mercredi 10 janvier 2007

Ce que les anglo-saxons nous enseignent

Ce que les anglo-saxons nous enseignent
(un enseignement que nous ne savons pas recueillir)

Dès fin août dernier j'annonçais sur mon blog le départ de Danny Sullivan de Search Engine Watch (ils doivent le regretter...), alors qu'il n'avait pas encore décidé de son futur, ou tout au moins il n'en avait pas encore parlé, même si c'était dans l'air. Ce n'est qu'un peu plus tard, le 16 novembre, qu'il annonça sa nouvelle aventure dans SearchEngineLand, dont le PR est encore à 0, plus pour longtemps je suppose, vu l'explosion du trafic en moins d'un mois (c'est-à-dire du 11 décembre, jour du lancement officiel, au 8 janvier, date de publication des premières stats) !...


Après 30 000 pages vues pendant les dix premiers jours (si vous voulez comparer avec mes propres stats...), ce sont 135 000 pages vues dans le mois, soit environ 4 400 par jour, pour 85 000 visiteurs (2 700/jour). Une belle réussite pour un site à peine créé.

Donc, au-delà de la personnalité de son fondateur, comment expliquer cette énième success story ? Et qu'en apprendre ?

Car c'est bien cela qui m'intéresse. Tout d'abord, ce qui est remarquable, c'est le groupe dont Danny a su s'entourer. Que des grands noms, Barry Schwartz, Chris Sherman, Bill Slawski, Jennifer Slegg, Eric Ward (!), etc., par ailleurs tous très actifs sur leur blog perso.

Pour autant, constituer une équipe qui gagne ne signifie pas uniquement réunir des individualités particulièrement compétentes et talentueuses, mais surtout réussir à les fédérer autour d'un projet commun. Ajoutez-y un travail acharné, j'ai compté 260 billets publiés entre le 1er décembre 2006 et ce jour, à l'heure où j'écris, soit une moyenne proche de 7 articles quotidiens si l'on tient compte des fêtes. Sans oublier la qualité et la réactivité, voir la réponse de Bill à ma question...

Si je devais choisir parmi les qualités de cette équipe, outre le grand pragmatisme anglo-saxon qui n'est plus à démontrer, je dirais compétence, sérieux, humilité, cette dernière étant probablement ce qui nous manque le plus en France pour faire quelque chose de similaire. Car parlons peu, parlons clair. Malheureusement, rien de semblable n'existe chez nous ! Ne peut exister ?

C'est ça qui me fait chier chez les francophones (étant français moi-même, a priori, je sais de quoi je cause...), c'est que les individualités les plus talentueuses ne savent pas travailler ensemble, comme si on n'était pas capables de voir plus loin que le bout de notre nez. Trop d'égo, de petites rancoeurs, de querelles de chapelles, c'est moi le meilleur et pas toi, na na na. De vrais gosses (d'ailleurs les canadiens doivent bien rigoler de nous...), et une impossibilité chronique de faire un travail COMMUN de qualité. Pas dans les mots, certes, il suffit de se balader dans la blogosphère franco-française (qui tourne plus souvent qu'à son tour à la blaguosphère) pour voir que ce ne sont pas les beaux discours qui manquent.

Mais côté réalisation, rien à ma connaissance, un beau zéro pointé.

Alors on a les incontournables, les deux Olivier, Dupond & Dupont du référencement français, qui réseautent à tout va et vont de formations en publications, monopolisant la scène sans trop partager : au début de mon blog, O. Duffez signalait mes billets de temps en temps, puis il s'est arrêté brusquement, probablement par peur que je finisse par lui faire de l'ombre, mais enfin, qu'il se rassure, il suffit de comparer nos stats pour voir que c'est pas demain la veille (enfin, je le remercie encore d'avoir daigné se pencher sur mon cas).

Quant au second, O. Andrieu, qui sait fort bien faire sa petite cuisine (il n'est pas gaulois pour rien), malgré ses stats mirobolantes et son savoir-saire ou savoir-dire et écrire, il est quand même impliqué dans deux échecs retentissants, le lancement avorté du blog de Ask fini aux oubliettes et le désastre du SES Paris, lui qui est pourtant un inconditionnel de Danny Sullivan.

Bon, après ça, ils vont peut-être m'en vouloir à mort, je m'en tape, je ne fais pas partie du microcosme, et ce n'est pas mon but. Ceci étant, si ce devait être leur seule réaction, c'est qu'ils n'ont rien compris, et ce serait fort dommage. Vivre de ses rentes, ça va un temps, mais sur le Web on devient vite un dinosaure, et comme chacun le sait, ces bêtes-là ont disparu. Seul le coup de gueule de David a eu le mérite de soulever le problème, et ce n'est pas parce qu'il mentionne mon nom que j'écris ce billet, qu'on ne s'y trompe pas.

Non, ce billet est essentiellement pragmatique (j'essaie d'apprendre) : d'un côté, une formidable réussite collective (et individuelle aussi, certes, puisque Danny est bien le moteur de tout ça), à la hauteur de l'échec collectif du référencement français : proposer aux internautes francophones un site phare, ouvert et réactif, pour expliquer aux gens, dont la plupart n'y comprennent rien ou pas grand chose, ce qui se passe sur Internet. Et qu'on ne me dise pas qu'il ne s'en passe pas, des choses !

Donc je plaide pour davantage de partage et d'humilité de la part des acteurs historiques du référencement en France, c'est bien beau de se dissimuler derrière le manque de promotion d'une initiative ou autre, mais ça ne devrait pas servir d'alibi et dispenser de reconnaître ses torts. Et d'en tirer les leçons pour essayer de faire mieux la prochaine fois.

Enfin, pour conclure, qui sera l'émule de Danny Sullivan dans le paysage SEO/SEM francophone ?

Ce ne sera pas moi, c'est clair, je n'en ai ni la légitimité ni les compétences. Ni Loïc Le Meur, qui a certainement l'une et les autres, mais qui est trop politisé pour être crédible. Sur Internet, le combat Sarko/Ségo, ça gonfle et c'est relatif...

Moi je me contente de poser la question. Des réponses ?


P.S. Quand je vous parlais de la nécessité d'une forte logique commerciale derrière une initiative de ce genre (dans ma réponse au premier commentaire de Serge)...

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10 Tips For Writing A Profit Producing Ad

10 Tips For Writing A Profit Producing Ad

Titre qui n'a pas grand chose à voir avec le contenu de ce billet, quoique...

Tout commence avec un signalement de François (c'est pas lui sur la photo :-) sur ce brevet récemment obtenu par Google, qui s'intitule « Methods and apparatus for estimating similarity », en gros une méthode pour détecter les duplications de contenu dans les pages, je vous fais grâce des détails, c'est extrêmement ardu. Pour les téméraires, voici deux sources en anglais pour approfondir, ici et .

Donc, au-delà de la prouesse technologique, ce qui m'intéresse, c'est comment Google va décider le vrai du faux en cas de duplication. Exemple pratique.

Sur la requête "You can get ad copy ideas by studying similar", Google ressort 239 résultats. Il s'agit généralement du premier truc d'un article passe-partout qui s'intitule, grossièrement traduit, « 10 trucs pour rédiger une pub rentable », qui a de multiples variantes et de nombreux auteurs, comme nous allons le voir.

Premier résultat : Writing An Effective, Profit Producing Ad, by Ronald Gibson (Copyright 2005), qu'on retrouve ici ou .


Le même article a également pour auteur Anton Cheranev, sous le titre 10 Tips For Writing A Profit Producing Ad, qu'on retrouve bizarrement dans une base d'articles juste aux côtés de ... Ronald Gibson !


La seule différence étant que le second supprime la titraille en caractères gras, mais rassurez-vous, on le retrouve ici à l'identique, titre compris, sous la plume de ... David Riewe. À moins que vous ne préfériez qu'il soit rédigé par I-key Benney, CEO millionnaire en $$$ de New York City et créateur du fameux "Mscsrrr: Millionaire Secret Cash System, lequel I-key Benêt varie en nous livrant ici 10 Insiders' Secret For Writing Profitable Ads.

Cela ne nous étonnera qu'à moitié de le retrouver dans cette autre base d'articles, en l'ineffable compagnie du cher ... Ronald Gibson, qui se rappelle ainsi à notre bon souvenir. :-)


Bon, c'est bien beau, tout ça, mais faudrait voir à pas oublier Kenneth Fox, et le grand Larry Dotson, tellement présent qu'on pourrait même croire que c'est lui qui a écrit l'original, on le retrouve d'ailleurs chez Gotlinks, comme ses compères Anton Cheranev et Ronald Gibson ci-dessus !...

Quant à Todd Schlomer, il préfère nous en donner 20 pour le prix de 10, je renonce à chercher la provenance des dix premiers (ah, j'ai trouvé, il s'agit des 10 Tips For Writing A Highly Persuasive Ad... :-)

Ne manquait plus que Rojo Sunsen, dans la même base d'articles où il est expert au même titre qu'I-key Benney, CEO millionnaire en $$$ de New York City et créateur du fameux..., pardon, le très illuminé créateur et fondateur de “TMT Science & Technology”, où TMT signifie “Transcendental Mental Technology”, une science vieille de 10 000 ans, au moins, dont les “SECRETS” de richesse et de puissance ont été jalousement gardés depuis et jamais révélés au grand public, pauvres de nous !

Tout ça dans la plus pure éthique du copywriting, je ne vous infligerai pas la recherche sur les 200 résultats manquants, s'il y a des volontaires, je leur passe la main. Voilà quand même une histoire qui me rappelle fortement quelqu'un...

Enfin, tout ça pour dire que malgré les brevets susmentionnés, ça va être coton de faire un travail de qualité, voire pertinent, vu le nombre de charlatans qui polluent le Web, mais il est vrai que Google a déjà sa petite expérience en la matière...


P.S. À signaler que le brevet prévoit aussi d'identifier les duplications de liens :
As another example of the application of similarity engine 124, similarity engine 124 may generate object vectors for a web document based on the list of hyperlinks in the document. Accordingly, similarity engine 124 may develop similarity sketches based on a document's list of links.
Ça promet !

Question subsidiaire : si quelqu'un découvre l'auteur original de l'article et sa date de création, il ou elle gagne ... toute ma reconnaissance :-)

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lundi 8 janvier 2007

Top 2006 et 5 choses...

Top 2006 et 5 choses...

Cinq choses de moi que vous ne saviez probablement pas ... encore !

Titre faisant écho au billet intitulé TOP 1000, publié il y a un an presque jour pour jour, le 7 janvier 2006, qui marquait la reprise d'activité de mon blog après 10 mois de silence, et qui reste aujourd'hui encore l'un des plus visités, comme je vous le signalais dans les 40 articles les plus lus de mon blog.

2006 aura donc été l'année aux 164 billets, répartis de la façon suivante :
  1. 10 en janvier
  2. 8 en février
  3. 7 en mars
  4. 21 en avril
  5. 27 en mai
  6. 17 en juin
  7. 12 en juillet
  8. 21 en août
  9. 16 en septembre
  10. 7 en octobre
  11. 12 en novembre
  12. 6 en décembre
Probable qu'il m'en aura manqué une centaine pour devenir un pro blogueur...

Toujours pour rester dans les statistiques, ça représente presque 14 billets par mois, soit une fréquence de publication proche d'un jour sur deux, avec une frénésie de publication en mai et le mois le moins prolifique en décembre, plus de deux tiers des billets (114) concentrés sur le semestre d'avril en septembre, et une répartition égale entre le premier et le dernier trimestre (25 billets chacun).

Selon mes stats, sur cette même année 2006, mon blog a été visité par plus de 36 000 personnes (soit une centaine de visiteurs quotidiens), dépassant 53 000 pages vues. Je sais que certains blogueurs font ça dans la journée, voire moins, mais pour rester positif, disons qu'à ce jour j'ai au moins évité la présence des trolls.

Et même si les commentaires sont plutôt rares à mon goût, tous ont le mérite d'être constructifs dans la critique, qu'elle soit positive ou négative. En tout cas, le dernier de l'année m'a marqué, celui de Luc, qui me félicite pour la qualité et la fréquence de mes publications, et regrette que mon flux RSS ne soit pas complet ! C'est réparé, mais comme je lui fais remarquer : « J'avais adopté le choix du flux partiel parce qu'en général mes billets sont plutôt longs et que je ne voulais pas décourager d'emblée mes lecteurs potentiels. » [Début]

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Cinq choses de moi que vous ne saviez probablement pas ... encore !

Par ailleurs, l'année 2007 semble commencer dans la continuité avec 2006, puisque j'ai été tagué par trois blogueurs influents et de qualité pour dévoiler 5 choses qu'on ignore généralement de moi, d'abord Sébastien, Didier, Chauffeur de Buzz, puis de nouveau Didier qui me rappelle à mes obligations :-)

Dont acte :
  1. En réponse au commentaire de Luc, il est probable que la fréquence de mes publications va se raréfier en 2007. Car comme je l'expliquais dans cette interview, bloguer est extrêmement chronophage et (me) demande beaucoup de travail, aux dépens d'autres choses, qui devraient passer prioritaires durant l'année en cours...
  2. Ce n'est sûrement pas pour compenser, mais depuis que je suis passé à la nouvelle version de Blogger, j'ai remarqué qu'à chaque fois que je retaguais mes billets (pour recomposer à terme mon nuage de tags qui me manque tant), notamment les plus anciens, ils remontaient dans mon flux RSS comme s'ils venaient juste d'être publiés. Je m'excuse donc d'avance auprès de mon lectorat qui risque de voir émerger au fil des mois les vieux billets comme si c'étaient des nouveaux !
  3. 2007 devrait marquer le basculement de mes activités professionnelles de la traduction vers Internet, avec plusieurs projets en germe et en cours, dont les explorateurs du Web, mais chaque chose en son temps...
  4. Le point commun de ces projets est qu'ils sont très orientés contenu, une évolution qui se traduit également dans l'intitulé de mon métier, qui passe de traducteur-auditeur linguistique / localisateur à consultant en contenu et optimisation linguistique, une terminologie peut-être un peu abstraite, comme le souligne justement Manuel Diaz en commentaire, mais qui n'en demeure pas moins fortement concrète...


    J'espère que je ne ferai pas mentir le Chauffeur de Buzz, qui m'a flatteusement qualifié de « King of Rich Content », difficile d'être à la hauteur !
  5. En conclusion, je ne sais pas si pour moi 2007 sera l'époque du quatrième âge, mais voici des mots de Vinvin que j'ai décidé de m'approprier (c'est moi qui souligne) :
    Alors maintenant j’ai la sensation qu’il faut continuer sans chercher ces fameuses “conversations” que le blog était censé ouvrir. Vu le nombre de blogueurs, l’acharnement des débiles à s’exprimer (je ne donne pas de leçons, toi qui lis trop vite, je pense tout haut), le manque de civilité des plus jeunes, la recrudescence de campagnes de buzz, il faut avancer sans s’arrêter et sans se retourner. Ne plus chercher le dialogue, la réponse, la compréhension de l’idiot (on est tous l'idiot de quelqu'un, je sais), mais peut-être simplement se contenter de sa propre expression. L’expression, c’est déjà énorme. Il faudra trouver un moyen de tempérer les insultes sans fermer les commentaires. De bien expliquer la différence entre espace de liberté et marché aux poissons. Dans ce nouvel âge, j’ai l’impression que les blogueurs vont se concentrer sur leur art, quel qu’il soit, et que nous allons nous accompagner tranquillement, avec ou sans objectifs de gloire, vers la réussite de nos projets. J’ai l’impression que l’on va prendre en maturité et que les quelques specimens qui feront des passages à l’antenne ou ailleurs, sous ces paillettes illusoires, ne s’en vanteront pas plus que d’un 17/20 en histoire-géo. Nous regarderons peut-être cela avec un léger sourire, trouvant ça drôle ces petites percées hors du web, inutiles et sympathiques. Car je crois que c’est sur le web lui-même que se trouve la solution, pas ailleurs. C’est là qu’il est le trésor. Nous saurons alors distinguer le talent pour ce qu’il est, l’accompagner parce qu’il nous plaît et nous fait rêver. Je suis persuadé que le web est, pour quelques temps encore, un extraordinaire terrain de création. Manque plus qu’un modèle économique pour faire de ce terrain vague bien Français un beau jardin à l’Anglaise.
    En partie, ils font écho à ce passage du premier billet que j'ai écrit sur un blog, disparu aujourd'hui mais repris ici, c'était le 16 février 2005 :
    Me traiter de Guignol et trouver ma photo kitch, pourquoi pas. Chacun ses goûts et si ma tête lui plaît pas, il suffit de cliquer pour passer sur un autre site, y a que l'embarras du choix sur Internet ! Il risquera pas d'être en manque.

    Mais m'accuser de baratiner et de faire dans l'illisible, ah le pisse-froid ! Me dire ça à moi, qui écris depuis 20 ans du soir au matin et du matin au soir et dont la qualité du français est unanimement reconnue par mes clients depuis tout ce temps (je sais ce que je dis, quand ils m'ont trouvé, ils me lâchent plus !)...

    Enfin, sans le savoir, il est l'un des déclencheurs qui m'a décidé à ouvrir ce journal. Tous les commentaires fâcheux, virés, censurés, à la trappe ! C'est moi qui décide et ma décision est sans appel.

    Je veux qu'on m'aime ! Tu m'aimes pas, va voir ailleurs. On peut pas plaire à tout le monde, mais si je te plais pas, sache que c'est réciproque !...
    Du reste, le « pour quelques temps encore » est le seul passage sur lequel j'espère qu'il se trompe, même si je crains bien qu'il ait raison...
L'avenir nous dira ça aussi. En attendant, bonne année 2007 à toutes et à tous. :-) [Début]



P.S. Impardonnable ! J'oubliais de taguer 5 autres blogueurs pour les inviter au petit jeu des « 5 choses que vous ne savez probablement pas sur moi » :
  1. Jérôme Charron, qui se fait trop rare à mon goût sur Internet
  2. Maître Eolas, l'excellence dans l'éloquence
  3. Loïc Le Meur, on ne le présente plus
  4. Vinvin, Cyrille de Lasteyrie de son pseudo :-)
  5. Chris Membrey, une expérience fort intéressante
Je voulais aussi en inviter d'autres, comme Frédéric Cavazza ou Christophe Brasseur, mais lui a déjà répondu...

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mercredi 20 décembre 2006

Is Internet of Things the Next Big Thing? Probably it is...

Is Internet of Things the Next Big Thing? Probably it is...

Introduction

Internet des choses ou Internet des objets ?

Évolution ou ®évolution ?
EPC Global
ONS - Object Naming Service
Le processus RFID

Scoop...

Chapitres à paraître prochainement dans un billet qui s'intitulera L'Internet des choses : le Big Bang 2.0...

Étiquette ou éthiquette ?
"Get chipped" ou "get clipped" ?
Être pour ou contre ?
Conclusion


À noter que toutes les images, clicables, pointent vers des documents de référence, en général des PDF.

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Introduction

En mars dernier, pour la mise en ligne de ma traduction sur la présentation de Google aux analystes financiers, je m'étais ingénûment mépris sur le sens de ces mots d'Eric Schmidt :
Its clear to us that we are just at the beginning of meeting our mission of "Organizing the worlds information and making it universally accessible and useful".
We believe that we have less than 5% of the information we should be able to get into our indexes, and we believe that the technologies we will develop will significantly expand the definition of search and the scope and scale of our worldwide business.
que j'avais rendus par :
Chez Google, nous avons conscience de n’être qu’au début du chemin vers la réalisation de notre mission, qui consiste « à organiser l'information mondiale et faire en sorte qu’elle soit universellement accessible et utilisable ».
Nous croyons que nous disposons aujourd’hui de moins de 5 % de toute l'information que nous serions en mesure d'indexer, et nous croyons que les technologies que nous sommes en passe de développer étendront de façon significative la définition de ce qu’est la recherche, impliquant une portée accrue et un changement d’échelle dans nos activités globales.
avant que Jérôme Charron ne commente pertinemment que :
Concernant les fameux 5% ... il ne faut pas s'arrêter au Web. Les gens de Google ne disent pas qu'ils n'indexent que 5% du Web... ils disent qu'ils n'indexent que 5% de l'information qu'ils peuvent indexer... ce n'est pas la même chose... ils parlent ici de l'information mondiale... et 5% me semble vraiment très largement surrestimé!
Or neuf mois plus tard, en associant cette information avec ces mots prononcés le 30 octobre 2003 par M. Philippe Lemoine devant la Commission nationale de l’informatique et des libertés, dans sa Communication relative à la Radio-Identification (Radio-Tags ou RFIds) :
il n’y a que 6 milliards d’êtres humains contre 50 000 milliards d’objets
(soit un rapport de 1 à plus de 8 000, comme si chaque être humain avait une productivité théorique dépassant 8 000 objets) je me dis qu'en effet, le taux de 5% annoncé par Google est largement surestimé, dès lors qu'on peut raisonnablement supposer qu'une bonne part de ces objets - communicants et communiquant - seront bientôt traçables, indexables, voire directement ou indirectement clicables sur Internet. Bien qu'ignorant quelles étaient les sources de M. Lemoine pour affirmer un tel chiffre à l'époque, je me garderai bien d'ergoter et le prendrai pour bon, même par défaut plutôt que par excès.

Donc, sommes-nous véritablement à la veille de l'avènement d'un Internet des objets, ou d'un Internet des choses, comme me le suggère la traduction française d'Internet of Things, même si la formulation communément (33 400 occurrences en ce moment, contre seulement 1 380 pour Internet des choses) et quasi-officiellement admise est celle d'Internet des objets ? [Début]

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Internet des choses ou Internet des objets ?

L'option d'un titre anglais pour ce billet n'a pour but que de m'obliger à m'interroger et prendre parti pour une traduction française, même si je sais que mon choix ne restera que ce qu'il est : une décision personnelle, sans aucune influence sur l'implantation terminologique probable d'Internet des objets vs. Internet des choses.

Pour autant, je trouve l'utilisation du terme « objets » trop restrictive dans ce contexte, et par conséquent inadéquate, inexacte même, « choses » ayant une portée plus ample et capable d'inclure - après les ajustements sémantiques nécessaires - non seulement les objets (produits et services), mais aussi les animaux, les plantes et surtout, last but not least, les humains réifiés...

C'est pourquoi je traduirai « Is Internet of Things the Next Big Thing? Probably it is... » par « L'Internet des choses sera-t-il le prochain Big Bang ? Probablement... » ! À noter d'ailleurs que le Web anglo-saxon privilégie l'usage d'Internet of things (376 000 occurrences) contre celui d'Internet of objects (seuls 196 petits résultats).

- « Tu pinailles », me direz-vous, « Que nenni ! », rétorquerai-je, car vu l'importance et l'universalité qu'est destiné à prendre l'Internet des choses, le poids et l'impact des mots sont tout sauf anodins et insignifiants...

Nous sommes à l'aube d'une véritable révolution, déjà en cours qu'on le veuille ou non, les avis personnels importent peu face à la réalité des ... choses, sauf à fédérer ces avis en quantité suffisante pour qu'ils atteignent la taille critique et soient en mesure de donner voix aux préoccupations - légitimes - qui sont derrière. Évolution ou involution, révolution ou ®évolution, l'avenir se prépare aujourd'hui et nous dira si nous avons été capables de tirer les leçons du passé ou non... Perso, n'attendez de moi aucune réponse illuminée, je ne suis pas devin :-) [Début]

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Évolution ou ®évolution ?

Il est clair que le jeu de mot avec le ® (registered), témoin habituel d'une marque déposée, est à prendre au deuxième degré, autant comme 1) traduction d'un enregistrement (à savoir la consignation par écrit ou la transcription sur un support quelconque à des fins de stockage, d'utilisation et de reproduction, etc.), que comme 2) signe de protection juridique implicitement attaché à cette notion...

Concernant le 1), l'enregistrement des données, faisons d'abord le point sur l'architecture sous-jacente à l'Internet des choses, dont j'ai déjà anticipé quelques notions dans mon précédent billet sur l'Internet des objets : quand le hasard fait bien les ... choses !, à savoir le fonctionnement d'EPCGlobal, de l'ONS, des RFID et autres technologies connexes (SAW, RTLS, M2M, NFC, etc.). [Début]

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EPC Global


EPCglobal IncTM est le joint venture créé entre EAN International (European Article Numbering, ou code article européen) et Uniform Code Council (UCC, agence chargée de la normalisation des codes-barres standard utilisés en Amérique du Nord) [EAN et UCC ayant fusionné en 2005 pour donner le jour au consortium GS1 (Global Standard, « 1 » pour unique et universel), dont le slogan est « The global language of business » (système/langage unique pour le commerce mondial)], pour exploiter la licence d'utilisation de la technologie RFID (Radio Frequency Identification, les radio tags ou identification par radiofréquence), inventée en 2001 par l'Auto-ID Center du MIT (Massachusetts Institute of Technology), groupe de recherche créé en 1999 et transformé fin 2003 en Auto-ID Labs.

Voici les principaux sponsors de l'Auto-ID Center à l'origine :


EPC Global IncTM (ex AutoID Inc.), qui développe le Réseau EPC (Electronic Product Code) des codes produit électroniques, auquel n'ont accès que les membres d’EPCglobal (un millier à ce jour), a délégué en janvier 2004 à Verisign la gestion de l'ONS (Object Naming Service), le serveur racine des noms d'objet, confiée, selon un rapport gouvernemental de janvier 2005, « dans des conditions discrètes par le gouvernement américain à VeriSign sans, qu’apparemment les autres acteurs aient eu leur mot à dire. Il faut dire que depuis l’Executive Order américain du 16/10/2001 classant "Confidentiel Défense" les architectures essentielles de l’internet, il y a peu de chance que cette désignation soit jamais éclaircie. » (point 1.2.1 - La relation stratégique entre l’ONS et le DNS).

N.B. Je suppose que les rapporteurs font ici référence aux sections 11 (National Communications System) et 13 (Classification Authority) de l'Executive Order on Critical Infrastructure Protection, qui renvoient respectivement aux Executive Orders12472, du 3 avril 1984, et 12958, du 12 avril 1995.

Voici un schéma très explicite des différents passages, paru en mars 2005 sur le site Intelligence Online :


Et si ce même point 1.2.1 observe que « La symbiose entre internet et identification des objets physiques n’était pas obligée »..., il souligne par ailleurs « Les similitudes poussées de l’ONS et du DNS », d'où la reconnaissance par certaines parties prenantes du rôle de Verisign, « néanmoins incontournable car seul acteur vraiment "global" disposant de toute l'expertise nécessaire ». [Début]

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ONS

Voyons maintenant l'Object Naming Service selon Verisign, le fameux ONS (sigle pour lequel j'ai trouvé plusieurs autres libellés en anglais : Object Numbering System, Object Numbering Service, Object Name Service, etc.), que je traduirai dorénavant par système d’identification des objets, une formule qui a l’avantage de regrouper les concepts de dénomination (name, naming) et de numérotation (numbering), l’utilisation des mots n’étant jamais neutre et la dénomination des identifiants numériques encore moins…

Il s'agit en fait du système distribué de routage des requêtes d'information sur les identifiants uniques EPC qui est au cœur du réseau EPCGlobal :


En gros, les missions critiques du réseau englobent : 1) le repérage-traçage (discovery), qui comprend l'identification et la localisation ; 2) le stockage des informations (storage), et 3) l'accès sécurisé (secure access) :


Voir les spécifications. Verisign nous propose également un parallèle entre DNS et ONS, bien pratique pour y voir plus clair (source : EPC Network Starter Kit PDF, 6,5 Mo) :



Le dialogue entre les différents composants du réseau et l'échange des informations sont supportés par le langage PML (Physical Markup Language), basé sur XML. Concrètement, de l'étiquette RFID à son adressage sur Internet, le processus est le suivant :


Flux des données :

[Début]

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Le processus RFID

En gros, l'étiquette (tag) se compose d'une puce (chip) et d'une antenne, activable par signal radio à une fréquence variable, signal émis par un lecteur fixe ou mobile qui comprend une carte électronique et une antenne. Une fois activée, l'étiquette transmet un signal en retour, le lecteur capture l'identifiant unique correspondant, et l'échange des données a lieu selon un protocole normalisé de communication (cf. principes de fonctionnement, en français).

Les étiquettes peuvent être actives ou passives, etc.


et le codage à 96 bits permet dans l'absolu d'associer un identifiant unique à 268 millions de sociétés (EPC manager), 16 millions de produits pour chaque société (Object class), et 68 milliards de numéros de série pour chaque produit (Serial number) !


Ce qui devrait suffire pour donner une adresse unique aux 50 000 milliards d’objets mentionnés plus haut, d'autant plus qu'avec le déploiement prévu d'IPV6 (tutorial), le protocole de prochaine génération codant les adresses à 128 bits, cela nous permettra de disposer, selon Wikipedia (je renonce à vérifier :-), d'environ 3,4 × 1038 adresses, soit 340 282 366 920 938 463 463 374 607 431 768 211 456, soit encore, pour reprendre l'image usuelle, plus de 42,5 millions de milliards d'adresses par millimètre² de surface terrestre. En comparaison, le protocole actuel IPv4 permet l'identification d'à peine plus de 4 milliards de machines (ou d'adresses) !

Vous en voulez encore ? Selon Jean-Michel Cornu, le plus grand préfixe est le Yotta : 1 Yo = un million de milliards de milliards d’octets. Pourtant, le nombre d’adresses IPv6 est trois cent mille milliards de fois plus important ! Ou que dire de ce commentaire ?
Ben même si chaque être humain consomme un million d'adresses IP, que d'ici 20 ans on est 10 milliards sur terre, ça ne fera "que" 10 000 000 000 000 000 (10^16) adresses IP utilisées... Et avec un million d'IP par personne, les appareillages électriques ont tous la leur, et même s'il faut passer à un milliard d'IP par personne, on a encore pas mal de quoi voir venir : 10^19 contre 10^38 disponible, il y a une sacrée marge de manœuvre !
Que ne fera-t-on pas avec les bits... Tiens, vu que je commence à fatiguer un peu, je vous fais grâce des étapes suivantes et vous offre un petit graphique à la place, s'il est vrai qu'une image vaut mille mots, autant d'économisés :-)


Enfin, très officiellement (via ServiceDoc Info), l'étiquette radio, ou radio-étiquette, est un « Réémetteur permettant d'identifier et de suivre à distance la personne ou l'animal qui le porte, le véhicule ou l'objet sur lequel il est fixé. »

Une définition d'importance puisqu'elle identifie très explicitement les quatre "cibles" potentielles des RFID : PERSONNE, ANIMAL, VÉHICULE, OBJET, d'où mon préambule sur la formulation inadéquate et partielle d'Internet des objets...

Comme le souligne de façon si prégnante l'UIT dans son rapport 2005 sur l'Internet of Things (PDF, 18 Mo, ou résumé), « A new dimension has been added to the world of information and communication technologies (ICTs): from anytime, any place connectivity for anyone, we will now have connectivity for anything (Figure 1). »

Une nouvelle dimension s'ajoute à l'univers des technologies de l'information et de la communication (TIC) : en tout temps, en tout lieu, la connectivité pour tout le monde et pour toutes choses.
Ça promet... [Début]

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Quant au 2), la protection juridique des données, le traitement fera l'objet de la section suivante : Étiquette ou éthiquette ?, et du billet suivant par la même occasion, à paraître probablement en 2007, qui s'intitulera L'Internet des choses : le Big Bang 2.0...[Début]

Lien connexe : Internet des objets : quand le hasard fait bien les ... choses !


P.S. Je ne voudrais pas finir sans vous livrer un scoop de mon cru, enfin, je crois, découvert durant la préparation et la rédaction de ce long, très long article.

C'est en rapport avec la technique des pings, largement utilisée pour les blogs :
Le ping service est une méthode de notification de changements : votre blog expédie une commande ping (...) à un annuaire ou à un autre blog, associée à un fichier XML. Dans ce fichier sont notamment contenues les références de votre site et la date de sa dernière mise à jour.
L'annuaire ou le site récepteur de la commande Ping peut ainsi mettre à jour ses listes de liens pour indiquer aux internautes que votre site vient d'être mis à jour. Généralement, le ping service est entièrement automatisé.
Or il faut savoir que les pings trouvent une application particulière dans le cadre des systèmes RFID, puisque vous pouvez pinguer une étiquette (ping a tag) pour échanger des données et tenir constamment à jour un inventaire, par exemple.

Et bien je vous le donne en mille, ou en yotta si vous préférez, à la fin de l'année dernière (octobre 2005), Verisign a racheté Weblogs.com et semblait très « enthousiasmé par sa nouvelle acquisition. »
Elle constitue le résultat de plusieurs mois de négociation avec Dave Winer, le fondateur de ce service de ping, qui ne parvenait plus à en supporter les coûts. En l'espace de quelques mois, le nombre de pings traité par Weblogs.com a plus que doublé, pour avoisiner les 2 millions d'unités/jour, indique VeriSign. Selon le gestionnaire du .com, qui traite également des centaines de milliers de transactions par mois, effectuées via des sites de commerce ou à partir de téléphones mobiles, le ping a bel et bien un avenir.

Par ailleurs, « ce ne seront plus des dizaines mais des centaines de millions de pings qui seront générés chaque jour. Et ce à mesure que les serveur de pings ne seront plus seulement utilisés dans l'univers des blogs, mais dans les médias plus grand publics ou la distribution de données d'entreprise », ajoute la société américaine.
« La distribution de données d'entreprise », qu'en termes sybillins cela est dit...

Réaction de Loïc Le Meur :
Il n'y a pas de modèle économique derrière tout cela. Et je ne vois vraiment pas ce qu'un VeriSign peut faire d'un service comme Weblogs.com.
Comme quoi même le premier blogueur de France et de Navarre peut parfois aussi dire des conneries (sans aucune référence à l'actualité, puisque je considère le Web 3.0 comme une fameuse réussite, surtout si on compare l'événement au SES Paris, entre espoir et déception)... [Début]

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Sur ce, bonnes fêtes, joyeux Noël 2006 et meilleurs vœux pour une année 2007 exceptionnelle, Adscriptor se met en sommeil jusque vers la mi-janvier... sauf imprévus (je serai plus d'une quinzaine de jours sans connexion Internet, à moins que le café du coin n'en ait une :-) [Début]

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vendredi 15 décembre 2006

Digital Life : la mutation numérique

Digital Life : la mutation numérique

Digital.life est le huitième rapport que l'UIT consacre à Internet, présenté lors de la conférence ITU TELECOM WORLD 2006, intitulée "LIVING THE DIGITAL WORLD" (Vivre dans un monde numérique), qui s'est tenue du 4 au 8 décembre dernier en Chine, à Hong Kong.
Le rapport commence par examiner les facteurs technologiques sous-jacents qui impulsent les nouveaux styles de vie numériques, notamment les technologies mobiles, les réseaux haut débit, le contenu généré par l'utilisateur (UGC), la TV sur IP et ainsi de suite (chapitre II). Puis il analyse la façon dont l'économie s'adapte aux innovations rapides et constantes en matière numérique, comment l'accès numérique pourrait être étendu à toutes les zones qui ne sont pas encore desservies, et comment les décideurs politiques devraient tenir compte de la convergence accélérée entre les médias (chapitre III). Il explore enfin la nature évolutive et le rôle de l'individu et de l'identité numériques (tant au point de vue théorique que pratique), au fur et à mesure que la médiation technologique envahit toujours plus nos vies quotidiennes (chapitre IV). Le rapport conclut en tentant d'imaginer ce que sera le déroulement d'une journée dans nos vies numériques de demain (chapitre V).
Comme le remarque le Sénateur René Trégouët, dont l'excellente lettre mensuelle m'a fourni la source de cette info :
Ce rapport souligne que deux milliards de personnes dans le monde ont à présent un téléphone portable et révèle que les technologies numériques personnelles se développent à une vitesse croissante, bouleversant les structures économiques, sociales et culturelles.

Et d'ajouter :
L’UIT souligne également que les lignes de téléphone fixes ont mis 125 ans pour dépasser le milliard d’unités, en 2001, et que la radio, la télévision et l’ordinateur ont mis presque 50 ans à se généraliser dans nos foyers alors qu’il n’a fallu que 21 ans au téléphone portable et qu’il faudra moins de 20 ans à l’Internet pour atteindre le même niveau. Depuis, les connexions fixes ont évolué à un taux beaucoup plus lent pour atteindre 1,2 milliard d’utilisateurs, tandis que le téléphone portable a poursuivi son expansion rapide.

Maintenant je comprends mieux les prévisions de Google qui anticipe depuis un an déjà son prochain milliard d'utilisateurs dans la téléphonie mobile... Car si le marché des TIC pèse dès à présent 3 130 milliards de dollars (soit près d'un tiers de plus que le PIB français), imaginez l'explosion lorsque la téléphonie mobile haut débit arrivera à maturité !


René Trégouët reprend également les propos de Lara Srivastava, co-auteure, selon qui « la montée en puissance des nouveaux modes d’expression et de communication numériques, "chats", blogs, forums, est en train de brouiller les frontières entre la vie publique et privée, temps de travail et temps personnel, monde réel et monde virtuel, comme le montre l’incroyable succès du "Monde 2", un univers virtuel si attractif que certains y passent plus de 80 heures par semaine ! »

C'est moi qui souligne, mais cela explique aussi pourquoi le rapport fait une distinction et met en évidence la transition nette entre identité humaine et identité numérique :


Identité numérique inévitable, même si apparamment une majorité d'inconscients trouve encore ça totalement inintéressant !!!

Et le sénateur de conclure :
Il ne fait aucun doute que cette mutation numérique mondiale va continuer à s’accélérer et va conduire, d’ici 10 ans, à l’émergence d’un monde radicalement nouveau, multidimensionnel, polycentrique et profondément déstabilisant, sur le plan psychologique, culturel et social, pour tous ceux qui n’auront pas pu ou pas voulu s’y préparer. Le grand défi de cette prochaine décennie va donc être de donner un sens social, culturel, cognitif et éthique à cette prodigieuse révolution technologique afin de l’humaniser et de la mettre au service du plus grand nombre. Si nous ne parvenons pas à relever ce défi de civilisation, nous risquons d’avoir à faire face à des fragmentations et des replis communautaires et culturels de plus en plus dangereux et un accroissement des inégalités sociales et cognitives qui ne pourront qu’alimenter la violence et l’instabilité du monde.
Je ne peux que souscrire à ce point de vue et engager qui me lit à toujours s'interroger sur le sens et les modalités de sa présence sur Internet. D'autant plus que dans dix ans l'Internet des choses (ou Internet des objets, si vous préférez) sera bel et bien réalité, ce qui risque d'ajouter grandement à la confusion (ce n'est pas un hasard si le rapport 2005 de l'UIT était consacré à l'Internet of Things)...


[MàJ - 17 décembre 2006] Jean-Michel Salaün relaie l'information, billet dans lequel j'apprends que l'intégralité du rapport de l'UIT est librement téléchargeable (PDF, 3 Mo, merci à Jean-Michel et Nicolas).

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jeudi 14 décembre 2006

Google WebOffice : pourparlers avec ThinkFree

Google WebOffice : pourparlers avec ThinkFree


Dans la bataille qui oppose Google à Microsoft pour la suprématie des suites bureautiques en ligne (outsider : Zoho), la probabilité que Google associe un outil de création de présentations à son traitement de texte et son tableur actuels n'est pas nouvelle, et j'en avais parlé il y a quelques mois.

Or Google négocierait l'acquisition de ThinkFree Office avec le coréen Haansoft (même si ce dernier préférerait une alliance), ce qui permettrait à Google de faire d'une pierre deux coups :
  1. se débarrasser d'un concurrent potentiel ;
  2. élaborer une suite homogène en y adjoignant d'autres fonctionnalités intéressantes.
En effet, outre ThinkFree Show, qui s'ajouterait à l'offre Google existante, la fonctionnalité Dossiers (ThinkFree Folders) permet d'assurer la gestion des répertoires entre votre PC ou votre réseau local et votre espace disque sur Internet, ce qui complèterait parfaitement la solution de stockage prévue par Google, à savoir GDrive, qui finira un jour ou l'autre par ne plus être réservée qu'à l'Intranet de Google...

Choix de modèles de transparents

Quant à la synchronisation Desk Office / Web Office, sans aucun doute l'aspect le plus important pour pouvoir concurrencer Microsoft, les applets Java de ThinkFree peuvent être téléchargés et mis en cache sur votre PC pour permettre une utilisation indépendante.

Autres nouveautés :
  • Doc Exchange, qui permet de publier sous Creative Commons et d'associer des flux RSS à tous les documents (aux siens ou à ceux des autres) qu'on juge pertinents ;
  • ThinkFree Viewer, qui « se compose d’interfaces de programmation, d’un générateur de code pour les opérations de copier/coller et des greffons à destination de la publication sur blog. Pour les utilisateurs, ThinkFree lance des "Widgets" (permettant par exemple d’ouvrir un document depuis un bureau) et des "Extensions" permettant par exemple d’ouvrir un document depuis son navigateur web. Plusieurs widgets sont déjà disponibles, pour le Dashboard de Mac OS X, pour Yahoo (Mac/Win) et pour Google (module). Quant aux extensions, elles sont déjà disponibles pour Firefox et Internet Explorer. Un menu contextuel s’affiche, permettant de lire un document de productivité depuis la suite Thinkfree. » Source : ToolLinux.
À noter enfin que les documents de ThinkFree peuvent être visualisés aussi sur un iPod, que le logiciel est déjà localisé, que ce genre d'application est développée en AJAX, et que Google vient d'ouvrir le développement de son Google Web Toolkit (GWT)... Ça fait pas mal de grain à moudre en perspective, tout ça !


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mardi 12 décembre 2006

Spam, scam et autres pourriels : l'explosion !

Spam, scam et autres pourriels : l'explosion !


J'ai assisté au cours des deux derniers mois à une explosion du spam dans ma boîte aux lettres. Heureusement que le filtre anti-spam de GMail tient ses promesses et se révèle extrêmement puissant. Exemple pratique :


Or en sachant que GMail évacue tous les spams de plus de 30 jours, cela signifie que les 15 000 spams affichés (et presque autant de virus attachés) ne représentent qu'un mois de « messages non sollicités », pour employer un doux euphémisme.

Comme vous pouvez le remarquer, par rapport à plus de 30 mille courriels reçus, ça fait un bon 50% de spam, la différence étant que j'ai reçu les courriels normaux sur plus de deux ans et les 15 mille pourriels (ou bourriels, j'aime bien aussi) en un mois !!!

En outre, il n'y a que quelques semaines, j'étais à environ 6 000 pourriels, soit une moyenne de 200 par jour, alors que ces derniers temps je suis en train de passer à 500 quotidiennement, soit une augmentation de 250% en l'espace de deux mois, signe tangible que les canons à spam fonctionnent à plein rythme !

[MàJ - 13-12-06, 12h] Juste pour confirmer la quantité de spams, voici la situation environ 24h après la mise en ligne de ce billet  :


J'avoue enfin que j'ai d'autres comptes que GMail, mais aucun n'a l'efficacité de Google. Je vous recommande chaudement l'usage de GMail, un produit qui touche à la perfection, et si vous le souhaitez j'ai des invitations disponibles...

Ceci étant, les dangers n'arrivent pas que par mail, ils se cachent aussi lorsque vous naviguez sur le Web. Le dernier rapport de McAfee SiteAdvisor montre bien que les résultats des cinq principaux moteurs sont aussi à risque (en dépit de certaines précautions) :


Comme quoi il n'y a pas que les IDN qui présentent des risques, et Microsoft l'a bien compris en soignant particulièrement la nouvelle mouture d'Internet Explorer : IE7.

Transition toute faite pour parler de l'initiative (conjointe ?) de Google et Yahoo!, qui ont choisi de personnaliser IE7, ou selon leur propre terme, de l'optimiser :



Une bonne façon d'utiliser les armes de l'adversaire quand on ne peut pas le terrasser. Via Blogoscoped.

Permettez-moi enfin de conclure en observant qu'Adscriptor compte aujourd'hui 200 abonnés, presque six mois jour pour jour après avoir franchi la barre des 100 (Blog Teflon® ou blog addictif : longue traîne et valeur ajoutée), ce qui me vaut d'être au 48e rang du classement de BlogHorizon, c'est bien la première fois que je suis classé quelque part ! Merci Didier :-)


Et, surtout, merci à mes fidèles lectrices et lecteurs !


P.S. Je sais bien qu'il suffit que je n'alimente plus le blog pendant quelques jours (ce qui pourrait bien se produire à l'occasion des fêtes) pour que le nombre d'abonnés tombe au ras des pâquerettes, mais en attendant, ça fait toujours plaisir !

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