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jeudi 10 septembre 2009

Google vend des vieux journaux !


En écrivant Google cherche dans les vieux journaux ! il y a une semaine, je n'imaginais pas que cette info allait sortir dans la foulée : Google va faire l'infomédiaire, ou le courtier d'infos, si vous préférez :


En clair :
  1. le courtier (Google) indexe le contenu du vendeur (le journal) ;
  2. l'acheteur (l'internaute) fait sa recherche et obtient dans les résultats un article payant ;
  3. l'internaute achète l'article payant ;
  4. le courtier (Google) met l'article payant à disposition de l'acheteur (vous et moi) ;
  5. Google enregistre sa commission et encaisse l'argent, via Checkout, puis crédite le compte du vendeur.
Dans la soumission présentée en réponse à l'appel d'offres de la Newspaper Association of America, Google souligne quelques passages clés :
Au-delà des dispositifs de micro-paiement, l'utilisateur doit savoir que le produit existe. Donc dans le cas du contenu payant, la découverte et la distribution de ce contenu sont des aspects encore plus importants que pour le contenu libre, vu l'audience de niche que représentent les abonnés potentiels d'un journal.

Beyond the mechanics of any payment system, users must know the product exists. Discovery and distribution are just as, if not more, important to premium content as they are to free content given the smaller audience of potential subscribers.
Sur la présentation des articles à l'internaute, Google prévoit :
  • Les journaux pourront fournir un aperçu ou une page de destination indexable, disponible à l'internaute via la recherche de Google ou via Google News. (Publishers can provide a preview or landing page for Google to crawl, consistent with what end-users see. This is available to users of Google Search and News.)
  • Les journaux pourront permettre à Google d'indexer leurs archives, y compris le contenu payant, accessible à l'internaute soit en prévisualisation soit après paiement. Un bouton "abonnement" signalera ce contenu dans Google News. (Publishers can allow Google's crawlers full access to their premium content, but maintain a paywall or preview mode for users. This content is marked as "subscription" in Google News.)
  • Les journaux pourront permettre un premier accès libre à l'intégralité de l'article, une sorte de produit d'appel pour inciter le lecteur à passer ensuite au contenu payant. (Publishers can provide free access to the first full article via our "First Click Free" program, which treats premium content as "free" in Google News and Search, but requires payment once users navigate away from the first article.)
L'autre modalité d'accès prévue est via flux RSS, à partir des quelque 25 000 sources auxquelles s'abreuve Google News partout dans le monde. L'habillage personnalisé des flux sera également possible :
News publishers can decide to package their content (or a rich preview thereof) with appropriate branding and advertising units and encourage third parties (e.g., other newspapers) to host the syndicated content package, exposing it to a broader audience. Publishers would derive revenue from advertisements embedded in the syndicated package, as well as traffic from the embedded links back to the publisher.
Des widgets permettront enfin de proposer les flux sur les sites et les blogs, y compris pour le contenu payant achetable directement depuis le widget :
In the case of premium content, the syndicated content would only contain a free preview, and would embed monetization units for micropayment and subscription. In addition to providing e-commerce and advertising platforms to support publishers' content, Google can provide the technology for convenient syndication and embedded hosting of the content-monetization components on third party sites.
Donc lorsque l'on voit les capacités de Google, non seulement d'indexer, mais surtout, de présenter les résultats, on comprend bien comment tout cela s'intègre parfaitement dans la stratégie, pardon : la mission de Google.

Comme ils le précisent dans le document, si besoin était :
Google's mission is to organize the world's information and make it universally accessible and useful. This applies to all information -- paid and free.
Pour rappel :
La mission de Google consiste à organiser l’information mondiale – toute l’information, et pas seulement une partie – et faire en sorte qu’elle soit universellement accessible et utilisable, dans toutes les langues, tous les pays, et sur tous les supports, en ligne et hors ligne : Internet, téléphonie mobile, presse, édition, vidéo, photo, cinéma, télévision, radio, affichage, annuaires papier, etc.
Toute l'information : gratuite ET payante...


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jeudi 3 septembre 2009

Google cherche dans les vieux journaux !


C'est une première ! Tout au moins pour moi, puisque j'en avais vaguement entendu parler mais je n'avais encore jamais vu comment ça marche, ni le résultat des archives de Google News intégré dans les pages de résultats normales.

En googlant (oui, je sais...) "Michio Watanabe" + lockheed, je clique sur ces deux liens :

qui sont respectivement en 12e et 13e position sur la page que j'obtiens (préférence fixée à 100 résultats et non pas 10).

Le moteur fouille donc dans les archives de Google News et permet la consultation d'articles qui seraient autrement introuvables.

Voyons le premier lien : -http://news.google.com/newspapers?nid=1370&dat=19890217&id=EpQVAAAAIBAJ&sjid=YgsEAAAAIBAJ&pg=4260,3318706

Les deux premières composantes de l'URL indiquent vraisemblablement le journal (nid=1370 : Manila Standard) et la date (dat=19890217 : 17 février 1989), et les autres l'ID de l'article et la page du journal sur laquelle il se trouve.

L'encadré violet de la vignette en haut à droite signale l'emplacement de la page que vous êtes en train de consulter (qu'on peut déplacer avec la souris, comme sur Google Maps), et sur la barre horizontale supérieure on trouve le lien clicable de l'édition (en cliquant vous arrivez sur la Une du journal), et à droite la possibilité de zoomer ainsi que le numéro de la page par rapport au nombre total de pages (p. 152 sur 288, dans ce cas).

Idem pour le second lien, The Age daté du 13 septembre 1982, page 20 sur 37.

Dans les deux cas aucun article connexe n'est signalé, et on peut éventuellement signaler si la page est illisible.

Avez-vous déjà fait cette expérience de recherche avec des journaux français ?

En visitant directement le site en français, j'ai fait un test avec "traduction" :

J'obtiens 55 300 résultats, et sur les trois décennies 1980-2009, on voit bien le volume de la requête par période.

En sélectionnant l'encadré bleu sur 1982, il suffit de cliquer pour obtenir les résultats de la requête "traduction" sur la période concernée :

Avec cette fois le volume mensuel des résultats...

Ah ! Google, si on t'avait pas, il faudrait t'inventer !


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vendredi 30 janvier 2009

Google : en attendant GDrive...

Qui risque d'arriver plus vite que Godot...

Depuis bientôt 4 ans qu'on en parle (dès novembre 2005, ici, , ou encore), Google poursuit sa stratégie, imperturbable. Pour mémoire, rappelons que le leadership du moteur tournait (et tourne toujours...) autour de 4 grands thèmes :
  1. la rapidité de la recherche
  2. l'exhaustivité et la fraîcheur de l'information
  3. la pertinence
  4. l'interface utilisateur
Avec au cœur de la philosophie Google l'approche "Aucune contrainte" se déclinant initialement autour de 4 postulats :
  1. Pas de contrainte de puissance de traitement
  2. Pas de contrainte de capacités de stockage
  3. Pas de contrainte de bande passante
  4. Pas de contrainte liée à la monétisation des services...
Plus une offre de produits/services à l'internaute s'appuyant sur 3 piliers :
  1. la vitesse (un leitmotiv chez GG)
  2. le stockage intégral des données de l'utilisateur
  3. la transparence de la personnalisation

Le deuxième volet, Store 100% of User Data, expressément nommé GDrive par Google dans ses notes, était on ne peut plus explicite :
Stocker 100 % des données utilisateur

Le stockage illimité nous permettra d’héberger l’ensemble des fichiers des utilisateurs : courriels, historiques Web, images, signets, etc., pour les rendre accessibles depuis n'importe quelle application ou plate-forme.
Tous les efforts que nous avons déployés dans ce sens, avec des projets tels que GDrive, GDS ou Lighthouse, se sont heurtés jusqu’à présent aux contraintes imposées par des capacités de bande passante et de stockage limitées. À titre d’exemple, les développeurs de Firefox travaillent actuellement sur le stockage des données côté serveur, même s’ils n’envisagent d’emmagasiner que les URL et non pas l'intégralité des pages Web, pour des motifs de place.
Ce projet va nous permettre d’alléger le côté client pour concentrer toute la puissance côté serveur (thin client, thick server), un modèle qui renforce nos atouts vis-à-vis de Microsoft tout en offrant davantage de valeur ajoutée à l'utilisateur.
De plus, avec le 100 % stockage, la version en ligne de vos données va devenir votre copie de référence, votre original, alors que la version stockée sur votre ordinateur local fera plutôt fonction de cache, avec pour conséquence, et non des moindres, que les copies de vos données seront davantage sécurisées en ligne que sur votre propre ordinateur.
Une autre implication de ce projet est que 100 % des données utilisateur stockées sont mieux valorisées sur Internet, dès lors qu’elles sont accessibles et interopérables d’une application à l’autre. Exemple : un profil d'utilisateur Orkut devient plus intéressant s'il est accessible depuis Gmail (carnet d'adresses), depuis Lighthouse (liste d’accès), etc.
(À noter que j'avais traduit Golden copy par copie de référence en m'inspirant de ce billet, en anglais, particulièrement éclairant sur la question.)

Nous voyons donc aujourd'hui que Google ne change pas de cap, notamment à la lumière de récentes initiatives concernant la vitesse, GDrive ou la personnalisation "transparente", dont Alex Chitu nous dit en concluant :
Preferred Sites is an extension of Google SearchWiki, the feature that allowed you to make per-query changes. If the feature goes live to everyone, people will be able to pick a list of authoritative sites and influence all search results.
Or j'écrivais il y a 3 ans, dans mes commentaires aux diapositives 7 et 8 :
Quant à l'expérience Wiki appliquée à la recherche, si j'interprète bien le principe des Wikis, cela signifierait permettre à chaque internaute de modifier les pages à volonté pour rendre la recherche dynamique.
Ou comment la stratégie de Google se déploie sous nos yeux...

Je suis impressionné !


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P.S. À mettre en parallèle avec l'absence quasi-totale de stratégie cohérente chez Microsoft ou Yahoo!

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dimanche 20 mai 2007

Google, the serial Profiler

Introduction
Le brevet qui fait peur
Sur Internet, la gratuité est-elle gratuite ?

* * *

Introduction

Je suis toujours très étonné de voir que les gens s'étonnent des implications infinies qu'a et qu'aura de plus en plus Internet sur nos vies privées. Et de voir des levées de bouclier plus ou moins étendues, plus ou moins consensuelles, contre l'espionnage et le profilage comportemental qui menacent le respect de nos libertés individuelles, de nos choix personnels et professionnels, de notre aptitude à décider, etc.

De même que l'identité numérique est inévitable, le profilage qui en est le pendant naturel l'est tout autant pour les marchands. Car dès que nous nous connectons à Internet, nos faits et gestes sont traqués, pesés, soupesés, analysés, décortiqués, etc. Sachons-le !

Et ne soyons pas surpris : inutile de faire semblant de croire qu'on pourrait y échapper, inutile de s'indigner (attention, je ne dis pas que s'indigner n'est pas légitime, je dis que c'est inutile, nuance, même si je vais vous paraître désabusé...), les intérêts et les puissances en jeu - économiques et autres - sont trop considérables pour prendre en compte les attentes de l'internaute lambda, dont l'opinion a environ la même densité que la goutte d'eau dans l'océan...

Pour faire une métaphore, l'information aujourd'hui, c'est comme le pétrole il y a un siècle et demi, un gisement brut dont l'humanité se nourrira longtemps encore, et les effets collatéraux tels que le réchauffement climatique n'ont jamais empêché les marchands d'imposer l'or noir au monde entier, ni de le rendre indispensable et irremplaçable alors même qu'il pourrait être remplacé. Substituez juste "réchauffement climatique" avec "respect de la vie privée" pour aller jusqu'au bout de l'analogie...

Fini le marketing de masse indifférencié, les techniques de pointe sont depuis longtemps déjà au ciblage socio-démographique, au profilage psychologique et comportemental (qui n'est plus l'apanage des seuls criminels), au géomarketing, etc. Et qu’on le craigne ou s’en offusque n’y changera rien. Depuis longtemps le cynisme et le pragmatisme des publicitaires ont pris le pas sur les bonnes vieilles valeurs d’antan, il faut en être conscients. Sous peine d’immenses et d’intenses désillusions, cruelles certes, mais qui ne changeront pas le cours de l’histoire pour autant.

Déjà, pour les gourous de l’Internet qui décident où, quand et comment placer leur pub pour qu’elle ait l’impact le plus fort et le taux de transformation le plus élevé, il y a longtemps qu’une somme d’individus ne fait plus une collectivité mais un marché, ou plutôt des marchés, autre abstraction bien commode par les temps qui courent. Et qu’on appelle ces individus internautes, utilisateurs, journalistes citoyens ou autres ne fait aucune différence.

Désormais, la segmentation sur Internet se fait tellement efficace que la plus petite unité de découpage est l’individu, qui se trouve ainsi pratiquement dépecé, analysé sous toutes ses coutures et composantes, physiques, mentales, sociales, culturelles, économiques, publiques, privées, familiales, professionnelles, voire sexuelles, raciales et religieuses, etc., au point que chacun est un marché à lui tout seul, chacune un marché à elle seule. Le graal des marketers depuis la nuit des temps…

Qui ne vont pas se priver de continuer à archiver, trier, répertorier, géoréférencer, etc., une masse de données considérable, dont la croissance exponentielle fait passer la loi de Moore pour de la roupie de sansonnet.

Sans oublier que dans un avenir très proche la montée en puissance de la téléphonie mobile, le déploiement mondial de la biométrie et de certaines FET (technologies futures et émergentes), mais aussi de l’Internet des choses, tout cela permettra aux entreprises d’anticiper toujours davantage, voire d’inventer – au plus près (dimension géospatiale) et au plus tôt (dimension temporelle) – nos attentes, nos désirs, nos goûts, etc., avec une exactitude quasi-satellitaire, un niveau de précision jamais égalé à ce jour, et aujourd’hui encore bien moins que demain.

S'il ne fallait citer qu'un chiffre :


[MàJ - 3 juin 2007 : l'adaptation française de cette vidéo est maintenant disponible]

A fortiori, il n'y a pas que les entreprises. Faites confiance aux gouvernements et aux institutions de tous bords pour en faire autant. Avec notre accord ou sans. Du genre « ennemis de l'État ». Les enjeux sont trops gigantesques pour qu'ils s'arrêtent à des détails aussi insignifiants que l'avis des personnes.

Pour employer un néologisme parlant, nous serons vivisséqués et surveillés en permanence. Tout au long de notre existence, du berceau au tombeau. Qu’on le veuille ou non.

Donc si ce préambule est clair, nous pouvons entrer dans le vif du sujet. [Début]

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Le brevet qui fait peur

Cet article couvait en moi depuis quelques mois déjà, mais c'est la lecture du billet de François Grisoni sur l'excellent Googlinside qui en a été le déclencheur. Intitulé « Le brevet qui fait peur », l'auteur s'inquiète de ce qu' « il serait possible d'établir le profil psychologique d'un joueur sans interférer avec l'expérience de ce dernier... », offrant ainsi la possibilité « effectivement très simple et sans doute particulièrement tentant(e) de croiser les données recueillies à l'aide de cette technologie aux informations déposées par le joueur lors de son inscription, rompant ainsi l'anonymat des statistiques. »

Donc, dans un premier temps j'ai voulu en savoir plus sur le dépôt (par BALUJA, Shumeet aux U.S. et par Google hors U.S.) du brevet n° 20070072676, intitulé « Using information from user-video game interactions to target advertisements, such as advertisements to be served in video games for example » (traduction officielle : utilisation d'informations issues d'interactions de jeux vidéo utilisateur pour cibler des publicités telles que des publicités pouvant servir dans des jeux vidéo par exemple), qui décrit de manière assez détaillée un échantillon possible des emplois multiples que l'on peut faire des saisies/actions de l'utilisateur. Exemple avec le point 47 de la description :
User input may include user selections, user dialog, user play, etc. User selections may include, for example, one or more of characters, vehicles (e.g., a specific make of an automobile, car color, engine modifications, car modifications, etc.), tracks, courses or fields (e.g., a specific racetrack, a specific stadium, etc.), teams, players, attire, physical attributes, etc. There are many customizations a user may select from depending on the genre of the game. These selections may reflect the user's fondness, preferences, and/or interests. User dialog (e.g., from role playing games, simulation games, etc.) may be used to characterize the user (e.g., literate or illiterate, profane, blunt, or polite, quiet or chatty, etc.). Also, user play may be used to characterize the user (e.g., cautious, strategic, risk-taker, aggressive, non-confrontational, stealthy, honest, dishonest, cooperative, uncooperative, etc.).
François Grisoni nous fournit une traduction partielle (la partie en gras ci-dessus), qui donne une bonne idée de l'ambiance :
Les dialogues (par exemple dans les RPG, les simulations, etc.) peuvent être utilisés pour caractériser l’utilisateur (par exemple éduqué, profane, franc, poli, calme, etc.). De la même façon, la façon de jouer de d’utilisateur peut être analysée (par exemple courageux, agressif, évite les confrontations, discret, honnête, coopératif, indépendant, etc.).
Par conséquent, s'il est clair qu'on peut légitimement s'en inquiéter, il est tout aussi clair de voir que la stratégie globale des firmes va inexorablement dans ce sens, et que les quantités de plus en plus faramineuses de données qu'elles récoltent tous azimuts à notre sujet seront peu ou prou utilisées pour influer sur nos choix, nos actions, nos comportements, etc., la liste n'est limitée que par l'imagination.

Et même si les sociétés telles que Google cherchent constamment à nous rassurer, il est évident qu'emmagasiner autant de données sans les exploiter serait suicidaire pour une entreprise. La mise à disposition "gracieuse" de plus en plus de services destinés aux internautes n'a d'ailleurs pas d'autre but que de collecter et d'amasser nos données à des fins de traitement, de ciblage, etc. Ce qui nous amène à nous poser la question suivante... [Début]

[MàJ - 29 mai 2007] À propos de Googlinside , voir la vidéo qu'ils ont réalisée. Même muet, il est parlant, ce GMan...



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Sur Internet, la gratuité est-elle gratuite ?

La réponse est évidente : NON ! La seule justification de l'apparente gratuité sur Internet est qu'elle permet d'obtenir un avantage en retour, que ce soit en termes économiques, d'analyse, de positionnement, de pénétration, etc. Ce que les auteurs du rapport sur l'économie de l'immatériel (PDF, 700 ko) appellent « Le paradoxe de la "valeur gratuite" ».

Et au final de mieux capturer l' "utilisateur" dans les rets du filet, le Net, de la toile, le Web, du réseau, le Network, du réseau des réseaux, Internet ! Pour mieux le faire confluer, converger, consommer, etc. Seul point commun, le préfixe con...

Le jour de mon 49e anniversaire, il y a plus d'un an déjà, je sais :-(, dans un billet intitulé Google : the Portal Strategy!, qui tentait de dresser un panorama détaillé de la galaxie de services grâce auxquels Google centralise de plus en plus de données précises sur les internautes, j'envisageais explicitement le rôle de profileur de Google en ces termes :
Par conséquent dans cette logique, à terme plus ou moins rapproché, la prochaine étape consistera très probablement à s’éloigner de la catégorisation des annonces pour passer à leur individualisation. En bref :

fini les AdSenses ciblés, vive les AdSenses personnalisés !

Une (r)évolution qui me semble inéluctable, vu les ambitions affichées par Google : à partir du moment où la firme possède une énorme quantité d’informations sur vous et peut en extraire un profilage systématique et significatif, qu’est-ce qui l'empêchera de vous proposer des AdSenses en fonction de vos préférences ?

Concrètement, cela signifie que deux internautes faisant la même recherche sur le même Data Center de Google, à un instant donné, se verront proposer des AdSenses distincts dans les résultats, ciblés sur leurs centres d’intérêts, tous les produits et services destinés a priori à améliorer votre « expérience de navigation », dans le discours bien rodé de Google, servant naturellement à personnaliser les annonces à votre intention, évidemment différentes de celles du voisin.

Avec à plus ou moins long terme aussi, le risque danger que les résultats fournis deviennent de moins en moins neutres, objectifs, et de plus en plus orientés, pilotés, en fonction des intérêts des parties prenantes (voir les résultats de Google Base qui font déjà de l'ombre aux liens sponsorisés...). Car jusqu'à preuve du contraire, nous devons bien comprendre (et donc, ne pas confondre) qu’un moteur de recherches n’est pas un service public mais une entreprise privée, et commerciale, d’où les inévitables pressions pour « monétiser » ses produits et services et constamment améliorer le fameux ROI… Ça semble couler de source, mais le rappel n’est pas inutile  !
Attention, je ne parle ici que des Adsense (sans évoquer la myriade d'autres usages possibles), non pas de leur personnalisation côté éditeur, au sens d’intégration et d’optimisation des messages de pub dans votre site, mais bien de leur personnalisation côté Google, c’est-à-dire au niveau des Adsense servis par le moteur. Dont je considère qu'avec sa nouvelle accroche subliminale, Universal Search, Ads & Apps, tout est dit.

Ainsi je ne peux que confirmer la conclusion que je tenais dès mars 2006 :

Le client est ROI, certes, mais roi de quoi ?...

Alors, Google profileur en série, oui ou non ? Qu'en pensez-vous ? [Début]


P.S. L'appellation de "profileur en série" dont j'affuble Google vaut tout autant pour les acteurs majeurs du Web, mais pas seulement, d'AOL à Microsoft, de Verisign à Yahoo!, en passant par GoDaddy ou qui vous voulez, il est important de le préciser... [Début]

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vendredi 17 novembre 2006

L'action Google atteint 500$

L'action Google atteint 500$ !

[MàJ - 21 novembre 2006] Et bien voilà, c'est fait ! Je n'aurai eu que quatre jours d'avance...

Aujourd’hui, minute par minute

http://www.marketwatch.com/charts/int-basic.chart?siteid=mktw&symb=GOOG&sid=1795093&time=1&startdate=&enddate=&freq=9&comp=&compidx=aaaaa~0&uf=0&ma=&maval=&type=2&size=1&lf=1&lf2=&lf3=&style=1013&mocktick=1&rand=520560860&siteid=mktw
Source : http://www.marketwatch.com


Bien, sans grand risque de me tromper, je peux d'ores et déjà vous annoncer avant tout le monde que l'action Google va très probablement atteindre le cap des 500 $ dans les heures qui viennent (à Rome, il est presque 19h30') et elle a déjà franchi le cap des 498 $ :


Très exactement un mois presque jour pour jour après s'être offert YouTube, la valorisation de la société de Larry Page & Sergey Brin dépasse 150 milliards de $, c'est énorme !

Enfin, même s'il avait anticipé les délais de deux mois, Frank Poisson l'avait déjà prévu dès fin mars dernier...

J'ai bien l'impression qu'après la qualité, la simplicité, la rapidité, la gratuité, l'universalité, l'originalité et l'interactivité, la démesure est en train de devenir le huitième intemporel de Google, qui est sur le point de rentrer dans le S&P 100, le cercle très restreint des 100 premières capitalisations du marché américain, et ce à peine plus de deux ans après son introduction en bourse !

[MàJ - minuit] Donc, trois tentatives infructueuses n'ont pas permis à Google de clôturer à 500$ l'action, qui a oscillé pendant 4 heures entre 496 et 500 :


Maintenant il va falloir attendre lundi, et ça fout en l'air mes prévisions. C'est malin, ça. Une seule conclusion s'impose : je fais un bien piètre analyste financier :-)

Pour autant, dès que la barre symbolique sera dépassée, préparez-vous à être ensevelis sous un déluge de dépêches comme celle-ci ou celle-là, et les premiers analystes parlent même du seuil des 600$ (à ce prix-là, c'est sûrement pas les petits porteurs qui vont pouvoir s'en procurer, ou une à la limite, pour l'encadrer)...

Enfin, tant pis pour Google. Et comme une mauvaise nouvelle n'arrive jamais seule, j'apprends que Google ne monte même pas sur le podium des trois sites les plus visités au monde, en se classant au quatrième rang avec seulement 110 millions de visiteurs uniques par mois (mais ça devrait s'arranger en 2007) :
  1. Yahoo! (130 millions)
  2. AOL/Time Warner (120 millions)
  3. Microsoft (118 millions)
Comme le dit si bien PC Inpact, ils ont tout faux. « Le site le plus visité, c'est ... la tour Eiffel ! »


Restons français, quoi, merde !


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vendredi 27 octobre 2006

Google : objectifs et orientations 2006

Google : objectifs et orientations 2006


Philipp Lenssen, grand observateur de Google, a mis la main sur deux documents internes, qui dressent respectivement les grandes orientations 2006 et les principaux objectifs réalisés au terme du troisième trimestre.

En vrac :

* Pour améliorer la productivité de ses ingénieurs, Google met à la disposition de ses personnels un outil universel de recherche « contenant toutes les informations classées publiques générées par toutes les recherches effectuées sur Google. » À mon avis nous avons là une première explication de l'Ultimate Search Engine par Google, nom de code H9.

Ce n'est donc pas étonnant que Google avoue vouloir créer le meilleur laboratoire de recherche au monde en intelligence artificielle (IA) !

* Autre info intéressante, le désir de générer 10 MW d'énergie écologique, peut-être en construisant sa propre centrale (build 10MW of green power), ce qui ne serait pas de trop pour alimenter l'ogre en électricité...

* Réduire de 50% le "Borg disk waste", s'agit-il d'améliorer le rendement des grappes de serveurs lames, toujours en rapport avec le fameux data center de Google ? À moins que Borg ne se réfère à Star Trek, vu que les compères Page & Brin semblent des passionnés de science-fiction...

* Sans surprise, Google veut réduire le spam (dans les 20 langues les plus utilisées) (d'où probablement EFIGSCJKR), booster son système de pub, le contenu et l'aspect communautaire, l'innovation, etc.

* Toujours dans son ambition d'hégémonie, Google veut que ses outils soient installés sur tous les ordis et intensifier le déploiement de son Google Pack, notamment à l'intention des internautes novices.

* Voir également la liste de responsabilités qui incombent à Marissa Mayer, c'est pas la tâche qui lui manque :-)

* Enfin, le dernier fait souligné par Philipp vaut son pesant d'or : Google s'apprêterait à introduire sur Google.com une section de résultats proposant du contenu payant (paid content results section on Google.com).

Nous voici fixés pour 2007...


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vendredi 20 octobre 2006

Google : la suite ... dans les idées

Google : la suite ... dans les idées

ou comment réaliser un chiffre d'affaires d'une dizaine de milliards de dollars par an ?

C'est (relativement) simple : il suffit d'appliquer la formule Google, formule originale que la firme utilise pour calculer ses revenus publicitaires !


Revenu
= Nb d’utilisateurs x (Nb de requêtes/utilisateur) x (Nb de pubs/requête) x (Nb de clics/pub) x (Revenu/clic)
Question subsidiaire : une fois qu'on connaît la formule et le montant du revenu, peut-on calculer l'entité des autres éléments de l'équation ? Ça n'a l'air de rien, mais ça nous donnerait véritablement la mesure de la situation...

En attendant, voici quelques idées : au vu des chiffres annoncés par la firme, cela revient à dire que Google fait fi des dérives et s'accapare plus ou moins (disons plutôt plus que moins) 25% des parts de marché publicitaire, un résultat gigantesque qu'aucune société n'avait encore jamais réalisé à ce jour.

Concrètement, pour parler en termes simples et immédiatement accessibles, sur 4 dollars dépensés dans la pub, Google en prend 1 (Google to Get One in Four Web Ad Dollars) !

Une info à mettre en rapport avec les projections que faisaient Eric Schmidt en mars dernier, lors de la présentation de Google aux analystes financiers, sur laquelle je voudrais revenir en analysant plus précisément deux diapositives, les n° 8 et 9.

Commençons par la n° 9 :
Aujourd'hui, sur quatre dollars dépensés dans le commerce de détail, un dollar transite en ligne. Par conséquent vous pouvez aisément saisir les implications et les opportunités énormes qui s'offrent à nous.

À l'heure actuelle, la courbe de nos activités publicitaires est saine et suit une évolution croissante. Selon nos prévisions, nous devrions passer de 6 milliards de dollars cette année (2005) à 9,5 l'année prochaine (2006), en nous basant uniquement sur la tendance positive du trafic et de la monétisation de nos services.
Donc, le C.A. 2006, qui devrait avoisiner ou dépasser 10 milliards de dollars, est en parfaite adéquation avec les projections dévoilées en mars dernier !


Entre parenthèses, observons que ce revenu brut de 7,4 milliards de dollars sur les neuf premiers mois représentent 4,5 fois la valeur du deal avec YouTube, comme quoi, il y a de la marge, ou, comme dit Franck Poisson, le compte est bon. Une acquisition majeure qu'on pouvait déjà lire entre les lignes...

Des chiffres que l'on comprend mieux lorsque l'on sait que les liens vidéo vont maintenant s'ajouter aux liens affinitaires de Google et au marché de la recherche sur Internet, d'ores et déjà estimé à plus de 400 milliards de requêtes par an...

Ça nous fait un bel inventaire où mettre les pubs, enfin de quoi réaliser un système publicitaire plus exhaustif...

Un inventaire qui passe davantage par le développement de fonctionnalités plutôt que de produits propriétaires, tendance confirmée hier par Sergey Brin, dans le cadre de l'initiative « Features not Products », là encore une évolution annoncée dès le mois de mars :
Add features, not properties and make it really easy to use...

Ajouter des fonctionnalités plutôt que des produits propriétaires et rendre leur utilisation conviviale...
Google qui serait en train de plancher dans deux directions : une meilleure intégration de son interface pour mettre en avant la verticalisation du moteur, et l'étoffement de sa suite logicielle, en ajoutant bientôt Google Docs à Google Apps for your domain. Demain, il ne manquera plus que le navigateur et le système d'exploitation signés Google, et la boucle sera bouclée...

Un véritable défi pour Microsoft, qui AMHA devrait regarder du côté d'eBay ou de Yahoo, Yahoo qui vient tout juste d'annoncer des résultats moins flamboyants que ceux du premier de la classe, et le lancement de Panama, sa nouvelle plateforme de liens sponsorisés.

Donc, après un détour par les intemporels de Google, nous revoici avec les pieds sur terre. L'automne sera chaud. Et l'hiver froid :-)


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jeudi 12 octobre 2006

Les intemporels de Google


Article initialement publié en postface du livre « Le monde selon Google », dont j'ai déjà rendu compte de la publication aux éditions Distriforce (préface de Jean Véronis), et que je vous engage à lire si vous voulez en savoir plus sur Google.




Je vous le propose aujourd'hui en accord avec les auteurs, Régis LANGLADE, Sébastien BALULA, Cyril LOUIS, Philippe TORLOTING et Patrick TOURNIER, que je remercie vivement pour leur disponibilité.

Seule l'introduction a été remaniée pour mieux cibler le texte, tant en fonction de l'actualité de ces jours-ci que du cadre de mon blog. Billet un peu long, à imprimer de préférence pour le lire à tête reposée, mais les liens hypertexte sont là pour vous faciliter la navigation et vous permettre d'approfondir à votre gré.

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Introduction
L’approche « aucune contrainte »
La pyramide des besoins selon Google
Google et l’informationaute
Build Brand Recognition
Le marketing selon Google
Conclusion

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Introduction

Depuis le début de la semaine, le Web planétaire bruisse du rachat de YouTube par Google pour un prix faramineux. Et les analyses tentatives d'analyse se multiplient pour tenter de percer l'inscrutable Google Strategy, et de comprendre la place où s'inscrit cette nouvelle pièce dans l'infini puzzle stratégique de Google afin de mieux en affiner le rapport signal-bruit.

Un puzzle particulièrement difficile à appréhender, vu le dynamisme bouillonnant des compères Page-Brin-Schmidt, des Google Labs et de la formidable machine économique qu’ils mettent en place avec ingéniosité, intelligence, savoir-faire, et une constance quasi-quotidienne !

Une effervescence telle que pas un jour ne se passe sans son lot d’infos et de rumeurs sur de nouveaux produits, nouveaux services, nouveaux procès, nouveaux records, nouveaux brevets, nouveaux scoops, etc., autant de tesselles d’une mosaïque éparpillée.

Une constance et une effervescence qui n'ont certes pas été démenties ces dernières semaines, avec la mise à disposition gratuite des Google Widgets et de nouveaux services trop nombreux (Sergey Brin dixit) !

L'info la plus notable restant le lancement de Google Docs (serait-ce un clin d'œil à Microsoft et à son fameux .DOC ?), qui n'est autre que l'avancée à peine masquée de Google Office et du futur Webtop, suite logicielle destinée à mettre définitivement au placard le Desktop et la suprématie bureautique de Microsoft, qui a déjà commis l'erreur incompréhensible de ne pas saisir l'émergence d'Internet à temps, et qui serait impardonnable de perdre le train du Web une seconde fois. Hasta la Vista ! [Début]

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L’approche « aucune contrainte »

Cette entrée en matière pour dire qu’esquisser une analyse de Google implique faire abstraction des contingences dictées par l’actualité, et se concentrer sur les fondamentaux atemporels de la firme, ceux qui caractérisent et distinguent sa culture d’entreprise indépendamment d’hier, aujourd’hui ou demain.

Formidable success story dans le plus pur style américain, Google a réalisé l’adéquation parfaite de la rencontre entre l’offre et la demande, en réussissant à offrir au peuple d’Internet ce qu’il voulait au moment où il le voulait, allant même jusqu’à anticiper ses exigences, exprimées autant qu’inexprimées.

Avant Google, la recherche sur Internet était considérée comme un service parmi tant d’autres, à peu près au même titre que la météo, les horaires de train, l’horoscope et autres babioles totalement anecdotiques. Même le champ de recherche était noyé dans la masse, un onglet minuscule où il n’y avait pas la place de saisir deux mots côte à côte !

En rupture totale avec cette approche – ou, pour mieux dire, avec cette absence d’approche –, Google a mis la recherche au cœur de la page, une belle grande page blanche avec au centre une ligne entière dédiée à ma quête d’information ! Là où la concurrence proposait une page d’accueil surchargée et encombrée de froufrous superflus, propre à l’égarement, Google a répliqué par une page claire, limpide, aérée. Ah ! Je respire, ne suis distrait par rien d’inutile et reste concentré sur ma réflexion : quel mot clé, quelle phrase clé, ma recherche sur Internet est d’abord une introspection… Penser à son objet exige de moi que je le définisse au plus près sous peine de passer à côté, dans cet océan, ce Mare magnum qu’est l’Internet !

Une infinitude où, entre domaine public et Web invisible, la masse liquide de l’information s’accroît de façon exponentielle. Ce phénomène a un nom : l’infobésité. Qui génère d’une part le bruit – trop d’informations tue l’information – et de l’autre le silence – ce que je cherche existe, je le sais, c’est là quelque part, mais je ne le trouve pas. Avec au final une réponse trop souvent inaudible, et un utilisateur désorienté, submergé par la profusion informationnelle.

Oui, probablement, voilà le principal secret de Google : avoir compris avant tout le monde qu’au cœur de l’Internet était la recherche, et qu’au cœur de la recherche était la pertinence. L’utilisateur cherche, Google trouve. Aussi simple que ça ! Une réponse de qualité. Quasi-instantanément, ce qui ne gâte rien !
Google = qualité + simplicité + rapidité d’accès à l’information pertinente, le triptyque gagnant du moteur ! Trois déterminants livrés en bundle comme disent les anglo-saxons, offre couplée…
En outre, dans ce cycle sans fin, plus la masse d’info augmente, plus la recherche devient nécessaire, et plus la qualité des réponses indispensable. Donc, tant que Google trouvera ce que l’utilisateur cherchera, celui-ci sera satisfait de celui-là. Et un utilisateur satisfait est un utilisateur fidélisé. Franchement, pourquoi aller voir ailleurs, d’autant plus que c’est moins bien et plus cher ! Voici l’autre atout imparable de Google : la gratuité !

Un exemple parfait de cette approche googlienne nous est donné avec Gmail, autre rupture majeure par rapport à ce qui se faisait en matière de courrier électronique, courriel et recherche sur Internet occupant de loin les deux premiers rangs des activités préférées des internautes.

Là encore, l’offre de Google désarçonne la concurrence : alors que les principaux fournisseurs de « comptes postaux » offraient des services « gratuits » aux capacités limitées, qui devenaient immédiatement payants dès qu’on avait la prétention incongrue d’oser exiger des prestations un peu plus qualitatives, Google annonce – un premier avril, s’il vous plaît ! – la mise à disposition gratuite :
  1. d’un espace initialement « bridé » à 1 Gigaoctet, doublé par la suite et encore extensible !
  2. d’un filtre anti-spam et anti-virus extrêmement puissant !
  3. d’une fonctionnalité d’indexation pour retrouver n’importe quel message en une fraction de seconde !
  4. etc. etc.
De plus avec la formule originale d’accès au service « sur invitation », Google s’assure un bouche à oreille planétaire qui ne se démentira plus et s’étendra même à d’autres produits / services de la firme.

Voici deux exemples de rupture majeure, la recherche et le courriel, avec à la base une seule et même approche gagnante : qualité + simplicité + rapidité + gratuité ! Une philosophie définie en toutes lettres dans la stratégie de Google, qualifiée d’approche « no constraints » :
  • aucune contrainte matérielle initiale, en termes de puissance de traitement, de capacités de stockage, de bande passante, etc. : d’où la possibilité d’offrir à l’utilisateur un service de qualité, rapide et convivial ;
  • aucune contrainte économique initiale, qui serait liée à la monétisation des services : être avant tout orienté utilisateur, les revenus suivront, d’où la gratuité…
Une approche « disruptive » originale, donc, essentiellement axée sur les besoins des utilisateurs, et visant à satisfaire ces besoins en priorité. Ce qui n’est pas toujours le cas de nombre d’autres organisations, loin s’en faut, pour qui les intérêts des actionnaires passent volontiers DEVANT ceux des utilisateurs-clients-consommateurs… [Début]

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La pyramide des besoins selon Google

Nous disions plus haut que « Google a réalisé l’adéquation parfaite de la rencontre entre l’offre et la demande ». En économie, le lieu de rencontre entre l’offre et la demande est ce qu’on appelle un marché. Dont les deux pôles sont, en simplifiant à l’extrême : les organisations d’une part, les utilisateurs de l’autre. Et où les premières cherchent constamment à connaître – pour mieux les anticiper et les servir – les motivations, les désirs et les besoins des seconds. Des désirs et des besoins hiérarchisés, qui sont le levier des motivations…

Or en appliquant une hiérarchisation en cinq classes, du genre pyramide de Maslow revue et corrigée pour Internet :
  • Classe I - Besoins matériels : ordinateurs, mobiles, consoles de jeux, dispositifs nomades, etc.
  • Classe II - Besoins logiciels : systèmes d’exploitation, programmes, applications, etc., qui font fonctionner ces matériels
  • Classe III - Besoins de connexion : socialité du réseau et identification, peuple des internautes, appartenance à des groupes, des forums, des communautés, etc.
  • Classe IV - Besoins de présence : être sur Internet, chercher sur Internet
  • Classe V - Besoins de visibilité : se positionner sur Internet, se faire trouver sur Internet (une présence invisible sur le Web n’ayant pas grand sens, dans la plupart des cas).
nous voyons que Google occupe déjà toutes les classes, peu ou prou, avec une nette prédilection pour se placer au sommet de la pyramide, des classes III à V, pour peu qu’on veuille appliquer ici aussi l’approche « no constraints » : aucune contrainte matérielle, aucune contrainte logicielle, « network is the computer ».

Par conséquent, juste pour la commodité du raisonnement, nous pourrions redéfinir ces trois classes supérieures en besoins primaires, secondaires et tertiaires, sans toutefois donner de priorité aux uns plutôt qu’aux autres vu leur interdépendance si étroite. Avec en outre, le besoin d’information transversal à ces trois catégories : ce n’est pas pour rien qu’on parle de systèmes d’information, de technologies de l’information, ou encore de société de l’information. À tel point que, si ce n’est déjà fait, l’homo œconomicus laissera bientôt sa place à l’informationaute !

Tel est, à mon avis, le futur cadre d’évolution de Google. [Début]

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Google et l’informationaute

À réalité nouvelle, désignation nouvelle ! À l’avenir, Internet ne sera plus réservé aux seuls internautes, mais aux informationautes lato sensu, à savoir tous les utilisateurs qui auront accès au réseau des réseaux depuis une plate-forme quelconque : les téléphonautes depuis le réseau téléphonique, les télénautes depuis la télévision, les ludonautes depuis les consoles de jeux, les « domonautes » depuis les électroménagers, etc. etc.

Ce que Google résume d’une simple phrase : « You don’t need to be at your desk to need an answer », soit, en d’autres termes, « Votre bureau n’est plus votre seul point d’accès à l’information ».
L’information, dénominateur commun à tous ces usagers. Qui expriment une demande en information gigantesque, planétaire, concomitante, multilingue…

Donc pour Google, la question est, sera : comment satisfaire ces besoins démultipliés ? Et comment les satisfaire avec la même facilité, rapidité, qualité, voire gratuité, le carré d’as qui a permis jusqu’à présent à la firme d’asseoir sa suprématie ?
Pour autant, il est probable que le futur de Google dépende étroitement des relations que la société réussira à nouer – ou non – avec les informationautes.

Tout va très vite sur Internet, et pour peu que l’expérience des utilisateurs ne corresponde plus à leurs attentes, celles et ceux qui ont fait le succès de Google hier pourraient bien être les mêmes qui décréteront son déclin demain.

Le challenge est ouvert 24/7/365, et comme dit Bill Gates en personne, dans cette hypercompétition, aucune erreur n’est permise.

En attendant, à la surprise de tout le monde, Google fait un sans faute et montre que la société n’a aucunement l’intention de s’endormir sur ses lauriers ! N’a-t-elle pas inscrit au rang de ses priorités stratégiques la nécessité d’œuvrer à la reconnaissance de la marque ? [Début]

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Build Brand Recognition

Ne trouvez-vous pas curieux qu’une marque comme Google, qui s’est hissée en moins de dix ans à la hauteur d’enseignes mondialement connues, voire qui les a dépassées, considère « stratégique » la nécessité de conforter toujours plus sa notoriété ? Qu’elle ne donne pas pour acquise sa reconnaissance actuelle, pourtant largement plébiscitée aux quatre coins du monde ?

D’après moi, la notion qui caractérise le mieux cette obsession qu’a Google de constamment bâtir sa réputation est l’universalité.

De son logo à sa devise en passant par la nature proclamée de sa mission, tout traduit ce désir, ce besoin d’universel chez Google.

Lorsque vous arrivez sur la page principale de Google, la couleur dominante est le blanc, celle qui fait ressortir toutes les autres, suivie du bleue, du rouge, du jaune, du vert et du noir, ce noir que l’on retrouve dans les pages de réponses à nos requêtes, où les résultats sont écrits … noir sur blanc !

Ces six couleurs dominantes correspondent aux couleurs simples décrites par Léonard de Vinci dans son Trattato della Pittura (Codex urbinas, n° 1270), traité sur la peinture probablement commencé aux alentours de l’an 1490, voilà plus de 5 siècles, où il définit déjà des couleurs primaires et secondaires :
« I semplici colori sono sei, de' quali il primo è bianco, (…) il giallo il secondo, il verde il terzo, l'azzurro il quarto, il rosso il quinto, il nero il sesto; ed il bianco metteremo per la luce senza la quale nessun colore veder si può, ed il giallo per la terra, il verde per l'acqua, l'azzurro per l'aria, ed il rosso per il fuoco, ed il nero per le tenebre, che stan sopra l'elemento del fuoco, perché non v'è materia o grossezza dove i raggi del sole abbiano a percuotere, e per conseguenza illuminare. »

Les six couleurs simples selon Léonard
(Nous avons les six couleurs simples, dont le blanc est la première, (…) le jaune la seconde, le vert la troisième, le bleu la quatrième, le rouge la cinquième, le noir la sixième ; nous choisissons le blanc pour la lumière, sans laquelle aucune autre couleur ne peut être vue, le jaune pour la terre, le vert pour l’eau, le bleu pour l’air, le rouge pour le feu, et le noir pour les ténèbres, qui sont au-dessus de l’élément feu, puisqu’on n’y trouve ni matière ni corps que les rayons du soleil pourraient irradier, et donc illuminer.)
Je ne sais si en choisissant leur logo Larry Page et Sergey Brin ont fait référence à l’œuvre de Léonard, grand prédécesseur et connaisseur de toutes les branches du savoir, mais la symbolique des couleurs de Google reprend bien cette totalité, origine étymologique du terme universalité, où les quatre éléments fondamentaux – la terre, l’eau, l’air et le feu – sont baignés de lumière et d’ombre – le blanc et le noir –, avec une nette prédominance du blanc, résultante de toutes les couleurs, symbole essentiel de pureté.

Un désir de pureté – de chasteté ? – qui transparaît jusque dans la devise de Google, Don’t be Evil (Ne sois pas le mal), qu’on pourrait croire sortie tout droit des Dix Commandements ! Vinton Cerf, père de l’Internet et du protocole TCP/IP n’a-t-il pas été recruté par Google comme Évangéliste en chef de l’Internet ? S’il est vrai que le nom fait la fonction…

Or quelle est la mission essentielle de cette « évangélisation » selon Google ? Elle consiste, selon les mots et concepts mêmes retenus par la firme, à « organiser l’information mondiale – toute l’information, et pas seulement une partie – et faire en sorte qu’elle soit universellement accessible et utilisable, dans toutes les langues, tous les pays, et sur tous les supports, en ligne et hors ligne… »

En d’autres temps quiconque aurait osé affirmer pareilles visées se serait immédiatement vu taxé de mégalomanie galopante, au mieux de démence, au pire d’hérésie !

Pourtant personne ne met aujourd’hui en doute que Google a les moyens de ses ambitions, que la société jouit d’un statut hors normes et qu’elle est devenue – bien plus qu’un simple moteur de recherche – un symbole. Je ne fais plus une recherche sur Internet, je google !

Une verbalisation déclinable dans toutes les langues qui en dit long sur le pouvoir de Google, je ne suis pas spécialiste mais je crois qu’on n’avait jamais vu pareille chose auparavant !

Et non, personne ne met plus en doute ni la capacité ni les compétences de Google, de poursuivre et réaliser son fol objectif, notamment grâce à son expertise en marketing ! [Début]

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Le marketing selon Google

La firme place la conquête du public sous le double signe de l’originalité et de l’interactivité.

Depuis sa création, Google est une société originale, à nulle autre pareille, qui ne fait jamais rien comme ses compétiteurs. Son entrée en bourse est d’ailleurs un modèle du genre, dont l’analyse sort largement des limites de cette modeste contribution, mais là encore en rupture totale avec ce qui se pratiquait avant. Certes, chaque entreprise a sa culture propre, c’est bien connu, mais Google pratique avec bonheur un marketing de la surprise et de la nouveauté, à un rythme tel qu’il devient pratiquement impossible à ses concurrents de relancer tout en restant crédibles !

D’où l’image durablement ancrée d’une société toujours à la pointe de l’innovation, fleuron du Web 2.0 (seule société à pouvoir se targuer d’une telle reconnaissance, parmi les géants de la recherche), en pleine santé financière, avec un potentiel de croissance prodigieux !

Oui, la mariée est jeune et belle, promise à un avenir radieux, or au lieu de jouer les bêcheuses – elle pourrait –, elle noue patiemment ses relations avec ses utilisateurs, dans un dialogue permanent (différence fondamentale avec Microsoft, par exemple, chez qui la communication est essentiellement unilatérale) où elle laisse volontiers la parole à ses interlocuteurs. Retour assuré !

Du reste, l’un des 7 principes marketing mis en avant par la société n’est-il pas : « Let others speak for you » (Laissez les autres parler pour vous) ?


Une interactivité qui se décline avec la mise en place de blogs « officiels » de Google, que toutes et tous peuvent fréquenter, et où toutes et tous peuvent librement intervenir.

Google est une entreprise à l’écoute, donc, pour qui l’informationaute est une personne responsable, majeure et vaccinée, digne d’être impliqué(e) au même titre que s’il ou elle faisait partie intégrante des communicateurs de l’entreprise ! Ainsi peut-on lire sur la page d’accueil de Google.com, en anglais (ne pas oublier qu’il s’agit d’une société américaine) : « Dissatisfied? Help us improve » (Vous êtes insatisfaits ? Aidez-nous à nous améliorer). Difficile d’être plus clair !

En fait, pour Google, rester simple et encourager l’interactivité est le meilleur moyen :
  • de parler aux utilisateurs un langage auquel ils sont sensibles
  • d’apprendre à les connaître pour mieux s’y adapter (les apprivoiser, en quelque sorte)
  • de parvenir à satisfaire leurs besoins et leurs goûts sans se montrer envahissant, sans heurter leurs habitudes, ce qu’ils supporteraient mal,
  • d’anticiper leurs attentes ou d’être réactif en temps voulu
  • de les influencer tout en se faisant discret, pour réussir à modifier leurs attitudes et leurs comportements dans un sens favorable à ses objectifs : la définition parfaite du Marketing !
[Début]

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Conclusion

Qualité, simplicité, rapidité, gratuité, universalité, originalité, interactivité, tels sont les maîtres mots de Google ! Les fondamentaux autour desquels Google a bâti, bâtit et continuera de bâtir, selon toute probabilité, son insolente réussite.

Google, une entreprise de rupture, une entreprise qui fascine, une entreprise dont l’avenir sera lié, comme toujours, à la qualité et la pertinence des réponses qu’elle apportera aux enjeux majeurs que le futur d’Internet nous réserve :
  • l’intégration de plus en plus étroite entre les sphères publique et privée, sociale et familiale, professionnelle et personnelle des individus ;
  • le traitement transparent des données personnelles et confidentielles, les garanties vis-à-vis des utilisateurs.
L’écueil que Google devra éviter (ou l'erreur stratégique, si erreur il y a), pourrait se situer au niveau d'un excès de « Thought leadership », que les informationautes finiraient par percevoir comme une réification (doublée d'une marchandisation) de leur personne, et d'une mainmise inacceptable sur certaines de leurs libertés fondamentales, telles que le droit à s'exprimer, à communiquer ou au respect de la vie privée de chacun et chacune. Avoir le réflexe Google, d’accord ; Google maître à penser, jamais ! Tant que la société restera à sa place, tout ira pour le mieux dans le meilleur du Web.
Dans ce cadre plus ou moins extensible, qualité, simplicité, rapidité, gratuité, universalité, originalité, interactivité demeureront les intemporels de Google !
[Début]

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lundi 7 août 2006

Is Google SafeRank coming soon? Do it with StopBadware...

Is Google SafeRankJM coming soon?


Do it with StopBadware...



Suite d'un précédent billet sous-titré « La recherche sécurisée sera-t-elle le prochain grand boum de l'Internet ? », rédigé il y a presque deux mois et demi, où j'indiquais que certains signes précurseurs laissaient deviner l'avènement proche de la recherche sécurisée, enjeu majeur de l'Internet, et ce malgré les difficultés en termes de fiabilité et de responsabilité pour les parties prenantes, en présentant notamment l'apparition de deux nouveaux services, SiteAdvisor (McAfee), et Scandoo (ScanSafe).

Cette fois Google, décidément très actif sur tous les fronts, prend le taureau par les cornes et fait alliance avec Sun Microsystems et le chinois Lenovo, pour s'impliquer dans la Stop Badware Coalition, une initiative gérée par deux Universités prestigieuses, Harvard et Oxford.

Concrètement, ça se traduit par un écran d'avertissement lorsque vous êtes sur le point de visiter des sites classés suspects, du genre :


Le message de Google affiche : “Warning – the site you are about to visit may harm your computer!” (Attention ! le site que vous êtes sur le point de visiter pourrait endommager votre ordinateur). Voir ici. Qui s'y risquerait après pareille entrée en matière ?


Exemple de rapport détaillé avec ... Kazaa !


Slogan de StopBadware.org : “Regaining Control of Our Computers” (Reprenez le contrôle de votre ordinateur). Tout un programme :-)

Vinton Cerf
fait également partie du comité consultatif qui supervise le groupe de travail. Le site met en outre à disposition des visiteurs une page de FAQ, un manifeste, des lignes directrices et un blog, sur lequel les internautes peuvent signaler leurs mauvaises rencontres...

Nous verrons comment réagiront les autres moteurs, puisque j'imagine que Yahoo!, MSN ou Ask ne seront pas en reste. À suivre !

En tout cas, c'est un véritable challenge à relever pour établir la réputation des entreprises, et plus généralement des éditeurs de sites...


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