vendredi 12 décembre 2008

The search page is defined by...

La page de résultats est définie par...

Par qui ? Par l'utilisateur ou par le moteur ?

Par les deux dirais-je, par les intentions de l'un mixées aux algorithmes de l'autre. Dans l'exemple donné sur son blog :


Olivier Andrieu remarque :
l'espace réellement visible (...) est entièrement accaparé par des liens issus de "la maison Google"...
Oui et non : car pour neuf liens sponsorisés (trois en position "premium" et six dans la barre latérale), la liste des 10 liens issus de Google Maps est bien à mettre au compte des résultats organiques. Google le précise clairement :
L'inclusion dans Google Maps et dans les résultats de recherche du site Google est gratuite. Si vous désirez ajouter votre entreprise à Google Maps, suivez les directives ci-dessous. Votre fiche s'affichera automatiquement dans les premiers résultats de recherche sur le site Google lorsque nos algorithmes la jugeront pertinente par rapport à la requête effectuée. Nous n'avons pas d'informations supplémentaires à vous communiquer au sujet du classement de votre fiche.
Donc je trouve arbitraire cette affirmation :
Google everywhere... et aucune place pour les autres si ce n'est un demi-résultat peu visible en bas d'écran, à peine au dessus de la "ligne de flottaison"... Bien sûr, on objectera - avec raison - que sur un écran plus grand, les résultats organiques (...) apparaissent.
et je m'étonne qu'Olivier Andrieu, fin référenceur, fasse naître une telle confusion dans l'esprit de son lectorat, en donnant à croire que ces 10 liens "Google Maps" ne seraient pas issus de l'index "organique".

D'autant que, personnellement, tels quels, je les trouve encore plus visibles que les liens sponsorisés.

Sans compter que la métaphore du triangle d'or invoquée par Olivier Andrieu comme seul "espace réellement visible", ne fonctionne pas dans le cas présent, comme l'ont démontré les études de ... Gord Hotchkiss, toujours lui :
L'attention de l'œil étant d'abord capturée par l'image (encore faut-il qu'elle remplisse le critère de la pertinence par rapport à la recherche de l'internaute), cela déplace le "centre de gravité" du point d'entrée, c'est-à-dire là où se pose le regard en premier, d'où il commence ensuite à balayer la page.
En fait, c'est très exactement ce qui se passe avec la carto de Google Maps de la capture ci-dessus, puisque l'œil, fortement attiré par l'image, va d'abord naturellement se poser sur les liens à droite de l'image (et qui plus est au centre de la page).

Donc que dire là encore, sinon que le critère de la pertinence par rapport à la recherche de l'internaute est ici pleinement rempli...

Dans le même billet il était d'ailleurs question des révolutions qui attendent la traditionnelle page de résultats, tant sur la forme que sur le fond :
  • sur la forme, avec une présentation des liens non plus linéraire mais intégrant, ou, pour mieux dire, amalgamant (blending) photos, vidéos, cartes géographiques, commentaires, etc. (côté pub on peut très bien envisager la présence de widgets interactifs en plus des habituels liens contextuels, d'autres formats riches...) ;
  • sur le fond, avec l'émergence de la recherche universelle (celle qui va puiser dans les différents index, ou inventaires), de la personnalisation (celle qui tient compte de vos préférences et de votre profil) et de la verticalisation (celle qui décide des thématiques auxquelles appliquer personnalisation et recherche universelle).
En fait, si je devais hiérarchiser, je dirais que c'est cette dernière qui passe en premier et subordonne les deux autres, avec par ordre d'importance :
  1. Verticalisation
  2. Personnalisation
  3. Recherche universelle
Or la personnalisation est fortement mise en avant par Google, Marissa Meyer le dit depuis un moment déjà et l'a encore répété au Web 08 :
  • search needs to be more dynamic and more personalised
  • talks about personalised search... usual caveat about being careful with users' data
  • "we don't know what will fuel personalised search, but we think it will be one of the traits of the successful search tools of the future"
  • "another part of personalisation is the social aspect"
Voilà pourquoi je trouve l'analyse d'Hotchkiss s'interrogeant sur Who Owns The Search Page? nettement plus propice à la réflexion (ne se demandait-il pas déjà l'année dernière, vu la façon dont les moteurs de recherche innovent, pourquoi les Web marketers n’en font-ils pas autant ?) : une réflexion que devraient mener tous ceux qui ont des services à vendre sur Internet, puisque de plus en plus ces trois composantes de la recherche - verticalisation, personnalisation et recherche universelle - offrent des alternatives aujourd'hui TRÈS largement sous-exploitées, en termes de présence optimisée :
  • par les images
  • par les vidéos
  • par les cartographies
  • par les médias sociaux
  • par les widgets
  • multiforme et multiformats (blogs, sites, pages de réseaux sociaux, sites de partages de favoris, de documents...)
  • par la publicité
Etc.

Donc en conclusion, la page de résultats est définie par les trois composantes qui la font :
  1. par les requêtes saisies,
  2. par l'imagination et l'inventivité de ceux qui décident de leurs stratégies de liens, de trafic, de référencement / positionnement, de mots clés, de pages clés, de noms de domaine, etc.,
  3. et par la pertinence des algorithmes...
Comme quoi il reste de la marge si on veut bien s'en donner la peine, et ce n'est pas encore réservé uniquement à ceux qui paient le plus ! Quant à savoir où va la recherche...


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P.S. Réponse à TomHtml, qui me dit en commentaire :
Parmi les résultats de Google Maps (et par conséquent de sa onebox), il y a des pub "adwords", c'est à dire que des annonceurs paient pour que le marqueur positionnant leur entreprise apparaisse toujours sur la carte quand on fait une recherche à proximité.
C'est une minorité, mais elle existe... Donc Olivier a en partie raison puisque ces résultats ne sont pas tout à fait naturels.
Depuis le début, Google a toujours mis un point d'honneur, me semble-t-il, à ne jamais induire en erreur ses utilisateurs entre résultats naturels et sponsorisés, ces derniers étant toujours distingués de façon claire et sans équivoque par rapport aux premiers. Voilà pourquoi je dis que dans l'exemple choisi par Olivier Andrieu, les 10 liens issus de Google Maps sont des liens naturels qui compensent autant de liens sponsorisés.

Chose que je vais essayer de démontrer. Si le commentaire de Tom est une probabilité, il y aurait trois hypothèses. Nous aurions en effet, parmi les liens qui jouxtent la carte :
  1. soit 10 liens sponsorisés ;
  2. soit des liens sponsorisés mélangés à des liens naturels ;
  3. soit 10 liens naturels.
1. Dix liens sponsorisés

Non seulement la chose n'est signalée nulle part, mais en plus cela nous donnerait toute la partie de la page au-dessus de la ligne de flottaison, comme dit Olivier, truffée de liens sponsorisés, une vingtaine pour être précis. Inacceptable. Et même impossible. Si Google faisait ça, ce serait le déclin assuré de son utilisation par la masse des internautes. Et si Google voulait scier seul la branche sur laquelle il trône, il n'y aurait pas de meilleure solution !

2. Mix de liens sponsorisés + liens naturels

Idem. Inacceptable sans signaler la chose aux internautes. De plus, à ma connaissance, Google n'a jamais fait ça. J'ai testé la même requête directement dans Google Maps, et l'on voit bien dans la colonne latérale gauche, où s'affiche la liste des hôtels, que les liens commerciaux sont clairement mis en évidence en tête et en pied de colonne. Voir la capture :


On peut d'ailleurs constater que les marqueurs ne sont pas les mêmes entre liens naturels (tous identiques) et liens sponsorisés (personnalisés), différence qui se retrouve sur la carte :


Voilà pourquoi je pense que nous avons au final :

3. Dix liens naturels

Que l'on retrouve d'ailleurs mélangés dans les 20 liens naturels présentés directement sur Google Maps (avec un seul lien d'écart).

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lundi 8 décembre 2008

2008 + 104 = le Web 08 !

2008 + 104 = le Web 08 !

Sont déjà inscrits près de 1700 participants venant de 26 pays. Dont moi :-)

Demain matin à cette heure-ci, je serai là :


Photo Loïc Le Meur. D'autres photos ici.

Le thème de cette année : l'amour ! Tout un programme...

Celles et ceux qui n'y seront pas pourront quand même suivre les événements en live ou via Twitter.

Je ne fais pas partie des blogueurs officiels, ce qui m'évitera de devoir me trimbaler avec mon ordi pendant deux jours et me permettra de flâner et d'observer à la sauce 1.0. Voire de faire quelques vidéos, même si c'est pas mon fort. Aucune connexion donc, malgré l'installation WiFi au top !

Et puis comme ça j'ai pu m'inscrire à 2 sessions Facebook que je ne suis plus depuis un bout de temps, histoire de me rafraîchir la mémoire.

Tiens, quelques photos pour commencer...



À jeudi :-)


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samedi 6 décembre 2008

Internet Marketing 2009

Internet Marketing 2009 - Optimisez votre présence sur Internet

Billet sponsorisé, qui ne l'est pas :-)

C'est juste que j'ai récemment reçu ce livre magnifique, au format A4, un papier de qualité, un peu lourd à manipuler, certes, mais c'est le poids du contenu !


Car c'est du vrai contenu, c'est du lourd. Quiconque veut en apprendre davantage sur le Web marketing devrait se procurer ce guide, actualisé à l'année en cours, indispensable outil de travail qui recense :

Les dernières tendances
Ciblage comportemental - Interfaces riches - Web TV – Réseaux sociaux-  Site Iphone - Applications embarquées pour mobile -  Vidéos cliquables - Mondes virtuels pour une marque - Boutiques déportées - Agents conversationnels - Web sémantique...

Les trucs qui tuent pour réussir ses opérations de
Référencement naturel - Référencement payant - Campagne emailing – Affiliation - Buzz marketing – Marketing mobile - Infiltration des réseaux sociaux – Création de communautés….

+ 70 campagnes analysées en détails (mécanique, résultats, enseignements…)

Les « dernières tendances », et « les trucs qui tuent » sont ainsi accompagnés d’exemples pragmatiques, permettant de mieux comprendre les rouages d’une campagne innovante….


Lire une présentation du livre publié sous la direction de Martin Tissier. Ou feuilleter :





Et puisque mieux vaut prévenir que guérir, si j'en parle, sachez que ce n'est pas parce que j'ai reçu gratuitement le livre, mais parce que j'ai eu l'heureuse surprise de constater que c'est du 100% qualité. Si c'était de la daube, je n'en parlerais pas. Mais il y a une deuxième raison : je trouve parfaitement cohérente la démarche de l'éditeur, EBG, qui commence par appliquer à soi-même ses propres recettes avec la mise en ligne d'un site d'accompagnement pour faciliter la tâche à celles et ceux qui souhaitent en parler.

Plus une remise pour commander le livre à 48€ eu lieu de 58€ : code "adscriptor".

Un bémol signalé par Diane :
absence complète de la culture dans les études de cas (non ! je ne parle pas ici des produits culturels comme Hachette ou Warner Music, mais de vraie culture comme les musées, le patrimoine, le spectacle vivant, les portails culturels).
En terminant par le coup d'œil du traducteur : foin d'« Optimiser votre présence sur Internet » sur la couverture, ça fait tache, préférer au choix, « Optimiser sa présence sur Internet » ou « Optimisez votre présence sur Internet » !

Règle :
Lorsqu'on emploie l'infinitif, on doit dépersonnaliser les pronoms et les adjectifs possessifs ou les utiliser à la troisième personne (éviter l'emploi de vous, votre, vos)...
Pour la prochaine édition, j'utiliserais l'impératif, plus personnel, plus direct, plus « marketing »...


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jeudi 4 décembre 2008

Adscriptor : trois ans !

Adscriptor : trois ans !

Après 36 mois de blogging (mars 2005 + 35 mois de janvier 2006 à novembre 2008 inclus), l'envie m'a pris de faire le point en quelques chiffres et autres considérations. Ce sera l'objet de ce 560e billet.

En partant de mes dernières stats, qui faisaient le bilan des 700 premiers jours d'Adscriptor :


et en y ajoutant les 13 mois suivants :


ça donne un total de 558 billets, dont 294 sur 23 mois (52,69%) et 264 sur 13 mois (47,31%), avec une moyenne de 15,5 billets par mois, soit 1 billet tous les deux jours !

Globalement, 2 billets sur 3 ont été commentés (367 billets sur 558, soit 65,77%), et 191 non (34,23%), pour un total de 1669 commentaires, soit une moyenne générale de 3 commentaires par billet (2,99).

En outre la courbe de progression est à la hausse, puisque j'ai "produit" pratiquement autant ces 13 derniers mois que durant les 23 qui ont précédé, avec 264 billets, soit une moyenne de 20,31 billets/mois, dont 182 commentés (68,94%) et 82 non (31,06%).

Mes 7 billets les plus commentés (20 commentaires ou plus) sont les suivants :
  1. Eolas – Adscriptor : riposte (45 commentaires) (23 avril 2008)
  2. Correctif : l'ICANN et le lancement de nouvelles extensions (23 commentaires) (23 juin 2008)
  3. L'homme est un animal social... (23 commentaires) (29 avril 2008)
  4. Wikio : deux cartons jaunes = un rouge (21 commentaires) (19 septembre 2008)
  5. Eolas et la Secte du Kiosque à Journaux (21 commentaires) (19 avril 2008)
  6. Adscriptor - Cinq choses importantes (21 commentaires) (13 mars 2008)
  7. Wikio, un sondage surprenant ! (20 commentaires) (25 juillet 2008)
Tous ont été rédigés au cours des neuf derniers mois.

Sur l'ensemble de la période, je totalise les stats de fréquentation suivantes :


  • 216 587 visiteurs uniques (200/jour)
  • 265 809 visites (246/jour)
  • 353 956 pages vues (328/jour)
  • 1,33 page/visite
Les pics majeurs correspondent respectivement à la folie Facebook, à la saga Microsoft-Yahoo!, à l'affaire Martinez, au lancement de Google Chrome et à l'élection de Barack Obama.

Mise à part la rubrique Actualités (353 tags, soit plus d'un billet sur deux), les catégories davantage taguées sont :
  1. Internet (266 tags, 47,67%)
  2. Google (177 tags, 31,72%)
  3. Web 2.0 (128 tags, 22,94%)
  4. Microsoft (89 tags, 15,95%)
  5. Yahoo! (78 tags, 13,98%)
  6. Facebook (72 tags, 12,90%)
  7. GYM (65 tags, 11,65%)
Les autres arguments principalement traités sont le blogging sous toutes ses formes, le Web francophone, les réseaux sociaux, le marketing, l'Icann et les noms de domaine, la presse et les médias, et, bien évidemment, le contenu et la traduction.

À noter enfin une permanence moyenne sur site de 1’17’’, donc si je multiplie 77 secondes par 265 809 visites, ça nous fait globalement plus de 20 millions de secondes de lecture, soit 5 685,36 heures, soit 237 jours...

Confirmation qu'il y a de quoi lire sur Adscriptor (ça me rappelle que le Chauffeur de buzz m'appelait king of rich content :-).

Merci donc de tout cœur à mon lectorat et aux commentatrices et commentateurs, même si je ne vous promets pas de faire mieux pour l'année à venir : en fait je crois que je vais sérieusement ralentir ... à moins que le virus ne me reprenne ! Qui sait ?


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mardi 2 décembre 2008

Du futile au futur : l'avenir de la presse est-il écrit ou à écrire ?

Le 20 novembre 2008 a été déposé au Sénat l'avis numéro 100 du Tome VI de Projet de loi de finances pour 2009, signé par M. David ASSOULINE et consacré aux médias, aux avances à l'audiovisuel et à la presse.

On y apprend des choses, bien sûr. Et notamment qu'un avis favorable a été donné à l'adoption des crédits pour 2009 du programme 180 « Presse » de la mission « Médias », avant même que ne se concluent les légendaires États Généraux de la Presse écrite...

Pour autant, même si l'avenir de la presse n'est pas écrit, les chèques sont signés !

Parmi les critères qui rendent la situation économique de la presse écrite particulièrement préoccupante, selon le rapport, citons notamment :
  • Un lectorat en déclin
  • Une concurrence accrue sur le marché publicitaire
  • L'intérêt croissant des annonceurs pour Internet et la presse gratuite
  • Une évolution en ciseaux des recettes publicitaires de la presse (...) à craindre sur la longue période
  • Le maintien de coûts fixes élevés
  • La progression du prix du papier (...) fortement corrélée à la demande internationale
  • Des coûts de fabrication plus élevés que la moyenne européenne
  • Des modes de diffusion en profonde mutation
  • Un besoin de rénovation à tous les niveaux, etc.
Ça fait quand même beaucoup... D'où le constat d'une rénovation indispensable du dispositif d'aides à la presse, directes et indirectes, adapté aux défis du secteur :
  1. Les aides à la diffusion : à la recherche de nouveaux circuits et modes de distribution
  2. Les aides au pluralisme : consolider l'assise financière des entreprises de presse tout en renforçant la confiance des lecteurs dans l'indépendance de la presse
  3. Les aides à la modernisation : aider la presse à ne pas manquer le rendez-vous du numérique
  4. La nécessité d'accompagner l'Agence France-Presse dans ses mutations technologiques
Ça fait beaucoup là encore...

Mais face à une presse écrite payante française, qui « devrait être globalement déficitaire dès 2010-2011 et enregistrer une perte de 700 à 800 millions d'euros à l'horizon 2015 » (source : OC&C Strategy Consultants), le tout s'accompagnant d'une « réduction drastique des recettes de la presse d'information politique et générale », au point de reculer de 15 ans en tombant en 2008 au plus bas niveau de 1993 :


il me semble logique de compenser les pertes par l'argent du contribuable. La péréquation, ça s'appelle, ou égalité dans la répartition...

Alors allons-y gaîment avec le programme 180 :
Dans ce contexte extrêmement morose pour la presse quotidienne payante, les crédits alloués au programme 180 « Presse » de la mission « Médias » s'élèvent, en 2009, au même niveau que ceux inscrits en loi de finances initiale pour 2008, soit 284,6 millions d'euros en autorisations d'engagement (AE) et 279,6 millions d'euros en crédits de paiement (CP). Dans le cadre de la programmation triennale, ils seront ensuite ramenés à un montant de 279,6 millions d'euros en AE (274,6 millions d'euros en CP) en 2010, puis à 274,6 millions d'euros en AE (269,6 millions d'euros en CP) en 2011.

Le programme 180 se compose de deux actions :
- une action relative aux « Aides à la presse », dotée de 175,2 millions d'euros ;
- une action consacrée aux « Abonnements de l'État à l'AFP », dotée de 109,4 millions d'euros.
Ajoutez ça aux aides perçues pendant ces quinze dernières années, depuis 1993, justement :


et vous verrez que nous ne sommes pas loin d'une pilule globale de 20 milliards d'euros ! Oui, vous avez bien lu : 20 MILLIARDS D'EUROS.

On comprend parfaitement que le modèle est à perpétuer. Surtout pour ceux qui encaissent... À quand l'aide pour les blogueurs, je me demande !

Bon, rassurez-vous, cela n'empêchera pas le prix des journaux d'augmenter, faut pas exagérer non plus. L'évolution tarifaire au 1er janvier de chaque année est d'ailleurs déjà programmée jusqu'en ... 2015 (oui, vous savez, quand les pertes devraient s'élever à 700 ou 800 millions d'euros, ne chipotons pas, nous ne sommes quand même pas à 100 millions d'euros près) :


Sans compter que ces différentes subventions ne sont pas exemptes de dégâts collatéraux...

Mais bon, une fois encore, soyons assurés que la gestion des finances de l'état sera conforme à ce qu'on attendrait d'un bon père de famille, comme toujours...

Voilà pour le futile (clin d'œil). Passons au futur.


Premier prix : un contrat d'embauche !

Mais le futur, c'est également ça : le Huffington Post vient de lever 15 25 millions de dollars de fonds publics privés !

Ainsi pendant que les américains réinventent leur journalisme en tentant d'innover à 360°, en France on collectionne les rapports :
  1. Rapport Spitz - Les jeunes et la lecture de la presse quotidienne d'information politique et générale (octobre 2004)
  2. Rapport Muller - Garantir le pluralisme et l'indépendance de la presse quotidienne pour assurer son avenir (juin 2005)
  3. Rapport Lancelot - Les problèmes de concentration dans le domaine des médias (décembre 2005)
  4. Institut Montaigne - Comment sauver la presse quotidienne d'information ? (août 2006)
  5. Rapport Tessier - La presse au défi du numérique (février 2007)
  6. Rapport de Broissia - Presse quotidienne d'information : chronique d'une mort annoncée ? (octobre 2007)
  7. Rapport Giazzi - Les médias et le numérique (septembre 2008)
Etc. etc. Plus d'un rapport par an, et avec tout ça ces cons de décideurs qui sont pas foutus de décider autre chose que la perpétuation de rentes de privilèges ! Mais c'est toujours nous qu'on paye, il va sans dire...

Et pourtant, il y aurait des solutions. Prenons l'exemple des petites annonces :
(2) Vers la disparition des petites annonces des colonnes de la PQN ?

L'évolution des recettes de petites annonces est plus contrastée entre les différentes catégories de presse quotidienne d'information politique et générale.

S'agissant de la presse quotidienne nationale, les résultats de l'enquête statistique annuelle sur la presse écrite menée par la Direction du développement des médias révèlent que les recettes de petites annonces se sont contractées de 4,6 % en 2006. Si celles-ci comptaient pour 320 millions d'euros dans les recettes de la presse nationale d'information en 1990, elles ne représentent plus aujourd'hui que 70 millions d'euros soit à peine 5 % du chiffre d'affaires total de cette catégorie de presse.

A contrario, les résultats obtenus par la presse locale incitent à l'optimisme. Celle-ci a su en effet maintenir et même renforcer la part des petites annonces dans ses recettes commerciales. Ces annonces ont progressé de 42 % depuis 1990 et représentent désormais près de 17 % de ses recettes.

On peut en conclure que le support des journaux locaux est mieux adapté aux petites annonces que les quotidiens nationaux généralistes. Les petites annonces publiées autrefois dans ces derniers ont massivement migré vers les journaux gratuits et internet, ce qui conduit à s'interroger sur l'avenir de cette catégorie d'annonces et de recettes dans les pages et les bilans de la presse quotidienne nationale payante.
Or il y a un moyen radical de renverser la tendance ! Alors pourquoi personne ne le fait ?

Enfin, heureusement qu'il y a chez nous des journalistes qui savent encore de quoi ils parlent :

AFP Media Watch Automne Hiver 08 09
Après la tempête, le beau temps revient, paraît-il... Alors, l'avenir de la presse : écrit ou à écrire ? Qu'en pensez-vous ?


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samedi 29 novembre 2008

La question du sens

La question du sens

Réflexion initiée à la lecture de ce billet de Narvic, dans lequel il relève qu'on assiste à une productivité d' "information" à grande échelle, « sans que jamais la question du sens ne soit injectée à aucun moment dans les procédures de traitement. », et où le journaliste se trouve « surclass(é) sur bien des aspects décisifs : efficacité, production, coût, bref... productivité. » Et d'ajouter :
Reste le terrain du sens, si cette question a encore un sens...
Une problématique qui dépasse largement les seuls journalistes, selon moi, et que l'on peut tranquillement étendre à l'ensemble des internautes.

Et même hors Internet, puisque n'oublions pas qu'il y a encore, "out there", cinq fois plus de gens que la population des internautes, qui ne se sont jamais connectés au Web...

Or la question du sens est, à mon sens, si je puis dire, LA question à se poser, en tout cas celle que je me pose depuis le début : Quel est le sens de ma présence sur Internet ?

Le sens étant, toujours selon moi, la première des trois composantes de notre présence sur Internet.

C'est d'ailleurs pour cela que j'ai souhaité faire d'Adscriptor un lieu de sens, un lieu d'analyse et de contextualisation de l'info brute, où je préfère me taire quand je n'ai rien à dire et que je tourne en rond.

Inutile de participer à l'amoncellement de strates bloguesques où seule compte la superficie, qui ont pour unique intérêt de se substituer les unes aux autres à la vitesse de la lumière, frappé par crainte d'une désertion répressive des "abonnés" dès que vous arrêtez d'enfiler les actus kleenex comme des perles sur un collier.

Pour autant les agences de presse telles l'AFP et autres ne sont-elles pas des canons à dépêches dont se nourrissent bon nombre de journaux sans trop se demander ce qui se passe derrière...

Donc avec Internet, à part amplifier le phénomène vu la puissance inouïe de ce nouveau média, dans l'absolu quelle serait la différence avec avant ?

Om Malik voit se dessiner un avenir divisé en deux courants : d'un côté, un déferlement ininterrompu d'infos brutes provenant de sources diverses - Twitter, téléphonie mobile véhiculant messages, photos et vidéos, ou encore témoignages directs d'un événement obtenus via les réseaux sociaux -, et de l'autre les médias traditionnels, qui seraient chargés d'analyser et de contextualiser l'info en y apportant de l'intelligence ! Le tout en temps réel :
And that’s when I realized that the future of media is being split into two streams: one that consists of raw news that comes like a torrent from sources such as Twitter, mobile messages and photos, the other, from old media. The eyewitness dispatches (and photos) via social media are an adjunct to the more established media — which needs to focus on providing analysis, context, and crucially, intelligence — in real time.
Approche séduisante mais presque totalement contredite dans les faits, puisque de plus en plus les journalistes "traitent" l'info un peu n'importe comment (voir ici, , et là encore...), en caressant le public dans le sens du poil et des intérêts de leurs éditeurs. Je ne dis pas tous, mais beaucoup, inutile de le nier. L'indépendance des journalistes a fait long feu, même s'il existe encore quelques journalistes indépendants et fiers de l'être, heureusement !

Toutefois ils sont plutôt l'exception qui confirme la règle que le contraire. Cela dit, je ne partage pas vraiment l'analyse de Narvic lorsqu'il pense :
J’en suis au point d’estimer que sur internet se joue l’affrontement de deux approches, deux visions, deux théories de l’information, incompatibles et alternatives l’une de l’autre. Elles avaient évolué avant internet dans des sphères séparées, mais elles se rencontrent aujourd’hui sur ce terrain d’internet. Et l’une est en passe de supplanter l’autre.
Franchement, je ne vois pas pourquoi l'une devrait supplanter l'autre. Je ne crois pas au "celle-ci tuera celle-là". Je les imagine plutôt forcées de cohabiter et d'évoluer ensemble. Une vision personnelle que j'ai déjà tenté d'expliciter :
Dans cette ère nouvelle du one-to-one (ou many-to-many, ou many-to-one, ou one-to-many...), l'information ne se bâtit plus sur un modèle vertical, top-down qui plus est, mais horizontal, transverse, de liaisons (liens).

Par agrégation/associations d'idées, d'infos, de liens, de billets, de vidéos, de pages de résultats de moteurs, de micro-messages, de fils de discussion, de présentations, de documents partagés, etc. En clair : de tout ce qui peut faire sens. Indépendamment du support.

Et pour terminer sur un parallèle, de même qu'un organe de presse commet une erreur évidente et grossière en pensant que "son" site pourrait être assimilable à TOUT le Web, ainsi en va-t-il de l'article, que personne ne peut plus sérieusement considérer aujourd'hui comme un tout, qui ferait le tour de l'info.

L'heure est donc venue pour les journalistes d'écrire des articles - s'ils tiennent à conserver le terme -, qui feront sens plus par leurs connexions avec le reste de l'infosphère que par leur exhaustivité, une utopie à jamais révolue.

Dans l'infosphère, l'info n'a plus de centre.
Elle n'a plus de centre, mais elle a encore un sens : celui que chacun/e lui donne...


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jeudi 27 novembre 2008

Je tourne en rond

Je tourne en rond...

... comme un fauve en cage. Plus rien à me mettre sous la dent ! Pas le temps de m'adonner à de longues analyses, pas le temps de décortiquer l'actu du Web, pas vraiment transcendante en ce moment, il faut bien le dire, si ce n'est de temps en temps une info qui me réjouit, comme quoi toutes mes élucubrations sur l'affaire Martinez n'étaient pas que des brèves de comptoir, n'en déplaise à Eolas la menace, hélas !

Mais bon, ne croyons pas que la justice française soit guérie pour autant...

Niveau Web international, il nous faudrait une bonne breaking news du genre Apple rachète Yahoo!, ou Nokia à la limite, Icahn doit en rêver puisqu'il vient d'augmenter sa participation. À moins qu'il ne sache des choses qu'on ignore, c'est bien possible aussi...

Sinon demain je suis ici, et les 9 et 10 décembre au Web 08 !

Il reste encore près de 200 places si ça intéresse quelqu'un, en saisissant le code BLOGDISCOUNT vous pouvez en obtenir à 1435,20 € au lieu de 1794 €. J'ai déjà compté plus de 800 sociétés participantes, et pas des moindres... Donc à la revoyure à Paris ?



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