jeudi 17 avril 2008

Keywords are nothing without Keypages!

Autrement dit, « Les mots clés ne valent rien s'ils ne sont pas contextualisés dans des pages clés ! » (côté éditeur, car côté annonceur, la problématique est différente)

Préambule

Les mots clés
1. Qu'est-ce qu'un mot clé ?
2. Quelques caractéristiques des mots clés

Les pages clés
1. Qu'est-ce qu'une page clé ?
2. Quelques caractéristiques des pages clés

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Préambule

Depuis l'achat d'Overture en 2004 par Yahoo! le concept des mots clés à fait florès. Or aujourd'hui, l'optimisation des mots clés à elle seule ne suffit plus, vu la concurrence avec le payant, et surtout elle a bien moins d'efficacité si elle est faite en aval.

Traduction : on crée un site sans stratégie bien précise, on met dedans un nombre plus ou moins grand de pages avec du contenu plus ou moins pertinent, et ensuite on pense à quels mots clés utiliser pour le faire connaître.

Or le problème, en procédant de cette manière, c'est qu'on trouvera toujours devant nous une bonne centaine de sites mieux optimisés qui occuperont "naturellement" les 10 premières pages de résultats de Google, Yahoo & Co. ; "naturellement", c'est-à-dire dans les résultats organiques.

Et puis on trouvera aussi devant nous tous les annonceurs dont les liens sponsorisés seront bien en évidence sur ces mêmes mots clés qu'on aura péniblement extraits de nos réflexions a posteriori.

Donc, première règle d'or, les mots clés doivent être définis en amont du process de développement d'un site, ou d'un blog, qui vont être le contenant : un contenant à construire autour du contenu.

Ceci dit, avant d'imaginer la conception d'une page autour d'un mot clé, ou d'un ensemble de mots clés sémantiquement proches, mieux vaut d'abord se demander : 1) qu'est-ce qu'un mot clé ? Et la question corollaire : 2) quelles doivent être ses caractéristiques ? [Début]

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Les mots clés

1. Qu'est-ce qu'un mot clé ?

Techniquement, disons que les mots clés sont des "tags", des étiquettes en bon français, servant à catégoriser vos pages, vos messages, vos recherches.

Jusqu'à présent leur emploi a été plutôt basique, mais il serait temps de passer d'une utilisation par associations (d'idées, de concepts), à une utilisation par intentions, selon cette définition d'Otavo :
Quelles sont les différences entre les mots clés et les intentions ?

Les mots clés sont des catégories, et, en tant que tels, ils ne vous indiquent ni COMMENT ni POURQUOI vous souhaitez utiliser l'information qu'ils étiquettent, mais juste à quelle catégorie elle appartient dans le grand ordonnancement des choses.

Par contre les intentions sont porteuses du POURQUOI et du COMMENT vous souhaitez utiliser l'information.
Une notion déjà évoquée dans mon billet sur Powerset, où j'observais que « les mots clés sont au centre de la reformulation des requêtes, en cartes mentales pour les utilisateurs, en ontologies pour les moteurs. »

En prenant pour exemple le film suivant :


Or puisque les mots clés seuls ne peuvent indiquer ni le COMMENT ni le POURQUOI qui sous-tendent vos intentions, c'est en les contextualisant dans des pages clés que vous allez pouvoir faire d'un simple document contenant des mots clés un document vecteur de votre message, rendu à la fois plus intelligent et plus intelligible, autant pour vos lecteurs que pour les moteurs. [Début]

2. Quelques caractéristiques des mots clés
  • Les mots clés doivent faire sens ! Pris séparément ET collectivement. Une activité ne se définit jamais par UN mot clé seul, mais par DES mots clés, des expressions clés, des cooccurrences, des phrases clés, qui s'inscrivent dans un contexte.
    Dans lequel ils ont une densité (idéalement entre 3% et 7%, sans jamais dépasser les 10%), appliquée à la page qui les accueille.

  • Les mots clés ne sont pas seulement "entrants" mais également "sortants".
    • Entrants : ils amènent du trafic vers vos pages, puisque mis à part la navigation directe et les relais des réseaux sociaux, la plupart des internautes vous rendent visite après avoir saisi des mots clés dans les moteurs.
    • Sortants : ils convoient votre message à l'extérieur, sur les réseaux sociaux, les sites de partage de photos, de liens, de vidéos, de présentations, Technorati, etc.
    Et entrants ou sortants, ce sont des ancres qui matérialisent des liens : pensez aux nuages de mots clés, ces fameux "tag clouds", où tous les termes sont clicables.

  • Les mots clés peuvent également être connotés marque ou non connotés marque (génériques), et doivent s'insérer dans les URL de vos pages et billets (les résultats sont parfois surprenants).
Transposons maintenant ces considérations aux pages clés en nous interrogeant de façon semblable : 1) qu'est-ce qu'une page clé ? 2) quelles doivent être ses caractéristiques ? [Début]

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Les pages clés

1. Qu'est-ce qu'une page clé ?

Une page clé est une landing page, ou page d'atterrissage, où se rencontrent, dans le meilleur des mondes, les attentes de l'auteur et celles du visiteur.

Déjà, si vous cliquez sur les deux liens précédents, que vous les lisez ainsi que toutes les références auxquelles ils renvoient, vous en saurez plus que moi sur la question ! Et c'est en français, une fois n'est pas coutume.

Mon but ici n'est pas tant d'insister sur l'aspect technique, bien qu'il reste primordial, mais plutôt d'encadrer ce concept de page clé dans la réalité du Web aujourd'hui, où chaque page est évaluée, décortiquée et pondérée par les moteurs comme une entité à part entière. Certes rattachée à l'écosystème dont elle fait partie, mais indépendante en termes de poids spécifique et de positionnement.

Pour donner un exemple limpide, certains billets d'Adscriptor sont très bien positionnés, d'autres pas du tout. Idem pour les pages clés... Qui doivent être un mélange d'optimisation, et de rédaction. Comme pour un billet de blog ! [Début]

2. Quelques caractéristiques des pages clés

Dans Booster son blog : mots clés et optimisation, je concluais en observant :
Identifier l'univers lexical de son blog en analysant les cooccurrences de mots clés significatives, puis définir une thématique précise par billet, en optimiser sémantiquement le contenu et intégrer la phrase clé centrale (entre 2 et 5 termes pondérés) dans l'URL.
Il en va de même pour une page clé, que nous pourrions comparer à un billet de blog, sauf que là, l'univers lexical est celui de votre activité, de votre service ou du message à faire passer.

Deuxième règle d'or, une page clé se construit plus qu'elle se rédige, c'est de l'ingénierie linguistique où le paramètre de base peut se résumer par la formule G + 2H + 5W : qui, quoi, où, quand, pourquoi, comment, combien et en première place G = Google.

Car n'oublions jamais que la présence sur Internet n'est rien sans la visibilité, qui découle de votre positionnement dans les moteurs en général, et sur Google en particulier, principal vecteur de trafic aussi bien en Europe qu'aux États-Unis ! [Début]


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P.S. Si vous vous demandez pourquoi j'ai choisi d'intituler ce billet "Keywords are nothing without Keypages!" plutôt que "les mots clés ne valent rien s'ils ne sont pas contextualisés dans des pages clés !", c'est simplement parce que la transformation des titres en URL dans Blogger ne prend pas en compte les caractères accentués, et ça m'énerve. Vivement les IDN... [Début]

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Microsoft - Yahoo! : la valeur de Yahoo!


La raison principale avancée dans le premier refus de Yahoo! à la proposition d'achat de Microsoft, était que l'offre sous-estimait substantiellement la valeur de Yahoo! (Microsoft's proposal substantially undervalues Yahoo!).
Qui fait tout depuis le 1er février - acquisitions à droite et à gauche, lancement de services et annonces avec chiffres à l'appui - pour démontrer le bien-fondé de son raisonnement.
Or une semaine avant la présentation officielle de ses premiers résultats trimestriels 2008 (prévue le 22 avril), sur lesquels tout le monde s'interroge (s'ils sont mauvais Microsoft en tirerait un atout de négociation évident, s'ils sont bons, Yahoo! tiendrait le couteau par le manche), une étude publiée par SearchIgnite tombe à pic sur les résultats publicitaires de Yahoo!, qui transformerait mieux que Google.
Une étude qui fait grand bruit même s'il y a quand même lieu de relativiser, comme le souligne Techcrunch :
Le problème de cette étude, c'est qu'il n'y a pas moyen de savoir dans quelle mesure elle est représentative du volume d'affaires global de Google, puisqu'elle se base sur les tendances des budgets pubs de 500 clients de SearchIgnite, qui n'ont collectivement dépensé durant le trimestre en cours que 300 millions de dollars dans les annonces publicitaires affichées sur les pages de résultats de Google, Yahoo et MSN.
The problem with this report is that there is no way of telling how representative it is of Google’s total business. It is based on the ad-spending habits of SearchIgnite’s 500 customers, who collectively spent only $300 million during the quarter on search ads across Google, Yahoo, and MSN.
Et même si l'étude indique qu'elle analyse plus de 22 milliards d'impressions et 391 millions de clics sur Yahoo, Google et MSN de janvier 2006 à mars 2008 inclus, en fin de compte sa portée reste limitée à environ 500 annonceurs qui sont tous clients directs de SearchIgnite ou de sa filiale 360i.
Les résultats sur le premier trimestre 2008 montrent donc des dépenses supérieures (surtout en janvier et mars) destinées à Yahoo! :

qui réalise une progression de près de 60% d'une année sur l'autre :

avec un taux de dépense "en baisse" à 70,4% pour Google, "en hausse" à 24,2% pour Yahoo!, et en chute libre à 5,4% pour MSN.

Des valeurs à comparer avec celles des parts de marché dans la recherche des trois moteurs sur 2008 : 67,3% pour Google, 20,3% pour Yahoo! et 6,7% pour Microsoft...
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Ceci dit, malgré la représentativité relative de ce rapport, il traduit à mon avis une autre tendance nette en faveur de Yahoo! et en défaveur de Google : la baisse relative de valeur des clics dans la pub contextuelle, qui fait pendant à la hausse de la valeur des clics dans l'affichage des annonces sur les sites, où un conglomérat Microsoft-Yahoo! aurait quand même un avantage quantitatif de 96,08% par rapport à Google.
À noter que cet avantage serait dû quasi intégralement à Yahoo!, puisque sur 283 426 milliards d’affichages plubicitaires sur le réseau publicitaire étendu, 98,18% sont imputables à Yahoo!, contre 1,82% à Microsoft !
Un avantage incomparable que Yahoo! ne manque pas de souligner dans le document de 35 pages publié le mois dernier, essentiellement à l'intention de Microsoft, où il montre que la part de l'affichage dépasse maintenant la pub contextuelle, un écart qui devrait aller grandissant pour atteindre, sur un marché mondial de la publicité en ligne évalué à plus de 75 milliards de dollars en 2010 :

53,85% des parts de marché (42 Mds $), contre 43,59% pour la pub contextuelle (34 Mds $, soit plus de 10 points d'écart) et 2,56% pour la téléphonie mobile.
Le mobile, autre secteur où Yahoo est particulièrement présent, ainsi que sur les marchés émergents :

C'est ainsi que Yahoo! pense pouvoir accélérer le déploiement des grosses campagnes d'affichage publicitaire sur Internet, dont la mise en place prend actuellement entre plusieurs jours et plusieurs semaines, pour assurer un lancement dans un délai allant de quelques minutes à quelques heures !!!

Yahoo! revêt donc bien une valeur stratégique évidente pour Microsoft, ce que je ne cesse de répéter, qui va bien au-delà de la valeur de l'action en bourse, d'où l'entêtement de Jerry Yang qui ne ménage pas sa peine depuis plus de deux mois et demi pour redire à Ballmer et à qui veut l'entendre :
...nous ne laisserons personne, vous ou qui que ce soit d'autre, acquérir la société pour un montant inférieur à sa pleine valeur.
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Et Google, dans tout ça ?
Quelques signes d'inquiétude ! Pour une société qui, depuis 2005, réalise 99% de son C.A. dans la pub, et notamment dans la pub contextuelle, il doit être alarmant de voir que les orientations de dépenses des annonceurs se déplacent avec insistance vers d'autres formats publicitaires où Google est largement dépassé, pour l'instant du moins.
Tout les signes sont là. Y compris la baisse des taux de clics, mesurée dans une fourchette de 7 à 8 % entre décembre 2007 et janvier 2008 par comScore, dans un rapport, totalement faux au vu des résultats de Google, mais qui n'en a pas moins fait l'effet d'une bombe !

Avec dans la foulée l'effondrement de l'action Google, une chute qui n'est pas occasionnelle, mais qui fait plutôt tendance depuis plusieurs mois...
Un message pourtant délivré par ... Google himself depuis plus de deux ans !
Donc, dans ce cadre, je me demande si le test annoncé par Yahoo! (limité à 2 semaines et 3% de l'ensemble des requêtes) pour monétiser sa recherche via Adsense n'est pas une arme à double tranchant pour Google, puisque les résultats offriront un outil de comparaison redoutable s'ils prouvent que la pub contextuelle s'avère moins rentable que l'affichage sur les sites. À moins que...
D'autant plus que Google est déjà sous les tirs croisés des analystes, qui l'attendent au tournant pas plus tard que ... ce soir, puisque c'est à 22h30' heure française qu'aura lieu (sauf erreur de ma part) la présentation des résultats de Google sur le premier trimestre 2008. Nous en reparlerons demain...
P.S. Pas besoin d'attendre demain, un graphique suffira !



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mardi 15 avril 2008

GYM 2006-2008 et les camemberts

GYM 2006-2008 et les camemberts

Dans la série « une image vaut mieux que mille mots », voici, découverts en l'espace de quelques jours, deux camemberts bien faits ;-)

GYM 2006-2008
Le premier remonte à 2006 (cf. bas de page) et illustre une étude menée par comScore pour SearchEngineWatch.

Le deuxième a été publié hier et illustre une étude menée par Hitwise pour SearchEngineLand.

Points communs entre les deux, Danny Sullivan, GYM et les États-Unis (seul pays concerné par ces chiffres, mais que l'on peut aisément extrapoler vu leur rôle moteur dans l'essor d'Internet).

La comparaison entre les deux est riche en enseignements :

1. La part cumulée de GYM dans la recherche n'a cessé d'augmenter au fil des ans : elle était de 85,3% en 2006, elle est de 94,3% aujourd'hui. Pratiquement un plébiscite.

2006

Google : 43,7 %
Yahoo! : 28,8 %
Microsoft : 12,8 %

GYM : 85,3 % (G : 43,7% + YM : 41,6%)
AOL + Ask + Autres = 14,7 %

[MàJ 19h - 2007]

Google : 53,6 %
Yahoo! : 19,9 %
Microsoft : 12,9 %

GYM : 86,4 % (G : 53,6 % + YM : 32,8 %)
AOL + Ask + Autres = 13,6 %

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2008

Google : 67,3 %
Yahoo! : 20,3 %
Microsoft : 6,7 %

GYM : 94,3 % (G : 67,3 % + YM : 27 %)
Ask + Autres = 5,7 %

2. Non seulement Google enregistre en deux ans une progression de 54% (contre -29,52% pour Yahoo et -47,66% pour Microsoft), mais il récupère + de 20 points d'avance en valeur absolue par rapport au score cumulé de GYM (71,37% en 2008 vs. 51,23% en 2006), que perdent ses concurrents (28,63% en 2008 vs. 48,77% en 2006).

3. AOL disparaît complètement du radar, ce qui devrait fortement faire réfléchir Yahoo!, Ask et les autres se partageant les miettes, en recul de 61,23% par rapport à 2006 !

Conclusion : victoire nette de Google, la débandade pour ses concurrents !

Voici donc une nouvelle fois, s'il en était besoin, l'énième preuve de la suprématie de Google dans la recherche et, d'autre part, de l'impérieuse nécessité pour Yahoo! de trouver un partenaire digne de ce nom s'il ne veut pas complètement sortir de scène à plus ou moins brève échéance.

D'où le choix "naturel" de Microsoft, comme j'essaie de le démontrer depuis... 2006 ! L'alliance des deux servant à combler des lacunes évidentes, voire à dépasser Google dans d'autres secteurs stratégiques.

Ceci explique cela...


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[MàJ 19h - 2007] Au vu de cette mise à jour, mes conclusions sont confirmées, et de plus on observe une nette accélération de la progression de Google entre 2007 et 2008 par rapport à 2006 sur 2007, à laquelle fait pendant le brusque plongeon de Microsoft. Autre fait notable, il semble qu'il y ait eu entre 2007 et 2008 une légère récupération de Yahoo!

P.S. Il est clair que ce qui précède demande à être nuancé dans d'autres régions du globe, notamment en Asie et en Europe : or si la part de Google est moindre en Asie, en Europe elle est largement supérieure aux chiffres américains. Donc, pour ce qui nous concerne, la comparaison garde toute sa pertinence.

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lundi 14 avril 2008

Blogs de Skyrock : +100% de croissance en un an

Blogs de Skyrock : +100% de croissance en un an !

En septembre 2007, j'ai commencé à m'intéresser à Skyrock, premier réseau social de France et deuxième d'Europe !

Or, dès le mois de mars 2007, dans le cadre d'un billet analysant les chiffres de Technorati sur la blogosphère, je m'intéressais au différentiel de 6 millions de blogs francophones entre les stats de Technorati (1,5 million de blogs, soit à peine 2% des 70 millions de blogs recensés), et les chiffres de Skyblog : plus de 7,5 millions de blogs à l'instant de la capture d'écran...


Et j'enregistrais entre le 6 mars et le 23 mars, soit en l'espace de 17 jours :

  • + 250 000 nouveaux skyblogs
  • + 7 millions d'articles écrits
  • presque 30 millions de commentaires en plus
Et 13 mois plus tard, nous sommes passés de 7 503 742 à 15 097 025 blogs (à l'instant de la capture), soit un taux de croissance supérieur à 100% en 13 mois !


Pourtant, une info circulant depuis plusieurs mois est ressortie la semaine dernière, à savoir que ce "patrimoine blogosphérique" serait mis en vente 300 millions d'euros - soit un peu moins que John Cow 20 € le blog ! -, par Pierre Bellanger, qui déclare :
À terme, il y aura une dizaine d'acteurs majeurs sur le marché mondial du réseau social, nous sommes déjà le neuvième.
En décembre 2006, il déclarait :
Nous pensons qu'une demi-douzaine de réseaux sociaux vont s'affirmer au niveau mondial et nous serons l'un d'entre eux, leader sur la nouvelle génération.
Ambition réussie, puisque Skyblog, créé fin 2002, est d'ores et déjà 17e site web mondial, même si la chose n'est pas vraiment reconnue à sa juste valeur, c'est le moins qu'on puisse dire !

En passant, je vous recommande vivement cette longue interview réalisée il y a deux mois par Jérôme Bouteiller pour NetEco :


On y découvre un éclairage fort intéressant sur bien des choses, notamment sur la vision de Pierre Bellanger (dont je partage beaucoup de points de vue...), et qui nous livre quelques chiffres sur Skyrock/blogs (il y a deux mois) :
  • Premier réseau social au monde d'expression francophone (90% de l'audience du réseau est francophone vs. 10% hors francophonie)
  • +21 millions de membres
  • chaque jour:
    • 50 000 blogs/profils créés
    • +1,5 million d'articles publiés
En revanche, l'info selon laquelle il mettrait en vente SkyBlog pour prendre le contrôle de la radio SkyRock ne trouve aucune confirmation. À l'en croire, ce serait même plutôt le contraire, puisqu'il n'est pas question de vente mais d'alliances !

Personnellement, le montant de 300 millions € me semble largement sous-estimé, nous verrons. Quoique, à l'aune française...

Ce qui est sûr, par contre, c'est qu'aujourd'hui, à la lumière des faits, le groupe Lagardère a singulièrement manqué de clairvoyance fin 1998 lorsqu'ils ont décidé de vendre Skyrock, cédée 250 millions de FF (environ 50 millions €) à Morgan Grenfell en mars 1999, puis rachetée par Axa Private Equity en 2006.

Car d'un côté ils voudraient s'allier à Richard Branson pour ringardiser Skyrock et NRJ, et de l'autre ils ont décidé de lancer une grande offensive sur Internet où leur présence est loin de ce que pourrait espérer occuper un groupe de cette envergure.

Conclusion, s'ils avaient gardé Skyrock à l'époque et soutenu son créateur dans sa croissance, à présent ils auraient l'un et l'autre sans rien débourser.

Mais comme le dit Pierre Bellanger dans l'interview en parlant d'Internet :
Jérôme Bouteiller : « Est-ce que vos concurrents dans les médias, à la radio, est-ce que les politiques ont conscience de ce que vous construisez dans l'Internet ? »

Pierre Bellanger : « Absolument pas. Je crois qu'on est véritablement considérés comme des sous-merdes... Le corps politique en général, le corps social, la société française, n'ont absolument pas conscience de ce qu'est un réseau social... »
Aujourd'hui ! Alors imaginez il y a 10 ans...



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Compte Twitter en vente, followers inclus !

Compte Twitter en vente, followers inclus !

Y a que les américains pour faire ça ! Andrew Baron a mis son compte Twitter aux enchères sur eBay, followers inclus !

Le motif étant qu'il utilise davantage son compte professionnel, donc plutôt que d'effacer purement et simplement son compte perso, il a décidé de le mettre en vente !

This Twitter account is now for sale. Followers included. Ebay listing here: http://tinyurl.com/3zs6kl Thanks for your support! about 18 hours ago from web
En 18 heures, l'enchère, partie à 0 et en hausse constante, est passée de 26$ à ... 1125$, avec déjà 34 mieux-disants !!! Il reste encore 9 jours avant la clôture, et le nombre de followers a augmenté de 140 unités (1537 à l'heure où j'écris, contre 1397 initialement) !


Sans compter que l'initiative crée un buzz incroyable sur le Web, en plus de discussions philosophico-économiques qui s'interrogent pour savoir si, grosso modo, 1500 followers font ou non une communauté !?

Et dire qu'en France on se casse la tête en se demandant comment gagner de l'argent sur Internet, probable qu'on est nés du mauvais côté de l'Atlantique :-)

Si vous avez des commentaires, moi je reste sans voix !



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vendredi 11 avril 2008

Microsoft, Yahoo!, Google et ... Issuu !

Microsoft, Yahoo!, Google et ... Issuu !

Je viens de découvrir un nouveau service sympa, Issuu, extrêmement convivial, qui vous permet de transformer un PDF en "livre embedded" ;-)

À tester d'urgence. Le meilleur confort de lecture est en plein écran.

Exemple avec à ce jour mes 30 billets sur la saga Microsoft-Yahoo! (+160 pages !), dont le premier remonte à ... mai 2006, près de deux ans déjà, intitulé de façon un peu prémonitoire « Google vs. Microsoft : la bataille de titans ne fait que commencer », où j'écrivais ceci :
Microsoft, accord probable avec Yahoo (qui semble avoir capitulé devant le rouleau compresseur Google), voire prise de participation, ou mieux encore : rachat de Yahoo!


Pour répondre en outre à un commentaire de Narvic sur mon dernier billet, le principal enjeu de ces grandes manœuvres est bien sûr le gigantesque gâteau publicitaire.

Jerry Yang parle de 75 milliards de dollars en 2010 pour le marché mondial de la publicité en ligne, or lorsqu'on voit que l'argent de la pub migre massivement du triptyque TV-presse-radio vers le Web, on comprend aisément que les acteurs qui contrôleront les régies s'en mettront plein les poches, un marché sur lequel Microsoft VEUT être présent. Et s'il ne peut être premier, qu'à cela ne tienne, il sera second !

À noter que dans ce même billet je rapportais la notion d'hypercompétition mentionnée par Bill Gates :
« This is hypercompetition, make no mistake », dixit Bill Gates, qui pense que Microsoft est largement sous-estimé, vis-à-vis de Google (« I think this is a rare case where we're being underestimated »), tout en reconnaissant que ses marges sont quelque peu rognées : « Margins get Googled », ce qui est une façon originale de l'admettre...
et remarquais à propos de son concurrent :
Google jouit d'une avance considérable, continuité d'une stratégie déjà bien tracée et poursuite de la verticalisation annoncée (prochain volet probable : la santé) ; de nouvelles alliances sont également envisageables (Google - Skype ?)
Google - Skype, une "prévision" qui pourrait bien se réaliser dans moins de pas longtemps...


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Dates et liste des 30 billets :

10/04/08 – Microsoft, Yahoo!, Google et les autres

09/04/08 – Microsoft - Yahoo! : Google entre dans la danse...

07/04/08 – Microsoft - Yahoo! : la lettre de Jerry Yang

06/04/08 – Microsoft - Yahoo! : la lettre de Steve Ballmer

15/03/08 – Scoop Adscriptor - Bloc contre bloc, l'internaute au centre

28/02/08 – Microsoft - Yahoo! : GYM 2007

28/02/08 – Microsoft - Yahoo! : Yahoo! Inc. publie son rapport annuel 2007

22/02/08 – Yahoo! vs. Google

20/02/08 – Microsoft - Yahoo! : bataille de procuration !

15/02/08 – Microsoft - Yahoo! : les acteurs se positionnent, la conclusion est-elle proche ?

13/02/08 – Microsoft - Yahoo! : petit glossaire pour mieux comprendre ce qui se passe...

12/02/08 – Microsoft - Yahoo! sur Twitter et ... Adscriptor

11/02/08 – Microsoft - Yahoo! : la fin de Yahoo!

11/02/08 – Microsoft - Yahoo! : Jerry Yang liste les actifs de Yahoo!

11/02/08 – Microsoft - Yahoo! : NON !

11/02/08 – Microsoft - Yahoo! : les dissidents s'organisent...

10/02/08 – Google, Yahoo, Microsoft redessinent la carte du Web

06/02/08 – Microsoft - Yahoo : Jerry Yang prend son temps !

04/02/08 – Microsoft - Yahoo : l'OPA hostile

01/02/08 – Microsoft - Yahoo, mon analyse

01/02/08 – Microsoft veut Yahoo !

19/10/07 – Google vs. Yahoo!

26/09/07 – Le dilemme de Microsoft : Facebook ou Yahoo !?

10/05/07 – GYM : une analyse

04/05/07 – Microsoft - Yahoo : la machine s'emballe

01/03/07 – La fin de GYM se dessine, lentement mais sûrement...

19/11/06 – Pourquoi Yahoo est-il une proie convoitable par Microsoft ?

07/11/06 – GYM : que va faire Yahoo ?

24/06/06 – Microsoft pourrait faire l'acquisition de Yahoo ou d'eBay

04/05/06 – Google vs. Microsoft : la bataille de titans ne fait que commencer


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jeudi 10 avril 2008

Microsoft, Yahoo!, Google et les autres

Microsoft, Yahoo!, Google et les autres

ou bloc contre bloc : grandes manœuvres et chronologie des événements

Décidément ! J'en reviens toujours à ma théorie du bloc contre bloc, mais cette fois avec deux nouveaux acteurs : Time Warner Inc. (AOL) et News Corp. (MySpace).

Il en était déjà question depuis le début de cette affaire, mais les choses semblent s'accélérer (via Techcrunch).

Voici la chronologie telle que je la vois. En commençant pour le commencement.

Au départ on a GYM : Google + Yahoo! + Microsoft. Avec sur le Web le classement suivant :
  1. Google
  2. Yahoo!
  3. Microsoft
Microsoft qui n'a jamais digéré sa deuxième place.

Ceci dit, les trois compères redessinent la carte du Web, jour après jour, opération après opération.

Et puis en 2007 c'est l'explosion de MySpace, Facebook, et les réseaux sociaux. Qui semblent pouvoir bouleverser la donne vu les "mouvements de foule" qu'ils génèrent sur Internet.

C'est ainsi qu'on en arrive au choc Microsoft vs. Google pour prendre une part dans Facebook. Qui aurait pu déterminer, selon moi, une première opposition bloc contre bloc, avec Google et Facebook d'un côté, Yahoo! et Microsoft de l'autre.

Bon, et puis Microsoft l'a emporté, apparemment, mais ça ne résolvait pas ses problèmes d'éternel second...

D'où une nouvelle vague d'assauts sur Yahoo! :

1. D'abord la déclaration de guerre !
2. Et le refus de Yahoo!
3. Et l'ultimatum de Microsoft !
4. Et le non entêté de Yahoo!
5. Et la première annonce de Yahoo!
6. Et la réponse de Microsoft !
7. Et la deuxième annonce de Yahoo!

Donc, selon les "fuites" révélées par le Wall Street Journal et les informations disponibles à cette heure, nous aurions à présent :
  • un accord possible Yahoo! - AOL (et peut-être en vue un partenariat avec Google pour monétiser la recherche Yahoo! via Adsense)
  • une entente possible entre News Corp. et Microsoft pour prendre le contrôle de Yahoo!
Dans le sondage de Techcrunch, sur plus de 1000 votants, environ 75% considèrent la deuxième solution plus sensée, contre un quart pour l'autre.

Dans le premier cas, Microsoft s'opposerait par tous les moyens pour des questions de régulation et de position dominante (ce qui est un comble !, de sa part...)  dans le deuxième, nous aurions Microsoft + Yahoo! + MySpace + Facebook (qui sont quand même aujourd'hui les deux plus gros réseaux sociaux du monde), à quoi Google s'opposerait par tous les moyens pour des questions de régulation et de position dominante...

Si vous avez une idée de la tournure que vont prendre les événements, je suis preneur !

Personnellement, la première hypothèse me semble désastreuse et marquerait à terme la fin de Yahoo! Car si l'on a dit sous toutes les coutures de Microsoft + Yahoo! que deux perdants ne font pas un gagnant, avec AOL c'est même pas la peine d'en parler. De plus l'impact d'AOL concerne avant tout les États-Unis, alors que le positionnement de ces acteurs se fait à l'échelle planétaire...

J'emprunterai ma conclusion à Michael Arrington :
Their actions, which appear to be based on destroying their market value as a counter to the Microsoft bid, benefit neither their stockholders nor their employees. And by setting up Google as the only real option in search marketing, they are disrupting what little market balance and competition exists in that space today.

Traduction

Les actions entreprises par Yahoo! semblent n'avoir pour fondement qu'une destruction de la valeur de la société sur le marché juste pour contrer l'offre de Microsoft, sans aucun bénéfice ni pour ses actionnaires ni pour ses salariés. Et en choisissant Google comme seule option réelle dans le marketing lié à la recherche sur Internet, Yahoo! casserait le peu d'équilibre et de compétition qu'il reste encore aujourd'hui sur ce marché.
C'est bien mon avis.

Ceci dit, si l'on se retrouve avec, d'un coté, Google (plus éventuellement AOL qui n'aurait plus d'alternative), et de l'autre, Microsoft + Yahoo! + MySpace + Facebook, alors c'est retour à la case départ : bloc contre bloc, l'internaute au centre...


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P.S. Et puisqu'on parle d'une théorie du bloc contre bloc, entre les États-Unis d'un côté, la Chine et l'Asie de l'autre, mon impression est que l'Europe pèsera de moins en moins sur Internet, y compris sur l'Internet des choses...

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