dimanche 7 février 2010

Quelques mots / chiffres sur Facebook


À ce jour, +12% de mes billets sont tagués Facebook (84 sur 680, sans compter celui-ci), dont un premier remonte à août 2007, même si c'est vraiment à partir d'octobre 2007 que j'ai commencé à m'intéresser au sujet de manière plus approfondie, avec plus de dix billets tagués Facebook dans le mois, dont ceux-ci :
  1. Facebook : le décalogue
  2. Facebook
  3. Facebook - Graphing Social Patterns
  4. La valeur de Facebook
  5. Google - Facebook vs. Microsoft - Yahoo : bloc contre bloc
  6. Facebook Demographics
  7. Facebook et ciblage publicitaire - comportemental
  8. Microsoft gagne la bataille Facebook sur Google
  9. Facebook : conditions d'utilisation
  10. Facebook : statistiques fin octobre 2007
Mais c'est dans Facebook Demographics que, pour la première fois, j'ai commencé à analyser le taux d'adhésion au site, qui comptait alors officiellement, le 20 octobre 2007, +42 millions d'utilisateurs, dont à peine plus de 400 000 pour la France (vs. 15,8 millions aujourd'hui, 1 français sur 4 !!!) :


Or 27 mois plus tard, Mark Zuckerberg annonce que la société a franchi la barre des 400 millions d'utilisateurs, soit presque 10 fois plus (en réalité 8 fois plus puisque fin octobre 2007 les utilisateurs étaient déjà 50 millions...).

Bien qu'il y ait toujours un décalage entre les annonces de Zuckerberg et les membres comptabilisés, puisqu'ils ne sont pour l'instant que 380 millions, répartis sur 98 pays (vs. 31 en octobre 2007) :


Exactement 378 992 120 calculés ce dimanche vers 23h...

Façon comme une autre de fêter le 6e anniversaire de l'histoire de Facebook, plutôt travaillée...

Soit pratiquement une moyenne constante de 500 000 nouveaux utilisateurs ... tous les jours (!!!) au cours de cette période, avec en apparence un seul léger fléchissement début 2008.

Voir la page actuelle de stats de Facebook (même si elle n'est pas à jour) pour les autres chiffres. Mais si vous voulez comparer l'évolution au fil des mois, voici les quelques billets où j'ai essayé de détailler les nouvelles adhésions au service, à partir de décembre 2007, où la progression était de 12 millions de nouveaux utilisateurs en deux mois (vs. presque 15 millions par mois aujourd'hui !) : Aujourd'hui, nous en sommes au 6e anniversaire et +15 millions de français, soit plus en un an que durant les 5 années qui ont précédé ! Que dire d'autre ?

Pour terminer, je concluais ainsi ma véritable première analyse sur Facebook par ces mots :
...je suis présent sur Facebook « juste pour savoir de quoi je cause quand j'en cause, et j'avoue ne pas encore y avoir trouvé "mon" intérêt ».
Or même si chacun/e peut être d'accord ou pas avec les principes énoncés par Facebook, personnellement, après avoir vécu cette EXPÉRIENCE, je ne me pose plus la question : j'y suis, et je suis content d'y être !


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P.S. À voir ces chiffres, on comprend mieux les 400 milliards de pages consultées par mois et pourquoi leur 40 000 serveurs pourraient vite être dépassés avec un tel taux de croissance. Comme l'observe Didier, MONSTRUEUX !

D'autant plus que si ça continue comme ça, Facebook atteindra 500 millions d'utilisateurs d'ici la fin de l'année !!!

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jeudi 28 janvier 2010

Bilan 2009 de l'entreprise MAFIA SA

Article complémentaire : qu'est-ce que la mafia ?

[MàJ - 29 janvier 2010] Les chiffres présentés dans ce billet sont indirectement confirmés par un rapport présenté cette semaine à Davos par le Council on Illicit Trade, qui classe l'Italie au premier rang du G5 du crime organisé (respectivement devant les mafias chinoises, japonaises, russes et sud-américaines), avec un C.A. estimé de 112 milliards $ réalisé en Italie.

L'écart avec les 135 milliards € s'explique par le fait que le rapport évalue un volume d'affaires transversal de 310,6 Mds $ pour les seuls États-Unis, où il est notoire que la mafia italienne occupe une place prépondérante.

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Après Vatican SA, voici Mafia SA, florissante société anonyme avec un C.A. 2009 de 135 milliards d'euros, selon l'association SOS Impresa, qui vient de publier son XIIe rapport sur criminalité mafieuse et entreprises.

Pour vous donner une idée de la progression, selon Elio Veltri et Antonio Laudati, qui ont récemment publié Mafia pulita, où ils définissent la mafia comme la première entreprise italienne, le C.A. 2003 était de 85 milliards d'euros (p. 40), soit une hausse de 50 milliards d'euros en 6 ans...

Une "évolution" contredisant quelque peu les annonces vaseuses du gouvernement Berlusconi, lorsqu'il déclare une semaine sur deux que la mafia est presque éradiquée ! (tout est dans le "presque" ;-)

Il y a quelques jours encore, en bon mytho, il a assuré que ce "phénomène pathologique" serait éradiqué "d'ici à la fin de sa législature" (2013, s'il y arrive, ce dont je doute), et l'a répété aujourd'hui-même. Juste un mensonge de plus à ajouter à une longue - très, très longue - liste...

L'intégralité du rapport (124 pages) n'est pas en ligne, mais il suffit de le demander [maintenant il l'est]. Ce que j'ai fait pour vous en parler, même si ce billet n'a pas pour but d'entrer dans les détails (trop long...), mais de vous fournir un aperçu de la situation actuelle. En commençant par les 78 milliards d'euros de bénéfice net pour l'année 2009, soit 6,5 milliards par mois, ou si vous préférez 213,7 millions / jour, presque 9 millions de l'heure, 150 000 euros à la minute ! Qui dit mieux...

Bilan 2009 de l'entreprise MAFIA SA
Comme pour toute entreprise qui se respecte, le bénéfice net est donné par la différence entre le chiffre d'affaires global (135 milliards) et les charges (57 milliards), telles que salaires, logistique, frais d'avocats, argent servant à graisser la patte, etc.

Si le poste "salaires" vous surprend, il faut savoir que la main-d'œuvre mafieuse est composée de salariés qui perçoivent régulièrement leur mensualité (la mesata), y compris lorsqu'ils sont en prison (l'argent est alors directement reversé à leur famille, et c'est la mafia qui règle les honoraires des avocats). Voici l'organigramme extrait du rapport, traduit par mes soins :

Organigramme mafieux
Un tueur peut donc gagner jusqu'à 25 mille euros par mois, selon SOS Impresa qui a reconstitué les "salaires" à partir de tous les documents qui ont pu être retrouvés.

Le jour où j'aurai le temps, je consacrerai un billet à la structure de la mafia, pour expliquer comment elle est organisée par rapport au territoire, etc.

C'est quelque chose de difficilement concevable en France, mais la force de la mafia c'est la façon dont elle contrôle et noyaute le territoire et se substitue à l'État dans une série croissante de "fonctions régaliennes". Outre les complicités au niveau de l'État, c'est aussi ce qui explique pourquoi certaines cavales durent des décennies, parce que des portions entières de territoire échappent au contrôle des pouvoirs publics.

Pour vous donner un exemple, dans certaines zones de Naples où se vend la drogue, la camorra a construit des dos d'âne sur la chaussée pour ralentir les voitures de police en cas de poursuites !

Le premier élément de contrôle du territoire est le "pizzo", à savoir les sommes d'argent - petites ou grosses - que la mafia extorque aux commerçants, mais pas seulement (on a même vu des extorsions aux dépens de prêtres, d'écoles, etc.), pour leur assurer une soi-disant "protection" en retour.

Dans les marchés, par exemple, les vendeurs à l'étalage doivent payer 1 euro par jour à Palerme, ou entre 5 et 10 € par jour à Naples, mais peu ou prou, l'important c'est que tout le monde paye !!!

Toujours à Palerme, le rapport estime que 80% des commerçants sont soumis au racket et calcule des fourchettes mensuelles de 200 à 500 € pour un magasin normal, de 750 à 1 000 € pour une boutique plus élégante, 5 000 € pour un supermarché, 10 000 € pour un chantier, etc. Si je trouve le temps, je vous ferai un billet sur les déboires de Carrefour en Italie du sud...

Pour les commerçants rebelles, les moyens d'intimidation plus courants sont l'incendie, les bris de vitrine et la colle (colle forte dans les cadenas pour que le commerçant puisse pas ouvrir ses rideaux de fer le matin...). Ça, ce sont les avertissements. Si le commerçant persiste à faire sa mauvaise tête, la mafia passe ensuite aux manières fortes. Par contre, s'il paie, il est protégé contre tous ces aléas du métier !

J'arrête là, mais je n'ai pas peur de dire que si cette situation honteuse et indigne d'une démocratie se perpétue en Italie depuis bientôt un siècle et demi, la faute en revient principalement aux politiques, qui deviennent au fil des ans de plus en plus compromis et corrompus, à tous les niveaux, et, pour tout dire, plus mafieux que les mafieux...

Mais c'est un autre débat !


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P.S. Et si vous avez passé 5 minutes à lire ce billet, le calcul est simple, dans le même temps l'entreprise Mafia SA a facturé 750 000 euros !

Au noir, de toutes façons maintenant ils ont à disposition la grande lessiveuse qui lave plus blanc que blanc...

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lundi 25 janvier 2010

Marché de la recherche sur Internet, multiplié par 4 en 4 ans !


Une progression exponentielle :

1. 400 milliards de requêtes en 2006
2. 800 milliards de requêtes en 2008
3. 1 600 milliards de requêtes en 2010...

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Dans le sillage du précédent billet sur les chercheurs du Web de 3e génération, je découvre ces stats de Comscore via Olivier Andrieu.

Or 130 milliards de requêtes faites dans le monde sur un seul mois (décembre 2009), ça nous donne 420 milliards de requêtes sur un trimestre, soit autant que pour toute l'année 2006 !!!

Et si le même rythme se poursuit, au 31/12/2010 nous en serons donc à 1 600 milliards de requêtes sur l'année !

Faramineux ! Déjà, c'est plutôt une bonne nouvelle pour les référenceurs (voir mon blogroll), parce que même si la concurrence augmente pour bien se positionner dans les pages de résultats, ça veut dire aussi 4 fois plus de chances d'être trouvé !

Bonne progression de la France à 5,4 milliards de requêtes (+61% vs. 2008), ce qui doit signifier pas loin du double en nombre de requêtes sur tout le marché francophone, et doit représenter entre 6 et 8% du marché mondial si l'on s'en tient à ces chiffres (en me basant sur 4% pour la France, j'imagine un marché francophone entre 50 et 100% supérieur).

Quant à Google, qui continue de s'accaparer 67% de l'ensemble, superlatif, comme toujours : j'aimerais bien savoir ce que ça donne aujourd'hui en termes de pages vues par jour sur le plus grand réseau de publicité contextuelle au monde. ! Et en termes de données collectées, inimaginable...

Donc indépendamment d'un retrait ou non de la Chine, Google a encore de beaux jours devant lui !


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jeudi 21 janvier 2010

Les chercheurs du Web de 3ème génération


L'ami Laurent, un vieux de la vieille du SEO, nous a demandé, à d'autres blogueurs (voir les liens en fin de billet) et moi, de nous exprimer sur l'avenir du search en nous basant sur l'étude “Search of the future” publiée en décembre dernier par Directpanel, sous-titrée : le moteur de recherche idéal vu par les internautes.

La question me suggère de citer en préambule une série de trois billets écrits il y a 3 ans, inspirés par Gord Hotchkiss, Président & CEO d'Enquiro Search Solutions, Inc., et respectivement intitulés :
  1. Search Engine Results 2010
  2. Les moteurs de recherche innovent, pourquoi les marketers Web n’en font-ils pas autant ?
  3. Moteurs de recherche 2010
Dans ce dernier, je terminais ainsi la série :
La conclusion de ce qui précède est qu'il faut donc penser en termes de multipositionnement, non plus simplement sur le texte mais sur tous les éléments du palimptexte, une réalité qui n'a jamais existé jusqu'à présent, et dont nous avons encore bien des difficultés à appréhender toutes les implications pour notre présence Internet...

Ce n'est plus de simple écriture Web qu'il s'agit, mais plutôt d'ingénierie "scripturale" (linguistique, sémantique, technique, etc.). Interactive, et donc réactive. Adaptative. Selon les buts, les retours d'information, les événements, les destinataires, etc. Sans parler de localisation...

(...) Pour conclure, je vous laisse avec cette question : où sera positionné votre site sur la page de résultats de Google en 2010 (ce n'est qu'une projection, mais on comparera dans trois ans...) ?
Et de nous proposer une hypothèse de pages de résultats plutôt futuriste, même s'il est clair que certaines des idées exprimées sont aujourd'hui réalité.


Donc après une première décennie 1990-2000 qui a consacré les débuts d'Internet comme phénomène mondial, à la fois culturel, socio-économique et même politique, et une deuxième décennie 2000-2010 de meilleure appréhension et de maturité du phénomène (j'imagine qu'aujourd'hui plus personne ne songerait à parler d'Internet comme d'une mode...), voici qu'une troisième génération d'internautes va devoir se mesurer avec les prochains bouleversements à venir sur la décennie 2010-2020 : Et que font les internautes dans cet incroyable fouillis planétaire pour s'y retrouver ? Ils cherchent ! Ils interrogent leurs réseaux sociaux, s'informent en temps réel sur leurs flux et sur Twitter, mais surtout ils questionnent les moteurs, point de passage obligé pour accéder aux richesses inépuisables du Web.

Or il y a dans l'étude Directpanel une diapo qui m'intéresse plus particulièrement, elle pose la question suivante : « Dans quelle mesure pensez-vous que les moteurs de recherche web pourraient s'améliorer dans les 10 années à venir ? »


Pour 1% des sondés, pas d'améliorations à attendre, un peu pour 33%, beaucoup pour 48%, et une évolution radicale pour 19%.

Ce qui veut dire que pour près de 100% des internautes, les améliorations potentielles côté moteur seront nombreuses sur la décennie 2010-2020, un vrai plébiscite !

Il y a cependant une donnée manquante, selon moi, dans cette étude, à rechercher non plus côté moteur, mais côté internaute. À savoir qu'en général les gens cherchent n'importe comment, une légèreté le plus souvent compensée par l'incroyable pertinence des résultats retournés. Pas toujours, je sais, mais il n'empêche...

Pour faire un parallèle, c'est la même histoire que ceux qui n'utilisent leur ordinateur qu'à 10% de ses capacités. Idem avec la recherche sur le Web, où la maîtrise a minima de la syntaxe moteur permet de circonscrire les résultats en minimisant le bruit autant que le silence.

Car après tout l'alphabétisation "moteurs" n'implique qu'un nombre fort limité de commandes, qu'on peut compter sur les doigts des deux mains (site:, link:, filetype:, inurl: / allinurl:, intitle: / allintitle:, intext: / allintext:, cache:, etc.), mais dont la pertinence des résultats fournis évite souvent l'allongement moyen des requêtes.

Cela permet ainsi de résoudre facilement deux des fonctionnalités les plus impactantes sur la vie quotidienne, selon l'étude, à savoir "m'aider à identifier parmi tous les résultats ceux qui sont les plus fiables" et "filtrer et ne pas afficher les résultats faux, périmés ou non pertinents".

Quant aux autres, telles que "permettre de rechercher dans les souvenirs stockés dans ma mémoire" (à moins qu'il ne s'agisse de la mémoire de mon ordi...), "comprendre des requêtes mentales / lire dans mes pensées" ou "fournir instantanément des informations sur une personne ou un objet que je touche", pour moi cela s'apparente moins à de la recherche Web qu'à de la science fiction.

Donc pour l'instant je me contenterai de choisir la syntaxe et les termes appropriés dans mes requêtes, car après tout, les bons mots clés restent ceux qui ouvrent les bonnes portes dans le labyrinthe Internet.

Et il est évident que de plus en plus, la page de résultats sera définie autant par l'utilisateur que par le moteur ! Une dimension qui, selon moi, manque à cette étude.

Dont une prochaine mouture devrait s'intéresser non plus à ce que les internautes s'attendent à trouver, mais à comment ils entendent le chercher. Je suis sûr qu'on aurait des surprises...




Liens connexes


Sylvain Richard
http://blog.axe-net.fr/enquete-google-sur-la-recherche-du-futur/

Marie Pourreyron
http://www.pink-seo.com/blog/futur-search-461

Léo Ludwig
http://fr.propulsr.com/moteurs-de-recherche/google-vision-futur/

Aurélien Bardon
http://oseox.fr/blog/index.php/786-moteur-recherche

Renaud Joly
http://www.renaud-joly.fr/index.php/post/2010/google-recherche-internautes

Antoine Leroux
http://www.antoineleroux.fr/google/futur-moteur-de-recherche/697

Aymeric Jacquet
http://ajblog.fr/referencement/802-recherche-ideale.html

Laurent Bourrelly
http://www.laurentbourrelly.com/blog/531.php

Sébastien Vallery
http://www.seoplayer.com/google/quel-futur-pour-la-recherche-d-information-en-ligne.html

Michel de Guilhermier
http://micheldeguilhermier.typepad.com/mdegblog/2010/01/google.html

David Degrelle
http://www.1ere-position.fr/blog/etude-google-le-moteur-de-recherche-du-futur

Olivier Andrieu
http://blog.abondance.com/2010/01/google-et-le-moteur-de-recherche-ideal_21.html

Olivier Duffez
http://www.webrankinfo.com/actualites/201001-search-future.htm

Gonzague Dambricourt
http://gonzague.me/futur-search-selon-google

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P.S. La morale de l'histoire est la suivante : pour trouver des résultats pertinents, apprendre à bien chercher. Il y a des choses qu'on ne peut déléguer, l'apprentissage d'une langue, par exemple. Idem pour celui de la syntaxe de recherche (cf. opérateurs, via Aymeric). Google est comme le moteur d'une Ferrari de race, rien ne me servira d'en avoir une si je ne sais pas conduire !

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mardi 19 janvier 2010

Italie : censure sur le Web

[MàJ - 6 octobre 2011] Ça continue...

[MàJ - 25 janvier 2010] J'ai vu dans mes liens référents que ce billet est cité sur Numérama, où l'un des commentateurs dit ceci :
Je ne suis pas complètement d'accord avec l'analyse de Jean-Marie Le Ray sur son blog. Oui, la directive européenne exclut "les activités dont la vocation première n'est pas économique et qui ne sont pas en concurrence avec la radiodiffusion télévisuelle, comme les sites web privés et les services qui consistent à fournir ou à diffuser du contenu audiovisuel créé par des utilisateurs privés à des fins de partage et d'échange au sein de communautés d'intérêt."
Mais dans ce genre de texte, chaque mot et chaque virgule a un sens.

(...)

Entendons-nous bien : je pense qu'il s'agit d'un décret pour que Berlusconi protège son empire audiovisuel, en plus qui aurait mérité de passer par une loi (quoique je ne connaisse pas bien le système législatif italien). Mais quand on combat quelqu'un, il ne faut pas se tromper d'argument, sinon on en prend plein la gueule. Et à mon avis, se battre contre le fait que c'est contraire à la directive européenne, c'est une erreur car il est facile de contre-argumenter.
Je précise donc que mon billet reprend surtout l'analyse dominante faite en Italie, qui est à l'origine d'une contestation officielle de l'opposition devant le Conseil d'État.

En outre, des voix contraires se sont élevées au sein même du parti de Berlusconi (PDL), notamment celle de Luca Barbareschi, et toutes ces protestations conjointes semblent porter leurs fruits puisque l'avis des Commissions parlementaires a été repoussé et la majorité laisse entendre que des amendements pourraient être apportés au texte du décret.

(j'ai essayé de répondre directement sur Numérama, où je me suis inscrit pour publier, mais mon commentaire n'a pas été accepté, j'ignore pourquoi)

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Je vous ai déjà entretenu des risques imminents de censure berlusconienne sur Internet, voici maintenant le dernier épisode en date : l'adoption du "décret Romani", du nom de l'actuel secrétaire d'État en charge des communications, Paolo Romani, ex patron de télévision ayant produit des émissions cultes telles que Colpo grosso...

En fait, l'affaire est un peu plus compliquée qu'il n'y paraît, car ce fameux décret ne concerne pas que la censure des web-télévisions, elle met également des bâtons dans les roues à Sky (la télé de Murdoch étant le seul concurrent sérieux de Berlusconi en Italie) et augmente le seuil d'annonces publicitaires essentiellement au profit des télés de ... Berlusconi, en doutiez-vous ?

Mais je me limiterai ici aux répercussions possibles sur Internet, un aspect fortement contesté par l'opposition qui a porté l'affaire devant le Conseil d'État, en accusant le gouvernement de "délégation excessive de compétences".

Voyons pourquoi. Ce décret, censé transposer la directive européenne sur les services de médias audiovisuels (SMA), ne tient pas compte de l'article 16, qui dit ceci :
Aux fins de la présente directive, la définition du service de médias audiovisuels devrait couvrir exclusivement les services de médias audiovisuels, que ce soit de la radiodiffusion télévisuelle ou à la demande, qui sont des médias de masse, c’est-à-dire qui sont destinés à être reçus par une part importante de la population et qui sont susceptibles d’avoir sur elle un impact manifeste. Son champ d’application ne devrait couvrir que les services tels que définis par le traité, et donc englober toutes les formes d’activité économique, y compris l’activité économique des entreprises de service public, mais exclure les activités dont la vocation première n’est pas économique et qui ne sont pas en concurrence avec la radiodiffusion télévisuelle, comme les sites web privés et les services qui consistent à fournir ou à diffuser du contenu audiovisuel créé par des utilisateurs privés à des fins de partage et d’échange au sein de communautés d’intérêt.
Or que fait Berlusconi ? Au lieu de les exclure, il les inclut !

Et plus précisément à l'article 4, premier alinéa, lettre a) du décret :
Dans le cadre du présent texte unique, on entend par :
a} services de médias audiovisuels : ... les services, y compris diffusés via Internet, qui impliquent la fourniture ou la mise à disposition d'images animées, sonores ou non, pour lesquels le contenu audiovisuel n'a pas un caractère purement secondaire.
En fait, le décret assimile la télévision IP à la télé tout court !

Un bon raccourci pour appliquer aux web télévisions la législation applicable aux télés traditionnelles, parfaitement contraire à l’esprit de la directive...

Par conséquent si ces web tv, qui disposent de moyens limités, sont désormais obligées d'obtenir des autorisations gouvernementales pour diffuser, on voit mal comment elles pourront subsister.

Et qu'en sera-t-il pour l'internaute lambda qui diffusera sur son site un extrait de Youtube ou autre ? Selon Google, les violations seraient passibles d'amendes pouvant aller jusqu'à 150 000 euros...

Ça me semble extrêmement raisonnable !


Merci à Maxime :-)


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P.S. Un peu hors sujet, mais je signale à celles et ceux qui ont suivi sur mon blog l'agression à Berlusconi, que le parquet de Milan vient d'ordonner une expertise médicale sur le patient pour en savoir un peu plus sur la véritable nature de ses blessures...

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vendredi 8 janvier 2010

Mon projet pour 2010


[MàJ - 25 janvier 2010] Si un éditeur est intéressé, j'ai un synopsis à disposition... (courriel)

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Voilà, c'est décidé : je consacrerai l'année 2010 à l'écriture d'un essai sur la République italienne !

En fait, le 17 mars 2011, l'Italie célébrera le 150e anniversaire de son "Unité", un événement qui ne manquera pas d'attirer l'attention sur ce pays.

Or comme l'observe fort justement Olivier Duhamel : « Peu de pays sont aussi difficiles à comprendre pour un étranger que l’Italie » !

Initialement, je voulais me cantonner à la "deuxième République italienne" (il y a déjà beaucoup à dire...), mais il est clair qu'expliquer la deuxième sans aucune référence à la première serait le meilleur moyen de ne rien faire comprendre à un lectorat francophone.

De plus les changements imminents à la Constitution promettent très probablement l'avènement d'une 3ème république, peut-être même dès cette année, de type présidentialiste comme le souhaite tant Berlusconi... D'où la nécessité de traiter ça comme un continuum, de la 1ère à la 3ème...

Mon postulat de départ étant qu'à l'époque de Tangentopoli, l'Italie s'est trouvée face à un tournant de son histoire, qu'elle a malheureusement mal négocié...

Or elle est aujourd'hui face à un tournant semblable, face à des enjeux semblables, et je trouve que ce qui transparaît dans la presse et sur Internet est peu ou mal traité, et trop souvent si superficiellement que c'en est caricatural...

Donc même si je n'ai pas encore d'éditeur, plutôt que d'écrire sur mon blog j'écrirai mon livre, aussi serai-je moins présent sur Adscriptor, veuillez m'en excuser à l'avance. On verra bien ce qui se passera.

Mais si jamais ces quelques lignes donnent l'envie d'en savoir plus à un éditeur de passage, n'hésitez pas à me contacter, je vous promets du surprenant !

Parce que c'est vraiment surprenant ce qui se passe ici, parfait exemple de combien la réalité va beaucoup, mais beaucoup, beaucoup plus loin que la fiction...

En attendant voici le plan de l'essai :


1ère partie : la Ie République italienne

L’Italie a-t-elle jamais été une démocratie ?

1er tournant


2ème partie : la IIe République italienne

L’Italie est-elle une démocratie ?

2e tournant


3ème partie : la IIIe République italienne

L’Italie sera-t-elle un jour une démocratie ?

Changer le futur, ou droit dans le mur ?


Mon mail est dans la signature :-)


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P.S. Que cela ne vous empêche pas de me poser des questions en commentaire, par exemple sur les choses qui vous semblent difficiles à saisir sur ce pays vu d'ailleurs, même si je ne réponds pas directement en ligne, soyez assurés que j'en tiendrai compte dans la rédaction de mon essai. Et si vous voulez me faire de la pub dans la recherche d'un éditeur, et bien ne vous gênez surtout pas ;-)

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mardi 22 décembre 2009

Quand votre e-réputation en prend un coup !


C'est probablement ce qui vient de m'arriver avec mon dernier billet, aussi ai-je été bien content de recevoir ces conseils de Xavier, ils tombent à point nommé.

Lequel a participé, avec 13 autres professionnels, dont des Explorateurs du Web (séquence nostalgie :-), à un exercice de style collaboratif sur l'e-réputation, imaginé par Camille (CaddE-Réputation) qui nous propose la synthèse suivante en cas de problèmes de ce genre :

==> Occuper l'espace : mettre en place des profils des dirigeants sur les réseaux sociaux professionnels (LinkedIn, Viadéo, etc.), diffuser des vidéos sur les plateformes adéquates (You Tube, Dailymotion, etc.), utiliser des services de republication d'articles (Bookmarking, Digg), diffuser des communiqués de presse concernant l'entreprise... En bref, partir du principe que De vous à moi n'a pas de réelle présence sur le web et que par conséquent : tout est à faire.

==> Produire du contenu : créer un site, un blog (et au passage acheter son nom de domaine) et y diffuser du contenu de qualité, contrôlé et réfléchi par l'entreprise. En effet, rien ne sert d'occuper l'espace si c'est pour diffuser un discours « plat » et sans intérêt pour l'internaute (qui plus est face au discours critique d'un blogueur).

==> Dialoguer avec les internautes en investissant les médias sociaux : création et animation d'une page Facebook dédiée à l'entreprise, création et alimentation d'un compte Twitter... Repérer des ambassadeurs potentiels de l'image de l'entreprise, en dialoguant avec les internautes et en s'appuyant notamment sur les contacts déjà existant « hors-ligne » (fournisseurs, partenaires, etc.). Si d'autres parlent de l'entreprise de manière positive, alors cela aura sûrement plus d'impact sur l'internaute cherchant des informations sur l'entreprise.

==> Mettre en place une politique de recherche d'informations et de veille afin de s'assurer que d'autres résultats comme ceux-là n'existent pas et d'être informé de la parution d'un autre article de ce genre. Et bien entendu, au final, veiller sur les résultats des actions mises en place pour en mesurer l'efficacité et l'impact.

==> Identifier précisément le blogueur : qui est-il ? Quels articles a-t-il déjà écrit ? Travaille-t-il pour un concurrent ? Définir de manière fine le profil du détracteur permet d'ajuster ses actions et surtout (dans l'hypothèse d'un dialogue) de développer un discours et un argumentaire qui aura plus de chance de le convaincre.

==> Rebondir sur le discours du blogueur et exercer un droit de réponse. Répondre au blogueur sur un espace contrôlé par l'entreprise (site, blog, etc.), et de manière humoristique qui plus est, peut permettre de désamorcer la situation, de reprendre la main sur la communication, voir d'inciter le blogueur à ouvrir le dialogue s'il ne le souhaitait pas. De plus, chacun dispose d'un droit de réponse s'il se sent attaqué, et qui plus est avec les nombreux outils présents sur le web.

==> Ne pas demander la suppression de l'article. Et qui plus est par commentaire. Une des solutions proposées plusieurs fois est d'essayer d'instaurer un dialogue hors-web (ou tout du moins invisible aux yeux des internautes) téléphonique, par mail ou encore de visu.

==> Ne pas réagir sans avoir pris le temps de réfléchir à une stratégie. Il paraît essentiel à plusieurs professionnels de ne pas se précipiter dans des actions dont on ne mesure pas les impacts. Se poser les bonnes questions (possibilités ? Cibles ? Moyens à disposition ? Risques ?) est essentiel avant d'agir. Par exemple, dans le cas présent, se demander quelles répercussions réelles le discours tenu peut avoir.

Bien entendu, sur son blog Camille renvoie aux 14 billets, et je ne saurais trop vous conseiller de tous les lire pour en tirer des conseils avisés.

Personnellement, ce que je retire de cette expérience, c'est d'essayer de ne pas perdre son objectivité, chose que me reproche en commentaires un ami référenceur :
Ces démonstrations vaseuses n'attaquent que ta réputation d'objectivité.
Pourtant, je sais que je n'ai pas rédigé mes trois billets sur la question (un sur ce blog, et deux sur mon blog italien) par manque d'objectivité mais par désir de comprendre.

Il y a quand même énormément d'éléments troublants dans cette histoire, du comportement des gardes du corps (qui font partie d'un service de surveillance privé et non pas des services secrets) au modèle de dôme qu'on nous présente entier suite à l'attentat alors que selon d'autres sources il a volé en éclats, en passant par ce bout de plexiglas "visible" sur la photo alors qu'on a également retrouvé un bout de plexiglas d'une vingtaine de centimètres dans les bagages de l'agresseur.

Et ça, je dois dire que c'est le détail qui m'a tué ! Jusqu'à ce qu'on m'explique que c'est un effet d'optique courant en photographie, mais bon, inutile de revenir sur la question.

Donc, ma conclusion, c'est que sur Internet la réputation de chacun n'est jamais à l'abri de quoi que ce soit, d'autant plus que désormais nous sommes tous des personnages publics !

Par conséquent l'important c'est de faire face avec sincérité, et de reconnaître ses erreurs quand on en commet. Car si j'ai pêché, c'est par ignorance, certes pas par mauvaise foi, et comme l'a dit quelqu'un avant moi, qui me jettera la première pierre ?

Mais bon, je vais pas non plus me lancer dans la religion après la politique, j'ai déjà donné !

Bonnes fêtes de Noël et joyeuse année 2010 à toutes et à tous, pour moi il est temps de prendre une pause. À l'année prochaine... :-)


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Du sourire 2009 ... au sourire 2010 :-)



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