samedi 2 février 2008

Drop-catching et domain tasting en chiffres

Noms de domaine : drop-catching et domain tasting, chiffres et considérations...

Certes, le titre n'est pas très évocateur en français, mais certaines réalités sont encore difficiles à traduire dans la langue de Molière...

Petit glossaire pour rafraîchir les mémoires !

L'occasion d'intervenir sur le sujet m'est donnée par la CADNA, la Coalition contre l'abus des noms de domaine, qui vient d'annoncer la publication d'une étude sur le drop-catching, à cheval entre le domain tasting et le domain kiting, deux concepts désormais familiers aux lectrices et lecteurs d'Adscriptor, depuis le temps que j'en parle.

Nous avons vu dernièrement que les trois principaux registreurs impliqués dans ce gigantesque bidonnage étaient, pratiquement depuis le début :
  • Capitoldomains, LLC
  • Domaindoorman, LLC
  • Belgiumdomains, LLC
Or il faut savoir que ces trois "registrars", qui traitent plus d'un million de domaines chaque jour, sont les filiales d'une seule et même société, la NETRIAN VENTURES, LTD. (netrian.com, auparavant iHoldings.com, Inc. d/b/a DotRegistrar.com), et seraient responsables de près de 3/4 des domaines "testés", selon Jay Westerdal :
...d'après des données internes, ces trois registrars sont responsables de 72,5% de l'ensemble des domaines testés au cours des 6 derniers mois (soit 185 650 068 sur 255 212 260 domaines testés).

...according to our internal data, those three registrars are responsible for 72.5% of all domain tasting in the last 6 months (That is 185,650,068 of the 255,212,260 domains which were tasted).
Ce qui donne quand même + de 500 millions de domaines "testés" annuellement, un chiffre en accord avec les estimations de l'ICANN sur janvier 2007 : sur l'ensemble des 47 824 131 domaines effacés dans le mois, 95% sont testés par le top 10 des taste-domaines, soit 45 450 897 (dont près des 3/4 par la triade ci-dessus).

La lecture des actes déposés au procès intenté par Dell est également riche d'enseignements !

On y apprend par exemple que les 3 compères registrars avaient à la fin de l'année un portefeuille supérieur à 64 millions de domaines (Defendants have registered and used over sixty-four million (64,000,000) unique domain names), qu'ils se servent de registreurs fantômes (Phantom Registrars) comme Wan-Fu China, Ltd. ou UNACI/UNASI pour dissimuler leur identité sur le WhoIs (voir la liste), qu'ils ont déjà été plusieurs fois condamnés dans des affaires de cybersquatting (voir glossaire), et qu'ils se relaient pour profiter de l'AGP (voir glossaire) : sur les quelque 1 100 domaines cybersquattés à Dell, les pièces jointes au procès donnent l'exemple d'un domaine
  • enregistré le 25 mai 2007 par DomainDoorman, effacé le 30 mai 2007 ;
  • enregistré le 30 mai 2007 par BelgiumDomains, effacé le 04 juin 2007 ;
  • enregistré le 04 juin 2007 par Capitoldomains, effacé le 09 juin 2007 ;
  • enregistré le 09 juin 2007 par DomainDoorman, effacé le 14 juin 2007 ;
  • enregistré le 14 juin 2007 par BelgiumDomains, etc.
On ne s'étonnera donc pas de ce va-et-vient sur les .COM et les .NET, tel que représenté sur ce graphique de l'étude :


Les défenderesses au procès indiquent d'ailleurs que le critère d'effacement des domaines du registre est le suivant :
Sont effacés les noms de domaine qui ne génèrent pas un revenu supérieur à 11,5 $ sur une base annualisée, calculé sur l'historique des 30 derniers jours.

The criteria for the deletion of (...) Domain Names are as follows:

- Domain Names that do not generate revenues in excess of $11.50 on an annualized basis utilizing the most recent 30 days of data.
Contre 6,62$ versés par domaine payé (6,42$ à Verisign et 0,20$ à l'ICANN). Donc en se remémorant que le portefeuille géré s'élève à +64 millions de domaines, lorsque l'on connaît le détail qui précède, on comprend aisément les enjeux qui se cachent derrière ce business. Puisque cela sous-entend qu'un sixième des domaines testés par la triade sur l'année (plus d'un million par jour...) s'avèrent rentables au final. Faites les calculs vous-même !

Et l'on comprend mieux pourquoi plus de 80% des domaines testés en .COM et en .NET tirent parti des programmes de PPC (voir glossaire), dont le plus emblématique est certainement AdSense de Google (voir ici, ici ou ...). Ceci dit, il paraît que ça va finir...


Encore une fois, les pièces au dossier nous permettent de mieux appréhender la situation, puisque le juge impose à Google de verser sur un compte bloqué distinct et porteur d'intérêts les recettes publicitaires dues aux 3 registreurs dans le cadre du programme AdSense for Domains :
6. Google Inc. shall deposit into a secure and segregated interest-bearing bank account (...) all funds held for or owed to any of the Defendants (...). Google shall take reasonable precautions to ensure that any future accounts created by Defendants in the Google AdSense for Domains program are also secured and segregated under this Order.
Et la prévision des sommes versées laisse rêveur :
a. The first $1 million of Secured Funds deposited by Google each month into the Segregated Account, or if less than $1 million is deposited then the full amount deposited, shall be retained therein;
b. The second $1 million of Secured Funds deposited by Google each month into the Segregated Account, or if less than $2 million is deposited then the full amount over $1 million, shall be disbursed to Defendants within 5 business days from the date of each Monthly Report; and
c. To the extent that Secured Funds in excess of $2 million are deposited each month into the Secured Account, 50% of these Secured Funds shall be retained in the Secured Account, and 50% of these Secured Funds shall be disbursed to Defendants within 5 business days from the date of each Monthly Report.
En bref :
  • le premier million de dollars mensuel - ou toute la somme déposée si c'est moins de 1 million - sera bloqué sur le compte ;
  • le deuxième million, ou la part supérieure au premier million si c'est moins, sera déboursé aux registreurs dans les 5 ouvrables à compter de la date de publication des statistiques mensuelles ;
  • dans la mesure où les sommes déposées d'un mois sur l'autre seraient supérieures à 2 millions, 50% de ces sommes seront bloquées et 50% déboursées aux registreurs dans les 5 ouvrables à compter de la date de chaque rapport mensuel.
Pour autant, avec 63,1% des parts, l'étude de la CADNA place la triade aux premiers rangs du "drop-catching" (voir glossaire), juste devant ... eNom, qui arrive bon deuxième avec 32,7% du gâteau ! Les autres se partagent les miettes.

On comprend mieux pourquoi Paul Stahura, CEO du deuxième registreur mondial, s'intéresse de si près à la longue traîne des noms de domaine...


Thanks to Bret Fausett.

Lien connexe : There's a lot of money in domain tasting (chiffres que je n'ai pas pu vérifier) [Début]


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Petit glossaire pour rafraîchir les mémoires :
  • Domain tasting : procédé qui consiste à profiter de l'AGP (Add Grace Period) pour tester un domaine et voir s'il est potentiellement rentable en navigation directe (grâce au PPC...), en le rendant de nouveau disponible à l'enregistrement dans le cas contraire. Sans rien payer, bien sûr...
  • Add Grace Period (AGP) : délai de grâce de 5 jours concédé depuis 2003 par l'ICANN à toute personne qui, s'apercevant d'une erreur d'enregistrement, peut alors annuler la procédure et récupérer sa mise, y compris la commission normalement due à l'ICANN pour tout enregistrement de nom. Par la suite le but initial a été détourné au profit des bidonneurs qui pratiquent le domain kiting ;
  • Domain kiting : répétition du tasting, qui consiste pour les registreurs à verser de gros dépôts d'argent au Registre, puis à enregistrer autant de noms qu'autorisent les dépôts.
    (...)
    Une fois chaque domaine enregistré, le registreur a cinq jours pour l'effacer et récupérer sa mise. Donc ceux qui pratiquent cette industrie profitent de cette règle en effaçant la plupart des noms enregistrés AVANT que n'expire la période de grâce et en étant remboursés. Or c'est là qu'on touche au sublime, puisqu'une fois le domaine effacé ce même registreur se rue dessus pour le ré-enregistrer et remettre immédiatement en ligne le site-machine à sous ! Puis il attend 5 autres jours, supprime le domaine, récupère sa mise, et ainsi de suite à l'infini.
  • Add-Drop Scheme : c'est le modèle « j'essaie - je prends/je jette » qui sert de base au kiting. Add vient de ce que le domaine est ajouté aux listes du registre, et Drop de ce qu'il en est supprimé ensuite et devient "théoriquement" disponible ; "théoriquement" car c'est sans compter sans le catching...
  • Drop-Catching : escamotage qui permet de récupérer le domaine avant les autres dès sa mise en disponibilité. Ça se passe parfois au millième de seconde ! C'est l'objet du présent billet.
  • Front running : lorsque vous cherchez à enregistrer un nom, vous le soumettez sur le site du registreur pour voir s'il est libre. Si le nom est disponible, soit vous le réservez de suite, soit vous vous promettez de faire la réservation plus tard. C'est là où intervient le front runner, qui profite que vous n'ayez pas procédé à l'enregistrement immédiat pour vous piquer le nom, en général pour vous le revendre plus cher par la suite ;
  • Typosquatting : saisie directe (ou type-in) de noms communs génériques ou de coquilles (typos) directement dans la barre d'adresse du navigateur ;
  • Cybersquatting : même technique que précédemment, mais concernant les noms de marque ou portant atteinte aux droits de propriété intellectuelle, d'une personnalité ou autre. Et si vous voulez mieux comprendre, téléchargez ce document (PDF, 2 Mo).
[Début]

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vendredi 1 février 2008

Microsoft - Yahoo, mon analyse


Dénouement proche... FIN !



(cf. Dossier Adscriptor sur Microsoft-Yahoo! en un PDF, 100 pages, 2Mo)



À lire :

Dans la foulée de l'acquisition probable de Yahoo! par Microsoft, je vous livre rapidement mes idées sur la question, car ça fait longtemps que j'y pense.



Disons pour simplifier que nous avons deux entités totalement étrangères l'une à l'autre, Microsoft ayant globalement une forte culture d'entreprise mais une présence floue sur le Web, et Yahoo l'inverse : une faible culture d'entreprise mais une présence Internet forte.



Donc si l'on regarde bien, ce seraient deux entités parfaitement complémentaires, pour peu que Microsoft ne prétende pas engloutir Yahoo! corps et biens, selon la mauvaise habitude de Redmond.



Il y aurait par ailleurs dans ce nouveau binôme une duplication importante de produits/services qu'il faudra rationnaliser à la hache ! Ce n'est pas du toilettage qu'il faut, mais des coupes franches dans chaque produit/service dupliqué. En passant le moins bon par pertes et profits et en ne gardant à chaque fois que le meilleur des deux. Voire, quand le moins bon n'est pas totalement mauvais, en fusionnant ce qui peut l'être.



À commencer par MSN et toute la branche Web de Microsoft, qui devrait faire une spin-off comme on dit en français courant, c'est-à-dire scinder complètement toute la partie Web en y incorporant Yahoo!



Et si l'on veut poursuivre dans la logique de la nouveauté pour s'attaquer sérieusement à Google, en chapeautant cette nouvelle entité sous une nouvelle marque qui comprendrait tout l'inventaire et l'éventail de produits/services, actuellement dispersés à travers une bonne centaines d'identités différentes et de logos variés, certes très Web 2.0, mais tout ça fait vraiment fouillis !



Voici donc l'idée centrale de mon analyse :
Fondre cette richesse phénoménale de contenu dans une nouvelle entreprise (qui ne serait ni Microsoft ni Yahoo, et encore moins MicroHoo, YaSoft ou autre subtilité à deux balles), capable de mettre sur le Web une offre unitaire de produits-services regroupés sous une marque forte, avec une identité visuelle cohérente, fédérées par un nouveau nom.
Et si pour ça ils veulent faire appel à Quensis, The New Way of Creating Brand Names, société avec laquelle je collabore, ils ne trouveront personne au monde en mesure de leur fournir un tel service si rapidement et avec un tel niveau d'exigence et de qualité : une marque originale et distinctive, à la fois disponible au plan juridique et en .COM, .NET, etc.



Voilà, c'était mon interlude publicitaire, qui n'en demeure pas moins extrêmement sérieuse.



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Je conclurai en disant que ce concept - nouvelle entreprise, nouveau nom, nouvelle marque, nouvelle identité visuelle, etc. - est selon moi une condition sine qua non pour aller affronter Google sur son terrain avec quelques chances de jouer à armes égales.



Pour autant ce serait pour Microsoft-Yahoo! une révolution exigeant impérativement le courage de tout remettre à plat pour partir sur de nouvelles bases. Tout cela demandera du temps, de la constance, de l'inventivité, etc. etc.



Car ce ne sont pas deux transparents bâclés à la va-vite pour projeter d'hypothétiques résultats :





ou parler de synergies :





qui suffiront pour impressionner Google. Quatre « piliers » sur lesquels Ballmer insiste dans la lettre qu'il a adressée au directoire de Yahoo :
  1. Scale economics: This combination enables synergies related to scale economics of the advertising platform where today there is only one competitor at scale. This includes synergies across both search and non-search related advertising that will strengthen the value proposition to both advertisers and publishers. Additionally, the combination allows us to consolidate capital spending.
  2. Expanded R&D capacity: The combined talent of our engineering resources can be focused on R&D priorities such as a single search index and single advertising platform. Together we can unleash new levels of innovation, delivering enhanced user experiences, breakthroughs in search, and new advertising platform capabilities. Many of these breakthroughs are a function of an engineering scale that today neither of our companies has on its own.
  3. Operational efficiencies: Eliminating redundant infrastructure and duplicative operating costs will improve the financial performance of the combined entity.
  4. Emerging user experiences: Our combined ability to focus engineering resources that drive innovation in emerging scenarios such as video, mobile services, online commerce, social media, and social platforms is greatly enhanced.
Perso, je crois surtout qu'il y faudra du sang neuf. À commencer par le départ de Steve Ballmer, qui au lieu d'envisager les risques potentiels de l'intégration (any large integration process has risks associated with it and I know we have all thought about it), ferait mieux de programmer d'aller sous le soleil des tropiques faire une pétanque avec Terry Semel...



En lui rappelant volontiers cette observation, qu'en réalité, la somme de deux échecs ne fait pas une réussite. Qu'on se le dise !





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P.S. Et je ne suis pas seul à le penser...



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Microsoft veut Yahoo !

(cf. Dossier Adscriptor sur Microsoft-Yahoo! en un PDF, 100 pages, 2Mo)

À lire :
Depuis le temps que j'en parle, c'est officiel !!! Microsoft veut Yahoo. Avec une offre déjà déposée devant la Securities and Exchange Commission de 44,6 milliards de dollars (soit 31 $ par action, dont la cote était à 19,18$ le 31 janvier !). La moitié en cash, l'autre en actions.

Je vous reviens plus tard sur l'info, mais vraiment, je ne m'étais pas trompé avec ma théorie du bloc contre bloc (sauf sur la décision de Facebook)...

Yahoo! Board of Directors to Evaluate Unsolicited Proposal From Microsoft

SUNNYVALE, Calif., Feb 01, 2008 (BUSINESS WIRE) -- Yahoo! Inc. (Nasdaq:YHOO), a leading global Internet company, today said that it has received an unsolicited proposal from Microsoft to acquire the Company. The Company said that its Board of Directors will evaluate this proposal carefully and promptly in the context of Yahoo!'s strategic plans and pursue the best course of action to maximize long-term value for shareholders.
Pour une analyse plus approfondie de la situation dans le déluge d'infos qui ne va pas manquer de déferler, voici quelques liens connexes sur Adscriptor : Et si je peux me permettre un SEUL conseil au nouveau conglomérat, en anglais (pour qu'ils comprennent mieux) : Focus! Focus! Focus!

Ce qui est loin d'être gagné d'avance. Je me demande même si 2008 y suffira...


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vendredi 25 janvier 2008

Fini le domain tasting !

Fini le domain tasting !

[MàJ - 30 janvier 2008] L'ICANN réagit enfin...

Je vous ai souvent parlé du domain tasting sur ce blog. D'abord parce que tout ce qui touche aux noms de domaine me passionne, et ensuite pour tenter d'expliquer une pratique et l'ampleur du bidonnage...

Or encore une fois, alors qu'on s'attendrait à une réponse "institutionnelle" pour conjurer le phénomène, une solution définitive pourrait bien nous venir du privé, et de Google en l'occurrence, comme nous le dévoile Techcrunch.


Comme on peut le voir sur le graphique, la flèche rouge en bas à gauche indique à quelle étape du cycle de vie d'un nom de domaine intervient le processus, qui consiste :
à enregistrer des domaines, à les tester pour voir leur potentiel en navigation directe (tasting), à les monétiser s'ils valent la peine (kiting) et à les rendre de nouveau disponibles à l'enregistrement dans le cas contraire. Sans rien payer, bien sûr, dès lors qu'ils sont restitués durant les cinq premiers jours...
Ces 5 jours correspondent à la "période de grâce" (Add Grace Period, AGP pour les intimes), et c'est l'un des deux piliers sur lesquels s'appuie le "domain tasting" ; l'autre étant les Adsense, puisque c'est grâce aux revenus Adsense générés durant ces 5 jours que les spéculateurs peuvent estimer si un domaine sera rentable ou non. En fait, comme pour un parking normal, il suffit que les revenus publicitaires dépassent le coût d'enregistrement pour qu'un domaine soit rentable.

Donc vu que l'ICANN n'intervient pas pour supprimer l'ADP, seule solution envisagée jusqu'à présent pour stopper l'arnaque (probablement la plus importante après le typosquatting, dont les enjeux financiers sont énormes), c'est Google qui pourrait s'en charger en mettant fin à l'une de ses grosses incohérences.

Comme le souligne Jay Westerdal :
Je pense que c'est un retour à la devise “Être bon” qu'avait Google il y a quelques années, après avoir tranquillement permis cette pratique pendant tout ce temps.

I think this is a return of the “Be Good” motto Google had a few years ago. Google has been quietly enabling this practice for years now.
Car en effet, Google n'a pas attendu la concurrence pour dégager de gros bénéfices avec le parking des noms de domaines...

En attendant, des alternatives au parking traditionnel tentent de voir le jour. D'autres devraient suivre dans le courant de l'année.

Les bidonneurs seront contents ! Pour autant, cette décision pourrait bien relancer le concept de longue traîne des noms de domaine, nous verrons...


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jeudi 24 janvier 2008

Les ambitions du rapport Attali

Les ambitions du rapport Attali

Tout le monde en a entendu parler : Jacques Attali a remis cette semaine au Président de la République son rapport pour la libération de la croissance française, organisé autour de huit ambitions pour la France :
  1. Préparer la jeunesse à l’économie du savoir et de la prise de risque ;
  2. Participer pleinement à la croissance mondiale et devenir champion de la nouvelle croissance ;
  3. Améliorer la compétitivité des entreprises françaises, en particulier des PME ;
  4. Construire une société de plein-emploi ;
  5. Supprimer les rentes, réduire les privilèges et favoriser les mobilités ;
  6. Créer de nouvelles sécurités à la mesure des instabilités croissantes ;
  7. Instaurer une nouvelle gouvernance au service de la croissance ;
  8. Ne pas mettre le niveau de vie d’aujourd’hui à la charge des générations futures.
Ces 8 grandes ambitions regroupent 20 décisions fondamentales encadrant 316 mesures, dont la mise en œuvre à partir d’avril 2008 devraient permettre, si l’environnement économique international ne se dégrade pas, d’atteindre les objectifs suivants à la fin 2012 :
  • Une croissance potentielle de 1 point plus élevée qu’aujourd’hui ;
  • Un taux de chômage ramené de 7,9 % à 5 %, c’est-à-dire le plein-emploi ;
  • Plus de 2 millions de logements construits et au moins autant de rénovés ;
  • Le chômage des jeunes divisé par trois ;
  • Le nombre de Français sous le seuil de pauvreté ramené de 7 à 3 millions ;
  • Plus de 10 % des élus à la prochaine Assemblée nationale issus de la diversité ;
  • L’écart de l’espérance de vie entre les plus favorisés et les plus défavorisés sera réduit de un an ;
  • Plus de 10 000 entreprises créées dans les quartiers et les banlieues ;
  • Un senior sur deux au travail au moment de prendre la retraite, au lieu de un sur trois aujourd’hui ;
  • Un taux d’encadrement dans le premier cycle de l’enseignement supérieur identique à celui des classes préparatoires ;
  • 100% des Français ayant accès à l’ADSL et à la large bande, et 75 % des Français devenus utilisateurs réguliers d’Internet ;
  • Une dette publique réduite à 55 % du PIB ;
  • Une fréquentation touristique atteignant plus de 90 millions de visiteurs annuels.
À noter que, selon Attali, 1 point de PIB en plus, cela peut signifier chaque année par exemple, tout à la fois, 500 euros de pouvoir d’achat en plus par ménage, 150 000 créations d’emplois supplémentaires, 90 000 logements sociaux de plus, 20 000 enfants handicapés scolarisés, 20 000 places d’hébergement d’urgence créées en plus pour les sans-abri, la généralisation du Revenu de solidarité 300 décisions pour changer la France active pour les allocataires du Revenu minimum d’insertion, une augmentation de moitié des moyens de la recherche sur la santé et les biotechnologies, le doublement de notre aide au développement, et 4 000 euros de dette publique en moins pour chaque citoyen, le tout sans alourdir les impôts ni aggraver le déficit.

Enfin, j'ai mis en évidence la condition préalable si l’environnement économique international ne se dégrade pas, car il est évident que pendant ce temps, l'économie mondiale galope :
Plus de 100 pays dans le monde ont aujourd’hui un taux de croissance de leur Produit intérieur brut (PIB) supérieur à 5 %. L’Afrique elle-même, comme l’Amérique latine, croissent à plus de 5 % par an. La Chine connaît des taux supérieurs à 10 % depuis plusieurs années, l’Inde la talonne, à près de 9 %, l’économie russe se rétablit avec 7 % de croissance, la Turquie affiche des taux de 11 % et ouvre à nos portes un immense marché où les deux tiers de la population ont moins de 25 ans.
Oui, décidément, les temps changent...

Rendez-vous en 2012, donc. Car s'il est vrai que la politique doit se juger aux actes et non aux beaux discours, 2012 ce sera aussi la fin du mandat de Nicolas Sarkozy. L'heure du bilan...


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P.S. Pour une analyse en profondeur...

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mardi 22 janvier 2008

La croissance de Facebook stagne et ... régresse !

La croissance de Facebook stagne et ... régresse !

Pour la première fois peut-être depuis le début de son histoire, la croissance de Facebook régresse !


Depuis les premières statistiques détaillées que je vous ai fournies, le 20 octobre dernier, Facebook est passé de 42 047 520 à 55 862 540 membres, soit un gain de 13 815 020 utilisateurs en 3 mois, ou, pour être plus précis, une moyenne proche de 150 000 nouveaux adhérents par jour.

Oui mais voilà, depuis le début de l'année, Facebook perd des utilisateurs !

Je prends assez régulièrement le pouls de la situation, même si je n'en fais pas un billet à chaque fois, car ce serait plutôt ennuyeux. Or selon les deux premiers relevés de l'année, après un gain de 32 140 nouveaux entrants entre le 5 janvier et le 10, soit une stagnation relative par rapport à la hausse exponentielle de 2007, le solde entre les partants et les arrivants est aujourd'hui négatif, avec une perte de 27 660 utilisateurs sur les 12 derniers jours, soit 2 305 en moins quotidiennement.

Donc si l'on compare les moyennes journalières de 2007 vs. 2008, ça nous donne + 150 000 vs. - 2 305, c'est quand même une perte significative ! Avec une baisse des chiffres dans 24 pays sur 47 (+50%, en gras sur le tableau) et un solde égal dans trois autres.

Est-ce un signe, un tournant ? Sûrement. Je ne pense pas pour autant que ce soit négatif pour la société de Zuckerberg, qui vient d'être reconnue vainqueur toutes catégories par la communauté geek, mais ça correspond plutôt à un mûrissement des utilisateurs, de moins en moins disposés à suivre le hype au fur et à mesure qu'ils portent un regard de plus en plus critique sur le site.

Et je suis certain qu'avec la localisation de la plateforme et le partenariat de Facebook dans la téléphonie, Zuckerberg nous réserve encore bien des surprises...

J'aurai l'occasion d'y revenir. Qu'en pensez-vous ?


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samedi 19 janvier 2008

La communication de Netvibes

La communication de Netvibes

Le premier billet que j'ai écrit sur la société de Tariq Krim s'intitulait Netvibes en manque de communication (de crise). Je n'ai jamais été convaincu par la communication de cette société.

Durant les échanges que j'ai eus avec Tariq Krim après la publication de mon billet, comme je lui faisais part de mes perplexités, il m'a répondu : « vous n'allez pas m'apprendre en plus la communication quand même ? ».

Loin de moi cette prétention, je n'en ai ni le désir ni les compétences. Mais je m'interroge. Et la publication de mon dernier billet sur le partenariat Netvibes - Sohu - Maxthon ne m'aide pas vraiment à éclaircir les choses !

Car enfin, examinons de plus près la situation. Voilà une société réputée dans le monde entier qui vient de passer un partenariat avec l'un des portails chinois les plus connus, qui pourrait bien devenir "le" sponsor officiel des Jeux Olympiques de Pékin, un marché de plus de 200 millions d'internautes, 50 millions de blogs, une vitrine planétaire, une occasion dont rêve n'importe quelle boîte sur le Web, etc.

Or ils sortent un communiqué de presse conjoint il y a ... 5 jours (le CP date du 14, nous sommes le 19, un lustre sur Internet) et PERSONNE n'en parle. Je dis bien personne, ni sur le Web francophone ni - plus grave encore, voire incompréhensible - outre-Atlantique ! Personne. Sauf Adscriptor (et Netviber :-). Mais vu mon audience plutôt confidentielle, ça fait un peu léger, vous trouvez pas ?

Seul le CP tourne un peu. La même info en boucle, sans aucune analyse, juste un de plus dans un océan de communiqués. On n'oserait conseiller un communiqué spécial médias, accompagné d'un petit buzz des familles (je prends le Chauffeur comme exemple juste pour illustrer le concept), d'un événementiel, que sais-je ? Mais quelque chose, merde ! Pourquoi ce silence. Pas même un billet sur le blog de Netvibes ! Perso, je trouve ça nul.

Vous imaginez le bordel si Facebook avait passé un tel partenariat !? Sous toutes les latitudes, articles, journaux, télévision, blogosphère, et tout le tremblement. Mais comme c'est Netvibes, rien ! Silence radio, pas un mot. Sauf Netviber et Adscriptor. Tiens, je nous félicite tout seul. Mais comme disait Coluche - paix à son âme -, c'est pas ça qui va faire avancer le schmilblic...

Non, décidément, on ne m'enlèvera pas de l'idée que la communication de Netvibes est mauvaise. Ou mal adaptée, insuffisante, comme vous préférez. En tout cas, qu'elle n'est pas à la hauteur d'une société ayant un tel potentiel, une telle envergure, une telle ambition !

Et si un professionnel de la com veut bien me donner son avis, je suis preneur. Parce que là, je sèche !

Espérons au moins qu'ils puissent gagner les Crunchies, vu que Netvibes est deux fois lauréat comme meilleur design / meilleure interface utilisateurs, et meilleure start-up internationale.

Heureusement qu'ils étaient pas nommés dans la catégorie Best use of viral marketing, ils auraient été sûrs de paumer (d'autres ont peut-être un avis opposé).

[MàJ - 6h du matin] Bon, et bien Netvibes a gagné son crunchy 2007 comme meilleure start-up internationale. Le prix a été retiré par Freddy Mini, qui en a profité pour annoncer la mise en ligne des dernières nouveautés mardi prochain.


Au final, avec toutes ces actus mirobolantes, espérons qu'on en entendra parler !


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Disclaimer : qu'on me croie ou pas, j'ai toujours eu de l'admiration pour Netvibes et l'aventure de Tariq Krim. Qui aime bien châtie bien...

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