jeudi 28 février 2008

Microsoft - Yahoo! : GYM 2007

Microsoft - Yahoo! : GYM 2007

Après avoir calculé certains indicateurs économiques de Yahoo! pour l'année 2007, sur la base de cette analyse, il m'était impossible de ne pas m'attaquer aux mêmes indicateurs pour Microsoft et Google, les deux autres composants de GYM, surtout en vue d'une fusion possible - et probable - de Microsoft et Yahoo!

D'abord parce qu'une analyse des données 2007 sera très vraisemblablement la dernière que l'on pourra faire de GYM, dont le sigle destiné à passer aux oubliettes rappellera peut-être quelque chose des débuts de l'Internet grand public aux générations futures.


(D'ailleurs avec la fusion, GYM deviendra peut-être MYG, Message to Young Generations...)

Ensuite, parce qu'il est intéressant, voire éclairant, de sommer les indicateurs du couple Microsoft-Yahoo! pour les comparer à ceux de Google...

Les trois indicateurs retenus sont les suivants :
  1. le ratio Cap./C.A. [Price / Sales (P/S) ratio, ou Value/Revenue (V/R) ratio], qui divise la capitalisation boursière d'une société par son chiffre d'affaires sur une année donnée, donne un multiple M indiquant que la société a créé M ¥/€/$ de capitalisation pour chaque ¥/€/$ de chiffre d’affaires généré ;
  2. le coût par dollar (CPD), qui divise les coûts marketing de l’entreprise (EME - Enterprise Marketing Expenses) (à savoir tous les coûts supportés en termes de ressources humaines et de programmes destinés à influencer le comportement des clients, des investisseurs, et leur façon de penser, d’agir et de sentir vis-à-vis d’une entreprise, d'une marque, etc) par le C.A., en dégageant le multiple CPD : en termes simples, combien coûte à l'entreprise chaque ¥/€/$ de chiffre d’affaires généré ;
  3. la productivité par employé, qui divise le C.A. par le nombre de salariés pour obtenir la part de C.A. généré par chaque employé dans l'entreprise.
  1. ratio Cap./C.A. : Microsoft 6,48 ; Yahoo! 4,54 ; Google 13,04. Cela veut dire que Google crée 13,04 $ de capitalisation pour chaque $ de chiffre d’affaires généré, et que les performances ajoutées de Microsoft-Yahoo! (11,02) seraient toujours inférieures de 12% à celles de Google !
  2. coût par dollar (CPD) : Microsoft 0,428 ; Yahoo! 0,478 ; Google 0,293. En faisant la moyenne du CPD pour Microsoft et Yahoo! on obtient 0,453, soit une valeur inférieure de 35% à celle de Google, à qui il en coûte 29,3 cents pour générer 1 $ de C.A. Autrement dit un différentiel de 16 cents. En clair, cela veut dire que si Microsoft-Yahoo! réalisaient leur C.A. cumulé de 58,091 milliards de dollars avec le ratio de performance de Google, ils économiseraient ... 9,3 milliards de dollars, plus d'1/4 de l'actuelle capitalisation boursière de Yahoo!
  3. la productivité par employé : là encore, Google explose ses concurrents, avec près d'1 million $ généré par employé (en progression de 13,65% par rapport à 2006), soit presque 35% de mieux que Microsoft et 50% de mieux que Yahoo!
Qui dit mieux ?

Comme quoi, même en supposant que les discussions aboutissent, que l'OPA soit finalisée et que l'intégration successive soit parfaite, une entité fusionnée Microsoft-Yahoo! a encore un long chemin à parcourir pour rattraper Google...


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Microsoft - Yahoo! : Yahoo! Inc. publie son rapport annuel 2007



Deux indicateurs économiques de Yahoo! en 2007



Annual Report (PDF) : 179 pages détaillant le business de Yahoo! Inc. et de ses 113 filiales !



Tout y est : les chiffres, les rachats, les procès (dont 7 depuis le 1er février 2008 !), la répartition États-Unis (68% en 2007 et 2006 vs. 70% en 2005) / International (32% en 2007 et 2006 vs. 30% en 2005), et Microsoft...



« L'OPA inamicale de Microsoft a jeté le trouble auprès de notre management et généré de l'incertitude, ce qui pourrait impacter négativement nos affaires... » - cliquer sur les liens pour en savoir davantage en français :
Microsoft’s unsolicited acquisition proposal has created a distraction for our management and uncertainty that may adversely affect our business.



On January 31, 2008, we received an unsolicited proposal from Microsoft Corporation (“Microsoft”) to acquire all of the outstanding shares of common stock of the Company. On February 11, 2008, our Board of Directors announced that, after carefully reviewing the proposal, it unanimously concluded that the proposal is not in the best interests of Yahoo! and its stockholders. The Board further indicated that it is continually evaluating all of the Company’s strategic options. The review and consideration of the Microsoft proposal (and any alternate proposals that may be made by other parties) have been, and may continue to be, a significant distraction for our management and employees and have required, and may continue to require, the expenditure of significant time and resources by us. Microsoft’s unsolicited acquisition proposal has also created uncertainty for our employees and this uncertainty may adversely affect our ability to retain key employees and to hire new talent. Microsoft’s unsolicited acquisition proposal may also create uncertainty for current and potential publishers, advertisers and other business partners, which may cause them to terminate, or not to renew or enter into, arrangements with us. Additionally, we and members of our Board of Directors have been named in seven purported stockholder class action complaints relating to the Microsoft proposal as more fully described in Part I, Item 3 “Legal Proceedings” of this Annual Report on Form 10-K. These lawsuits or any future lawsuits may become time consuming and expensive. These consequences, alone or in combination, may harm our business.
Par ailleurs, outre la possibilité évoquée de perdre des annonceurs et des partenaires, Yahoo! avertit sur la volatilité du cours de l'action et sur les risques importants de fluctuation de sa valeur, tout en précisant que :
We further believe that, as a result of Microsoft’s unsolicited acquisition proposal, and speculation concerning a potential acquisition, the future trading price of our common stock is likely to be volatile and could be subject to wide price fluctuations. There can be no assurance whether a transaction will occur or at what price. If a transaction does not occur, or the market perceives a transaction as unlikely to happen, our stock price may decline.
« Rien ne permet d'assurer que la transaction se fera, ou à quel prix. Si elle ne se fait pas, ou si la perception du marché est qu'il n'y aura aucune transaction, la valeur de notre action pourrait baisser. »



Ce qui est un doux euphémisme...



Enfin, une section entière est réservée à la clause empoisonnée :
Anti-takeover provisions could make it more difficult for a third-party to acquire us.



We have adopted a stockholder rights plan and initially declared a dividend distribution of one right for each outstanding share of common stock to stockholders of record as of March 20, 2001. As a result of our two-for-one stock split effective May 11, 2004, each share of common stock is now associated with one-half of one right. Each right entitles the holder to purchase one unit consisting of one one-thousandth of a share of our Series A Junior Participating Preferred Stock for $250 per unit. Under certain circumstances, if a person or group acquires 15 percent or more of our outstanding common stock, holders of the rights (other than the person or group triggering their exercise) will be able to purchase, in exchange for the $250 exercise price, shares of our common stock or of any company into which we are merged having a value of $500. The rights expire on March 1, 2011, unless extended by our Board of Directors. Because the rights may substantially dilute the stock ownership of a person or group attempting to take us over without the approval of our Board of Directors, our rights plan could make it more difficult for a third-party to acquire us (or a significant percentage of our outstanding capital stock) without first negotiating with our Board of Directors regarding that acquisition.



In addition, our Board of Directors has the authority to issue up to 10 million shares of Preferred Stock (of which 2 million shares have been designated as Series A Junior Participating Preferred Stock) and to determine the price, rights, preferences, privileges and restrictions, including voting rights, of those shares without any further vote or action by the stockholders.
Si vous souhaitez mieux comprendre ce qui précède, vous trouverez des explications dans trois billets en particulier :
  1. Microsoft - Yahoo! : petit glossaire pour mieux comprendre ce qui se passe...
  2. Microsoft - Yahoo! : les acteurs se positionnent, la conclusion est-elle proche ?
  3. Microsoft - Yahoo! : la bataille de procuration est engagée !
Pour conclure sur le résultat annuel de Yahoo!, il est de 840 697 000 $ en 2007, contre 1 324 529 000 $ en 2005 et 937 861 000 en 2006, soit en baisse de 11% par rapport à 2006, et de 36,5% par rapport à 2005 ! [Début]



* * *


En outre, si je reprends les indicateurs économiques appliqués à l'analyse de GYM en mai dernier, on voit que Yahoo décline fortement :



Le premier indicateur est le ratio Cap./C.A., qui permet de déterminer le multiple de capitalisation pour chaque dollar de chiffre d’affaires.



En 2006, GYM avait généré un C.A. global de 61,3 milliards $ pour une capitalisation agrégée de 469,5 milliards $, soit un ratio Cap./C.A. moyen de 7,66. En termes simples, cela signifiait que sur cette période les trois sociétés avaient globalement créé 7,66 $ de capitalisation pour chaque dollar de chiffre d’affaires.





Or en appliquant ce ratio à Yahoo! en 2007, cela donne 6 969 274 000 $ de C.A. pour une capitalisation de 31 639 345 220 $ (1 360 247 000 actions cotées 23,26 $ au 31-12-2007), soit un ratio de 4,54 : l'année dernière, Yahoo a créé 4,54 $ de capitalisation pour chaque dollar de C.A.



En baisse d'un tiers par rapport à 2006
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Le deuxième indicateur est la règle du coût par dollar (CPD) de Lou Gerstner, à savoir combien il en coûte à une entreprise de générer 1 dollar de C.A. par rapport à ses concurrents…



On l'obtient en divisant la somme des coûts marketing de l’entreprise (EME - Enterprise Marketing Expenses) par le C.A.





Il en a donc coûté 41,8 cents à Yahoo! pour générer 1 dollar de C.A. en 2006, contre 47,8 cents en 2007 (avec un total EME 2006 de 2,684 milliards $, contre 3,328 milliards en 2007), soit +14% d'une année sur l'autre !





Donc en conclusion, Yahoo! dépense plus d'un côté et crée moins de valeur de l'autre, pour la plus grande joie de ses actionnaires...



Sur ce, je vous laisse faire de même pour Microsoft et calculer le ratio de performance agrégé Microsoft-Yahoo! par rapport à Google, moi je vais me coucher. :-) [Début]





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lundi 25 février 2008

Translation 2.0 Open Project : compte à rebours

Translation 2.0 Open Project : compte à rebours

Comprendre. Communiquer. Partager.


Nous y voilà ! Le compte à rebours est commencé, plus que quelques jours au lancement de Translation 2.0 Open Project - TOP² pour les intimes -, actuellement nous mettons la main aux dernières retouches.

Nous, c'est Primoscrib, la société de Stéphane et Sylvain, et Studio 92, ma société depuis 19 ans cette semaine !

Il est d'ailleurs normal que je réserve la primauté de l'annonce à ce blog, puisque c'est via Adscriptor que Sylvain m'a contacté la première fois pour me parler du développement d'un projet lié à la traduction.

Or de mon côté j'ai commencé à réfléchir à TOP² en 1999 : TOP signifia d'abord Translation Online Portal, puis Translation Ontology Project, dont le but aurait été la création d'une ontologie de la traduction dans le monde, peut-être un peu trop ambitieux...


Si vous visitez le site, survolez l'hexagone avec le curseur et explorez-le (il n'y a que trois pages !). Avec comme noyau du concept l'équation suivante : traduction = communication !

Une idée qui me tient à cœur depuis très longtemps, que j'ai tenté de décrire de façon plus détaillée dans le circuit communicationnel de la traduction.

Petit rappel pour mémoire :


Et tout ça pour quoi, me direz-vous ? Simplement pour tenter de redorer le blason de la traduction, totalement galvaudé dans l'esprit des donneurs d'ordre, voire des acteurs mêmes de la traduction que sont les agences de traduction et les traducteurs, dont on attend trop souvent la quadrature du triangle...

Car les maux de la traduction (tiens, c'est joli, ça) tirent leur origine de la méconnaissance totale qu'en ont généralement les clients, chez qui il suffit de "parler" ou "connaître" plus ou moins bien une langue pour être capable de traduire ! Ce qui est une ineptie sans nom, constamment démentie à l'épreuve des faits...

Par conséquent, vous comprendrez que lorsque Stéphane et Sylvain m'ont fait part de leur projet, j'ai sauté sur l'occasion de leur parler du mien, que je n'avais jamais pu réaliser par manque de moyens.

Aujourd'hui, plus réalistes, nous avons opté pour une approche progressive, avec mise en ligne échelonnée de différents services :
  • la production d'une fiche terminologique « Web 2.0 » (voir Welcome in the World Century) générée à partir de différentes sources :
    • translation's 2.0, premier moteur de recherche verticalisé du projet ;
    • la base de données du projet, qui représentera à terme 1 To de données, soit plus de 200 millions de termes indexés dans les principales langues européennes ;
    • une série de moteurs thématiques agrégeant des flux et des ressources pertinentes (sur ce modèle, mais adapté au binôme traduction/terminologie) ;
  • le lancement du concours Win-Win (You Win 5,000 $, We Win 5,000 URLs), pour lequel nous avons développé des widgets dédiés aux univers Facebook, Google Desktop, iGoogle ou Netvibes. Pour l'instant...
  • la mise en ligne du site dédié au projet TOP², accompagné d'un blog dans lequel je vous détaillerai tout cela et, bientôt, du forum TOP², en deux langues pour commencer, français et anglais ;
  • la base de connaissances, dont la dimension communautaire permettra à chacun/e de commenter, discuter, noter, voter, échanger, promouvoir sa visibilité, etc., etc.
  • la page personnalisable enfin, qui fait pendant à la partie "sociale" du projet, ou chacun/e, un peu sur le modèle Netvibes, pourra simplement sauvegarder ses recherches, agréger ses flux d'info, etc. : en un mot, organiser son espace personnel comme bon lui semble.
Il y a encore beaucoup d'autres idées en gestation, mais disons que, pour les mois à venir, nous pourrons déjà nous contenter de cet emploi du temps !

Rendez-vous la semaine prochaine sur le blog TOP² pour plus de détails...


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vendredi 22 février 2008

Yahoo! vs. Google

Flashback

En 1995, Microsoft loupe un tournant historique, ce dont il ne se remettra pas jusqu'à aujourd'hui.

En 1996, année de ma première connexion à Internet, le portail Yahoo! utilisait AltaVista comme moteur de recherche.

À cette époque, Google n'existait pas encore, si ce n'est dans la tête de Larry Page et Sergey Brin.

De 1998 à 2000, Yahoo! préféra remplacer Altavista par la technologie de recherche Inktomi.

De 2000 à 2002, Yahoo! remplaça Inktomi par Google, avant de consommer le divorce en mars 2003 car l'irrésistible ascension de Google commençait à lui faire de l'ombre.

L'acquisition d'Inktomi en décembre 2002 faisait d'ailleurs suite au refus d'un rachat de Google, pour lequel Yahoo! aurait proposé 3 milliards de dollars durant l'été 2002, alors que Page & Brin évaluaient leur moteur au moins à 5 milliards $ !

Mais Terry Semel avait un autre plan, être indépendant sur la recherche avec la technologie Inktomi et lancer la pub contextuelle après l'acquisition d'Overture en 2002 (ex GoTo.com, créé par Bill Gross en 1998 ; fin 2001, les internautes avaient déjà cliqué 1,4 milliard de fois sur les pubs Overture).

En 2002, les recettes d'Overture étaient le double de celles de Google ; deux ans plus tard, les recettes de Google représentaient plus de 2,5 fois celles d'Overture... (source : Eric Jackson)

De mars 2003 (date du "divorce" Yahoo!-Google) à aujourd'hui, cinq ans ont passé, cinq ans seulement. Durant lesquels Google, qui valait au départ bien moins que Yahoo!, a tellement multiplié sa valeur qu'il pèse maintenant plus de 4 fois celle de Yahoo!

Explication et conclusion

Durant la décennie 1998-2008, Yahoo! a eu TOUTES les opportunités de devenir le numéro 1 sur Internet et les a TOUTES dilapidées.

Par manque d'audace. Par manque de clairvoyance. Par manque de leadership, de vision, etc. Et probablement en amont par l'absence d'une "mission" clairement définie, au travers de laquelle Yahoo! aurait pu devenir reconnaissable, identifiable, non seulement en interne, vis-à-vis de ses propres effectifs, mais surtout vers l'extérieur, vis-à-vis des internautes en général.

A contrario, Google, à qui TOUT a réussi jusqu'à présent, a su se focaliser dès le début et fédérer ses troupes autour d'UNE mission, dont la ligne directrice ne varie pas d'un pouce, ou lorsqu'elle s'étend, puisqu'il y a longtemps qu'on sait que Google est bien plus qu'un « simple » moteur de recherche, ça reste toujours concentré sur le cœur de mission.

Une différence fondamentale qui explique probablement qu'au fil des ans la débandade de Yahoo! a fini par être inversement proportionnelle à la réussite de Google.

Avec à l'origine chez Yahoo! deux étudiants de Standford, Jerry Yang et David Filo, qui n'ont jamais su s'entourer, ou mal ; et chez Google, deux étudiants de Standford, Larry Page et Sergey Brin, qui ont su trouver la bonne personne au bon moment.

Ceci explique cela. (Zuckerberg n'a plus qu'à en tirer les leçons qui s'imposent...)

Beaucoup d'erreurs à mettre au compte de Yahoo! donc, qu'on ne peut certes pas toutes attribuer au hasard ou à la malchance. Des acquisitions en pagaille sans qu'on comprenne trop le pourquoi du comment, d'où une duplication inutile et coûteuse des produits. En somme, toute une série de maux parfaitement connus en interne :
  • Nous devons d'abord reconnaître nos problèmes
  • Nous manquons de clarté, aucune vision
  • Nous manquons de décision et de réactivité
  • Nos services sont fortement redondants :
    • YME vs. Musicmatch
    • Flickr vs. Photos
    • YMG video vs. Search video
    • Deli.cio.us vs. myweb
    • Messenger & plug-ins vs. Sidebar & widgets
    • Social media vs. 360 & Groups
    • Front page vs. YMG
    • Global strategy from BU vs. Global strategy from International
  • Nous avons perdu notre volonté de gagner...
Source : Brad Garlinghouse (Peanut Butter Manifesto)

Et les tergiversations de Jerry Yang remplaçant Terry Semel me font davantage penser à l'agitation d'un étudiant en mal de reconnaissance, plutôt qu'à l'orientation stratégique clairvoyante d'un chef d'entreprise.

Le seul vrai succès que je reconnaisse à Yahoo, c'est son implication dans le monde de l'open source et, surtout, d'avoir été décisif pour contribuer, enfin, à sortir de l'ombre le projet Hadoop, à mon avis la seule carte à jouer pour espérer un jour concurrencer - voire dépasser - Google sur le search. La pertinence des résultats étant la clé qui ouvre toutes les portes sur Internet.

Dommage que ce soit trop tard ! Pas trop tard pour Hadoop - je parie même que Microsoft va foutre son MSN à la poubelle pour injecter ses milliards dans Hadoop (ce qui serait quand même le monde à l'envers...) -, mais trop tard pour Yahoo!

Il faut dire aussi que depuis plus de 10 ans qu'ils errent dans la recherche, ils auraient peut-être pu - et dû - y penser avant !

So long Yahoo! À moins que Microsoft ne décide de te donner une nouvelle jeunesse et finisse un jour par nous convaincre - sait-on jamais !? - que la seule alternative possible à Google est l'émergence d'un Yahoo 2.0!

Même si personnellement, mon analyse est qu'il vaudrait mieux tout refondre dans une nouvelle entité, car si l'on a déjà maintes redondances au sein de Yahoo!, avec une - encore hypothétique, voire utopique - intégration Microsoft-Yahoo!, on aura une duplication des redondances et des difficultés qui ne s'additionneront pas mais se multiplieront. C'est exponentiel ce truc...

Ceci dit, pour des centaines de millions d'internautes lambda captifs de la recherche sur Internet, Google ou Yahoo 2.0 (ou Microsoft 2.0), c'est bonnet blanc et blanc bonnet.

Et entre un monopole ou un duopole, en serons-nous réduits à la portion congrue : invoquer la protection de l'UE ?


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P.S. Et merci à Terry Semel de ne pas avoir acheté la société de Page & Brin, dont l'aventure aurait tourné court dans le giron de Yahoo! sans jamais pouvoir devenir le Google qu'on connaît aujourd'hui...

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jeudi 21 février 2008

Microsoft joue l'ouverture !

Décidément, dur de suivre l'actu Microsoft ces temps-ci. Depuis plusieurs mois déjà sur tous les fronts, la société de Bill Gates est en train de passer la surmultipliée.

De Yahoo! au Worldwide Telescope, des jeux à l'éducation (au grand dam de l'open source, bien sûr), Microsoft occupe le terrain tous azimuts.

Or voilà qui va faire plaisir à Tristan Nitot (dubitatif), c'est tout frais, ça vient de sortir, Microsoft annonce s'ouvrir à 360° à l'interopérabilité...
Microsoft Makes Strategic Changes in Technology and Business Practices to Expand Interoperability
À lire attentivement... Alors ! Marché de dupe ou évolution majeure ? L'avenir nous le dira, en tout cas, dans cette optique on comprend mieux pourquoi Microsoft veut Yahoo!, dont l'approche libre (deuxième partie du billet) est aux antipodes de la logique propriétaire sur laquelle Bill Gates a bâti son empire.

À l'occasion, incorporer Yahoo! pourrait également servir à redorer son blason de quasi-monopoliste du système d'exploitation et de la suite bureautique. Juste histoire d'aller affronter Google sur son terrain...

Quoi qu'il en soit, comme le souligne Techcrunch, on dirait bien que Ray Ozzie est en train de révolutionner la culture d'entreprise de Microsoft. Lui qui semblait si discret !

La réaction de l'UE reste prudente, en soulignant que Microsoft a déjà annoncé des intentions semblables sans que par la suite cela ne se traduise dans les faits.

À toutes fins utiles, je vous signale un excellent dossier, très complet, signé sur ITR Manager par Hugo Lunardelli, ex Microsoft France et Microsoft Europe.

Pour tout savoir sur le géant de Redmond en 5 volets :
  1. Microsoft à la croisée des chemins
  2. Le poste Client
  3. L'infrastructure serveur
  4. La Business Productivity ou productivité organisationnelle
  5. Le développement
Une analyse poussée, une lecture indispensable si l'on veut appréhender un peu mieux la galaxie Microsoft. Même si, à mon avis, avec l'annonce d'aujourd'hui, il faudra bientôt ajouter une sixième, voire une septième partie...


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mercredi 20 février 2008

Microsoft - Yahoo! : bataille de procuration !

Microsoft - Yahoo! : la bataille de procuration est engagée !

À lire également :
Derrière le calme apparent de ces derniers jours, les acteurs se mettent sur les rangs, prêts pour la bataille de procuration (proxy contest, proxy battle ou proxy fight) : l'OPA hostile devient vraiment hostile.

Hier déjà, Bill Gates a déclaré clairement (même si ça fait partie du jeu...) que l'offre de rachat de Yahoo! par Microsoft était "honnête" (a fair offer), que la société n'avait pas l'intention de jouer à la hausse, qu'elle était prête à investir massivement dans le Web avec ou sans Yahoo!, et que Yang & Co. avaient intérêt à examiner l'offre de près (they should take a hard look at it)...

Or face aux non-réponses de Yahoo!, Microsoft a décidé d'engager une bataille de procuration afin de nommer ses propres "représentants" avant le 13 mars, date butoir pour désigner les nouveaux membres du Conseil d'administration de Yahoo! lors de la prochaine assemblée générale de la société.
Microsoft Corporation and its directors and executive officers and other persons may be deemed to be participants in the solicitation of proxies in respect of the proposed transaction. (...) Other information regarding the participants in a proxy solicitation and a description of their direct and indirect interests, by security holdings or otherwise, will be contained in any proxy statement filed in connection with the proposed transaction.
Le but étant bien sûr de "virer" l'actuel Conseil, à commencer par Jerry Yang... Cette option "stratégique" peut s'expliquer autant par les coûts estimés (environ 30 millions de dollars, contre 1 336 444 000 $ pour chaque dollar d'augmentation de l’offre...), que par les dissensions qui semblent diviser l'actuel Conseil, avec deux factions opposées qui sont, selon Kara Swisher :
  • farouchement contre, Jerry Yang, Robert Kotick, Eric Hippeau et Arthur Kern ;
  • apparemment favorables, Roy Bostock, Ron Burkle, Gary Wilson, et Maggie Wilderotter ;
  • indécis, Vyomesh Joshi et Ed Kozel.
J'imagine que Jerry doit déjà préparer ses pilules... À commencer par un nouveau plan d'indemnités de départ et autres avantages en cas de prise de contrôle par Microsoft, qui prévoit entre autres que les employés qui perdront leur travail ou le quitteront pour une "bonne raison" continueront à percevoir leur salaire et à bénéficier de leur assurance maladie pendant une période allant de 4 à 24 mois, plus un remboursement des frais engagés dans des services de replacement au travail. De nouveaux plans de stock-options sont également prévus, le tout histoire de rendre toute acquisition bien plus chère pour Microsoft (le dossier a été déposé à la SEC pratiquement en même temps que celui de Microsoft pour engager la bataille de procuration).

En attendant, vu que Yahoo! vient juste de dégraisser se restructurer, le quelque millier de salariés à peine laissés sur le carreau licenciés doivent la trouver amère..., la pilule ;-)

Les semaines qui suivent vont être chaudes, il faut vraiment que Microsoft ait de bonnes raisons de vouloir Yahoo!

* * *

J'en citerais au moins trois : Search, Ads & Apps...

Il y a trois mois à peine, Kevin Johnson déclarait que d'ici 3 à 5 ans, Microsoft se fixait pour but d'être dans le Top 2 des régies publicitaires sur le Web et d'augmenter ses parts de marché aussi bien en termes de pages vues que de temps passé par internaute sur ses produits/services et dans la recherche.
Grâce au plan "10, 20, 30, 40" :
  1. 10% des pages vues, contre 6% actuellement ;
  2. 20% du temps passé par l'internaute sur les sites de Microsoft, contre 17% actuellement ;
  3. 30% des parts de marché dans la recherche, contre moins de 10% actuellement ;
  4. 40% des parts de marché dans la publicité en ligne, contre 6% actuellement.
Un optimisme un peu trop ... optimiste, qui me faisait réagir ainsi :
Quant aux 30% des parts dans la recherche sur Internet, en l'état actuel des choses, ça paraît franchement hors de portée pour Microsoft. À moins de racheter Yahoo!...
Or au vu des résultats d'une récente étude Keynote Customer Experience sur les moteurs de recherche, reprise hier sur le blog de Yahoo! (via Search Engine Land), un simple coup d'œil suffit pour comprendre l'intérêt de Microsoft pour Yahoo! :


Où Microsoft est troisième quatrième sur toute la ligne...

Mais ce n'est pas tout. Outre les performances notables de Yahoo!, il est un projet dont je vous ai déjà parlé dans Yahoo! + Hadoop = Yadoop?, qui a été mis en avant ... hier aussi (curieuse coïncidence) sur le réseau de développeurs de Yahoo! (via John Battelle) ; les chiffres sont impressionnants :
Some Webmap size data:
  • Number of links between pages in the index: roughly 1 trillion links
  • Size of output: over 300 TB, compressed!
  • Number of cores used to run a single Map-Reduce job: over 10,000
  • Raw disk used in the production cluster: over 5 Petabytes


Donc, côté recherche, on peut comprendre que Microsoft ait l'eau à la bouche.

Côté pub, c'est Jerry Yang qui nous donne la réponse :
Avec un marché mondial de la publicité en ligne évalué à 75 milliards de dollars en 2010 (vs. 45 milliards $ en 2007, dont plus de la moitié aux États-Unis, supérieur à de précédentes prévisions), Yahoo! a toutes les cartes en main pour profiter de cette "fenêtre de croissance" et se positionner comme passage obligé...
Quant aux applications en ligne des produits/services de Microsoft, lorsque l'on sait combien sont terriblement compliqués les formats d'Office & Co., l'alliance avec Yahoo!, fortement impliqué dans l'open source, peut prendre tout son sens. Pour Microsoft du moins - déjà particulièrement incohérent en la matière -, puisque tarir la vache à lait sans construire auparavant une alternative serait peu prudent.

Voilà donc trois excellentes raisons, mais il y en a une montagne d'autres.

Ceci dit, même en admettant que Microsoft avale finalement sa proie, le plus dur restera à faire : l'INTÉGRATION...

Attention Yahoo! ;-)



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mardi 19 février 2008

Des nouvelles de l'ICANN

Des nouvelles de l'ICANN

Dans l'annonce d'un congrès réussi en Inde, l'ICANN souligne en premier point que l'équipe dédiée va poursuivre son travail sur l'implémentation des nouvelles extensions génériques pour les noms de domaine, dont la liste devrait vous dire quelque chose :


Ce qui pourrait bien causer quelques problèmes, et j'ai des difficultés à suivre la logique... (mais c'est souvent le cas avec l'ICANN).

Autre point qui me touche de plus près, l'annonce d'une véritable politique de localisation de l'ICANN dans les 10 principales langues :


Un programme ambitieux, vu l'importance, la quantité et la complexité des documents mis en ligne sur le site. Mais bon, personne n'est parfait, et pour l'instant le programme est uniquement en ... anglais :-)

Autre sujet : la désignation d'Iron Mountain comme Registreur tiers de confiance (Registrar Data Escrow - RDE), une nécessité devenue urgente après le désastre RegisterFly. L'ambition affichée est de protéger les internautes qui enregistrent leur nom en cas d'éventuelle faillite du registreur chez qui ils l'ont enregistré...

Enfin, durant les discussions sur le front running, Jon Nevett n'a fait que confirmer la position de sa société, Network Solutions (plus de détails ici).

Rien de très nouveau de ce côté-là, si ce n'est la fin probablement proche du domain tasting...

À signaler pour conclure les avancées du déploiement d'IPV6 et l'introduction prochaine de certaines extensions pays en IDN.

La prochaine réunion de l'ICANN aura lieu à ... Paris !


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