ses troupes au jour le jour :
Bâtir en comptant sur nos propres forces

Je vous remercie tout d'abord pour l'excellent travail que vous faites en restant concentrés sur l'exécution de nos priorités. Ces derniers jours, il est évidemment beaucoup question de Yahoo!, mais pour autant nous ne permettrons pas que cela nous empêche de poursuivre notre stratégie de transformation.

Roy et moi avons communiqué sur l'examen approfondi de la situation par notre Conseil d'administration, axé sur la maximisation de la valeur et des atouts formidables de Yahoo! pour nos actionnaires. Or cela prendra le temps qu'il faudra pour mener correctement à terme notre analyse.

Nous l'avons déjà dit, aucune décision n'a été prise sur l'offre de Microsoft. Le Conseil d'administration étudie un large éventail d'alternatives stratégiques, dans un contexte complexe et en pleine évolution. Nous avons également fait appel à des consultants de premier plan pour nous accompagner dans ce processus.

Ce qui ressort clairement ces jours-ci, c'est de voir combien de gens se soucient de notre société, avec de fortes manifestations de soutien de la part de nos utilisateurs, nos annonceurs, nos éditeurs, qui tous nous rappellent sans cesse combien ils apprécient nos produits et services.

De même j'ai entendu beaucoup d'entre vous, d'amis et de collègues dans la Silicon Valley et partout dans le monde, qui nous encouragent à faire ce qui est bon pour Yahoo! et ses actionnaires. Je vous promets que c'est ce que nous allons faire.

L'intérêt manifesté par Microsoft souligne la valeur énorme de la marque et des actifs de Yahoo! : un demi-milliard d'utilisateurs à travers la planète, des produits-services leaders, un réseau publicitaire ouvert, des technologies de pointe, et, surtout, des effectifs pleins de gens de talent.

Nous avons donc maintes raisons d'être enthousiastes et le meilleur doit encore arriver. Hier nous avons annoncé un partenariat avec Rhapsody dans la musique en ligne, l'acquisition de FoxyTunes, ...

Aujourd'hui nous lançons Zimbra 5.0, dernière version de la suite collaborative, webmail et jalon stratégique de notre plate-forme ouverte.

Et la semaine prochaine sera également riche en nouveautés, que nous annoncerons lors du Mobile World Congress.

Donc au moment même où nous cherchons à capitaliser sur les progrès accomplis jusqu'à présent, je tiens à m'assurer que vous êtes tous bien conscients d'être indispensables à la réussite de Yahoo! Je vous tiendrai informés au fur et à mesure de l'évolution des événements. Mais sachez dès maintenant que votre travail et votre implication sont plus importants que jamais.

Jerry Yang
Voilà qui est clair. Courriel original :
Email from the Chief Executive Officer to Yahoo! Inc. Employees, dated February 6, 2008.

Subject: Building on our strengths

First off, I want to thank you for the great job you’re doing staying focused on executing our priorities. There’s obviously been a lot of talk about Yahoo! in recent days and we won’t let it distract us from pursuing our transformation strategy.

Roy and I have communicated about the thorough review process our board is going through right now. The Board is focused on maximizing the value of Yahoo!’s tremendous assets for our shareholders. And it is going to take the time it needs to do it right.

As we’ve said, no decisions have been made about Microsoft’s proposal. Our board is thoughtfully evaluating a wide range of potential strategic alternatives in what is a complex and evolving landscape. And we’ve hired top advisors to assist through the process.

What’s become clear in the past few days is how much people care about this company. We’ve seen a strong show of support from our users, advertisers, and publishers, reminding us how much they love our products and services. And I’ve heard from many of you — and from other friends and colleagues from around Silicon Valley and across the globe — that we need to do what’s best for Yahoo! and our shareholders. I promise you that the Board is going to do that.

The Microsoft interest highlights the tremendous strength of the Yahoo! brand and assets: our half billion users around the world, our leading products and services, our open ad network, our technology, and most of all, our amazingly talented people.

We have a lot to be excited about and there’s more good news to come. Yesterday we announced a digital music partnership with Rhapsody and our acquisition of Foxytunes, maker of the popular music toolbar plugin. Today we launched Zimbra 5.0, a next generation e-mail and collaboration suite that’s a great milestone in our open platform and starting point strategies. And stay tuned for exciting announcements next week at the Mobile World Congress.

As we look to build on the progress we’ve been making, I want to make sure you all realize how essential you are to Yahoo!’s success. As this process moves forward, we’re going to keep you informed. Your hard work and strong commitment are more important now than ever before.

Jerry Yang
C'est Steve qui va être content de lire ça... :-)


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lundi 4 février 2008

Microsoft - Yahoo : l'OPA hostile

Microsoft - Yahoo! : l'OPA hostile

(cf. Dossier Adscriptor sur Microsoft-Yahoo! en un PDF, 100 pages, 2Mo)

À lire :
Il y a dans le communiqué de presse de Yahoo prenant acte de l'OPA de Microsoft une terminologie qui dit bien ce qu'elle veut dire : « Le Conseil d'administration de Yahoo! va étudier l'offre non sollicitée de Microsoft... »

Depuis un an et demi que Microsoft négocie sans succès le rachat de Yahoo!, la réponse de Jerry Yang a toujours été la même aux avances de M$ : NON ! Si l'on en croit Kara Swisher, généralement très bien informée, Ballmer aurait fait une énième tentative "discrète" mardi 29 janvier, suite à l'annonce des résultats "décevants" de Yahoo, sans plus de réussite que les précédentes.

D'où le "coup" stratégique de rendre l'offre publique deux jours plus tard. Juste histoire de mettre Yang en porte-à-faux : face aux difficultés de Yahoo annonçant des licenciements et au long glissement vers le bas de la valeur de l'action, valoriser celle-ci de +60% est un signe fort en direction des actionnaires qui prendraient volontiers la balle au bond et se foutent bien des vélléités de Yang qui, jusqu'à présent, n'ont jamais produit de résultats à la hauteur des promesses annoncées.

Fini les tergiversations, donc, même si Yahoo ne se presse pas pour répondre. La société négocierait d'ailleurs une porte de sortie avec ... Google, qui s'est empressé d'intervenir via Eric Schmidt (et dont l'option plus probable consisterait à externaliser à Google la recherche monétisée par la pub) !

Dans un message interne à l'intention des employés, Yahoo écrivait :
Nous tenons à préciser qu'absolument aucune décision n'a encore été prise, et en dépit de ce que bon nombre de personnes essaient de faire croire, il est sûr qu'aucun processus d'intégration n'est à l'ordre du jour. Cette offre n'est rien d'autre que ce qu'elle est : une offre...

We want to emphasize that absolutely no decisions have been made -- and, despite what some people have tried to suggest, there's certainly no integration process underway. This proposal is just that — a proposal.
Source : Reuters. Pour autant, les options ne sont pas légion... Murdoch ?

Certes, l'intégration entre Microsoft et Yahoo n'est pas gagnée d'avance (comme le dit la blague qui circule en ce moment chez les anglo-saxons : qu'obtient-on en fusionnant Microsoft et Yahoo ? Microsoft...), mais ce qui est sûr, c'est qu'indépendamment du résultat final, le paysage Internet en sortira profondément modifié, et GYM définitivement mis au placard.


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samedi 2 février 2008

Drop-catching et domain tasting en chiffres

Noms de domaine : drop-catching et domain tasting, chiffres et considérations...

Certes, le titre n'est pas très évocateur en français, mais certaines réalités sont encore difficiles à traduire dans la langue de Molière...

Petit glossaire pour rafraîchir les mémoires !

L'occasion d'intervenir sur le sujet m'est donnée par la CADNA, la Coalition contre l'abus des noms de domaine, qui vient d'annoncer la publication d'une étude sur le drop-catching, à cheval entre le domain tasting et le domain kiting, deux concepts désormais familiers aux lectrices et lecteurs d'Adscriptor, depuis le temps que j'en parle.

Nous avons vu dernièrement que les trois principaux registreurs impliqués dans ce gigantesque bidonnage étaient, pratiquement depuis le début :
  • Capitoldomains, LLC
  • Domaindoorman, LLC
  • Belgiumdomains, LLC
Or il faut savoir que ces trois "registrars", qui traitent plus d'un million de domaines chaque jour, sont les filiales d'une seule et même société, la NETRIAN VENTURES, LTD. (netrian.com, auparavant iHoldings.com, Inc. d/b/a DotRegistrar.com), et seraient responsables de près de 3/4 des domaines "testés", selon Jay Westerdal :
...d'après des données internes, ces trois registrars sont responsables de 72,5% de l'ensemble des domaines testés au cours des 6 derniers mois (soit 185 650 068 sur 255 212 260 domaines testés).

...according to our internal data, those three registrars are responsible for 72.5% of all domain tasting in the last 6 months (That is 185,650,068 of the 255,212,260 domains which were tasted).
Ce qui donne quand même + de 500 millions de domaines "testés" annuellement, un chiffre en accord avec les estimations de l'ICANN sur janvier 2007 : sur l'ensemble des 47 824 131 domaines effacés dans le mois, 95% sont testés par le top 10 des taste-domaines, soit 45 450 897 (dont près des 3/4 par la triade ci-dessus).

La lecture des actes déposés au procès intenté par Dell est également riche d'enseignements !

On y apprend par exemple que les 3 compères registrars avaient à la fin de l'année un portefeuille supérieur à 64 millions de domaines (Defendants have registered and used over sixty-four million (64,000,000) unique domain names), qu'ils se servent de registreurs fantômes (Phantom Registrars) comme Wan-Fu China, Ltd. ou UNACI/UNASI pour dissimuler leur identité sur le WhoIs (voir la liste), qu'ils ont déjà été plusieurs fois condamnés dans des affaires de cybersquatting (voir glossaire), et qu'ils se relaient pour profiter de l'AGP (voir glossaire) : sur les quelque 1 100 domaines cybersquattés à Dell, les pièces jointes au procès donnent l'exemple d'un domaine
  • enregistré le 25 mai 2007 par DomainDoorman, effacé le 30 mai 2007 ;
  • enregistré le 30 mai 2007 par BelgiumDomains, effacé le 04 juin 2007 ;
  • enregistré le 04 juin 2007 par Capitoldomains, effacé le 09 juin 2007 ;
  • enregistré le 09 juin 2007 par DomainDoorman, effacé le 14 juin 2007 ;
  • enregistré le 14 juin 2007 par BelgiumDomains, etc.
On ne s'étonnera donc pas de ce va-et-vient sur les .COM et les .NET, tel que représenté sur ce graphique de l'étude :


Les défenderesses au procès indiquent d'ailleurs que le critère d'effacement des domaines du registre est le suivant :
Sont effacés les noms de domaine qui ne génèrent pas un revenu supérieur à 11,5 $ sur une base annualisée, calculé sur l'historique des 30 derniers jours.

The criteria for the deletion of (...) Domain Names are as follows:

- Domain Names that do not generate revenues in excess of $11.50 on an annualized basis utilizing the most recent 30 days of data.
Contre 6,62$ versés par domaine payé (6,42$ à Verisign et 0,20$ à l'ICANN). Donc en se remémorant que le portefeuille géré s'élève à +64 millions de domaines, lorsque l'on connaît le détail qui précède, on comprend aisément les enjeux qui se cachent derrière ce business. Puisque cela sous-entend qu'un sixième des domaines testés par la triade sur l'année (plus d'un million par jour...) s'avèrent rentables au final. Faites les calculs vous-même !

Et l'on comprend mieux pourquoi plus de 80% des domaines testés en .COM et en .NET tirent parti des programmes de PPC (voir glossaire), dont le plus emblématique est certainement AdSense de Google (voir ici, ici ou ...). Ceci dit, il paraît que ça va finir...


Encore une fois, les pièces au dossier nous permettent de mieux appréhender la situation, puisque le juge impose à Google de verser sur un compte bloqué distinct et porteur d'intérêts les recettes publicitaires dues aux 3 registreurs dans le cadre du programme AdSense for Domains :
6. Google Inc. shall deposit into a secure and segregated interest-bearing bank account (...) all funds held for or owed to any of the Defendants (...). Google shall take reasonable precautions to ensure that any future accounts created by Defendants in the Google AdSense for Domains program are also secured and segregated under this Order.
Et la prévision des sommes versées laisse rêveur :
a. The first $1 million of Secured Funds deposited by Google each month into the Segregated Account, or if less than $1 million is deposited then the full amount deposited, shall be retained therein;
b. The second $1 million of Secured Funds deposited by Google each month into the Segregated Account, or if less than $2 million is deposited then the full amount over $1 million, shall be disbursed to Defendants within 5 business days from the date of each Monthly Report; and
c. To the extent that Secured Funds in excess of $2 million are deposited each month into the Secured Account, 50% of these Secured Funds shall be retained in the Secured Account, and 50% of these Secured Funds shall be disbursed to Defendants within 5 business days from the date of each Monthly Report.
En bref :
  • le premier million de dollars mensuel - ou toute la somme déposée si c'est moins de 1 million - sera bloqué sur le compte ;
  • le deuxième million, ou la part supérieure au premier million si c'est moins, sera déboursé aux registreurs dans les 5 ouvrables à compter de la date de publication des statistiques mensuelles ;
  • dans la mesure où les sommes déposées d'un mois sur l'autre seraient supérieures à 2 millions, 50% de ces sommes seront bloquées et 50% déboursées aux registreurs dans les 5 ouvrables à compter de la date de chaque rapport mensuel.
Pour autant, avec 63,1% des parts, l'étude de la CADNA place la triade aux premiers rangs du "drop-catching" (voir glossaire), juste devant ... eNom, qui arrive bon deuxième avec 32,7% du gâteau ! Les autres se partagent les miettes.

On comprend mieux pourquoi Paul Stahura, CEO du deuxième registreur mondial, s'intéresse de si près à la longue traîne des noms de domaine...


Thanks to Bret Fausett.

Lien connexe : There's a lot of money in domain tasting (chiffres que je n'ai pas pu vérifier) [Début]


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Petit glossaire pour rafraîchir les mémoires :
  • Domain tasting : procédé qui consiste à profiter de l'AGP (Add Grace Period) pour tester un domaine et voir s'il est potentiellement rentable en navigation directe (grâce au PPC...), en le rendant de nouveau disponible à l'enregistrement dans le cas contraire. Sans rien payer, bien sûr...
  • Add Grace Period (AGP) : délai de grâce de 5 jours concédé depuis 2003 par l'ICANN à toute personne qui, s'apercevant d'une erreur d'enregistrement, peut alors annuler la procédure et récupérer sa mise, y compris la commission normalement due à l'ICANN pour tout enregistrement de nom. Par la suite le but initial a été détourné au profit des bidonneurs qui pratiquent le domain kiting ;
  • Domain kiting : répétition du tasting, qui consiste pour les registreurs à verser de gros dépôts d'argent au Registre, puis à enregistrer autant de noms qu'autorisent les dépôts.
    (...)
    Une fois chaque domaine enregistré, le registreur a cinq jours pour l'effacer et récupérer sa mise. Donc ceux qui pratiquent cette industrie profitent de cette règle en effaçant la plupart des noms enregistrés AVANT que n'expire la période de grâce et en étant remboursés. Or c'est là qu'on touche au sublime, puisqu'une fois le domaine effacé ce même registreur se rue dessus pour le ré-enregistrer et remettre immédiatement en ligne le site-machine à sous ! Puis il attend 5 autres jours, supprime le domaine, récupère sa mise, et ainsi de suite à l'infini.
  • Add-Drop Scheme : c'est le modèle « j'essaie - je prends/je jette » qui sert de base au kiting. Add vient de ce que le domaine est ajouté aux listes du registre, et Drop de ce qu'il en est supprimé ensuite et devient "théoriquement" disponible ; "théoriquement" car c'est sans compter sans le catching...
  • Drop-Catching : escamotage qui permet de récupérer le domaine avant les autres dès sa mise en disponibilité. Ça se passe parfois au millième de seconde ! C'est l'objet du présent billet.
  • Front running : lorsque vous cherchez à enregistrer un nom, vous le soumettez sur le site du registreur pour voir s'il est libre. Si le nom est disponible, soit vous le réservez de suite, soit vous vous promettez de faire la réservation plus tard. C'est là où intervient le front runner, qui profite que vous n'ayez pas procédé à l'enregistrement immédiat pour vous piquer le nom, en général pour vous le revendre plus cher par la suite ;
  • Typosquatting : saisie directe (ou type-in) de noms communs génériques ou de coquilles (typos) directement dans la barre d'adresse du navigateur ;
  • Cybersquatting : même technique que précédemment, mais concernant les noms de marque ou portant atteinte aux droits de propriété intellectuelle, d'une personnalité ou autre. Et si vous voulez mieux comprendre, téléchargez ce document (PDF, 2 Mo).
[Début]

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vendredi 1 février 2008

Microsoft - Yahoo, mon analyse


Dénouement proche... FIN !



(cf. Dossier Adscriptor sur Microsoft-Yahoo! en un PDF, 100 pages, 2Mo)



À lire :

Dans la foulée de l'acquisition probable de Yahoo! par Microsoft, je vous livre rapidement mes idées sur la question, car ça fait longtemps que j'y pense.



Disons pour simplifier que nous avons deux entités totalement étrangères l'une à l'autre, Microsoft ayant globalement une forte culture d'entreprise mais une présence floue sur le Web, et Yahoo l'inverse : une faible culture d'entreprise mais une présence Internet forte.



Donc si l'on regarde bien, ce seraient deux entités parfaitement complémentaires, pour peu que Microsoft ne prétende pas engloutir Yahoo! corps et biens, selon la mauvaise habitude de Redmond.



Il y aurait par ailleurs dans ce nouveau binôme une duplication importante de produits/services qu'il faudra rationnaliser à la hache ! Ce n'est pas du toilettage qu'il faut, mais des coupes franches dans chaque produit/service dupliqué. En passant le moins bon par pertes et profits et en ne gardant à chaque fois que le meilleur des deux. Voire, quand le moins bon n'est pas totalement mauvais, en fusionnant ce qui peut l'être.



À commencer par MSN et toute la branche Web de Microsoft, qui devrait faire une spin-off comme on dit en français courant, c'est-à-dire scinder complètement toute la partie Web en y incorporant Yahoo!



Et si l'on veut poursuivre dans la logique de la nouveauté pour s'attaquer sérieusement à Google, en chapeautant cette nouvelle entité sous une nouvelle marque qui comprendrait tout l'inventaire et l'éventail de produits/services, actuellement dispersés à travers une bonne centaines d'identités différentes et de logos variés, certes très Web 2.0, mais tout ça fait vraiment fouillis !



Voici donc l'idée centrale de mon analyse :
Fondre cette richesse phénoménale de contenu dans une nouvelle entreprise (qui ne serait ni Microsoft ni Yahoo, et encore moins MicroHoo, YaSoft ou autre subtilité à deux balles), capable de mettre sur le Web une offre unitaire de produits-services regroupés sous une marque forte, avec une identité visuelle cohérente, fédérées par un nouveau nom.
Et si pour ça ils veulent faire appel à Quensis, The New Way of Creating Brand Names, société avec laquelle je collabore, ils ne trouveront personne au monde en mesure de leur fournir un tel service si rapidement et avec un tel niveau d'exigence et de qualité : une marque originale et distinctive, à la fois disponible au plan juridique et en .COM, .NET, etc.



Voilà, c'était mon interlude publicitaire, qui n'en demeure pas moins extrêmement sérieuse.



* * *


Je conclurai en disant que ce concept - nouvelle entreprise, nouveau nom, nouvelle marque, nouvelle identité visuelle, etc. - est selon moi une condition sine qua non pour aller affronter Google sur son terrain avec quelques chances de jouer à armes égales.



Pour autant ce serait pour Microsoft-Yahoo! une révolution exigeant impérativement le courage de tout remettre à plat pour partir sur de nouvelles bases. Tout cela demandera du temps, de la constance, de l'inventivité, etc. etc.



Car ce ne sont pas deux transparents bâclés à la va-vite pour projeter d'hypothétiques résultats :





ou parler de synergies :





qui suffiront pour impressionner Google. Quatre « piliers » sur lesquels Ballmer insiste dans la lettre qu'il a adressée au directoire de Yahoo :
  1. Scale economics: This combination enables synergies related to scale economics of the advertising platform where today there is only one competitor at scale. This includes synergies across both search and non-search related advertising that will strengthen the value proposition to both advertisers and publishers. Additionally, the combination allows us to consolidate capital spending.
  2. Expanded R&D capacity: The combined talent of our engineering resources can be focused on R&D priorities such as a single search index and single advertising platform. Together we can unleash new levels of innovation, delivering enhanced user experiences, breakthroughs in search, and new advertising platform capabilities. Many of these breakthroughs are a function of an engineering scale that today neither of our companies has on its own.
  3. Operational efficiencies: Eliminating redundant infrastructure and duplicative operating costs will improve the financial performance of the combined entity.
  4. Emerging user experiences: Our combined ability to focus engineering resources that drive innovation in emerging scenarios such as video, mobile services, online commerce, social media, and social platforms is greatly enhanced.
Perso, je crois surtout qu'il y faudra du sang neuf. À commencer par le départ de Steve Ballmer, qui au lieu d'envisager les risques potentiels de l'intégration (any large integration process has risks associated with it and I know we have all thought about it), ferait mieux de programmer d'aller sous le soleil des tropiques faire une pétanque avec Terry Semel...



En lui rappelant volontiers cette observation, qu'en réalité, la somme de deux échecs ne fait pas une réussite. Qu'on se le dise !





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P.S. Et je ne suis pas seul à le penser...



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